17 septembre 2011

Pour le 159ème défi :

Dès à présent arrivés à bon port :

Boussole

Venise ; FloCélestine ; Joye ; MAP ; Vegas sur sarthe ;

EVP ; PHIL ; Walrus ; Mamido ; KatyL ; Zigmund ;

Sebarjo ; Captaine Lili ; Joe Krapov ; Martine27 ; Adrienne ;

titisoorts ; 32Octobre ;

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Défi 159 (32Octobre)

-        Papy, c’est quoi une course d’orientation, demanda Camille à Nestor

-        C’est une course à pied avec une carte et une boussole, lui répondit son grand-père.

 

Nestor se demandait encore pourquoi son petit-fils lui avait posé cette question, quelques jours avant la fin des vacances que celui-ci passait chez lui.

Il n’en avait pas dit plus et Camille n’avait rien ajouté.

 

Nestor se demandait ce que Camille avait trouvé dans le grenier qui avait fait surgir cette interrogation. Et soudain, il comprit.

 

Dans la grande malle bleue, dans un grand sac en toile orange, il se souvenait avoir accumulé ses souvenirs de ses courses d’orientation.

 

Il y avait sa thèse soutenue il y a plus de trente ans sur le sujet. Un défi qu’il avait relevé face à tous ceux qui se moquaient de sa lubie, comme ils disaient. Pour lui courir 100 mètres, faire un tour, dix tours de piste, cela ne le passionnait pas. Il lui fallait la nature, se laisser guider par les étoiles, s’orienter grâce à sa boussole à laquelle il tenait autant qu’à la prunelle de ses yeux. Elle avait appartenu au frère de sa grand-mère maternelle. Elle avait vu les tranchées de la Grande Guerre.

Il avait été un des pionniers de la course d’orientation sous terre.

Il s’était entrainé des heures et des heures à estimer les distances, à reconnaître les spécificités et odeurs des plantes. Il avait appris à calculer les pentes, les dénivelés.

 

De sa passion, il avait son métier : il était devenu cartographe.

 

il trouvait Camille trop petit pour l’entraîner sur ses traces.

Il s’aperçut que Camille avait déplié les cartes au 10 000 ème. Elles n’étaient plus rangées dans le même ordre.

 

Camille, si curieux d’habitude, ne l’avait pas interrogé plus sur ses découvertes. Il regrettait. Il aurait bien aimé lui parler de ses courses faites sans GPS à l’époque.

Il lui aurait parlé de la première course d’orientation organisée en France en 1967. Il y avait participé, il avait tout juste 15 ans. À dater de ce jour, il était devenu un mordu de ce sport.

 

Dans la malle, Camille avait dû trouver sa première tenue, lourde, inesthétique. Il l’imaginait en train de sourire à cette découverte.

Il y avait aussi plusieurs balises qu’il a avait rapporté comme trophée.

 

Nestor se promit de préparer une course d’orientation rien que pour lui et son petit-fils, pour son prochain séjour. Il se sentait revivre rien que d’y penser.

 

© 2011 32 Octobre

 

 

Merci de l’aide involontaire de Yannick Dissart qui m’a permis de créer un pan de la vie de mon personnage : http://www.uv2s.fr/ress_ext/ress_poitiers/course_O_poitier_11.pdf

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Désorientation orientée‏ (titisoorts)

Tout a commencé à l'école, il y avait même des professeurs dont c'était le métier: professeur d'orientation. J'ai donc laissé ma vie professionnelle, ma vie future, entre les mains de personnes qui je l'ai compris bien plus tard, avaient eux aussi leurs petits problèmes. Soit professionnels ou familliaux et en général n'en n'avaient rien à faire de moi.Comment être orienté, tout en étant désorienté, face à un orientateur désorienté. Ce fut ma première expérience. Donc adolescent, déjà un problème de direction. Bon, en montagne, je me sers de la carte et de la boussole, d'autres du pendule, mais dans la vie, ma maison est mon repère, ma base de repli et ensuite j'essaye, d'être à l'aise dans la rue, dans une ville, m 'orienter vers ce que j'aime. Lequel chemin vais je prendre, droite, gauche, droite pour peut être m'apercevoir que c'était à gauche, c'est ce qu'on appelle l'expérience. Sur mer, avant, les navigateurs se servaient de sextant, de l'étoile du nord, pour avoir un repère, leurs vies pouvaient être en danger, pour une  simple erreur d'orientation. Maintenant, sur nos portables, nous avons de quoi se localiser, n'importe où, donc beaucoup de personnes savent où ils sont, mais toujours pas où ils en sont. Les plus forts, je crois que se sont les oiseaux migrateurs, suivez moi je sais ou je vais, et même s' il y a cinq mille KM à parcourir. Un jour, au lac, j'ai trouvé un dauphin. Il avait des problèmes avec son sonar, il se frottait cotre la berge et se tailladait la peau avec les huîtres. Je souffrais pour lui. Nous l'avons attrapé et remis à la mer, je ne sais pas si il s'en est sorti, peut être qu'il a eu un sixième sens, l'instinct de survie. Comment vivrions nous, avec un sixième sens ?  J'ai déjà du mal à exploiter à fond, mes cinq sens, alors un sixième ! Dans la vie je pense que nous sommes orientés par nos vécus, notre éducation, par nos parents, par nos ancètres aussi. C'est tout un mélange, un capharnaüm qui donne .... nous. D'ailleurs, peut-être que nous croyons dur comme fer, que c'est nous qui décidons de notre orientation, alors que tout est écrit, allons savoir. Tu crois tenir les rênes. Deux êtres s'aiment lorsqu ils regardent dans la même direction, même lorsqu' ils se regardent les yeux qui regardent les yeux qui reflètent les yeux qui reflètent les yeux...

Continuez à nous désorienter, vous les femmes.

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Le sens de l’orientation (Adrienne)

Ilias a le sens de l’orientation.

Après deux années dans le général, il est allé suivre une formation sportive. Maintenant il a décidé de venir en professionnelle. Electricité.
- Pourquoi l’électricité ? je lui demande.
Il hausse les épaules. Faut bien faire quelque chose, en attendant d’avoir dix-huit ans et le droit d’être vautré dans un fauteuil toute la journée, comme son frère.

Marie a le sens de l’orientation.

Elle a fait deux ans de technique puis une formation de mode. Aujourd’hui elle s’est inscrite en informatique. Mais elle n’aime pas travailler à l’ordinateur.
- Tu es tout de même un peu motivée ? je lui demande.
Elle prend son air le plus bougon et dit avec hargne en regardant sa mère :
- Je veux faire de la photographie mais il paraît que ça coûte trop cher.

Driss a le sens de l’orientation.

Il a fait du latin. Des maths. Des sciences. Il est revenu au latin. Il est revenu aux maths. 
- Tu es satisfait de ton parcours ?  je lui demande.
Alors il se lance dans des explications très compliquées d’où il ressort que la seule chose qui l’intéresse, c’est la philosophie.
Mais il n’a toujours pas de cours de philosophie.

Voilà ce que c’est que de voyager sans boussole sur la mer immense du savoir !

                                                                        Hi,hi,hi !

Vagues

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"You take the first road on the right" (Martine27)

Autant vous l’avouer, le sens de l’orientation et moi ça fait plus que deux. Je vais un peu vous saouler en vous racontant trois histoires vraies qui me sont arrivées !

"Tu prends la prochaine à droite, tu prends la prochaine à droite"

Certes, certes, seulement il aurait fallu que la prochaine à droite ne soit pas en sens interdit.

Je fais quoi moi maintenant ?

Ca fait déjà une demi-heure que je tourne en rond dans Tours, cherchant désespérément la sortie pour Amboise.

Quand je pense qu'il ne me faudrait qu'une demi-heure de route pour pouvoir visiter le château d'Amboise et le Clos Lucé.

Mais encore faut-il arriver à sortir de ce labyrinthe.

Je me suis déjà arrêtée une fois pour demander ma route, le monsieur fort aimable m'a dit de tourner à droite à la prochaine, d'aller jusqu'au feu et là hop, la route pour Amboise terre promise serait là.

C'était il y a une demi-heure.

En plus, j'ai du partir trop tôt, il n'y a pas un chat dans les rues.

Ah si voilà une petite grand-mère dans son jardin.

Hop, je m'arrête.

"Madame, s'il vous plait, pourriez-vous m'indiquer la route pour Amboise ?"

"Ah ma pauvre demoiselle (oui à l'époque j'étais toute jeunette c'était ma première escapade en voiture toute seule), je n'ai pas de voiture, je ne bouge pas souvent de chez moi. Je suis vraiment désolée de ne pas pouvoir vous aider".

"Ca ne fait rien, merci quand même".

Et alors que j'allais redémarrer, voilà que ma petite grand-mère (qui soit dit entre parenthèses me rappelle furieusement mon arrière grand-mère) pousse une exclamation et se rue sur la chaussée, c'est tout juste si elle ne ceint pas le bandeau des kamikases.

Damned, que fait-elle ?

Pas compliqué, elle se met en travers de la rue et arrête une voiture qui arrivait.

Le conducteur pile et très calme (alors qu'on aurait pu être en droit de s'attendre à ce qu'il braille des insultes), ouvre sa vitre et interroge ma grand-mère casse-cou.

"Bonjour, madame, que puis-je pour vous ?"

Je nage en plein délire là ???

"Eh bien voilà Monsieur, la p'tite dame là cherche la route pour Amboise, pourriez-vous lui dire comment faire ?"

"Mais, pas de problème. Suivez-moi, Mademoiselle, je vous conduit à l'embranchement".

Je me confonds en remerciements auprès de mes deux sauveurs, sidérée, mais heureuse de voir qu'il existe des personnes prêtes à aider les damoiselles en détresse.

Et en effet, deux minutes plus tard, le conducteur m'indique une route surmontée du panneau tant convoité "Amboise - 25 kilomètres".

Bon, d'accord, je n'aurais pas le temps de visiter le Clos Lucé, mais ma petite aventure m'a mise de bonne humeur et je me dis que Tourangelles et Tourangeaux savent ce qu'hospitalité veut dire.

Cette mésaventure m'est donc vraiment arrivée lors de vacances que je passais dans les Pays de la Loire, il y a un peu plus de 25 ans.

 

"You take the first road on the right"

Bon ça, dans l'idéal c'est ce qu'il faut que j'arrive à lui sortir à cet adorable petit couple anglais.

Petit retour de quelques minutes en arrière pour bien poser le décor.

Je sors du travail et je m'apprête à rentrer chez moi.

Devant moi je vois un jeune couple qui semble demander son chemin, manifestement en pure perte.

Et moi bonne pomme, je m'arrête et je demande si je peux aider.

Et là toc, le jeune homme me demande dans un français très approximatif où il peut touwer la cathedwale enfin quelque chose comme ça !

Là on est mal tous les trois, because l'anglais je le comprend et le lis à peu près correctement mais pour le parler c'est une autre paire de manches.

Ceci étant mon jeune couple est manifestement myope, parce que la flèche de la cathédrale on la voit quand même bien au-dessus des toits. Mais bon, on a le droit d'être un peu déphasé en pays étranger.

Donc logiquement je dois commencer par leur sortir la phrase ci-dessus, ensuite doivent s'enchaîner, des left, des straight, des traffics lights et autres. Bref on est pas sorti de l'auberge.

Donc, me souvenant d'une certaine mamy tourangelle et bien que je tourne le dos à mon chez moi, j'arrive à sortir un "Come with me" et échangeant tous les trois des sourires de connivence complètement stupides et bétas, je les entraîne derrière moi vers la cathédrale.

Après quelques minutes de marche, heureuse comme si je l'avais construite moi-même, je leur montre notre cathédrale dans toute sa magnificence.

Et j'ai le droit à un "Merci beauwcoup" et à deux grands sourires ravis.

Bref, j'ai fait ma BA de la journée, l'entente cordiale a été honorée, Napoléon et Jeanne d'Arc oubliés.

 

Je hais les routes départementales !

Ce matin, je devais aller en bibliothèque expliquer l'art et la manière de couvrir les livres à des bibliothécaires néophytes. N'ayant jamais été dans ce coin et prévoyante j'éditais un plan Mappy qui m'indiquait 41 kilomètres pour 38 minutes de route.

Connaissant mon sens de l'orientation à rendre chèvre un pigeon voyageur (mais si, mais si) sachant que le rendez-vous était à 9 heures, je me donnais 20 bonnes minutes de rab et partis la fleur au fusil avec mon petit matériel à 8 heures, correct quoi !!!

C'était sans compter sur une feuille de route de #ù%*µµ* si vous voyez ce que je veux dire et sans compter non plus sur la malveillance des routes départementales ET surtout sur l'excellence des panneaux indicateurs de nos belles routes campagnardes. Vous savez le genre : j'arrive à un carrefour, d'un côté on vous indique "toutes directions" et de l'autre "autres directions" bande de  #ù%*µµ* je vais où moi ? J'ai pas pris ma boussole ! Vous avez aussi le panneau qui indique la bonne direction mais qui est planté à l'envers par rapport à vous ce qui fait que vous ne voyez la direction à prendre qu'une fois passé le carrefour et encore si vous regardez dans votre rétro ET si vous êtes capable de lire à l'envers.

Bref, je me perdis, me perdis bien, me perdis dans les grandes largeurs. Etant une femme je ne m'entêtais pas et hélais sans vergogne les passants qui passaient dans le petit jour blafard, le croirez-vous, les autochtones, les aborigènes, les indigènes, les sauvages du coin ne connaissaient pas le petit bled perdu où je devais me rendre, ils ne connaissaient d'ailleurs pas non plus les bleds un peu plus grands qui se trouvaient à moins de 10 kilomètres de chez eux, bref, ils ne doivent jamais sortir de leurs huttes. Ceci dit, il faut le reconnaître, gentils, aimables et désolés de ne pouvoir m'aider, c'est déjà ça !

Enfin, enfin, après m'être arraché la moitié de la tignasse, avoir bouffé une partie du volant, j'entrais dans une école et trouvais oh miracle une directrice d'école (qui a dit que l'éducation nationale était nulle) qui put m'indiquer la route.

L'heure du rendez-vous étant passée, je prévenais ma collègue qui attendait déjà sur place que paumée dans la belle campagne normande j'allais avoir un peu de retard ! Doux euphémisme !

Cahin-caha, youpla ho, j'arrivais ENFIN dans mon charmant patelin de campagne, trouvais même la rue, mais ne trouvais pas la bibliothèque, rappelais donc ma collègue (pratiques les portables quand même) qui m'informa qu'elle m'avait vu passer mais n'avait pas eu le temps de me faire signe.

Enfin, échevelée, crévée, j'atteignis avec 25 minutes de retard, moi qui ai HORREUR du retard, le havre tant recherché. Bref partie à 8 heures pour arriver à 9 h 25, soit 1 h 25 au lieu des 38 minutes annoncées.

Bon mes élèves se montrèrent zélées et je n'eus pas besoin de passer mes nerfs sur elles, léger problème toutefois, au bureau comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire nous atteignons péniblement le 19°, mais là, il faisait au moins 25, bref je n'ai pas piqué du nez, mais c'était moins une.

Ensuite, eh bien retour, forcément. Ces dames fort aimables m'indiquèrent la route à prendre, bien sûr j'arrivais encore sur un des ces  #ù%*µµ* de carrefour sans indication, et là petit miracle je pris après mûres réflexions prenant en compte le calcul de la hauteur du soleil sur l'horizon et l'âge du capitaine, la bonne direction, pur hasard, mais bon.

En revanche, un peu plus loin, indication sur ces  #ù%*µµ* de panneaux d'un tas de villes SAUF celle qui m'intéressait. Arrêt à un rond-point, le mec derrière commençant à s'énerver, je sortis de ma voiture, avec un charmant sourire (si, si) quand il me vit approcher peut-être eut-il peur pour sa vie, mais il ne prit pas ses jambes à son cou et m'indiquais la direction à prendre, je le remerciais à genoux. Et après avoir vu le panneau entrée, puis sortie, puis à nouveau entrée et encore sortie du même patelin, je retrouvais enfin ma nationale et rentrais au bercail épuisée.

A noter qu'étant avec une voiture de service je respectais scrupuleusement les 30 - 50 et 90 à l'heure (avec ma voiture aussi, mais là encore plus), et bien pas une seule fois je ne doublais quoi que ce soit, en revanche, un tas de voitures et même de camions me passèrent sous le nez, mais que font les radars ?

Enfin, cerise pour le gâteau au moment de rendre la voiture, je dus passer par la barrière qui se soulève après présentation devant le capteur d'une carte magnétique,  vous n'allez pas le croire, mais c'est vrai, promis, juré, je n'ai pas trouvé le bouton, la manette enfin le #ù%*µµ* de truc devant permettre de baisser la vitre, j'ai donc du me contorsionner au risque de me pêter le dos, pour faire passer cette  #ù%*µµ* de carte devant le capteur. Bref, on ne rigole pas et on me laisse dormir !!!

Et, cerise, sur la cerise, vous n'allez pas le croire, je viens de lire mon horoscope, il a TOUT BON. Travail : Vous avez un planning irréprochable que vous suivez à la lettre près. Quelle organisation ! Oui, on est d'accord, ça aurait été irréprochable s'il n'y avait pas eu ces #ù%*µµ* de panneaux de signalisation.

 

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Egaré ! (Joe Krapov)


Depuis que j’ai perdu le Nord

Je suis complètement à l’Ouest !
 

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P.S. Peut-être que, « with a little help of my friend » Joye,
j’arriverai à savoir où j'en suis ?

http://www.onmvoice.com/play.php?a=66098

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Se perdre et repartir (Captaine Lili)

C’étaient des couloirs aux pancartes trompeuses. Nous avancions, tournions, reculions, demandions…. L’arrivée semblait impossible, puis finalement survenait. Sortir paraissait tout autant ardu, si ce n’est plus.

Si vite je plongeais dans le souvenir ! Longtemps j’ai paniqué lorsque, trop souvent - même à pied,  mon œil ne retient pas le chemin - je me perdais.

A force de retourner en ce lieu, symbole de toutes mes pertes, à force de m’échapper du labyrinthe, chaque fois, un peu plus vivante, à force de regarder en face le jeu de miroirs déformants, j’ai pris la clef des champs libres. J’ai pu, victoire ultime, me promener dans cet hôpital, m’y sentir un peu chez moi parce que j’avais vécu abondamment là-bas, pas tant en durée mais en jours qui pèsent.  

A force de, j’ai pu devenir maitresse des couloirs. Et repartir.

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Défi 159 (Sebarjo)

 

Tourner au GPS

chateau_de_sable


- Bonjour monsieur... sauriez vous par hasard où se trouve le Complexe de...

- Le nouveau complexe ? Rien de plus simple ! Vous continuez tout droit pendant 150 mètres, vous tournez à gauche puis vous prenez la 3ème rue à gauche, vous faites encore 500 mètres et vous tournez à droite, puis la 5ème à gauche, en 2ème parce que le virage est serré. Et là vous n'y êtes pas encore mais presque. Vous faites encore 200 m et il vous suffit de tourner à droite puis encore à droite. Et voilà vous y êtes.

- Ah oui effectivement c'est simple. Tellement simple que ce ne sont même plus des rues que je dois suivre mais juste q un cercle. Merci monsieur de me faire tourner en rond ! Monsieur ...?


- Georges-Paul Sebarjo mais en général on s'en tient à mes initiales, c'est plus simple. GPS pour vous servir !

 

 

 


 

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vengeance tardive (Zigmund)

55642009_mNous étions une petite quinzaine, mes élèves et moi à crapahuter dans la forêt.

On dit pas "aller dans la forêt" on dit "IDD"*.

Comme il fallait au moins deux adultes avec les petits monstres, un collègue "parentdélève" **s'était proposé de nous accompagner, bien que son propre gamin ne participe pas à la sortie.

Je connaissais et je détestais ce type : chieur, borné, tatillon, totalement dénué d'humour. Quelques années auparavant, méprisant et sûr de lui, il  avait cru bon de suggérer  à mes parents que je fasse un cycle court genre BEP vente, alors que j'avais dit que je voulais être prof.(...)***

Inutile de dire qu'il avait  du mal à digérer ma réussite au CAPES  de sciences naturelles****, et que  malgré  les sourires mielleux échangés en public,  nous n'avions pas, du passé, fait table rase.

Vers la fin de l'après midi, le portable de l'importun a sonné en pleine forêt. Je lui ai indiqué vaguement la direction supposée de la lisière de la forêt en lui disant "là bas, doit y avoir  plus de  réseau", et il est parti ...le con !

Dès qu'il a été suffisamment loin, j'ai conduit, mine de rien,  les enfants dans la direction opposée, en leur décrivant chaque plante pour qu'ils oublient que j'étais maintenant seul adulte, je savais qu'il était temps de rentrer au collège.

La principale s'est bien étonnée de l'absence de l'accompagnateur, "il est sensé arriver" ai je dit sereinement, avec un geste vague...

Mon contrat d'enseignant stipule de  ramener les chères têtes blondes dans l'état où on me les a confiées.

Pour ce qui est du conseiller d'orientation désorienté, peu me chaut ...*****

                                                             

*IDD =itinéraire de découverte en pédagol dans le texte

**parentdélève s'écrit en un seul mot quand c'est un enseignant qui parle

***(...) ce passage est volontairement censuré :-)

***Sciences de la vie et de la terre  en pédagol

****j'aurais volontiers passé un contrat avec Dame Poupoune, pour qu'elle me débarasse du fâcheux.

illustration d'après ce  tableau de Katyl consigne #113

55642001_m

 



 

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La boussole (KatyL)

TROUVER le bon chemin au travers les étoiles : grâce à l'étoile polaire sans boussole, tant de gens l'ont fait.
Aller vers le nord, ne pas le perdre de vue...

Alors voici comment je me suis mise à explorer notre voie lactée....... les pieds sur terre.

Un soir j'étais partie danser avec une amie, (célibataires toutes deux) je dansais les pieds dans les flaques de lumières colorées et je m'amusais seule ainsi... des pieds inconnus se sont rapprochés de mes rayons, j'ai d'abord vu des chaussures qui suivaient mes pas cadencés au même rythme, et j'ai levé la tête.....
J'ai vu deux yeux éclatants comme le ciel d'azur qui me regardaient, un sourire à faire pâlir les étoiles..... Evidemment un homme !
J'ai souri aussi et il paraît (il me l'a dit depuis) que c'est mon sourire, ma chevelure dorée, et ma manière de bouger seule dans mon coin qui l'a guidé jusque moi...
La boite de nuit s'est transformée en planétarium, des milliers de soleils nous éblouissaient,  des  senteurs  inconnues  arrivaient jusque  moi  des  sensations nouvelles.... je me suis dit « tu perds le nord ma fille » !
J'ai dansé toute la soirée avec cet inconnu.
La boussole qui me guide d'habitude à être très prudente s'est mise à tourner dans ma tête dans tous les sens ! !
Nous nous sommes revus les jours suivants et les autres, nous avons appris à nous connaître, le moindre frôlement de sa main sur ma nuque me faisait chavirer , mais j'ai gardé pendant un certain laps de temps les pieds sur terre, et j'ai appris à connaître son univers.... J'ai traversé toutes les planètes de son passé qui venait de très loin en me disant que ce passé l'avait construit pour venir jusque moi, j'ai reçu ses pleurs, ses rires, ses rêves en cadeau, et lui ai confié mes espoirs emballés de poussières d'étoiles ..je lui ai dit mes bonheurs et mes chemins peuplés de couleurs célestes, je lui ai dit mes nuits lunaires à l'attendre LUI, je lui ai parlé des vents polaires de ma vie, des aurores boréales que furent mes enchantements.....
Et nous avons tous les deux regardé dans la même direction, nos boussoles tournées vers le nord ....
Et sommes depuis guidés par l'étoile .

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