10 septembre 2011

Curiosités rennaises : le papy russe et Port-Cahours (Joe Krapov)

110812_A_008A cette époque-là, nous avions recueilli Mademoiselle Isaure Chassériau chez nous. Bien qu’elle fût toujours vêtue de ce rose un peu particulier qui allume les jouvenceaux en mal de cuisse de nymphe émue, elle était toujours si discrète et si lencieuse qu’on ne lui prêtait pas plus attention, la première surprise passée, qu’à une cousine de province en visite. Dans notre maison de Port-Cahours, elle apportait juste un peu plus de cet « ange étrange étranger en son pays lui-même » que chantent si bien les poètes.

C’était un peu comme quand, l’année précédente, notre fils avait reçu son correspondant allemand. On s’était réjouis à l’avance de reparler la langue de Goethe, apprise en 6e au lycée, même si, du romantique Johann Wolfgang von , nous n’avions retenu et n’allaient nous servir que : « Hast du gut geschlafen ? Isst du gern verrückte Kuh ? Was macht ihr diesen Abend ? ». A l’arrivée, ces deux crétins à boutons s’étaient mis à échanger en anglais, vous mettant d’emblée hors jeu. Kleines Pferd kaputt ! Mort du petit cheval ! Diatoniqué, le père !

 

DDS158_110514__03Isaure parlait français, évidemment, mais elle semblait lointaine, absente, regardant toujours quelque chose derrière vous, exactement comme sur le tableau peint en 1838 que M. Amaury-Duval, son oncle, a laissé d’elle au Musée des Beaux-Arts de Rennes. Marina Bourgeoizovna, mon épouse préférée, avait très vite compris qu’elle n’encourait aucun risque d’être concurrencée en quoi que ce soit par cette demoiselle peu gironde, plate comme une limande, coiffée comme Sheila période couettes et dotée d’épaules tombantes on ne peut plus mal foutues. Autant de sex-appeal qu’un glaçon ! Tant d’effacement dans son attitude d’invitée permanente faisait qu’on oubliait très vite dans un coin de la maison la Miss Chassériau qui s’était, une fois de plus, plongée comme un petit oiseau indien dans un de nos livres pour savoir ce qui s’était passé en France dans le siècle écoulé entre 1860 et 1960.

DDS158_090829_045Isaure Chassériau ! Quand j’y repense, son oeil ne s’allumait vraiment qu’à l’occasion de nos sorties à deux, elle et moi seuls, lorsque nous parcourions en tous sens les rues de la capitale bretonne. Elle notait tout, remarquait tout, se réjouissait alors de tout ce qu’elle découvrait (ou redécouvrait ?). Elle adorait aussi ces dimanches où nous rendions visite, à Redon, à M. Petr, le papa de Marina, et à madame Bourgeoizovna-mère que j’appelais par jeu « Madame Bellemerovna » ! (Jamais de ma vie je ne suis allé jusqu’à « Belledochovna » car ma belle-mère et moi avons toujours été les meilleurs amis du monde et nous parlons ensemble un français aussi soutenu qu’ Abélard lui-même fut châtié).

Immanquablement la conversation revenait toujours, là-bas, tôt ou tard, sur leurs adolescences réciproques, l’une à Nantes, l’autre à Rennes, et l’on évoquait, non sans émotion, les bombardements de ces deux villes par l’aviation alliée en 1943 et 1944. Le grand père de M. Petr, chez qui il vivait, tenait un genre de blog ancestral, des petits agendas dans lesquels il notait ce genre de choses, avec les fautes d’orthographes de l’époque :

Jeudi 25 février 1943
A la maison. Continué de bêcher et semer des carottes, de la laitue. Blanchi mes arbres. Guerre. Alerte cette nuit. Quelle barbe! On ne vit plus!

Vendredi 26 Février 1943
Au tabac. J'ai bien peur de l'avoir payé deux fois. A l'Economat, acheté 2 paquets de graines de betteraves. Nous avons été bombardés à 19 heures. Nous sommes indemmes.


Samedi 27 Février 1943
Les bombes sont tombées au camp de la Route de Lorient. Là ils ont détruits la "crêche maritime allemande". On fait beaucoup de dégats et même des victimes... A la gare les bombes sont tombées dans la prairie au général Le Fort. Comme dégats: beaucoud de carreaux cassés rue Saint Hélier. Qu'ils reviennent pas ! Nous en avons assez.

Tandis que Marina et ses frères – quelle bande d’anarchistes, eux et elle, alors ! - défaisaient en riant le monde à venir dans le salon, nous étions allés voir, Isaure et moi, dans le bureau de M. Petr si Internet pouvait nous aider à localiser la « crèche maritime » dans Port-Cahours (il s’agissait en fait des dépôts de matériel de la Kriegsmarine, rebaptisés ainsi par les Rennais de l’époque, fort piètres germanistes encore malgré les cours intensifs que les voisins Teutons de la France étaient venus leur donner lors de deux stages linguistiques prolongés par le passé). On devait trouver là des carènes de navire de rechange, des périscopes pour U-boot, des mâts pour attacher les U lisses, des sirènes du Mississipi, des masques, des tubas, de la vaisselle incassable, des Schnorchels que j’aime und Esso weiter !

J’ai retrouvé hier deux ou trois liens assez saisissants. Je vous les laisse en bas de ce texte pour le cas où vous auriez envie de ne pas rigoler. Je me souviens juste pour ma part que la conversation avait atterri là, après de nombreux zigzags, à partir d’une description de la maison enclavée près de chez nous.

DDS158_061102_046- La rue de l’amiral Courbet longeait les papeteries de Bretagne. L’Amiral Courbet n’avait rien à voir avec Rennes…

- Ni avec le peintre, quoique j’aie vu là, par le passé, dans le chantier de construction des nouveaux immeubles après le pont de chemin de fer, une version très originale de «  L’origine du monde » !

- …Sauf que c’est à Port-Cahours, derrière chez vous, qu’on trouvait les magasins de la Kriegsmarine.

 DDS158_PapeteriegrdInternet nous a appris ensuite que la rue se nommait autrefois « rue Gutemberg », que l’amiral avait anéanti la flotte chinoise sur la rivière Min et que les quatre immeubles à venir seraient de couleur vert-de-gris et s’appelleraient Canaletto, Rigoletto, Adagio et Maestro.

Dans la voiture, au retour, Isaure qui n’avait pas perdu une miette de ces explications n’avait pas pu s’empêcher d’émettre une phrase définitive.

- Si un jour ce vieillard disparaît, ça fera…
- Ne parle pas de malheur, veux-tu bien, Isaure !
- … Ca fera comme si une bibliothèque brûlait !

Marina et moi avons souri et je n’ai pas pu m’empêcher de sortir ce mauvais calembour :

- A mois doux, vends pas tes bas !
- Je porte des collants, Joe Krapov ! » avait-elle répondu pour montrer sa modernité.

DDS158_Hampate_baBlang ! Voilà, quoi ! C’est toujours comme ça que ça marche ! On ne cherche pas forcément à aller voir ce qui se passe sous les jupes des filles mais il faut toujours que ces demoiselles et dames nous le fassent savoir ! Même quand on ne fait pas preuve de curiosité, des choses curieuses vous arrivent. J’ai même retrouvé la trace de ces échanges et d’autres conversations de l’époque sur Internet : Isaure Chassériau s’est servi de tout ça pour inventer un parcours de l’étranger à Rennes : « Port-Cahours : les routes de l’Orient » pour cette Agence de Flânerie Amoureuse de Rennes dont elle était la directrice vers 1960. Peut-être même a-t-elle concocté un parcours des navigateurs ? Au bout de la rue de l’Amiral Courbet crèche (maritime) désormais le quai Eric Tabarly !

Je ne sais pas ce qu’est devenue la jeune fille qui ne s’habillait qu’en rose. Plus personne ne parle d’elle par ici ni ailleurs. C’est comme ça, les gens vont et viennent puis disparaissent de votre vie ! Nous vivons une époque troublée et troublante et, comme aurait pu conclure Amadou Hampâté Bâ, « C’est Peul de l’dire ! »

http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/convoi44/img/voie-ferree-kriegmarine.htm

http://www.absa39-45.com/26%20fevrier%2043/26_fevrier_43.html

http://www.britishpathe.com/record.php?id=12357

 

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :


Camille, un enfant curieux. (32Octobre)

La fin des vacances de Camille chez ses grands-parents Nestor et Natacha approche.

 

Sa grand-mère Natacha a le cœur qui se serre en y pensant. Camille a été là pendant les deux mois. Elle ne s’est pas lassée de sa présence.

 

-        Il est tellement sage cet enfant, ne cesse-t-elle de répéter à son mari

-        Qui est sage ? dit une petite voix

-        Mais toi Camille. On ne t’entend jamais.

-        Mamy, il y a tellement de choses à découvrir dans le grenier à côté de ma chambre.

-        Tu aurais pu profiter plus du soleil.

-        J’avais plein de choses à faire.

 

Sa grand-mère souriait tout en s’inquiétant. Cet enfant est trop sage, il lit trop. Elle regrettait qu’il n’ait pas plus joué avec les enfants de la maison voisine, qu’il n’ait pas plus jardiné avec son grand-père ou fait du vélo. Mais il était heureux. Cela se voyait à sa mine réjouie du matin au soir.

 

-        Arrête de te faire du mouron. Ce n’est pas la mort du petit cheval. Il est heureux comme cela, lui glissa Nestor.

 

Nestor se demandait d’ailleurs ce que Camille faisait car depuis 8 heures, il avait fait de nombreux aller-retour entre le grenier, sa chambre, la cuisine où sa grand-mère préparait son gâteau préféré, celui au chocolat intense et aux noisettes.

 

Il commençait à s’interroger quand il entendit :

-        Papy, viens me faire voir sur l’ordinateur la carène du navire

-        Tu te piques de navigation maintenant

-        Mais non. T’y connais rien, c’est dans le ciel

-        Dans le ciel, tu sais cela comment ?

-        Dans ton grand livre tout vieux sur le ciel que je viens de trouver. Il parle de la Toison d‘or. Tu viens, Papy ?

 

Papy s’exécuta, navigua entre Argo, Jason, ses argonautes et la toison d’or. Il s’émerveilla de la curiosité de son petit-fils, fut très heureux d’apprendre avec lui. Cela les mena jusqu'’au repas pendant lequel Camille parla, parla et parla encore de Jason.

 

Après s’être régalé de gâteau au chocolat, il fila de nouveau à l’étage. Ils entendirent la porte de sa chambre se fermer.

 

-        À son âge, on avale tout. Il est inquiétant. Il veut tout savoir.

-        Il se sert mieux de l’ordinateur que moi, répliqua Natacha. Il faut aller jeter un œil quand même.

 

32158Nestor monta sans bruit l’escalier, entrouvrit la porte de la chambre de Camille, le trouva endormi. Cela ne le surprit pas. Il n’avait pas arrêté de la matinée.

Il s’approcha du lit, regarda le livre ouvert près de lui. C’était « L’oiseau indien ». Cela lui rappela son enfance. Ce livre, celui que lui avait rapporté son père d’un de ses voyages lointains racontait l’histoire d’un marchand persan.

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

Curiosité (Adrienne)

- La curiosité est un vilain défaut, dit l’oiseau indien au petit cheval. Tu vois où ça te mène : tu voulais voir du pays et tu vas te retrouver dans une carène de navire à attendre que les vivres viennent à manquer et qu’on te découpe en petits morceaux.

Et il s’envola vers le rivage.

- Je pourrais en tirer une fable, se dit-il, comme celles de ce monsieur DeLa Fontaine…

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags :

Curiosités à plumes (Sebarjo)

ou

L'ornithologie sans pennes

 

 

S'il est en notre monde une curiosité exotique d'un point de vue zoomorpho-illogique, c'est bien le quetzal. Cet ovipare polychrome est à l'ornithologie ce qu'une croche de Jean-Michel Jarre – qui a un sacré jeu (de l'oie !) – est à la musique synthétisée.

 

Bien plus qu'un oiseau indien, il est un symbole déique pour le peuple aztèque et bien plus qu'une abeille, pour les Mayas. Il n'est pas ce simple volatile coloré que nous pouvons voir, nous pauvres ouailles, mais une créature fantastique un peu diabolique et sans communes mesures : un serpent à plumes !

 

Toutefois, il ne signifie rien pour les Sioux qui ont préféré totémiser le grand aigle plutôt que d'atomiser le quetzal. C'est Petit cheval qui me l'a confirmé. Il tenait cette information de ces deux grands oncles Santiano et Carène de navire. Ses aïeux, deux joyeux gai-lurons, devaient leurs noms de guerre à leur tronche de caravelle. Ca leur faisait un de ces profils ! Avec leurs gueules de bateaux loin d'être bateaux, ils étaient plutôt trimaran à voir ! Surtout qu'ils avaient une ligne d'ombre beaucoup plus longue que la normale, à babord comme à tribord. Et mine de rien, comme ils étaient drôlement joviaux - surtout Santiano – ils envoyaient pas mal de Ugh ! au frais !!!

Et en plus d'avoir un nez en forme de goélette, ils étaient passionnés par les goélands et leurs compères.

 

-D'accord pour le grand aigle, dis-je à Petit cheval mais qu'en est-il du majestueux condor ?

-Pas ça !!! me répondit-il d'un ton chantant, proche des léonesques flûtes de Paon.

-Ah... le Condor pas ça ???

-Rien à voir, qu'est ce que tu me chantes ! Me rétorqua-t-il d'un ton sans constellation ! Il est adulé par les Incas ou les Chinchas mais chez nous les Sioux, il ne vaut pas un clou ! On préfère le grand aigle, même s'il est vrai, il ne manque pas d'aire non plus !

-D'accord... et que dire du vautour... qui vaut le détour, non ?

-Pff... tu t'éloignes ! Un vrai détour ! On le retrouve seulement en Egypte – chez Nekhbet  – pas du tout chez nous. On ne les voit que dans Lucky Luke, ces oiseaux de malheur.

-Et Si je te parle du colibri, ferais-je enfin mouche ou pêcherais-je une nouvelle fois ???

-Tu me dis ça d'un geai ! Comment veux-tu que je reste serin ??? Ecoute plutôt l'eau de la rivière qui coule dans les plaines lointaines et tu entendras le chant du dindon farceur et les chuintements de la dinde farcie...

-Et l'ara qui rit est-il mort ??? Et quand le canard a enfin fini de bouder dans son coin-coin, est-ce que la cane a ri ou se mare-t-elle sur un coup de tête ??? Et la huppe a-t-elle un barbatruc, la mouette les ailes moites, le pinson l'heur des lilas, le faucon une véritable intelligence ? Le martinet s'envole-t-il à coup de fouets, l'hirondelle fait-elle des nids ronds d'ailes, le hibou est-il plus chouette que la hulotte... et ainsi de suite...

 

Nous discutâmes jusqu'à la nuit noire, jusqu'à cette heure où le ciel s'illumine de milliers d'étoiles. Comme je ne connaissais  rien en tarses et rémiges – étant plus oenologue qu'ornythologue – j'appris beaucoup de choses. Et Petit cheval fut heureux de me conjuguer ses savoirs au galop. Finalement, moi qui n'est rien conjugué, je peux vous l'affirmer : cette soirée nous plumes !

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

Curiosité (rsylvie)

-« Pour sur que c’en était une, de curiosité.

Il n’y avait qu’à voir le nombre de badauds installés à la fenêtre quand arrivait l’heure de la tétée du petit dernier de Manon. La jeune et jolie femme de Pierrot, marin pécheur de père en fils » pensait le viel homme, assis dans un fauteuil de cuir tout craquelé, par la marque du temps. Mais …là n’était pas le sujet. Il lui fallait répondre aux questions du chérubin confortablement installé sur ses genoux.

 

-« … Mais grand pa, maman dit toujours que la curiosité est un vilain défaut » !

rsylvie-« C’est vrai.  Certains avaient tant de concupiscence dans les yeux que cela en était incorrecte » pensa l’octogénaire les yeux pleins d’étoiles

…. Mais la nature humaine est ainsi faite, l’Homme est faible fiston » répondit-il à haute voix, poursuivant ainsi la conversation. « ….alors, il cherche toujours comment arranger la vérité, de façon qu’elle lui soit profitable. Mais en général, la moral est sauve. Tiens écoute celle-ci :

C’est l’histoire de Pégase, un jeune étalon promis à un bel avenir. Qui avait, en plus d’être beau à regarder, d’être solidement bâti. Ce qui le rendait fier et quelque peu hautain. Les autres du troupeau le craignaient d’autant plus qu’il était impétueux. Ce qui faisait que la plus part du temps, tout devenait compétition. Qu’il ne supportait pas de perdre. Cela va de soit.

Hors, dans la horde de Plume Blanche, grand chef Oiseau indien, il y avait une douce et jolie  petite jument appelée Oiseau de Paradis, tant ses yeux brillaient de milles feus, sa crinière légère au vent, et son pelage soyeux.

Lors d’une chevauchée commune, les deux tribus avaient pu s’éprouver mutuellement, et chacun de remarquer l’attirance de Pégase pour le petit cheval. Ainsi, il fut décidé que la prochaine ballade par de-là les grandes plaines, serait le terrain d’une course qui verrait le vainqueur devenir l’étalon unique. Celui qui serait seul libre de son choix, pour prendre compagne parmi les jeunes juments du troupeau.

Les jambes quelque peu engourdies, l’enfant se redresse.

S’empare à nouveau du mouchoir qui avait petit à petit quitté ses doigts, pour s’en frotter machinalement le nez, le pouce gauche plein la bouche. Pierre Jean, notre narrateur, en profite lui aussi pour se mettre dans une posture plus confortable, et poursuit son récit.

Le jour de la grande ballade arriva. Très confiant, Pégase s’élança vite... Beaucoup trop vite. Rapidement il est rattrapé par le restant du groupe, plus malins qui le laisse partir par devant, faignant d’essayer de le rattraper afin de l’affaiblir. Trop sur de lui, il n’avait pas su se ménager et a présumé de ses forces. C’est épuisé par la longueur de la course qu’il arrive bon dernier et voit la victoire lui échapper.

Fou de rage, il se cabre, se dresse sur les pattes arrières, perd l’équilibr,e pour sombrer dans les eaux troubles du fleuve, qui délimite le campement. Produisant un tourbillon si violent, que le soleil qui s’apprêtait à rejoindre la lune pour préparer la nuit, s’en trouve déséquilibré à son tour, de perdre son axe de rotation. Et tout doucement, de se pencher vers le fleuve pour disparaitre dans un bleu océan, ne laissant derrière lui que le reflet d’une ombre colorisant l’étendue d’eau, redevenue calme et sereine, d’un flamboyant rouge orangé.

D’une main mal habile grand père, qui souffre un peu de tremblements, se passe les doigts sous le menton, caressant une barbe soyeuse, vieille de plus de 50 ans de soins portés avec application. Regardant l’enfant assoupi sur ses genoux, il se flatte d’avoir réussir à endormir le petit garnement et se met à sourire, plutôt satisfait de lui.

-« je pense m’en être assez bien sorti de cette affaire….. Parce que je vous avouerai, que je ne savais pas trop par où commencer. Quelle idée me direz-vous, ces mots à placer dans l’histoire. Comme si, moi, un homme de marine, j’avais en réserve, comme ça, d’un coup d’esprit, des contes et légendes plein la tête…. Encore aurait-il été question d’architecture navale, de comètes ou autres navires…. Heureusement que le petit a toujours envie d’apprendre, de connaître de nouvelles choses. Ainsi, je peux lui parler à loisirs de constellations ou de carène de navire.

 

Rsylvie

PS : En remerciant… pour une petite Inspiration, toute naturelle prise ici… - Brave Margot

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :


Curiosité(s) (Flo)

 Curiosité(s)

C’est la boussole à la main qu’elle se plonge dans la partie à contempler la carte du défi composé de 8 cases altérées noire et blanche. Et même si la carène du navire la ramène toujours à l’équilibre, elle se demande où son voyage l’a mené et où le sien le mènera.

 

Elle contemple cet oiseau indien qui déploie ses ailes et lui rappelle par un clin d’œil qu’elle  sèmera sa route de graines en récoltera son nectar et en picorera leurs pépins. Mais pour l’heure le décryptage du parchemin parmi toutes ces constellations s’impose à son regard.

 

La longue vue lui montre un nain âne plutôt qu’un petit cheval, malformation des âmes ou perception trop étoilée, le petit prince, lui, y voyait bien un mouton. Alors c’est dire. Là,  la coloration vient du sud, cet argent si flamboyant.

 

Alors miro ne retient pas du dico l’une des 1250 espèces mais cinq étoiles visibles à l’œil nu, là, droit devant l’écran, au nord plus, relève un peu le menton.

 

Il regarde comme elle, la chaleur l’envahit, il n’est pas tout seul, la porte des secrets s’ouvre. Le pion B4 avance de 2 cases. Le gong du tramway sonne. Un effet « pschitt » le même que celui du « Bon vent ». Toute une atmosphère bien curieuse en somme que notre planète terre dégage…

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :

Astral (Joye)

À six ans, j’appris à faire le café, couper les tartines et les beurrer pour le petit déjeuner. Papa buvait toujours son bol sans mot et après, en s’essuyant ses moustaches avec le dos de sa grande main dure et calleuse, me sourit enfin et me dit que c’était bon. Il disait toujours ça, même quand le café était un peu brûlé ou quand je devais mettre de l’eau dans le lait parce que nous n’avions pas assez de lait, ou quand il n’y avait vraiment pas de beurre sur le pain.

Ensuite, Papa prenait sa veste et sa boîte d’outils et repartait pour la planète Jupiter.

Bon, c’est ce qu’il disait. Et quand j’avais six ans, je le croyais.

Plus tard, je serais moins sûre.

La porte refermée derrière lui, je commençai mes tâches. Je lavais les bols dans l’évier, j’essuyais la table et je ramassais les miettes pour les mettre sur le seuil dans la chambre de maman. Le matin, elle aimait bien regarder les oiseaux qui venaient déjeuner avec elle. La nuit, elle se mettait devant la fenêtre pour regarder les étoiles, tenant une vieille lunette d’approche devant un œil ou l’autre.

J’attendais qu’elle gémisse pour entrer dans sa chambre avec un verre d’eau. C’était notre rite. Maman ne buvait pas de café. Dans le verre d’eau, elle mettait six gouttes du liquide dans la petite bouteille noire. Pas plus. Pas moins. Je regardais toujours attentivement parce que je savais qu’un jour, comme pour le petit déjeuner de Papa, ce serait à moi de les préparer et je voulais être prête.

Mais ce matin-là, la chambre – et maman – restait silencieuse. J’avais appris que son sommeil était rare et précieux et qu’il ne fallait pas le troubler, mais après deux heures d’attente, je commençais à m’inquiéter. Les oiseaux qui m’attendaient sur le seuil avaient sûrement faim, non ?

Alors, j’ouvris la porte et jetai un coup d’œil vers le lit.

Maman n’y était pas.

J’ouvris plus large. Le lit était vide. Il n’y avait personne sous le duvet.

Enfin, j’ouvris complètement la porte et je vis ma mère devant la fenêtre. La lumière rendait transparente sa chemise de nuit, l’ombre de son corps semblait bouger en avant et en arrière, comme un arbre lorsque le vent soufflait fort. Elle avait jeté ou laissé tomber la vieille lunette d’approche.

- Maman ?  dis-je, un peu effrayée.  Elle se retourna lentement.

- Ah, bonjour !  Dis, tu arrives juste à temps !  Je repars vers les étoiles. C’est pour très bientôt, je viens de voir passer la carène du navire qui m’emmènera. Oh, je vais enfin les retrouver tous - mon oiseau indien bien aimé, et mon petit cheval…

Elle se retourna vers la lumière.

Et puis, comme ça, elle était partie par la fenêtre pour les rejoindre.

Je ramassai sa lunette d’approche. Son gros verre était cassé.

J’attendai.

Au crépuscule, Papa serait de retour de Jupiter et il saurait quoi faire.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

Un nom curieux (Mamido)

Papoose 

Petit Cheval et Oiseau Indien étaient cachés depuis un petit moment déjà dans l’enclos, derrière le tipi de Nuage Noir. Celui-ci était revenu depuis la veille au sein de la tribu, ramenant avec lui une épouse étrangère… si étrangère qu’elle portait un nom qui ne voulait rien dire : Mary O’Donnell. Les deux papooses étaient curieux et impatients de voir celle qui portait un nom pareil !

 

Cheval Noir aurait voulu présenter sa nouvelle épouse à l’ensemble de la tribu, mais chef Plume d’Aigle avait refusé. Comment aurait-il pu faire découvrir cette femme au groupe sans ce nom qui définissait réellement la personne qu’elle était…

Il conseilla à Nuage Noir d’aller voir le chaman. Lui saurait trouver le nom de cette femme, celui qui permettrait à la tribu de la connaître au premier regard.

 

Petit Cheval et Oiseau Indien virent Nuage Noir et son épouse sortir du tipi pour se rendre chez le chaman. Elle était vraiment magnifique, elle marchait, droite, les épaules en arrière et la poitrine fièrement bombée. Elle avançait majestueusement à travers le campement, comme si aucun obstacle ne pouvait l’arrêter ou la détruire. On aurait dit une pirogue, fendant les eaux bouillonnantes et dangereuses du fleuve…

 

Nul ne sut ce qui se dit, ni quelle cérémonie s’effectua chez le chaman.

Plus tard, après que celui-ci se fut longuement entretenu avec Plume d’Aigle, la cérémonie de présentation commença. Le chef prit la main de la femme qui se tenait fièrement à ses côtés.

« - Voici l’épouse que  Nuage Noir a ramené de ses lointains voyages. Elle se nomme « Carène de Navire » et fait partie de notre tribu, à présent. »

 

Aussitôt des murmures d’approbation parcoururent les membres de la tribu qui entourèrent le jeune couple afin de le féliciter et que chacun puisse, à son tour se présenter à la jeune femme.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

Là-haut‏ (titisoorts)

Partir dans les étoiles, rêver quoi. Moi qui suis si terre à terre. Il m'arrive de me hisser, avec une corde, là haut, la tête dans les étoiles. Elles sont si grandioses, pourtant, il m'arrive de ne plus les voir, de les oublier, de vivre ou de survivre dessous. Lorsque je les comtemple, j'ai comme un sentiment de petitesse, d'une beauté, là, juste au dessus de nos têtes, nous, sur cette terre, qui tient au milieu de l'univers. Je deviens un petit rien, qu'une étoile filante qui passe un cours instant sur cette terre. Je tiens aussi à dire que je suis curieux : de la vie, d'apprendre, quel superbe défaut. De savoir, de voir, de s'apercevoir qui nous sommes où nous sommes où nous en sommes. Au sujet des étoiles, j'ai deux ou trois références, d'abord celle de Lee Brown " vise la lune si tu la loupe tu tomberas dans les étoiles". Quelle belle devise ! Et l'autre d'Oscar Wilde " nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles"
La premiere citation, me fait penser et me conforte dans l'idée que c'est bien d'avoir un but, un objectif, sinon nous avons l'impression de errer. Un peu comme l'équipe de France de Football, sans but. Par contre la deuxième, c'est un peu l'histoire des moutons de Panurge, il y a des jours où c'est boulot dodo, avec l'impression tout juste, d'assouvir ses besoins reptiliens. Il suffit d'une pensée, d'une idée saugrenue disent les autres, qui vous font avancer et aimer la vie.
La troisième est une chanson des cowboys fringants "les étoiles filantes" j'adore. Ce que j'aime bien, les nuits d'étoiles filantes, c'est de descendre le matelas, la couette, de m'installer convenablement et de regarder les étoiles défiler. Il y a le petit cheval lumineux, malgré les pluies de météorites, tous derrière et lui devant. Allongé, blotti contre toi, où mes pensées s'envolent, libres comme un oiseau, fut-il indien, vaillant sûrement de la tribu des Crows. Je partais à la conquête de l'univers, comme Jason et ses argonautes à la recherche de la toison, fut-elle d'or. Et submergé par le sommeil, comme la carène de leur navire, comme la coque de leur bateau à moitié immergé, à moitié présent. Le ciel est plein d'histoires, et tant que les étoiles brilleront dans nos yeux, ça ira...

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

La remplaçante (Célestine)

 

La remplaçante

On était à la machine à café avec Edgar. Comme tous les jours.

On a vu débouler une fille carrément pas vraie, ébouriffante,j'exagère pas. Des jambes, mon vieux, des seins à piquer la fortune, une carène de navire de luxe, des yeux à faire péter les braguettes, une bouche...maquillée comme une voiture volée.

Elle est passée près de nous, et son parfum nous a pétrifié le cerveau. Norbert faisait une tête ahurie, on aurait dit un de ces oiseaux indiens d'Amazonie à l’œil vide et rond comme une olive noire, sans aucune expression.

-Ferme la bouche ! que je lui ai dit, ça fait courant d'air !

-T'as vu ? Elle nous a même pas calculés, dis donc. Rien, pas un regard ! C'est qui celle-là ? a dit Edgar en sortant de sa prostration.

-Aahhh !! je vois messieurs que vous avez croisé ma remplaçante, a dit Lambert qui sortait de la compta.

Devant nos mines ébahies, il a cru bon d'ajouter : « Mais non, je plaisante ! C'est une cliente du boss. Elle vaut un gros paquet de dollars ! »Il a éclaté d'un rire gras. On était dépités.

Ben j'vais vous dire : si ce crétin de Lambert se met à faire de l'humour, c'est la mort du petit cheval !

N'empêche, je lui aurais bien proposé une formation accélérée, moi, à la « remplaçante »...

FEMME

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :