Conversation (Célestine)


"Je voudrais construire un grand mur, dit la petite fille.

Mon mur monterait jusqu'au ciel. Il m'emmènerait aussi haut que mes rêves. Comme sur les ailes d'un jars blanc, je verrais ma maison. Si petite. Tout en bas.

Les briques en seraient couleur de feu, comme les cheveux de ma maman quand elle s'endort dans son hamac, l'été, et que de minuscules gouttes d'eau lui font une moustache de perles, juste là, sous le nez.

 

Je voudrais construire un long mur, dit le petit garçon.

Le mien serait plus long que la grande muraille de Chine.

Il m'emmènerait au fond du monde, là où les déserts sont si chauds que les reptiles pleurent des larmes de sable, là où les banquises sont si froides que les pingouins restent collés au sol.

 

Je voudrais construire un beau mur, dit la petite fille.

Mon mur entourerait la mer. Je serais la reine du plus grand royaume au monde, et la mer serait ma piscine, avec de vrais dauphins pour bouées, qui danseraient autour de moi pour me distraire.

 

Je voudrais construire ...et toi, Papi ? Dit le petit garçon.

 

Moi, je voudrais détruire les murs .

Les murs d'incompréhension, les murs de haine, les murs d'intolérance, les murs de la honte, les murs de prison, les murs aveugles, les murs du silence, les murs d'indifférence, les murs de l'Atlantique, les murs de brouillard, les murs de bêtise.

Moi, je voudrais détruire tous les murs qui séparent les hommes.


Eh bien, quand je pense qu'on me gronde quand je casse un jouet, soupire le petit garçon."

Photo Grand-Père

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Le mur. (Mamido)

C’était un vieux mur décrépi, lézardé, croulant sous le lierre. Par endroits, il était percé de trous béants et tout un pan s’était écroulé, en son milieu.

 

Pour les adultes, il représentait le mur de la honte, dissimulant aux regards la décrépitude et l’abandon d’un quartier dont la rénovation traînait en longueur.

Ils passaient rapidement devant, sans regarder. Ils nous interdisaient d’y aller, l’endroit était, parait-il, mal, fréquenté.

 

Mais, c’est bien connu, les enfants adorent franchir le mur de l’interdit !

Aussi, le mur servait-il de rideau au terrain vague où nous passions le plus clair de notre temps libre. Le franchir, c’était comme traverser une frontière magique derrière laquelle commençait un monde irréel où tout pouvait arriver. De l’autre côté, l’Aventure nous attendait.

 

C’est pour cette raison, qu’au moins une fois par jour, à la sortie de l’école, nous « faisions le mur » et nous nous évadions dans l’univers merveilleux des jeux que nous inventions.

Je devenais pilote d’avion de chasse et, entre deux loopings, franchissais avec brio et dans un bruit de tonnerre, le mur du son. Pour mon copain Léo, à califourchon en son sommet, le mur devenait celui du combattant. Dernier rempart contre l’invasion d’une horde barbare peuplées de cavaliers féroces et armés jusqu’aux dents, il le défendait, à l’aide de son fidèle dragon, l’épée à la main et à la tête d’une armée de chevaliers à l’armure étincelante.

 

Pour les plus grands, le mur servait de cible d’entraînement. Jets de pierres, tirs de carabines venaient encore en aggraver la décrépitude.

 

On dit que les murs ont des oreilles, peut-être des yeux aussi, pourquoi pas ?... En tout cas, s’ils pouvaient parler, sûr qu’ils en auraient des choses à raconter !

A longueur de temps, le nôtre recevaient les confidences, les promesses et les lamentations… Sur ses flancs s’imprimaient les injures, les serments et les rendez-vous…

 

L’endroit où il était en partie écroulé servait de banc aux amoureux qui s’y faisaient des déclarations. Premiers baisers, premières étreintes malhabiles s’échangeaient dans la fraîcheur d’un lit de lierre.

Pour les amours passagères et clandestines, pas tant de confort, les baisers fébriles, les étreintes brutales et rapides avaient lieu n’importe où, en position debout, contre la pierre sèche et rugueuse.

 

Puis un jour, plus de mur ! Les engins se sont emparés du terrain vague, une tour de trente-cinq étage y a poussé, comme un champignon.

 

Ce jour-là, nous avons dit adieu à une grosse partie de notre enfance.

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Défi 157 (rsylvie)

… crois moi, cette année l’est mure !


-«… m’enfin Jeannine,,,,,, c’est plus possible.

Crois-moi, cette année L’est mure pour y aller ! » venait de s’écrier mon père.

C’était dit. Et, il n’y avait pas à revenir sur le sujet. Ainsi, en avait décidé le brave homme. Cette année, je ferai mon entrée à la Communale.

J’avoue que je n’en menais pas large. Depuis le temps que l’instituteur passait et
repassait devant notre pas de porte sans jamais oser en franchir le seuil. Je m’étais fait à
l’idée que l’école n’était faite pas pour moi. J’avais ainsi, pris de mauvaises
habitudes. Pour ça, vous pouvez me faire confiance. Tiens, comme la fois où je
fis un pied de nez à tous, en passant devant les fenêtres ouvertes de la
classe, alors que nous rentrions des fenaisons. Du haut de la charrette à foin,
je les dominais, moi le tout petit. Alors ça oui, je leur ai fait une de mes
plus vilaines des grimaces. Eux qui soufflaient et suaient dans leurs tristes
tabliers noirs, sagement assis devant le grand bureau du maître. Et l’autre
fois, où je me mis à chanter si fort en conduisant nos vaches de l’autre côté
du village, pendant que j’entendais ceux de la grande section ânonner leurs
tables de multiplication. Pour sûr, m’ont bien amusé ceux de la grande école.
Mais à ce jour, que je dois les rejoindre, j’ai comme une boule au ventre. Qui
ne me quitte pas, depuis que j’ai entendu le père et la mère se prendre la tête
pour une histoire de soupe qui ne serait plus assez chaude pour être digeste.
La pauvre femme avait eu beau pleurer toutes les larmes de son corps, s’écriait
que je n’avais pas encore tout à fait atteint l’âge idéal, que j’étais fragile
des bronches, qu’une année de plus auprès d’elle ne pourrait que m’être
profitable en raison de ma petite taille…. Rien ni fit.


Faut dire que ça va me changer la vie.
Plus de bons petits plats le midi, mais un goûter tiédi par l’impossibilité à
rester mijoter sur le vieux poêle de la pièce centrale de notre demeure. Plus
de petit veau à conduire dans le pré, avant d’aller à la pêche le long de
l’Orne. Et puis surtout, plus de course folle dans la campagne environnante,
mais rester assis en silence, à écouter les enseignements de l’instituteur. Mais
là n‘est pas le pire, car il va falloir aussi faire des devoirs le soir et réciter
des leçons devant toute la classe. Et ça, je ne pourrais pas.

Vous imaginez, les grands qui me regardent et les filles aussi ?

Après une nuit de cauchemars. Une impossible tartine de beurre à avaler, tant elle est
épaisse … « pour que la fringale ne vienne pas lui gâcher la matinée » avait
murmuré ma mère. Mes beaux habits du dimanche délicatement enfilés au dernier
moment, afin de ne pas les salir, je prends le chemin du village, ou plus
exactement, celui de la grande rue conduisant à l’école communale. Terrifié, le
cœur battant la chamade, une perle au goût amer cherchant à tout prix un
passage dans le conduit lacrymal qui interdit tout débordement au flot de
larmes qui trouble mon regard. Je lâche la main de mon père à l’entrée de
l’énorme bâtisse où désormais je passerai la majeure partie de ma vie d’enfant
et d’adolescent, pour me diriger vers la file d’écoliers attendant la sonnerie.
Soudain un grand s’empare de la cordelette et fait tinter la cloche. Sagement,
je suis les enfants qui se dirigent chacun vers leur place attitrée. Le professeur
n’étant pas encore rentré dans la classe, une fois assis, là où il me semble
être ma place, je m’apprête du regard à faire l’inspection de la pièce, quand
une voix tonitruante venant de la porte principale, me surprend en pleine
réflexion.

-« Que chacun prenne une craie, son ardoise… écrivez »!

« C’est au pied du mur que l’on voit le maçon »

Vous avez une demi-heure pour me dire ce que cela vous inspire.

Et surveillez vos fautes !

Vous le nouveau… venez me voir !
Alors mon petit, ton père a enfin réussi à décider ta brave mère de te laisser venir parmi nous.
Tiens, histoire de voir à quoi nous devons nous attendre avec toi, dis-moi, ce que cette citation t’inspire à toi » ?


 

Vexé de constater que tout le village semblait
parfaitement au courant de notre vie de famille, je m’écriais dans un français
plutôt graphique que grammatical

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Vert et pas mur (Poupoune)

Le gosse était pas là depuis trois jours qu’il parlait déjà de faire le mur. Il était pas fait pour la taule. Pas qu’y ait des mecs vraiment faits pour, mais disons qu’y en a qui supportent mieux. Lui, il supportait tellement pas qu’il grattait le mur avec ses doigts la moitié de la nuit, des fois qu’à force ça finirait par lui faire un tunnel, et l’autre moitié il pleurait. Du coup il dormait pour ainsi dire pas et je donnais pas cher de sa peau s’il faisait pas un peu plus gaffe à lui.

Depuis le temps que je moisissais entre ces murs, moi, j’en avais vu passer des jeunots que l’enfermement rendait dingues, mais lui… je sais pas. Il avait comme un truc un peu fou dans le regard qui faisait que quand il disait qu’il pouvait pas passer une minute de plus dans cette taule, non seulement je le croyais, mais en plus j’avais vraiment envie de l’aider à en sortir. Même si ça me plaisait pas plus que ça de m’attirer des emmerdes. J’étais peinard, moi, là. Contrairement au gosse, c’est la vie dehors qui me réussissait qu’à moitié. Alors tous ces marlous qui sont passés par ma cellule en jurant qu’ils se feraient la belle avant que j’aie eu le temps de m’habituer à leurs ronflements, je les écoutais poliment et je les laissais élaborer des stratagèmes tous plus foireux les uns que les autres pour faire le mur, mais je m’en mêlais pas. Et je me suis habitué non seulement à leurs ronflements, mais aussi à leurs flatulences et autres nuisances nocturnes. Mais ce gosse… c’était pitié de le regarder dépérir à vue d’œil. J’étais sûr qu’il crèverait en moins d’un mois si on faisait rien pour lui.

J’ai profité de mon ancienneté et de certains rapports privilégiés que j’avais avec les matons pour essayer de l’aider sans me compromettre, mais ça changeait pas grand-chose : d’heure en heure il paraissait plus maigre, plus malade, plus triste, plus proche de la fin. Alors j’ai fini par lui dire que j’allais l’aider à faire le mur. Ça a suffi à lui redonner un peu la santé. Chaque jour, je dévoilais des bribes d’un plan qui pourrait peut-être marcher… Lui y croyait à fond et il semblait revivre. Je m’en voulais un peu de faire traîner les choses, j’avais l’impression de le faire marcher, mais plus tard on devrait mettre le plan à exécution, plus tard je m’exposerais à des emmerdements qui ne manqueraient pas de me pourrir le quotidien.

En attendant, il grattait toujours le mur la nuit et il avait toujours pas l’air bien vaillant, mais il allait quand même mieux. C’est l’impression que j’avais en tout cas, jusqu’au jour où on l’a retrouvé pendu avec la corde qu’on avait commencé à tisser pour notre évasion. On n’en avait pas vraiment besoin, je lui avais seulement fait faire pour concrétiser un peu le projet. Pour l’aider à tenir.

Je m’en suis voulu à mort.

Alors pour honorer sa mémoire, j’ai décidé de faire le mur conformément au plan qu’on avait élaboré ensemble. Quoi qu’il arrive. Tant pis. Il me semblait que je lui devais bien ça.

 

Depuis, certains matins, quand je me réveille au son des vagues et que le soleil illumine déjà le petit intérieur coquet que je partage avec un genre de déesse des îles, j’ai besoin d’aller vérifier que la porte n’est pas verrouillée et de faire quelques pas sur la plage pour m’assurer que je ne rêve pas. Mais la plupart du temps je m’aperçois que j’ai quasiment oublié cette foutue vie entre quatre murs et que finalement, j’étais plutôt fait pour vivre libre.

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Rentrée risquée et dangereuse.(32Octobre)

 

Zigmund, malgré tout le respect que je lui dois, a dû être, tout petit, bercé trop près d’un mur.

Quand même, cette obsession des murs… cela ne peut venir que de l’enfance.

Et en plus avec un nom pareil.

Il y a quelque chose à chercher.

A trouver, cela n’est pas sûr que j’y arrive.

 

À moins que…

Étudions toutes les pistes et hypothèses possibles.

 

Il se venge en m’obligeant à délirer sur un mur et vous avez vu quel mur !

 

Peut-être Zigmund est-il photographe dans la rubrique des chiens écrasés de mon journal local.

MUR BRIQUE

Photo et légende seraient de lui.

La preuve ci-après :

« Un individu louche, dont l’identité est encore inconnue, voulait savoir ce qu’il y avait derrière le mur ; il vola une à une les briquettes manquantes sur cette photo pour se construire un foyer ; il capitula ou plutôt fut écrasé par sa brouette en rentrant on ne sait où, peut-être chez lui. »

 

Non, pas la bonne réponse.

 

RUINESZigmund a été maçon dans une autre vie. Mais un maçon, pas trop doué, comme on dirait dans la finition. Il faisait trop chaud. Les pierres étaient lourdes. Le soleil tapait. Il a été surpris par notre photographe en plein travail.

Ce mur sera-t-il fini avant la fin de ses vacances ? Le mystère reste entier. En effet, il ne peut être au four et au moulin, rêver ou s’occuper de ses chats et d’un certain Mimosa, qui a l’air de tenir son bout.

 

Non, impossible tout cela. Zigmund a des mains d’artiste.

Il est un peintre méconnu ; je n’ai pas dit maudit.

Il est un de ces artistes des rues qui ornent murs, soubassements, endroits improbables de ses œuvres. D’ailleurs, cherchez-bien ! Ici ou , une œuvre de ses œuvres s’y cache peut-être.

 TAGS JAUNES

 

http://www.web-utopia.org/Street-art,726

 

 

J’espère que Zigmund me pardonnera cette fantaisie autour de sa personne mais je n’ai pas pu résister.

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Participation de Martine27

Les murs ont des oreilles, dit-on ! Mais les murs ont aussi des yeux et une mémoire.

Tout au long des siècles les murs ont emmagasiné tellement de vie et de mort qu’ils sont capables de vous en faire profiter si vous vous laissez porter.

Entendez-vous le gémissement d’agonie du mur qui s’écroule pris dans le tremblement de terre ?

Entendez-vous le cri de joie du mur de la honte qu’on abat et qu’on délivre de ses années de peur ?

Voyez-vous l’immensité des collines sur lesquelles la grande Muraille de Chine déroule ses méandres ?

Respirez-vous l’odeur de sang qui stagne encore dans ces caves secrètes où l’Inquisition torturait les sorcières ?

Touchez-vous du doigt le désespoir du prisonnier de ces moellons qui a gravé, on ne sait comment, ce dessin dans la pierre pour continuer à vivre au-delà de son oubli ?

Devinez-vous la force et la foi qu’il a fallu à ces humains minuscules pour bâtir cette cathédrale et cette pyramide et qui émanent encore de ces murs millénaires ?

Voyez-vous le sourire de cette femme qui vient de coucher son enfant au creux de son berceau bien protégé par le torchis de ce mur élevé par son père ?

Sentez-vous contre votre peau le frôlement du fantôme prisonnier de ce château qu’il a défendu jusqu’à la mort ?

Entendez-vous les tendres roucoulements et les cris de plaisir de ces couples qui se sont succédés entre les cloisons de cette chambre ?

Les murs ont des oreilles, mais vous aussi !

Alors tendez-les et emplissez-vous de leurs histoires, laissez vous guider au-delà de leurs frontières vers un monde qui ne demande qu’à se révéler à vous.


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Participation de Zigmund

Comme ils   disent  : me voilà au pied du mur !

Impossible de reculer, c'est moi qui ai donné l'idée de cette consigne aux défiants.

C'esr parti :

(consigne #4)

 Sous les gravats, gisait madame Beautin. identifiable à ses chaussures noires et ses chaussettes bleues qui dépassaient du tas de pierres. Frappée du syndrome de Jérusalem lors de son voyage en "Terre sainte", elle avait fait construire à son retour, une réplique miniature du mur des Lamentations  au fond de son jardin pour venir y prier régulièrement. Ce mur construit à la va vite avait  brutalement chu sur elle  ...Le commissaire Arien, à peine arrivé sur les lieux, s'écria "le haut mur l'a tueR"

J'avoue avoir été tenté d'arrêter là ma participation, m'auriez vous pardonné ? 

Les murs cloisonnent, enferment, séparent, mais parfois il peuvent réunir les gens autour de leur construction ou de leur destruction.

220px-Prayer_Papers_in_the_Western_Wall

 Jérusalem : il y a très longtemps. J'étais petit, je me souviens des barbelés,  de la complexité du découpage de la ville, chaque mur pouvait se révéler une frontière dangereuse. Sur une terrasse surplombant un lieu saint, des soldats(amis? ennemis?) me regardaient, souriants, mais armés. Donc, le fameux mur, je ne l'ai vu que de très loin, j'ignore si je le verrai un jour en vrai, mais il est face à moi tous les jours en carte postale sur mon box de consultation.-220px-Israel-Western_Wall-

 

 

Peut être inspiré par ce mur, notre ami Hadrien, s'est lancé depuis deux ans dans la construction d'un beau mur à l'ancienne, en vrai granit de Bretagne. Hadrien est du genre méticuleux, (pas comme le maçon de madame Beautin), chaque pierre est choisie amoureusement en fonction de sa taille et de sa forme, nettoyée... le must est de ne pas mettre de ciment ou très peu. C'est un genre de puzzle pour haltérophile. Nous sommes fascinés par ce défi, par la beauté de ce travail. Certains passants s'arrêtent et s'extasient, ou viennent surveiller l'évolution du chef d'oeuvre. MUR6Pour poser le linteau de la fenêtre il a fallu se mettre à plusieurs, et ce fut  sportif et périlleux.

Un vagabond séduit par ce travail, a un jour proposé son aide bénévole qu' Hadrien a du refuser de peur d'être accusé de travail dissimulé...Alors il continue à monter son chef d'oeuvre pierre par pierre, c'est son mur de la fierté en quelque sorte.Honeymoon BerlinFH000008

Une fois que fut tombé le mur de la honte à Berlin*, nous en avons construit un, virtuel, mais pas seulement, autour de notre confort d'Européens :  ce double mur de grillages et de barbelés, s'étend dans le no man's land qui borde le trajet de l'Eurostar.Quelque part, dans ce paysage désolé, des humains espèrent  faire  librement le même voyage que nous. C'est ce mur invisible qui dit : "ici c'est l'Europe, on y est bien, mais on est assez nombreux comme ça , rentrez chez vous !" J'ai honte de cette Europe là.

.

---J'ai autrefois aidé à construire des "murs de révolte ": murer la pointeuse de l'hôpital histoire d'agacer les administratifs qui ne payaient pas nos gardes.

Un jour, nous avons du décharger un camion plein de livres, quite à interrompre nos consultations. Il s'agissait des exemplaires du livre fraichement édité de notre patron. Nous avons rangé les livres de façon à murer le bureau du patron...

Bon, je vous accorde que ces barricades étaient plutôt potaches.

Tout le monde ne peut pas s'apeller Gavroche.

 

 


*   

*Dans son  blog  culture en vrac,  Florence Porcel   a traité le sujet des murs en général et du mur de Berlin  en particulier(zappez Adamo et regardez le clip d'Yves Dutheil)  ... allez lui rendre visite 

** photos 

-mur des Lamentations :wikipedia

-murs décorés ou taggués à Berlin : batelo

 

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Murmures (Adrienne)

Ô saisons, ô châteaux
Quel mur est sans défauts ?
Berlin, Hadrien,
fondations, lamentations,
illusions.

À pied, à vélo,
à Grammont, à Jéricho,
en Bretagne, en Sologne,
murs d’escalade
ou de façade.

Les fleurs, le son,
tout lui est bon.
Le feu, le verre,
la pierre, la terre,
la brique ou l’Atlantique.

C’est bien la pire peine
de ne savoir pourquoi
sans ‘je t’aime’ et sans haine
mon cœur a tant de peine.

Merci à Rimbaud et à Verlaine

Pesaro

 

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Quand le Maneken Pis reçoit réplique ad hoc (Joe Krapov)

Ordure ! 
Crevure ! Lady gaga en robe d’épluchures !
Inspecteur La Bavure ! Profanateur de sépulture ! 
Râclure de bidet de roulure !

Vieux fox à poil dur de Namur !
Adopteur de postures qui tournent à l’imposture ! 
Saupiquet d’acupuncture !
Caricature de bouffissure ! Espèce de boursouflure ! Gros plein de courbatures !

Epouvantail en déconfiture !
Enflure sans culture ni demi-mesure ! Demi-sel sans envergure !
Paltoquet sans doublure !
Superficiel de l’échancrure !

Eclaboussure de vieux campeur à côté de ses chaussures !
Pourceau d’Epicure ! Sans envergure !

Ratatine-ordures ! Ecorcheur de littérature ! Ignorant de l’écriture ! Rature !

Zakouski en friture !

Riz nature ou cantonais en garniture ! Ambulante injure !
Face d’enluminure ! Végétatif de la luxure ! Hooligan à chevelure !

Rognure d’ongle de la comtesse de Ségur !
Rien sous la toiture ! Abruti de la Côte d’Azur !
Thermomètre à mercure !
Président en miniature ! Ame obscure !

Parjure de nature !
Shooté de la piqûre ! Pourriture de sous-préfecture !

Primogéniture de Saumur sans fémur ! Patate dure ! Perclus de vergetures !

Vicieux de cercle sans quadrature !

Lie de roture ! Rayure ! Retirure ! Point de suture ! Infection qui suppure !
Troncature ! Mononeuronal sous bromure !
Editeur de brochures sans allure !

Pondeur de sous-littérature !
Guérisseur d’engelures ! Résidu d’hydrocarbures !

Leroidec de la forfaiture ! Chiure de gomme ! Messala ennemi de Ben-Hur !

Graffiteur sans imprimatur !

Jean Nouvel obscur ! Bas du front sans couture !
Sang impur ! Enurésique de mauvais augure ! Balayure !

Bachi-bouzouk en robe de bure !
Espèce d’embouchure ! Triste figure !
Flétrissure ! No future ! Gros plein de garbure !

Si d’aventure je te reprends à uriner contre mon mur, tu vas te faire appeler Arthur !
 

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Photo prise à Rennes le 10 avril 2011

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