06 août 2011

Le yaourt.. (Droufn)

droufnQuel divin plaisir que de lécher le côté interne du chapeau d’un yaourt, là ou est collé une fine couche de produit laitier légèrement pâteux. Il m’arrive de faire exprès de retourner le pack de 16 au moment de le mettre dans le caddy pour avoir encore plus à lécher le soir même...  et c’est là que commence l’aventure.

Il faut choisir le bon coin pour bien ouvrir le fin papier plastifié sans risquer de le déchirer afin de ne rien perdre et de profiter de la moindre perle de produit laitier. Arrive ensuite le moment de la chasse au fruit à la cuillère, le fébrile désir de trouver le plus gros morceau de fraise ou d’abricot. A partir de ce moment là, plus rien ne compte sur cette terre si ce n’est d’arriver le plus vite possible au fond du pot et utiliser ma langue comme le ferait un castor en plein cuni de foune de chamelle qui ne trouverait pas son point G. Si je pouvais, j’y mettrai bien la tête aussi.. Puis de se jeter sur un deuxième yaourt au parfum différent en prenant bien soin à nouveau de ne pas déchirer son chapeau.

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Et ainsi va ma vie, le soir, au fond de mon canapé, devant la télé..

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Sluuup!

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Et vlan ! Passe-moi les Ponge, Bob (Joe Krapov)

La table (mode Poupounesque)

C'est par elle, et sur elle, que se multiplient les pains.
Avant de les distribuer l'inspecteur intime au suspect l'ordre de s'y mettre, à table.

- Tu vas déguster jusqu'à ce que tu t'allonges !"

L'autre fait comme s'il était de bois mais en son formica intérieur il n'en mène pas largemica. C'est que le délit est peut être grave. Dans ce cas on passe très vite des tables de la loi au lit de justice et cela peut vous mener à la chaise électrique.

Pendant ce temps-là, nous autre, nous avons du mal à trouver des mots pour meubler la conversation.

- Chef, il a fait un malaise, son coeur va lâcher !
- Fallait pas lui cogner si fort dans le buffet ! J'avais bien vu qu'il n'était pas dans son assiette, le vieux !"

En deux coups de cuillère à pot on l'emmène à l'hôpital. Sur la table d'opération on découvre qu'il n'a pas voulu payer l'addition et on constate bientôt sa soustraction effective à l'effectif des vivants.
Sur la table de dissection on peut enfin savoir combien de divisions représente le pape.


Les lunettes (mode Zigmundien)

Quand on n'a pas la vue nette, on doit porter des lunettes.
Elles donnent un air austère à Paul et un nerf optique à Patrick.
On les porte sur le nez depuis si longtemps qu'on peut bien les appeler « vieilles branches ». Mais comment fait celui qui n'a pas d'oreilles pour en porter ?
- Mêle-toi de tes lorgnons, Joe Krapov, et arrête de taper comme un sourd !
Celle qui sert à regarder les planètes ou les éclipses de soleil coûte un prix astronomique.
En même temps, on n'a plus rien à l'oeil aujourd'hui.
Tout ceci n'est pas grave. Ce que je crains par-dessus tout, c'est qu'on nous oblige un jour à porter des lunettes 3D au cinéma pour voir « Mon ocle » de Jacques Tati.
- C'est pas de Claude Chabrol, plutôt, le mon ocle rit jaune ?
- Ne discutez pas de cinéma à table (voir ce mot), les interrompt la mère, toujours pleine de tact et au contact. Finissez vos lentilles.


Le piano (mode Joyeux, avec Christian Clavier qui joue le concerto en sous-sol de Ravel)

Le piano est un gros comique noir qui rit de toutes ses dents des beignes qu'on lui donne et d'y voir, au pianiste, cet homme un peu ridicule qui porte queue de pie pour jouer Rossini ou bien l'air des bijoux, un air de ressemblance avec un vieux pingouin qu'on a mis sur la touche.
Son ratelier, c'est un clavier bien tempéré : qu'on le caresse ou qu'on le frappe il ne bouge pas d'un iota alors que ma guitare est pleine de coups et l'âme du violon pleine de blessures chantantes. Perché sur ses trois pieds, plus lourd qu'un bahut breton, il n'aime rien tant , comme ce dernier, que faire chier le déménageur normand. Je crois qu'à l'intérieur il est un peu marteau.
Mais toute cette vieille musique déversée à Gaveau comme une vieille gavotte ou qui sort de la Pléiade pour plaider à Pleyel, vous ne trouvez pas que ça sent un peu le réchauffé ?
Les moins romantiques d'entre nous préfèrent d'ailleurs celui de ses cousins qui officie dans la cuisine du restaurant.
Et, bientôt, ceux-là passeront à table (voir ce mot).
Parmi les pianistes les plus célèbres rappelons l'existence de Jelly Roll Mops Morton, Elton « Lieu » John, Frantz « La truite » Schubert.
Après le concert, tandis que Frédéric Chopin sec et à l'eau se restaure le boyau, Wolfgang Amadeus Mozart dîne à l'huile.
Bon, OK, j'exagère dans le genre Vermot. C'est d'accord, Keith, j'arrête.


La Chaussure (Mode Mapien, Charleville n'étant guère éloignée de Nancy)

De quoi se mêle la chaussure ?
Lui demande-t-on autre chose que d'enfermer les pieds et protéger leurs plantes de la dureté des sols bien souvent caillouteux ?
Qui lui a suggéré de se hausser du col à coups de talonnettes ?
Sous prétexte qu'au sable elle marque le pas la voilà qui hurle au sandale et voudrait faire de la littérature, marcher sur l'eau là où elle n'a pas pied.
Que d'ambition, vraiment, et quelle poésie, Miss Tong et Miss Tatane !
Et vous messieurs Souliers qu'on trouve dans la neige du côté Guy Béart et voyagez beaucoup près de Félix Leclerc ?
A quoi rêvent les godasses en pleurs ? Que serais-je santiag qui vins à ma rencontre lorsque, le pied contre son coeur, le poète tire les élastiques de ses ballerines blessées ? De quoi se mêlent les chaussures, les Bata ou les Bateaux ivres ?
De vent !


La brièveté (A la Walrusse)

Elle évite bien des pépins tout comme la visite régulière du château de Chantilly permet à Berthe de vivre sur un grand pied en attendant de chanter « Sacré Charlemagne, l'école est finie ! ».

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Quotidien‏ (Berthoise)

Bon je pourrais vous parler des lunettes qui m'ont rendue à la joie de la lecture. Oui, je pourrais.

Je pourrais aussi vous dire mon amour pour le rouge à lèvres, mais j'en ai déjà parlé, je crois.

Je pourrais vous louer ma montre qui ne me quitte jamais, obsédée que je suis par le temps qui passe. Celle que je porte est la troisième du même modèle, avec un cadran à aiguilles qui s'éclaire la nuit. Mais, non.

 Je sais quel objet je vais vous vanter. Mon agenda.

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Choisi avec soin en janvier, je n'avais rien trouvé qui me plaise en septembre. Beau. Pratique. Efficace quand je pense à l'ouvrir et que je n'ai pas oublié d'y noter les rendez-vous.

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Mon agenda, mon compagnon. J'y note les rendez-vous, mais aussi les petits faits importants de ma vie routinière. Tous les ans, j'achète un agenda. Je garde ceux des années précédentes. Je les feuillette parfois. Je m'étonne de redécouvrir des noms, des lieux, des évènements. J'y retrouve des billets de spectacles, des tickets d'entrée pour des expositions, des petits dessins de mes enfants, parfois même des photos. Ma vie.

 

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en mon arme et conscience (Zigmund)

  onS5

----Avant de me déclarer innocent, regardez moi bien.

Ne trouvez vous pas que j’ai la forme d’une flèche ?

Je ne vous fais pas peur ?

Vous avez tort …

                                                   Je suis à l’origine de révolutions, et de guerres,

                                                  Tout dépend de la main qui me tient...------20110701 P2

Aucun stylo n'est inoffensif. Le mien est un stylo plume à calligraphie. Je le nourris à la seringue plongée dans l'encrier.

Il sert à remplir mes dossiers patients (puisque je suis -et serai probablement- toujours seul à supporter mon écriture). Et oui, point de dossier informatisé chez moi : c'est vous, vos yeux que je regarde, l'ordinateur n'est bon qu'à voir les  photos et résultats d'examens.

Beaucoup de  lettres aux confrères sont écrites à la main,et, dans ces moments là, je m'applique à être lisible surtout si le confrère est une "huile".

Une lettre ou une ordonnance écrite à la plume ça vous a  quand même une autre gueule qu'un machin dactylographié.

20110701 P1


Mon stylo est arme de résistance :

Ah, le plaisir malsain de laisser glisser le stylo sur une feuille  de soins et de dire mer** "non merci" à Dame sécu et sa carte verte ! (Et tant pis si cette résistance risque de  me coûter cher.)

J'ai appris très jeune à ne pas prêter mes stylos plume. 

Et oui je suis fidèle ...mais à plusieurs stylos plume

(comment dit on ? polygammie ? polystylie ? ).

Il m'est arrivé de tomber amoureux fou d'un stylo en forme de sabre  et de renoncer lâchement à braquer une banque pour m'offrir cette "danseuse".

Il m'arrive de regretter le temps où je n'écrivais pas au clavier, où je laissais courir la plume sur mes cahiers à petits carreaux où se mèlaient tentatives de calligraphie latine et tracés d'idéogrammes chinois.

Dans ces moments, je prends un vrai papier et j'écris une vraie lettre aux amis lointains  peu connectés, et tant pis si l'ordinateur me fait la gueule l'espace d'un instant...Il sait qu'il gagne du terrain ...


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Le parti pris des choses (à la manière de Francis Ponge) (Sebarjo)

 

La table

Ce grand quadrilatère rectiligne ou cette tablette parfois pliante nous en bouche toujours un coin avec ces quatre angles droits, de l'entrée jusqu'au dessert. Lorsqu'on s'y met (à table) on devient tout de suite bavard surtout quand le vin coule à flots dans les verres qui ornent l'arrondi des assiettes. On aime s'y installer à tel point que l'on voudrait la voir en plus grand nombre (ce qu'on appelle les tables de multiplication).

 

Les lunettes

Elles n'ont rien à voir avec les chasses d'eau des toilettes mais en recouvrent parfois leurs assises pour plus de confort. Elles sont la bonne étoile de l'astronome et sont très en vue dans les presbytères. Elles sont attirés par la lumière car dès que le soleil arrive, elles foncent. Enivrées par les émanations rayonnantes du grand dieu Râ, elles deviennent vite noires. Toutefois, elles sont inutiles chez les nyctalopes et prennent le nom usuel de monocle chez le cylope.

 

Le piano

Qu'il soit bien droit ou à queue, quelqu'en soit sa gamme, il a toujours une jolie descente que l'on aime à flatter. S'il est bien Mi, il n'est jamais La quand on lui gratte le Do. On ne peut que difficilement s'empêcher de toucher délicatement à toutes ses touches. Puis de les frapper de plus en plus fort, de les marteler à la manière d'un Jerry Lee Lewis comme sur Great balls of  fire. Et de finir par divaguer, en jouant debout sans penser à rien un peu comme un Bill Evans qui se lance dans des improvisations intemporelles.

La bille

Elle roule sans jamais tiquer, qu'elle soit d'agathe, de terre, de verre, d'acier ou même de feu. Son roulement devient vite entêtant, et c'est alors bille en tête qu'on essaye de la rattraper, mais jamais on n'y parvient à moins de toucher sa bille. Elle a parfois les boules et elle nous fait flipper mais quand elle est de clown, c'est le rire qui l'emporte, ce qui n 'est point billevesée. Et si toi-même tu roules ta bille, tu auras peut-être la chance de humer le parfum de la dame en noir que renferme mystérieusement une chambre jaune... mais pour ce faire il te faudra biller doux !

 

 

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Ô bout de mon rouleau ! (Joye)

Grâce limpide
Si mal connue,
La beauté pure
Du papier Q !

Aucun liquide
N’y reste imbu,
La sinécure
Du papier Q.

Ô intrépide!
Ô farfelu !
Ô épicure !
Ô papier Q !

Ami splendide
Atteint son but :
Bonne figure,
Le papier Q !

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Défi 156 (32Octobre)

 

Balluchon, au bout de mon manche parfois porté,

Accessoire de ma sorcière bien aimée,

Larbin de Cendrillon au temps de ses malheurs,

Acrobate, pour décrocher les toiles savamment tissées,

Imprévisible dans les mains de l’apprenti sorcier,

 

Je suis

Plumeau, si un oiseau m’a offert ses plumes,

Balayette quand je suis relégué chez Madame Pipi,

Goupillon quand il fait trop chaud et que je me refugie dans l’église du village,

Balai-brosse quand le marin m’emporte à son bord.

 

 

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Les lunettes (EVP)

 


Ah ! Mes jolies lunettes,
Ah ! Mes belles coquettes,
Quand je tâtonne le matin
Jusqu’à la salle de bains.
Vous me sortez du brouillard
Du flou au net dans le miroir.
Jamais je ne vous aurai trahi
Pour des lentilles riquiquis.
Mais quel formidable génie,
Eût l’idée pour guérir sa myopie,
De se servir de ses oreilles
Et de son nez  tout pareil,
Pour faire tenir ces deux verres
Devant ses yeux de coléoptère.
Peut-être sa femme lui avait dit :
Regarde donc comme c’est joli !
Mets ton lorgnon mon cher Gaston
Et écoutes comme ça sent bon !!

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D’après Francis PONGE « le parti pris des choses » (KatyL)

 

Pour moi ce sera le presse-papier !

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J’adore mon presse-papier, il est beau, rond, lisse,  il est utile, il presse mes papiers que je ne suis pas pressée de traiter, il appuie sur mes factures pour en extraire quelques chiffres afin d’alléger mes finances.

Il est vert une couleur que j’aime, comme des yeux de verre, il me voit dans sa boule de cristal et me fixe tous les jours.

A l’intérieur de mon presse –papier il y a des méandres, des circonvolutions, une bulle comme un atome, il est le centre du monde  de mon bureau, il y a aussi comme une mer intérieure agitée, comme mes pensées incessantes, puis le verre prisonnier dans la boule tourne et fait des bulles qui sont comme des astres ou des comètes autour du soleil.

Un trainée d’or s’étend et plonge vers la mer blanche et bleue de mon presse-papier, il semble que des particules d’éclats, se forment et se déforment, on dirait la naissance de la vie, la genèse dans ce presse-papier.

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J’adore le caresser, le toucher, le déplacer, lui confier mes papiers…de ses yeux de verre il voit tout ce que j’écris sur mon ordi, dans le fond c’est un ami, car il ne dit rien de mes secrets de femme, et je pense qu’il adore mes caresses…pour un peu je le sentirais soupirer.

Parfois il presse un pétale de fleur oublié, un mot d’amour écrit par le vent, une plume d’oiseau car il a peur qu’elle s’envole ; Pour moi  ce sont des signes d’amour qu’aucun homme ne saurait donner.

Alors je m’empresse d’aimer ce presse-papier.

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