09 juillet 2011

Chez le bibliothécaire-cuisinier (Joe Krapov)

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- Déjà ton étagère à épices n'est pas rangée par ordre alphabétique. Je comprends pourquoi j'ai autant de mal à retrouver les disques de Cécilia Bartoli !

- M'enfin, mon trésor ! Ils sont à V comme Vivaldi et à M comme Mozart.

- Et celui sur les castrats, il est à E comme Eunuque ? Finalement je sais ce que je vais t'offrir pour ton anniversaire...

- M'enfin, mon trésor, ça ne se dit pas à l'avance !

-... un manuel de bibliothéconomie !

Neil_Young_a_treasure_1- M'enfin, mon trésor ! De toute façon la date est passée et euh.... je me suis offert le dernier disque de Neil Young !

- Ah oui, celui-là, pour une fois, je l'aime bien. Où tu l'as rangé ?

- Il ne quitte pas mon bureau, mon trésor, « A treasure » ! Le type qui joue du violon dessus c'est Rufus Thibodeaux dont parlait jadis Michel Fugain dans sa chanson « Tous les Strauss-Kahniens, toutes les Strauss-Kahniennes vont chanter vont danser sur le violon ». Il y a juste un truc qui me chiffonne.

- Ah oui, et quoi donc ?

- C'est la pochette. Tous ces champs bien ciselés, cette ferme, ce tracteur, cet étang... J'ai l'impression d'avoir déjà vu cela quelque part. A mon avis il manque quelqu'un sur l'image.

- Retourne la pochette, idiot.

- Ah ben oui, tiens, elle est-là, dis donc ! Et elle fait de la planche à voile maintenant !

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- Tu ferais mieux de prendre exemple sur elle et d'un mettre un coup !

- Un coup à quoi ?

- Au rangement de tes tiroirs... et du reste !

- Promis, mon trésor ! Je réécoute encore une fois « Nothing is perfect in God's perfect plans » et je m'y mets ! Ou pas !

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défi de l'été: rattrapage du défi 155 (Adrienne)‏

Raconter un tiroir, son contenu et son désordre... Voilà un sujet bien inspirant proposé aux défis (c'était le numéro 155) mais je n'ai pas réussi à envoyer ma participation dans les délais. Alors je vous la donne en rattrapage estival:

Il était une maison de briques rouges, au toit d'ardoises et aux fenêtres peintes en blanc.

Au premier étage, une chambre aux murs tapissés de papier peint à fleurs et aux rideaux gris.

Dans la chambre, à droite en entrant, une commode à trois tiroirs en bois sculpté.

Dans le tiroir du bas, les souvenirs d'enfance: la tresse encore un peu blonde et qui a été coupée à l'âge de onze ans, les images reçues de son institutrice préférée, les lettres de l'amie de coeur dont la vie l'a séparée, un tas de babioles toutes plus précieuses les unes que les autres et qu'elle ressort les jours de tristesse, un dessin d'une amie, le jeu de cartes du grand-père, la bague d'un cigare du papa, un porte-clé représentant Lucky Luke... et une petite boîte en fer blanc contenant d'autres trésors encore plus infimes.

Puis un jour elle quitte la maison aux briques rouges pour aller dans une ville universitaire, vide la chambre aux rideaux gris, emporte le contenu des deux tiroirs supérieurs, ceux où il y avait les mouchoirs, les Tshirts, les sous-vêtements et les chaussettes. Elle se dit qu'elle prendra les trésors du troisième tiroir le jour où elle aura un véritable "chez elle".

Au printemps suivant, la fée du logis passe par là, voit deux tiroirs vides contre un plein, et plein de quoi, je vous le demande! Un paquet de cheveux, quelques vieux papiers, un porte-clé tout défraîchi, une petite boite un peu cabossée... rien qui soit de taille à résister à la tornade du grand nettoyage.

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25 juin 2011

Ont gratté leurs fonds de tiroirs

tiroir

Venise ; Kate ; Vegas sur sarthe ; Lorraine ; EVP ; Tracy C ;

Brigou ; Walrus ; Faman ; MAP ; Caro_Carito ; Zigmund ;

Sebarjo ; Joye ; 32Octobre ; KatyL ;

 


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Dans mon tiroir il y a …. (KatyL)

 

Une photo jaunie un peu trop déchirée comme l’enfance d’une petite fille…Elle semble triste mais elle tient encore la main de sa maman pour quelque temps.

Des morceaux de dentelles d’une jeune fille en fleurs parée de son innocence et de sa candeur, en point de Calais …d’une existence passée.

Un ruban de taffetas rose enroulé autour de poèmes d’amour que j’ai reçu un jour..

Des perles de culture issues de tous les livres que j’ai lu et qui forment le collier du savoir, perles accrochées les unes aux autres par le fil de ma mémoire.

Une plume d’oiseau ramassée sur une plage, et quelques grains de sable déposés par le vent hélas dans mes rouages ..

Des pétales séchés d’anciennes fleurs cueillies, il y a quelques printemps, quelques étés, sublime lilas ou brin de muguet, quelques roses …leurs effluves me hantent.

Des petites mèches d’enfants, l’un blond comme les blés, l’autre blond vénitien, dormantes dans un papier de soie, mes deux tendres trésors …rien qu’à moi.

Et quelques illusions perdues comme dans un songe, certaines ont pu « s’échapper » pour composer des bribes de vie d’une tendresse touchante.

Bien cachés au fond du tiroir, un paquet bleu de rêves de mes nuits d’ivresse que je garde pour moi par délicatesse.

Quelques flacons de larmes, ma nappe phréatique, oh ! Jamais asséchée et sève de mon être, substance de ma force.

Puis quelques grains de mots parsemés sur des feuilles empilées en recueils enrubannés.

Un bouquet de photos des tableaux en myriade de couleurs, peints au gré des joies et des bonheurs du jour, et surtout des contemplations.

Mon cœur bat la chamade

A refaire cette escalade

Du temps de nos balades.

katy petite

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Les tiroirs (32Octobre)

samedi 18 juin 2011, 00.00

Message à l’intention de32 octobre
de la part de l’administrateur du site : le Défi du Samedi

Chère ou cher 32 Octobre,

Excusez cette familiarité

Mais je me fais le porte-parole des administrateurs du site nommé ci-dessus

Nous souhaiterions que vous évitiez les titres suivants et surtout les textes correspondants :

  • -        fouiller 32 tiroirs
  • -        ouvrir 32 tiroirs
  • -        32 tiroirs secrets
  • -        Publier 32 fonds de tiroir

Et surtout celui que nous vous soupçonnons fort de vouloir nous envoyer en ce vendredi soir prochain :

  • -        32 polichinelles dans un tiroir

Nous nous sommes permis cet envoi
Car nous souhaiterions que vous fassiez évoluer votre façon d’écrire
Et arrêtiez de nous souler avec vos 32 trucs et machins

@ vous lire ce prochain samedi

Sans rancune

L’administrateur du site

MAP01 

 

Ce message m’a scotché ! Il n’y a pas d’autre mot

En plus, dans ma tête, dès la consigne lue, je savais de quel tiroir j’allais vous parler : celui du secrétaire de Mémette.

Mon inspiration s’est envolée, mon amour-propre en a pris un coup.

Je ne vous parlerais donc pas du tiroir secret du secrétaire de Mémette.

Je garde l’histoire pour moi et l’enfouis au plus profond du tiroir de mon cerveau appelé : « sujet d’histoire à développer ».

Avec rancune pour avoir osé m’envoyer ce message qui a pourri ma semaine...

Salutations non distinguées.

32 Octobre

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Dans mes tiroirs, il y a une charade... (Joye)

Mon premier défend la violence féline.

Mon deuxième est un refrain chez Souchon.

Mon troisième fait du bien à (D)es (M)oines.

Mon quatrième est consignée.

Mon tout est affreusement, voire horriblement, difficile.

http://waterengnet.com/wp-content/uploads/2010/12/scratch-head02-idea-animated-animation-smiley-emoticon-000415-large.gif

Mon premier est « chat », parce qu’« il n’y a pas de quoi fouetter un chat ».

Mon deuxième est « rade », parce que « au rade pâquerettes ».

Mon troisième est « A », parce que c’est l’« A.B. du B.A. ».

Mon quatrième est « tiroir », parce que MAP nous a dit « Faites voir votre tiroir ! »

Mon tout est « une charade à tiroirs ».

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Fonds de tiroir (Sebarjo)

 

Les Fonds de tiroir

 

Ce n'est pas toujours commode d'être taillé comme une armoire à glace. Surtout quand on n'a rien dans le buffet et, qu'on vous demande, comme ça juste pour voir, de vider vos tiroirs. Ben oui parce que les tiroirs vous semblent bien bas dans ce cas-là... C'est qu'on peut se voir tout seul dedans (quand on est une armoire à glace) mais quand on ne supporte plus sa tronche, ça dégénère forcément... Ca déménage.

Vous avez beau en faire les fonds (de vos tiroirs), vous êtes au bout du rouleau. Vous n'êtes plus vraiment un tiroir-caisse... vous êtes tellement fauchés. Sans blé. Complètement moissonnés. Il vous reste juste une tige sur la lippe et un épi sur la tête. Vous êtes obligés de réclamer du feu car vous n'avez plus la moindre étincelle, pauvre petit marchand d'allumettes que vous êtes.

Et pas de bol, il n'y a plus rien dans le vaisselier non plus. Pas la peine de remettre le couvert, vous n'êtes plus dans la fourchette et encore moins dans votre assiette (fiscale). Tout ça est plutôt louche... Retournez à la soupe populaire.

Souvenez-vous, dans le temps, vous aviez un trois pièces, et dans l'une de ces trois pièces, vous aviez une bibliothèque. Dans votre chaos, vous l'aviez mise KO au treizième round. Faut dire que depuis Sartre, elle avait plutôt la nausée, votre bibliothèque. Même si elle était votre rayon de soleil, ce fut bien vite l'hêtre et le néant. Pour votre fin faudra tout de même prévoir du pin. Sinon au lieu d'Elise ou la vraie vie, ce sera la fausse communale...

Ah oui...

A cette époque, je me souviens que je pouvais encore jouer au secrétaire... courant à droite, à gauche, en ligne droite, pour faire signer à mes collègues leurs congés d'été ; tapant sur une olivetti des rapports, des factures, des courriers sans suite, des compte-rendus inaboutis ; passant des coups de fils de Paris à Brest, D'annecy à Rocamadour... J'en avais plein les tiroirs en ce temps-là !

Des trombones glissés en coulisse, des stylos billes, des stylos quatre couleurs, des crayons papier, des bâtons de réglisse mâchouillés, des gommes efface-tout, des gommes à mâcher, de l'encre de Chine bien noire, des pastilles valda, une plume d'oie d'un autre âge, des ciseaux à bouts ronds, des ciseaux spécial gaucher, une boîte de cachous Lajaunie, une agrafeuse et sa réserve d'agrafes baby sagement rangée dans sa petite boîte en carton, des stabilos boss (la plupart jaunes), un coupe-papier, un ôte-agrafe, de la colle en tube et en petit pot au goût d'amande douce, des élastiques aux diamètres anarchiques, du papier buvard, un peigne fin, des chemises cartonnées, du papier calque, du papier millimétré, un porte-clé Gaston lagaffe, des intercalaires couleur, un dictaphone, des sous-chemises en papier gaufré, des mini-cassettes, un bloc-note, un cutter orange et quelques lames dans un étui en plastique, un vieux tournevis tordu, du blanco, une cocotte en papier, de l'huile de coude, des mots fléchés d'Alain Bonhomme (force 3-4), quelques sachets de thé Darjeeling ou de tilleul miel, un sucre dans emballage coloré, un compas et sa réserve de mines personnelles, un petit rapporteur inutile, deux ou trois Ouest-france du mois en cours, un double-décimètre, une vieille équerre en bois, quelques pointes, vis et boulons, un mars, des cartes de visite, du papier à lettres, des enveloppes aux formats divers, des coins de lettre, un marqueur noir et un marqueur rouge, une carte de voeux, un mini-bloc de post-it, un sifflet, un dé à coudre, quelques aiguilles, une loupe, de la ficelle, un tampon-encreur, un composteur, deux ou trois chiffons plus ou moins propres, un calendrier perpétuel, une cuillère en plastique, un paquet de kleenex mentholés, un annuaire téléphonique au format A5, un pinceau, une brosse, des pochettes plastiques, un vieux plan de métro parisien, du white spirit, un taille-crayon, un rouleau de scotch transparent et son dérouleur grisâtre, une bouteille d'eau minérale, trois tubes de gouache, des dossiers volants...

Quelle opulence quand j'y pense !

Que voulez-vous donc... Aujourd'hui, mes tiroirs restent dans le noir, vides de toute histoire. Je ne dirai rien, vous avez beau me faire chanter, je n'ai plus de coffre depuis longtemps... Au temps du bac, j'avais bien un bahut mais depuis toutes ces années, je l'ai perdu. Je n'avais pas de place où le ranger.

Je n'ai plus rien. La société s'en fout ! Elle a raclé mes fonds de tiroir et m'a jeté sur le trottoir.

Depuis je fais un carton sous les ponts ou dans les caniveaux, ça meuble mon temps. Maispas l'espace. L'espace, c'est la rue. La vie au grand air ! nauséabond... Aux grands airs teRRiblement désolés... Mais ne vous inquiétez surtout pas, car l'Etat gère.


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le défil(é) du samedi (Zigmund)

oui je vous fais faux bond ...encore une fois

mais, là, j'ai un mot d'excuse...

l'oeil était dans le tiroir et regardait Zigmund

 

P1000090   ----P1000087--

bien sûr, dans ces conditions pour les réponses aux commentaires et le commentaires sur vos textes c'est mal barré surtout que je serai déconnecté ce WE 

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Les chiffons (Caro¨Carito)

 

Virginie vient de ranger le dossier dans le tiroir en haut à gauche. Elle se lève. Rien ne traîne sur le bureau. Elle sort son portable de son sac, le rallume, pas d’appel. Une liste de courses qu’elle plie soigneusement et glisse dans la poche de son imper. Vendredi soir, fin de semaine.

Elle pose la baguette de pain près de l’évier. Vide l’égouttoir. Rien ne dépasse, rien n’a jamais dépassé. Enfant, elle avait tenu tête, tentant de distiller dans sa chambre de fillette un semblant de fouillis, pour finalement abdiquer : «  Sa chambre est au cordeau, sa mère affiche un sourire lisse, inspecte avec minutie les chemisiers alignés, efface un pli imaginaire. Son père essuie une poussière sur la commode en pin. L’enfant est immobile, sa main touche le bois de l’armoire, une écharde s’enfonce dans la chair de la paume. Pas un cri. Pas même un tressaillement. »

Elle a pris soin de ne pas laisser place au moindre désordre. Le mariage avec Stéphane. L’enfant, l’appartement. Elle n’avait eu aucun mal à se soumettre aux diktats du boss, presque plus pointilleux sur l’ordre qui devait régner chaque soir sur le bureau de ses employés que sur les résultats de la boîte.

Samedi matin. Romain fait ses devoirs dans sa chambre ; dans la pièce adjacente, Stéphane range des papiers et élaborera ensuite une macro sur Excel pour les comptes de la maison. Elle entend les secousses de la machine à laver le linge. Une dizaine de minutes encore et elle ira étendre le linge dans la cour. Dans sa main une clef dorée. Un tour, deux tours, le tiroir s’ouvre. Elle y plonge ses mains et palpe les rubans, le satin et les dentelles. Une délicate odeur de vanille et une note plus discrète de magnolia s’échappent des plissés et des guipures. Elle sent sous ses doigts la fraîcheur d’un caraco en batiste et des perles qui s’échappent. Des culottes et des jarretières, des déshabillés nacrés. Deux boules de geishas et des bijoux de peau au milieu d’un fouillis de rêves et de désirs avortés. Elle caresse la couverture usée d’un livre, un Harlequin, arrivé avec un paquet Bonux, que sa mère avait jeté illico dans la poubelle de la cuisine et qu’elle avait sauvé. Entre les pages fripées, elle a un jour glissé un numéro. Il le lui avait tendu alors qu’elle s’était attardée une seconde de trop sur une affiche en partie déchiquetée ; un sex-shop proposait un festival de vieux films érotico-romains, où une Messaline, Impératrice et Putain côtoyait Les derniers jours de Claude. Il avait effleuré son avant-bras, puis ses seins et l’avait fixé avant de lui confier : « Je sais. Je suis vos désirs inavoués. » Frissonnante, elle avait alors réprimé l’envie brûlante de se coller à lui et s’était éloignée rapidement, sans oser se retourner.

Virginie ferme sans bruit le tiroir. 01.34.94.21.07 Ses doigts connaissent le chemin de ces chiffres de mémoire. Jamais, dans l’une des cabines publiques de la gare Saint Lazare, elle n’avait osé aller plus loin que le dernier 7  ; une main suspendue, l’autre tenant le combiné, elle écoutait le silence et raccrochait.

La porte de la cuisine vient de se refermer derrière elle. Le linge claque sous la brûlure du soleil. « À table, dans cinq minutes ! » Elle pose sur la table la carafe remplie d’eau fraîche, ôte une miette qui s’est égarée sur le plan de travail en pierre, respire : en apparence, tout semble parfait.

 

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Titi le tiroir (MAP)

Tiroir

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