21 juin 2008

Mais qui a volé mon crayon ? (Cartoonita)

-          Papa, papa, je retrouve plus mon crayon vert pistache !

-          Allons blondinette, il doit être sur la table, avec les autres, regarde mieux, il doit pas être bien loin ce verdasseux… Tu l’aurais pas mis dans ton œil violet ?

-          Ben non einh, n’importe quoi, tu sais bien qu’ya déjà une poutre môrron.

-          Ah oui, c’est vrai, et aussi ton âne le rougeaud

-          C’est vrai, mon n’âne rouuuge ?? Il est là, je le cherchais partout, même au fond de mes paupières vert de terre !!

-          Bon retournons à nos crayons, nom d’un petit bonhomme et sa pipe ébène, allons voir s’il n’est pas dans le tableau

-          On peut rentrer dans un tablooooo ? dit la petite en écarquillant comme une huitre ses deux yeux violet et rouge coquelicot des champs

-          Oui, ma puce, c’est facile, il suffit de se tenir par le cadre et puis on entre tout simplement en commençant par la tête, et tes boucles blondes, allez donne moi ta mimine.

Tous deux sont alors entrés dans le tableau, abandonnant la pièce bleu feutré et les onze crayons.

-          Allons demander aux chevaux roux s’ils ont pas vu ton crayon

-          Ben, non ils sont trop loin, z’ont rien pu voir, pôpa, en plus ça parle pas les cheuvals et pis t’as vu comment qu’i nous rega’dent avec leurs grands z’yeux jaunes fou, i’ z’ont l’air michants !!

-          T’as raison, ’tite puce, allons plutôt voir la dame en gris, lui dit il en serrant plus fort la petite main qui s’agrippait à lui.

C’était une femme très vieille, tout habillée de gris, qui se balançait dans un rocking-chair marron peau de chèvre. Lorsqu’elle les vit s’approcher, elle toucha son pendentif en topaze bleu océan et leur dit :

-          Je sais tout, tout, tout, mais si tu veux que je parle, touche à la perle bleu chaton de mes mocassins.

Aussitôt demandé, aussitôt fait par la petite demoiselle aux bouclettes blé doré. Le visage fané de la vieille femme s’illumine alors de lueurs de toutes les nuances de bleu possibles et imaginables, du bleu aurore au bleu marine et même le très rare bleu nuage de petite pluie, et elle commence à raconter :

-          La coupable est une licorne qui venue ici la nuit dernière, elle a pris ton crayon entre ses dents ivoire et est partie comme elle est venue dans un nuage brillant comme le soleil de midi.

-          Une licooooorne, le cheval blanc avec une grande corne ???

-          Oui, c’est cela même ma petite, et va savoir pourquoi : peut-être voulait-elle d’un coup de crayon pastel réparer sa corne abimée ou souligner ses yeux de coquette…

-          Diantre, quelles voleuses ces licornes, elles ne sont pas blanches comme neige finalement ! dit le papa

-          Mais je veux mon crayon, dit la petite fille, qu’est-ce que je dois faire Madame Grisette ?

-          Ce soir, avant de te coucher, place sur la table une de tes dents de lait dans une petite assiette orange. D’ailleurs, je vois une de tes petites quenottes bigarrées qui gigote dans ta mignonne petite bouche, elle ne devrait pas tarder à tomber et elle est parfaite : elle est de la même couleur que ton crayon disparu !

-          Mais la petite souris verte….

-          Oui, il ne faut pas qu’elle s’en mêle celle-là, alors écoute bien ce que je vais te dire : tu vas dessiner un chat rouge colère et tu mettras ton dessin juste à côté de ta quenotte pour faire peur à la petite croque-quenotte gris tapis gris. Et maintenant partez, je suis fatiguée, je vais retourner à mes rêves bleus comme la mer apaisée.

Et ils partirent sur la pointe des pieds laissant Dame Gris-Bleu qui commençait à doucement s’assoupir. Aussitôt sortis du tableau, aussitôt à pied d’œuvre, pas de répit pour cette famille d’amateurs de crayons de toutes les couleurs ! Et zouh, un petit fil miel doré pour hâter la chute de la quenotte nécessitée. Et une feuille blanc crème fouettée fournie par le Papa pour le dessin de son petit Ange. La petite miss choisit le crayon noir foncé foncé parmi ses onze crayons de couleur rescapés puis s’attèle à sa tâche. En tirant sa petite langue rose fraise tagada, elle fait apparaître sur la feuille un gros matou avec de vilaines dents pointues à souhait.

-          Miaooooou, t’as vu ses grosses dents noirues papa ? (parce que c’est comme ça qu’on dit noir foncé foncé dans cette famille)

-          Ah oui ma chérie, cette nuit la petite souris, elle va rester dans son trou sombre à trembler sans oser sortir ! lui répondit son papa, en lui caressant la tête, comme moi je te caresse les cheveux maintenant. Il prit dans ses bras la fillette tellement fatiguée par sa journée pleine d’aventures qu’elle baillait comme un hippopotame fluo de la jungle d’Abbicypotamie et il l’amena dans son lit. Il remonta la couverture à carreaux jaunes spaghettis et jaune frites, lui fit un petit bisou tout doux, comme celui que je viens de déposer dans ton cou… Et le lendemain matin ? Et bien, les douze crayons de couleurs étaient là, sagement alignés dans leur étui jaune poussin !! Ah non, sauf un, un peu en biais, avec… regardons de plus près, mais oui, c’est bien ça, une trace de salive blanchâtre ! …la licorne ?!

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Comme par magie... - Janeczka

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L'explication (Alexandra)



lundi 18 juin 2008

Je me lève comme d'habitude, le ciel est bleu. La journée se passe, je vais chercher mon fils chez la nounou, il est tout rouge de chaleur. En rentrant, je lui fais prendre son bain et le fait manger, il adore avoir en dessert les pommes potes jaunes. Puis après son repas, il me demande s'il peut dessiner, je lui donne alors ses feutres (il y en a 7 : rouge, noir, jaune, orange, violet, vert, bleu, rose). Ensuite c'est l'heure d'aller au lit, il est 20h30 et il commence à faire noir. De mon côté je regarde la télé et puis à 22h30 le coup de barre, je vais me coucher dans mes draps pourpres. Une fois dans mon lit je me souviens avoir oublié de ranger les feutres, tant pis ils ne s'envoleront pas dans la nuit ils sont sur la petite table marron, je m'endors.



mardi 17 juin 2008

Le réveil vert sonne, il est 7h30, je me lève, prends ma douche et bois mon café noir. Je vais réveiller kilyann, son pyjama blanc est trempé, il a beaucoup transpiré. Je l'habille et le fais déjeuner, il joue avec sa voiture rouge avant l'école. Je l'accompagne jusqu'à sa classe, puis lui fais un bisous et m'en vais pour rentrer, je m'arrête devant ma voiture grise pour vérifier quelque chose puis je remonte. Je commence a ranger les jouets pour faire mon ménage, j'en arrive aux feutres et là, suprise, il manque le feutre rose. Je le cherche partout, où a-t-il bien pu passer ?
Je réfléchis:  les 7 feutres étaient bien présents sur la table dans ma mémoire et je visualise très bien le feutre rose
. Je laisse de côté mes recherches et me dis qu'en nettoyant je remettrai sûrement la main dessus et range les autres couleurs dans la commode ocre.

12h00 : Mon ménage est fini et impossible de remettre la main sur ce satané feutre rose. J'ai retourné la maison de fond en comble et rien à l'horizon, je suis verte de rage, où a-t-il pu passer ? Il ne s'est pas volatilisé tout de même.

18h00 :

La journée est finie je vais chercher kilyann, le soleil illumine de son jaune toute la rue.
Je rentre à la maison, et vérifie ma boite aux lettres : je me suis trompée de clef il me faut celle couleur rouille. Lorsque je m'introduit à l'intérieur de mon appartement, je vois dans le couloir en face de moi le chat jouer avec le fameux feutre rose. J'y comprends plus rien, j'ai passé ma journée à chercher ce feutre sans y parvenir et voilà que lissy le tient entre ses petites pattes blanches et joue. Où a-t-elle bien pu le trouver ? Serait-ce elle qui l'a caché et si oui dans quel endroit l'a t-elle caché ? Toutes ces questions me travaillent mes cellules grises (enfin pour ce qui en reste). C'est alors que kilyann rit aux éclats, il vient de voir lissy prendre le feutre dans sa bouche et le mettre dans la petite ferme orange et ressortir de cette dernière. En récupérant le petit feutre perdu, je m'aperçois avec surprise que beaucoup d'autres objets sont là comme la sucette bleue de kilyann. Je range alors les affaires retrouvées à leurs places, puis referme les portes marron de la petite maison. La prochaine fois qu'il y aura énigme ma première recherche se fera en direction de cette ferme orange. Et ne me dites pas que lorsque vous rangez votre maison, vous cherchez vos affaires perdues dans les jouets de vos chères têtes blondes.


Merci pour ce défi de couleurs, je vois la vie en rose.

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LE BOULIMIQUE DU ZODIAQUE (Joe Krapov)

 

Le lion a pris le crayon jaune pour colorier les brandebourgs de son dompteur, le soleil sur la tête de l’Etat Louis XIV et des reflets dorés dans le pelage doux de la lionne qu’il aime ; ensuite il a remis le crayon dans la trousse.

 

La vierge a pris le crayon gris pour compter les dépenses du mois, écrire la légende sous les photos de l’album, décrire le contenu des pots de confiture, les stocks dans le garage et les résultats des sondages ; ensuite elle a remis le crayon dans la trousse car la vierge aime l’ordre, juste, injuste, peu importe, ce qui compte c’est le geste auguste du ranger rangeur.

 

La balance a tracé avec le crayon noir toutes les graduations qui lui permettront de peser entre le bien et le mal, le juste et l’injuste, le sage et le fou. Elle a affublé Athéna de lunettes noires de chez Dior – la justice est aveugle – et remis le crayon dans la trousse transparente comme un Duralex sed lex..

 

Le scorpion a pris le crayon marron ; il a remué les excréments, il a fouillé dans les bas-fonds, il a tripoté l’âme humaine, psycha-canalisé le stade Bach-anal du psy. Il aurait bien aussi démonté le crayon pour voir si son âme était noire mais c’était l’heure d’aller au sexe et ça, pour le scorpion, c’est plus que primordial.

 

Le sagittaire a dessiné un ciel orange avec un dieu barbu et sage sur un nuage et des centaures un peu partout. Et puis avec le crayon vert il a affublé tout le monde de chapeaux de Robin des bois.

Orange et Vert ont ensuite rejoint leurs dix frères.

 

Le capricorne en bleu roi a barbouillé un ciel de nuit ; il a réservé au pochoir le contour de trois dromadaires et d’une étoile d’or dans le sommet du ciel. Il a remis le crayon bleu dans la pochette et depuis il attend le jour de la galette, de l’encens, de la myrrhe et des cadeaux royaux.

 

Le verseau d’un coup de crayon mauve a donné jour à une fusée qui l’emportera vers demain mais cela n’était qu’une esquisse et il a terminé son œuvre à la palette graphique sur son ordinateur. Les crayons de couleur, pour lui c’est dépassé et le mauve a repris sa place parmi la file des taxis.

 

Les poissons n’ont pas dessiné : perdus dans leur aigue-marine, ils ne voient que du bleu barbeau, de l’outremer ou du vert d’eau et ils deviennent cramoisis si par hasard vient se tremper la cuisse d’une nymphe émue.

 

Le bélier a colorié en rouge le camion des pompiers, en rouge l’étoile du char guerrier, en rouge la Ferrari du bel aventurier, le Bloody-Mary, la groseille, le chemisier de la flambeuse, le coquelicot, l’écrevisse, le cardinal et Andrinople. Il a vite manqué de papier et a remis le crayon rouge dans le chœur aligné de la petite armée.

 

Le taureau qui voulait un crayon sang de bœuf s’est contenté des teintes claires du queue de vache. Il a dessiné dans ces tons une robe avec de jolie taches pour sa compagne la vache qui mâche dans la verte prairie. Puis il est retourné se vautrer paisiblement sur son tas d’or – le taureau thésaurise, c’est bien co®nnu– et s’est remis à dormir sur ses deux oreilles de toréador, celles qu’il a gagnées quand il était vedette de corrida là-bas à Bilbao au pays blanc d’Espagne.

 

Les gémeaux n’ont pas trouvé les sept couleurs de l’arc-en-ciel (rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet) alors ils ont peint au pinceau ce décor digne de leur double ego.

- Je serai le soleil jaune » a dit l’un.

- Je serai la pluie grise » a dit l’autre et ils ont  tellement cru à l’arc-en-ciel de leurs paroles, aux mensonges de leur cinéma qu’ils se sont mis en quête du chaudron d’or qu’on trouve au pied de l’arche magique. Depuis, ils vivent ensemble séparés.


 

 

 

Et c’est donc le cancer, cette nuit, qui s’est relevé, funambule, somnambule et rêveur pour emporter le crayon rose avec lequel il peint la vie, la robe d’Isaure Chassériau et les accessoires kitchs de la poupée Barbie, les pétales des roses du jardin du Thabor, les bouquets de crevettes, le cochon tirelire, les maillots des baigneuses et la chair des Renoir. Et dans son délire qui dure il embraye sur des poèmes, célèbre la fête des fées, célèbre la fête des mères, la fête de l’éphémère et plus rien ne l’arrête sur son chemin d’ivresse verbale, tout tourne en rond autour de lui au point que les couleurs en un bel amas blanc se fondent, s’élancent et vont au ciel faire l’amas de nuages dans lequel il s’endort ; et le rose crayon, guérisseur d’insomnie, source de paradis, ami magique et protecteur du petit crabe nostalgique, il ne le rendra plus.

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Les crayons (Fabeli)

12 crayons sagement alignés dans une pochette bleue. Il est 23 heures, dans la pénombre grise, la maison est endormie. Toute la maison ? Non, dans le tiroir du bureau en chêne clair….

Il sera bien difficile, plus tard, de dénouer le fil de cette histoire, mais tout porte à croire que c’est le blanc qui a commencé. D’après le rose, qui tardait à s’endormir, quelqu’un aurait éternué. Les différents témoignages, recueillis par l’inspecteur Lapalette, s’accordent pour dire qu’il s’agissait du orange. Un instant, les soupçons se sont portés sur le bleu glacier, mais il fût prouvé que, en habitué de la haute montagne, le bleu glacier ne s’enrhumait jamais. Le marron confirma alors le témoignage du rose, bien qu’il se montrât très attaché à l’orange et qu’il lui répugnât de le dénoncer. Le orange, soutenu par le magenta, finit donc par avouer que, oui, c’était bien lui qui avait éternué. C’est à ce moment là que le blanc, réveillé par le orange, avait bousculé le violet, très susceptible comme chacun sait. Le violet entra dans une colère noire, criant et gesticulant en tout sens. Il bouscula le gris et l’ocre et leur en fit voir de toutes les couleurs. Il s’agita tant et si bien qu’il finit par réveiller toute la pochette et la bagarre fut générale, jusqu’au jaune, pourtant peu disposé à la mauvaise humeur, qui s’en mêla. Il se planta devant le noir, le regarda dans le blanc des yeux et lui déclara tout net : « Tout ça c’est de ta faute, tu sèmes la discorde partout où tu passes, barre toi vite fait ! »

Le noir, bien sûr, tomba des nues devant cette accusation, et il finit par voir rouge devant tant d’injustice. Il remit le blanc à sa place d’un  bon coup de mine mais fut alors pris à partie par l’ensemble du groupe. Seul contre tous, écœuré par la méchanceté du blanc, il commença à réunir ses maigres affaires dans un baluchon gris, souleva le rabat de la pochette, et s’enfonça dans la nuit, sans que personne ne fasse un geste pour le retenir.

Voilà pourquoi, ce matin, à six heures, Anaïs ne trouva que onze crayons dans la pochette bleue.

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Somni médium (Pandora)

Encore une nuit presque blanche à m’agiter dans un demi-sommeil perturbé par une visite dont je ne garde qu’un vague souvenir. Je me rappelle simplement m’être promenée sur un beau tapis persan, les coussinets rosés de mes pattes effleurant délicatement la douceur des brins de laine, une promenade agréable mais fatigante. J’ai vraiment hâte que cette commande pour Miss Paddington, charmante Lady de 82 ans aux cheveux lilas, se termine… mais au rythme où j’avance cela augure encore quelques heures de dette de sommeil. Il faut bien payer les factures, et je dois absolument faire quelques réparations sur Caramel, ma vieille voiture. Je regarde sur la table de nuit et me lève rassurée, il manque le bleu dans son emplacement, le numéro six…. Sur la feuille de transcription, un papier recyclé un peu jauni mais on peut travailler avec les morts et se préoccuper de son avenir, je rajoute de mon écriture malhabile du matin le F de cette nuit aux lettres déjà inscrites…

Je suis médium et les esprits viennent me visiter dans mon sommeil puisqu’ils me font une vraie peur bleue et que je défaille si je les vois en journée. Je rentre dans leur corps spectral dans mes rêves en noir et blanc pendant qu’ils occupent le mien pour prendre un feutre (ou plusieurs) et délivrer leur message : somnambulisme spirito-guidé. Ils communiquent avec moi par l’intermédiaire d’une pochette de gros crayons de couleur aux capuchons dorés, rangés dans des emplacements doublement numérotés de 1 à 13 et de 14 à 26. Numéros correspondants aux lettres de l’alphabet qui vont ainsi former les mots du message en réponse à la personne qui me paye. Ça a l’air compliqué mais c’est tout simple (même les morts aux neurones pour le moins défraichis y arrivent, alors c’est pour dire), le noir dans son emplacement 1 correspond au A et s’il y a juste le capuchon d’enlevé, c’est le 14 donc le N…. vous commencez à comprendre ? J’utilise en général plusieurs pochettes de crayons de couleurs pour obtenir plusieurs lettres et ne pas y passer trop de nuits, selon l’intelligence de l’esprit mais aussi selon l’intensité du violet de mes cernes, elle-même proportionnelle à mon état de fatigue. Disons que je fonctionne entre 10 et 20 pochettes ce qui fait 10 à 20 lettres et donc quelques mots par nuit que je couche sur mon papier jauni, un message de l’au-delà pour ceux qui ont les moyens de se payer mes onéreux services, mais vous aurez noté combien je donne de ma personne. Vous vous demandez peut-être pourquoi l’esprit n’écrit pas directement sur le papier tant qu’il est dans mon corps, mais cette « occupation » provoque des transformations physiques qui me rendent incapables d’écrire lisiblement si j’en juge les feuilles noircies par des hiéroglyphes incompréhensibles que je trouvais au matin sur le bois acajou de ma table de nuit. Je passe d’ailleurs sur les autres découvertes que je peux faire à mon réveil, les esprits temporairement ré-incarnés en moi devenant parfois particulièrement facétieux et agités, ils ont ainsi tellement terrifié mon chat que ses poils sont devenus complètement blancs à mon premier contrat (il dort désormais chez ma voisine quand je me livre à mes activités de somni-médium).

 

Mais là, une lettre à la fois me semblait bien suffisante pour la faible intelligence du caniche abricot de la vieille Lady, et le message qui se profile me laisse craindre le pire sur ses capacités d’élaborer un discours un minimum construit.  Avec le F bleu de cette nuit, le message tient pour le moment en un mot : OUAF. C’est la dernière fois qu’on me prend à essayer de communiquer avec l’esprit d’un animal aussi stupide, même pour un aussi bon paquet de billets verts.

pandora_photo

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Un, deux, trois, quatre, cinq… Choisi une couleur … ( Véron)

Il a poursuivi leur dispute par une litanie terne et grise.

Elle n’a plus parlé, fuyant son regard, elle classait avec une application exagérée un arc en ciel de crayons multicolores dans leur pochette transparente.

Il a capitulé alors qu’elle transformait un énième feuillet pour origami, jaune.

De cette nuit blanche, il ne lui reste que deux oiseaux, un cube , une étoile, une salière magique en papier plié .

Un, deux, trois… Vert, bleu, jaune ou rouge ?

Vert : t’as de beaux yeux .

Jaune : t’aimes les pommes ?

Bleu : ADIEU !

Il n’a jamais retrouvé le crayon bleu.

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La petite mort (Papistache)

lettla douche cessa de couler ; sous sa couette lilas, les membres alanguis,  Pimprenelle n’osait bouger, savourant les derniers ressacs des orgasmes qui l’avaient menée aux portes de cet état qui sied tant au teint des amants.

lettsuspendue entre terre et ciel, elle se revit, la veille au soir, alignant méticuleusement, sur la planche blonde de son bureau de fortune, ses pinceaux, crayons et pastels.  Elle renonçait ; la noire adversité l’avait emporté, son inspiration la fuyait depuis trop longtemps.

lettelle avait voulu longer les quais de la glauque Garonne, une dernière fois. Vaincue, elle accepterait le poste d’hôtesse pour la promotion des Vins de La Loire, blancs, rouges ou rosés. Adieu la Ville rose ! Les toits gris de Tours la lointaine lui offraient le gîte et le couvert.

lettpenchée au dessus du parapet, elle avait longuement regardé couler les sombres flots qui charriaient ses vertes espérances. Elle ne serait pas l’aquarelliste aux nuances irisées qui révolutionnerait l’art du XXIe siècle.

lettl2’astre de la nuit n’en finissait pas de rassembler ses mille éclats dorés palpitant à la surface du fleuve. Derrière elle, une voix solaire l’avait fait tressaillir :
—  Eh ! j’ai un jean blanc, je ne voudrais pas le pourrir en sautant dans la baille pour  te repêcher !

lettses joues avaient viré au pourpre ;  elle avait ri de la méprise.

lettje ne noie que mes illusions, avait-elle souri, croisant un regard topaze qu’un rayon de lune révélait.

**

lettl3a moquette grège était jonchée de cent esquisses crayonnées d’un geste sûr ; peut-être les meilleures sanguines qu'elle ait jamais produites. Cependant, des pas mouillés se dirigeaient vers la chambre et, dans la lumière argentée que les contrevents laissaient fuser, une silhouette se figea.

lettl’eau ruisselait sur le corps nu et ambré. Pimprenelle, ses yeux pers mi-clos, entrevit  les courbes  épousées, tant du pinceau que des lèvres, au cours de la nuit.

lettd’un geste lent, son modèle ôta le crayon turquoise, cueilli en sortant du lit et fiché dans un chignon approximatif. L’odorante chevelure brune retomba sur les épaules de la jeune femme dont les formes tapissaient les feuillets éparpillés par la douce lutte nocturne dont nul ne pourrait empêcher l’imminente récidive.

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Cette nuit le vert s'est enfui (Teb)

Cette nuit le vert s’est enfui…

Dans la nuit noire, il est parti chercher l’espoir

Dans l’aube rose il l’a trouvé, mais il n’est pas encore rentré…..

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Briefing en couleur (Tilu)

A la réunion de pochette transparente de vingt-trois heures zéro une, quand il a fallu choisir un volontaire pour le lendemain, ils avaient tous une bonne excuse….

Le grand rouge carmin était bien trop timide, il ne savait pas aligner trois mots sans se mettre à gribouiller.
Le plus foncé était noir, du matin au soir. Avoir la gueule de bois à longueur de temps, pour un crayon de couleur, c’est un comble, non ?
Le rose bonbon et le bleu ciel, fou amoureux l’un de l’autre n’étaient capables pour le moment que de ne dessiner des petits cœurs pastel et entrelacés, une vraie histoire à l’eau de rose...
Le violet était glacé et avait le bout du nez gelé, impossible d’écrire clair et net en ayant la tremblote. Il s’était fait porté pâle.
Le jaune citron avait une pointe bien trop acide pour écrire de jolies choses.
Le marron n’était pas très net, pas du genre véreux, mais presque.
Le rouge vermillon, délégué syndical et rebelle de toujours disait qu’il n’avait pas signé pour ça, lui, qu’il avait était embauché uniquement pour les corrections de cahiers et qu’en aucun cas ils ne voulaient faire des heures supplémentaires qui ne seraient surement pas payées et qu’il ne voulait pas se faire avoir comme un bleu, et que…
Le vert était pétrifié par le trac, la peur au ventre le paralysait. Il était prêt à rentrer dans un trou noir de taille crayon !
Le bleu marine boudait dans un coin, il en avait assez de se faire traiter de novice et faisait une mine de six pieds de long.
L’orange s’était fait tailler de travers, et avait vraiment mauvaise mine.

Je me suis donc porté volontaire, moi, le petit gris, toujours prêt, bien taillé, souple à la main, facile à gommer. J’ai pointé ma mine graphitée hors de la pochette translucide et c’est, bien sûr, moi qu’elle a attrapé en premier.
Et puis tant mieux que tous les autres bariolés se soient défilés parce que moi, j’aime bien être entre ses doigts. J’adore me retrouver à courir sur les pages blanches de son cahier à spirales pour les remplir de mots …
Même si j’ai trouvé que six heures du matin était un peu tôt pour commencer à travailler mais l’aurore rose orangée et ses écharpes violettes que l’on apercevait par la fenêtre avaient dû l’inspirer à cette heure matutinale…

signtilu

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