30 juillet 2011

Participation de Tracy

 

fragile

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09 juillet 2011

" fragile " défi 149 (Sable du temps)

fragile
je suis fragile
ce sont Eux qui le disent

sur le fil du rasoir
en équilibre
je vois l'invisible
le feu dans mes veines
les bulles dans ma tête
j'entends l'inaudible
les pleurs dans le vent
et les cris de l'enfant
dansez pour moi
la sarabande infernale

fragile
petit poucet malade
j'ai tracé le chemin
en gouttelettes de sang
je sens encore
la froideur de la lame
son éclat dans vos yeux
fermez vos yeux
je le veux
vous dormez ?
Vous finissez tous
par vous endormir
les yeux ouverts
toujours

fragile
Yelaïah ne me fuis pas
emmène-moi
une dernière fois
courir vers le bayou
embrasser les ombres
et supplier la Dame
de nous emporter
loin d'ici

je ne veux plus rentrer

c'est Eux qui le disent
je suis fragile
fragile


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14 mai 2011

Fragile - Fragile - Fragile-

Nous ont confié leur Fragilité :

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 Venise ; Captaine Lili ; Célestine ; MAP ; Droufn ; KatyL ; Lorraine ; Pivoine ; Mamido ; Teb ; Walrus ; Brigou ; Sol-eille ; Sebarjo ; Joye ; tiniak ; Jo Centrifuge ; Adrienne ; Joe Krapov ; 32Octobre ;

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Défi 149 (32Octobre)

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Concerto op. XII n° 6 pour harmonica de verre et orchestre à cordes sensibles en la mineur « La fragilita » (Joe Krapov)

 

1er mouvement : allegro misterioso

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2e mouvement : largo

Rien n'est fragile
Paraît-il
Comme un colosse aux pieds d'argile
Et même le maître étalon
A son talon
D'Achille

Etre solide comme un roc
Vous met à l'abri du médoc
Et, de taille et d'estoc,
On frappe les amibes
Sans souci du toubib ;

Tout juste, pour sa faim,
Prend-on du Mediator
vendu par l'aigrefin,
Ce en quoi on a tort.

Nul n'est à l'abri !
Ni l'homo de Brie,
Ni le vase du bris,
Ni l'homme de sa chute
En ébriété où bientôt il mute
Vieux débris.

L'avantage d'être
Un homme de lettres
Qui boit de l'alcool
Est cent fois plus grand
Car tu picoles
En travaillant.

Mais l'expérience ultime
Pour ta sérénité
C'est de subir le crime,
Vivre l'atrocité :

Là où se trouve la pointe
De la fragilité
C'est quand, ébaubi tu te pointes
Et que ta Katie t'a quitté !

3e mouvement : allegro vivace

- Il n'est pas là, Joe Krapov ?
- Non, devant le défi de cette semaine, il s'est senti si fragile
qu'il a préféré se casser !

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Fragilité (Adrienne)

« Frailty, thy name is woman ! »
Notre prof d’anglais nous faisait découvrir Hamlet et il tenait visiblement à nous réciter ce passage: il détachait nettement les syllabes en nous regardant droit dans les yeux, l’une après l’autre, un début de sourire sarcastique aux lèvres, attendant nos réactions.
Nous étions en Terminale et c’était la fin des années 70. A la différence de nos mères, nous voulions avoir un travail ET des bébés. Et voyager. Et faire nos propres choix.
Nous avions 17 ans et la hâte d’acquérir notre indépendance.
« Frailty, thy name is woman ! », répéta-t-il  avec encore plus d’insistance. Mais nous gardions le nez dans nos livres. Non, nous ne réagirions pas à cette provocation de sa part : nous connaissions son point de vue, il connaissait le nôtre, tout avait déjà été dit :
« Hahaha ! vous croyez ça ? » s’était-il moqué de nous alors que nous évoquions nos rêves d’avenir…  « Vous verrez, dans dix ans vous serez toutes de braves petites bourgeoises ! »
***
Dix ans plus tard, l’école était mixte et « Frailty, thy name is woman ! » pleurait derrière son bureau pour s’être fait ridiculiser devant tous par ses derniers élèves lors d’une fête scolaire.

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Forêt paisible (Jo Centrifuge)

 

(Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs)

 

 

Karine s’amusait beaucoup à observer Dom souffler comme une locomotive en bas du sentier. Il lui faisait penser à un éolienne, avec ses grands bras qui brassaient l'air alors qu'il titubait dans la caillasse.

-Pfff ! On arrive bientôt ? J'en peux plus là !

Elle rit. Il avait quelque chose, un charme, et peut être même que...

-Je t'avais prévenu Dom, ça n'est pas une promenade de santé. Mais on est arrivé.

-Je vais enfin savoir pourquoi je trimbale une dizaine de saucissons dans mon sac à dos.

Il rampa presque jusqu'au sommet de la sente et ce qu'il découvrit dans la clairière qui s'ouvrait devant eux le laissa pantois. Cinq tipis plantés en demi cercle entouraient un foyer éteint. Quelques types en pantalon de cuir et veste à franges vaquaient au milieu du campement.

-J’hallucine ! C’est ici qu’on va trouver ta statuette ?

-Oui. Tu vois le vieux là bas ? C’est lui qui les sculpte.

-Il a l’air aussi indien que moi je suis pape. C’est quoi ici ? Une communauté hippie ? Retour à la nature et tout ça ?

Karine acquiesça :

-Dans le genre, ouais.

-Et il s’appelle comment ton chef indien ? Geronimo ?

-Non, c’est Marcel.

Dom qui n’était pas aussi rusé qu'un sioux se hasarda à une tentative de bisou qui s’acheva dans le vide. Karine avait peut être enterré la hache de guerre mais, pour le reste, il allait falloir patienter.

 

Il s’en allèrent à la rencontre du vieux.

 

Il n'avait vraiment pas le type indien. De petites lunettes rondes ornaient son visage rouge écrevisse. Il semblait contrarié, vaguement préoccupé. Il les apostropha immédiatement :

-Ah salut tous les deux ! Dites, vous n'auriez pas croisé un gars un peu louche armé d'un tomahawk ?

-Euuuh... non, répondit Karine. En fait je suis venu troquer quelques saucissons contre une de vos statuettes, vous en fabriquez toujours je suis sûre. J'aimerais une chouette si possible.

-Du sauce?son regard soudain s'illumina. C'est pas facile la vie d'indien vous savez. Manger des mûres et des châtaignes ça va bien cinq minutes. Et ces saloperies de lièvre ne se laissent pas facilement choper. Bon suivez moi jusqu'à ce tipi.

 

Ils entrèrent et découvrirent un incroyable bric à brac de poteries approximatives et de petites sculptures toutes aussi moches les unes que les autres. Mais, à la grande surprise de Dom, cela enchantait Karine qui se mit immédiatement à chiner.

En attendant, il engagea la conversation avec le vieil indien .

-Ça rapporte la sculpture ?

-Pas tellement répondit le vieux tout penaud. A vrai dire, notre petite communauté n'est pas très bien vue dans les environs. Surtout que Fredo recommence ses conneries.

-C'est le gars dont vous nous avez parlé tout à l'heure ?

Le vieux redevint préoccupé.

-Ouais, c'est lui. Oh je peux bien vous le dire. Il abuse franchement des calumets de la paix ces temps-ci. Il les charge un peu trop, si vous voyez ce que je veux dire. Et ça se termine toujours de la même façon. Il pète un câble et dans son délire, il va attaquer les vaches d'un paysan du coin à grand coup de tomahawk en pensant chasser le bison. Un de ces jours ça nous vaudra des emmerdes carabinées !

-J'ai trouvé, j'ai trouvé ! S'exclama Karine. Elle exhibait fièrement une petite statuette de chouette, souriante comme une gosse.

 

Et c'est à cet instant que retentit le son métallique d'un porte voix : « C'était la vache de trop les apaches ! Vous allez gentiment déposer vos arcs et vos flèches et venir jusqu'au panier à salade munis de vos papiers d'identité ! »

 

Dom n'aurait jamais pensé terminer sa ballade dominicale derrière les barreaux d'une petite gendarmerie de campagne. Personne ici n'avait ouvert la bouche depuis leur incarcération. Il bouillonnait de dire à Karine sa façon de penser. Mais il était fatigué de faire les cents pas dans cette cellule. Le visage fermé, il finit par s'asseoir à côté du vieux. Ce dernier voulu le rassurer :

-Je suis désolé de tout ça, murmura-t-il. Il ne faut pas vous en faire, les gendarmes comprendront vite que toi et ta petite amie n'étiez que de simples visiteurs.

-Elle n'est pas ma petite amie ! s’emporta Dom en haussant volontairement la voix.

-Sois pas si dur avec elle, elle n’y est pour rien.

Dom regarda de l’autre côté du couloir. Derrière les barreaux de la cellule des femmes, Karine sur son banc contemplait les débris de la statuette réunis dans ses mains, le visage contrit. L'interpellation n'avait pas été de tout repos et elle pleurait. Il en était chamboulé, il ne la savait pas fragile.

 

 

 

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Attentions fragiles (tiniak)

Vos sirupeuses verroteries
   langues habiles
   aux mots graciles
qu'au prix fort vous nous aurez servies
   battant faux-cils
   de sex-appeal
sous couvert d'une folie soudaine
   à l'organique
   dithyrambique
ne sont de nos comédies humaines
   que vains déclics
   et vilains tics

Car notre nature est si fragile
qu'elle cède aux sons des violons
va décoller comme papillon
qu'abuse l'araignée sur son fil

Tant qu'à aimer la chose futile
veillons à n'être pas trop idiots
la beauté ne suffit pas aux mots
plus que la chemise au mois d'avril

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FRAGILE (Joye)

- Mais attention ! Môman est trrrrrrrrrrrrrès fragile ! me cria le monsieur dont nous accueillions la mère à Brix-les-Eaux, la maison de retraite où je travaillais depuis déjà trop longtemps.

Je regardais Fiston de travers. Fragile mon œil au beurre noir, sa Môman  pesait au moins cent cinquante kilos !  Déjà mon lumbago me jouait du tambour aux reins en voyant cette prépondérance fourrée dans le siège à passagers. J’avais mal aux pieds, comme d’habitude, car depuis le début de mon service ce jour-là, je n’avais pas eu le temps de m’asseoir.

Je lui fis mon meilleur sourire de diplomate, et puis je l’effaçai. J’avais encore oublié que la dent - cassée la semaine dernière par un résident en délire - se voyait. Je fis donc vite pour cacher mon embarras.

- Mais bien sûr, Monsieur. Madame votre mère sera ici comme chez elle, un trésor chéri pour tout le monde.

Fiston me fit un air de hibou coupable, mais je hochai la tête pour le rassurer. Ma C-1 me faisait encore mal, je m’étais cogné la tête plus tôt ce matin-là après avoir glissé dans une flaque d’urine devant la porte d’un monsieur qui avait hardiment arrosé ses quatre-vingt-douze ans.

Je reconnus tout de suite Fiston, le genre est assez commun : petit homme frimant la cinquantaine, jamais marié, dévoué à sa Môman, qui fut pour lui une sainte. Mais leur martyre mutuelle s’approchait à sa fin. Peut-être la fiancée de Fiston était-elle fatiguée d’attendre ces derniers vingt ans, pour que Môman  l’accepte, ou qu’elle crève.

C’était souvent ainsi. Et les femmes fragiles comme Môman  vivaient parfois trrrrrrrrrrrrrrrès longtemps, voire trrrrrrrrrrrrrop longtemps pour les femmes comme Huguette qui attendaient tragiquement que leur future belle-môman les embrasse…

- Mais attention ! hululait le hibou dans mon oreille. Vous allez la laisser tomber !

Je ne répondis pas, il me fallait tout mon souffle pendant que je tirais sur les gros bras de Môman, gluée comme une sardine géante dans la Mégane. Et puis, pop ! elle se retrouva miraculeusement dans le fauteuil roulant.

Je vis déjà des reproches inquiets aux yeux ahuris de Fiston.

- Vous avez trop tiré sur ses bras, monsieur ! me reprit-il. Elle aura certainement des bleus ! Sa peau est délicate et…

- Fragile, oui, monsieur, je sais, je lui répondis, tout en me frottant mes propres bras qui brûlaient de l’effort nécessaire pour sortir Môman de son char. Je vis encore la vieille morsure au poignet gauche, faite par une résidente qui s’était souvenue pendant que je lui brossais les cheveux qu’elle avait encore deux ou trois dents…tout naturellement, elle avait voulu voir si ses quenottes d’autrefois marchaient encore…

Je me penchai vers le fauteuil.

- Mais je crois bien que Madame n’a rien eu. N’est-ce pas madame ?

En guise de réponse, Môman lâcha un gros pet spectaculairement dégueu. Même un ado en colonie n’aurait pas su mieux faire.

- Vous voyez, monsieur ?  lui souris-je. Votre mère pète la santé !

Fiston resta muet. Pour me reprendre, il aurait été obligé de reconnaître que la flatulence de sa môman n’avait vraiment rien de fragile. Je revis pendant quelques instants dans ses yeux une vieille lutte entre le devoir et la liberté avant que Fiston ne la maîtrise.

Nous repartîmes vers la chambre qui attendait. Fiston grommelait consciencieusement derrière nous pendant que je me débattais contre le poids impossible du fauteuil.

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Palme dort (Sebarjo)

Palme dort

 

 

Il revient du festival

Aidé de sa canne,

Les pieds palmés.

 

Et sur son passage,

Avec leurs sarbacanes

Les enfants pas sages

Visent ses maigres cannes.

 

Ca lui fait les pieds,

Ca lui cloue le bec,

Son corps est si frêle !

Le voilà qui bat de l'aile.

 

Le cou recourbé

Il a des regrets,

Et sa palme sur le dos

Lui frotte les magrets,

Il en a plein le dos !

 

Il retrouve enfin

son nid bien douillet

Va pour s'allonger

Sur le lit sous le duvet.

Il est tout déplumé

N'a plus un billet.

 

Il est fatigué

Usé d'être Actor,

Comme sur le fil.

Mais quand Palme dort,

Il a cet air fragile

D'un Taxi driver qui rêve

Quand le vent se lève...

Et c'est au pays des songes

Que Bob l'éponge...

 

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