Fenêtre (titisoorts)

Fenêtre mis close à lames moroses
Fenêtre fermée à lames blessées
Fenêtre ouverte à lames inertes
Fenêtre dégondée à lames abandonnées
Feu naitre à l'âme brûlée

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Les fenêtres. (Mamido)

CHATCHAT_CHAT

Il faut qu’une fenêtre soit ouverte ou fermée, disait quelqu’un. Non, je me trompe, c’était peut-être une porte… Tant pis, disons  que c’est bien une fenêtre…
C’est la pensée qui me vient lorsque je me promène dans une ville ou un village. Si la fenêtre est fermée, on a tendance à passer son chemin…
Circulez, y a rien à voir, comme disait un autre…
Et encore, faut qu’il y ait des rideaux et que la lumière soit éteinte, empêchant d’apercevoir quoi que ce soit à l’intérieur. Sinon, je ne sais pas vous, mais moi, je ne peux pas m’empêcher de jeter un coup d’œil!
En quelques secondes, le temps de cet unique passage, on peut s’imaginer la vie des habitants, là, derrière la fenêtre entr’ouverte.
… C’est un salon, au mobilier suranné, deux gros fauteuils de cuir usé font face à la fenêtre. Des napperons au crochet recouvrent les accoudoirs. Dans un coin de la pièce, on entend le tic-tac d’une horloge, qui dit oui, qui dit non, comme dans la chanson de Brel.
Pour le moment, les deux vieux ne sont pas là.  La vieille est à la cuisine, elle prépare le repas de midi. Le vieux est au village, sorti acheter le pain et le journal. Au retour, il en profitera pour s’arrêter en douce au café du village où il boira en vitesse, debout au comptoir, un ballon de rosé, bien frais. Mais la vieille n’est pas dupe, elle sait. C’est qu’elle le connaît par cœur son vieux, et toutes ses petites manies qu’elle supporte depuis plus d’un demi siècle…
L’après-midi, une fois le repas terminé, ils s’installeront tous les deux, chacun dans son fauteuil, côte à côte. Le vieux s’endormira sur son journal tandis que la vieille prendra son crochet et de ses doigts noués par l’arthrose fabriquera, presque machinalement, un énième napperon, avant de s’assoupir, elle aussi.
Par la fenêtre entr’ouverte, les bruits habituels du village les sortiront de leur torpeur, peu à peu, sans à-coup.
… La cloche de l’église qui sonne seize heures, déjà… Le chien de la voisine, qu’elle sort pour sa promenade du soir… L’épicière qui monte le rideau de fer… Elle n’est pas pressée d’ouvrir, celle-là !...
… Un peu plus loin, les persiennes à moitié remontées s’ouvrent sur une grande salle carrelée. Au milieu, une imposante table de bois, flanquée de deux bancs immenses, occupe le terrain. Le désordre règne un peu partout. Des jouets jonchent le sol, des vêtements sont abandonnés sur les bancs, échoués derrière la porte, il y a deux cartables. Sur la table, un sac à provision déborde de provisions pas encore déballées et les restes d’un petit déjeuner attirent mouches et abeilles… De la fenêtre au-dessus s’échappe de la musique techno, deux voix jeunes s’interpellent, semblent se disputer… Soudain, un enfant plus petit se met à pleurer… Une voix douce et fatiguée le console… On entend un bébé gazouiller…
… C’est probablement une famille recomposée. Les parents avaient chacun un enfant lorsqu’ils se sont rencontrés, deux autres sont nés de leur union…  La maison est sans cesse remplie  de cris, de rires et de disputes…
Il y a aussi ces fenêtres qui se trouvent sur un trajet que l’on effectue régulièrement. Là, on apprend à connaître les gens peu à peu. Jour après jour, progressivement, on entre dans leur quotidien et ils nous deviennent familiers.
… Sur le rebord de cette fenêtre, se réfugient tous les chats du quartier. La grosse Mme Michel (ça ne s’invente pas !) les nourrit, les laisse entrer chez elle. Quand la fenêtre est ouverte, on peut les voir étalés partout, dans la cuisine, sur la table, sur les chaises… Mme Michel est seule, ses uniques compagnons sont les chats errants qu’elle recueille, qu’elle nourrit. On peut la voir leur parler à longueur de journée, alors qu’elle dédaigne les humains, ses semblables…
… Là, de beaux géraniums fleurissent à profusion et débordent sur la rue.  Ce sont ceux de Mme Fleury (ça ne s’inventent pas non plus !). Elle participe tous les ans au concours municipal des maisons fleuries. Elle a gagné plusieurs fois, j’ai vu sa photo dans le journal. Chez elle, il y a des fleurs partout : sur la tapisserie, sur la nappe, sur les tapis… Même ses robes sont parsemées de motifs floraux.
Son mari a un jardin, aux portes de la ville, un jardin ouvrier. Il fait bien quelques boutures pour sa femme, mais lui, ce qui le passionne, ce sont les légumes qu’il cultive en quantité et dont il fait profiter tout le voisinage….
… Juste à côté, les volets sont toujours fermés. Pourtant c’est habité, c’est sûr. A travers les claies des volets, on voit de la lumière. On entend de la musique aussi, de l’opéra. Mme Fleury dit que celui qui habite ici est un original, « un peu bizarre et dérangé du cerveau ». Il ne parle jamais à personne, ne sort jamais. L’épicier lui livre ses provisions, une fois par semaine. Il ne l’a même jamais vu, il sonne et comme personne ne lui ouvre, il pose le carton devant la porte et s’en va.
Les enfants du quartier prétendent que c’est un vampire, obligé de vivre dans le noir et qui ne sort que la nuit pour attaquer les gens et leur sucer le sang. Ils l’appellent Nosfératu, actionnent sa sonnette à tout bout de champs, parce qu’ils savent que personne n’ouvrira et que leur méfait restera impuni….
… Enfin, il y a la fenêtre de la chambre de Juliette, la belle Juliette. Tous les hommes guettent quand elle s’allume, le soir. Une foi, elle a oublié de tirer les rideaux et a commencé à se déshabiller. Certains ont pu l’apercevoir en soutien-gorge et en jupon avant qu’elle ne se rende compte de son oubli et rabatte brusquement le tissu fleuri sur son intimité, les laissant bouche sèche et cœur battant face à son ombre chinoise. Depuis ils attendent, en vain…
Finalement, en y réfléchissant bien, les fenêtres sont comme des vitrines, mettant en scène le théâtre de la vie, que ce soit pour une unique représentation ou pour un feuilleton, aux rebondissements multiples.

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Dedans, dehors… dedans…(TEB)

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Près de la fenêtre, un vieil homme dans son fauteuil… regarde passer les gens...
Il sourit au passage de cette blondinette frisée volubile, qui lève la tête vers sa maman en babillant joyeusement…
Il chope au passage le « et tu t’imagines que je vais… » de ce couple grognon… « que je vais te croire … ? », « que je vais l’acheter… ? », « que je vais y aller… ? », Il ne saura jamais, mais qu’importe…
Il s’attendrit (et, sans doute, il envie ;-) quand il est témoin invisible de ce baiser amoureux… juste là, sous ses yeux…
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En parcourant les rues du village… on se sent un peu voyeur…
Sous la fenêtre, un vieil évier en grès et son robinet à l’ancienne, qu’ « habille » un pot de misère et une superbe cruche fleurie de coquelicots…
Sous la fenêtre, un évier blanc, rutilant, vide… et, plus loin, une cuisine moderne et colorée, impeccablement rangée…
Sous la fenêtre, un évier en porcelaine crasseux et plein d’une vaisselle qui ne date pas que d’hier…
Près de la fenêtre, un vieil homme dans son fauteuil… regarde passer les gens...
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Photos glanées au hasard du net.

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C'est-y du Lare ou du cochon (Joe Krapov)

100516A_007De la fenêtre où ne pas naître
On peut voir le feu naître
Qui attise la question
Du pourquoi des volets
Sinon pour dérober
Au regard des curieux
Ce que l'on a volé.

De la persienne d'Aragon
Persienne
Persienne
Persienne
Perd sienne
On voit sombreros et mantilles

Et les danseurs de séguedille

Qui ramassent et comptent leurs billes :

Si chacun des quatre perd « sienne »
Les voleurs, as du leurre,

Ont gagné des « leurs »

De valeur.

 

Alors ils tirent le rideau080815_673
- C'est chose A(i)zay aux ladres
Surtout dans l'Indre -
Et laissent rêver le badaud,
Le vagabond pour qui n'abondent
Que les cailloux sur le chemin.

 

Dieu banni de ces intérieurs,
Voyageant dans l'incognito
Sur cette terre incognita,
Je marche et ne m'arrête pas.
S'ils ont laissé les volets clos,
S'ils ont tiré la mousseline,
Baissé les stores, c'est à raison.

 

S'ils abritent dans leur maison
Leur peur de l'autre et leurs vieux crimes
Derrière d'épaisses jalousies
C'est qu'ils n'en sont que les victimes.

 

Ce que je comprends mal
Chez ce drôle d'animal
C'est qu'il se pose alors devant
Un grand ou un petit écran
Qui lui dévore tout son temps.

 

(Extrait de « Dieu s'ennuie le dimanche et s'emmerde les autres jours, sans compter qu'il se fait chier le reste du temps et qu'avec un titre aussi long ça ne va pas être simple de trouver un éditeur pour ce roman-puzzle que je ferais mieux de publier en feuilleton sur le Défi du samedi et/ou ailleurs » par Joe Krapov)

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La fenêtre (32Octobre)

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Compartiment - C -   Voiture – 193 - Edward Hopper-1938- 

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Derrière une fenêtre close… (Adrienne)

Elle sort de la chambre où règne une tiédeur fade.
Elle referme doucement la porte derrière elle, le cœur serré, comme chaque soir.
Elle marche sous les néons d’un couloir aux odeurs diverses et aux bruits de télé.
Elle redescend tous les étages à pied parce qu’elle a besoin de marcher.
Elle sort prestement à l’air libre et respire à fond.
Elle se sent un peu coupable du petit bonheur qu’elle ressent à être dehors.
Elle cherche des yeux parmi toutes les fenêtres, là-haut, celle de la chambre qu’elle vient de quitter.
Là, elle est là.
Elles se font un petit signe de la main.
Aucune des deux ne sait si l’autre l’a vue.
Aucune des deux ne sait si elles se reverront.

Car un de ces soirs est le dernier.
Le lendemain, l’hôpital l’appelle : « Votre grand-mère est DCD »

Aujourd’hui encore quand elle repasse devant, elle reconnaît la fenêtre.
Alors elle la regarde intensément, comme si elle guettait quelqu’un pour lui faire un ultime signe de la main.

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Fenêtre close, rideau fermé (Captaine Lili)

Deux silhouettes,
Ombres chinoises,
S'enlacent,
S'embrassent...

Un air de fête
Grivoise
Ondoie,
Louvoie...

Fenêtre close, rideau fermé,
Les amours dansent, ballet ailé.

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DU BANC EN BAS (Joye)

Le parfum de ces roses me fera toujours penser à elle, ma puce.

Je sais que je te l'ai déjà racontée mille fois, mais je prends plaisir, comme tu le sais si bien, à me rappeler…

Le matin, lorsqu'elle ouvrait discrètement les volets, je la devinais en train d’étirer les bras. La jeune veuve baillait, soupirait, et peu après, je sentais son café, prêt à boire. J’imaginais la fumée autour de sa tête, ses tendres lèvres posées prudemment au bord du bol.  Quelques minutes après, elle venait fumer une seule cigarette au balcon, calmement, délibérément, avant de commencer vraiment sa journée.

Le dimanche, en bas de sa fenêtre, et ensuite sur le même banc en face,  j’attendais sentir le parfum de ses cheveux, fraîchement lavés, qu’elle faisait sécher au soleil. Parfois, en les peignant, elle fredonnait légèrement une petite mélodie insouciante.

Dans la fraîcheur exquise du soir,  je pouvais encore l’entendre à l’intérieur, parfois chantant, parfois riant. La musique de sa voix s’évadait comme un joyeux réchappé d’un pénitencier, se faufilant et tombant sur mes oreilles avides et solitaires dans l’obscurité. J’aurais volontiers pris leur place auprès d’elle, tout près de cette bouche convoitée…

Chaque soir, le crépuscule s’annonça dans le doux claquement de ses volets.

Mais moi, enveloppé par le velours nocturne, restais toujours encore un peu en bas, à revivre tous ces petits moments de la journée, illuminés de plaisir…

- Et elle était comment, Papy ?  murmura la petite fille à mes genoux.

- Je n’en sais rien, ma puce, tu sais bien que je ne l’ai jamais vue.

- Oh, soupira-t-elle, c’était alors après…

- Oui, ma puce, bien après.

Je lui caressais la tête. Ses boucles lisses sous mes doigts faisaient répandre une vieille, douce chaleur dans ma poitrine. J’entendis sa respiration régulière qui me disait qu’elle s’était endormie. 

Déplaçant un peu son peu de poids doux et chaud de son petit corps, d'un genou à l'autre, sa tête bouclée  pressée encore contre ma poitrine, je pensais aux autres comme moi, aveuglés, pas par l’amour d’une femme, mais par la haine des hommes.

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Solitude (MAP)

DSCF8587Fenêtre close.
Vitres reflétant un ciel gris.   
Silence ….
Tiens, les rideaux  ont bougé !
Une main, en tremblant, peine à les écarter.
Solitude, vieillesse, peur …
Qui verra cet appel ?
Qui devinera cette angoisse ?
……………………………
Les rideaux n’ont pas même frémi
au dernier souffle expiré !
……………………………..
Demain les volets seront fermés …

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