20 novembre 2010

Ont déterré leur trésor

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contribution pour le défi 124 : Trésor (32Octobre)

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Jour naît (tiniak)

Les ongles granuleux d'avoir creusé l'insaisissable
je caresse mon rêve à l'or infatigable
Qu'un embarras de firmament quitte enfin les toitures
Que cesse, incontinent ! cette déconfiture
    C'est que j'ai ouvert le coffret
    Maintenant, c'est à moi de jouer
    sans crayons ni peinture
mais de quoi raccorder au monde un autre devanture

    Et j'en sors
    (et j'en passe !)
    Et fi des silhouettes lasses
    (ou alors, dans un coin
     dévolu aux rhumes des foins)

À repeindre le ciel au gré de songes improbables
je puise en mon ivresse un camaïeu de sables
que je répands allégrement sur la toile nocturne
et pare de brillants son Ombre taciturne
    À moi ! tous les fous de Bassan
    Allons déloger l'océan
    de sa niche profonde
à la faveur des yeux fiévreux qui reluquent le monde

    C'est magie,
    mon trésor
    Prête-moi que j'en use encore
    et que j'aille rimer
    la faille aux mûres engorgées

Car c'est bonheur de dépenser tout ce monde réel
Délire ses fatalités,
c'est mon trésor ! et tout son miel
coule en chaque journée
une liqueur d'éternité

Coule, en chaque journée
une liqueur d'éternité !

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Le rêve de Jason (Poupoune)

J’ai su très tôt que je détenais un véritable trésor. Je n’avais pas dix ans qu’il m’avait déjà permis d’obtenir un poney et des diamants sur presque tous mes bijoux.

C’est Papa qui a été le premier à mettre le doigt dessus et à me montrer toutes les possibilités que ça m’offrait. J’ai longtemps cru qu’il n’y avait que l’amour d’un père pour gratifier pareillement ce qui me paraissait, au fond, très naturel, mais j’ai grandi et j’ai compris qu’il n’était pas le seul dont je pouvais tout obtenir.

J’ai eu les meilleurs bulletins de notes du collège et je n’ai pour ainsi dire jamais eu besoin de porter mon cartable ou de faire mes devoirs. Je n’ai jamais manqué de bonbons, plus tard de cigarettes, ou de quoi que ce soit qui puisse s’échanger dans les cours d’école ou de lycée. J’aurais pu obtenir avec la même facilité de beaux diplômes dont je n’aurais su que faire, mais j’ai préféré rapidement gagner de l’argent. Beaucoup d’argent. J’étais assez entreprenante pour très vite décoller et engranger des sommes folles.

Le premier Noël qui a suivi le lancement de ma carrière, j’ai offert à maman une vidéo de mes exploits, elle qui avait toujours si bien fermé les yeux sur mes talents… A papa, j’avais offert la poupée en silicone à mon effigie, celle avec ce qu’il avait toujours appelé son trésor plus vrai que nature. Maman en est morte. De chagrin ont dit les voisins. Papa s’est pendu trois mois plus tard quand il a reçu la première visite de la police. Les voisins m’ont trouvée bien ingrate. Pourtant je lui avais quand même offert cette poupée et j’ai pu constater qu’il l’avait vraiment beaucoup aimée pendant ces quelques semaines…

Pour ma part, je continue d’exploiter mon trésor tant qu’il est encore monnayable, mais grâce à l’héritage je n’aurai bientôt plus besoin d’écarter les cuisses.

 

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Défi trésor (Caro_Carito)

Trésor…

Mardi

Je suis passé commander les fleurs. Madeleine avait les chrysanthèmes et leurs pompons ternes en horreur. J’ai longuement choisi deux pots de bruyère. Elle aimait particulièrement les buissons tourmentés qui accompagnaient nos promenades estivales dans les landes. J’ai essayé de joindre le chargé de l’entretien du cimetière pour savoir quand il nettoierait la zone 4. Au bout d’une heure et demie d’attente, une voix monocorde m’a répondu vendredi matin. Le 1er novembre tombe samedi, j’espère qu’il n’aura pas de retard comme les deux dernières années. Un lumbago de dernière minute et, l’année d’après, un coma inopiné, dans la famille, m’avait-on précisé à la mairie.

Mercredi

J’écoute Chopin en boucle. Je n’aime pas vraiment, je préfère de loin la variété française, mais Madeleine elle, si. Elle me disait : « Trésor, écoute, on dirait qu’il nous parle, tu ne trouves pas… » J’ai aussi épousseté les porcelaines sur le piano et me suis endormi au beau milieu d’une polka. J’ai raté le début des chiffres et des lettres.

Jeudi

En rentrant, j’ai vu le voyant rouge du répondeur ; M. Laperse des marbreries Blansec avait laissé un message. La plaque pour Madeleine est prête. La voix disait en substance avoir respecté à la lettre ce que j’avais demandé et insistait sur des détails techniques. Pendant que l’enregistrement bourdonnait, j’imaginais un coquelicot doré s’enlaçant au M majuscule de son prénom. Mon trésor, ma Madeleine

Samedi 1er novembre

J’ai quitté la maison alors qu’un camion de déménagement rempli à ras bord se garait devant le n°13 de la rue Lully. J’habite au n°15. Depuis trois ans qu’elle est en vente, à un prix exorbitant pour ces quelques pans de préfabriqués et le jardinet en friche, je n’aurais jamais imaginé avoir de nouveaux voisins. J’ai aperçu un vélo et des trottinettes en sortant la voiture du garage. Je l’ai mentionné à Madeleine, je lui ai rappelé ses yeux qui pétillaient quand Gaspard rentrait de l’école. J’ai posé les deux pots de bruyère près de la plaque. Une feuille s’est posée. Je l’ai ramassée, elle avait la même couleur de miel liquide que ses cheveux. Ensuite, j’ai longtemps marché

Dimanche

J’ai compté trois enfants et un chien. Je n’ai pas vu le père. Pas plus que la mère.

Lundi

J’ai rencontré Monique, la voisine. Nous avons échangé quelques mots. Quand je l’ai quitté, elle a appelé son chien. Il s’appelle ‘Trésor.’

Mardi

‘Trésor’ m’a réveillé à trois heures. Les enfants ont joué aux Indiens dans le jardin jusque tard. Leurs cris étaient très réalistes.

Mercredi

‘Trésor’ m’a réveillé à deux heures. Je n’ai pas réussi à me rendormir.

Vendredi

Première nuit que ‘Trésor’ ne me réveille pas. Ce n’était pas nécessaire, je l’ai entendu dans mon rêve. Quand j’ai ouvert les yeux, il était trois heures trente-trois.

Samedi

J’ai sorti le vinyle favori de Madeleine. Je l’avais acheté alors que nous nous connaissions depuis un mois. Les trésors de Chopin. Il faisait étonnamment doux pour novembre. J’ai ouvert en grand la fenêtre et me suis installé près de la platine. Après avoir délicatement posé le bras sur la surface brillante, j’ai savouré le grésillement, prélude aux premières notes d’une sonate.

Monique a sonné peu après. Il semblerait que ‘Trésor’ hurle dès qu’il entend un peu de musique civilisée, non, je rectifie de musique classique. J’avais bien entendu les guitares beuglantes qui traversaient impunément les cloisons de nos maisons mitoyennes.

Dimanche

La tronçonneuse a fonctionné tout l’après-midi. J’ai protesté, mais le mari de Monique, paraît-il, ne peut jardiner que le dimanche après le journal de la mi-journée. Mr Fernandes du n° 11 a appelé la police. Il semblerait que le mari de Monique a le bras long, les flics sont venus et sont repartis sans effet sur le niveau de décibels. Il y a une demi-heure, le mari de Monique a troqué la lutte contre la haie de thuyas contre la tondeuse.

Février

Je ne sais même plus ce qu’est une nuit de sommeil. ‘Trésor’ se faufile dans mon jardinet subrepticement. Les rosiers que Madeleine avait plantés n’existent plus. Cet affreux clebs dépose ses crottes devant mon perron. Le plus insupportable, c’est de les entendre scander le nom du monstre du matin au soir. Et aussi la nuit.

Chaque fois que je pense à Madeleine, que je revois ses douces lèvres prononcer des mots d’amour, elles se transforment en un gigantesque haut-parleur qui aboie « ‘trésor’ ramène ta graisse sinon on te fait la peau ».

Jeudi. L’aube pointe.

J’entends les soubresauts d’un camion matinal, l’équipe des éboueurs s’éloigne. Je nettoierai dans une heure la pelle qui, hier soir, m’a servi à assommer le monstre juste avant de sortir la poubelle. Elle était inhabituellement lourde pour un vieux célibataire comme moi. Je me demande quand les voisins constateront la désertion de ‘Trésor’ et commenceront à s’époumoner.

Hier, j’ai acheté un pot de lavande. En fin de matinée, j’irai annoncer la bonne nouvelle à Madeleine. J’ai enregistré la marche funèbre de son cher Chopin sur mon vieux magnétophone. Nous l’écouterons ensemble. Je suis certain qu’elle appréciera.

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Trésors (Adrienne)

Quand Michaël est rentré de l’école ce soir-là, il a jeté son cartable dans un coin de la cuisine, d’un geste machinal. Il s’est affalé sur une chaise. Il était fatigué, il avait faim. Il avait traîné un peu avec les copains, comme d’habitude. Il faisait déjà noir. Ses devoirs, ses leçons, il les ferait plus tard. Ou il ne les ferait pas. Ce ne serait pas la première fois…

Sa sœur était occupée à côté. Son père venait de rentrer du travail et tripotait encore un truc au garage. Sa mère était aux fourneaux. La table était mise. Ça sentait bon. La viande grésillait dans la poêle.

Tout à coup, il y a eu un boum formidable. A l’instant même, les flammes atteignaient déjà le faux plafond, les rideaux se sont embrasés, une épaisse fumée a tout envahi. Michaël, sa mère, sa sœur, n’ont eu que le temps de sortir de la maison en courant.

Par les carreaux cassés on pouvait voir un brasier d’une violence incroyable. Le père a sauté dans sa voiture et l’a mise en sécurité dans la rue. Michaël avait son portable dans sa poche, il a appelé les pompiers. Les voisins ont accouru puis sont restés là, hébétés, impuissants face à l’ampleur du drame.

Dix minutes plus tard, des trombes d’eau finissaient d’anéantir tous leurs biens. Les meubles, les vêtements, les appareils ménagers, la literie, les photos, les souvenirs : ils n’ont rien pu sauver, rien récupérer.

Ce que Michaël n’a jamais réussi à comprendre jusqu’à aujourd’hui, dix ans plus tard, c’est pourquoi dans sa fuite il a eu l’idée d’emporter son cartable.

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un TRESOR !‏ (rsylvie)

Parlez nous de votre, ou vos trésors personnels

Ou bien inventez .... à votre guise !


Hans ressent un manque. Un je ne sais quoi qui s’installe inconfortablement dans son univers et qui, mine de rien, se mêle aux conversations, aux murmures, à sa propre réflexion… jusqu’à faire partie intégrante de lui.

« Quelque chose me fait défaut ? »

Comme pour l’écrivain qui vient de briser sa dernière plume  sur une feuille noircie des mots qui libèrent… comme le fusain que tient la main, avec tant de précaution qu’elle survole la toile, notre héro n’a plus d’inspiration.

Dehors, l’air est frais. Rien de bien surprenant à l’approche de l’hiver, pense Gabrielle qui finit de boutonner son manteau. D’un pas alerte, elle se dirige vers l’avenue principale. Les vitrines des grands magasins brillent de milles feux, c’est le début de la quinzaine commerciale. Dans les rues, des passants s’agitent, les bras chargés de paquets contenant le précieux cadeau pour noël. L’objet de toutes les convoitises, qui fait briller les yeux rien que d’y penser. Celui qui fait saliver l’oncle Henri quand il parle des délicieux chocolats aux amandes, que l’on ne trouve qu’à la confiserie du coin, de la troisième rue, en partant de la gare. Ou qui fera se trémousser de plaisir la petite Alice. Quand elle ouvrira la grande boite, contenant toute de porcelaine blanche, la plus jolie des dinettes. Ou, celui qui fait, qu’à son insu, tata Paulette se mordillera la lèvre supérieure…. Celle que l’on a pris le temps de tricoter le temps d’une soirée auprès du feu de cheminée, ou l’orange de clous de girofle décorée, que l’on tient délicatement entre les mains, de peur de l’abimée avant de l’offrir à grand maman. Oui c’est cela, Trouver le cadeau qui fait si chaud au cœur, que sa valeur n’a d’égale que celle d’un trésor.

Petit à petit l’histoire fait son chemin, d’une petite fille aux allumettes. Hans imagine déjà l’enfant restée seule dans le noir du jour qui tombe, et attend sagement le passant qui daignera lui acheter une boite d’allumettes. Mais en ce soir de fête, tous sont bien trop afférés.

Dans sa tête, encore vide hier et optu à toute réflexion, sans idée à mettre en page, sans envie d’écrire, Aujourd’hui les mots se bousculent si vite, si vite, qu’il chancelle. Ivre de bonheur, il ferme les yeux et se laisse envahir par le récit. Ses doigts fourmillent des belles lettres à calligraphier. Sur la chaise, il se cale de sorte à ne pas voir le temps passer. Son bras se dirige vers l’extrémité du bureau, et s’approche d’une feuille habillée d’une fine pellicule. D’un geste, Hans s’en saisit, faisant voler en poussière d’étoiles le témoin d’une mauvaise période de sa vie qui l’a laissé errer sans but, subissant les aléas du jour à venir, mais surtout sans désir de rien.

Plus de créativité !

Au centre de la pièce un sapin, des chants de noël alentours aiguaient la soirée qui s’avance doucement vers les douze coups de minuit. Petits et grands s’empressent auprès de bon papa qui, d’un « HO HO HO » tonitruant, donne le signal de la distribution des cadeaux.

L’oncle Pierre n’a pas de mot pour exprimer sa joie, la petite Alice crie et trépigne de bonheur, comme prévu tata Paulette se mordille la lèvre supérieure et l’oncle Henri ne tarit d’éloges sur la boite de confiseries, déjà bien entamées… ce soir, tout au fond de chacun, un trésor fait battre le cœur.

Sur le bureau, le bougeoir est recouvert d’une épaisse couche de bougie. La tête maladroitement retombée sur les avant-bras, Hans s’est assoupi. Repu de l’encre bleue qui habille la feuille, le tiraillement du manque s’en est allé. Epuisé de la quête permanente du mot approprié, du mot droit, de celui qui sonne juste ou frappe fort, il s’est laissé aller au bonheur simple d’avoir pu mener à son terme l’histoire de la petite fille aux allumettes… rassuré d’avoir pu, une fois de plus, répondre à l’appel de la création, il dort. Tout au fond de lui, un trésor fait battre à son cœur.

 

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mon trésor à moi (Mouna‏)

Mon trésor à moi, c’est mon fond d’écran

 

    Je le charge à volonté

Tantôt j’y positionne des visages aimés

Tantôt j’y installe de doux paysages

    Je n’ai ni priorité ni exclusivité

Tantôt ça sent le siècle passé

Tantôt c’était hier ou avant-hier

    Je ne me soucie pas de chronologie

Tantôt je garde l’image et m’y installe un moment

Tantôt je la bascule rapidement

    Je n’ai pas de rythme établi

Souvent je souris

Je pars en voyage dans le train des souvenirs ou dans la barque des rêves

    Je n’ai rien défini

Je suis riche de mille et une images, qui me parlent, me promènent, me rassurent, me questionnent

 

Mon trésor à moi c’est mon fond d’écran

 

C’est un écrin au fond de mes yeux

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TRESOR (Joye)

Errant dans la brume le long du quai, je me demandais pourquoi je n’avais pas dépensé mes sous rarissimes pour une destination plus chaude.  Mais l’envie de revoir mon Hexagone bien-aimé – et de parler encore une fois le français –  m’avait ramenée en Europe. Il faisait froid et j’essayais de marcher un peu plus vite, louchant vainement pour repérer quelques monuments flous.

D’un coup, je revis la vieille caravane, ses couleurs muettes un peu plus fatiguées que la dernière fois.  J’avais bien voulu y entrer quelques années auparavant avec une copine pour consulter la clairvoyante qui logeait dedans, mais ma compagne, Sally, une Américaine nec plus pragmatique, avait répondu :

- Elle sait que nous sommes là. Si elle veut nous voir, elle sortira.

Malheureusement, la dame ne sortit pas, Sally eut raison, et nous repartîmes prendre un thé.

Mais cette fois-ci, j’étais seule, Sally était loin et Madame Ana – qui promettait de révéler les richesses pour tout un chacun – se faisait encore prier.  Moins pragmatique que Sally, je montai les petites marches et frappai à la porte.

- Entrez ! vint une voix de l’intérieur.

J’entrai. Je ne voyais pas mieux qu’à l’extérieur, mais peu à peu, mes yeux s’accoutumèrent à l’obscurité du petit wagon.

- Allez, allez, asseyez-vous, vous voulez que je vous révèle des trésors ? Faites voir votre paume, dit la dame. 

Je vis mal son visage, mais sa voix était laide et rauque. Toutefois, je tendis ma main qui tenait un billet de cinq euros. Elle prit le billet et le remplaça d’un bout de papier.  Je m’efforçai de lire les mots griffonnés dessus :

ASSAUT REGLE RAFLE : CONSTERNATION.

- Voilà, ma belle, bonne soirée ! 

Elle me congédiait ?  Déjà ? Comme ça ?

- Mais je ne comprends pas, Madame !

- Ah, ah, je vois, vous n’êtes pas d’ici, hein ?

- Non.

- Mais vous comprenez le français ?

- Ben oui.

- Alors, faites un effort, vous trouverez… et elle remplaça le morceau de papier avec un autre qui disait :

CONTESTATAIRE RONFLEUR, SENS GALA !

- Contestataire ronfleur, sens gala ? Mais c’est quoi ce charabia ?

- Charabia ? Charabia ? Vous dites parler français, vous êtes venue me consulter, et vous osez me dire que c’est du charabia ? Vous ne manquez pas de culot, hein, vous les…les… Sa voix devint plus rauque, elle se mit à tousser abominablement. J’entendis le son d’un  verre posé abruptement sur la table, elle se versait sans doute à boire dans l’ombre.

- Excusez-moi, madame, c’est juste que je ne comprends pas ce que vous voulez dire !

- Allez, petite Ricaine, rien que pour vos beaux yeux bleus, je vous fais une dernière, mais là, je vous préviens, c’est la dernière ! 

Et pour la troisième fois, un morceau de papier parut sur ma paume, et cette fois-ci, je lus :

LA TRANSGRESSION ÉTALE UN ACTE FOR !

Je n’aurais pas dû, mais je ne pus pas me retenir, et je répondis :

- Sans « t » ?

- À la bonne vôtre, ma chère ! rigola-t-elle et avala bruyamment son verre.

Je me levai.  Je sus que l’interview était terminée et que je m’étais fait avoir.

- Et bien, merci beaucoup, madame…madame ?

- Ana.  Ana Graeme.

Je repartis. Au dehors, il pleuvait, mais comme pénitence, je décidai de rentrer à pied. Cela m’apprendrait à faire des folies idiotes, voulant revivre une période de ma vie qui était visiblement terminée.

Trois jours plus tard, je repris l’avion et pendant que je somnolais entre deux mauvais films dans mon siège incommode, le message d’Ana Graeme me devint enfin clair.

Je souris. Mais quelle imbécile !  Le sens rayonnait derrière mes paupières mi-closes :

LA LANGUE FRANÇAISE EST TON TRÉSOR !

Eh oui.

En effet.

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Très OR (MAP)

Copie__2__de_Projet_projet

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