17 décembre 2011

Petites annonces : (EVP)

  •  Sapin lassé d’être enguirlandé et ayant les boules, contacterait vendeur de bières pour changement d’orientation.
  • Dinde de Noël contacterait dame au chapeau pour rester dans le même domaine.
  •  Rois mages contacteraient vendeur de GPS pour être à l’heure.
  •  Famille de Bethléem échangerait âne et bœuf bruyants contre radiateur silencieux.
  • Père Noël contacterait Robin des bois pour améliorer la répartition.
  •  Lutins chargés du courrier contacteraient spécialiste SMS pour traduction.
  •  Esprit de Noël un peu agonisant contacterait rêveurs impénitents pour que sa joie ne meure.

 

(Contacter le journal sous la rubrique ; « C’est pas perdu mais c’est pas gagné non plus »)

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :


30 juillet 2011

La maison abandonnée (MAP)

Sur la maison abandonnée

se lamentait la cheminée :

 

« Plus de feu, plus de fumée

je n’ai plus d’horizon d’âtre …

J’aimais tant voir s’élever

ces volutes de fumée

belles preuves odorantes

qu’il y a ici des gens

qui vivent, qui rient, qui chantent !

Ils allumaient de bons feux …

 

De quels bois me chaufferais-je ?

A présent tout est fini

c’est un zéro de conduit ! »

 

Attendri par ce discours

dans le ciel bleu, un nuage

imagina à l’instant

un merveilleux stratagème :

il suffit de se poser

en haut de la cheminée

pour imiter la fumée

ainsi on pourra penser :

« La maison est habitée ! »

 

Un jeune couple passa

questionnant ici et là

sur les chances de trouver

en ces lieux à se loger.

 

La maison abandonnée

fut pour eux la bonne adresse

et bientôt un vrai bon  feu

réchauffa la cheminée

parfumant les tuiles rouges …

Nuage pu s’envoler

il avait bien consolé

son amie désespérée

et lui avait porté chance :

De nouveau la vie régnait

et une douce fumée

s’échappait légèrement

sur le toit de la maison

s’étirant paisiblement

………………

vrai nuage de tendresse.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

09 juillet 2011

Nuages (défi 122) (Lorraine)

 

Le vent gonfle les joues
Et chasse les nuages
Qui partent en voyage

Un ange est à la proue
Du bizarre équipage
Que forment les nuages

Un gros homme à bajoues
Fait partie du voyage
Non,  c’était un nuage.

Et dans le ciel se joue
La fuite des nuages
Partis en équipage

Et dans mon cœur se noue
Un désir de voyage
Lointain et sans nuage

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

06 novembre 2010

Pour le défi #122

Ont_d_j__lu_

32 Octobre ; Venise ; Vegas sur sarthe ; tiniak ; Lorraine ; Pivoine ; Walrus ; Poupoune ; MAP ; Sebarjo ; Berthoise ; Cédille ; Brigou ; Joe Krapov ; Joye ; KatyL ; Adrienne ; Séb B ; Mouna ;

Posté par MAPNANCY à 00:02 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

Défi de Mouna

La petite fille sage et studieuse venait d’être appelée par le maire de la ville pour la remise des prix. « Edwige Romano » entendit-elle dans le haut parleur. Prix d’honneur.

La petite fille sérieuse, sous le regard fier de ses parents, monta sur l’estrade et alla se faire remettre son prix des mains de Mr le Maire : un beau livre d’enfants comme toutes les années.

Edwige était impatiente ; elle n’oubliait pas que le dernier livre qu’elle avait « lu », c’était celui qu’elle avait volé chez le libraire. Elle se souvient : c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour regarder de nouvelles images, déchiffrer de nouveaux mots, et ainsi partir en voyage… Quand ses parents s’étaient finalement aperçus du larcin, il avait fallu rendre le livre. Quelle honte mais quel déchirement aussi que cette séparation d’un livre devenu son ami.

« Perlette goutte d’eau » tel était le titre de son livre prix d’honneur

C’est l’histoire d’une petite goutte d’eau qui vit avec toutes ses sœurs sur un nuage. Elle s’ennuie, elle est curieuse et impatiente; elle veut partir tout de suite pour aller visiter la terre ; elle ne veut pas attendre la pluie ; ses sœurs tentent toutes de l’en dissuader.

En vain. Perlette s’approche du bord du nuage et saute, en poussant un cri de plaisir.

Si la petite Edwige Romano se découvre et reste fascinée par toutes les aventures terrestres et humaines qui se présentent à Perlette, elle engrange inconsciemment tout un imaginaire sur la vie des nuages qui va l’accompagner longtemps.

Après Perlette, jamais plus de sa vie d’enfant, Edwige ne saura regarder les nuages comme des nuages. Et surtout pas comme des cumulus, nimbus et autres cirrus…

Chaque nuage est un grand coussin moelleux qui abrite une colonie de petites gouttes translucides, toutes délurées, bavardes, sans cesse en rires et en chamailles.

Dès qu’elle peut, Edwige regarde le ciel et guette les nuages

Nuage indolent promenant mille perlettes orangées au soleil couchant,

Nuage électrique aux perlettes noires et grondantes à l’approche d’un orage,

Nuages blancs, nuages gris, nuages roses …  des millions de perlettes et des milliers d’histoires pour une seule toute petite fille.

Et puis un jour Edwige Romano connut son premier émoi. Elle s’aperçut soudain qu’elle ne pouvait plus jouer avec son petit voisin Philippe, qu’elle ne pouvait plus lui parler, le bousculer, se moquer de lui avec ses copines. Elle le guettait au bout du chemin, et détournait son regard quand elle le voyait ; au fond d’elle, elle avait de drôles de sensations, des pincements, des frissons, des petites caresses.

Sans s’en apercevoir, elle oublia le petit monde animé, bruyant, coloré et joyeux de ses nuages d’enfant.

Son nouveau plaisir solitaire était maintenant de s’allonger dans la prairie, et de laisser les dessins des nuages s’imprégner de ses désirs : un visage, des mains, un cœur, un frôlement, une rencontre. Si le nuage lune va se fondre dans le nuage fleur, alors c’est sûr, il m’aime, il m’aimera.

Elle ne devait surtout pas les perdre des yeux ; il lui fallait les soutenir, les aider, les convaincre.

Parfois elle trichait un peu et s’arrangeait avec les formes et les trajectoires ; mais qu’importe. Philippe l’aimerait. Philippe l’aima. Ensemble ils composèrent de beaux  tableaux célestes et quelques enfants aussi.

Aujourd’hui qu’elle est une vieille dame, que de nombreux êtres chers l’ont définitivement quittée, Edwige guette  l’éternel dans le ciel, elle guette le rayon divin, celui qui va scintiller de tous ses feux entre les nuages ; quand il vient, quand il brille, quand il éclate et se duplique, elle est émue, elle se sent toute petite, toute fragile.

Elle sait qu’un jour, dans la chaleur de l’été elle aussi partira, aspirée vers là-bas ; comme Perlette, toute évaporée, qui est, au terme de son aventure, remontée sur son nuage. De tout cela Edwige se souvient et elle sourit.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :


Poudre d'escampette (Séb B)

Peter Pan m'a confié sa poudre d'escampette

or

j'ai soufflé sur les toits mes mines de crayon

comme on soufflerait la neige dans la tempête

- donc tout m'est revenu, ailes sans papillon.

J'ai relevé le crâne ourlé des solitudes

vers ce monde où jadis Peter Pan étirait

mes regards et j'ai vu dans cette multitude

ton regard déposé plein d'or par une fée

j'ai entrouvert le ciel téméraire orphelin

des amours humaines pour enrouler ton sein

sur ma peau oubliée des bises et du temps

et le brouillard s'est mû en ton visage ardent

les nuages alors sur les toboggans qu'hier

encore Jacob prit pour de durs escaliers

devinrent nos jouets nos zélés messagers

et l'axe de nos yeux depuis crée l'univers

Poème écrit pour Koala, mon nuage mi-brouillard boudeur, mi-nuée vivifiante.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

Adrienne observe les nuages

Les nuages sont ces choses merveilleusement brillantes et cotonneuses qui m’empêchent de voir le sol depuis le hublot de l’avion.

Les nuages sont ces menaces qui me font m’inquiéter pour mon repas champêtre de douze personnes à la terrasse.

Les nuages sont ces écrans qui cachent les étoiles mais qui prennent de si belles couleurs le soir quand le soleil se couche.

Les nuages sont ces précieux auxiliaires que j’espère et que j’attends quand j’ai semé des légumes au potager et que je n’ai pas envie de coltiner des arrosoirs.

Les nuages sont parfois de gros moutons et parfois de fines écharpes, tantôt laine tantôt voile de tulle.

Les nuages sont parfois si bas que je ne vois plus où est la route.

Les nuages sont ces filtres bienfaisants qui empêchent le soleil de brûler ma peau ou mes yeux.

Les nuages sont parfois très loin, très haut dans le ciel, alors il fait bon s’étendre dans l’herbe et les regarder passer  en admirant les jolies formes changeantes qu’ils peuvent prendre:

- Tu as vu celui-là ? On dirait un champignon !

- Tu as raison ! C’EST un champignon !

 

adri

Image trouvée chez http://sboisse.free.fr/planete/pol_radioactive.php


Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

Dans les nuages je vois (KatyL)

katy

Toutes les promesses de la vie future, je vois de jardins suspendus au ciel, de l’eau limpide …
Je vois toute la lumière qui les traverse, et tout l’amour que la terre n’a jamais porté qui vient de si loin de si loin….
Je vois des couleurs d’une infinie douceur , des déclinaisons de tendres bleus, de gris irisés, de bleus plus intenses…mais des couleurs parfois éblouissantes, rouges, orangées, carmin , des roses presque couleur bonbon, des violets et des parmes, des mélanges insensés qu’un peintre a tant de mal à copier..
Je vois parfois des vols d’oiseaux si hauts si hauts, et ceux qui se détachent du ciel pour voler jusque nous, tant d’espèces sur fond de ciel bleu…
Dans les nuages je vois tous ceux que j’aime et qui sont partis dans cet autre monde, je distingue leurs visages, et  la nuit je vois sous forme d’étoiles leurs yeux briller..
Dans les nuages je vois mes voyages non faits et tant d’avions qui parcourent le ciel au dessus de ma tête pour me narguer, ils dessinent des courbes ou des lignes comme  pour me montrer le chemin…ils sont remplis de voyageurs, et les nuages parfois les enveloppent  de bienveillance…les chouchoutent, les cocoonent , Les ouatinent…
Les nuages sont porteurs de toutes les eaux de la terre, de toutes nos évaporations…
Ils portent les âmes en coton blanc jusque « La Lumière » aux confins de l’Univers.
Les nuages sont ma détente dans la journée au bureau, je me perds dedans et quelques minutes de bienfait pour moi, je me ressource  à leur vue.
Les nuages annoncent aussi le temps, ils nous parlent, ils peuvent être prometteurs ou bien contenir des présages de mauvaises pluies violentes.. mais ils contiennent la vie, car sans eau plus rien ne pousse, ils contiennent les futurs germinations, ils sont salvateurs pour tant de pays qui guettent les nuages…


Les nuages sont emplis de tendresse, je dors dessus le soir comme dans un oreiller tout banc en coton, et dans la journée je m’assois dessus , j’installe mon chevalet et je les peins …..vous avez du me voir ??
Car je me penche un peu et certaines fois malicieusement je lâche quelques couleurs pour colorer la vie grise des gens qui pleurent, je dessine des fleurs dans leurs jardins, j’envoie de l’eau pour les arroser….
Oh pardon, je dormais et je me croyais dans les nuages, il faut dire depuis que je suis née on me le dit, c’est pour ça.
Que vos vies soient remplies de nuages blancs, doux et remplis d’eau de la source de tout….

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

Quand Dieu fumait sa pipe‏ (Joye)

- Sophie, viens ! cria Maman.

Ce jour-là, j’étais en train de gronder Lapin qui n’avait pas fait ses devoirs, mais je l’ai laissé devant l’ardoise avec les autres poupées, parce que l’on ne devait jamais être trop occupée pour répondre à Maman. Sinon, on risquait une petite tape qui servait de rappel.

- Oui, maman ? dis-je en arrivant à la cuisine.

- Il fait si chaud aujourd’hui ! Porte ce verre d’eau à ton grand-père dans le jardin et demande-lui s’il veut déjeuner avec nous.

Je pris le verre dans les deux mains et sortis de la maison, allant lentement jusqu’à l’orme où mon grand-père était assis sous l’ombre. J’avais appris à ne pas courir. Lorsque je courais, l’eau ne restait jamais dans le verre.

- Tiens, Papy, tu veux de l’eau ?

Papy ne prit pas le verre, alors, je le mis soigneusement par terre à côté de lui. Il était sans doute fatigué, ayant passé la matinée à bêcher les chardons qui poussaient dans  les longs rangs de maïs qui traversaient les champs de son fils.  Papa aurait pu y passer avec son tracteur, mais mon grand-père, dur et angulaire, n’était pas le genre d’homme à ne rien faire de sa journée. Même s’il faisait très chaud, comme ce jour-là.

Je m’assis par terre à côté de lui.  Mes petits pieds dodus, nus et sales, arrivaient au niveau de ses maigres cuisses sous son pantalon poussiéreux.  Je me demandais si un jour mes jambes seraient aussi longues que les siennes, une chose qui me semblait impossible.

Quelques brins d’herbe me piquaient les jambes nues. Une mouche vrombissait autour de nos têtes. Je regardai les petites gouttes de sueur aux tempes grises de mon grand-père. Elles semblaient attendre que la grosse veine bleue zigzaguant juste au-dessous sa peau s’y éclate.

D’un coup, je me souvins de la question de maman.

- Maman veut savoir si tu veux déjeuner avec nous ?

Il grogna entre ses petites dents jaunes et carrées qui serraient la tige de sa pipe. Le tabac sentait bon.

- D’accord, dis-je, mais je ne me pressai pas pour rentrer le dire à maman. Je savais que maman ferait assez de pommes de terre pour nous tous : Papa, mes frères, Papy, maman et moi.

Je regardai les taches du ciel bleu entre le noir des feuilles et j’attendis que Papy me parle.

Mais ce jour-là, Papy fumait sa pipe et regardait le ciel. Je pensai à lui demander l’heure. Papy savait toujours l’heure précise, miraculeusement, parce qu’il ne portait jamais de montre.

- Papy, quelle heure il est ?

Il ne répondit pas.

J’en avais l’habitude. Ce n’était pas un homme qui parlait beaucoup.

Je regardai les nuages dans le ciel. Ils étaient gros et blancs, comme des moutons qu’on avait oublié de tondre. Mais plus propres. Pas comme les vrais moutons dans la ferme. Plus comme les moutons dans les dessins animés. C’était Papy qui m’avait dit qu’il y avait des nuages comme ça quand Dieu fumait sa pipe. J’avais ri à penser que Dieu était un vieux comme mon Papy, qui fumait une pipe, comme lui, et qui savait quand tu disais un mensonge. Je me demandais si Dieu bêchait aussi les champs de Jésus. J’étais sur le point de poser la question à Papy, mais je vis qu’il avait fermé les yeux. Papy aimait faire la sieste quelquefois.

- Sophie !  C’était la voix de maman. À table !

Je courus à la maison. C’était toujours à moi de mettre le bassin d’eau sur la véranda afin que Papy et mes frères se lavent avant de manger.

La porte claqua derrière moi.

- Papy, il ne vient pas ? demanda Maman, en train de remplir les verres sur la table.

- Si, je crois, lui répondis-je avant d’aller chercher le vieux bassin et des serviettes.

Maman dut regarder par la fenêtre. Dans la salle d’eau, j’entendis le son de la cruche qui cassait, quelques pas rapides sur le plancher de la cuisine, la porte qui claquait, et puis la voix de ma maman au jardin, hurlant « Eugène ! Eugène ! ».

Ce jour-là, Papy ne répondit pas.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

No futurisme (Joe Krapov)

1008229_048bisLe nuage en pantalon
N’aura pas vu venir
Le coup de revolver
Qui mit Maïakovsky
Echec et mat.



Rien n’est plus silencieux090122_001
Ni plus indifférent
Que ces moutons informes
Qui passent en silence
Au-dessus de nos têtes
Et cachent le soleil,


100514_003Témoins muets et neutres
D’un cycle permanent
De romans policiers
Où l’homme rivalise
Avec la main de Dieu.


La fumée des canons,070805_145
La cendre des volcans,
Les cheminées d’usines,
Rien n’atteint jamais
Ces coursiers hautains.



100716_022Seul parfois quelque pic
Transperce leur secret
Mais le berger se perd
Dans leur brouillard intime,
Dans leur cercueil ouaté.


Moi qui marche dans la plaine101029_011
Je les aime rosés par-dessus la Vilaine
Et j’apprécie qu’ils y noient
Leur peu de poids,
Leur peu de foi


Car après tout
Ils sont fragiles comme nous :
Un peu de dépression
Et les nuages en pantalon…
Trois petits tours… et pluie s’en vont !


Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :