31 mars 2010

Simplifier à la mode de Bretagne (Joe Krapov)

Lorsqu’avec ses enfants vêtus de peaux de bête
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah :
CAVALE SANS RETOUR

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches…
VOTEZ ECOLO !

L’œil était dans la tombe et regardait Caïn
ZIGMUND ? VOUS ICI ?

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
EH L’ANKOU ! ENCORE UN !

Nous partîmes cinq cents mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port :
APERO GEANT !

Posté par Walrus à 21:15 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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Trahir (Joe Krapov)

Iago to the market, mon p’tit panier sous mon bras. J’achète des fruits 
jaunes car j’aime cette couleur. Le marchand me dit : «Ca fera trente
deniers». Je trouve que c’est cher.
- Revenez plus tard, me répond-il. En fin de matinée nous Baissons nos prix.
Puis je vais au café. Là, Ganelon vient nous servir à boire. Son vrai
nom est Laval mais il en a changé après la guerre. Je lui commande un
Jus d’ananas.
Le chien du patron, Brutus, vient pisser sur mes pompes. C’est normal.
On n’est jamais trahi que par les chiens.

Posté par Walrus à 21:14 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Apprivoiser (Joe Krapov)

Léon, Léon ! Viens là, mon bichon ! Papa t’a préparé une salade de 
moucherons ! Où est-il encore allé se fourrer, l’animal ? Ah te voilà !
Mais qu’est-ce que c’est que toutes ces croix rouges que tu as sur la
peau ? Oh, toi, tu es encore allé traîner près de l’armoire à pharmacie,
comme tu es là ! Tu as le même air allumé que quand tu t’étais vautré
sur le patchwork colombien de maman. Va vite te reposer sur le plaid
écossais ! Franchement, ce n’est vraiment pas facile d’apprivoiser un
caméléon !

Posté par Walrus à 21:13 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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La rencontre (Pivoine)

Il s’assoit à la table familiale, c’est comme une corne d’abondance qui s’offre au passant famélique. Croissants, miche tiède, confitures maison, miel blanc, fruits frais, et l’odeur, l'exquise chaleur de l’Arabica qui se mélange au lointain parfum du Clan. Rassuré – parce que réconcilié avec l’ami, il observe la famille étrangère. Et son regard revient toujours sur cette femme souriante et épanouie ; blonde, d’un blond presque blanc, qui lui rappelle les blés de son Ukraine. Elle sourit, malgré le noir qui la vêt. Malgré l’ombre mélancolique qui bleuit ses paupières…  Il la trouve belle, belle. Emouvante et

Splendide.

Posté par Old_Papistache à 20:51 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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Le français et moi (joye)‏

On s’est connus deux semaines avant mon quatorzième anniversaire.  Je me souviens des casques qu’on portait et qui arrachaient les cheveux longs du haut de ma tête lorsque je les ôtais. Je me souviens de la rubrique au début de chaque bande : Dale and Dale. Cours élémentaire de français. Copyright 1968 by D.C. Heath and Company. Je me souviens des dialogues qu’il fallait apprendre par coeur : Pauvre Robert. Il glisse. Il tombe. Il pleure. Bon public, j’apprenais, sans la moindre idée qu’un jour, je pourrais les glisser dans un texte pour les Défiants.

Posté par Walrus à 19:50 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Adrienne répond à Sebarjo: Fernand Raynaud et la Belgique (2)

Fernand a demandé le 22 à Asnières mais il se fait bousculer et devancer agressivement par un Américain qui veut appeler New-York. Puis arrive le gentil ;-) Belge:

-Excusez !... C’est moi qui m’excuse, mademoiselle! J’aurais voulu avoir une fois à Liège, monsieur Vanderman… septante-cinq… non, l’adresse, je ne la connais pas… Mais enfin… Non, je ne connais pas non plus le numéro de téléphone… Mais enfin… Je sais qu’il est charcutier. Pensez-vous que ce soit possible d’avoir? Vous seriez bien gentille hein! Si vous pouviez me sortir d’embarras, hein!

Posté par MAPNANCY à 19:20 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Adrienne répond à Sebarjo: Fernand Raynaud et la Belgique (Adrienne)

Le Belge, c’est autre chose.Lui, c’est la gentillesse même:

-Si vous avez besoin de quelque chose, faut pas vous gêner! Ici on est entre nous, on est en compagnie, hein?

-Merci beaucoup, on n’a besoin de rien.

Dix minutes après :

-Si vous avez besoin d’une casserole ou quoi que ce soit, faut pas vous gêner!

-Merci.

Un quart d’heure après :

-Si vous avez besoin de sel ou de pain, c’est pas la peine de faire la queue pendant des heures le matin.

-Non!

Vivent les Belges! Vive le camping!

Posté par MAPNANCY à 19:19 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Ton parfum (Ondine)

Ton parfum (Ondine)

La galerie branchée était bondée ce soir-là. Nous avions été présentés par un ami commun, papillon de nuit en fin de parcours, sourire factice constamment plaqué aux lèvres. J’étais happée par un collage de titres de chansons d’amour malheureuses, disposées de façon hypnotique en un étrange vinyle scintillant. D’un seul coup, ton parfum si particulier m’était parvenu, quand tu avais migré vers cette toile abstraite. J’ai su à ce moment-là que j’étais perdue, qu’il faudrait que je me fonde dans ton sillage.

Deux semaines plus tard, ton odeur deviendrait mienne, je te porterais à même la peau.

Posté par MAPNANCY à 14:52 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Cent mots pour ne faire qu'un (Sebarjo)

Il était une fois dans notre vaste monde un petit os qui fit sensation et la une de bien des colonnes... vertébrales. Son succès provoqua une hausse de la consommation d'os. Il fut découvert par un certain Vassilileki Môse, aussi le nomma-t-on simplement Os Môse. Cependant il arriva qu'un savant plus étourdi qu'érudit se trompît lourdement en ne l'appelant qu'Os Môss, préférant fortement suçoter que zézayer. Depuis ce jour de bévue, cet os sur l'os, l'homme aime ne faire qu'un avec l'univers, ce qu'on dit être en osmose avec le Cosmos...

Posté par Walrus à 14:38 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Mountain Blend (joye)‏

Il descend de la montagne le matin. Mountain Blend. Extra smooth. ¡El mismo extraordinario sabor! Mais rien en français ? Mes yeux encore lourds de sommeil scannnent l'étiquette refaite qui rassure le consommateur qu'on a juste changé l'emballage de verre en plastique, que le café n'a pas changé de goût. Pas de français ? On ne le vend pas au Canada ? M'étonnerait, déjà ici, c'est difficile à trouver. On dirait que mes compatriotes iowaniens n'aiment pas les traces de chicorée qui jouent sur les papilles. D'accord, on donne le volume en grammes. C'est déjà ça.

Posté par Walrus à 13:35 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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