16 janvier 2010

Sélection de la raideur des gestes (Zigmund)


Extraite  du journal l'Epique,  voici une illustration de la règle du pénalty au foot. Le célèbre arbitre Papistak  entouré de ses juges de touche et de quelques déviants     du samedi  indique qu'il y a eu main.
Joe Karpov, le célèbre joueur venu  du froid, proteste de son innocence  en signalant que Poupoune, la joueuse de l'équipe adverse a tendu la main vers sa feuille de vigne de façon     à provoquer la faute.(et pas que...)
L'arbitre s'exclame : « inutile ! me suis déjà fait avoir pour une autre main célèbre... veux pas le savoir, y'a  eu main, y'a peno...
Apéro ? c'est pas l'heure, pense le goal sourd déguisé en cheval qui observe la scène.
Poupoune, (à peine sortie d'un séjour en cave d'où son teint pâlot)     scandalisée signale qu'en la bousculant, Joe a bien failli la faire tomber sur un serpent , d'ailleurs que fait ce serpent sur un terrain de foot ? et il est où le ballon maintenant ?
Çà suffit,c'est moi qui ai confisqué le ballon, râle Papistak, je vous préviens, le prochain coup c'est direct la mise à l'index !Dieu_r_primandant_Adam_et_Eve

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :


09 janvier 2010

Les yeux d’Elsa (Zigmund)

    1988

Déjà  deux ans que son bel amour avait fui pour d’autres bras.

Tout allait changer, à commencer par ses yeux : noisette,  comment attirer un mâle avec une couleur aussi   commune ?  Elle aurait bien échangé ses cheveux bruns contre une tignasse de blonde platine, mais c’est le genre de coup de tête difficile à assumer. Par contre, pour les yeux ,elle était privilégiée : via un  copain ophtalmo et une opticienne,  elle avait pu, quelque temps auparavant,  essayer les premières lentilles  « qui changent la couleur des yeux »  à un prix abordable.

Le résultat du premier test avait été  pitoyable  :  ces  lentilles-test d’un beau  bleu  ressemblaient, une fois installées sur la cornée,  à  un  vieux confetti percé d'un trou,  le regard était terne et artificiel, limite bovin.(prise de test !)

Mais la commerçante vient  de  recevoir une nouvelle fournée de lentilles,  et la sachant motivée,  lui propose un nouvel  essai.  Elle a renoncé au bleu rêvé, et accepté  le vert,  plus en accord avec la couleur noisette qui apparait  entre les  stries vertes  radiaires. OK pour essayer ces lentilles prototype sur un week end, à une condition : dès le lundi, matin,  telle  Cendrillon elle  devra les rendre dans  leur étui.

Fière de ses nouveaux yeux, Elsa  se rend  à un diner entre amis. Malgré ses clignements incessants,  personne ne remarque rien, même pas sa copine de toujours.

« Tu ne remarques donc  rien ? finit elle par lui demander », « non ! » dit la copine  après un regard plus soutenu…(zut !!! grrr !!) »

mes yeux ?... »

"tes yeux ?  ben quoi,  t’as raté ton maquillage ?! "(ayez des copines !)

Elsa avoue  alors son test  et  déclare qu’elle va sans doute s’offrir ces lentilles.

Tout le monde regarde de près  (c’est pas trop tôt !) et s’extasie.

Sauf un copain qui lance joyeusement cette petite perfidie : « ben moi je n’aimerais pas rencontrer une fille aux yeux verts  qui, le soir venu,  enlève ses lentilles …et pourquoi pas des faux seins pendant qu’on y est ? » (re-grrr !!)

Le lendemain, dernier jour du test,  Elsa erre seule  dans sa petite ville de province. Elle va encore réfléchir ….mais avant de rendre  l’étui elle veut au moins s’offrir des photos  d’identité d’elle avec ces yeux verts provisoires.  Or le seul photomaton de la ville se trouve à la gare* et pire, l’appareil couleur est en panne, le seul qui fonctionne dans toute la ville c’est le photomaton  noir et blanc. … enfer de damnation !

Verte de rage, Elsa est rentrée chez elle, a installé son appareil photo sur le pied  télescopique, réglé le retardateur , et tiré une pellicule (argentique-et couleur bien sûr) entière (36 poses) d’elle-même   avec  ses yeux verts  éphémères .. le lendemain matin, elle a rendu les cache noisettes dans leur étui...

*A la gare comme à la gare -of course)

cette histoire (vraie) est ancienne forcément puisque toutes les lentilles d'essai sont actuellement détruites, qu'elles sont proportionnellement  bien meilleur marché et bien sûr  à cette époque  la photo numérique n'est pas encore née.   

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

02 janvier 2010

Ivresse impossible (Zigmund)

Paul :

"qu’est ce que je fous là, moi,  assis dans ce pub seul face au mur éclusant verre sur verre, fumant clope sur clope*. Personne n’osera s’assoir près de moi, c’est tout juste s’ils osent me regarder. Ma réputation de champion d’arts martiaux me précède et les impressionne. J’essaie d’oublier qu’elle s’est barrée avec le môme. La con…e, comment a-t-elle pu  me faire çà, à moi, qui suis craint et  respecté par mes élèves et les autres pratiquants ?

Et c’est quoi cette petite frappe  qui discute là bas avec mon pote Claude  en regardant vers moi, son appareil photo braqué sur tout ce qui bouge ? qu’il essaie sur moi et je lui démolis le portrait vite fait !…

 

Bon faut que je me calme moi, c’est pour çà qu’elle est partie …

ah ! garçon, une autre bouteille, non, on ne  touche pas aux bouteilles vides  sur la table… ( hips !)"

 


 Dans un autre coin du pub deux amis discutent en regardant vers Paul

 

Dom : -"dis donc, Claude,  tu as vu Paul, là bas tout seul, il va pas bien ?"

 

Claude : -"ben, tu  sais, un jour qu’il avait trop bu,  il a tapé sur sa copine et elle s’est barrée avec le gamin depuis un mois. Depuis, il noie son chagrin." 

 

Dom : -"voilà  pourquoi il a délaissé la bière et pourquoi  il a cet air encore plus teigneux que d’habitude ; dis donc,  t’as vu toutes les bouteilles vides qu’il a bues, alignées devant lui, il les fixe d’un œil mauvais, il a interdit au serveur de les ramasser…

 

 Je ferais bien une photo, mais s’il me voit, je suis mort ! Dommage, j’imagine la photo et surtout la légende " :  « Noyer son chagrin dans l’eau pétillante, et se saouler  au Per…er,  c’est quand même bien  plus long et beaucoup  plus  difficile ! »    


*cette histoire vraie date d'il y a 10 ans  d'où la possibilité de fumer clope sur clope à l'intérieur.


     

Posté par valecrit à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

26 décembre 2009

Surprise aller et retour… (Zigmund)

Prof –c’est son surnom- est justement professeur de sciences naturelles, en début d’année, il  a annoncé  à ses élèves : « Avec moi, pas de surprise, je n’ai pas l’habitude de faire des interros surprise… »

Quelques  élèves murmurent triomphalement « yes !!! » mais ceux qui connaissent la suite rient sous cape … 

« Pas d’interro surprise, reprend Prof,  parce que vous aurez une interro (courte) à chaque cours… »

C’est un  cours de  veille de vacances, ils ont quand même eu leur interro écrite  de début de cours et maintenant ils se détendent .Un peu trop d’ailleurs, à croire qu’ils ont bu et sont pompette,  seule Cathy Minie, la première de classe  est aux anges et boit les paroles du prof comme du petit lait.

De fil en aiguille, ces chuchottements incessants agacent Prof  qui continue son cours  contre vents et marées. A  un quart d’heure de la fin, il déclare,  fier de son effet : bon puisque vous êtes si pénibles, rangez vos affaires, ressortez votre feuille d’interro : surprise !  Deuxième  interro ! Murmures  incrédules  et réprobateurs des élèves pressés de partir en vacances.

Rentré chez  lui,  Prof dépose les copies à corriger sur son bureau et les feuillette distraitement : sur sa copie Cathy Minie a osé  en préambule ce petit pied de nez : « bonnes vacances... et bonne correction Monsieur ! »      

Posté par Old_Papistache à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

19 décembre 2009

Petit déjeuner … (Zigmund)

Zigmund- homme (celui qui m’a emprunté mon nom pour surfer) a rempli nos gamelles de croquettes ou de pâtée.

J’ai terminé mon repas. Elvis le chat idiot a expédié le sien  et  foncé dans le jardin vers de nouvelles aventures.  Bon vent !

Resté  seul avec mon maitre, j’attends,  assis sur la table près de lui, dans la position du chat digne : Basthêt.

Mon maitre sait bien pourquoi je le regarde  se noyer dans son café à la cardamone  en tapotant  distraitement  sur son ordinateur.

Je fais semblant de regarder le paysage, je m’y fondrais bien  pour qu’il oublie ma présence. Surtout rester  silencieux …ne pas avoir l’air de réclamer mon dû…il en reste dans le frigo… j’ai vérifié quand il a sorti la boite de pâtée.  Attendre… calme, dignité, discrétion…

En général, il craque au moment de la revue de presse à la radio. Il se lève et va chercher la boite ronde, plate et bleue de yaourt à la grecque.

 Ne pas se presser, ne pas réclamer trop vite.

L’air innocent, je lui tourne le dos, faussement absorbé par le spectacle de la rue. Parfois,  ruse suprême,  je pars  faire un tour rapide  dans le jardin : moi, vrai maitre de cette maison, m’abaisser à  attendre un misérable  yaourt ?  vous  plaisantez !

Ce que mon humain ne comprendra jamais c’est comment je fais pour aparaitre  subitement dès qu’il a soulevé le couvercle aluminium de son yaourt.  

 Bien décidé à exiger mon dû, à savoir  la friandise qu’il se destine, je lui impose ma présence, et vainqueur à chaque fois, je lèche le couvercle qu’il pose finalement  près de ma gamelle puis l’intérieur de la boite presque vide. 

Mais  ce que moi je ne comprends pas,  c’est ce besoin malsain qu’a mon maitre de saupoudrer son yaourt d’une dose énorme de cumin moulu, au lieu de le manger « nature » ou d’y mettre du sucre comme tout le monde.

zigmund_v_basthet

P.S. : ceci est mon premier montage photo, zigmund –chat refusant catégoriquement de poser à coté de basthet et du yaourt… soyez indulgents

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :


12 décembre 2009

Pannier de champignons (Zigmund)

On serait allés aux champignons, et on  en aurait rapporté  un peu de tout en vrac.

Sans pitié on aurait méprisé et éjecté les  vénéneux : national  et sa copine  intolérance qui auraient dénaturé  les autres. 

 Emprunté à Brassens, un proverbe bien connu des mycologues : « les coprins d’abord ! »

Et on aurait eu bien du mal à choisir…

Et voilà ! Sur la grande table en bois, comme des champignons à identifier, on aurait déposé  pèle mèle les mots à offrir aux amis des défis après les avoir un peu classés par paquets.

(ben,  si vous voulez bien nous allons repasser au présent, parce que, quand on a passé les 8 printemps,  ce genre d’utilisation du conditionnel c’est difficile) 

Dès le début, on a  pu remarquer des mots tellement évidents qu’ils ont presque été vidés de leur sens : rêves, amour, amitié.

Ils sont  suivis de près par quelques mots qui ont demandé le droit d’asile ou au moins un soutien moral : liberté- égalité- fraternité.

Accessibles à tous, quelques friandises mettent le sourire aux lèvres, certaines ajoutent des courbes aux formes : loukoums, café, thé, chocolat, alcools… modérato biren sûr.

Quelques « artistiques » allegro, irisé, gavotte, harmonie, font un peu bande à part et attendent les amateurs.

Au hasard, comme çà pour le fun,  on en a rapporté un rare, issu de l’hébreu avec une définition alambiquée et pas drôle, mais marrant par son extension  éventuelle  pour décrire une grosse galère : le shibboleth…

Plus fréquent et drôle, déjà dans sa prononciation, « huluberlu » ricane dans son coin …

(digression : à Istamboul, nous avons croisé plusieurs fois le mot « mudurlugu » dont nous ignorons -et souhaitons toujours ignorer- le sens… ce mot avait le pouvoir de  déclencher notre hilarité et nous nous  traitions joyeusement  d’ « espèce de petit mudurlugu » !  fin de la digression).

Enfin,  les « littéraires alambiqués » vous invitent à de nouveaux défis :  pangrammes, tautogrammes, lipogrammes et palindromes… tiens,  un zeugma : définition pas simple mais un exemple rigolo : «  aussitôt, il baissa sa culotte et dans mon estime » .

Amis défiants, c’est un peu le capharnaüm ici, mais  servez vous : de ces mots champignons, nous ferons une ou plusieurs fricassées  et poursuivrons nos aventures délirantes.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

21 novembre 2009

Survol de quelques miroirs (Zigmund)

Je n’ai pas souvenir de mon  tout premier miroir, celui qui est sensé me classer dans la catégorie « humain ». Par contre,  je me souviens de mon papa  face   à moi tentant de me faire comprendre que sa main droite  c’était celle  face à ma main gauche, çà n’avait pas été simple ...

escher_mainJ’ai toujours été fasciné par cet inconnu qui me regardait, qui imitait chacune de mes grimaces, longtemps j’ai essayé de le prendre en traitre  mais il m’attendait toujours,  il était là quand je revenais. Cet autre moi-même m’étonnait, m’agaçait,  me déplaisait et parfois m’angoissait.

Plus tard, je découvre que la combinaison de miroirs disposés face à face (souvent dans les lavabos des hôtels classe) multiplie à l’infini mon image.  J’aime partir à la recherche du vrai moi dans cet univers parallèle, véritable  abîme,  m’y perdre et m’y  retrouver.

mirmir

Il y a eu le miroir que Jonnhy, mon beau père,  polissait longuement,  régulièrement,  élément indispensable du télescope  qui nous a emmenés vers d’autres  infinis.

Un  bref passage par la psychiatrie (côté médecins, quoique. . .) m’a permis de comprendre l’importance du miroir ; aujourd’hui je réalise que mes malades me renvoient une certaine image de moi,  rassurante ou angoissante.

Plus matériellement,  je n’avais pas imaginé qu’une grande partie de mon travail me lierait à  des miroirs.


ancien


C’est un double miroir concave ou convexe reflétant une petite  source de lumière  qui permet  à  l’ophtalmo de déterminer les lunettes  pour un bébé (çà  marche aussi pour un animal)

Mais laisseez moi vous  présenter  Igor,  verre à trois miroirs de son état.  Cette petite merveille  posée (après anesthésie par collyres) sur votre œil (pas  le mien,  faudrait m’avoir à la course !  )  me permet  de voir dans les moindres recoins de votre œil.

Igor1

(malgré mes connaissances limitées en géométrie, je me doute qu’une sphère a rarement des coins et recoins, mais bon c’est qui le pro ici  hein ?).   Je vous épargne l’explication de l’utilité de chaque miroir, de forme et d’inclinaison différente. Bref Igor, est un vrai compagnon de travail…

Le miroir en  littérature est aussi un sujet complexe de fascination et débouche sur différents  jeux, dont le plus connu est le *palindrome *et le plus monstrueux l’autoréférence. Aspirine sur demande….

*Et je sais comme fin *«  c’est sec »*

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

14 novembre 2009

Suite de Phil (Zigmund)

Chapitre 67. François. (PHIL)
Je suis assis à la terrasse d’un bar, au coin de la place Charles de Gaulle. C’est une terrasse pavée, ou plus précisément un coin de place pavé, juste au chevet l’église Notre-Dame. Je sirote un café après avoir fini le marché pendant que ma mère allait faire une course à la brûlerie. Quand j’y pense : faire les courses avec ma mère ! Voilà une éternité que ce n’était pas arrivé. Et je ne suis pas sûr d’avoir envie de renouveler bientôt l’opération. Enfin… Disons que je suis un peu plus disponible depuis que la princesse a disparu sans laisser de traces.

Je termine mon jus et je soupire d’aise en m’étirant. Je suis assis sous un tilleul, et en regardant en l’air, je peux admirer le contre-jour dans le feuillage et les fleurs de l’arbre qui exhalent leur suave parfum. Je me maudis d’omettre systématiquement d’emporter mon appareil numérique quand je vais quelque part, parce que j’ai toujours des idées de trucs à faire qui ne seront du coup jamais faits, et je sens de ce fait comme un arrière-goût de frustration. Parce que les feuilles et les fleurs des tilleuls, en contre-jour, c’est vachement joli. Surtout s’il fait beau, comme c’est le cas. Il y a juste quelques cumulus insignifiants par ci par là sur le ciel bleu, rien de méchant, et ce serait joli sur les photos si je n’avais pas oublié l’appareil. Le cumulus, ça meuble une image, c’est bien connu.

C’est marrant, cette histoire de nuages, ça me rappelle la fois où nous étions allongés nus sur les galets de la pointe du Hourdel, avec la princesse, et que nous commentions la forme des nuages. Oui, bon, je sais, c’est des conneries, nous n’étions pas nus, ce n’est pas cette fois-là que nous étions nus, c’était l’été d’avant, sur un tapis de bruyères, du côté du mont Lozère. N’empêche que nous étions réellement allongés sur le dos, dans les galets du Hourdel, pas nus, et que la sensation que j’ai éprouvée à cet instant, l’impression que les pierres me faisaient comme un matelas très doux dans lequel je m’intégrais progressivement m’a laissé un souvenir extrêmement vivace. Je ne suis pas certain que la princesse ait partagé mon enthousiasme. Je ne suis même pas certain qu’on ait vu tellement de nuages, finalement. Et on n’a pas vu de phoques non plus, ça j’en suis sûr.

Elle n’aimerait pas que je dise la princesse par ci, la princesse par là. Elle déteste ça. Que je l’appelle la princesse. Alors je ne le fais pas. La princesse, c’est juste un petit mot comme ça que je m’autorise à moi-même. Je lui ai dit une fois Ma princesse, dans un moment d’égarement. Je ne renouvellerai pas l’opération. Elle m’a fusillé du regard. Elle a les yeux revolver, comme disait une chanson débile d’il y a plein d’années, mais disons que je n’ai rien dit, parce que vous allez encore m’en vouloir de vous avoir fait chantonner toute la journée. Comme je disais, la princesse déteste les petits noms. Elle veut que je la nomme par son prénom, Angélique, et c’est sans appel.

Je ne sais pas où elle est passée. Un jour elle n’était plus là, c’est tout. Elle n’a rien dit. Elle n’a laissé aucun mot d’explication. Rien. Elle a disparu de la circulation. Ça va faire un mois. Je ne pense pas qu’elle ait été enlevée ou quelque chose comme ça : elle est partie avec un sac de voyage. Je ne pense pas non plus qu’elle m’ait quitté : ses chaussures préférées sont restées dans son placard. Elle est dingue des chaussures, la princesse. Je ne sais pas combien elle en a de paires. A croire qu’elle les collectionne. A mon avis, il y en a pour du pognon, parce que je peux vous dire que ce ne sont pas des chaussures de bas de gamme. Dans le lot, il y en a bien quelques unes que je lui ai offertes, mais pour la plupart, elle se les paie elle-même.

Je pense qu’elle est partie pour son boulot. Peut-être à l’étranger. Je ne sais pas. Elle est toujours très mystérieuse. Elle ne me fait jamais de confidence sur sa vie professionnelle. Je sais seulement qu’elle est « dans le refroidissement », c’est ce qu’elle a consenti à me lâcher, un jour, du bout des lèvres. Dans le refroidissement. Ce sont ses mots. Elle n’a pas dit climatisation ou frigorifique, elle a dit refroidissement. Bon. Cela lui arrive de partir quelques jours sans trop me prévenir, alors cette fois je n’en ai pas fait plus de cas que d’habitude. Au début. Sauf que là, ça commence à faire long. Je m’inquiète, moi. Je m’inquiète énormément, même. Je commence à ruminer des idées sombres. Ce n’est pas qu’elle me paraisse tellement vulnérable, non, elle est même plutôt du genre à mener sa barque seule, mais je m’inquiète, c’est tout.

François ! François ! Hou hou ! François !

Aïe. Ça y est. Ma mère a fini ses courses…

SUITE par Zigmund :

Là bas au café, c’est mon grand dadais de fils  qui m’attend devant un crème en broyant du noir…
Je suis sensée avoir enfin fini  les courses. En fait, j’ai attrapé vite fait deux trois bidules au hasard  dans les rayons. Il a fallu  foncer fissa dans un autre bistrot, et discrètement, dans les toilettes, mailer tous azimuts vers mes contacts,  pour retrouver la trace d’Angélique.
Depuis longtemps,  je joue à l’handicapée numérique ; (« tu es gentil de m’avoir installé internet, mais je ne sais pas m’en servir, je préfère les feux de l’amour à la télé ») mais  si mon fils voyait  le matos que je trimbale dans ma boite à maquillage, il serait sur le c... Je suis une mamie-secrètement- connectée.
Et mon fils qui  croit pouvoir  oublier l’absence de « sa princesse », Angélique, en me collant aux basques et  qui porte les cabas de sa vielle mère, soit disant arthrosique. (il ignore que pendant qu’il me croit devant une camomille le soir, j’étale quelques jeunots  au Krav Maga).
J’aimerais bien qu’il me lâche un peu le fiston, et je commence à fatiguer de jouer les vielles dames honorables.
Moi aussi, çà m’intéresse de  la retrouver, ma belle fille, parce qu’on avait dit  50/50 sur son dernier contrat…
Qui c’est qui s’est farci les repérages hein ? Parce que le vieux qu’elle devait refroidir, je peux vous dire qu’il était du genre méfiant, et  une jolie poupée comme elle qui arrive dans sa vie sans crier gare, il aurait tout de suite flairé l’entourloupe  ; là,  il est bêtement tombé dans le panneau de la veuve triste (moi, avec fils et belle fille) et à consoler bien sûr avec modération.
D’après les journaux, elle a réussi son coup au-delà de toutes les espérances, le vieux beau a été retrouvé sans vie, devant son coffre fort entr’ouvert,  vidé de ses liquidités (*). Une chaussure  féminine, grise orpheline, derrière le canapé a momentanément intrigué les enquêteurs. Mais comme le légiste a conclu à l’infarctus, et que le monsieur était notoirement dépensier, on a  vite classé l’enquête.
Cette chaussure grise c’est bien  la signature d’Angélique, et non pas l’oubli d’une hétaïre de passage…Elle n’aimait pas cette paire de chaussures…
Bon, grâce à mes contacts, je la tiens la trace de ma belle fille chérie, ou du moins les numéros et codes d’accès à ses comptes en Suisse, et, croyez-moi, j’ai quelques moyens de pression pour récupérer ma part du gâteau …
Mais comme je vous le disais, mon grand fils m’attend pour porter mes cabas…C’est –y- pas mignon tout çà ?
*le coffre !

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

31 octobre 2009

La vodka du diable (Zigmund)

discours non radiodiffusé de Staline en date du 2 juillet 1941*

Camarades ! Citoyens ! Frères et Sœurs* ! Combattants de notre armée et de notre flotte !

Je m’adresse à vous, mes amis !

La perfide agression militaire de l’Allemagne hitlérienne, commencée le 22 juin, se poursuit contre notre Patrie.

Malgré la résistance héroïque de l’Armée rouge*, l’ennemi continue à se ruer en avant, jetant sur le front des forces nouvelles.

Il faut les saborder !

Cà tire à la guerre j’y prédis l’ail rose.

Un grave danger pèse sur notre Patrie.

Camarades, nous allons nous battre, aucune armée n’est invincible.

Soldat je te le dis tout net :

Vise  pas ta grotte maya.

Ce soir : sardines, j’ai soif ! et ma chaise m’a dit « les boulettes c’est gras »

Donc je disais : nous allons nous battre, c’est sûr mais qui sera le meilleur hein ?

Entonnons tous ensemble l’hymne de notre glorieuse mère patrie….*

 

http://www.youtube.com/watch?v=WM5H1KthhUU

 

NoNote n° 1 Le discours officiel a eu lieu le 3 juillet 1941. Celui-ci est le brouillon, la répétition générale. L’histoire garde la trace de la version radio diffusée plus longue et moins arrosée.

NoNote n°2 Il parait que c’est la seule fois où Staline a utilisé le terme de « frères et sœurs «  dans un discours

Note n°3 Le rouge est la couleur qui excite le plus le cône*(4) de l’œil humain,

Note n°4  d’où l’expression le jour se lève et les cones  rient  commencent

Note n°5 Traduction phonétique certifiée (ouvrir le lien)

Pour terminer : une mensuration qui arrive comme un cheveu sur la soupe : mes moustaches sont un peu  moins grandes que celles de Papistache et  de Staline.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

24 octobre 2009

Tentative d'épuisement d'une consigne( Zigmund)

L’imagination … ils en ont des drôles les lanceurs de défis.

Côté imagination, je suis du genre handicapé.

Pourtant l’une de mes citations préférées  est celle-ci, extraite d’une chanson de François  Béranger « alors faites comme vous voudrez, dormez ou restez éveillés, agrandissez vos oreilles, enclenchez l’imagination » 

«Ouais, ben  çà  ne  m’avance pas des masses ! …

Je scrute le montage photo…

Petite excursion sur gougueule pour tenter de vous montrer le diagramme de ce pliage de serviette, immanquablement on se retrouve sur des sites de loisirs créatifs, assez « nana teux ».Le schéma doit bien trainer dans mes nombreux bouquins d’origami, mais où exactement ?

La chanson d’Hugues Aufray me trotte dans la tête, « c’est un fameux trois mats », mais je préférais « hastan huego » que je ne sais pas orthographier.

Vachement bleue, cette flotte, çà fait pas naturel ...

 Z’étes sûrs qu’y a pas du transgénique  là-dessous ?

Çà vous a un coté « bouteille à la mer « ce bateau…

Que d’eau que d’eau !  et moi qui sèche lamentablement.

Frère Zigmund,  ne vois tu rien venir ?

Je ne vois que la mer qui bleusoit, je ne vois que du bleu.

Et  vogue la galère …

 Je ne m’en sors pas, j’hésite à envoyer ce texte  aux défiants, ils ont beau être ouverts, vont me jeter par-dessus bord…



Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :