12 octobre 2019

Ah, les soupapes ! (Walrus)


Emporté par mon enthousiasme devant ce mot miraculeux, j'ai d'abord pensé  vous parler des premières soupapes que j'ai rencontrées : celles des pompes à main amenant l'eau des citernes de récupération d'eaux pluviales jusqu'aux éviers des cuisines (anciennes).

Je vous aurais raconté le fonctionnement étrange de ces  instruments qu'il fallait souvent amorcer en y versant une bonne cruche d'eau dont on se demande bien où on allait la chercher puisque la pompe était désamorcée, parlé de leur montage en aspiration limitant ipso facto drastiquement la hauteur de pompage qu'elles autorisaient, dit que les pistons de ces pompes antiques étaient garnis de cuir et qu'ainsi en était-il aussi de ce que je croyais être des soupapes mais que les illustrations que j'ai découvertes pour animer mon propos nomment des clapets !

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Caramba, encore raté, je ferme mon clapet !

J'éviterai aussi de jouer mon petit Prévert, vous savez bien :

Fermez les fenêtres dit le pape. Un sous-pape répond à sa sainteté que les fenêtres sont déjà fermées.

Ce serait plutôt le genre de mon neveu Joe.

Parlons donc plutôt de ces trucs dont je suis certain qu'elles en sont : les soupapes des moteurs à explosion. Celles-là, leur appellation je peux vous la garantir sur factures : celles de mon garagiste !

Faut dire qu'avec mes premières voitures, j'en ai grillé des soupapes ! Même que l'homme de l'art les joignait à mes factures comme preuve des dégâts causés à mes pauvres moteurs par mon style de conduite ignorant la pédale douce.

Ma première voiture était une Sunbeam Chamois et grâce à cette mécanique anglaise au tableau de bord en loupe de noyer polie, j'en ai appris des choses sur les soupapes (et pas que... je vous parlerai des carburateurs Solex si l'occasion se présente) !

Par exemple qu'il y en a de deux sortes sur le même moteur : celles d'admission et celles d'échappement (ça m'avait échappé) qui diffèrent par leur usage et leurs dimensions.

Culasse

 

Mais aussi qu'elles sont commandées par un arbre à cames (rien à voir avec le coca ou le khat) et dans ce véhicule précis un arbre à cames "en tête" !

Eh bien je peux vous dire qu'on l'a échappé belle !

Parce que l'autre système de commande est dit "à culbuteurs" et je n'ose même pas imaginer les commentaires que n'aurait pas manqué de susciter ce genre d'appellation, surtout en l'absence de soupapes de sécurité...

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05 octobre 2019

Confusion mentale (Walrus)

 

Je ne me suis pas laissé démonter quand une amie m'a demandé "Comment vas-tu t'y prendre avec Rupin ?"

J'ai répondu "Pas la moindre idée, il nous reste six jours, je ne travaille que poussé par l'urgence !"

Mais j'ai quand même ajouté "J'associerais bien rupin et Rutebeuf..."

C'est maintenant que je suis au pied du mur que je m'aperçois de mon erreur : j'avais associé Rutebeuf (vous savez bien : "Que sont mes amis devenus, que j'avais de si près tenus et tant aimés" comme le chante Ferré) à quelques vers qui, en fait, sont de Villon :

Et les autres sont devenus,
Dieu merci grands seigneurs et maîtres
Les autres mendient tous nus
Et pains ne voient qu'aux fenêtres

D'ailleurs, là aussi, ma mémoire était infidèle : je pensais que le premier ver commençait par "Et les aucuns...", mais cette classification est réservée chez Villon à ceux que la mort a déjà raidis.

Bien sûr, j'ai une excuse : on peut considérer en l'espèce les aucuns et les autres comme une forme plus ancienne de les uns et les autres et donc trouver  que si les autres mendient tous nus, les uns doivent en toute logique être les rupins. Or Villon nous donne, lui trois catégories : les uns, les autres et d'autres encore. On croirait du Marcel, bordel !

J'aurais pu, pour camoufler mon incullture crasse, supposer que Villon répondait à la question de Rutebeuf, mais deux cents ans les séparent. Ça n'aurait pas amélioré mon image de marque !

Passons !

Je pensais souligner que cette description que Villon nous fait du monde de la fin du moyen-âge ressemblait vachement à celle que l'on pourrait faire du nôtre quand, ce qui ne saurait tarder, la mondialisation aura produit tous ses effets : un monde où ne coexisteront plus que deux classes : les rupins et les crève la faim.

Coïncidence : cette semaine mon épouse a reçu un livre qui décrit un monde où les choses semblent être déjà comme ça. Il raconte les aventures d'un couple qui se place chez les rupins de haut vol comme gardiens de propriété mâtinés de jardinier, cuisinière, lingère, etc. Un métier qui semble plus tenir du servage que du contrat d'emploi classique.

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28 septembre 2019

Alors, on danse ? (Walrus)


Un vidame, un vidame ?
Qu'est-ce donc là pour un quidam ?
Interrogeons le dico...
Mazette, il n'en dit pas trop
De ce machin moyen-âgeux.
Alors, laissons là ce jeu.

 

Zut!
Une tornade de derviche
A bouleversé mon acrostiche !

 

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21 septembre 2019

Têter le pitchoun (Walrus)

 

Quand j'habitais le rez-de-chaussée de l'immeuble, j'avais une vue directe sur le chemin traversant la propriété et donc sur Fanny qui y promenait son chien.

Bien que même par grand vent elle ne dévoilât pas ses fesses (et pour cause : elle portait des pantalons), je ne pouvais m'empêcher d'évoquer à chacun de ses passages l'expression redoutée de tous les joueurs de boules (qu'ils pointent ou qu'ils tirent) : "Embrasser Fanny".

C'est que comme beaucoup de Belges, aussi étonnant que cela puisse parraître, j'ai été longtemps un acharné de pétanque.

Ça avait débuté lors de mes études secondaires : un mercredi après-midi nous nous étions rassemblés chez moi avec quelques condisciples et l'un d'entre eux avait amené des boules de pétanque. Comme j'habitais dans l'enceinte d'une centrale thermique, nous avons commencé par jouer dans la cour en cendrée, ce n'est pas la place qui manquait. Et nous avons fini par jouer dans la voie de chemin de fer, c'était marrant de lancer au jugé, le but étant caché entre les traverses en bois.

J'y ai rejoué beaucoup au début de ma carrière professionnelle et je n'ai même pas dû m'inscrire à un club : sur le site de mon travail, il y avait un espace regroupant six terrains de pétanque et nous y organisions des tournois pendant l'heure de table.

La triplette dont je faisais partie était toujours très bien placée dans ces compétitions. C'est que nous avions un tireur hors pair. Il s'appelait Léon, un enfant des Marolles et ancien joueur de foot de l'Union Saint-Gilloise. Comble, bien qu'il ne ratât qu'exceptionnellement ses tirs qui se terminaient régulièrement par un carreau, il avait une particularité étonnante pour un tireur : il était borgne ! Moi, je me défendais plutôt bien dans le placement sur ces surfaces un brin torturées.

Ces terrains ont fini par disparaître : on y a construit un centre de documentation.

Depuis lors j'ai continué d'y jouer régulièrement en vacances et, quand j'étais chef d'Unité chez les Scouts, nous avons même organisé un tournoi avec le staff et les parents (plus le barbecue qui va avec, bien sûr).

La dernière fois que j'y ai joué, c'était l'année où notre fils avait emmené toute la famille en Angleterre à l'occasion de nos septante ans. C'est lui qui avait récupéré les neuf paires de boules lors de notre avant-dernier déménagement.

Si, j'ai une photo, pourquoi ?

 

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Vous ne voyez pas le pitchoun ? Ben cliquez !

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14 septembre 2019

Coîncidence (Walrus)


Comme d'ordinaire, je maudis mon côté impulsif qui me fait choisir des mots biscornus dont je n'ai pas moi-même la moindre idée de comment je vais bien pouvoir les utiliser.

C'est vrai quoi, est-ce que j'ai une tête d'obsédé ? (ou une gueule d'atmosphère ?)

Quoi, "Encore que..." ?

Toujours est-il que la recherche d'une idée commence à tourner à l'obsession.

Et tandis que j'échafaude des scenarii plus abscons les uns que les autres, je parcours mon courrier et je tombe sur quoi, je vous le donne en mille ?

Un lien vers un message du nouveau CEO de mon ancien employeur. Je clique distraitement et qu'est-ce qui apparaît sous mes yeux exorbités ?

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Moi, la satisfaction du client seize ans après avoir quitté l'entreprise, ça commence tout doucement à quitter le champ de mes préoccupations majeures.

Par contre, pourquoi est-ce qu'ils ont attendu que je ne sois plus là pour mettre enfin à la tête du groupe autre chose qu'un vieux schnock revèche ?

Voilà, la question commence déjà à m'obséder !

Moins quand même que l'image de la nouvelle CEO...

 

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07 septembre 2019

Not In My BackYard (Walrus)


Bon, "Not In My", jusque là, ça va, c'est facile : "Pas dans ma/mon" personne ne contestera ma traduction (enfin, j'espère...)

Là où ça se corse, c'est avec "Backyard" !

En bête francophone, vous en demandez la traduction à un quelconque dictionnaire en ligne, Reverso par exemple, et là, vous tombez des nues devant ses propositions :

Traduction

Jardin
Cour
Arrière-cour
Basse-cour
Arrière cour
Cour de derrière
Pré carré

 Exemples concordants

1364
604
363
42
27
6
4

 Et ce n'est que le début de vos découvertes !

En effet lorsque vous jetez un œil à quelques exemples de traduction avec contexte, vous tombez sur ceci :

Had a menage-a-raccoon in my backyard : J'avais des ratons-laveurs dans le jardin
Had a menage-a-raccoon in my backyard : J'avais un couple de ragondin dans ma cour

Quand on sait que le raton-laveur est de la famille des carnivores et le ragondin de celle des myocastors, on commence à comprendre que le métier de traducteur n'est pas de tout repos et que peut-être Cheeto, le président favori de joye (la perle de l'Iowa), ne raconte pas vraiment ce qu'on nous en dit...

Tout étonné déjà qu'on ait relevé 363 "arrière-cour" pour 27 "arrière cour", vous vous demandez si en anglais aussi il y a des variations d'écriture pour "backyard"

Gagné ! Il y a backyard, back yard et back-yard . Je l'ai toujours dit que l'anglais était plus riche que notre propre(?) langue !

J'ai alors pensé que j'aurais peut-être dû m'adresser à un dictionnaire plus réputé.

Et, en effet, l'Oxford Dictionnary nous apprend que, stricto sensu, en anglais de Grande-Bretagne, il s'agit d'une cour (il précise même "en dur") située à l'arrière d'une maison et que ce sont encore une fois les nord-Américains qui entendent par-là tout ce qui dans une propriété se situe à l'arrière du bâtiment, que ce soit cour, prairie ou jardin, le tout destiné à l'organisation de barbecues.

Voilà, vous en savez autant que moi !

Comment ?

Ah... le NIMBY ?

Je m'en tape du NIMBY, j'habite un appartement au quatrième étage et que ce soit à l'avant ou à l'arrière, il n'y a qu'un vide à vous filer le vertige.

 

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31 août 2019

Le sentier de l'étrange (Walrus)

 


Alors, comme ça, vous ne connaissez pas Ellezelles ?

Alors, c'est bien normal que vous ne connaissiez pas le sentier de l'étrange non plus...

Nous l'avons parcouru en 2007 avec nos petites-filles lors d'un séjour au gîte du Vieux Pommier (là où en jouant au foot avec elles j'ai malencontreusement perdu, en fin de séjour, les ligaments croisés de mon genou gauche).

C'est de là que j'ai rapporté l'image-sujet de ce jour. En compagnie de quelques autres.

Une (toute) petite sélection ?

 

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Le parcours fait six kilomètres environ, ça ne nous posait (à l'époque) aucun problème, sauf à Louise qui n'était pas toujours très enthousiaste à l'idée de tricoter des guibolles.

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Alors, pour l'aider à surmonter ses réticences, je la faisais marcher au pas avec moi au son de cette chanson (idiote) :

En avant, en avant,
En avant plein de soupe, plein de sel et les gamelles et les bidons,
J'ai, j'ai,
J'ai kék'chose au pied qui m'empêche d'avancer !
Et ric et rac, on va sketter* l'baraque,
Et rac et ric, et on verra les briques !

Et quelques autres (mon fonds culturel est riche) tout aussi stupides.

 

* Pour la traduction de "sketter", voir Madame Chapeau, as usual...

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24 août 2019

El sindg èst al bawète, i fera bô dmin (Walrus)


C'est ainsi qu'on salue une personne se trouvant à une fenêtre dans ma  région natale.

Vous n'avez pas compris ? Je pourrais vous dire de demander à Madame Chapeau, elle vous traduirait ça les doigts dans le nez ! Mais pour les quelques rares personnes qui pourraient ne pas y être arrivées toutes seules (donc sans doute pour personne), je traduis : "Le singe est à la lucarne, il fera beau demain".

N'allez pas jusqu'à me demander ce qui lie la constatation à la prédiction, ma sagacité a des limites !

Le singe en question (sur la photo sujet) est ma fille au prénom gallois, quand elle arborait encore sa toison flamboyante.

La photo a été prise dans l'église de Blythburgh

Blythburgh-0005

Une église énorme pour un patelin plutôt petit (≈ 300 âmes, hameaux compris).

Quoi ? Vous ne voyez pas bien le côté flamboyant ? Qu'importe, j'ai une autre photo de la même époque :

Maltings

Ouais, c'est un peu flou, on ne peut pas tout avoir, hein, c'est une vieille dia...

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17 août 2019

Gnomon et toutes ces sortes de choses (Walrus)


Dès la parution du sujet, Emma avait identifié la chose puisque le commentaire qu'elle a déposé ce jour-là fait référence au Da Vinci Code.

Il s'agit du Gnomon de la méridienne de l'église Saint Sulpice, à Paris.

Contrairement à ce que prétend le dit bouquin, le filet d'or qui traverse l'église n'est pas la matérialisation du méridien de Paris (lequel passe par le cœur de l'observatoire à quelques centaines de mètres de là et possède lui aussi son insert d'or), c'est une simple méridienne et elle sert à déterminer avec précision le moment précis de l'équinoxe ainsi que l'heure solaire locale.

Ah, le méridien de Paris ! Il exprimait la volonté du Roi-Soleil de faire de sa capitale la référence du monde (Il n'est bon bec que de Paris...) alors que nous savons pertinemment bien qu'il s'agit de Londres.

Cette histoire de méridien m'a rappelé ces aventures de Tintin "Le Secret de la Licorne" et "Le Trésor de Rackham le Rouge" où le capitaine Haddock se met le doigt dans l'œil en oubliant que la longitude figurant dans le message de son ancêtre faisait référence au méridien de Paris et pas à celui de Greenwich.

Il faut comprendre qu'Hergé était Belge et avait trouvé cette astuce pour corser un peu les aventures de ses héros. Mais il est impensable qu'un marin français, un fils de cette république où l'on nomme encore la Marine Nationale "La Royale" et où une large partie de la population compte encore en "anciens francs", ne fasse pas immédiatement la correction de 2°20'13,82" pour se retrouver en longitude connue (mais l'a-t-il faite dans le bon sens ?).

 

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10 août 2019

Transplantation (Walrus)

17aout

Un petit air austère, non? Entourée de son cimetière. Un peu comme les églises de l'Angleterre de l'est, sauf qu'il n'y a pas le drapeau anglais sur le toit. Non, pas l'Union Jack, le drapeau anglais.

120410-0123

Bon, d'accord, en dehors du cimetière, y a pas grand chose en commun. Déjà qu'en plus, les cimetières anglais sont pleins d'herbes folles d'où essaient de dépasser de simples stèles...

Donc, mettons que j'ai rien dit et revenons au côté austère. Toiture en ardoises épaisses, murs en moellons mal taillés, on comprend qu'on l'ait passée à la chaux, sinon on l'aurait prise pour une simple excroissance du terrain !

C'est l'ancienne chapelle des frères abbés de Saint-Hubert construite en 1771 et qu'on a déménagée dans ce musée en plein air du Fourneau Saint-Michel.

Remarquez que lorsqu'un peu de soleil la dégage de la brume...

chapelle

Si, si, c'est la même, en un peu plus sympathique...

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