12 septembre 2009

La nuit s‘avance (Virgibri)

Sous un soleil de plomb Sur les marches glacées Mes pas résonnent Ma bouche est sèche J’ai mis mon habit d’oiseau noir Sans ailes Celui qui me ceint Les larmes se retiennent Et puis tout se restreint Regards portés vers les Autres Que je veux plein d’amour Mais tout est aveugle Tout est assourdi Il n’y a rien sur mes lèvres Juste le silence Parfois l’ébauche d’un sourire Je me retourne Tout le monde est là Les assis Les debout Les vivants Qui voudraient le rejoindre Et le mort Tellement vivant Que l’on entend son rire Taper contre les vitraux Ma voix s’élève Je dis des mots Auxquels je ne crois pas Je ne retiens que l’Amour C’est déjà trop Et pas assez Ma voix s’élève Et se fait plus sûre Ma voix assène Ma voix martèle Il faut aimer Nous devons aimer Face à la bière C’est dérisoire Et puis si vrai Ma voix s’arrête Les larmes coulent La gorge sèche J’enveloppe d’un regard Tous ceux qui l’aiment Tous ceux qu’il aime Le savent déjà trop C’est le manque qui est insupportable C’est l’absence Qui devient présence Et que l’on hait Quelques gouttes bénies Sur son corps meurtri Sur son corps éteint Au-dessus du portrait Au sourire immense Un défilé sans fin Un amour sans fin Une douleur sans fin La fin la fin Je ne veux pas achever Il le faut bien A-t-on le choix?

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05 septembre 2009

Avant la sonnerie (Virgibri)

Ohlalala, j’espère que j’vais être dans la classe à Chloé ! Kevin est là. Il est trop beau ! En plus il a bronzé. J’adoooore son t-shirt !

Bon, voyons un peu les gagnants de cette année. Pourvu que je n’aie pas encore Kevin en cours. Il a l’air toujours aussi… kévinesque. Les minettes sont drôles avec leur sac au creux du bras. Tiens, lui, il va arrêter de faire l’amour à son chewing-gum dès que nous serons en classe.

Vas-y, c’est quoi ces profs ? I’ sortent d’où ? Non, mais t’as vu sa tronche à c’ui-là ? Pourquoi elle m’regarde comme ça, la prof ? P’tain, j’la sens mal, c’te année ! Qu’est-ce que j’fous là ?

Je vais faire avec eux l’argumentation, d’abord. En lecture intégrale, Candide. Ou bien Orwell. Cela dépendra de leur  niveau. En même temps, la méthode du commentaire composé pour leur faire faire l’Eldorado en lecture analytique personnelle. Plusieurs apologues pour varier les plaisirs, et j’en mettrai quatre sur leur liste de Bac. Après, en lecture complémentaire…

Wouah, l’beau gosse ! Tes darons t’ont acheté les nouvelles Nike ? Trop cool.

Il ne faut pas qu’ils devinent que je suis néo-tit. Ne pas sourire. Oui, c’est ça, je ne vais pas sourire. Et puis faire de la discipline de suite. A l’IUFM, ils ne savent pas ce que c’est, eux, d’être en ZEP. Je crois n’avoir rien oublié ce matin. Je vais vérifier encore mon cartable. Ne pas sourire.

Pffff, ce qu’ils sont nuls ! Ils se la pètent mais c’est tout ce qu’ils savent faire. Moi je veux mon Bac. Mes parents ont raison.

Non seulement je dois gérer la rentrée, mais aussi les profs. Je sens bien qu’ils ne m’ont pas trop écouté hier, à la réunion. Pourtant, je trouvais mes efforts payants. Il y en a déjà trop qui viennent se plaindre. J’en ai pour des heures de boulot à tout refaire…

Si je garde ces heures de cours du vendredi matin, je ne vais pas pouvoir tenir. C’est effroyable. Je n’ai qu’un tiers-temps et ils me mettent tout le matin. Oh, que je suis mal ! Je sens les angoisses revenir. Il faut absolument que j’en reparle au proviseur.

Elle a l’air jeune la prof d’espagnol ! T’as vu ? Tu crois que c’est sa première année ? A ton avis, notre prof principal, il enseigne quelle matière ? Il est trop mignon !

Allez, c’est ma classe maintenant. On va pouvoir monter après l’appel. Ils ont de bonnes têtes. Je vais juste leur faire un peu peur au début. Après, je relâcherai la pression. Quelle angoisse, quand j’avais leur âge…

On m'a appelée ! Chloééééééééééééééé !

Installez-vous dans le calme. Je vais faire l’appel…

 

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20 juillet 2009

Coup de soleil (Virgibri)

Nous étions allongées dans l’herbe, protégées du sol par un mince plaid. Nous discutions de choses et d’autres, à l’abri de l’ombre majestueuse du cerisier de son jardin. Parfois, le soleil s’immisçait entre les feuilles, et je devais fermer les yeux pour éviter ses rayons.

Je portais une robe légère, fleurie, aux pans assez longs. J’avais retiré mes sandales, et mes pieds frôlaient l’herbe fraîche. Au détour d’un silence, je fermai les yeux, en souriant. J’étais bien.

Dans une demi-somnolence, je sentis qu’elle bougeait. Je crus entendre sa respiration près de mon oreille, et je frissonnai, en cet après-midi estival. Je pensai m’endormir.

Je crus que le vent se levait et faisait bruire les feuilles. Un souffle passa sur mon décolleté. Mes cheveux recouvrirent mon visage, pendant que mes seins pointaient, à cause de la brise fraîche et légère.

J’avais chaud, pourtant. De petites bêtes grimpèrent dans mon cou, puis le long de mes jambes. Je ne cherchai pas à les pousser ni à les faire disparaître, trop abandonnée au sommeil, nonchalante.

Le vent souleva soudain ma robe et laissa mes jambes à l’air libre, enfin. Je voulus les resserrer pour garder une certaine dignité, mais, malgré mon état, je me dis qu’elle dormait elle aussi, et que personne n’entrerait dans son immense jardin isolé. Je restai donc ainsi.

Les bêtes continuaient de grimper et de descendre le long de mes mollets, de mes cuisses, de mes hanches, parfois. C’était des allées et venues incessantes et discrètes, des frôlements d’insectes, doux comme des caresses.

Je plongeai dans ses sensations délicieuses et m’abandonnai. Les mille pattes vinrent jouer le long des dentelles de mes dessous, de façon insidieuse. Je crois que je gémis légèrement. Les pattes restèrent longtemps là, à chercher leur chemin, leur route perdue vers on ne sait quel trésor, vers on ne sait quelle nourriture.

Puis tout s’activa.

Je rêvai, je crois.

Au moment où je me réveillai en criant, je me relevai, cambrée, les mains au sol, les yeux fermés : le soleil était en moi.

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14 juillet 2009

Cours de géographie (Virgibri)

Dans les vallées

Dans les monts

De son corps

Je m’endors

Et me fonds

Dans les rebonds

Et les soupirs

J’atteins alors

Le frémissement

Et les délices

Ses seins de neige

Mes îles flottantes

Mes oasis

Et elle soupire

Et demande grâce

Dans les grottes

Dans les cavernes

Où je me cache

Il y a une femme

Qui s’endort

En souriant

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13 juillet 2009

La féline dort (Virgibri)

_F_e

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10 juillet 2009

Une fenêtre ouverte (Virgibri)

_Dali


Tu avais tout ouvert

En grand les fenêtres

Un entrebaillement de porte

Les cadenas ont sauté

Plus de limites

Plus de sanctions

Pas de punitions

Tu avais la clef

Celle que personne n’avait trouvée

Tu avais effacé le F

De la serrure

La clef était clé

Clé de sol

Clé de ciel

Clé de soi

Aujourd’hui j’ai tout jeté

Tout fermé

Il y avait trop

De courants d’air

Dans mon cœur ouvert

J’ai fermé les fenêtres

La porte

Ma bouche

Et j’ai remis le F

Qui saura

A nouveau

Le décrocher ?

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01 juillet 2009

Dallas (Virgibri)

Chapitre LXVII


Pamela était allongée sur sa natte en osier. Elle demanda à John de lui remettre de la crème solaire. Lui, ne sachant s’il devait faire de ce geste une banalité ou bien le tourner en moment sensuel, hésita un instant.

_ Johhhhhn ?, roucoula-t-elle.

_ Oui, oui, j’attrape la bouteille au fond de votre sac, Pamela.

_ Merci…, et elle soupira d’aise, replongeant son visage au ras du col.

Il faisait si chaud que des gouttes de sueur perlaient à leur front, le long du dos, sur le nez, et au-dessus des lèvres… Il mourait d’envie de les lui sécher.

Mais il étala un peu de crème dans ses mains, et, au moment où il pensa à retirer sa chevalière pour glisser langoureusement sur la peau de Pam, entendit une voix perçante :

_ Oh my God ! John, c’est toi ?

Ses mains pleines de crème solaire se suspendirent en plein élan. Il avait toujours détesté sa façon sèche d’attaquer les dentales.

Pamela releva la tête et abaissa ses lunettes noires sur le bout de son nez aquilin.

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23 juin 2009

Le côté obscur du jour (Virgibri)

 

J’en compte seulement cinq, ce soir. Les autres ont dû se planquer, encore. Je sais bien qu’ils m’observent. Ce qui me perturbe, c’est que je m’étais préparé à en voir au moins huit. Je les avais invités pour baisser leur garde.

J’ai tout bien pensé, ça, c’est sûr : les boissons, les gâteaux apéros, les petits fours. Mais comme j’ignore ce qu’ils mangent vraiment, j’ai ajouté des saucisses, des légumes, des brochettes de bœuf et du fromage. Je n’ai pas encore tout sorti, mais je suis dans les starting-blocks depuis trop longtemps pour être surpris.

Quoique.

Deux d’entre eux-les chefs de la meute, je suppose- semblent renifler : leurs nez s’agitent. Ce n’était pas arrivé jusque-là.

Je me ressaisis : mon plan est bien ourdi, pas de panique. Ils s’avancent un peu. Leur odeur faisandée m’a toujours donné envie de vomir. Je dois me retenir. Pas maintenant. Ne pas tout gâcher pour un simple haut-le-cœur.

Je dois attendre que les trois autres débarquent. Ils ne vont pas résister cette fois, je le sens. Ils aiment l’odeur de ma sueur quand il fait chaud. Je l’ai compris il y a environ dix ans : j’étais au bord d’une plage, en train de flemmarder au soleil avec ma femme, quand je les ai vus pour la première fois. On ne me la fait pas : j’ai donc choisi une journée estivale pour les exterminer. Même la météo pouvait contrarier mes plans. Mais là, il fait vraiment chaud, presque lourd. Le temps va tourner à l’orage, à n’en pas douter. Pas grave : ça couvrira le bruit…

Je reste toujours face à eux. Ne jamais leur tourner le dos est une règle d’or. J’ai commis l’erreur une fois, pas deux. La femelle avait alors voulu me mordre au sang. Le mâle s’était ensuite jeté sur elle, non pas pour me sauver, mais pour défendre son bon de gras : il ne supporte pas que l’on touche à son garde-manger ni à ses jouets. Je m’en étais sorti cette fois encore, grâce à l’apparition de la nuit : ils ne vivent que le jour. Je me demande si ces deux-là s’étaient accouplés après leur dispute…

Je vois leurs babines frétiller. J’ai lentement sorti le plateau qui contient la viande, sans geste brusque. J’aurais pu parier sur leurs préférences culinaires. Je jette environ dix morceaux de viande un peu au hasard devant eux. Ils se ruent dessus. Et ils se sont encore rapprochés. Une fois qu’ils auront passé la ligne fatidique que je me suis tracée mentalement, j’appuierai sur le détonateur. Mais ils sont encore un peu trop loin…

J’espère avoir assez de viande.

L’atmosphère est étouffante. Une goutte de sueur perle à mon front. Le ciel commence vaguement à s’assombrir et j’entends au loin le tonnerre de façon assourdie.

Leurs yeux rouges ne me quittent pas du regard, même lorsqu’ils dévorent la chair. Je vérifie une énième fois que le détonateur est bien dans ma poche de veste. Je jette encore de la nourriture, plus près de moi, cette fois.

Le mâle dominant arrête les autres d’un mouvement de tête. Il me défie. J’essaye de sourire et de montrer mes paumes retournées, vides. Il renifle. Grogne un peu. Vas-y, grogne, je suis habitué, depuis le temps.

Il donne le feu vert aux autres. Ils avancent lentement quand même. Je n’en peux plus, l’air est si moite ! Le tonnerre se rapproche. Allez, avancez, bon sang ! Qu’on en finisse ! Que vous me foutiez enfin la paix…

Ça y est, ils y sont. Là, j’ai une chance de les avoir. Je savoure l’instant. J’entends le clapotis de quelques premières gouttes dehors. Je souris vaguement. Je n’ai pas souri depuis des années, je crois. Ma main est au-dessus de ma poche. Je suis prêt. Je suis si prêt de la libération…

Mais non ! NON ! C’est le noir ! Les plombs ont sauté ! Non ! J’allais enfin vous tuer ! NON !

 

 


_ P’tain, j’en ai marre de c’lui-là ! Il n’a qu’une piqûre par jour, mais quel bastringue à chaque fois !

_ Ouais, je sais : les autres tarés de l’étage sont plus faciles à gérer. Tu les bourres de quelques cachets, et hop, i’s’tiennent à carreau.

_ Va encore falloir que je lui mettre deux baffes pour l’calmer.

_ Vas-y mollo quand même : on sait pas c’qu’i’ raconte aux psy’…

_ Allez, c’est bon, il a eu sa piquouze : éteins la lumière. On est tranquille jusqu’à demain.

 

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16 juin 2009

Hors ligne (Virgibri)

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. J’aurais dû dire non à ce énième trajet, mais le capitaine 47 était cloué au lit. J’étais le seul pilote disponible. J’en ai pourtant plein les pattes, et le décalage horaire me tue. Je n’ai même pas eu le temps de me remettre de l’aller-retour en Argentine.

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Encore une énième conférence sur l’œuvre de Proust à donner. Mais qu’est-ce qui m’a pris de me spécialiser sur un auteur aussi célèbre et couru ? J’aurais dû en choisir un quasi inconnu du grand public. Mais bon, Marcel et moi, ça date d’il y a si longtemps… Je me souviens de cette première lecture Du côté de chez Swann, difficile et inaccessible, tant et si bien que je me devais de recommencer par plusieurs fois les phrases aux tournures alambiquées, aux sujets rejetés, aux propositions emboitées – et la merveille, la révélation à mon cerveau lorsque ce puzzle devenait une image nette et splendide, un tableau de maître auquel j’avais enfin accès, comme un pirate découvrant par miracle la malle aux trésors ardemment cherchée pendant des années !

Au moment où le réveil a sonné, j'ai r’gretté d'avoir accepté ce voyage. Bobonne qui réclamait un cadeau pour nos trente ans de mariage, et patati et patata. On verra le carnaval, blabla. Ouais, ben moi, tout ce qui m’intéresse dans c’t’histoire, c’est de voir des minettes rouler des hanches gratos devant moi, avec leurs gros lolos qui s’agitent, sans que mémère vienne râler !

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Je n’avais pas envie de laisser les enfants à mes beaux-parents, ces gens sans goût et sans tendresse, qui nous avaient reproché tant de fois « d’avoir fait des mômes en toute indécence », puisque nous n’étions pas mariés. Le reproche changera dorénavant, puisqu’on nous parlera d’avoir tant tardé, d’avoir jeté l’opprobre sur la famille, tout ça. Mais au moins, nous sommes unis officiellement maintenant. Je me moquais de ce que nos familles pouvaient penser. Mais protéger les enfants, c’est tout ce qui m’importe. Et voilà qui est fait. Sébastien voulait absolument que nous partions loin pour notre voyage de noces, et seuls pour que l’on se retrouve vraiment, a-t-il dit. Moi, je me retrouve quand ma tribu est là : mon amour, ma petite princesse et mon petit homme … Un voyage en France m’aurait suffi, et les enfants, ce sont mes rayons de soleil. Pas besoin de partir de l’autre côté de l’Atlantique pour être heureuse.

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Je n’ai plus l’âge de faire des orgies, je crois. Le nouveau petit steward était pourtant à croquer, et je ne regrette pas cette nuit passée à le dévorer. Je pense qu’il a été surpris de découvrir que le mythe de l’hôtesse de l’air n’est pas mort… Si je le retrouve sur un prochain vol, je lui ferai danser la capoiera à deux sous les draps ! Oh punaise, ma tête… Mes amis aspirine et fond de teint vont encore me sauver. Allez, je vais appeler un taxi pour ne pas être en retard cette fois-ci.

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Mon psy m’avait dit : « Prouvez-vous que vous êtes acteur de votre vie ! » Le seul truc que j’ai trouvé à faire, puisque je passais des heures sur le net, ça a été de surfer sur des sites de voyages de dernière minute. Une offre irrésistible, hors saison, au soleil, avec l’excuse culturelle du carnaval. J’ai été un bon danseur, autrefois. Enfin, surtout avec Michèle. Bien avant qu’elle ne me quitte. Je me suis dit qu’aller là-bas, en terre de la samba, me redonnerait peut-être l’envie de danser, et que je pourrais reconquérir Michèle…

 

 

Au moment où le téléphone a sonné, j’ai regretté d’avoir accepté ce poste de dirigeant d’une compagnie aérienne…

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08 juin 2009

Le dernier homme (Virgibri)

Le dernier homme sur la Terre était assis tout seul dans une pièce. Il y eut un coup à la porte...

Dans un premier temps, il crut avoir mal entendu. S’être trompé. D’un geste lent, il se tourna, sans un bruit.

Le coup recommença.

Stupéfié, l’homme s’approcha d’un pas lourd et tremblant. Il fut si lent encore, que, pour la troisième fois, on frappa à nouveau. Les coups étaient secs, rapides, nets. Aucune hésitation dans le geste.

Enfin parvenu à la porte, la main sur la poignée, l’homme sentit une goutte de sueur s’insinuer dans son dos et glisser le long de sa colonne vertébrale. Pourtant, il se sentait glacé.

Il tourna la poignée. Sa main moite collait à celle-ci.

Il entrouvrit la porte.

Personne.

Personne n’était visible.

En revanche, ce que l’homme laissa perplexe, ce fut la pluie. Il pleuvait de grosses gouttes abondantes et irrégulières. Il se retourna avec précaution, et vit dehors, par la fenêtre, un soleil éclatant…


 


Comme il est stupide, celui-là ! Quel spécimen !

D’un autre côté, il est drôle. J’adore lui faire des farces. Certes, j’y suis allé un peu fort avec la fin de son monde… Mais le coup de la porte ! Qu’est-ce que ça me fait rire ! J’en pleure à chaque fois…

Au moins, maintenant, les Hommes ne me font plus pleurer de désespoir…

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