19 mai 2018

Participation de Venise

 

La chambre était vide, seul le corps du numismate gisait là sur une flaque de sang .

La fenêtre ouverte laisse entrait un air printanier.

L’inspecteur Harry en fin de carrière tout essoufflé de cette ascension jusqu’ au dernier étage comptait les coups de couteau sur le corps.

Il fut attiré par un timbre collé dans la pomme de la main gauche de la victime.

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Tiens ce dit il un règlement de compte entre collectionneurs !!

Le crime était signé de main de maitre.  Pourquoi un philatéliste en voulait -t-il à mort à un numismate ?

Une bouteille de champagne à moitié vide jonchait le sol.

L’inspecteur caressa pensivement sa barbe . Ce timbre collé dans le creux de la pomme injectait un doute encore plus insidieux dans son esprit.

Malgré toute son expérience, l’inspecteur ne s’attendait pas en fin de carrière à mordre la poussière.

Il consultait le registre de vente du collectionneur disparu.

Des noms mystérieux dont les consonances invitaient au rêve tout en promettant des cauchemars

Le faisaient se perdre en hypothèse

Dire qu’il avait peut-être dans ce registre le nom de l’assassin.

Assurément le numismatique vivait dangereusement. Collection le jour, mais peut être trafiquant de rêve la nuit.

Toute la collection était là sans valeur aux yeux de l’assassin. Ce vieux singe était parti expédier dans l’eau delà et le butin était une monnaie de singe.

Avec un claquement de langue, l’inspecteur finit par ouvrir la porte aux services enquêteur.

Ils ratissèrent les maigres indices /

Inspecteur regardez sur quoi on vient de mettre la main.

Un fin cheveu blond accroché au tapis de l’entrée n’avait pas échappé à cette équipe

Par ici les pépettes criaient le plus jeune !!

On n’a pas eu de mal à mettre la main sur cette philatéliste blonde qui entretenait une relation houleuse avec le numismate, mais le jour du crime elle était en Chine !!

Je ne suis pas une marchande de volaille avait criait avec arrogance la femme mes affaires me conduisent de par le monde !!

L’inspecteur Harry le regard qui semblait errer sur l’eau et se plissait comme une étoffe transparente

Écoutait tel un mandarin la maitresse du cadavre.

Il avait des créanciers à ses Basques disait la blonde, il aurait vendu sa mère pour couvrir ses emprunts !!

Elle dégageait une maitrise de soi presque irréelle.

Savez-vous qu’une horde d’éléphants lui a passé sur le corps mademoiselle dit-il en se grattant les tempes.

L’enquête fut fastidieuse L’inspecteur Harry prit la retraite sans dénouer l’énigme.

Les défiant à vous de jouer !!!

 

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12 mai 2018

Participation de Venise

 

Sans doute, mais ce manuscrit va devoir me prendre encore au moins une année

Vous n’y pensez pas hurlait l’éditeur dans le combi téléphonique qui me reliait à lui.

Et combien de temps m’accordez-vous dis-je le ton méprisant.

Deux mois pas plus dit-il en raccrochant sèchement.

En comptant large, et à condition que l’inspiration soit féconde, je me donnais à dire vrai au moins deux ans.

Je n’étais pas à JERRICHO je ne disposais pas de trompette, il me restait mon stylo pour finir ce roman dont les issues improbables me donnaient des insomnies.

 

En tout bien tout honneur j’ai opté pour le vol du manuscrit. Stimulé par ma subite décision j’imaginais la tête de l’éditeur.

 

Pour ce faire j’ai déposé dans un Parc le livre inachevé en espérant pouvoir m’en débarrasser et aller pleurer dans les bras de mon éditeur.v01

Mais voilà, personne ne faisait cas de mon livre. Deux jours de suite, je n’avais pas vu une seule personne se pencher sur l’ouvrage.

Cela devenait embarrassant, et mon orgueil prit une belle claque.

Il était très possible que mon manuscrit soit un vrai fiasco je commençais à douter de mes talents d’auteur. Il me vint alors une idée

pourquoi ne pas changer le titre. ?

J’ai opté pour « pantoufles et Mirliton. Le public n’a fait qu’une bouchée du livre.

 

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05 mai 2018

LA FACE CACHEE DU LOMBRIC (Venise)

 

Le Festival de Cannes battait son plein, toute la croisière était au rendez- vous.

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 Le Directeur artistique avait mis hors compétition le film LA FACE CACHEE DU LOMBRIC du réalisateur Walrus .
La salle de projection était comble. Tous attendaient avec impatience ce film tenu secret depuis des lustres.

Un inhabituel sourire de connivence et de sympathie se formait sur les lèvres des invités triés sur le volet.

JOYE au premier rang, suivi de bongopinot applaudissaient dès les premières images.

En vérité moi aussi j’étais bouleversée, et terrifiée à l’idée que ce film pourrait rencontrer la censure.

« Du début jusqu’à la fin ce film regorge de messages vulgaires » , murmurait une téléspectatrice.
Je crois à cet instant avoir   reconnu Béatrice Dalle .

Ne faites pas ce procès d’intention au film criait JOE  Krapov .La projection continua  et on évitait ainsi toute décision hâtive à propos de la survie du film.

 

 Cependant, on entendit encore « ce réalisateur a perdu la tête !!

 

Le directeur, lui-même apparu enfin sur scène.

 

Je ne crois qu’aucun de nous a vraiment compris ce film. Ce film traite de l’art de voir ce qui est caché derrière ce que vous voyez.

Repassez le film depuis le début sortez tous je veux le voir seul cria le directeur artistique nommé pascal chez les défiants .

La critique fut vive / les artistes se tortillent comme de pitoyables vers de terre , qui se dédoublent  quand on les coupe en deux au montage .

Ecrivait Kate la célèbre journaliste du magazine première .

Il ne restait plus qu’à ce cher walrus réalisateur censuré d’aller à la pêche ,muni de  ses fameux lombrics  !!!

 

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28 avril 2018

Participation de Venise

 

Au premier coup d’œil la kermesse regorgeait de stands en chantier.

Tous étaient pimpants, et les gens semblaient avoir tout leur temps.

Moi je faisais semblant de bricoler et je voyais bien que des yeux interrogatifs se demandaient d’où je pouvais bien sortir.

J’avais décidé de venger les enfants et de leur offrir un monde meilleur.

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Pour ce faire je m’étais promis de faire manger aux parents des assiettes d’épinards bouillis.

La kermesse devenait le lieu d’un message hautement politique.

Mon stand d’assiettes d’épinards en déconcertait plus d’un.

Il me fallait sortir mon joker.

J’offrais gratuitement une bouchée d’épinards à celui qui feraient la moue et croyez-moi ils étaient nombreux.

J’ai fait appel à leur solidarité eu égard à leurs enfants, j’ai vaguement caressé l’intention de leur vanter les qualités du légume, mais ce que j’ai trouvé fut le miracle des fous rires des gosses.

 

Vos théories sur les épinards ne valent pas un clou, criai-je devant des enfants hilares.

Devant mon stand tout le monde s’embrassait. On aurait dit une fête nationale.

Chacun fouillait sa mémoire et exhumait un souvenir tombé dans l’oubli.

Qu’est-ce que je dis mes parents, mes grands-parents me forçaient à manger des épinards.

Qu’est-ce que vous voulez personne n’est parfait et tous partaient en riant .

Je m’étais un peu attardé, la nuit venait et je contemplais le souvenir de cette belle journée .

 

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21 avril 2018

Participation de Venise

 

Je crois qu’on est pourchassé. On avait laissé derrière nous la colère et le chaos.

On aurait pu tomber en charpie sous les flèches, alors   on a fait une halte dans cette forêt amazonienne.

J’ai sorti mon mouchoir tout neuf que ma défunte grand-mère m’avait donné en souvenir.

Je ne sais pas pourquoi je le porte toujours sur moi, mais je sais qu’il va jouer un rôle capital dans cette histoire comme le fusil de Tchekhov si longtemps accroché au mur.

Je vous taquine, mais cet indice marque une pause nécessaire dans cette fuite en avant pour échapper aux Indiens .

 

Toute seule j’étais trop vulnérable, ce compagnon de fortune , mon guide ne cessait de jeter des coups d’œil sur sa gauche .

Je lui tendis mon mouchoir en soie brodé de délicates roses rouges.

Je crois que ce fut notre premier incident.

Jette ce mouchoir et allons-nous en cria -t-il.

Pour accroitre l’Énergie dramatique de mon récit, je dois à cet instant respecter la sincérité narrative des personnages.

Mais d’un autre côté, je me refuse à dépeindre ceux-ci comme des êtres froids et sans sentiments.

Alors que faire ?   v01

Laissons œuvrer ces vieux mots et voyons ce qu’ils écriront tous seuls !!

 

Va te faite voir c’est le mouchoir de mon aïeul je ne peux m’en séparer espèce de tartignole.

À cet instant j’ai compris que mon roman prenait l’eau et que je pouvais dire adieu au Prix Nobel.

Furieuse et déterminée à sortir de cette jungle avec ou sans mon guide  je pris mes jambes à mon coup quand je fus saisi d’effroi .j’étais  nez à nez devant ces sauvages .

En dépit de leurs apparences, je suis contrainte ici d’appliquer une certaine censure socioculturelle

On dira d’eux pour faire bref qu’ils étaient tout droit sortis des contes des mille et une nuits.

Pourtant je n’étais pas une vraie blonde alors pourquoi nous kidnapper et nous jeter dans ce géant jacuzzi. ?

Demandez-moi pourquoi et je vous expliquerai

Chers amis les jacuzzis existent chez les cannibales depuis des milliers d’années. Ici ils n’ont pas une fonction aussi inutile qu’en occident.

Voilà pourquoi ils ne fabriquent pas de bombes atomiques eux !!!

Vous allez sans doute répliquer jusque-là ton récit a pas mal avancé, mais là tu prends l’eau.

Mon prochain problème sera de démontrer à ces êtres candides que je panique facilement et qu’une photo de famille serait d’un meilleur effet plutôt que de conserver ma tête réduite.

Je suis arrivée à leur démontrer que le magazine Times serait prêt à leur verser des sommes considérables pour acquérir ce genre de cliché. Mais nous n’avions aucun photographe à proximité.

Alors j’ai sorti mon mouchoir brodé et je l’ai posé délicatement sur la tête du guide sacré roi du TIMES magazine .Ce fut un jeu d’enfant !!

 

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14 avril 2018

LA NON-DEMANDE EN MARIAGE (Venise)

 

J’ai reçu une rafale de SMS.

Il me disait qu’il avait beaucoup de retard, et que je pouvais commencer quelque chose en attendant.

 

Il s’agissait de la cérémonie de notre mariage et j’étais à cet instant devant le parvis de la cathédrale avec tous les invités.

J’aurais bien aimé m’enfiler une bouteille de Pinot noir bien glacé, mais le curé me regardait froidement et me fit signe de ne pas bouger .

Je n’allais pas commencer à faire la maline avait murmuré ma mère .

Alors cette phrase me traversa

« Quand vous serez tombés au plus bas, je viendrai vous racheter.

Cette phrase, je crois, bien c’est Dieu qui l’a prononcée.

Et à cette heure pour oublier l’offense qu’il me faisait j’attendais en vain un signe.

Alors devant ce silence de Dieu lui-même qui vraisemblablement me livrait  à mon sort ,

Il fallait improviser.

Après tout j’étais encore libre de me soustraire à cette cérémonie

J’ai eu une envie folle d’éclater de rire , de fendre la foule mes escarpins à la main .

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Quand l’heureux élu surgit, en s’appuyant lourdement sur une béquille.

Il avait un énorme plâtre et continuait à répondre à de nombreux appels.

Savait-il qu’il se mariait ou s’en foutait-il ?

Il me donnait l’impression d’être givré comme le Pinot qui lui ne venait pas.

On aurait dit un clochard qui avait été passé à tabac d’autant qu’il avait découpé son costume afin de l’enfiler sur  le plâtre et les deux pans de tissus flottaient autour de sa jambe d’une manière absurde comme des haillons.

 

On dit qu’au moment de mourir on voit défiler sa vie.

En une seconde je vis ma vie avec lui .

Ma vie n’avait -telle pas été qu’une longue obéissance à des passions secondaires ?

J’ai cru que mon âme allait   se déloger.

 Il fallait improviser.

Alors je me suis mise à hurler dans la cathédrale, ma voix ricochait sur les parois et faisait trembler les anges.

 

Je suis encore abasourdie par cette non-demande en mariage il me semble avoir évité la mise à mort d’un agneau.

Depuis que j’ai découvert ma puissance vocale je fais partie d’une chorale c’est plus reposant.

 

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07 avril 2018

Participation de Venise

 

                Jeanne d’Arc est là devant moi toute neuve.

 

 Allez-vous en Roi d’Angleterre, Duc de Belfort Guillaume de la poule Jean sire de Thibaut.

Allez-vous-en.

Hystérique crie la foule au bucher.

 

Cinq cents cloches sonnent de Rouen à toute volée.

JEANNE D’ARC sourit à la foule, le vent sent le lait et le fourrage.

Jeanne D’Arc mange maintenant le soleil.

C’est un joli mois de mai songe-t-elle

Et revoit sa maison à Domrémy, son père et le visage frais de sa mère

Elle compte maintenant les feuilles du frêne qui se balancent et sous sa jupe des brindilles prennent feu.

Maintenant c’est elle qui crie à la foule

 

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Hystérique allez- vous- en

Gens de peu, têtes de linottes

 Mais soudain Jeanne ressent la joie de son enfance, le goût des mirabelles remonte sur sa langue.

La foule s’est tue, un lourd besoin de sang flotte au-dessus des têtes coiffées.

Il n’y a plus personne pour incarner l’hystérie de ce siècle.

Un merle tout en haut du chêne le sait bien lui qui contient tout le chant de la pucelle.

Sur la place des enfants de Jeanne jouent aux osselets

Ces osselets calcinés qui ont traversé les siècles.

Jouez comme elle

 Désobéissez comme elle.

Garde vos doigts rêveurs et bataillez dans ce monde.

J’entends la voix de Jeanne :

"Vous tous qui pleurez, foutez le camp. Vous tous qui rêvez, saisissez votre rêve à la gorge et faites- lui un bel enfant. Seuls les mots rêvent. Je ne rêve jamais" .

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31 mars 2018

Participation de Venise

Il n’y a pas plus étendu que le son d’une guimbarde.

J’ai toujours l’impression de me baigner dans un lac .

Car dans ce son, il y a quelque chose dont personne ne veut entendre parler.

La guimbarde fait apparaitre le grand ciel fixe du Missouri

La poussière d’une véranda figée comme une aquarelle.

Ce moment où l’on croise les bras dans l’attente de l’inespéré.

Il y a dans le son de la guimbarde l’espérance d’une issue,

Pour le cerf blessé qui rentre dans un monde où quelque chose va lui être offert.

Quand tu joues de la guimbarde, tu tisses ce vieux lien entre la terre et le ciel

Ce lien qui ne cesse de se défaire, tu allumes alors une piste vers les tribus indiennes décimées.

Car la guimbarde appartient aux saintes Écritures, au secret qu’elle déchire au creux du silence.

La guimbarde c’est Melville sans la baleine, c’est Faulkner , sans les pistes

C’est cette nuit qui n’en finit pas et dont on ne témoigne qu’en jouant de l’instrument.

Je suis devant l’œuvre de MILPURRURRU le tableau s’appelle le RÊVE DE LA CHAUVE-SOURIS.

C’est comme si la baleine blanche de Melville me faisait signe, ou que le grand cerf blessé

 donnait son dernier souffle à Faulkner  .

Le son de la guimbarde m’accompagnera dans la fin de ma vie , ou plutôt il me précédera .

L’hirondelle viendra me chercher et moi devant jouant de la guimbarde je suivrai le galop des buffles qui envahiront le ciel et la guimbarde d’une voix rauque connue de tous dira :

maintenant tu meurs.

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24 mars 2018

Participation de Venise


Je me suis penchée sur le scarabée,

Il était en équilibre sur une brindille.

J’entendais son cœur battre sous son ventre luisant.

Ces yeux comme trempés dans une encre violette s’étonnaient de ma présence.

Alors il me dit :

Toi et les tiens cessez d’ébranler les piliers du ciel
Avec ta main de glace, ne touche pas les ailes de nos présences de funambule.

La nuit commençait à peser sur la nuque de l’animal quand quelque chose s’est produit.

Un duvet de lumière lentement est descendu le long de la brindille et comme un funambule il m’a pris la main. J’étais dans un état de stupeur, car soudain je savais que je n’avais jamais rien dit d’important.

J’abdiquais devant ce fragile équilibre de toute souveraineté devant ce monde Puis nous fîmes beaucoup d’effort pour retrouver notre équilibre, sa brindille et moi sur le sol trempé.

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Maintenant je me tiens comme une funambule, sous le ciel usé de ce monde.

Au moindre geste je glisse, entre les herbes de vos mots, mais je sais maintenant que cela n’a aucune importance.

Je ne réponds plus aux questions, Tristan et Yseult viennent de fermer leurs yeux pour avoir rompu avec les places qui leur étaient assignées.

D’un bond insensé, ils sont ensevelis dans ce pourpre nuptial qui leur tient de dernière demeure.

C’est le fil de cette étoffe que je tire sous vos yeux ébahis, ce fil que rien ne peut rompre et sur lequel vos pas mal assurés avancent vers moi.

C’est le plus bel instant suspendu au-dessus de l’abîme.

Le scarabée est là accroché à ma robe, plein de la fatigue du jour, son haleine se répand dans le moindre silence.

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Je suis comme une reine en marche vers vous

 

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17 mars 2018

Participation de Venise

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 Au dos de cette carte postale oubliée au grenier j’ai retrouvé les traces de mon grand pére .

 

 La guerre de 14/18 avait fait de lui un militaire, et tout ce qui avait de féminin en lui hurlait de désespoir d’être déguisé en homme sanguinaire.

 Voici un extrait de sa lettre adressée à ma grand-mère /

 

Portes tu toujours les gossard des G7 en maille fine brillant translucide et nacrée. Ici on se gèle le cul

 Et on a aucune chance de voir une fille qui en porte sous son cache cœur.

J’aurai dû sauter par la fenêtre de ce train qui nous conduisait dans l’enfer de Verdun.

On est au cœur de l’épicentre d’un volcan, la terre tremble ici tous les jours.

Une femme qui dort en soutien-gorge quoi de plus fabuleux ?

J’ai acheté un gros bouquet de roses rouges hier et je les ai offertes à une vielle femme en noir.

Quand je rentrerai je n’aurai plus un radis j’aurai appris à manier l’écouvillon dans les chiots !!

Quand on est piégé à Verdun c’est rare qu’on y échappe alors ces roses elle ira les déposer sur mon cadavre .

Ton père avait un ami au ministère des armées . On pourrait tenter de me faire réformer . J’avais les mains tremblantes l’autre jour quand j’ai ouvert la petite enveloppe bleue lavande . ta petite écriture  penchée est tellement penchée que je risque à chaque fois de perdre l’équilibre .

Je garde encore l’odeur de la banquette de veau , le papier peint coquille d’oeuf de notre chambre. Les rideaux étaient fermés pour que les ennemis ne nous voient pas.

Ici je vis à ciel ouvert et les bombes pleuvent. .

Je crois que ton soutien-gorge ça ne soutient pas que tes seins mais ça soutien mon moral en ce moment.

TON LOUIS

 

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