18 mai 2019

Flamberge (Venise)

Il avait surgi au coin de la rue, en éructant des âneries, il avait les cheveux n’importe comment

Des épis partout à la limite de l’Iroquoise.

C’est vrai que du plus loin que je me souvienne il avait toujours été coiffé comme un dessous-de-bras.

Tignasse en pétard la mèche à l’ouest.

Mais vous croyez que je m’éloigne de la contrainte proposée ce samedi par SIEUR WALRUS !!NENNI

Je n’aurais jamais pris un selfie avec lui, mais ce jour-là il tenait dans sa main droite une flamberge et il devint en un instant mon cricri d’amour.

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Oui la mayonnaise a vite pris entre nous, mais ce jour-là il était furax il avait appris qu’on allait fermer l’ENA

L’école dont il était issu. L’annonce avait produit un étrange effet sur lui.

L’ENA était pour lui la pierre philosophale qui transforme tout en or.

Il criait la flamberge au poing ils vont transformer le monde en daube.

C’était son premier fait d’armes, mais hélas ce ne fut pas le dernier. Bon je ne vais pas étaler ma vie privée !!!

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11 mai 2019

L'échauguette (Venise)


L’échauguette c’est l’angle mort de notre rêverie.  Elle
N’enjolive pas le monde, comme un ornement sans conséquence, elle l’intensifie ; elle ne le mutile pas, elle en creuse l’énigme et l’éclat.

L’architecture peut former et exercer notre capacité à pleurer pour tous ceux qui ne sont pas nous, ou qui ne sont pas des nôtres.

Oui Messieurs Mesdames devant une échauguette je pleure. je me vautre dans l’impudeur à cet instant ; mon cœur est à nu devant ce signe que nous fait le temps .

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours senti ce besoin, l’appel de l’architecture. Plus exactement : c’est venu à l’adolescence, et ça ne m’a plus quitté depuis (contrairement à mon intérêt pour le football, par exemple, apparu plus tôt mais dont il ne me reste presque rien).

Certains disent : » tout fout le camp. Ça fout les jetons. On se demande s’il y a eu un temps où ce n’était pas le cas. Où foutre le camp ne résumait pas le tout du peu que nous sommes, que tout est.

Bref tant qu’on trouvera sur notre chemin des échauguettes je serai bouleversée.

Je pensais donc l’autre soir, et puis j’ai pensé à autre chose : la pensée est elle-même sujette à foutre le camp ; du moins la mienne, si tant est qu’en la matière on puisse s’arroger un titre de propriété. Bon.
Je pensais disais je à obtenir un titre de propriété d’une échauguette.

Car qu’est ce qui va rester quand tout aura foutu le camp !!

Je ressens une réticence, le sentiment que quelque chose, de quelque ordre que ce soit, est appelé à demeurer, à ne pas foutre le camp.

Oui sauvons les échauguettes, la dignité d’un être humain indocile aux formatages, consiste à persister à penser à ce genre de questions sans âge, dont la solution est hors de notre portée. Et de ne pas s’en priver, sous peine de se transformer en petit compteur Geiger ou bien en formateur en new public management. Voilà ce que je dis, ici, maintenant, confiant dans nos capacités de résistance. Puisque vous lisez ce défi, vous ne pouvez pas ne pas m’approuver, et cela me procure un sentiment d’affinité. Et me voilà emportée par une impression exaltante : ce qui demeure, ne fout pas le camp, en dépit parfois des apparences.

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04 mai 2019

DEJANTE (Venise)

 

Tu ne peux pas louper cette occasion, je te garderai ton fils !!

Je faisais le même rêve chaque nuit

Je collais mon fils à ma meilleure amie

Et je me tirais avec mon amant. Ils étaient chavirant ces rêves j’étais sans enfant et ne me connaissais aucune liaison extra-conjugale. Je le   vois dans vos yeux lecteurs vous aussi faîtes le même rêve. Je sais je suis un peu déjantée, mais avouez je suis géniale J’en ai encore la chair de poule, mon rêve était très explicite.

Nous étions coincés dans une télécabine et on se roulait une pelle.

Je ne peux avoir des rapports d’ascenseur avec mon patron

Car je suis Serdaigle et pas griffon d’or !!

Et d’ailleurs mon patron est un moldu

Je ne vais pas tromper mon mari avec un moldu Non d’un Serpentard !!

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27 avril 2019

CASTAGNETTES!! (Venise)


J’ignore encore si c’est la malchance, ou si cette mésaventure était uniquement le fait du hasard.
Toujours est -il que je me suis retrouvée dans un stage de Flamenco au cœur de la belle Andalousie.
Mes origines ibériques découvertes sur MY HERITAGE.ADN m’obligeaient !
Impossible de me ranger aux abonnés absents, il me fallait renouer avec mes racines .v1


Quoi de plus normal de plonger dans l’expression la plus forte . Certes une mission humanitaire aurait été plus utile, mais une étrange passion soudaine envahissait tout mon champ neuronal à l’idée d’embrasser cette danse.
Les ennuis ont commencé quand on m’a confié des castagnettes.
 

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Qu’est-ce qui m’avait laissé croire que le maniement des
Castagnettes serait un exercice facile et dénué de difficultés.
He bien c’est une blague !! il y avait même quelque chose d’épique là-dedans une vraie tragédie grecque.
J’aurais pu m’éprendre d’autre chose que du flamenco, je crois même que l’apprentissage de la cornemuse aurait été plus accessible, mais voilà je n’ai pas une once d’ADN irlandaise !!
Je devais être la goutte dans ma généalogie, celle qui fait déborder le vase au son des castagnettes.
Si je devais résumer ce stage je dirais échec, échec zéro pointé
 Les castagnettes ont atterri dans un fracas sur le mur.
Si je voulais comprendre la culture ibérique, je savais qu’il fallait que je la subvertisse c’était donc plus dans le flamenco , ni dans la sangria et encore moins dans la paella que je ferais vibrer ma corde ibérique .
Peu à peu je me suis mis dans l’idée, de célébrer Garcia Lorca .
J’ai avancé dans la pénombre du couloir du cour de flamenco et j’ai clamé tout haut un chant de Garcia Lorca.
C’est peut-être mon imagination, mais j’ai senti la terre trembler de toute l’ANDALOUSIE.v3

 
Sa langue antique me faisait jouir de son éternité.
Ce n’était pas le fait d’être ailleurs à travers sa langue, mais de saisir cette intimité avec mes ancêtres. C’était du sur mesure, alors que les castagnettes me laissaient froide et nauséeuse.
Depuis j’ai cessé de voyager et ce sont les œuvres écrites qui me portent.
Quelques fois j’entends le son des castagnettes qui parle à travers moi et je souris à L’Espagne.

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20 avril 2019

BASTRINGUE (Venise)

 
Je ne voudrai rien qui mente,
Je cherche la beauté violente,
Pour me défendre de ce corps difforme
C’est ainsi que parlait TOULOUSE-LAUTREC chaque soir au bastringue.
Il s’affranchissait de son triste sort par la folie des corps des femmes.
Elles seules pouvaient le laver de ses désespérances.
Battu par l’averse des mauvaises circonstances d’une naissance non désirée
Il reste un enfant dans la forêt des robes et des rires de toutes celles qui auraient pu l’enfanter.
Lui seul est en droit de les peindre
La Goulue, Joie d’AVRIL rendue aux vivants.

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Le peintre boit jusqu’à la lie le mouvement du corps, brisant le sort qui lui tient la bride
Le cheval peut aller au galop.
Ainsi les eaux calmes du chevalet se font fleuve, s’effacent alors les barreaux qui l’emprisonnaient.
Au petit matin en quittant le bastringue d’un pas claudicant nait le jour du tableau
C’est dans sa peinture que l’on peut apercevoir la splendeur du hasard et de la joie.
Ce qui aurait pu être une ampoule sale dans un taudis, se révèle ici dans la lumière de ses couleurs vives.
Ils s’inclinent devant elles comme on s’incline devant le mépris.
La beauté ici grandit de toutes ses injures faites au peintre.
Ce bastringue reste le berceau de son art.

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13 avril 2019

Astrolabe (Venise)

 

À l’époque je vivais aux états-unis j’essayais d’intéresser les journaux à mes dessins.v

Absurde, j’aurais dû être à Paris pour parles aux éditeurs !!

Je me baladais avec mes dernières planches. Un astrolabe géant recouvrait la première page.

L’histoire parlait de conquêtes et de voyages. J’aurais mieux fait de m’adonner à la franche grossièreté et me moquer des faibles et des pauvres plutôt que d’essayer de gagner l’adhésion de la bande de nuls qui dirigeait les éditions new-yorkaises.

J’avais déposé les maquettes de l’astrolabe sur le bureau d’une secrétaire.

« Cela ne dépend pas de mon service » dit-elle en souriant, tout en ouvrant la fenêtre pour laisser entrer une chauve-souris.

Celle-ci vint se poser sur mon astrolabe comme si elle voulait inspecter les planches à dessin.

C’est alors qu’un tout jeune rédacteur adjoint pointa son nez avec son nœud papillon à pois.

« Vous êtes trop européen «  m’avait-il dit en tournant les pages de mon livret.
Ici nous cherchons les futurs Melville !! Votre astrolabe ne fait pas le poids par rapport à sa baleine blanche.

Vous voyez me dit-il en s’approchant de la planche n°6 .

Cette débauche d’écume n’est pas d’un meilleur effet.

Puis il me déconseilla de faire carrière dans la bande dessinée.

Je sortis de cet endroit le pied léger, la chauve-souris me suivait .

« Ton histoire est formidable » me chuchota-t-elle

 « viens  suis-moi . »

Je crus un instant que j’allais m’envoler avec elle.

 Plaisantait-elle ?v

 

Je me demande encore pourquoi je l'ai prise au sérieux.

 

La seule réponse que j’ai c’est      Le désespoir.

Oui je ne faisais plus le malin, car à la faveur d’une fenêtre ouverte voilà que mon destin tout entier reposait dans les mains de cette chauve-souris fantasque.

Je n’en croyais pas mes yeux elle était d’en train d’ameuter une armée de consœurs et tenaient à quelques mètres de distance un conciliabule autour de l’astrolabe.

Je tendis alors l’oreille

 

« Les reculades se comptent  plus dans le rang des humains nous avons l’inventeur de l’astrolabe voilà avec quoi les hommes doivent se déplacer et arrêter les GPS qui nous flinguent les tympans . »

Ça faisait peine à voir, elles me prenaient pour l’inventeur de l’astrolabe et confondaient mes dessins ridicules avec des projets d’ingénieurs !!!

Vous serez notre lanceur d’alerte cher ami dit ma chauve-souris en tant que porte-parole

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Ce qui était sûr c’est que j’avais une sacrée cote.

J’ai alors accepté d’être l’étendard de leur cause. Elles étaient comme moi en voie d’extinction en tant que dessinateur. On logeait à la même enseigne.

Mon capital sympathie était si énorme auprès d’elles que je décidais sur-le-champ de changer mes dessins

Mort aux GPS VIVE LES ASTROLABES criai-je dans la rue !!

Je partageais moi aussi avec elle et leurs consœurs les abeilles une répression à hauteur de gilets jaunes.

Il y avait la pierre philosophale qui changeait tout argent en or.

Il y aurait maintenant l’astrolabe pour sauver le monde.

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06 avril 2019

Zapotèque (Venise)

 

Les premières années d’Archéologie m’ont demandé d’intégrer beaucoup de connaissances en peu de temps.

Quatre mois plus tard j’étais sur un site de fouille ZAPOTEQUE, J’avais pris la confiance !!

 

J’étais prête à me confronter, du moins je le croyais à toutes les exhumations.

 

Je travaillais pourtant avec des pirates sans vergogne, des dominateurs tout en deltoïdes et sans cou !!

Ces tombes renfermaient au moins cinq milles ans d’inquiétude au regard des cranes fracassés.

Ils avaient tous dû être chassés du paradis.

Voilà ce que c’était une vie d’étudiante. J’étais tout à fait conscience d’avoir gâché toutes les occasions de me la couler douce.

Je n’appartenais pas à un club de lecture à croire que ma nature avait déterminé mon destin.

 

Il ne suffit pourtant pas passer son temps à déterrer des morts pour prendre vite conscience que l’archéologie c’est déprimant. J’estimais alors que c’était là que résidait le problème.

Il y a des relations causales qui servent à établir qu’ici il n’y a aucun espoir de revenir à l’EDEN.

J’avais ainsi l’impression d’avoir été chassée du paradis.

Je ne pouvais tout de même pas donner des leçons de déontologie et d’essayer de démontrer d’une manière légèrement baroque qu’on n’embête pas les morts et qu’ils ont le droit d’emporter leur secret.

Ici il n’avait rien à sauver tout était en cendre je venais après Tchernobyl.

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Je ne vais pas faire durer le suspense trop longtemps j’ai tout largué

Je suis sagefemme ! être postée au début de la vie c’est quand même plus marrant !!

 

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30 mars 2019

Le yacht (Venise)


L’Autiste s’était replié sur lui-même, tout en gardant une connivence secrète avec l’océan.

Il est tour à tour navire yacht sous un ciel tourmenté.

Si on prête attention à ses silences, on voit qu’il se destine à une grande traversée.

Enfant pirate sur son yacht, il perce le mystère de son existence.

Il murmure aux vagues celles qui contiennent toutes les voix humaines avec la possibilité qu’il s’éveille à l’une d’elles.

Rien n’est sur puisqu’il ne parle pas, seul un crapaud pourrait colorer son langage.

Sa barque est en dormance il attend son heure.

Entre ses mains et sous ses yeux son yacht s’éveille et se déplie.

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23 mars 2019

XENOPHOBE VOUS AVEZ DIT ? (Venise)

 

Quand je rencontre un xénophobe je sors mon arme fatale

 

Mouloudji et sa chanson /L’AMOUR, L’AMOUR, L’AMOUR

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16 mars 2019

Visigoth (Venise)


Teodorika ma fille n’a toujours pas de prétendant, son prénom visigoth ferait-il à lui seul obstacle à toute union ou son caractère triste et réservé a-t-il joué un rôle ?
Je me pose ici une question faut-il rebaptiser Téodorika d’un prénom quelconque et qu’elle abandonne ses origines ancestrales .
Serait-il possible que ce monde actuel n’inspire aucune histoire d’amour à ma Théodorika !!

Elle a bien saisi l’autre matin mes allusions voilées et mes avertissements implicites.
Il y a plusieurs années déjà lors de la distribution des prix lorsqu’on annonça le prénom de téodorika
Et qu’elle monta sur la scène pour recevoir son premier prix elle se retrouva devant un public franchement hostile.
Elle tendit la main pour recevoir son prix et reçu un regard visigoth du président du jury dont elle se souvient encore.

Elle n’a jamais porté attention à toutes ces flèches jusqu’à ce qu’un jour l’une d’elles se loge dans son casque .

Ha oui j’avais oublié de préciser que théotorika sort toujours casquée comme ses ancêtres .

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Elle aurait pu se coiffer d’un foulard comme toutes les jeunes filles de son âge et tout simplement tête nue .

Où en étais je ?
Utilisez votre matière grise pour faire le lien entre son allure improbable et son célibat.

 

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