09 décembre 2017

Participation de Venise (387)

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Quinze ans déjà petite


Quinze ans que j’écoute tes pas , ta voix
Sans fausse note
Comme un aveugle accordant le piano de l’enfance
Quinze ans déjà
Mon cœur crépite de t’avoir vue si minuscule sur la balance

Autant de grammes de lumière et si peu d’ombres.
Les pétales de tes joues s’enflamment depuis quelques jours
Comme un livre ouvert je vois et me dis
Quinze ans à peine
Une fraicheur surnaturelle et déjà un jardinier bèche ces roses.

Toute occupée à jouer , maintenant affublée de tes quinze ans à peine tu nous fuis.
Tu te recroquevilles sur tes amours
Quinze ans petite
Va pas trop vite
Petite aigrette , fleur de pissenlit

Reste encore un peu dans ses heures calmes de notre maison

Combien de temps dureront tes quinze ans.
Les miens ont attrapé comme toi une maille de mon cœur et tu es là.

 

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02 décembre 2017

Participation de Venise (386)

 

1966 , on joue pour la première fois les paravents de gens genets à l’odéon le théâtre de France .
Je suis assise au second rang accompagné de ma troupe d’étudiants en philosophie .
Le théâtre est bondé, Cocteau au premier rang , louis Jouvet sur sa droite , on voit toute l’intelligentzia au rendez-vous .
Au bout de 20 minutes de représentation remonte de la pièce une terre maudite qui exhale sa puanteur sous des relents de roseraie .
Genet ne ménage pas l’histoire, alors que marias Casarès enfonce le clou les paras enfoncent  les portes du théâtre.
S’en suivent  alors des jets de pierres, Casarès ,est  invitée à « foutre le camp ». Jets d'objets divers (chaises, oeufs, boulons). Fumigènes, cris, insultes, bagarre généralisée. Le rideau de fer est baissé. Le spectacle s'interrompt. Un quart d'heure après, il reprend.
Dehors, une foule amassée n'en continue pas moins à vociférer, réclamant son annulation. Les forces de l'ordre sont réquisitionnées, elles le seront désormais, chaque soir, lors de toutes les représentations qui suivront.
Mais laissons parler Malraux des paravents.

André Malraux défend Jean Genet

Réponse d'André Malraux, ministre d'État chargé des affaires culturelles, le 26 octobre 1966, aux députés réclamant la suppression de la subvention à l'Odéon-Théâtre de France après la création des Paravents.

« La liberté, Mesdames, Messieurs, n'a pas toujours les mains propres ; mais quand elle n'a pas les mains propres, avant de la passer par la fenêtre, il faut y regarder à deux fois Si nous étions vraiment en face d'une pièce antifrançaise, un problème assez sérieux se poserait. Or, quiconque a lu cette pièce sait très bien qu'elle n'est pas antifrançaise. Elle est antihumaine. Elle est antitout. Genet n'est pas plus antifrançais que Goya anti-espagnol.
Ce que vous appelez de la pourriture n'est pas un accident. C'est ce au nom de quoi on a toujours arrêté ceux qu'on arrêtait. Je ne prétends nullement - je n'ai d'ailleurs pas à le prétendre - que M. Genet soit Baudelaire. S'il était Baudelaire, on ne le saurait pas. La preuve, c'est qu'on ne savait pas que Baudelaire était un génie. Ce qui est certain, c'est que l'argument invoqué : "Cela blesse ma sensibilité, on doit donc l'interdire", est un argument déraisonnable.
Si nous commençons à admettre le critère dont vous avez parlé, nous devons écarter la moitié de la peinture gothique française, car le grand retable de Grünewald a été peint pour les pestiférés. Nous devons aussi écarter la totalité de l'œuvre de Goya, ce qui sans doute n'est pas rien. Et je reviens à Baudelaire ; Je ne supprimerai pas pour rien la liberté des théâtres subventionnés. J'insiste sur les mots "pour rien", car si nous interdisons Les Paravents, ils seront rejoués demain, non pas trois fois, mais cinq cents fois. En fait, nous n'autorisons pas Les Paravents pour ce que vous leur reprochez et qui peut être légitime ; nous les autorisons malgré ce que vous leur reprochez.

 

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25 novembre 2017

Participation de Venise (385)

 

Chez nous les Noëls étaient particulièrement déprimants.

Entre la Bûche et le Sapin de Noel on attendait un Pére Noel qui ne venait jamais.

Alors on allait se coucher avec les pieds aussi glacés que les marrons de tante Jeanne !!

 

Mais cette année-là le voisin avait abandonné sa vieille boite de scrabble sur le trottoir et toute la famille avait passé la soirée autour de ce vieux scrabble .

 

Obélisque avait demandé mon père AU ou O.

Obélix avait crié mon petit frère avec un X à la fin .

Mais non hurlait de rire ma mère AUBELISQUE

À l’unanimité Obelisque s’écrivait AUBELISQUE !!

Aucun dictionnaire n’avait pénétré notre vieille chaumière , et la langue française on l’a retournée comme une crêpe Suzette !!

 

Je vous raconte cette histoire, car l’autre soir je suis sortie du métro place de la concorde et il était là devant moi notre obélisque .

Une colossale énigme trônait au centre de Paris .

Je jetai un rapide coup d’œil sur la bête et j’y découvris des hiéroglyphes qui ressemblaient étrangement à la langue de mes parents    La langue cubiste !!

 

Je venais de découvrir que mes parents loin d’innover appartenaient au monde dont la langue chatoyante comme un fleuve m’avait fait aimer les voyages.

J’entends leur rire comme une douce pluie qui ne se sèche jamais dans l’encre de mes lettres .

 

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18 novembre 2017

Pensées noctambules à LISBONNE (Venise)

 

Sous les toits de  LISBONNE se jouent les passions nocturnes d’un petit monde aux gestes inutiles.
Le petit employé de commerce, la femme de ménage, la secrétaire et le chômeur ont tous rêvé leur vie avant même de la vivre
Ces intimes rêves, sont restés dans l’ombre éclairée d’une étrange clarté que le Poéte  PEGUY nommait l’espérance.

Ce petit monde crépusculaire a brassé tant de rêves, que LISBONNE en frémit encore.

 

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Dans cette ville labyrinthe où dort un Minotaure , gisent des drames gris de nos simples vies.
Sous la clarté des lampadaires à la surface des rues se cache l’opacité de nos destinées.
C’est pourtant là dans cette ville Nocturne , havre de paix
Pour qui sait écrire que je me suis réconciliée avec mes nuits et que le monde fut enfin habitable .

Bien avant Baudelaire,et la lucidité de son spleen, bien avant Rimbaud et la mutilation de sa jambe , j’ai porté d’une manière déconcertante le désordre du monde ,sa lumière , sans vaciller et qui condamne à une distance infranchissable .Mise à la diète , j’ai renoncé à feindre , dans le jeu du clair-obscur des miroirs  pour mettre à jour les fines couches successives de mes émois .

Lisbonne est le lieu où l’on abordait le mieux l’insondable , l’indicible présence du secret d’une vie la nuit. .

 

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11 novembre 2017

Participation de Venise

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04 novembre 2017

Participation de Venise

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28 octobre 2017

Participation de Venise

 

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21 octobre 2017

Participation de Venise

 

Mademoiselle JOUVENCE avançait dans la Lande , blanche et légère .

Elle va vers sa maternité , un enfant pluie, naîtra dans un désordre de pétales bleus.

Mademoiselle Jouvence cacherait volontiers cet enfant  dans  les joncs qui jouxtent  l’étang .
Il y a tant d’enfants de part le monde pense - t-elle

Mais tout dépend de quel coté on se place répond  la carpe d’eau .

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Cet enfant dans ses couvertures brodées  à ton nom  et même si l’idée t’est  insupportable cet enfant

vivra !!

Les mots de la carpe ont franchi les océans et l’enfant est venu .
Mademoiselle n’est pas maître de la façon dont elle a aimé cet enfant mais parole de carpe elle l’a aimé .

Elle n‘a pas pu se détacher du monde tant que cet enfant a été vivant .
Puis le ciel est devenu dément , alors que Mademoiselle Jouvence .de la neige plein les cheveux
a vu son fils  dormir pour l’éternité  au son du glas qui vibrait pour l’éternité .
Avez-vous vu errer Jouvence dans la Lande?
On dit que le soir on l’entend sangloter .

La carpe musicienne , la surveille à la dérobée , elle a demandé à la pluie ,de se taire .
Le silence est entré dans la bouche de Jouvence et  la pluie a essuyé ses lèvres .

 

 

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07 octobre 2017

Participation de Venise

 

Ces temps ci , je partage mon temps avec l’écrivain jean Paul DUBOIS

Son dernier livre ’ l’AMERIQUE  M’INQUIETE  ‘ a retenu toute mon attention.

Il y a longtemps que ce peuple d’hypocondriaques me préoccupe .

On y trouve des états ultimes d’hypocondrie
Comme cet agent immobilier qui vend des parcelles de la lune aux particuliers pour se guérir de l’absurdité de la vie .

Des bourreaux  malades des exécutions , et des directeurs de centre de rétention sadiques qui ne renoncent  pas à la chaise électrique car le reste coûterait plus cher .
Dans ce pays ou MONEY is MONEY , la valeur de la vie a tout perdu et une plainte existentielle  remonte jusqu’au tréfonds des âmes.

Quand vous roulez en plein champ vous rencontrez tout  à coup des adolescents brandissant des pancartes’ I NEED   MORE ACID’

Quand on détour d’une tente portant l’écriteau suspect:‘ACUPUNTEUR CHIROPRACTEUR’
Vous avez vu une fille assise en position de lotus  se faite cérémonieusement masser les seins par un zigoto tatoué auquel vous n’auriez pas confié votre boite à vitesse .Vous vous dites ça y est j’y suis au pays des déjantés.

Mais ce sont les inscriptions sur un teeshirt d’un adolescent  qui ont alerté mon acuité visuelle

Lisez plutôt: je n’ai pas peur, je suis fort , je suis un animal , et je te boufferai s’il le faut .
Voilà c’est dit ce peuple est au  stade du cannibalisme .
Je songeai que nous étions loin du PEACE and LOVE  de Woodstock et que le capitalisme avait dévasté ce pays  et qu’ils étaient dévorés du dedans par un mal plus grand qu’eux.
Passé au spectrographe figuratif la société américaine ressemblait à un bas de Nylon exagérément étiré à ses extrémités avec au centre famélique dont les mailles tiraillées seraient entrain de rompre..
Un jour on ne trouvera que des lézard et un désert .

Ce qui est rassurent dans cette affaire c’est qu’ils ne sont pas seul  à être atteint de cette hypocondrie qui touche KING JON -UN .
Ce soir je relis KARL MARX c’est juré.

 

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23 septembre 2017

Participation de Venise

 

J’aurai aimé que tu m’appelles FRIPOUILLE

Que tu me déloges  , afin de m’extraire de ma gangue

Le matin tu me servais comme chaque matin un :

Bonjour Madame nous allons avoir une belle journée aujourd’hui

Et ce bon jour là me restait en travers de la gorge comme l’arrête d’un poisson .

Ce salut glacé et stupide m’expédiait au pôle nord où toutes les fripouilles se mourraient .

Combien j’ai attendu au petit matin épiant le passage des étourneaux  un geste un égarement

Dans ta démarche  qui  me laisse espérer  un élan fripon , un geste tendre , un sourire complice .

Rien , de rien j’ai rangé les fripouilles dans le grenier des mes printemps

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J’ai continué à te saluer  comme une poupée de cire et lentement  la fripouille que je supposais être s’est endormie sur le sofa du temps .

 

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