06 septembre 2008

Pièce en un acte (Val)


J’ai rêvé d’une pièce de théâtre en un seul acte. Du jamais lu ! De l’inédit ! Une pièce de théâtre qui ne mettrait pas en scène des personnage de la vie réelle, mais plutôt les marionnettes qu'ils ont crées pour la toile. Oh, je ne l’ai pas encore écrite. J’aimerais avoir votre avis avant. Je vous en fait un petit résumé ?

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Le drame se jouerait autour de trois personnages, que dis-je, trois hologrammes : Papistache, Janeczka et Val, les pantins respectifs de Philippe, Jessica et Valérie.

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Scène 1 :

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L’hologramme Papistache, un notable de la blogosphère, entrerait en scène en premier, dans la cabine du bateau virtuel, accompagné d'un garçon virtuel. Il visiterait, et se renseignerait d’abord sur l’heure à laquelle est servi le thé, ou si le lieu est équipé d’une connexion Internet haut débit, qui lui aurait permis de rester en contact régulier avec Mamoune, qui elle était certainement partie pour le paradis. Le garçon se moquerait de lui parce qu'un personnage virtuel n’a pas besoin de boire, ni même d’entretenir des relations sentimentales avec d’autres personnages virtuels.

Dans la cabine, il y ferait très chaud, il n'y aurait pas de miroir, pas de fenêtres et pas de lits (un personnage virtuel ne dort pas) . Seulement trois canapés. Sur le bateau virtuel, comme sur la toile,  les personnages n’ont pas besoin des choses de la vraie vie.

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Scène 2

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Le garçon aurait quitté le bateau et l’hologramme Papistache se retrouverait tout seul. Il essaierait de communiquer avec la radio, en langage htlm, puis en langage sms,  mais elle ne marcherait pas, alors il tenterait de sortir sur le pont mais les portes de la cabine virtuelle seraient bloquées. Le bateau virtuel, les marionnettes n’en ressortent jamais…

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Scène 3

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L’hologramme Janeczka entrerait ensuite. Elle demanderait à Papistache où se trouve sa blogamie Val, qu’elle chercherait en vain, mais Papistache n’en saurait rien. Janeczka prendrait l’absence de celle-ci pour une punition et Papistache pour le bourreau virtuel. Papistache rigolerait et déclinerait sa vraie identité ( le pantin blogesque de Philippe) à Janeczka.

Il lui expliquerait la situation : ils seraient virtuellement morts, et enfermés là pour l’éternité certainement. Il affirmerait qu’il n’a pas peur.

Il lui proposerait aussi de conserver entre eux deux une extrême politesse, mais ça ne fonctionnerait pas très bien, parce que tous les deux auraient très peur et seraient très nerveux, et que Janeczka serait une vraie chipie avec lui.

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Scène 4

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L’hologramme Val entrerait enfin, et en tout premier lieu elle prendrait Papistache pour quelqu’un qu'elle connaît. Papistache lui répondrait que ce n’est qu’illusion… que si leurs créateurs respectifs se connaissaient, eux, les pantins, n’avaient jamais été réunis dans une même pièce. 

Il se présenterait donc à elle et lui expliquerait les règles. Val ne voudrait pas entendre parler de ces stupides règles, s’exclamerait qu’ils ne sont plus à l’école, et préférerait s’inquiéter des couleurs des canapés.

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Scène 5

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Val prétendrait ignorer la raison de sa présence sur le bateau. Elle s'interrogerait par ailleurs quant à la raison pour laquelle les trois personnages y auraient été réunis.

Papistache croirait qu'ils sont ici tous les trois par pur hasard.

Janeczka, plus lucide, déclarerait que chacun deviendrait, par la suite, un bourreau pour les autres et les forcerait à avouer les crimes qu'ils auraient commis.

Les deux autres ne voudraient pas y croire.

Papistache, ne pouvant admettre une telle hypothèse, préfèrerait s'isoler en espérant ainsi s’épargner et épargner les autres, mais en vain.

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Scène 6

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Papistache finirait pas se dévoiler : il expliquerait avoir torturé Michèle, l’épouse de son créateur, par la façon dont il s’était immiscé entre elle et ce dernier. Se sentant de trop, il s’était lui-même éclipsé en héros, s’affranchissant de celui qui le fit vivre durant deux années. Un matin, à 6h01, il aurait lâchement déserté le blog de son marionnettiste, sans signe avant coureur, et sans même un adieu à ses blogamis. 

Janeczka avouerait alors que contrairement à Jessica, elle aimerait les femmes, et elle serait très méchante. Sa créatrice l’aurait conçue à l’opposé de son propre caractère. Elle conterait la façon dont elle et sa maîtresse virtuelle, rencontrée sur les blogs, ont réussi à évincer et à assassiner Crouton et Manu, les marionnettes représentant les époux de Valérie et Jessica, également crées par ces dernières.

Jessica avait eu des remords quant à son époux. Elle avait elle-même choisi de tirer un trait et de tuer son propre personnage virtuel.

En fin de compte Val raconterait, à contrecœur, que Valérie était devenue dépendante de son blog et que cette folle passion l’aurait empêché de continuer à s’occuper de ses enfants. La blogueuse, consciente de sa dépendance, pensait à tirer un trait sur le personnage qu’elle avait crée.

 Val, jalouse de l’amour que portait Valérie à ses petits, et les trouvant également encombrants pour vivre pleinement sa passion avec Janeczka, aurait virtuellement noyés les personnages représentant les enfants de Valérie. 

Valérie, peinée d’en arriver là, aurait préféré faire mourir son personnage d’une pneumonie plutôt que de le tuer elle-même.

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Scène 7

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Val s’éloignerait délibérément de Janeczka, la pensant en partie responsable de leur mort à toutes les deux, ainsi que de celle de leurs époux virtuels et de ses enfants virtuels. Elle rechercherait à présent du réconfort dans les bras de Papistache, qui serait incapable de lui en donner : dans sa lâche désertion, il avait également entraîné Mamoune dans son sillage, et il s’en voulait beaucoup.

De plus, Janeczka serait jalouse et n'arrêterait pas de juger les deux autres pantins ironiquement.

Val, d’un geste désespéré, essayerait d'assassiner Janeczka mais les trois personnages virtuels seraient tous déjà morts, ensemble sur ce bateau. Pour l’éternité.

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L’enfer virtuel, c’est les autres marionnettes.

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Epilogue :

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Philippe, Jessica et Valérie, les créateurs des trois défunts personnages n'apparaîtraient qu'à ce moment là, les uns après les autres. Ils seraient chacun entourés de leurs proches et de leurs conjoints respectifs, à rire de bon cœur .

Ils n’auraient pas la moindre idée que les personnages nés de leurs plumes, qu’ils avaient un jour décidé d’abandonner sans remords, étaient désormais en enfer. L’enfer des personnages du net.

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Vous pensez que ça peut marcher ?

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30 août 2008

672 (Val)

J’ai le numéro six cent soixante douze. J’suis pas prés de sortir d’ici ! J’en ai certainement pour la journée ! Et pourtant, j’suis arrivé aux aurores comme on me l’avait conseillé.

Numéro cent dix ! A vous !

Cent dix ? Pff ! J’vais en avoir pour des jours ! J’espère au moins que j’ai tous mes papiers, ça serait malheureux d’être obligé de revenir. C’est que, je sais comment ça se passe, là dedans ! Il vous manque un formulaire, et ils prennent pas votre dossier !

Numéro deux cent un ?

J’le crois pas ! C’est super long ! Midi passé… J’espère que Josiane  va pas s’inquiéter… Encore heureux qu’ils passent avec des sandwichs et des boissons fraîches aux heures des repas ! J’peux même pas lire un magasine, en plus. Ils sont tous pris. J’aurais du apporter un bouquin… Je commence à m’ennuyer ferme, et le pire, c’est que j’suis pas prés de passer !

Numéro deux cent quatre vingt douze !

Ils ont changé d’équipe. Peut-être que les nouveaux seront plus rapides.

Non, merci, j’veux pas de goûter, ça ira. Comment ça, vous repassez pas avant vingt heures ? C’est que, j’espère bien ne pas avoir à dîner là !

 Pourquoi il me rigole au nez, ce con, quand j’dis ça ?

Numéro trois cent cinquante ?

Bon, j’vais quand même appeler Josiane de la cabine pour la prévenir que je serai certainement pas là pour le dîner, voir pour le coucher. J’vais même lui dire qu’à ce rythme j’suis même pas certain de sortir d’ici un jour. Elle va halluciner, la Josiane !

Comment ça, faut prendre un ticket pour la cabine ? Quel truc de cinglé !

Numéro quatre cent deux… le quatre cent deux, s’il vous plait ?

Bon, si en plus ils accourent pas, les mecs, on est pas sortis ! N’empêche, j’ai bon espoir, ça commence un peu à se vider. La preuve, j’ai enfin une chaise de disponible. C’est pas trop tôt, j’ai super mal aux pieds, moi ! Cool, y’a même un Voici Paris de juin 2002 qui s’est libéré.

Hein ? Quoi ? Faut prendre un ticket pour lire les Voici Paris ? C’est la meilleure, ça !

Hein ?

Ah, non, il plaisantais, le monsieur ? C’est qu’il en a, de l’humour, ce con !

Le quatre cent soixante dix !

Oui, je vais prendre un Panini au chèvre, une barquette de frite et une bière, s’il vous plait !

Putain, une journée entière à poireauter ici. J’suis dégoûté ! J’sais même pas quel temps il a fait aujourd’hui ! Y’a même pas de fenêtre dans cette putain de salle d’attente ! C’est Josiane qui doit commencer à râler… Si je me rends compte que je serai pas rentré pour l’heure du coucher, je la rappellerai !

Numéro cinq cent deux ?

Comment ça, si je souhaite dormir ? Ah, parce que vous louez des sacs de couchage ? Dites, c’est souvent que les gens dorment ici ? Tous les soirs ? Ah quand même ! Bon, ben oui, alors… allons-y pour la sac de couchage ! Vous servez les petits dej’ aussi, le matin ? Oui ? Pff, j’aurais du éviter de poser la question, tiens ! 

Numéro cinq cent cinquante huit !

Allô ? Poussin ? Oui, c’est moi ! Bon, ben y’en a encore pour plusieurs heures ! Ouais, j’serai pas de retour avant demain matin, à mon avis ! Non, non t’inquiète, ils m’ont filé un sac de couchage. Y’a même la télé, ici, le soir ! Oui, j’ai dîné ! A demain, poussin ! Non non, j’ai tous les papiers ! J’ai vérifié mille fois ! C’est dire si j’ai eu le temps, aujourd’hui ! J’me suis fait chier comme un rat mort !

Numéro cinq cent quatre vingt dix neuf !

Bon, l’équipe de nuit est arrivée ! C’est fou, ça ! Ils tournent en 3X8, la dedans ! Remarque, tant mieux, vu le monde…

J’en ai mare, ça fait vingt fois que je lis le même Voici Paris ! J’crois que je vais m’assoupir un peu. Y’en a encore une petite centaine à passer avant moi…

Numéro six cent cinquante !

Putain, faut que je me réveille ! Mon tour approche ! Et dire que j’vais bientôt sortir de cette galère. C’est trop de bonheur ! Purée, ils ont même plus de café !

Faut que je fasse gaffe à pas me rendormir, ça s’rait trop bête de tout foirer maintenant !

Numéro neuf cent quatre vingt dix neuf ?

Hein ? C’est quoi c’bordel ? Moi j’avais le six cent soixante douze ! Comment ça on m’a appelé ? J’dormais ? Putain, fallait me réveiller, bordel !

Bon, j’peux passer, là ?

Non ?

Reprendre un ticket ?

Vous déconnez, là ?

Ils déconnent pas, ces cons ! Faut qu’j’recommence tout ! Putain !

Numéro vingt huit ?

Bon, j’ai le cent quatre cinq, ça devrait être plus rapide qu’hier !

J’rappelle Josiane !

Un café ? Oui, j’veux bien…

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23 août 2008

Véronique (Val)

Ce samedi, grande brocante au village. Et en plus, il fait beau.

Véronique s’y rend, réjouie et bien décidée à y trouver…un siège bébé pour vélo et un aspirateur !

Elle en voudrait un sans sac, très beau et très léger, et surtout pas bruyant pour un sou.

Un jeu d’enfant à trouver, non ?

En vrai, Véronique, malgré le sourire qu’elle affiche, est contrariée. Son ancien aspirateur, elle l’aimait bien. Non seulement il était assorti à son carrelage de salle de bain, mais en plus il était ultra léger et plutôt puissant.

Malheureusement, sa belle-sœur (un personnage !) l’a utilisé pendant ses vacances à la maison et a omis de mettre un sac, à moins qu’elle ait cru qu’il s’agissait d’un aspirateur sans sac… allez savoir ?

Toujours est-il que le verdict est tombé ce matin : mort, l’aspiro ! Le mari de Véronique, médecin de petit et gros électroménager amateur (mais pratiquant !) a rendu son verdict peu avant midi . Paix à son âme !

Véronique est irritée. Non seulement elle a perdu un fidèle compagnon, mais en plus elle a du dire adieu à ses projets du samedi matin, autopsie de l’aspirateur oblige.

Elle avait prévu d’aller au magasin de sport pour acheter un siège vélo à sa petite fille, voire de passer aussi au magasin de jouets pour voir les cuisines pour son anniversaire prochain.

Point !

Véronique sait bien qu’elle ne trouvera pas l’aspiro de ses rêves dans un vide grenier. D’ailleurs, par chez elle, y’a même pas de vide grenier le samedi.

C’est à confo qu’elle ira cet après midi.

Elle aurait préféré faire une ballade à vélo en famille… mais le siège n’est toujours pas acheté.

Pourtant, Véronique sourit. Elle a même affirmé à son mari chéri qu’elle n’était pas mécontente, car elle voulait le changer, finalement, cet aspiro.

Des plaintes, ou même une moue de dépit n’auraient fait qu’attiser la petite animosité qu’éprouve déjà le chéri en ce moment envers sa sœurette.

A quoi bon ?

Je sais, je sais, c’est facile et c’est de la triche, mais je n’ai rien trouvé de mieux, et puis c’est bien connus, la réalité est souvent bien moins coquette que la fiction.

Pour me faire pardonner, une autre fois je vous raconterai la fois ou j’ai visité un village viking reconstitué dans une ville du nord de l’Angleterre.

Bon samedi à tous.

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09 août 2008

Strangulation (Val)

Mélanie était étendue sur son drap de bain, sur le ventre, la tête posée sur ses bras croisés. Le soleil lui chauffait le haut du dos et le derrière des cuisses. Elle était bien. Elle fermait les yeux, pour oublier la foule et s’imaginer qu’ils étaient seuls sur une plage déserte.

Paul était assis sur elle ou presque. Bien sur, ses genoux posés sur le sable, de chaque coté des hanches de sa compagne empêchaient que les reins de Mél supportent le poids de son corps. Il était dans la position idéale pour lui masser le dos et l’enduire de crème solaire. Et elle aimait ça. Les mouvements lents et circulaires de son amant sur sa nuque et ses épaules la plongeaient dans une langueur plus qu’agréable.

Elle était sur le point de s’endormir quand soudain le massage devint bien moins agréable. Paul s’attardait de plus en plus sur sa nuque, et ses mains se faisaient lourdes. Les pressions qu’elles exerçaient sur son cou, puis sur sa trachée devinrent vite insupportables. Elle n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche pour lui demander d’arrêter, qu’un bâillon lui enserra les lèvres, puis toute la partie inférieure de son visage.

Interdite, elle tenta de se tourner mais les mains de son fiancé lui maintenaient les épaules fermement. Elle se débattait du mieux qu’elle pouvait, mais bientôt il se posa sur elle de tout son poids. Elle gémissait tant bien que mal, pensant que sur cette plage noire de monde quelqu’un finirait par être alerté. De même, elle scrutait des yeux ses voisins de serviette. Rien n’y faisait. Personne ne semblait avoir remarqué ni entendu quoi que ce soit d’anormal.

Elle était affolée. La panique, le bâillon, le poids du corps de son compagnon sur ses côtes rendaient sa respiration de plus en plus difficile. Elle ne put plus respirer du tout quand les mains de Paul vinrent lui enserrer le cou violemment.

Quand il lui susurra à l’oreille un petit : « Adieu, chérie » suivi d’un rire étrange, elle sut qu’elle allait mourir là, sur cette plage noire de monde, sans que personne ne le remarque, et des mêmes mains qui l’avaient milles fois caressée, et qu’elle aimait sentir se balader sur elle.

Elle pensait que tout était fini pour elle, quand soudain  plus aucune pression ne retint sa respiration. Elle prit une grande inspiration et trouva la force de se retourner, faisant basculer Paul sur un coté. Déséquilibré,  il tenta de se rattraper à son bras pour éviter la chute. Elle le frappa violemment pour qu’il lâche prise et s’enfuit en courant sans qu’il ait le temps de réagir.

Interloqué, il prononça, comme pour lui-même :

« Si j’avais su que ça la contrarierait à ce point, je ne l’aurais pas laissée dormir. Mais son sommeil semblait si serein … ». 

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02 août 2008

2058. Gaby et sa fille. (Val)

- Tes grands-parents sont d'accord, ma fille! Toi et ton mari pourrez vous marier dans la peugeot 206 qu'ils avaient quand ton vieux père était petit.
- Oh! Chouette! Une voiture qui roule à l'essence!
-  Presque! Un diesel, ma fille.
-  Elle va faire sensation...
-  Oui! Tes grands-parents ont bien fait de la garder. Elles ont toutes été détruites ou presque quand le pétrole a été interdit. Ton grand-père garde tout...
-  Mais...ou va-ton trouver du carburant? Le pétrole n'existe plus. Si?
-  T'en fais pas! Ton arrière grand-père en avait mis quatre bidons de coté, à l'époque. Pour marier ses petits enfants. Ta tante Elisa ne s'est jamais mariée. Il en reste un, et il est pour toi.
- Pourquoi ne s'est-elle jamais mariée? Elles auraient pu, elle et Pimprenelle?
- C'est que... quand nous nous sommes mariés, ta mère et moi, seuls les mariages entre un homme et une femme étaient autorisés.
- Incroyable! Tu plaisantes? Comment les gens ont-ils pu vivre aussi longtemps sans pouvoir épouser qui ils voulaient? Et... quand la loi est passée, elles auraient pu, non?
-  Tu sais, tes arrières grands-parents n'etaient pas très chauds. Faut les comprendre, à lepoque c'etait tout nouveau... Alors tes tatas ont laissé tomber. ça ne les a pas empeché d'avoir tes deux cousins.
-  Hum! Dis? Papa? Tu te souviens, de quand tu montais dans des autos à essence?
-  Comme si c'était hier! Tu sais, il y a 50 ans, il n'y avait que ça, quasiment...
-  Ah bon? ça devait pas rouler bien vite!
- Tu l'as dit! Il nous fallait quatre heures pour gagner le Perche!
- Quatre heures? Tu rigoles? Et pas de mariages homos? Et puis quoi, encore? Me dis pas qu'on mourait encore du cancer! Si? Quand t'etais petit, c'etait vraiment la pré-histoire!


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12 juillet 2008

Courrier des States (Val)

 

Le courrier est arrivé ce matin des States.

Quand j’ai compris ce que contenait l’enveloppe, j’ai couru vers cet endroit qui m’est si cher : le coin de paradis de mon jardin.

A l’abris des regards, seule avec l’enveloppe, je l’ai ouverte en tremblant.

Mon anglais est bon. Je n’ai pas fait de contre sens. Et puis, 2018 était écrit en chiffres. Pas d’erreur possible !

En 2018… purée ! Je n’aurais certainement pas dû…

Pourquoi ai-je voulu savoir ? Quelle idiote !

Peut-être aurait-il mieux valu que j’aie la « surprise »… en 2018…justement. Je ne sais pas. Je m’embrouille. Remarques, tu parles d’une surprise !

De toute manière c’est trop tard. Maintenant, je sais ! C’est irrémédiable. Va falloir faire avec…

En 2018…

Ce nombre fait écho dans ma tête depuis des heures. Je ne sais même pas depuis combien de temps je suis assise là à me le répéter mentalement.

En 2018 … quand je ferme les yeux pour retenir mes larmes, je vois ces quatre chiffres couchés sur ce maudit courrier.

Bon sang ! C’est dans trois ans !

Quel âge auront les enfants, en 2018 ?

La maison ne sera même pas payée…

J’ai envie de hurler, de me révolter. J’ai la nausée rien que d’y penser.

A quoi bon y penser ?

Merde ! Pourquoi moi ? Pourquoi si tôt ?

En 2018… merde ! Plus que trois ans…

J’ai même pas vu l’Afrique.

J’ai même pas encore transmis le gout de la lecture et de l’écriture aux petits. C’est à peine si je leur ai parlé de mon amour pour la nature. Et pour ce bout de jardin…

Va falloir que je leur dise à quel point je les aime.

En 2018… quelle poisse, bordel !

Est-ce que je vais leur dire ? Non ! Je ne veux pas paniquer les enfants. Et puis lui, il n’y croira même pas… Pourtant, c’est fiable à 99, 9 %, qu’ils disent…

En 2018… je suis complètement abattue à l’idée de…

Mieux vaut que je garde ça pour moi.

Oh ! Je sais !

Voyons… en 2018… trois ans… ça me laisse largement le temps d’accomplir le principal.

C’est décidé ! Je vais leur consacrer ces trois prochaines années. Oui ! Je vais tenter de tout leur transmettre. Le temps presse…

Je vais regrouper tous mes journaux, tous mes écrits, et leur en faire une copie à chacun. Ils les liront plus tard et sauront qui j’étais…

Je ne rédigerai pas de testament. Tout est pour eux !

En 2018… Putain ! C’est effrayant !

Ah ! En revanche, si ! Je ferai une lettre ! Non ! Plusieurs lettres ! Je vais faire l’inventaire de tout ce que j’aimerais leur dire…

Et j’ai envie de pleurer rien que d’y songer… Comment feront-ils, en 2018, si je ne suis plus là ?

Et surtout, va falloir que je prévoies… pour 2018. J’ai trois ans devant moi pour que ça leur rentre dans leur petites têtes :

Je veux être incinérée, et que mes cendres soient enterrées ici même, là ou nous aimons nous retrouver tous aux beaux jours, là ou j’aime à me réfugier pour me retrouver seule.

Il faut que je leur dise que je veux qu’ils gardent la maison, et qu’ils continuent à se réunir au jardin, que j’ai voulu à l’image de notre famille.

Je suppose que.. enfin j’en sais rien, mais… j’aime croire que … je serai avec eux, dans ces moments là…

En 2018… et s’ils s’étaient trompés ? Et puis qu’est ce qui me prouve que… ? Quelle conne ! Mais qu’est ce qui m’a pris de vouloir savoir ?

Andouille ! Tu vas devoir vivre avec ça, à présent !

Je ne sais pas si je suis plus angoissée qu’en colère.. contre moi-même. J’ai envie de hurler et de m’en prendre à la terre entière. Et de pleurer. C’est vraiment injuste.

En 2018… la vie est injuste, quand on y pense. Bordel, quelle cruauté ! J’suis pas pire qu’une autre ! J’suis pas la plus méchante ! Alors pourquoi ? Pourquoi si tôt ?

Maintenant, je comprends pourquoi chez nous le test est interdit à la vente. Sur le coup, scandalisée, j’ai pesté : « On a bien le droit de savoir, quand même ! » .

Quelle idiote ! Il n’y a rien de pire que de savoir…

En 2018, que c’est écrit ! C’est bien ma veine, tiens !

Pourquoi j’ai fait ça ? Putain, pourquoi ?

Ça avait l’air si simple :

« Prélevez un échantillon de votre salive et envoyez-le au laboratoire californien accompagné d’un chèque de milles euros, et vous connaitrez l’année de votre mort sous quinze jours ».

En 2018, qu’ils ont dit… Fiable à 99,9% …

Bon, ben, maintenant que j’ai la réponse, même si elle me répugne au plus haut point, je n’ai pas vraiment le choix : Je vais leur envoyer sa brosse à dents avec un autre chèque, histoire de m’assurer que les enfants ne se retrouveront pas tout seuls trop tôt…

Pfft ! En 2018…

La vie est dégueulasse…

Si je l’avais su plus tôt, je n’aurais jamais eu Pierre. Il est si petit…

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05 juillet 2008

Boite à malheur (Val)

C’était une boite rectangulaire, bleue, en métal, qu’il emmenait partout avec lui.

Boite à malheurs !

Toujours dans la poche de son jean, ou dans la doublure de sa veste, ou dans la boite à gants de la voiture, elle était ce qu’il possedait de plus précieux.

Boite porte bonheur.

Ouverte dix fois par jour, refermée autant…Rentabilisée, usée, utilisée, humée, respirée…

Boite à odeurs…

Toujours à portée de main, toujours à disposition, jamais fâchée, toujours souriante, affriolante, ensorcelante…

Boite à bonheur !

Bonheur absurde, bien-être illusoire, plaisir trompeur. Une sournoise…

Boite à torpeur !

Quand il avait sa boite avec lui, rien ne pouvait lui arriver. Boite qui soulage, boite qui calme, apaise, console, cicatrise…boite qui panse les plaies du cœur. Boite pour un cœur qui boite.

Boite à stupeur !

Quand la boite était loin de  lui, il était agité, énervé, irrité…

Boite à terreur.

Quand l’absence se prolongeait, je le trouvais anéanti, abattu, cassé…

Boite à langueur.

...febrile? en sueur?

Boite à frayeurs

Oh, non , son état n’avait jamais rien à voir avec la boite…

Boite à candeur !

Leurs retrouvailles, pourtant, se faisaient à chaque fois dans la démesure.

Boite à puanteur !

Boite qui passait avant moi, avant nous, avant tout.

Boite à douleurs.

Boite qui a tenté par tous les moyens de le couper du monde.

Boite à horreurs.

Elle a même failli gagner la partie.

Boite à pleurs.

Elle est vide désormais, depuis des années et pour l’éternité

Boite à gageure !

Il l’a abandonnée un soir de sommation.

Boite de mise en demeure !

Vide, désarmée, inutile, elle est désormais et à jamais…

Ma boite à bonheur

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28 juin 2008

La vie sourit à Val

C’était pourtant pas mon anniversaire, aujourd’hui ! Et pourtant, depuis ce matin, tout le monde me traite comme une reine. Je n’en crois pas ni mes yeux ni mes oreilles.

Tout a commencé, dés l’aube, par un coup de téléphone. A l’autre bout du fil, un gentil employé, poli et aimable, me demande si je suis satisfaite de mon abonnement au satellite. C’est plein de bonnes attentions, je trouve. Quelle prévenance de sa part ! Evidement, je le remercie aimablement d’avoir pensé à me poser la question, et le rassure immédiatement. L’homme, pour me récompenser de ma gentillesse sans doute, m’offre illico trois mois d’abonnement gratuit à toutes les chaines. Et ce n’est pas tout ! Figurez-vous que pour me faciliter la tâche, il va lui-même pré-remplir le contrat pour cela. « Quel garçon serviable et délicieux. Ce n’est pourtant pas mon anniversaire », me suis-je dit.

Déjà ravie par cet échange téléphonique, j’allume mon ordinateur pour consulter ma boite mail. Ce n’est pourtant pas mon anniversaire, mais on aurait pu en douter, ce matin, à la lecture des courriels reçus pendant la nuit. Je veux bien vous en délivrer le contenu, mais j’ai peur que vous pensiez que j’affabule, tellement c’est gros. Allez, j’vous le dis, vous me croirez si vous voudrez !

Dans la nuit, j’ai été contactée (tenez-vous bien !) par un casino. Incroyable, non ? Ce n’est pas mon anniversaire, et pourtant, le directeur du casino, qui m’appelle par mon prénom, m’offre deux cent euros ! Si, si ! Je n’ai qu’à m’inscrire sur leur site et à les miser au poker ou à la roulette ! Ils sont à moi, et j’en dispose à ma guise dans leur établissement. Et même que si je gagne de l’argent avec, je pourrais le toucher ! Ce n’est pas tout ! Le comble, c’est que même une fois mes deux cent euros dépensés, je resterai inscrite au casino définitivement et je pourrai miser mon propre argent. J’ai cru rêver tellement cette société s’est montrée avenante et généreuse à mon égard. « Il y a encore des gens bien, en ce monde, ai-je pensé, même les jours ou l’on ne fête pas son anniversaire. »

Ce n’était pourtant pas mon anniversaire, aujourd’hui, et pourtant, à midi, en ouvrant mon courrier, je me suis crue quelqu’un d’exceptionnel. Tenez-vous bien ! Et si ce n’est pas déjà fait, mieux vaut vous asseoir ! Je vous aurais prévenus…

J’ouvre une enveloppe, qui m’est exclusivement destinée, et j’y trouve une multitude de présent magnifiques à l’intérieur. Le courrier, libellé à mon nom (et prénom !) m’affirme qu’un catalogue de vente par correspondance m’offre un cheque (sous forme de bon d’achat) de vingt euros. C’est déjà un beau geste, non ? Je commande pour soixante euros et je n’en paye que quarante. « Comme ils sont à l’écoute, et comme ils me connaissent bien »… J’en ai eu les larmes aux yeux. Et encore ! Je n’avais pas lu la suite ! Si je commande pour cent euros, les frais de port me sont offerts (carrément !) et si je commande pour deux cent euros, ils m’enverront un cadeau surprise ! C’était trop beau… Et ce n’est même pas mon anniversaire, aujourd’hui, pourtant!

L’émerveillement suprême est arrivé plus tard dans la journée, à l’heure des courses. Tous ces produits gratuits, tous ces bons d’achat, tous ces achats 100% remboursés… Mon magasin habituel s’était transformé en un temple bienfaiteur… Quel apaisement, de faire ses courses dans un hyper qui gâte autant ses clients… et puis ses clients privilégiés, encore plus ! A la caisse, l’adorable caissière me sourit et m’informe que mes achats du jour m’ont permis d’économiser un euro trente sur ma carte du magasin. Un vrai bonheur… Que feront-ils donc, le jour de mon anniversaire ?

Ce n’était pas mon anniversaire, aujourd’hui, et pourtant, en fin de journée, une très élégante jeune femme est venue spontanément sonner à mon portillon. Elle était souriante et agréable. Elle venait m’annoncer une TRES BONNE nouvelle ! Si je le désire, un camion pourra venir jusqu’à chez moi me livrer mes produits surgelés. Si, si ! Chez moi ! Plus la peine pour moi de courir avec mes sacs isothermes ! Le monsieur m’apportera dorénavant mes produits jusqu’à mon congélateur. Et pas seulement le jour de mon anniversaire ! Non, non ! Toute l’année ! Vraiment, que les gens sont prévenants…

Et, pour terminer cette magnifique journée remplie de belles émotions et de délicates initiatives à mon égard, je reçois, à l’heure du dîner, un SMS de mon futur mari.

« Ben.. ce n’est pas mon anniversaire, il me semble » ai-je pensé en ouvrant le message. Mon cajoleur de fiancé m’avait rédigé cette douce missive : «  Bouchons. M’attendez pas pour manger. Bon ap ‘. Bisous ».

Vous ne pouvez pas imaginer l’euphorie qui fut mienne à la lecture de ce billet doux ! Mon homme, très prévoyant, pense à notre confort même lorsqu’il est coincé dans les embouteillages. Vous vous rendez compte de son dévouement extrême? Non seulement il choisit de sacrifier son seul repas en famille de la journée, mais en plus il souhaite très sincèrement que notre appétit n’en sois pas altéré…Quelle abnégation véritable et désintéressé… Comme il se sacrifie pour sa famille… Et le comble, c’est qu’il nous embrasse, de surcroit. Quel message tendre et bouleversant…

Quel beau poème me fera-t-il parvenir, le jour de mon anniversaire ?

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21 juin 2008

Réunion de chantier (Val)

A vingt trois heures,  le petit maitre d’œuvre, au teint rouge écarlate, décide de commencer le chantier.

- Allons-y, les gars, tous à vos postes, ce soir, nous allons nous mettre au vert !

Le jardinier responsable des pelouses bien vertes, surpris d’avoir entendu son nom, relève la tête. Son collègue aux cheveux bruns, celui qui s’occupe de la terre et des pierres, le suit et tous deux se dirigent vers leur poste de travail.

-  Et, moi, et moi ? demande le peintre décorateur aux yeux bleu clair, que vais-je faire à cette heure ? C’est pas en pleine nuit que je vais pouvoir colorier un ciel bleu azur ?

- Mets des lunettes roses, lui dit le chef ! Tu peindras les volets de la maison en mistral, c’est joli aussi, ça ! Ton frangin, celui qu’était dans la marine, peindra le ciel en foncé!

- Oh, des lunettes roses, ça, j’sais faire, sourit la petite opticienne en tailleur fuchsia.

- Allez, les gars, mangez des oranges ! On a pas toute la nuit pour réaliser le projet, faut profiter qu’il fasse noir pour éviter qu’on soit vus, reprends le maitre d’œuvre.

- Quoi, manger des oranges ? Ne me mangez pas, je vous préviens, clame une ouvrière bien ronde vêtue de couleurs vivres. Mangez plutôt mon voisin, il fait pas net sur lui, le marronné ! 

- Bon, bon, vous disputez pas, ordonne le chef, le rouge aux joues. Tous les deux, vous ferez la façade de la maison, couleur terre, et puis le coucher de soleil un peu orangé. L’électricien, pour une fois, fera la lumière jaune des réverbères  et puis les étoiles dorées!

- Ah, non, s’exclame le petit artisan à la peau jaune. Et pourquoi on ne ferait pas un soleil jaune citron ? Ces fauves me piquent toujours mon travail !

- Parce qu’à cette heure, il fait nuit noire , lui réplique le maitre d’œuvre, rouge de colère.

- Il a raison, le jaune, clame le pépiniériste en cote vert clair. A moi aussi, il me faut du soleil, pour les tiges des fleurs, et puis les feuilles des arbres ! C’est pas un maudit réverbère aussi jaune soit-il qui va faire ressortir mes plantes !

- Et moi, rajoute la fleuriste aux cheveux violets, ils vont fleurir comment, mes bleuets ? Et toutes mes fleurs violettes, sans soleil ?

- Vous avez raison, soupire le chef, rouge de confusion, je me range à l’avis de la majorité. Ne nous occupons pas de la nuit,  il y fait bien trop sombre, ici , mettons-y des couleurs gaies pour chasser nos idées noires.

A six heures, le lendemain, le chantier multicolore est terminé.

Sur la page blanche, le chantier achevé… une charmante maison de briques rouges, entouré d’un joli jardin très vert et très fleuri. Un soleil étincelant qui porte des lunettes roses . Un ciel bleu azur

Pas peu fiers, tous les travailleurs au noir ont regagné leur boite à crayons.

Tous, sauf un : celui qui a été chassé pour ces idées noires.

d_fis

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14 juin 2008

Profession libérale en plein essor (Val)

Bon, au travail ! Commençons !

Ah, oui… les dossiers du jour ! Qu’aurons nous à traiter, aujourd’hui ? J’ouvre les dossiers un par un, , en réfléchissant à la façon dont je vais régler le problème. Allons-y, y’en a pas mal, aujourd’hui !

Affaire numéro un :

Ah ! Un couple ! Oui… je me souviens, c’est le monsieur qui est venu m’apporter le dossier… C’est plus pour son épouse, apparemment…

Alors… facile ! Premièrement, je vais leur parler des interminables délais d’accès à la PMA , ça fera certainement son petit effet. Ensuite, il me faudrait un témoignage, peut-être. Je vais appuyer mon argumentation essentiellement sur la rareté des dons d’ovocytes. Et puis, une FIV, c’est douloureux, à mon avis. Faudra que je me documente un peu. Faut pas que j’oublie ! Je conclurai en évoquant également (au cas ou) les obstacles qui se hissent sur le long et périlleux chemin de l’adoption.

Passons au cas numéro deux !

Ah, oui, le gosse ! C’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire, avec les gosses. Ils ont du mal à gober ce qu’on leur raconte, en général…

Bon ! Le plus simple serait de demander une fiche de paie au benêt qui fait le Père Noel à la galerie de Carouf. Le problème, c’est qu’un gamin ne sait pas ce que c’est qu’une fiche de paie ! Il va rien comprendre, le pauvre môme ! J’vais quand même pas devoir bosser la nuit de Noel pour pondre quelques clichés significatifs! Non ! Je sais ! J’vais emmener le gosse un samedi après midi à jouets club. Il verra bien tous les parents en train d’acheter les jouets. Et puis, avec un peu de bol, on croisera deux ou trois couillons de Pères Noël alcolos…

Affaire suivante !

Les p’tits vieux ! C’est pas évident à convaincre non plus, des p’tits vieux ! Faut les prendre par les sentiments, autrement on en tire rien ! Bon, eux, j’vais pas leur parler du taux de divorces. A leur âge, ils vont me rire au nez ! Non, eux, j’vais leur prouver par A + B (et à force de statistiques) que l’espérance de vie n’est pas la même pour les hommes que pour les femmes. J’aurais pas de mal à trouver les chiffres ! Ah, en plus, je vois que Monsieur a huit ans de plus que Madame ! ça arrange mes affaires ! Et puis, il a déjà eu un cancer . STATISTIQUES ! L’affaire est gagnée d’avance !

Quatrième dossier !

Oui, pff! Les baba cool avec leur quatre mômes mal élevés ! Bon, pour ce dossier, la difficulté est que ces clients là, ils vont s’en foutre, des statistiques, et encore plus de leur avenir ! Ils s’en tapent, eux, du fait qu’on ne tient pas à six dans un camping car pourri pendant un an. Ils s’en foutent, du risque que leur machin tombe en rade à l’autre bout du monde ! Non, avec eux, ils va falloir ruser ! Bon, je peux toujours leur certifier qu’ils trouveront pas de sponsor sérieux avec leur tête de biknites. Mais ces tarés sont bien capables de partir sans une tune ! Ah ! Je sais ! J’vais leur parler des lois ! Là, ça va les faire réfléchir ! Je leur dirai que si les pétards sont tacitement… tolérés, disons, dans notre beau pays des droits de l’homme, en revanche, dans certains pays, un joint, ça vaut la peine de mort ! ça va les refroidir direct !

Bon, encore deux et j’arrête ! Les autres attendront bien demain…

Qu’avons-nous ? Un couple, et l’autre dossier c’est la jeune fille…

Je commence par le couple !

Ouais ! Bon, ok ! Déjà, ils ont pas de fric, ça va pas être facile pour le billet d’avion. C’est un bon point ! J’vais appeler air France pour les tarifs. Elle, elle n’a pas d’expérience professionnelle, et puis ils ne parlent pas un mot d’anglais, alors à part au Québec…

J’vais demander un relevé des températures en hiver, qu’ils se rendent mieux compte du climat… Et puis, ils ont encore leurs parents, alors je vais insister sur l’éloignement familial, ainsi que sur les difficultés d’adaptations. Un déracinement, ça se fait pas sans douleur… Ça devrait suffire ! Ils ont l’air plutôt influençables, ces deux là.

La gosse ! Pré ado rêveuse et rebelle, j’ai écrit.

C’est sa belle-mère qui m’a confié le dossier. Le poule de son père ! Elle est enceinte, la belle doche. Il paraît qu’elle lui gâche la vie, la môme ! Chouette,  elle joint une photocopie de l’échographie , ça va me faciliter la tâche !

Ah, y’a même des enregistrements. J’ vais écouter la bande son.

Hum… ce sont des conversations téléphoniques entre le père et la mère de l’a p’tite ! Purée, c’est fleuri ! Si avec ça elle comprends pas qu’ils ne se remettrons jamais ensemble…

Au cas ou, j’vais lui faire regarder quelques épisodes des feux de l’amour. Elle verra bien que les adultes passent  à autre chose, après un divorce !

Bon, allez ! C’est assez pour aujourd’hui. Je réuni les documents nécessaires et je convoque les clients !

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