22 décembre 2012

Toute une vie... (Val)

Tant d'œuvres d'art méritent d'être citées...
Il a fallu en choisir une. Parmi d'autres. J'ai tranché.

Je vais vous parler du journal d'Anais Nin, que j'affectionne particulièrement (le journal!).
Il est l'œuvre de toute une vie.
Le fond et la forme, le contenu et le contenant sont œuvre d'art.

Je pourrais expliquer avec quelle assiduité elle a tenu son journal, de l'enfance à sa mort, car ça, déjà, c'est singulier. Une vie entière. Mais d'autres l'ont fait.
Je pourrais vanter son style, ou mettre en avant son impudeur sincère, authentique. Mais c'est un journal, alors évidement...le contraire serait etonnant.

J'aime, bien entendu, les journaux d'Anais Nin pour tout cela.
Mais surtout, les journaux de sa vie sont pour moi une belle œuvre d'art parce que la vie, une vie, chaque vie, est une œuvre d'art. Sa plus grande œuvre est son journal, parce que sa plus grande œuvre, c'est elle.

Quoi d'autre -pour moi- qu'une vie entière couchée sur des milliers de pages, mérite plus d'être appelé œuvre d'art?

 

 

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26 mars 2011

C’est fait (Val)

 

Je mange mes stylos. Je ne les mange pas, je les ronge. Je les ronge à sang. A sang d’encre ?

Petite, les quelques fois où j’ai vu un encrier, j’ai eu l’idée bizarre d’y goûter. A ce qu’il y avait dedans.

Je n’ai pas d’encrier, j’ai des stylos. Mais, devinez quoi ?
Par deux fois, cette année, au travail, j’ai réalisé plus ou moins un rêve de gosse.

Goûter à l’encre, ça, c’est fait ! Mouarf !

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19 mars 2011

« Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs. » (Val)

Tu avances, avec ton paquebot, inexorablement sur lui. T’avais pas vu, ou bien… t’as vu, mais bien trop tard…
Ton paquebot est lourd, il est lancé à pleine vitesse.
Tu te demandes si tu vas pouvoir encore le contourner.
Tu espères.
Et tu as tort. Tu te crois commandant de ton bateau, mais c’est un leurre.
Tu n’y échapperas pas.
Non parce que t’es un mauvais commandant, non plus parce que t’as un mauvais bateau.
Non.
Tu n’y échapperas pas, parce que l’iceberg, tu ne le sais pas, mais, en fait, c’est lui qui avance droit sur toi.
Il est debout, sûr de lui, les yeux rivés sur ton paquebot. Il sait où il va, lui. En plein sur toi.
Tu ne lui échapperas pas.

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12 mars 2011

Brocanteurs (Val)

 

Il est libraire. Il a déjà aimé trois femmes, dans sa vie. Toutes les trois parties.
Elle est fleuriste. Elle a déjà divorcé quelques fois, dans sa vie.

Et ces deux-là s’aiment. Un peu. Assez sans doute pour vivre tendrement, main dans la main… assez pour se rassurer mutuellement.
Ils ont un faible l’un pour l’autre. C’est comme ça qu’on dit.

Seulement, ils hésitent.

Un couple qui se forme, composé de deux vies passées, aussi riches que douloureuses…
Un couple où chacun porterait en lui les reliques invisibles de ses autres amours… passées (passées…comme les couleurs du linge, qui passent à la machine à laver).

Ne serait-ce pas… une brocante qui ouvre, plutôt qu’un couple qui se forme ?

Ils hésitent. Ils ont « passé l’âge ». Ils ont peur.
L’un et l’autre n’ont jamais eu pour projet de devenir brocanteurs…

Peut-on recommencer tout à zéro, quand son grenier n’est même pas vidé ?

Ils ont peur. Ils ont tort, d’avoir peur. Ils changeront d’avis.
Leur brocante à eux ne contiendra que du précieux.

 

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18 décembre 2010

Invitation masquée (Val)

Si j’étais riche, je serais tout d’abord écrivain. Mais un écrivain un peu spécial…
J’ai lu récemment un concept qui me plait beaucoup : un écrivain a eu la bonne idée de mettre son propre livre en vente sans prix affiché. Le truc est : « Payez ce que vous pensez être le juste prix pour mon livre ». C’est intéressant n’est-ce pas ? Si quelqu’un me le demande je donnerais le nom et le titre de ce livre.
Alors, moi, en toute conscience de la valeur de ce que j’écris… si j’étais riche, je serais un écrivain qui ne ferait pas payer ses livres. J’en ferais éditer tout plein, en offrirais aux écoles, bibliothèques, associations, et puis en enverrais gratuitement à chaque personne qui en ferait la demande. Et ce serait chouette, d’offrir ses écrits. D’ailleurs… c’est bien ce qu’on fait ici, non ?

Si j’étais riche, je serais éditrice. Mais une éditrice un peu spéciale…
J’ai vu il y a peu un concept qui me plait bien : des associations et organismes qui prêtent de l’argent aux entrepreneurs qui ont été déboutés par les banques.
Alors, moi, si j’étais riche, j’appliquerais ce concept à l’édition. Et j’éditerais les livres boudés par les maisons d’éditions.
Et comme je serais une « riche mais socialiste », je ne déciderais pas seule de ce qu’on édite ou non. Il y aurait un comité de lecture et ce serait démocratique.

Si j’étais riche, j’ouvrirais un café-salon de thé. Mais un café/ salon de thé un peu spécial…
Je vois souvent des cafés-concert, des cybercafés, des cafés/galerie d’art, des cafés/ brocante. C’est sympa, tout ça, n’est-ce pas ?
J’appliquerais ce concept aux livres et aux textes. Si j’étais riche, j’ouvrirais un café-bibliothèque… qui se transformerait le week-end en cafés avec soirées lectorales… à thème.
Imaginez : on boit un thé, un café, un chocolat chaud et on prend place dans des fauteuils… Les murs sont couverts d’étagères remplies de livres (une bibliothèque, quoi), on se sert et on lit sur place, devant un feu de cheminée et une tasse chaude à la main.
Et le samedi soir, on vient lire et écouter des histoires…
Vous aimez ?

Mais… comme je ne serais probablement jamais riche… j’ai pensé que je ne devais pas pour autant renoncer à tous mes rêves.
Ce café/ salon de thé, sans un sou, il pourrait bien naître… chez moi.
Le concept est simple : vous venez… avec vos textes, vos livres, des livres. Moi j’aurais transformé mon salon (poufs, canapés, fauteuils). J’aurais préparé du café, du thé, du chocolat chaud. On boirait tous une tasse fumante. On lirait à tour de rôle des textes, extraits… tout ce que l’on aime et que l’on a envie de partager. Et avant de repartir, on s’échangerait quelques livres.

L’invitation est lancée.

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23 octobre 2010

De là-haut (Val)

Dans mon entreprise… enfin… ce que j’appelle… dans l’entreprise qui m’emploie, 80% des salariés travaillent au rez-de-chaussée.
Il y a pourtant deux escaliers. Qui mènent à deux groupes de bureaux.
L’un des deux escaliers vous conduira tout droit (heu… tout haut) à différents cadres et directeurs. L’autre, carrément à la Direction. Avec un D majuscule.
Aussi, les salariés, lorsqu’ils « montent », c’est pas pour rien.
On monte se plaindre, s’expliquer, on monte parce qu’on est convoqué (et c’est pas toujours de bonne augure), on monte revendiquer, se défendre, dénoncer. Parfois, on menace un collègue : « Si ça continue, je vais monter ! ». Le collègue sait parfaitement bien où, inutile alors de le lui préciser.
Alors quoi ? Alors, tout se joue « là-haut ». C’est là-haut, en haut d’un escalier ou de l’autre, que se font les choses, là que nous sont accordées ou refusées nos demandes de congé, là que l’on reçoit les blâmes, là que sont décidées les augmentations, les promotions. C’est là-haut que sont prononcées les sanctions, entendues les doléances. Là-haut.

En France, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais bien souvent, les provinciaux qui doivent se rendre à la capitale disent qu’ils « montent à Paris ». Les gens des Charentes montent à Paris, ceux du Pays Basque montent à Paris, ceux du Perche montent à Paris. Je ne connais pas de gens qui vivent dans le Nord. Que disent les gens qui vivent dans le Nord ?
Nous, en tous cas, on « monte «  à Paris. Parce que Paris est haut. Et sous des explications géographiques, j’y vois autre chose. On monte à Paris parce que c’est à Paris que tout se joue. L’art –les arts-, la culture, la politique… Paris !
On y monte parce qu’à Paris tout se décide.

Et universellement, il y a quoi, là-haut ?
Dieu regarde ses fidèles de là-haut.
Le Père Noël, de là-haut, voit si les enfants ont été sages ou non.

Là-haut. C’est là que le sort du monde est statué. D’ailleurs, c’est pour cela que les enfants, on les « élève ». On a tous compris que pour toute chose, il fallait monter haut.

Dans un petit contexte comme le lieu de travail, ou dans un plus grand, quasi universelle, c’est toujours là-haut que tout se joue.

Et chez soi ?
Je ne sais pas vous, mais moi, chez moi, j’ai aussi un escalier. Qui conduit « la-haut », à l’étage.

Et, qu’y a-t-il, chez nous, là-haut ?
La chambre à coucher.
Hey ?

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16 octobre 2010

Arbre généalogique du secret (Val)

Gontran avait un secret.
Il l’a dit à : Isa, Mag, Jasmine, Michel et Arnaud.

Isa a confié le secret à : Valérie et Jean.
Valérie l’a répété à Louise.
Qu’a fait Louise de ce secret ?

Mag a révélé le secret à Elodie.
Sur qui Elodie s’en est-elle déchargée ? On ne sait pas (pas encore).

Pour Jasmine, Michel et Arnaud, on n’a pas encore d’information quant à leur descendance du secret de Laurent.

C’est pas clair ? Je comprends !
Je fais un arbre pour vous éclairer.

Arbre généalogique (en cours de réalisation) du secret de Gontran :

val1192


Comme vous pouvez le constater, cet arbre n’est pas terminé. Des recherches ultérieures feront sans doute apparaître de nouvelles cases. Le doute subsiste.

Conclusions ?
-    Engendrer un secret nous fait vite devenir le patriarche d’une famille nombreuse.
-    Les secrets se reproduisent comme des lapins !

Vous croyez que ça pourrait être inventé, comme métier, généalogiste des secrets ?

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02 octobre 2010

Sans verbe (Val)


Draps souillés. Odeur de sperme. Matelas fatigué. Sueurs mêlées. Désirs endormis, usés, épuisés.

Pas de verbe ? Quel verbe ?
Verbe haut ? Verbe poétique ? Verbe ardent ? Imagé ? Enflammé ? Truculent? Verbe tranchant ?
Non ! Pas de verbes !

Corps vidés. Membres flagada. Voix rauques. Cuisses moites. Haleines aigres. Gorges sèches. 


Vrai ! Aucune place pour le verbe, dans ces cas là…

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18 septembre 2010

Sans z’ailes/ sans elle (Val)

Le doudou d’Aziliz a des z’ailes.
C’est une abeille.
Les z’ailes tissées de la belle abeille se frottent contre son nez.
Aziliz aime.
Le contact des z’ailes de l’abeille lui apporte la sécurité.
Aziliz, de son doudou, n’aime que les z’ailes.
Et elle met un soin zélé à vérifier
Que les z’ailes de l’abeille restent toujours bien nouées.
Si le tissage des z’ailes est moins serré
Elle boude
L’abeille hier aimée. 

Que sont les anciennes abeilles d’Aziliz devenues ?
Elles ne sont pas perdues.
Elles sont juste boudées.
Elles ont perdu leurs z’ailes.
Qui rêverait d’étoiles avec un doudou qui aurait perdu ses z’ailes ?
Aziliz sait qu’il faut des z’ailes pour voler.
Peut-être pour voler des ses propres ailes ?

L’abeille aux ailes cassées doit être à chaque fois remplacée.
Mais… c’est la loi de la nature, non ?

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22 mai 2010

Les millettes antiques (Val)

Sur son lit de mort, Charles pleurait. Il sentait la fin si proche…

Sa vie durant, il avait exploré chaque recoin de l’Egypte, cherché à reconstituer l’histoire avec une rage obstinée et une rigueur acharnée, dirigé de savants et minutieux travaux de décryptage, mené à bien des fouilles gigantesques.

Ses innombrables découvertes, les nombreux dégagements qu’il opéra, son acharnement d’homme passionné, avaient fait de lui un archéologue et historien de l’Egypte antique plus que reconnu. Il mourrait à l’apogée de sa renommée.

Pourtant, il mourrait insatisfait et très accablé. C’était trop tard, maintenant. Il se sentait si faible. Il ne saurait pas avant de mourir. 

Cinquante ans plus tôt, jeune archéologue, il avait tenu entre ses mains un parchemin, noirci en hiéroglyphes, trouvé lors des fouilles du temple de Thot. Le premier de toute sa carrière. Il ne l’oublierait jamais.
Le décryptant, il avait buté sur un mot : millettes.
Que pouvaient bien être des millettes, dans l’Egypte antique ?

Depuis ce jour, il n’avait eu de cesse de chercher. Tous ses travaux, toutes ses recherches pourtant fructueuses, n’avaient en fait jamais eu d’autre but que celui de découvrir ce qu’étaient ces fameuses millettes, que le scribe décrivaient petites, qui semblaient être le plat principal d’un repas frugal.

Était-ce un fruit disparu ? Une pâtisserie ? Il n’en n’avait jamais rien su, n’avait jamais remis le doigt sur la moindre piste. Pourtant, il s’en souvenait. Il avait lu « millettes ». Il en était certain. Ces millettes venaient le hanter la nuit. Il n’en trouvait pas le sommeil.

Toute son existence,  il avait couru après cette idée fixe : savoir. Obsession de toute une vie. Ses nombreuses et importantes découvertes ne l’avaient jamais consolé. Il mourrait sans avoir percé le secret de millettes.

La mort le prenait alors qu’il éprouvait ce terrible sentiment de l’inaccompli. Une vie sans avoir trouvé, c’est une vie pour rien, se disait-il. Il avait vécu pour ne pas trouver ce qu’il cherchait depuis toujours.

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Quelques cinq mille ans plus tôt, à la bibliothèque du temple de Thot, le jeune Mehdi, douze ans, corrige sa dictée avec le prêtre chargé de son éducation. Il serait scribe comme son père, mais d’ici là, il devrait encore travailler et s’instruire quelques années : il avait écrit « en millettes » plutôt que « en miettes ». Son erreur avait fait sourire le prêtre. Mais le parchemin était à refaire.

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