16 février 2013

Plouf (Tracy)

J'ai le souffle coupé,
Les cheveux emmêlés,
J'ai la robe qui s'envole, 
Les pulsations qui gondolent.

La houle au rythme du partir revenir, 
Les pieds qui s'enfoncent.
Non loin de là un objet un qui m'attire. 
Au loin un marin qui ponce.

Comme dans les films, je la vois.
Le verre usé, le contenu encore secret. 
J'ai le cœur en émoi, 
Des pensées insensées

J'ai le dessous des ongles qui grattent, 
Les orteils pris au piège du sable mouillé,
Je m'avance avec hâte, 
De l'eau, je me suis rapprochée.

J'ai la main face à l'horizon, 
La robe qui prend le large, 
Je ressens comme des frissons, 
Il va falloir que je nage.

Comme un bateau et son phare,
J'avance mais ne l'approche jamais. 
Il se fait tard
Et je crois que je m'en vais

J'ai le souffle coupé,
Les poumons glacés,
J'ai les pulsations qui gondolent
Et le cœur qui s'envole.

Pouet

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02 février 2013

Inéluctable (Tracy)

mucoviscidose

 On vit toujours avec l'idée, d'un jour, se faire dérober un bien précieux

Alors, on ferme bien à clé quand on sort,
On enroule son bras autour de son sac
On jette des regards suspicieux ici et là
On accélère le pas quand le danger imaginaire se fait trop présent

J'ai beau fermer à clé, elle a le double
J'ai beau veiller sur son bien-être, elle est plus forte que moi
J'ai beau l'enrouler de mes bras, poser sa tête contre ma poitrine, un jour elle me le prendra.

On va me le dérober
Lâchement, un jour, elle viendra et lui coupera le souffle
On me laissera seule comme la fille à qui on a rien pu faire
Sans pouvoir appelez la police, sans pouvoir courir après cet escamoteur

On me laissera seule
Comme la fille qu'on avait prévenu
"Ecoute, tu savais à quoi t'attendre, ne vient pas te plaindre maintenant"
Comme la fille qu'on geint
"Elle est si seule désormais"

On va me l'arracher comme on dépouille une baignoire de son robinet
On va me le voler comme on dérobe une friandise à un diabétique
On va me l'enlever comme on extrait un enfant du ventre de sa mère

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05 janvier 2013

Plonger dedans (Tracy)

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Il a senti mes larmes,

Entendu mes rires et soupirs.

Il a tout subi.

Les ressorts qui se tordent de douleur quand on saute dessus

Les draps mouillés quand on s'abandonne dedans

Il m'a vu grandir

De la petite fille qu'on bordait le soir

A la maîtresse qu'on caressait la nuit

Il accompagne mes nuits blanches

Me fait l'effet d'un réveil matin, d'un jus d'orange, d'un café

Il accompagne mes rêves

Se fait tout doux, tout chaud, tout douillet

Il est moi.

Rentrer chez soi, 

Avoir passé toute la journée à se demander qui on est, comment on en est arrivé là ?

Rentrer chez soi,

Plonger dedans

Sentir son odeur

Sentir toute sa vie dans ses draps

On comprend alors le lien

Le lien entre la petite fille qu'on était et la jeune femme qu'on est devenue.

Il permet les confidences et les réconciliations

Il permet le rêve et l'espoir

Il permet l'amour et l'imagination

A peine naissons-nous qu'il nous enveloppe de ses bras

Déja c'est la fin et pour toujours notre lit gardera une trace de notre passage, de notre existence.

 

Photo de : Luy __vu sur Zphoto

 

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29 décembre 2012

Participation de Tracy

Le feu crépite dans la cheminée. Non loin de ce bruit se mêle le cri des enfants, toujours éveillés ! Oui mais ce soir, c'est un soir bien spécial mes amis. Au sein du salon décoré de couleurs brique et doré se dresse le sapin de Noël. Une étoile triomphante en son bout et des guirlandes sensuelless tout autour. Maman a bien pris soin de cacher le petit Jésus, elle connait si bien ses petits, prêts à tout pour le rendre à sa mère avant l'heure convenue. On fait passer les dernières guirlandes lumineuses dans les maisons, pour faire comme si quelqu'un habitait là-dedans.

La famille arrive, elle met du temps, dis donc. C'est agaçant ! On se met à table et ... Encore des photos ! On se met donc à table et maman sert la dinde... que c'est bon. J'adore les châtaignes, les marrons et les petits pois ... Maman fait toujours une sauce spéciale qui fait grossir, mais après tout on s'en fiche, c'est la nuit de Noël ...

On fait la course avec mon frère. Qui déchirera le plus de papier cadeau ? Comment ça ce n'est pas ça le cadeau ?

Puis les années passent.

Nous ne sommes plus que trois à la maison. On ne décore plus le sapin et les maisons ne sont plus illuminées comme autrefois. Pour se mettre du baume au coeur et tenter de reproduire la magie de Noël on achète ses formes difformes de couleurs fluos à accrocher au mur en forme de sapin, de boule de noël et de bonhomme de neige. On achète même un Père Noël, au cas où il n'existerait pas ...

La dinde arrive, toujours accompagnée de cette fameuse sauce que Maman fait toujours. Elle fait grossir et maman nous le rappelle bien. Mais zut ! Elle est où la magie de Noël ? Ah oui, dans les cartons à la cave.

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22 décembre 2012

Participation de Tracy

Carre-blanc-sur-fond-blanc

Je n'aime pas les observateurs qui s'accordent sur la beauté des couleurs

Je n'aime pas les amateurs qui s'extasient sur la perfection des formes

Je n'aime pas les musées dénaturés par la foule humaine

Je n'aime pas qu'un artiste m'influence par son choix de représentation

Je n'aime pas qu'on me coupe l'imagination 

 

Le carré blanc sur fond blanc

C'est comme mes pas sur une page blanche

Peu importe ce que j'y fais, comment je le fais, on ne verra presque rien

Je me mets face à cette toile 

J'éclate des billes de couleurs selon mes humeurs

C'est fabuleux, tous les jours je peux la reprendre

Tous les soirs à minuit elle redevient blanche

 

Peur de la page blanche ?

Mais elle n'est pas blanche, regardez !

Un petit carré blanc qui nous rassure

Nous, humain, qui aimons le confort intérieur

Nous, humain, qui aimons transgresser les limites

Faites-y ce que vous voulez dans ce carré blanc

Renfermez-vous, aventurez-vous

 

Malevitch ne vous dira rien

Lui-même en le peignant, de sa fonction, il n'en savait rien

 

 

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10 décembre 2011

Au hasard (Tracy)

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Au hasard, je suis tombée sur cette photo. La voir me met du baume au coeur ! Je ne me trouve pas très jolie mais en soit est-ce que la vie est très jolie ?

 Sourire aux lèvres, yeux plissés, pommettes remontées. Cette photo si bien cachée dans son dossier caché pour ne pas trop que je me rappelle. Que je me rappelle tous ces bons moments. Bon moments qui ne sont pas les seules que j'ai connu! D'autres gens partagent ma vie, d'autres moments m'ont permis de plisser les yeux, remonter mes pommettes, montrer mes dents. Oui, tout a changé mais tout va tellement mieux ! Je commence à voir qu'il y a autre chose sur Terre que la nostalgie des moments perdus. Je commence à comprendre ce que c'est que de tourner la page, d'avancer en acceptant le passé. 

Me rappeler le passé et me lancer dans l'avenir voilà ce qu'elle me fait. Au hasard, je pense à cet été ensemble, ces fous rires. Au hasard, je me vois après cet été à rire, encore, avec mes amis.

Voilà je ne t'ai pas attendu pour rire et je n'ai pas arrété de rire après toi ! Que j'ai été stupide de croire cela avant aujourd'hui !

Voilà j'ai compris que je peux exister sans toi. J'ai compris que j'étais moi.

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19 novembre 2011

Petit bateau (Tracy)

Petite bateau avance sur l'eauSans titre-1

Prends mes peines et mes désirs 

Et sème-les au fond de l'eau

 

 ...............................

 

Petit bateau coule dans les flots

Fais-moi oublier la trahison

Celle qui m'a fait sombrer au fond des eaux

 

  ...............................

 

Mes eaux de tristesse et de guérison

Guérison que j'attend depuis si longtemps

Si longtemps que j'essai d'oublier ton nom

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06 août 2011

Défi 152 (Tracy)

         Elle était là assise sur sa chaise d’il y 60 ans. Qu’elle était jeune ! Elle regarda par-dessus sa jeune épaule ce qu’elle pouvait bien faire sur ce bureau. Dessiner ? Comme elle l’avait toujours fait avant que ses tremblements l’en n’empêchent.  Jouer avec la paume de sa main ? Ou tout simplement fixer les rainures du bois et rêver ? Elle vit un texte, écrit à la plume. Elle se souvint et s’entendit le lire.

->[Souvenirs]

« Mes yeux se ferment. Je revois ton visage, ton sourire. J’entends ton rire, ta voix. Je sens ton odeur. 

Dans mes rêves les plus osés, les plus fous, je me vois là-bas dans tes bras. Encore toute petite, quelques cheveux sur le caillou, fragile. Dans mes rêves les plus fantaisistes, je te vois toi qui lui donnais le sourire, toi qui comblais sa vie.

Dans tous mes rêves, tu es là avec eux. Vous êtes là près de moi. Voilà mon plus grand souhait. Tous ensemble, réunis. Personne ne manque. Je profiterais de ces derniers instants pour faire ce que je n'ai pas pu faire avant que vous partiez. 

Une photo de vous je cacherai dans ma petite boîte. Mon magnétophone enregistrera une discussion sans intérêt où se mêleront vos débats habituels sur votre quotidien et vos rires exubérants annonçant votre présence. Je remplirai une fiole de chacune de vos odeurs. Ainsi quand les larmes me monteront aux yeux, je les sortirai de ma petite boîte et je revivrai cette époque où tous ensemble nous étions heureux et ne pensions pas à l'avenir. D'une certaine façon, ce sera ma manière à moi de remonter le temps.

Mon présent est rempli de nostalgie et d'attente. Je ne peux vivre l'instant présent alors que tout me manque. Vous êtes ceux qui m'ont permis de me construire et maintenant je dois marcher seule. 

Alors j’attends désespérément… »

   

            Elle avait toujours été ainsi.  A cette époque, c’était son plus grand rêve. Une larme coula sur sa joue. Elle se réveilla, elle était de nouveau chez elle dans son salon, rempli de toutes les photographies qu’elle avait pu prendre durant sa longue vie. Elle réalisa que jamais elle n’avait profité complètement de l’instant présent et que toujours elle avait attendu un moment dans le futur pour pouvoir le savourer. Elle ne voulait plus attendre. Elle avait déjà trop attendu. Personne ne pouvait lui venir en aide. Personne d’autre ne pouvait effacer toute cette nostalgie, sécher toutes ses larmes qui coulaient depuis longtemps regrettant l’instant passé.

            Difficilement, elle sortit de son fauteuil. Le feu crépitait dans la cheminée.  De sa main tremblante elle prit cette photo qu’elle chérissait tant, la sortit de son cadre et l’embrassa. Elle fit de même avec toutes ses tendres photos. Elles ne pouvaient empêcher les larmes perlées le long de sa joue qui suivaient le chemin des précédentes. « Cette photo c’était le jour de son baptême il était encore là », disait-elle. Celle-ci le jour de ses 7 ans. Sa mère avait préparé un fabuleux repas et elle avait eu le gâteau de ses rêves. Un gâteau en forme de champignon. Elle retomba sur ce vieux polaroïd le seul de sa collection …  Puis une photo de son mari et elle, à leurs débuts à Saint Tropez. Son frère encore petit. Ses enfants encore là, près d’elle. Tout lui avait échappé. Elle n’en pouvait plus. « Trop de temps… j’ai perdu trop de temps », marmonna-telle.

            Elle s’empara de toutes ses photos, de son passé et les jeta dans les flammes. Une odeur de brûlé remplit le salon comme lorsqu’elle avait raté le soufflé au fromage.  Elle jeta toutes ses cassettes, elle ne voulait même plus les écouter, elle les connaissait par cœur. Sa mère et sa douce voix qui la réconfortait quand elle était malade, son père au téléphone l’appelant de loin, ses cousins en train de rire et de parler des prochaines soirées, son mari et sa voix suave et sécurisante, les rires de ses enfants, sa voix à 19 ans. Mais ce furent ses fioles qui causèrent sa perte. Ces élixirs de rose, de produits chimiques, de Nivea, de BabyDove…  A l’instant même où elle les jeta, les flammes s’embrasèrent. Une petite flamme put atteindre son confortable fauteuil, le brûlant ainsi. Le feu se répandit peu à peu. Elle se résigna à quitter ce chez elle qui l’avait toujours été mais en vain. 

         Trop vieille elle était et elle l’avait oublié à force de vivre dans le passé ce qu’elle n’avait pas pu vivre dans le présent.  Elle se retourna et regarda le feu consumer tout ce qu’elle avait chéri et empêcher de vivre. Résignée elle se raccrocha au dernier souvenir épargné par les flammes. Elle l’approcha de son visage. C’était son oreiller. Elle sentit une dernière fois son odeur. La plus douce des odeurs. C’était cette odeur qui la réconfortait lors de ses déceptions. Cette odeur qui la serrait fort et qui l’aidait à tout surmonter. Elle respirait encore et encore dans son oreiller. Elle pleurait, pleurait et regrettait de n’avoir pu vivre plus intensément. De n’avoir pu profiter d’eux et de cette odeur.

          Elle se retournait l’oreiller contre le cœur. Les flammes s’approchèrent d’elle. Elle allait mourir, elle le savait. Mais enfin, elle allait pouvoir les rejoindre, revoir leur visage, leur sourire. Entendre leur voix et rires. Sentir l’odeur qui lui manquait tant et qui allait la prendre dans les bras comme il le faisait autrefois.

 

 

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30 juillet 2011

Participation de Tracy

 

fragile

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23 juillet 2011

Confiance (Tracy)

 

confiance

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