05 décembre 2009

Cher Monsieur Vent Rond Pouille (Tiphaine)

Cher Monsieur Vent Rond Pouille,

J'espère que vous voudrez bien me part donner, mais je ne peux m'empêcher de vous donner du "Cher Monsieur", vous êtes si chair à mon cœur…
C'est avec une joie, non, dix simulés, que j'ai appris que vous Cherchiez à créer de nouveaux mets tiers pour le rap de demain. Moi qui en ai justement deux, demain, je peux vous assurer que je sais les manier, et avec A. Gilité entre autres (c'est un peu d'eau mime, elle préfère garder l'âne au nid-mat).
J'exerce depuis quelques âmes nées, dans la lande estimée hélas, un métier qui vous remplirait sans doute d'un an tout miasme sans faim, si seulement vous aviez la chance d'en entendre par laid un four.
C'est donc l'objet et l'obtus de ma lettre.
Ce laitier, mon cher Monsieur Vent Rond Pouille, c'est le plus beau laitier du monde. Ce fruit qui vous manquait, ce fruit qui fera le beau beurre de tous les Zorros Péens. Et, je vous crie de me poire, j'ai toutes les quatre liées pour le promenoir, vu que c'est le lien, et que je les gerce deux puits si longtemps que je crois rien que vous n'étiez même pas nez, queue je l'ai gercé déjà… C'est vous rire…
Cher Monsieur Vent Rond Pouille, île est sans route inutile que j'en dise pelisse, vous m'avez con prise, j'en suis mûre.
Veuillez alors agréger, Cher Monsieur Vent Rond Pouille, les pressions de mes saluts à fions tant distingués
Tif aime

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14 novembre 2009

Suite de Tilleul (Tiphaine)

La version de Tilleul


Où, nus, allongés sur le dos, nos deux héros discourent de la forme des nuages, de la caresse du soleil sur la peau, des petites bêtes qui peuplent la lande et du plaisir d'être, tandis qu'à l'horizon, l'adversité tisse ses noirs desseins.

Une petite brise légère rafraîchit l’atmosphère lourde de cette fin de mois de juin… Les examens sont terminés. Les résultats devraient être à la hauteur des efforts fournis durant cette longue période de torture estudiantine. Les vacances promettent d’être belles…

Elle attendait depuis longtemps ce jour où il lui déclarerait enfin sa flamme… Maintenant, elle a l’impression que son cœur est trop petit pour contenir la joie qui l’habite.

Il se demande pourquoi il a tant tardé à lui avouer son amour…

En observant le bleu du ciel, ils s’amusent comme deux adolescents sans soucis à interpréter le dessin formé par les quelques voiles cotonneux qui traversent l’azur… Ils sont seuls au monde… Leur bonheur durera longtemps !

Soudain, effrayés, ils se redressent d’un mouvement brusque…  et c’est debout qu’elle s’exclame :

« Non ! Ils ont osé ! »…

Suite par Tiphaine :

Un grondement s'élève, sous leurs pieds, le sol se met soudain à trembler.
Leurs yeux sont maintenant rivés sur le pic des mouches…

Hier encore, ils s'étaient promenés sur ses sentiers, main dans la main.
Hier encore ils avaient ramassé des crocus en souriant aux bécasses des bois…
Hier encore il disait à sa belle d'un ton docte que la montagne continuait de grandir, que des chercheurs avaient estimé que chaque année son sommet prenait jusqu'à 7 millimètres… Et ils avaient ri à l'idée qu'eux-mêmes ne seraient jamais que des petits moucherons à l'échelle de cette nature qui les dominait de toute sa majesté…
Mais c'était sans compter sur les promotueurs…

"Ils ont osé… ces ânes…"

Droit devant eux, la Sainte Victoire est en train de s'écrouler.
Terrain rentable.
Côte surchargée, immobilier en crise, bénéfices à faire…
Droit devant eux, la Sainte Victoire s'affaisse.
Un noir nuage de poussière se forme à l'horizon.
Et c'est comme si la montagne pleurait,
Et c'est comme si elle rageait
Comme si elle pouvait encore parler…

Quand la victoire est morte, que reste-t-il aux hommes?
Un terrain vague, bientôt aplani par les camions chenilles?
Quand la victoire est morte, il reste le souvenir.
Quand la victoire est à terre, il reste la rage de reconstruire.
Quelques touches de peinture sur une toile.
Pour nous montrer la voie.
A nouveau.

Il prend sa main doucement.
Elle se blottit tout contre lui.
Lui et elle
Elle et lui
Deux petites montagnes au cœur du monde.

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17 octobre 2009

Drimineblou (Tiphaine)

Cher Papistache,
C'est avec grand plaisir que j'ai le bonheur de vous annoncer que j'ai retrouvé le texte de votre petite Vitaly. Sa maîtresse a de drôles de goûts, tout de même, je la soupçonne fortement d'être un peu fleur bleue…
Voici donc le texte manquant, il s'agit des paroles d'une chanson commise au début des années 80, et plus précisément d'un duo savoureux entre Sophie Marceau (qui aurait sans doute dû suivre les conseils de son père le célèbre mime qui l'incita de nombreuses fois à la réserve) et François Valéry (qui aurait dû suivre pour sa part les conseils de son ancêtre Paul qui l'aurait sans doute incité à se concentrer sur les jeunes parques plutôt que de porter son dévolu sur les jeunes au parc…).
Les auteurs-compositeurs de cette "bluette" sont Pierre Delanoë, François Pédron et François Valéry "himself".
Pour conclure, je me permets de vous aider un peu en répondant moi-même à la dernière question posée par la maîtresse de la petite fille de votre voisine.
Que prouve la dernière phrase? La dernière phrase prouve que notre culture française n'est vraiment plus ce qu'elle était…
Je vous souhaite bien du courage, cher Papistache !
Mamy Blue

Paroles de la Chanson : Dream in blue

François : Have you learned your text ?
Sophie : J'ai pas eu le temps, Monsieur…
François :Très mauvais prétexte !
Sophie : On ne fait pas ce qu'on veut !
François : Petite romanesque !
Sophie : Ça vous amuse, Monsieur ?
François :Un petit peu...

François : Have you learned your song ?
Sophie : J'ai pas eu envie, Monsieur…
François : Tell me what is wrong ?
Sophie : Tout va pour le mieux, Monsieur !
François : On se moque du monde ?
Sophie : Ca, c'est pas vrai, Monsieur !
François : Oui, un petit peu…

François et Sophie :
Dream in blue,
Je rêve en bleu, I dream in blue,
Lorsque je pense à vous,
C'est entre bleu et blue
Dream in blue,
Je dream en bleu, je rêve en blue,
Tout est bleu, all is blue… blue !
Ooooohhhhhhh dream in blue

Sophie : Do you know something ?
François : C'est moi qui pose les questions !
Sophie : I am expecting !
François : Qu'est-ce que vous attendez donc ?
Sophie : Que l'on me devine !
François : Voulez-vous des bonbons ?
Sophie : Eh, qu'il est con !

François et Sophie :
Dream in blue,
Je rêve en bleu, I dream in blue,
Lorsque je pense à vous,
C'est entre bleu et blue
Dream in blue,
Je dream en bleu, je rêve en blue,
Tout est bleu, all is blue… blue !
Ooooohhhhhhh dream in blue


Sophie Marceau et François Valéry - Dream in blue
envoyé par gcolombat. - Regardez plus de clips, en HD !

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12 septembre 2009

L'heure vide (Tiphaine)

Je ne saurai jamais ce qui s'est passé le mardi 7 octobre 2008 entre 14 et 15 heures.

Je suis arrivée dans ma classe à 13H55, comme chaque mardi. J'avais fait rentrer les élèves. Ils étaient douze. Neuf garçons, trois filles. Pendant l'appel, l'un d'entre eux s'est levé puis a pris soudain ses jambes à son cou. Je suis sortie de la salle à sa poursuite.

Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, on me l'a raconté.
Les gosses de la salle d'en face m'ont vue traînant doucement le gosse par les pieds, dans le plus grand silence, un sourire figé sur le visage. L'enfant s'est caché sous une table, j'ai refermé la porte.

Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, on me l'a raconté.
Les élèves ont recommencé à chahuter, puis c'est devenu un immense bazar. Il paraît que j'étais comme une automate, je ne réagissais pas, je ne les voyais plus.
Une première bagarre a éclaté. Je me suis précipitée, j'ai séparé les deux ados et je me suis pris un coup. Sans doute qu'il ne m'était pas destiné…

Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, on me l'a raconté.
Je suis retournée à mon bureau, une deuxième rixe avait déjà recommencé. J'ai marché vers eux sans émotion, j'ai séparé les belligérants avec une violence qu'ils ne me connaissaient pas, j'ai pris un deuxième coup. Une gifle. J'ai gardé la marque sur mon visage. Sans doute qu'elle ne m'était pas destinée…

Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, on me l'a raconté.
Je suis restée assise un moment. Les insultes continuaient à fuser. Ça criait, ça hurlait autour de moi et je n'avais pas l'air de m'en rendre compte.
Encore une bagarre, plus violente encore que les précédentes. Je me lève, je me jette contre les deux corps, je sépare brutalement. Dernier coup. Une gifle encore. Sans doute encore ne m'était-elle pas destinée…
Je m'assois. Je baisse la tête.

Sonnerie de 15 heures. Je suis seule dans ma salle de classe, les élèves sont partis, je ne les ai pas vus partir… Je n'ai aucun souvenir de l'heure qui vient de se passer. Aucun souvenir. Une heure vide…
Une nouvelle classe arrive. "Vous n'avez pas l'air bien madame…" Je prends mes affaires, et, pour la première fois de ma vie d'enseignante, je quitte les lieux pendant un cours sans rien dire à personne. Question de vie ou de mort.

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31 juillet 2009

Défi de Tiphaine

Je vous parle d’un Tang que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître

Qu’est-ce qu’on se fait chier dans c’te zone… Y’a jamais rien à branler…

C’est naze, ça pue à mort, c’est merdique…

L’dimanche, on prend nos biclous et on va chez Fred, chez ouam ou chez Titi, on écoute des skuds, on boit le narpi de nos ieuvs,  on fume des tarpés… Le lundi aussi… Ben les autres jours aussi…

Des fois, on va se baquer à la pistoche, quand i fait trop auch, mais ça schlingue à mort le chlore alors on se casse vite fait…

On se fait chier dans c’te zone de merde…ça craint du boudin…

Les meufs, c’est toutes des thons ou des cageots, pas un seul canon à galocher…

Bonjour l’angoisse…

Quand on n’était pas au chom’du, on prenait le reureu tous les matins, on matait les tronches des marlous, on s’marrait bien.

Là c’est la gerbe, on a niqué nos exams, niqué nos boulots, carrément, on n’était pas faits pour taffer…

Mais qu’est-ce qu’on se fait grave chier ici…

On va pas piquer les zomblous des branleurs de la haute, on va pas flinguer les patrons, on n’a pas les couilles pour ça…

On se fait iech, carrément…

Des fois, on croit au bonheur, mais l’bonheur, c’est rien qu’du chagrin qui se r’pose comme dit Léo.

Tiens, t’as qu’à voir, l’autre jour, avec Fred et Titi, on r’montait vers chez ouam quand on a croisé une vioque qui sortait du prisu.

Elle nous r’garde en souriant, pas nette la mamie, genre qu’a pas peur des loulous. Elle nous cause :

-          Dites-moi, jeunes gens, vous m’aideriez à porter mes paquets jusqu’à chez moi, j’habite au cinquième étage ! En échange, je vous donnerai du shit !

Z’y va qu’on s’est dit, c’te vioque c’est le père Noël !

Tu penses qu’on lui a porté ses paquets, et vite fait, ses escaliers on les a montés en vitesse, fallait voir comment qu’ on y mettait du cœur à l’ouvrage !

La vioque elle suivait à p’tits pas, elle était contente, tu penses !

Elle a ouvert la porte de sa baraque, elle nous a dit de la suivre jusqu’à sa zinecui, ben nous on a suivi, on le voulait notre shit !

Elle a ouvert son frigo et là, elle a dit :

-          Shit orange ou shit citron ?

Des fois, on croit au bonheur, mais l’bonheur, c’est rien qu’du chagrin qui se r’pose

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02 juillet 2009

Défi de Tiphaine

Chapitre LXVII (Tiphaine)

 

Le plaisir ne dure qu’un temps.

Akinisi et Anosmik étaient étendus, comme sans vie, ils regardaient le ciel.

Cette planète était étrange et ne ressemblait guère à la leur.

L’herbe rose, le ciel orange et jusqu’à ce soleil aux rayons bleus ne cessaient d’émerveiller la jeune voyageuse.

Son compagnon, lui, essayait de calculer l’éternité que devrait leur prendre le trajet retour.

 

Akinisi : Regarde ! Mon amour ! Comme ils sont beaux ces nuages !

Anosmik : Oui, oui…

Akinisi : Oh ! Vise un peu celui-là ! On dirait notre fusée !

Anosmik : Moi je trouve qu’on dirait une bite…

Akinisi : Pffff… Tu ne comprends vraiment rien à la poésie du monde, toi… Oh ! Tu as vu le gros nuage là-bas ? Regarde ! Tu ne trouves pas que ça ressemble à un de ces angelots joufflus qu’on voit dans les vieux livres ?

Anosmik : Hum…

Akinisi : Quoi ?

Anosmik : Rien, rien…

Akinisi : Mais si, vas-y…

Anosmik : On dirait juste une grosse paire de fesses, c’est tout.

 

Akinisi se leva rageusement et fit mine de s’en aller. Anosmik ne dit rien. Il avait la rage profonde mais discrète. De même que la douleur.

Relevant la tête, il aperçut au loin l’adversité. Comme tous les soirs, elle tissait… Voulant se rattraper de sa précédente maladresse, et peut-être motivé par le fait que cette romantique personne était la seule du sexe opposé à des années lumière à la ronde,  il interpella courtoisement sa compagne qui s’éloignait à présent :

- Mignonne ! Regarde l’adversité tout là-bas ! Que te semble-t-elle tisser, ma douce ?

Akinisi scruta l’horizon un long moment, puis déclara pensivement :

- Desseins… de noirs… desseins…

Perplexe, Anosmik se rembrunit soudain.

Il ne comprendrait décidément jamais rien aux femmes…

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18 juin 2009

109 (Tiphaine)

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage.
J’ai tendu la main. Elle était trop courte.
Et puis y’avait ces putains de barreaux…
J’aurais voulu me rendormir, mais c’était trop tard.
Dans le lit à côté, ça bougeait déjà.
Elle s’est levée la première et a éteint le réveil d’un geste nerveux. Elle s’est dirigée vers une pièce, je crois me souvenir que c’est la cuisine. J’ai entendu le café couler.
Par l’odeur alléché, il a suivi peu de temps plus tard.
J’ai voulu me redresser. Je n’ai pas réussi.
Derrière la fenêtre, le jour s’était levé.
Un de ses rayons jouait au hochet avec mon pied.
Le papier peint orange, le couvre-lit en fausse fourrure rouge, le portrait de mémé dans un cadre en perles, tout y était…
J’ai gueulé : « Bordel de merde ! J’ai faim moi aussi ! ». Mais le truc qui est sorti de ma bouche ne ressemblait pas du tout à ça. On aurait dit un clébard à l’agonie, ou une truie qu’on égorge.
Elle est arrivée. Elle m’a regardé avec un de ces sourires ! Genre Dieu : c’était moi.
Sauf que c’était juste moi.
Après, elle a ouvert la bouche, et là j’ai compris.
Elle me prenait pour un débile, pas pour un Dieu.
Il a crié de la cuisine : « Tu le prépares, faut que j’y aille bientôt, j’suis déjà en retard ! ».
Elle m’a préparé, vite fait bien fait, une experte. Ficelé en moins de deux, je risquais pas de m’échapper.
Il m’a mis dans un panier en osier, du coup je me suis demandé s’il avait pas dans l’idée de me confier au fleuve, on sait jamais, j’avais très bien pu tomber chez des mystiques ou des barjots avec la chance que j’ai…
On est monté dans sa caisse, je l’ai entendu qui disait, pour lui je crois parce que pour ce que j’en ai foutre : « on passe à la librairie, j’ai commandé des bouquins, j’en ai pas pour long ».
Il s’est garé n’importe comment, il m’a fait un signe rapide et il a disparu de mon champ de vision. Vingt minutes plus tard, il déposait son butin sur le siège arrière, juste à côté de moi.
J’ai regardé, intrigué. Qu’est-ce qu’il pouvait bien  lire, lui ?
C’est là que je suis tombé sur le bouquin de l’autre Loulou de la toile, je m’en souvenais bien, il en avait parlé deux jours avant. « La grande anthologie de la science-fiction : Histoires d’extraterrestres - Le livre de poche- N° 3763 ». Oui, je me souvenais très bien, j’ai la mémoire des chiffres. « Pages 109 à 123 » qu’il avait dit. J’ai vérifié. Il mentait pas. Une histoire de serpent, encore. Toujours des histoires de serpents, le monde change pas.
Même à rebours.
C’est toujours le même monde.
Il m’a déposé chez une femme qu’avait l’air de me prendre elle aussi pour un débile profond.
C’est une manie chez ces gens, elle m’a foutu derrière des barreaux. Je sais pas combien de temps ça a duré exactement, mais qu’est-ce que je me suis emmerdé…  A un moment, elle m’a apporté une sorte de bouillie dans une écuelle. A gerber… D’ailleurs, j’ai gerbé, rien que pour la faire chier. Elle a épongé en soupirant, puis elle est retournée asseoir son cul devant la télé.
Il est revenu tard, avec la gueule de celui qu’a bossé dans un bureau toute la journée et qu’a pas dû s’amuser. Il m’a remis dans le panier et on a tracé jusqu’à l’appart. Il disait rien. Moi,  j’essayais même plus. A chaque fois que j’avais tenté d’amorcer le dialogue avec la mégère à la gamelle, elle m’avait enfoncé un truc dans la gueule pour me faire taire. Forcément, ça calme…
Je pensais qu’à une chose : me barrer en vitesse de là… Et je voyais vraiment pas comment j’allais faire… Ils m’ont aussitôt recasé derrière les barreaux et ils m’ont souhaité bonne nuit. Comme les poules…
Même pas, faisait encore jour.
Je les ai entendus qui causaient dans la cuisine. Il se demandait où était le bouquin. Elle disait qu’il avait dû l’oublier au travail. Vu qu’ils me prenaient pour un attardé, y’avait peu de risques qu’ils viennent le chercher dans cette foutue cage…
J’ai ouvert à la page 109 et j’ai pensé « sang neuf », aussitôt.
C’est ce qu’il m’avait promis cet abruti, ce vendeur de miracle.
« Essayez mon cher monsieur, vous ne serez pas déçu du voyage ! ».
Oh, il ne perd rien pour attendre…
Dans quelques mois, je saurai marcher.
Dans quelques années, je saurai parler.
Je sais que je prendrai option Karaté au Bac.
Je sais que je finirai bien par le retrouver.
Plus que 35 ans à attendre.
Et l’autre con avec sa tronche de cake et ses allures de médecin de mes fesses, il le sentira passer son voyage vers l’enfance…

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11 juin 2009

Deus ex machina (Bonus de Tiphaine)

Le dernier homme sur la Terre était assis tout seul dans une pièce.
Il y eut un coup à la porte...
L’homme dressa l’oreille et se mit à renifler, renouant ainsi
avec une sorte d’instinct primitif.
Il y eut un second coup à la porte…
L’homme se leva et accrocha fébrilement sa main à la rampe.
Il allait ouvrir.
Il y eut un troisième coup à la porte…
La main sur la poignée, automate, fit le geste attendu.
L’homme regarda :
Juste sur le seuil, un brigadier se tenait.
Le rideau des nuages se leva.

Et le soleil, enfin, vint faire sa loge dans le cœur du dernier homme.
Pour toujours.

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07 juin 2009

Chère maman (Tiphaine)

Chère maman,
J’espère que tu vas bien…
Je ne sais pas pourquoi j’écris ça.
Mais qu’est-ce que je pourrais écrire ?
Et à qui ?

Chère maman,
Tu me croiras pas, aujourd’hui, j’ai aperçu un morceau du soleil ! je te jure ! Je me souviens de ce samedi où tu étais dans le jardin, tu as crié, nous sommes sortis, tu montrais le ciel du doigt, nous avons levé la tête et nous l’avons vu, c’était la première fois…

Chère maman,
Mon ordinateur me dit que je peux obtenir de l’aide pour rédiger ma lettre mais je ne sais pas à quoi ça sert puisque personne ne lira jamais cette lettre…

Chère maman,
Y’ avait des serpents qui sortaient des robinets parfois, l’eau était rouge, tu te souviens ?
Papa enfilait ses gants pour ne pas se faire mordre et essayait de leur tordre le cou mais c’est mou un serpent, et puis ça n’a pas de cou…
Et Elise qui riait parce qu’elle avait pris un bain rouge, elle disait : « je saigne ! », « je saigne ! », et on faisait semblant d’avoir peur pour lui faire plaisir…

Chère maman,
J’ai rêvé de la finale cette nuit. On était dans la salle des citoyens, je ne sais plus qui jouait, ils couraient après un truc rond, et ça criait autour de nous.
Pourquoi est-ce qu’on regardait ça ?
Je crois qu’on avait peur et qu’on voulait oublier.
Oublier quoi ?

Chère maman,
Je n’arriverai jamais à écrire cette lettre.
L’imprimeuse ne marche plus depuis longtemps de toutes  façons.
Et tu n’as plus d’adresse…

Chère maman,
Le réveil dit que j’ai 123 ans aujourd’hui.
C’est vieux, non ?
Je ne me souviens plus…

Chère maman,
J’ai fini toutes les conserves que tu avais entassées dans la cave.
J’ai encore faim…

Chère maman,
J’ai fini papa salé et bientôt j’aurai fini Elise que tu avais mise dans le congélateur.
J’ai toujours faim…

Chère maman,
Tu avais dit que tu allais chercher un paquet de cigarettes, j’ai vérifié, ça fait longtemps qu’on n’en vend plus du tabac, c’est mauvais pour la santé.
Tu fumais ?

Chère maman,
Y’a plus personne ici.
Je m’ennuie…
J’ai tellement fin.

Posté par Walrus à 17:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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01 juin 2009

Archives de (Tiphaine)

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