21 mai 2022

Coûts de grisous (tiniak)

 

Grisou,
vieux Grigou
qui étouffe nos canaris
tu m'as sauvé d'un panaris,
mais soufflant tout autour de nous !

Ripous,
gare à vous !
car nous n'en avons pas fini
de rassembler nos parti-pris
pour vous voir - enfin ! à genou

Ici, j'ouvre une parenthèse...

"Garez-vous, citoyen abscons.
Montrez donc votre portefeuille...
Sachez que je vous garde à l'oeil;
votre teint m'est par trop marron"

Où allons-nous,
le regard flou,
jouant nos vies de canaris
sur d'aléatoires paris
que nous servent d'obscurs dessous ?

Un bon coup de grisou s'annonce...
Mais quelle en sera la réponse ?
Allons... Debout !!
Indignez-vous...

ti

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07 mai 2022

Entour’loupes - tiniak

 

- L’extérieur nuit (à qui ?) -

Le pas déjà fatiguant d’avoir martelé le parcours hasardeux d’une route à l’horizon pourtant certain, je marche vers la nuit qui vient.

Sur l’alentour, le crépuscule imprime en grand sa majuscule, à force traits de langueurs opiacées, sous des torsades torturées. Il a beau faire, son spectacle reste éphémère et devra le céder, bientôt, à celui qu’offre, chaque nuit, l’insondable scène de l’infini.
Alors… ? C’est qu’il redouble de fanfaronnades (ce soir si certain de sa ligne), usant d’ailleurs, comme à l’accoutumée, de cette esquive ridicule : plus je m’avance, plus il recule.
Qu’importe ! Car - et de longtemps, à présent, j’ai laissé derrière moi, close, la porte. Dès lors, il n’est plus d’autre mouvement que vers l’avant (délicieux oxymore…).

Tête rentrée dans les épaules, mains dans les poches et front couvert, j’ai l’attitude qu’il espère, ce triste soir. Vraiment ?!
Bien sûr qu’elle est finie, ma route. Et alors, Ô déchirements… ?

Raillez ! Bramez ! Rougeaudes nuées en maraude, étirant vos portées bluesy sous le Magnitudo parvi; je passe, en fraude, chacun de vos tristes portiques.

Aussi, j’ai feint la nostalgie…
Le temps de percer votre bulle avant de céder, ébahi, aux plaisirs de mon âme noctambule.

Nous nous reverrons au matin, chacun son kleenex à la main.
D’ici là, goûtez-moi ce Senti Mental - pied-de-nez à vos Vespérales !

****

- Un terne jour (ah, non !) -

Galère !
Pourtant, j’y arrive bien avec les cheveux de mes petites sœurs chéries. Le mien n’est guère plus crépu que le leur, même moins fin (ça tient mieux en main), mais nettement moins fourni, malgré la “boule disco” que je me trimballe, peignée afro.

Depuis le séjour de l’appart’, ma mère me lance un énième rappel à l’ordre :
“Didou ! Vas-tu enfin sortir de cette salle de bain !? s’énerve-t-elle. Il est grand temps d’aller à la messe. Ton père s’impatiente. Attention !”
Je prends une bonne inspiration et je rétorque la malicieuse litanie que j’ai concocté pour ce dimanche :
“Non, non et non ! Je vous l’ai dit : aujourd’hui, je veux passer la journée sous ma couette, na !”
J’entends qu’on s’agite. Bon, ça va pas tarder à barder.
Vite un dernier tour d’élastique et je sors de la salle de bain. L’instant d’après, je pénètre dans le salon arborant mon improbable champignon-tressé au sommet du crâne.
“- Mais qu’est-ce… ? Qu’est-ce qu'il t’a pris ? suffoque ma mère, tandis que mon frère et mes sœurs se pètent de rire sur le canapé. C’est quoi cette coiffure, enfin !?!

“- Ben, quoi ? C'est chouette ! Je vous l’ai dit : aujourd’hui, je veux passer la journée sous ma couette.”
Même mon père se bidonne. Alors, ma chérie mère abandonne et capitule :
“- Rhôô, Didou… Toi et tes entourloupettes… Allez, défais-moi ça et on y va.”


 

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30 avril 2022

Diatoniques - tiniak


Donnez-moi le las, je lui prêterai mon dos
que toujours à notre portée soit le chemin
celui de la fraternité
d'où s'élève le genre humain
depuis le sol, vers les nuées
sans ambage et sans trémolos

Il existe pourtant des "si"
menaçant notre condition
"Et si on essayait les cons ?"
"Et si qu'on avait un' bonn' guerre ?"
Pardon ? Suffi ! Assez ! Assis !

"Avec ça... Y en a un peu plus;
j' vous l'mets quand même ?"
Merci ! Assez des anathèmes !
Voyez donc, j'en ai plein la raie

Prédications à découvert, tous azimuts
qui souhaitent dresser le couvert aux champs d'horreur
souffrez qu'un atavisme fier, main sur le coeur
démasque, à sa frontière, enfin ! la Bête en rut

Agir ensemble et jusqu'au bout, pas à demi
contre les fantasmes qu'un fou veut assouvir
c'est ne pas subir, à genou ni en martyr
un joug qu'une main sur l'épaule nous aura mis

Sonnez, sornettes venimeuses... Ici ou là
votre point d'orgue aura toujours le son du glas

Oh, elle va mourir, la chair, mais non l'esprit !
Elle aura bien saigné la terre, hier encore...
Mais, au vain labour qui l'enserre, un rêve en corps
germe, traversant la poussière, et s'affermit

Nulle douleur, nulle misère et nul licol
qui ne se résolve, d'un trait ! en un bémol

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16 avril 2022

Bars atteints ! - tiniak


“- Je sais… Je sais… Tu vas pas m’ croire,
mais, au matin, elle était là,
à se pavaner, en peignoir,
les cheveux noués dans ses bas,
le sein offert,

et me disant : “Je suis ta mère.”
Ce qu’elle a fait !
Et ça, durant tout’ la journée !
Just’ pour savoir, la fanfaronne,
quel est le parfum d’ ma daronne !”

“- Nan ? Tu déconnes ?!!
“- Ben, nan. Mêm’ pas…”

***

“- Soyez ouverts au vent qui vient;
c’est la bonne heure, à cet instant.
C’est Youkali qui vous repeint.
C’est l’hallali sur le Serpent !

“- Pardon, madame…
“- Oui, mon petit ?
“- J'ai bien compris où est mon âme;
mais, là, je voudrais fair’ pipi….”

***

“- Alors… D’accord… C’est pas gagné…
Mais, au nom de tous les Français,
les Françaises - même ardéchoises,
il va falloir solder l’ardoise.
Quelqu’un aurait-il une idée ?
“- Oui, moi, madame…
“- Ah oui ? Mais non ! T’es trop marron,."

***

“- David a un mot à nous dire, ou je me trompe ?
“- Nan… Oui… Voilà : keskonfoula ?!
Je veux dire : on n’est pas des boeufs,
des bleus, des souris, des forçats…
venus pour solde tout compte !
“- Que voilà un très bel élan; merci, David.
Dois-je vous rappeler, quand même,

que ma tâche est un anathème,
quand, moi aussi, j’ai peur du vide ?”

***

“- Jai un’ putain d’idée; enfin !
“- … ?
“- A l’ère du bio !
“- Tu crois, frérot ?
“- Je vais ouvrir un bar à thym !”

barathym


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02 avril 2022

Bise en bière - tiniak

 

Bon...
Faisons le point sur l'horizon
Il n'en jaillit nul zythologue
(à peine une divine morgue)
pour une tournée de barons

Ils s'en moquent bien, les garçons
- sans considération pour leur âge...
rentrés de leurs marins voyageS
le coude levé, sans façon

Eh, quoi ! On sait qui c'est qu'est mort
dans le chenal, coupé en deux
par les pales des ambitieux
travers de riches - vilains porcs !!

Retour à quai, que dire aux veuves ?
Un chant marin n'y suffit pas...
Quoiqu'il invoque un Au-Delà
dont nos âmes meurtries sont la preuve

Et merde !
Encore un de nous mis en miettes
pour une pêche à la crevette...
Allons... Allons... C'est l'heure de la mise en bière
Pardon... Pardon ! Femme, fille, sœur et mère
J'embrasse ta douleur amère

 

drowning-hand

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26 mars 2022

farewell (valse honnie) - tiniak

 

Faut-il se dire adieu quand on s'est aimé comme nous ?
avec l'alarme à l'œil ? le poing levé plein de courroux ?
en tombant, humblement, mais "...d'un même ensemble, à genoux" *?

"Adieu ! Adieu, mon bel amour"... Quel oxymore !
Dose à dos... Les pieux dans les yeux... Pis quoi, en corps ?
Des trémolos en triolets, à trier tout ce qui est mort ?

Regarde-les passer en rang, sous les fenêtres...
monogamies d'aucun "peut-être..."
dans le ronron de leur paraître

Et donc... Adieu, mais sans basta ?
sans être un peu inquiété par ce pas qui s'en va ?
par ce pas qui s'en va tout droit vers les frimas ?

Walhalla rompu des compromissions
le divorce de déraison
et satiété a désemparé la maison

Eh ! Sont-y bien connus, tous ces naufrages !
Ils ont dit : "Bon... Allons... Tournons la page..."
puis qui veut son peigne, qui un nouveau corps sage...

Le vaisseau flambe sur le quai
(alors, quoi ! C'était ça, l'idée ?)

L'adieu prononcé (entre nous)
qui le premier aura souhaité se réfugier dans le youyou ?

DDS708_youyou

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12 mars 2022

siren song - tiniak


Sur la rive océane où l'algue fait la morte
et la méduse échoue, éteinte en bout de course
je marche d'un pas lourd, le nez dans la Grande Ourse
attendant, espérant que s'ouvre en fin la porte
onirique
ayant pris rendez-vous avec le féerique

Ici, j'explique un peu...
J'avais laissé en gage un brin de mes cheveux
aux naïades
qui m'ont sauvé, d'un chant, de la noyade

Rétribution atlante
(librement consentie)
pour être encore en vie
(malgré ma peine aimante)

Et me voici, ce soir, à l'heure convenue
devant les lents rouleaux, prêt à rendre mon dû
(une mienne recette à base de crevettes)

Nulle ombre à ce tableau
surhumainement plein
des souffles du marin
des vagues en écho

Soudain, voici que l'onde se fait plus moussue
que Lune porte ailleurs son regard pâle et cru
et surgissent des vagues
trois superbes naïades !

Ô Rêve !
Tu as tenu parole et règnes sur la grève...

Nous parlons; nous chantons; nous nous mettons d'accord...
à elles ma recette et je garde mon corps

Garantie annoncée (quelle que soit l'époque)
je leur livre le tout avec, en prime, un wok

an_océan-waves

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05 mars 2022

deux tours d'atout (et une main franche) - tiniak



À tout prendre, autant tout laisser
couler en verte logorrhée
des magmatiques sentiments
des rêveries du bleu au blanc
d'alluviales en buissionnières
mes foulées martelant la terre
(qu'importe d'avant ou d'arrière...)
avec, pour métrique sévère
mes causeries de Verbe-Allant

À tout perdre, autant jouer ma part
sans l'embarrasser d'un buvard
misant de plume ou de crayon
pour achever tous les brouillons
que je cigarde
au secret de mes joutes contre la Camarde !
de bluff en pouce, à chaque pli...
au bout du conte, il faut engager son Tapi

Alors, oui ! vampirise-moi
au bon gré d'une main contenant tes émois...
M'en bats la coulpe !
Suis ainsi fait que, sang par cents, ma veine reste souple

ti
Illustration : Paul Cézanne, Jeune homme à la tête de mort , 1896-1898 (détail) - ©Fondation Barnes.

 

 

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26 février 2022

Youkali est à ce prix ! - tiniak


Un matin, content de lui-même
flemmarde un peu à l’horizon.
Les hommes sont en rangs serrés,
par d’autres hommes (ces poisons !)
qu’ils craignent…

Car, à la fin de la journée, il faut que nombre d’entre eux saignent...

Han ! Han ! Et han !
Et han ! Et puis : “ah, merde !”
Encore un camarade fauché pour avoir brouté un brin d’herbe…

Rien n’est fait pour les ménager - bien au contraire !
Pour dire : mâcher du gravier, leur est souvent bien salutaire…
Il y a du sel et des minéraux essentiels à leur improbable survie
dans ces cailloux qu’On leur fait casser, jour et nuit

On, c’est l’Ignoble…
qu’ils ont porté naguère aux nues, par défaut (“allez, pourquoi pas ?”)

sans avoir jamais décelé, aux tatous noués sur ses bras
qu’il s’en fout du fromage frais ou de ce méritant vignoble, las !

Ne pas regarder vers le haut, c’est la consigne, désormais…

Ici, l'entraide est un péché !
Crime sans nom, puni de mort !
Combien s’y seront adonnés ?
Nul n’en sait rien; où sont les corps ?

Et pourtant, cet après-midi

tous ont surgi, le cœur battant,
contre la vilaine infamie
Bon nombre y ont laissé la vie, résolument
Leur liberté fut à ce prix !
(souhaitons, allons… qu’il s’agisse d’une uchronie)

 

…car “C’est un rêve / une folie / Il n’y a pas de Youkali !”
Les Sept Péchés Capitaux, Brecht/Weill. (pièce qui vient d'être montée au théâtre de Caen, un régal !)

 

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19 février 2022

Le cours des miracles - tiniak

 

(racine carrée de “pouffe”, mais dans un dais à moudre**) 

 

Prenez un souhait enfoui depuis le plus jeune âge
faites-le rejaillir parmi votre entourage

un franc sourire à l’œil, avec le cœur battant
déposez le présent sous forme d’un hommage
et surtout n’attendez vraiment rien en retour

(hormis de constater la magie opérant)
il est ici question d’amour, pas de courage

 

Oubliez les leçons - autres que d’expérience !
mettez-les au pilon ou bien marchez dessus
gardez vos sentiments intacts,
stricto sensu
(ou pour le feu du garde-chasse… ou… les soldats loin de la France ?*)
ouvrez grand les mains sous le ciel; appelez la pluie et son miel
et laissez venir l’évidence…

(pour peu, ça vous trouera le cul !)

Un jour meurt au seuil de la nuit, sans coup férir
par enthousiasme ou par envie de n’en rien dire
(un franc sourire au cœur, l’œil frémissant)

c’est le moment privilégié pour se rapprocher des sirènes
(plutôt celles de nos pompiers dont le métier n’est pas pédant)
là, sur cet ancien Cours La Reine, en la belle ville de Caen
que longe un fleuve des plus lents, dans la semaine


Fabulons donc sur le concret
et pouf ! Soudain, miracle y est !
“ - J’ai rien entendu !!?!!
(connaissez-vous Machin Lompret ?)
“- Ah bah, ouaaaais !!! (exaltation polie)...”
En parenthèses, là, je pouffe… Vu ?
Y pas d’ miracle, au vrai. Quoi, si ?

 

Encarts pour encas :

* Je sais… Je sais. Jules Laforgue, encore lui ! Ben, oui. C’est grave, docteur ? Mais bon, c’est encore l’hiver non ?
Voui, nan pas tant “L’hiver qui vient” - vu qu'on est bien en plein dedans. Mais, ça y est ! Je le récite enfin par cœur, ce poème. Sinon… ? Je lis (pour la récré) un roman sirupeux, à base de cheesecake frison qui fait des miracles à Long Island : "La petite pâtissière de...".

** Oui, c’est clair : je me fais grand plaisir avec cette logorrhée en acrostiche. Mais bon, telle est mon écriture. Je vous ai fait plaisir, allez ! ces derniers temps. Permettez donc… Incidemment… Que je souffre, à nouveau, que l’on s’insurge de mes vivaces prétentions de thaumaturge; hula hop !
(“Je sais plus bien… Il est interlope ou trop pop ?”)



 

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