17 janvier 2015

Participation de tiniak

Des branches et le jus

 

 

 

J'avais trois vers, là, sous la manche
l'un de travers et l'autre étanche
et le troisième un rien de biais
pour ne pas gâcher son effet
en fin de strophe
et clamer sous le Grand Dais Niais son apostrophe

Un regard plus loin a suffi
à flamboyer l'étrange cri
jailli de son puits vespéral :
"Où siège ton sentimental ?"
"Ici : ailleurs !
à ces endroits vraiment perdus pour les vains chœurs"

Sobre avarie de Vieille Branche
ployant sous d'octobreux dimanches
que fait ton nom dans mon sommeil ?
dans le capricieux appareil
de cet oubli
qui me donne à goûter au plus Bel Aujourd'hui

Ding ! Ding ! Ding ! Dong !

Oh, non ! Mais non, pas cette cloche...
Pas à moi... Rien ne s'effiloche !
que les graves amours humaines
faites pour endurcir la couenne
à en crever
la dernière toiture avant le plafonnier

Retour à la case des parts
prélevées sur le moindre hasard
que nous offre, au petit bonheur
la chance d'être à la même heure
la même joie
de cheminer, étonnés, sur la même voie

Alors qu'il n'est que leurre étrange
tout soudain, la vie nous démange
et nous recrache sur le lit
où se confondent nos oublis
nos molles chairs
pour qu'il soit plus aisé de les marquer au fer

N'est-ce pas ? N'est-ce pas, mon Cru
qui jetas tout ton dévolu
ton ardeur et mon dernier cent
dans le désintéressement
qu'elles en eurent
ces Voraces parées comme des créatures

Gloutonnerie des possessions
vidant les intimes passions
de leurs substances intrinsèques
Finis tous les salamalecs
on passe à table
et cette fois au titre de met périssable

En veux-tu des raisons d'aimer ?
choisis d'abord le bassinet
où rassembler tes vomissures
Carguée au mat toute voilure
attends que passe
à jamais l'envie de glisser à la surface

Sirote un jus d'orange amère en attendant
Appelle à toi quelque fluvial émolument
Nage sans bruit, que la vague même t'ignore
Gage les fruits de tes ordinaires débords
Une rythmique rogne éructe à son taquet
Il ne sera pas dit qu'elle fut sans objet
Nomme-la dans un fin et liquoreux murmure
Elle viendra, sanguine au ponant, l'épissure

 

 

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25 octobre 2014

Participation de tiniak

Quand, énorme, vient la surprise
- qu'on se le dise et c'est tout vu !
un vent me prend par le joufflu

Il me massacre l'intérieur
pour y attiser des ardeurs
que je ne savais pas nourrir
sur le brasier de mes désirs

Tout oublié, mon nom, mon âge
m'emplis, me gonfle d'un orage
et fourbis un lent grondement
où s'accroît mon étonnement
de n'en pas maîtriser la cause

Maintenant, voici que j'explose
masquant mon trouble d'un éclat
de rire fou d'être encor là
la joue rougie d'inexpertise :
une fille m'a fait la bise !!


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19 juillet 2014

Trois pas de plus (tiniak)

Un pas de plus dans la foulée aléatoire...
Trop tard t'aurais-je méconnue ?
Je viens; tu vas; ils vont et viennent...
Ne serai jamais tien, pas plus que ne fus mienne

Je vois tes yeux fermés à la vérité nue...
Humble dans ce crâne boudoir
je fais les cent pas dans le noir
en rognant à l'aveugle une amertume inerte

Des mélodies charrient des sourires à perte
et, sans fin, des silences
amenant la grand voile
à ce mât d'acajou cargué devant le sort

À deux pas du vieux port, tu t'enivres d'oubli...
L'ombre à qui tu souris
ne me ressemble pas
puisque tu n'entends pas mon chant ni ses débords

Cette douleur, au vrai, je ne veux rien en perdre
et bois son vin de cèdre
au goulot, sous le ciel
où je sais l'hydromel qui nous a rassemblés

Trois derniers pas lancés sur le monde incertain
me traversent les mains
de pleurs bien inutiles
sauf à croire fertile un amour absolu

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12 juillet 2014

Opéra bouffe - tiniak

 

Plus haut la garde, mon amour !
Je crains pour ton noble visage...
Vois, comme la montagne est sage
et maintient fermes ses contours...

Plus haut, le rideau sur la tringle !
si tu veux occulter ici
l'intime jeu de nos partis
pris au modèle de la jungle

Plus haut ! Plus haut ! Nos yeux ensemble
vers notre festin amoureux
assis à la table des cieux
où rêvons comme bon nous semble

Plus haut, le bonheur attendu
de se goûter la carne folle
d'être à deux une farandole
et résoudre notre inconnue

Plus hauts, nos bras nus dans le ciel
plaidant le délai quotidien
arguant de notre rachidien
comme du plus pur hydromel

Plus haut, mon sexe dans ton ventre
pour t'entendre crier mon nom
et raccorder mon diapason
à ce qui nous ramène au centre

Plus haut ! Toujours plus haut que là
où s'agrègent les imbéciles
qu'ils soient de campagne ou de ville
et réfutent notre opéra

Plus haut, plus haut ! Je t'aime toute
en ce rêve esseulé, sans doute
Mais chut, ne le répète pas.

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22 mars 2014

À PAREILLE, DEUX FORTUNES (tiniak)

Nul à nulle autre pareille
en son plus simple appareil
eu égard à son régal
ne trouva meilleure égale

Ornementalement point
le délicieux embonpoint
qu'il nous plaira d'aboucher
- ainsi, chacun sa goulée !

Universatilement
cantilènes se mêlant
d'être l'Un vain, l'Autre tous
d'eux deux en un, faisons Noûs

S'il se peut que se rassemble
- ce dont nous somme l'ensemble,
notre extrémité comme Une
honorons cette fortune :

Mes marrons dans ses noisettes
Mirouettes ! Mirouettes !
Sa main dans la mienne qui fond
- un joyeux Armaggedon !
Elle entre où je vais sortir
(dans l'ombre de son bouquet)
mène mon cœur à l'arrêt
feutre au front, ourle un soupir… en jouer !
Manger les débris du ciel
que j'ai rhabillé pour elle
aux couleurs de nos maisons
flanquées de fleuve et de jonc
Et - pour ne pas trop en dire,
quand tout s'endort à nos pieds
délassés nos galibiers
déforestons nos désirs entiers
Solidaires alias
miroitant nos silhouettes
marrons frits dans ses noisettes
similaire face à face en fête

 

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30 novembre 2013

Blonde heure (tiniak)

J'ouvre mes paupières
grand comme des sacs
seul au bord du lac
pour choper au vol
quelques billets de lumière
que l'automne affole

***

Trahison ! Trahison !
Ces feuilles maudites
trahissent ma fuite
loin de la maison

Canopée des canopées !
Je voulais tant m'évader...

C'est pas du jeu, ces façons
d'avoir couvert, dans la nuit
la clairière d'un tapis
d'embuches rouge et marron !

C'est la saison, diable ! diable !
C'est la saison, tour pendable !
C'est la saison Mille Feux
C'est la saison qui le veut

***

Je te vois, je te respire
comme l'humus flamboyant
de l'octobre finissant
d'étaler son frais empire

Tu chemines devant moi
dans ce bois qui se déplume
ta rousse blondeur allume
un feu au bout de tes doigts

Elle embrase jusqu'aux cieux
des nuées la course molle
et m'arrache des paroles
que réciteront tes yeux

Il est temps que je t'appelle
par le nom que je te donne
quand je rêve ta personne
où loge une heure nouvelle

Nous allons, dans le vent froid
bientôt hurler nos ivresses
les fondre en un vin de messe
et célébrer nos émois

Vous saurez nous laisser faire
esprits discrets, faune, flore
goûtant que l'on s'aimât fort
quand déjà menace Hiver

Ils chantent, déjà plus vifs
les vents du septentrion
mais notre conjugaison
ignore leur subjonctif

Elles passent près de nous
chaque année, les saisonnières
sans égaler ta crinière
ni, pour toi, mon amour fou !

ti

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23 novembre 2013

La maison violée (tiniak)

La maison les yeux clos, la bouche entrebaillée
figée dans la stupeur, m'a fait lever le nez
sous la flamme accôtée à mon bras de fauteuil.
D'abord, je n'ai rien su, que la nuit qui s'effeuille
que j'étais dans l'idée - ayant fini mon deuil,
de me jeter au fond, d'aller lui déflorer
tous les bruissants recoins qu'elle m'aurait offert
comme on se connaissaît - pas tout-à-fait d'hier,
et qu'il ne pleuvait plus.

J'avançais mollement dans la gorge nouée
de la maison glacée qui ne respirait pas
ni l'air dans les cheveux défaits de la voisine
(la forêt de Perseigne avec son vin mauvais
depuis qu'on lui a tué son loup, sans grand corbeau
et le petit mulot qui lui fisait les pieds)
ni la chair de poussière aux rampes d'escalier.
Je n'étais pas inquiet, j'enfilai un manteau
une écharpe et des gants.

Quand j'entendis, soudain, qu'on marchait, là dehors
- et d'un pas sans effort dans cette obscurité ?!
Ça filait droit devant, sur la maison livide
et je distinguais bien comme ça soufflait fort.
C'est entré, sans mot dire et m'évitant de peu
J'ai entrevu ces yeux; ils étaient comme vides !
C'est allé en cuisine en grognant, tel un fauve,
un vilain sanglier fuyant devant la courre
et puis, ça disparut.

Le mur l'aurait mangé ? Avais-je eu la berlue ?
Mais non ! Dans les fourrés, ça massacrait des branches
après avoir foulé le potager couvert,
au dos de la maison qui pleurait en silence.
En emportant plus loin son étonnant vacarme,
ça ravageait l'hiver avec obstination
Je restai interdit, un moment, sans raison
caressant la maison, apaisant sa souffrance
et son cœur en alarme.

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19 octobre 2013

Participation de tiniak

tin

Donnez le meilleur de vous-même, il vous sera rendu au quintuple

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15 juin 2013

COLO'RIEUR (tiniak)

Après avoir mâché de moissons insondables
les bienfaits ignorés, bercé d'un vent d'automne
je me regarderai le fond de ma personne
où me découvrirai ce métier improbable
et très providentiel de peintre enjoliveur

J'aurai ce tablier saturé de nuances
qui se porte ceintré de noir sur un fond bleu
Irai, palette au poing, promener en des lieux
où l'Ignoble dispute aux humbles espérances
un siège réputé aux louables ardeurs

Mettrai mon chevalet contre le drapé jaune
qu'un sable sans marée d'un océan perdu
à jeté sous les pieds de nomades sans but
qui ne leur fût dicté par une obscure faune
et sa haine avérée des intimes langueurs

Puisque je serai nu sous mon bleu de travail
ne fermerai les yeux sur nulle crudité
Y tremperai la pointe aiguë de mon stilet
tel Rémi Caritey menant libre bataille
avec son OEil-village, en aurai du bonheur

Et, comme L'Arbre en nous réclame son partage
me mettrai à genoux devant la graine en germe
qu'elle soit d'autre sang ou de mon épiderme
je lui peindrai des ciels dignes de son courage
tant que l'Humanité n'écoute pas son coeur

Je peindrai des oiseaux sur les Hôtels de Ville
brouillerai d'indigo les partis incendiaires
rougirai les drapeaux des ombres délétères
pour rendre aux Saligauds ce que nous vaut leur bile
et leur vaine entreprise aux morbides ferveurs

Je ne finirai pas ! Passerai le flambeau
à d'autres comme moi qui aiment l'omelette
que l'on dire des champs, des bois, à la sauvette
et désireux, et francs, et portant leur fardeau
comme un éclat de rire arrogant et sans peur !

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11 mai 2013

Piano, las ? (tiniak)

Mol éclat pâlissant de l'harmonie finale

précédant le salut d'enthousiastes bravi

du tragique destin de la note investi

est tombé le dernier accord professoral

 

Le silence ne tient qu'au repos de son geste

C'est, le poignet cassé au-dessus du piano

qu'en l'artiste peine est contenu le tempo

destiné à se rendre à l'heure et tout le reste

 

Voilà, c'est fait ! Ça claque ! Et tout est consommé...

Bien fini le miracle, en scène et dans la fosse

L'humilité ployée, l'échine blanc de Causse

elle offre le spectacle attendu des comblés

 

Mais de cet oratoire elle n'est pas la dupe

Le clavier blanc et noir lui est plus authentique

Même la partition liée à sa métrique

aurait quelque leçon à prendre de sa jupe

 

Car elle a tout donné aux sévères mesures

de sa chair insatiable et de son feu nourri

pour traduire l'élan méconnu de Satie

en intime défi jeté à l'Aventure

 

« Oh, Rideau, ferme-toi et allons nous coucher

mon dos cassé, mes doigts, ma parure d'un soir

qu'il me faut parader sur les vastes trottoirs

où je n'aurai pas l'heur d'un rire énamouré »

 

Tous les rideaux tirés sur ses piètres fenêtres

toute porte fermée sur son enfermement

la pianiste recluse en son appartement

s'offre le seul secret pour quoi vibre son être

 

« Je t'aime. Tu le sais, Maudite Confidence !

Tu me veux. Tu m'auras. Vois, mes doigts te parcourent

mon tyran sans pareil et sans égal amour

Instrument de la joie de ma Chère Évidence ! »

 

C'est l'hiver à nouveau plein de sombres accords

Nulle oreille, nul œil et pour aucun partage...

Enfin seule avec l'Art et son brut apanage

à jouter le défi quotidien sans effort

 

Elle attaque

une sincérité libertaire et foutraque : Dvořák !

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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