25 novembre 2017

APPETITION (chansonge) par tiniak (86)


J'ai rêvé trop loin...
Je me suis perdu
d'horizons tordus
en soupirs en coin

J'ai rêvé de foires
aux lents rigodons
portant des chansons
au front de l'Histoire

J'ai rêvé trop fort
comme l'odalisque
devant l'obélisque
écoutant son corps

J'ai rêvé de mains
caressant l'Ailleurs
tel un orpailleur
en oublie sa faim

J'ai rêvé trop cher
un tissu de mots
qui ferait la peau
aux foudres de guerre

J'ai rêvé d'un jour
de belle facture
qui ferait le mur
pour vivre d'amour

Rêverais-je mieux
à l'économie ?
J'ai tant d'appétits
quand j'ouvre les yeux !

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18 novembre 2017

CARNAGE (tiniak)


C'est mon terrain de jeu, ma cape, mon chapeau
la brume dans mons dos, le pavé sous mes pas
ce coin de rue obscur, la nuit et ses frimas
j'y promène ma joie et ma haine, au cordeau

Ah, c'est bon de sentir venir d'un pas serein
la promesse d'un sein qui n'a rien vu du monde
que des messes les saints, sans jauger leur faconde
à plier le genou quand on lui tend la main... !

Rigole, fais ton choix ! Moi, j'attends sous le porche
en me brûlant les doigts sur de tristes cibiches
dans l'attente fébrile d'une frêle biche
qui aura pris le métro quatorze, sans torche

Ne passe pas ici, quand j'ai trop faim de chair
ni ton dieu, ni ta mère et pas plus ton soupir
qui n'ont plus foi en toi, ne savent rien en dire...
Plus en saura ce mur quand sera faite affaire

Avec tes petits pleurs et tes cris étouffés...
Avec ta chair en sueur et tes yeux ébahis...
Avec ma Belle Horreur, là, sur ton clitoris...
Et le tout comme un lot vendu sur le marché !

Gargantua, redis-moi, c'est quand qu'on n'a plus faim ?
Mangées - toutes ! ses mains ? Quand il n'est plus d'espoir ?
En l'Homme, ses manies, ses manières du soir ?
Celles au dévidoir ? Ou celles du matin ?

Eh, c'est bon de sentir, venir à petits pas
quelque nouvelle proie fleurant bon la chair fraîche
mais je regrette un peu de n'avoir pas la flèche
(celle de Cupidon) pour lui sonner mon glas

 

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11 novembre 2017

Mâle et fils (tiniak)

Mâle & Fils, S.A. - DIRCOM

 

À l'heure où le hashtag « dénonce la grosse porcasse qu'il te plaira de vilipender pendant tes ragnagnas » atteint des sommets de laïks, d'échanges, partages z'et divers ritwittes sur la toile mal tendue - mais Ô combien fréquentée ! par la plupart des frustrés z'en tout genre que notre monde en déliquescence a fomenté en son sein véreux, une question se pose, là.
Non pas là, là !

Question t’en question : « Dites-voir donc... C'est quoi d'où que ça vient-il ces attaques répétées contre Mâle & Fils !?! Mmh ? »
Mâle & Fils ? Pensez ! Une société qui a fait ses preuves depuis… pfff… depuis, au moins l’âge des grottes décorées z’à la peinture à doigt – et avec quel doigté ! C’est dire !

Nah mé, sans dec' ! Depuis le temps que le droit de cuissage a survécu aux libéralismes z'à-tout-vat, que les joyeuses rapines de fin de siège perdurent durant les conflits z'armés (zarma !) qui agitent teu t’aujourd’hui moins les chroniques que la planète, et que les mains t'au cul (z’au Q ?) continuent de fleurir sur les trottoirs z'et avenues z'où transports tant commun (néanmoins pratiqués tant solitaire), vous croyez-t-y pas qu'il s'agit précisément d'une pratique ancestrale qui a fait ses preuves depuis des millénaires ? Voireuh bien plusse chez les millionnaires !! Hein ? Bon…

Alors, bon... Bon, bon, bon... Je dirais même : Oh ! hé ! Hein ? Bon !...
Le problème, il est : même si ça fait bonbon qu'on essaie de démontrer qu'aussi – hein ? eh ! oh ! z’ il y a toujours z'eu, et qu’y aura toujours, des z’aguicheuses pour rechigner après coups (portés, pourtant, t’avec un geste savant, acquis z'en des temps z'archaïques (cités plus z’haut) et conservé aux pris de longues luttes contre le Sur-Moi t’et les différentes morales z'afférentes aux systèmes sociaux (successifs z'et subséquents), je m'interroge, ben si ! Je m’interroge : « Pourquoi, eh… pürkwa tant d'émotion autour de billevesées après coût... [nnnnh, ghh !] après tout, fort t'anodines z’et plutôt enclines t’à démontrer que le lien social, fondamental z’et sépulcral qui nous… euh… lie, tient z'à très peu de choses, en vrai : quelques gestes, regards, paroles, frottis, commis dans l'effervescence de l'instant, quoi ! en toute spontanéité, quoi ! par quelque mâle (ou son fils), élevé par... une femelle, euh… une femme lelaquelle, par nature, n'a tant (Nathan ?) voulu, souhaité, porté à bout de sein, caressé de la main, que le bonheur, serein n'et bienveillant de sa progéniture ? » M’interrogé-je, Serge.

Hein ? 'pas con, la question !
Ben ? V’là qu’il neige ! C’est bonnard, ça, dis ! Une ou deux traces, et woup ! Je m’en vais charrier Magali (ma ‘tite stagiaire 95C) qui prend mes direux z’à la dictée (là, non, hein… je vous z’écris de mon plaint grais, en toute disgrétion), pour z’y souffler t’au moment de partir : « Ben, Magali ! M’ fais pas r’un flan… C’est-y que t’es ma girlie, z’ou nan ? »

Tu vois la finesse ? Hashtag « Mâle & Fils », wesh !

 

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04 novembre 2017

Participation de tiniak

 

Ah, le sang d'Alezan, mon Isabelle !
(fallût-il que tu fusses bien cruelle)
se répand dans le champs de nos saillies
quand tu bailles z'et répètes : "Ba'hi..."

Tu m'as offert, pour un galop, une galoche
Je t'ai rendu ma sève foutraque et fantoche
Et quand j'ai dû quitter ta croupe mécanique
Alezan a surgi, hénissant : "tu la niiiiques ?!"

Oh, c'est trop d'imbroglio, cette histoire...
Je ne suis qu'un Tornado sur fond noir
recyclé pour honorer les juments
pas pour froisser mon vieux pote, Alezan !

Nan, c'est bon ! Ne viens pas m'aguicher par ici
Ne veux plus rien cambrer de mon anatomie
avant d'avoir logé - quelque en soit l'écurie
de mes pairs, la lignée, la longe et le frichti

Eh, va-t-en, Alezan, voir Isabelle
bailler ton ratelier pour ta femelle
Mais...? Tu ne bouges pas plus qu'un I-phone !
Oh, mon pauvre coursier, tu es atone...

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17 janvier 2015

Participation de tiniak

Des branches et le jus

 

 

 

J'avais trois vers, là, sous la manche
l'un de travers et l'autre étanche
et le troisième un rien de biais
pour ne pas gâcher son effet
en fin de strophe
et clamer sous le Grand Dais Niais son apostrophe

Un regard plus loin a suffi
à flamboyer l'étrange cri
jailli de son puits vespéral :
"Où siège ton sentimental ?"
"Ici : ailleurs !
à ces endroits vraiment perdus pour les vains chœurs"

Sobre avarie de Vieille Branche
ployant sous d'octobreux dimanches
que fait ton nom dans mon sommeil ?
dans le capricieux appareil
de cet oubli
qui me donne à goûter au plus Bel Aujourd'hui

Ding ! Ding ! Ding ! Dong !

Oh, non ! Mais non, pas cette cloche...
Pas à moi... Rien ne s'effiloche !
que les graves amours humaines
faites pour endurcir la couenne
à en crever
la dernière toiture avant le plafonnier

Retour à la case des parts
prélevées sur le moindre hasard
que nous offre, au petit bonheur
la chance d'être à la même heure
la même joie
de cheminer, étonnés, sur la même voie

Alors qu'il n'est que leurre étrange
tout soudain, la vie nous démange
et nous recrache sur le lit
où se confondent nos oublis
nos molles chairs
pour qu'il soit plus aisé de les marquer au fer

N'est-ce pas ? N'est-ce pas, mon Cru
qui jetas tout ton dévolu
ton ardeur et mon dernier cent
dans le désintéressement
qu'elles en eurent
ces Voraces parées comme des créatures

Gloutonnerie des possessions
vidant les intimes passions
de leurs substances intrinsèques
Finis tous les salamalecs
on passe à table
et cette fois au titre de met périssable

En veux-tu des raisons d'aimer ?
choisis d'abord le bassinet
où rassembler tes vomissures
Carguée au mat toute voilure
attends que passe
à jamais l'envie de glisser à la surface

Sirote un jus d'orange amère en attendant
Appelle à toi quelque fluvial émolument
Nage sans bruit, que la vague même t'ignore
Gage les fruits de tes ordinaires débords
Une rythmique rogne éructe à son taquet
Il ne sera pas dit qu'elle fut sans objet
Nomme-la dans un fin et liquoreux murmure
Elle viendra, sanguine au ponant, l'épissure

 

 

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25 octobre 2014

Participation de tiniak

Quand, énorme, vient la surprise
- qu'on se le dise et c'est tout vu !
un vent me prend par le joufflu

Il me massacre l'intérieur
pour y attiser des ardeurs
que je ne savais pas nourrir
sur le brasier de mes désirs

Tout oublié, mon nom, mon âge
m'emplis, me gonfle d'un orage
et fourbis un lent grondement
où s'accroît mon étonnement
de n'en pas maîtriser la cause

Maintenant, voici que j'explose
masquant mon trouble d'un éclat
de rire fou d'être encor là
la joue rougie d'inexpertise :
une fille m'a fait la bise !!


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19 juillet 2014

Trois pas de plus (tiniak)

Un pas de plus dans la foulée aléatoire...
Trop tard t'aurais-je méconnue ?
Je viens; tu vas; ils vont et viennent...
Ne serai jamais tien, pas plus que ne fus mienne

Je vois tes yeux fermés à la vérité nue...
Humble dans ce crâne boudoir
je fais les cent pas dans le noir
en rognant à l'aveugle une amertume inerte

Des mélodies charrient des sourires à perte
et, sans fin, des silences
amenant la grand voile
à ce mât d'acajou cargué devant le sort

À deux pas du vieux port, tu t'enivres d'oubli...
L'ombre à qui tu souris
ne me ressemble pas
puisque tu n'entends pas mon chant ni ses débords

Cette douleur, au vrai, je ne veux rien en perdre
et bois son vin de cèdre
au goulot, sous le ciel
où je sais l'hydromel qui nous a rassemblés

Trois derniers pas lancés sur le monde incertain
me traversent les mains
de pleurs bien inutiles
sauf à croire fertile un amour absolu

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12 juillet 2014

Opéra bouffe - tiniak

 

Plus haut la garde, mon amour !
Je crains pour ton noble visage...
Vois, comme la montagne est sage
et maintient fermes ses contours...

Plus haut, le rideau sur la tringle !
si tu veux occulter ici
l'intime jeu de nos partis
pris au modèle de la jungle

Plus haut ! Plus haut ! Nos yeux ensemble
vers notre festin amoureux
assis à la table des cieux
où rêvons comme bon nous semble

Plus haut, le bonheur attendu
de se goûter la carne folle
d'être à deux une farandole
et résoudre notre inconnue

Plus hauts, nos bras nus dans le ciel
plaidant le délai quotidien
arguant de notre rachidien
comme du plus pur hydromel

Plus haut, mon sexe dans ton ventre
pour t'entendre crier mon nom
et raccorder mon diapason
à ce qui nous ramène au centre

Plus haut ! Toujours plus haut que là
où s'agrègent les imbéciles
qu'ils soient de campagne ou de ville
et réfutent notre opéra

Plus haut, plus haut ! Je t'aime toute
en ce rêve esseulé, sans doute
Mais chut, ne le répète pas.

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22 mars 2014

À PAREILLE, DEUX FORTUNES (tiniak)

Nul à nulle autre pareille
en son plus simple appareil
eu égard à son régal
ne trouva meilleure égale

Ornementalement point
le délicieux embonpoint
qu'il nous plaira d'aboucher
- ainsi, chacun sa goulée !

Universatilement
cantilènes se mêlant
d'être l'Un vain, l'Autre tous
d'eux deux en un, faisons Noûs

S'il se peut que se rassemble
- ce dont nous somme l'ensemble,
notre extrémité comme Une
honorons cette fortune :

Mes marrons dans ses noisettes
Mirouettes ! Mirouettes !
Sa main dans la mienne qui fond
- un joyeux Armaggedon !
Elle entre où je vais sortir
(dans l'ombre de son bouquet)
mène mon cœur à l'arrêt
feutre au front, ourle un soupir… en jouer !
Manger les débris du ciel
que j'ai rhabillé pour elle
aux couleurs de nos maisons
flanquées de fleuve et de jonc
Et - pour ne pas trop en dire,
quand tout s'endort à nos pieds
délassés nos galibiers
déforestons nos désirs entiers
Solidaires alias
miroitant nos silhouettes
marrons frits dans ses noisettes
similaire face à face en fête

 

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30 novembre 2013

Blonde heure (tiniak)

J'ouvre mes paupières
grand comme des sacs
seul au bord du lac
pour choper au vol
quelques billets de lumière
que l'automne affole

***

Trahison ! Trahison !
Ces feuilles maudites
trahissent ma fuite
loin de la maison

Canopée des canopées !
Je voulais tant m'évader...

C'est pas du jeu, ces façons
d'avoir couvert, dans la nuit
la clairière d'un tapis
d'embuches rouge et marron !

C'est la saison, diable ! diable !
C'est la saison, tour pendable !
C'est la saison Mille Feux
C'est la saison qui le veut

***

Je te vois, je te respire
comme l'humus flamboyant
de l'octobre finissant
d'étaler son frais empire

Tu chemines devant moi
dans ce bois qui se déplume
ta rousse blondeur allume
un feu au bout de tes doigts

Elle embrase jusqu'aux cieux
des nuées la course molle
et m'arrache des paroles
que réciteront tes yeux

Il est temps que je t'appelle
par le nom que je te donne
quand je rêve ta personne
où loge une heure nouvelle

Nous allons, dans le vent froid
bientôt hurler nos ivresses
les fondre en un vin de messe
et célébrer nos émois

Vous saurez nous laisser faire
esprits discrets, faune, flore
goûtant que l'on s'aimât fort
quand déjà menace Hiver

Ils chantent, déjà plus vifs
les vents du septentrion
mais notre conjugaison
ignore leur subjonctif

Elles passent près de nous
chaque année, les saisonnières
sans égaler ta crinière
ni, pour toi, mon amour fou !

ti

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