Le défi du samedi

Tous les samedis, un nouveau défi!

07 novembre 2009

PORTE VUE (Tiniak)

PORTE VUE

Non, merci... un défi dès le matin ?
Merci... non... ou alors très tôt alors... parce que, bon

when I wake up early in the morning
lift my head
I'm still yawning
when I'm in the middle of a dream
stay in bed
float up stream

please don't wake me
no, don't shake me
leave me where I am

revenez plus tard
j'aurai conquis le hasard
en quelques couplets

pour l'heure, permettez
que je boucle mon rêve

oui, c'est un rêve à boucler...
sans trêve...
un fichier qui sonore
un défi qui s'honore
à la nuitée laminée
d'avoir tant bataillé
pour garder son secret
secret


...

PORTE VUE

Je vois... un jardin... il est sale
Des arbres mangent... une lune pâle
bavent du lière sur les buissons

Ce jardin est un abandon... épais... profond,
il s'y empêtre des saisons
un confus amalgame

d'odeurs... de couleurs... flamme,
terreuses... piteuses...
et réchappées de quelque drame

Ici, le règne du végétal
l'emporte sur l'autre... animal
avec... une arrogance... totale

J'avance... du moins, je le pense... je l'espère
Prudence... plat, mon pied sur la terre
qui grogne... maudit ma présence... et me pousse

J'avance... dans l'indifférence... de la mousse

Je vois... comme une lisière... c'est un mur
Parfois... c'est une montagne... envahie de verdure
J'ai froid... je voudrais quitter... ce vilain cauchemar
Et quoi !... là... là, comme j'avais... ravalé tout espoir

Une porte
Une porte... l'ouvrir ?
Une porte ! ...Qu'en dire ?
que je pourrais... en quelque sorte
me délivrer de ce délire
pour trouver quoi ? ...derrière la porte :
bien mieux ? ...bien pire ?

Je l'ouvre... les yeux fermés
J'en passe le seuil... troublé
Je tire la porte derrière moi
J'ouvre les yeux

Je vois...


(là, boucler)

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version audio déjà bouclée :
http://pavupapri.hautetfort.com/archive/2009/11/06/porte-vue.html

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24 octobre 2009

Navigue, flamme bleue (Tiniak)

Navigue, Flamme Bleue, navire au bout du monde
qui cherche après le monde encore un nouveau monde
et vogue sans retour possible sur les terres
quittées sans un regret pour y laisser naguère
des ventres grand ouverts les âmes moribondes

car les femmes aimées et les enfants chéris
qui nous accompagnaient de leurs chants, de leurs cris
de linges agités au moment du départ
ne sont plus que chiffons, sanguinolents, épars
dont la folie guerrière a massacré la vie

Navigue, Flamme Bleue, avec les réchappés
qui manœuvrent encor tes voiles rapiécées
à tirer des bordées pour conjurer le sort
ils récrivent l'histoire et rêvent leur essor
en partageant le quart et la viande séchée

de leurs gorges flétries montent des mélopées
avec les mots anciens qui disent les contrées
qui disent d'où l'on vient et comment on l'emporte
qui disent la magie de nos natures fortes
et tout ce qu'il est bon d'entendre, d'évoquer

Navigue, Flamme Bleue, navire aux lignes fières
nous sommes les Sans-Femme, Sans-Fille, Sans-Mère
n'ayant plus rien à perdre nous courons le monde
en nous en remettant aux caprices des ondes
des vents et des dieux fous qui peuvent nous défaire

mais aucun ouragan, aucun monstre marin
aucune féérie dont nous ne savons rien
ne sauraient entamer la résolution prise
nous mènerons à son terme notre entreprise :
atteindre au bout du monde un ultime destin

Navigue, Flamme Bleue, navire vent debout
la fin du monde est proche, étale devant nous
sa lisère inconnue

Navigue, Flamme Bleue, toutes voiles dehors
nous franchissons du monde le dernier rebord
et sombrons dans les nues

"- Ont-ils tous disparu ?
"- Oui, c'est ce qu'on rapporte ;
mais on raconte aussi qu'une main les emporte
et qu'aujourd'hui encore on peut apercevoir
passer sur le front noir quelque bleu météore
que c'est signe de vie, d'espoir
en quelque sorte qu'il nous plaise d'y croire
  fermée la porte
  bonsoir

Oh ! tes yeux !
Un chemin s'est ouvert dans leur ciel que partagent
bientôt et plus jamais hier et davantage

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03 octobre 2009

par l'écoutille (tiniak)

la nuit qui parle avec le ventre
je ne l'écoute pas, j'y rentre

la nuit qui parle par le nez
j'aime autant la laisser couler

la nuit qui parle avec les mains
je ne l'attends pas, j'y viens

la nuit qui parle par les yeux
c'est la nuit que j'entends le mieux

je m'y sens pousser des ailes
que je frotte contre les fibres
de son cocon de soie nouvelle
d'où je papillonne libre

ignorant les forts en gueule
qui nasillent, qui pérorent
s'empoignent le sort, se chamaillent
se disputent tant et plus
un os de diplodocus
un pré carré, un gamin
et se découvrent matin
sans rien dans les mains qui vaille
tant de bruit, tant de batailles
- feux de paille, pauvres trésors...

alors, dans la nuit qui chante
et porte mon vol, éphémère
je gagne la mer et voyage

on dit que de ses rivages
s'entendent bien davantage
des mélodies que la vie
a composées à la nuit

et mes ailes sont
des oreilles donc

j'écoute

la course des grains de sable
sur des paliers irritables

les soupirs agacés d'une grille
que n'a pas refermée la fille

le souffle engourdi d'une haie
de poussière lunaire encombré

le ronron flatté des grands arbres
qui entament de longs palabres

le sifflet joyeux des drisses
qui narguent la ville prise

la cantilène murmurée
d'une sirène énamourée

l'océan qui déplie les pages
de son grand livre d'images

et je vais par l'écoutille
fêter la quille.

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26 septembre 2009

Foyez en paix (tiniak)

Sur la table en noyer
finement marqueté
la tasse en grès anglais
nargue le mazagran
près de sa tisanière
qui ne fait plus la fière
- elle est bien trop vidée

Aux flancs du canapé
couvrant des coussinets
en toiles ouvragées
et cousues de fil blanc
la cascade d'un châle
semble pousser un râle
- peut-être le dernier ?

Un orage est passé
délaissant le parquet
pour le sol carrelé
au damier noir et blanc
puis l'épaisse moquette
où pleure une chaussette
- privée de sa moitié

Dans leur paix retrouvée
les bibelots sonnés
ont fini de trembler
et de claquer des dents
sur la bibliothèque
et les meubles en teck
- c'est enfin la journée !

ils sont partis, les agités.

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12 septembre 2009

L'heure qui n'avait jamais existé (tiniak)

De retour de la boulangerie un peu navré - je n'ai pas été servi comme à l'accoutumée par sa fille, mais par le boulanger en personne. Homme fier de l'être, homme. Et l'homme est lunatique, perclus de sens pratique, ferru d'aphorismes déprimants.
Une baguette pas trop cuite et bien modelée, pour elle, une biscornue et grillée, pour nous, autour d'elle, doux cheptel prenant garde de ne rien perturber de sa mise en route journalière.
Il n'as pas réagi, comme l'eût fait sa fille, d'un mot, d'une vétille, en enveloppant la baguette réputée invendable.
- Et vingt qui font quatre-vingt, dit-il en me remettant mon bien son regard cherchant sous mon coude à jauger le client suivant - un garçon qui n'a pas dix ans et en paraît six.
Je claironne un joyeux congé à la petite file bien rangée que l'écho de mes filles ne reprend pas, n'étant pas venues avec moi.
Je sors. Dehors, j'exécute mon petit tour de jongle avec porte-monnaie, journal, monnaie et mes deux baguettes brûlantes, dans leur papier enfariné... ça craque un peu, ça menace sous le coude, mais tout prend place, s'équilibre, parfait mon allure d'homme libre et me confère une élégance mâtinée d'insouciance.
En vérité je n'en mène pas large. Je viens de détruire mon ménage et ne sacrifie à l'usage que pour atténuer les effets du désastre annoncé.
Je ferme la porte derrière moi. J'appelle, on ne me répond pas. Pas de ruades dans l'escalier, pas de cartables dans l'entrée, pas de chaussures de ville, que les tongues des filles et ce petit bout de papier posé sur le piano :
- Non mais t'as vu l'heure ?! Bravo !! On règlera ça plus tard.
Je file à l'horloge de la cuisine : neuf heures moins le quart. J'hallucine !
Qu'ai-je fait de tout ce temps ?
Six minutes aller, six minutes retour, et allez, six minutes sur place, maxi... ça fait pas le compte !
Je suis parti à huit heures et vingt passées, disons vingt-cinq... la demie, allez... ça fait toujours pas le compte.
Sur le boulevard, en contrebas, on monte les plateaux scéniques de la Fête de la Musique qui aura lieu ce soir.
De quoi j'ai l'air avec mon petit-déjeuner caduc, le nez planté contre le vitrage, le bide noué par la rage, aussi dépité qu'un eunuque dans le gynécée déserté.
- Et merde, oui! C'est l'heure d'été !

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05 septembre 2009

Tours d'ivoire (tiniak)

Main fredonnant l'herbe frisée
frissonnants grains de muscadet
chapelure appelée rosée
où j'irai déposer mes lèvres
avant qu'un rêve nous achève
avant qu'il nous ait emportés
perles vives dans la buée

Arrête un peu, dis
tu me chatouilles !

Calmes palmes devant l'or brun
n'en laissant fuir que des rais fins
persiennes fractures du jour
soudain quelque ennui vous tracasse
est-ce l'ouragan qui menace ?
qu'y puis-je faire ? comment sauver
le calme charme de vos ourlets ?

Regarde un peu, voir
j'ai pas une poussière ?

Eclats de forge dans l'atmosphère
brûlant ma gorge dans les enfers
un chameau passe, il est tout sec
un toucan délivre son bec
d'une pastèque
cependant je cherche à étreindre
la source au puits qui sait m'éteindre

T'as pas un peu soif, dis ?
parce que moi oui

Plus immobile qu'un caillou
stoïque tel un fier brisant
le monde roule sur mon cou
indifférent
à l'intérieur le rêve est plein
de jus, de flamme, de chanson
et, oui dame, de vos seins ronds

viens un peu par là, voir
que je t'embrasse

hélas, hélas, moment de grâce,
il est bien tard
sur le grand écheveau du soir
j'ai lacé mon tour d'ivoire.

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19 juillet 2009

69 bis rue du Quiqui (tiniak)

tiniak – Abécédérotique (suite)

AVERTISSEMENT n°69bis : ceci est une fantaisie alphabérotomane du Maître qu’appelle au vice (si !).

N

nature : " Après deux heures de lutte, qu'il soit encore si dur montrait la bête en rut sous sa vraie nature "

nappe : " Les seins sur le plateau et les poings dans la nappe, elle attendait, en gros, que je l'attrape "

O

occupation : " - Un dessus, un dessous et, en tout : trois dedans ? Tu as de drôles d'occupations, vraiment! "

outre : " En outre, je n'avais rien de mieux à foutre "

P

palette : " Ils ôtèrent le bandeau et tous apprécièrent la palette de couleurs dans ses yeux clairs "

pression : " Ferme, la pogne maintenait la pression, menant la verge vers le con "

Q

QI : " Nul besoin d'un gros QI pour mesurer combien tu as un gros cul, oui "

quiétude : " Fourbu d'avoir lustré ce con comme un moujik, la quiétude de son giron me fut très bénéfique "

R

rasséréné(e) : " Je dus y mettre force coups de boutoir avant de la trouver conséquemment rassérénée "

résister : " - C'est ça, résiste encore un peu. Je te savourerai d'autant mieux "

S

savon : " Quelle ne fut ma surprise de découvrir alors, un morceau de savon dans son Col de L'Homme-Mort "

soi : " L'amour déçoit quand l'amour de l'autre ne va pas de soi "

T

tarte : " Peut me chaut qu'elle soit tarte si je puis lui pétrir la pâte, lui beurrer le moule, lui garnir l'intérieur, l'enfourner, la démouler et picorer ces cerises... bonheur ! "

tatillon(ne) : " Fouet, martinet, lanière, elle faisait bien la distinction... 'faut dire qu'elle était tatillon "

U

ultime : " Le vertige nous prit du sommet à l'abîme, notre jouissance allant jusqu'au plaisir ultime "

urne : " Madame

La Députée

me laissa lui glisser un doux billet dans l'urne "

V

vaisselle : " - Plus d'huile ? C'est pas grave : j'ai du liquide vaisselle! "

voltige :  " Danseuse, elle m'entraîna dans des figures de haute voltige "

W

warnings : " Dans ses yeux s'allumèrent soudain des warnings ; nous n'étions donc plus seuls dans ce parking "

web : " Je suis accro à ta web came "

X

xanadu : " Pour couvrir l'écho de nos cris, dans cette pièce sonore, nous avions mis la bande son de 'Xanadu' un peu plus fort "

xylophone : " Je tapotais son dos comme on joue du xylo, mon dard mis bien au chaud dans son petit fourreau "

Y

yes : " ...mais je n'attendis pas que la lectrice dise "yes", d'un coup je lui saisis sa belle paire de fesses "

yoyo : " Allongé sur le dos, mes mains dans ses aisselles, je jouais au yoyo avec la demoiselle "

Z

zéro : " Je plongeais donc d'entre ses pattes dans son giron, tel un zéro en 44 sur un porte-avions "

zygomatique : " - Etonnante, cette similitude entre tes contractions vaginales et tes zygomatiques... ça te vient de ta rééducation périnéenne ?"

La semaine prochaine, nous reprendrons l’étude d’un point de vue étymologique.

Je vous remercie de votre attention,

Pr NIAK.

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14 juillet 2009

Abécédérotique (1) Tiniak


AVERTISSEMENT n°69 : ceci est une fantaisie alphabérotomane du Maître qu’appelle au vice (si !).


A
aller : " Aller, venir, allers, retours ; mécanismes de baise ou tourments de l'amour ? "
amen : " - Lors, je n'aurai de cesse de te secouer la couenne, que la peau de tes fesses ne me diront amen "

B
banane : " Avec la chantilly qu'elle avait mis autour de ma bite, je me faisais l'effet d'être un banana-split "
bouche : " Ta bouche et la mienne fondant, l'un et l'autre de nos corps s'apprêtent à vibrer haut et fort, comme avant "

C
court : " Le cheveu court ne démentait pas de son bulbe le poil ras "
culotte : " - N'enlève pas ta petite culotte, j'arrive! "

D
disert : " - L'affaire conclue, il était moins disert, tout nu "
donner : " Devant cette cambrure, j'éprouvai le besoin de donner quelques claques à ce gros popotin "

E
élaborer : " Lors, j'employai pour la bourrer un procédé élaboré "
évidence : " Je m'astiquais à l'évidence péniblement sous cette panse "

F
ferme : " Qu'ils soient mous ou bien fermes, j'ai la passion des seins "
foire : " Le sol, après tout ça, avait des airs de foire aux vêtements dressée dans tout l'appartement "

G
girondin : " - Elle était plutôt gironde, hein ? la supportrice des girondins "
glousse : " - Faut-il vraiment que tu glousses chaque fois que j'y mets le pouce ? "

H
hirondelle : " - Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais ta rondelle, sûrement! "
horreur : " - Et tu lui as tout mis, comme ça, sans prévenir ? Quelle horreur! "

I
îlot : " Dans l'enchevêtrement des corps alanguis, son genou faisait un îlot bien joli "
intriguer : " - Tu veux dire : sans les mains ? Alors là, tu m'intrigues "

J
jamais : " - Je ne l'avais jamais fait comme ça, avant. On recommence ? "
jeune : " - Va, je ne suis plus toute jeune / - Que tu dis, viens par ici! "

K
karma : " - Je file un bon karma, on s'enfile un kama' ? "
képi : " C'est encore sur le haut du cul que tu portes mieux le képi, vu ? "

L
lacet : " - Bon, je n'aurais peut-être pas dû tirer sur ce lacet, mais maintenant qu'on y est... "
lucide : " - Non, 'y a plus de place pour personne, là. Restons lucides! "

M
mignon : " Son parfum évoquait la crème de marron, j'en goûtais davantage son sein rond et mignon "
mort : " La vie ne vaut pas d'être encore sans cette petite mort "

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06 juillet 2009

Clé de 68 (tiniak)

Nuage, sans visage et sans nom
tu forces mon admiration
je te contemple et je voyage
sur tes volutes de coton
je m'obstine à te reconnaître
à te nommer, à te faire être
monstre, divagation
en abusant à ton passage
mon imagination volage

Nuage, clé des songes
presse ma vue comme une éponge

Nuage, rêve en plein jour
donne à mon esprit libre cours

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25 juin 2009

intérieurs nuit (tiniak)

Et puis ce fut le noir complet.

La lourde porte réputée inviolable avait cédé comme prévu. Il leur restait quinze bonnes minutes pour achever de boucler leurs trois sacs bourrés de coupures de dix, de vingt et de cent, puis déguerpir avant que le brouilleur de codes électroniques ne soit repéré pas la prochaine mise à jour du système.

Elle avait mis les petits plats dans les grands, c'était peu de le dire. Elle recevait quelques collègues et leur chef de département. Parmi ces huit invités, il y aurait le beau Sean. Tout était fin prêt, des petits encas au soufflet dans le four qui croûtait gentiment – thermostat six. Elle se résolut à passer sa dernière acquisition vestimentaire : une folie, bien sûr.

Ils s'embrassaient comme s'ils devaient mourir demain et leur baiser, parmi les tout premiers, leur promettait d'atteindre bientôt le septième ciel. D'ailleurs, ils s'élevaient en effet vers le cinquième étage, dans l'ascenseur cossu qui leur offrait enfin un peu d'intimité.

Il avait parié gros. Obligé. Ces gains lui rapporteraient de quoi se refaire et il était grand temps. Pour ainsi dire, il avait joué à quitte ou double. On approchait les toutes dernières minutes du match. Le score lui était favorable, mais de peu. Il tendit la main vers sa quatrième canette.

Elle refermait doucement la porte d'entrée en réprimant un gloussement de satisfaction. Mais le sourire qu'elle avait esquissé retomba devant le capharnaüm qui l'accueillait dans le couloir. Evidemment, ses mecs, mari et enfants s'en étaient donnés à cœur joie et lui laissaient le plaisir de remettre tout ça en ordre. Tenant du bout des doigts le bracelet que Pierre lui avait offert, elle se demandait si le mettre parmi ses autres bijoux constituait une cachette valable.

Elle enjamba un camion de pompier.

 

zip, poum, aïeeeeeeeuh !

ah nan, putain ! nan nan nan !

oh ? tsi hi.

et merde !

c'était qu... wiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Posté par Walrus à 17:01 - Tiniak - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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