10 novembre 2018

ECTOPLASMA SANS GAIN (tiniak)


Eh, p'tit bouchon ! C'est quoi ton nom ?
Si je souffle sur ta maison
tu vas me dresser un procès
au nom de dieu ou du progrès ?

Charline, ma très douce amie
qu'invoquez-vous sur ce parvis
sous le crachat de ses gargouilles
un ectoplasme aux pleines fouilles ?

Tergiversons... Tergiversons...
Mais quant à revenir au fond
Bertrand, quand t'as cogné
était-ce d'un esprit frappé ?

Où vous rendez-vous, mes jolies ?
A la prochaine Rave Party
pour que la Flakka vous tritouille
et qu'une ombre incongrue vous souille ?

Par égard - eh, par Toutatis !
pour votre délicieux pubis
à quoi bon l'offrir sur l'autel
d'un symptomatique Bruel ?

Lasse et gavée de vieux mensonges
passe au tableau l'humide éponge
et révoque tous ces fantômes
qui t'auront dit : "je suis ton homme.."

Ah, ça fait un peu mal au cul !
ces résurgences z'impromptues
liant désir à la mémoire
dans une même peur du noir

Si tu regardes 'Ghostbusters'
entends que tu y es ma soeur
et qu'il n'est pas plus doux supplice
que nous mettre, l'un l’autre, en lice !

Mais brisons là, car il est tard...
Halloween navre nos trottoirs
quand nos enfants veulent sourire
à l'enfant qu'il nous reste à dire

En nous... A eux... Au jour prochain
dont nous savons qu'on n'en sait rien
ça ! tant que la nuit nous embrasse !
dans un halo d'idées fantasques

 

 

gaena_pluie2

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13 octobre 2018

Nancy’s journey (tiniak)

 

 

N’en ayant plus pour très longtemps

(tout simplement, la fin est proche)

les yeux dans un livre de poche

elle esquive ses sentiments

 

A la faveur d’un lent virage

couvert par un profond tunnel

elle arrange ses cheveux miel

prenant soin de corner la page

 

Nulle autre personne, alentour

n’aurait pu lire son dessein

dans la fraîcheur de son maintien

ni à son murmure velours

 

Ce n’est qu’à l’arrivée en gare

où, tous les plaignants rassemblés

et tous leurs propos recoupés

que l’évidence vint, trop tard

 

Y voir de quoi tirer leçon

j’en laisse le soin au jury

je réserverai mon parti

jusqu’à sa prochaine évasion

 

 

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26 mai 2018

Origami honey (tiniak)

 

J-13, guéridon 8

Deux ans que je fréquente ce bar de quartier, dont l’ambiance familiale anime un public éclectique. Aux temps froids, je m’installe à ce guéridon dans un coin de la salle du fond, devant un verre de Chablis, de Cheverny ou de Mâcon, mon carnet de poèmes ouvert sous la main, avec vue sur le zinc et l’oreille aux aguets.

 

Ce jour-là, une nouvelle tête prit place au comptoir, au bout à droite. Plutôt jeune – disons, la trentaine, une silhouette féminine agréablement proportionnée habillée avec soin, une coiffure complexe encadrant un visage où persistait une rondeur enfantine; elle s’exprima avec discrétion pour passer commande et demander le quotidien local mis à la disposition de la clientèle. Dans son recoin, elle s’attela à composer le sudoku du jour. Une oie blanche dans l’agitation bruyante et familière des habitués qui l’observaient du coin de l’œil.

 

J-6, comptoir

Le printemps tarde, bien que l’on soit déjà passé à l’heure d’été depuis dix jours.

La « nouvelle » se révèle plus ouverte, pimpante et rigolote qu’il ne m’avait semblé. C’est la quatrième fois qu’elle vient. Nous nous sommes rapprochés autour du canard quotidien. A elle, le sudoku, à nous (Abel, un joyeux drille de retraité et moi-même) les mots fléchés, les mots croisés étant plutôt mon pré carré.

 

Nous sympathisons. Elle se prénomme Rébecca.

 

J-4, guéridon 16

Malgré un petit vent d’est un brin mordant, je m’installe en terrasse. Je suis fumeur, c’est pus commode. Rébecca m’y rejoins avec son tango-fraise, occupe l’autre chaise. Nous devisons. Cariste de son état, elle n’est pas dénuée d’un humour assez hommasse, goûte la blague salasse et lâche des éclats de rire spontanés, tonitruants, aux accents graves, l’œil coquin, la canine acérée. Rock’n’Roll, la poulette !

 

Ce soir, c’est vendredi. C’est « ma soirée ». J’anime le bar autour d’une sélection thématique de clips vidéos musicaux ou comiques. A cette occasion, le bar ferme plus tard. A dix heures, nous décidons, elle et moi, de prolonger la fête en ville.

 

Nous finissons la nuit chez elle, en toute amitié, échangeant des titres de pop music, de punk, de rap, même de musette – Rébecca ne buvait pas que du tango, elle le dansait aussi. Je la quitte en milieu de matinée après lui avoir rendu un petit service tandis que nous prenions un copieux petit déjeuner. Somme toute, elle n’était guère plus âgée que ma fille aînée. Sur sa table, dans un papier qu’elle a plié façon origami (un gallinacé !), j’ai laissé mon numéro de téléphone.

 

Jour-J, commissariat, salle d’audition 4

Dégoûté, fatigué, étourdi, tout à la fois, je signe ma déposition.

Le capitaine me dit, en manière de consolation, je suppose : « vous savez, M. Filoqueur, grâce à vous, nous aurons au moins la satisfaction d’avoir mis fin à ces arnaques en série ». La belle affaire ! En attendant, me voilà déplumé comme un canard à l’orange, moi ! Moi qui ai eu l’imprudence de payer un billet de train à Rébecca, pour « rejoindre (sa) mère malade, ce week-end », avec ma carte… sur son ordi…

 

Le lendemain, soit hier, dimanche à midi, je constatais avec stupeur que mon compte avait été proprement nettoyé ! « Filée » et « logée », mon Oie Blanche avait été prise en flag par la Brigade des Fraudes.

 

Dans la rue, je charge une play-list aléatoire pour regagner mon logis en me changeant les idées. Je t’en fiche ! Le premier titre qui déboule entre mes oreilles martèle : « Gimme all your money, and I’ll make some origami honey »… Le couac !!

 

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31 mars 2018

Hors-la-loi (tiniak)


Le retour du printemps échauffant les esprits
tout concordait ici pour que bientôt ça barde !
Sans rien en dégonfler, on ouvrait les mansardes
les rideaux s'agitaient au souffle du pays
comme le linge écru déployé sur les fils
et les robes passant de blafarde en bavarde...
la pression demeurait palpable sous les ris

On en avait pourtant supporté, des bravades !
et des occupations ! des heurts et du mépris...
Mais il exagérait, l'autre Béni-Oui-Oui
à nous servir sa soupe aux relents de moutarde
car, à creuser un peu, sa morgue se lézarde :
l'était pas le dernier à téter du pastis
ni à tâter en coin quelque fesse gaillarde

Il s'était condamné en disant, à l'envi
conspuer nos valeurs, pisser sur la cocarde
et de fanfaronner de sa voix nasillarde
arguant de religion et de suprématie...
Ça n'a pas fait long feu ! Ça n'a pas fait un pli !
On lui a fait bouffer ses bottes, sa guimbarde
et le fameux Stetson à son front de Teddy !!

Non, mais…
Au pays du Horla !

 

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25 novembre 2017

APPETITION (chansonge) par tiniak (86)


J'ai rêvé trop loin...
Je me suis perdu
d'horizons tordus
en soupirs en coin

J'ai rêvé de foires
aux lents rigodons
portant des chansons
au front de l'Histoire

J'ai rêvé trop fort
comme l'odalisque
devant l'obélisque
écoutant son corps

J'ai rêvé de mains
caressant l'Ailleurs
tel un orpailleur
en oublie sa faim

J'ai rêvé trop cher
un tissu de mots
qui ferait la peau
aux foudres de guerre

J'ai rêvé d'un jour
de belle facture
qui ferait le mur
pour vivre d'amour

Rêverais-je mieux
à l'économie ?
J'ai tant d'appétits
quand j'ouvre les yeux !

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18 novembre 2017

CARNAGE (tiniak)


C'est mon terrain de jeu, ma cape, mon chapeau
la brume dans mons dos, le pavé sous mes pas
ce coin de rue obscur, la nuit et ses frimas
j'y promène ma joie et ma haine, au cordeau

Ah, c'est bon de sentir venir d'un pas serein
la promesse d'un sein qui n'a rien vu du monde
que des messes les saints, sans jauger leur faconde
à plier le genou quand on lui tend la main... !

Rigole, fais ton choix ! Moi, j'attends sous le porche
en me brûlant les doigts sur de tristes cibiches
dans l'attente fébrile d'une frêle biche
qui aura pris le métro quatorze, sans torche

Ne passe pas ici, quand j'ai trop faim de chair
ni ton dieu, ni ta mère et pas plus ton soupir
qui n'ont plus foi en toi, ne savent rien en dire...
Plus en saura ce mur quand sera faite affaire

Avec tes petits pleurs et tes cris étouffés...
Avec ta chair en sueur et tes yeux ébahis...
Avec ma Belle Horreur, là, sur ton clitoris...
Et le tout comme un lot vendu sur le marché !

Gargantua, redis-moi, c'est quand qu'on n'a plus faim ?
Mangées - toutes ! ses mains ? Quand il n'est plus d'espoir ?
En l'Homme, ses manies, ses manières du soir ?
Celles au dévidoir ? Ou celles du matin ?

Eh, c'est bon de sentir, venir à petits pas
quelque nouvelle proie fleurant bon la chair fraîche
mais je regrette un peu de n'avoir pas la flèche
(celle de Cupidon) pour lui sonner mon glas

 

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11 novembre 2017

Mâle et fils (tiniak)

Mâle & Fils, S.A. - DIRCOM

 

À l'heure où le hashtag « dénonce la grosse porcasse qu'il te plaira de vilipender pendant tes ragnagnas » atteint des sommets de laïks, d'échanges, partages z'et divers ritwittes sur la toile mal tendue - mais Ô combien fréquentée ! par la plupart des frustrés z'en tout genre que notre monde en déliquescence a fomenté en son sein véreux, une question se pose, là.
Non pas là, là !

Question t’en question : « Dites-voir donc... C'est quoi d'où que ça vient-il ces attaques répétées contre Mâle & Fils !?! Mmh ? »
Mâle & Fils ? Pensez ! Une société qui a fait ses preuves depuis… pfff… depuis, au moins l’âge des grottes décorées z’à la peinture à doigt – et avec quel doigté ! C’est dire !

Nah mé, sans dec' ! Depuis le temps que le droit de cuissage a survécu aux libéralismes z'à-tout-vat, que les joyeuses rapines de fin de siège perdurent durant les conflits z'armés (zarma !) qui agitent teu t’aujourd’hui moins les chroniques que la planète, et que les mains t'au cul (z’au Q ?) continuent de fleurir sur les trottoirs z'et avenues z'où transports tant commun (néanmoins pratiqués tant solitaire), vous croyez-t-y pas qu'il s'agit précisément d'une pratique ancestrale qui a fait ses preuves depuis des millénaires ? Voireuh bien plusse chez les millionnaires !! Hein ? Bon…

Alors, bon... Bon, bon, bon... Je dirais même : Oh ! hé ! Hein ? Bon !...
Le problème, il est : même si ça fait bonbon qu'on essaie de démontrer qu'aussi – hein ? eh ! oh ! z’ il y a toujours z'eu, et qu’y aura toujours, des z’aguicheuses pour rechigner après coups (portés, pourtant, t’avec un geste savant, acquis z'en des temps z'archaïques (cités plus z’haut) et conservé aux pris de longues luttes contre le Sur-Moi t’et les différentes morales z'afférentes aux systèmes sociaux (successifs z'et subséquents), je m'interroge, ben si ! Je m’interroge : « Pourquoi, eh… pürkwa tant d'émotion autour de billevesées après coût... [nnnnh, ghh !] après tout, fort t'anodines z’et plutôt enclines t’à démontrer que le lien social, fondamental z’et sépulcral qui nous… euh… lie, tient z'à très peu de choses, en vrai : quelques gestes, regards, paroles, frottis, commis dans l'effervescence de l'instant, quoi ! en toute spontanéité, quoi ! par quelque mâle (ou son fils), élevé par... une femelle, euh… une femme lelaquelle, par nature, n'a tant (Nathan ?) voulu, souhaité, porté à bout de sein, caressé de la main, que le bonheur, serein n'et bienveillant de sa progéniture ? » M’interrogé-je, Serge.

Hein ? 'pas con, la question !
Ben ? V’là qu’il neige ! C’est bonnard, ça, dis ! Une ou deux traces, et woup ! Je m’en vais charrier Magali (ma ‘tite stagiaire 95C) qui prend mes direux z’à la dictée (là, non, hein… je vous z’écris de mon plaint grais, en toute disgrétion), pour z’y souffler t’au moment de partir : « Ben, Magali ! M’ fais pas r’un flan… C’est-y que t’es ma girlie, z’ou nan ? »

Tu vois la finesse ? Hashtag « Mâle & Fils », wesh !

 

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04 novembre 2017

Participation de tiniak

 

Ah, le sang d'Alezan, mon Isabelle !
(fallût-il que tu fusses bien cruelle)
se répand dans le champs de nos saillies
quand tu bailles z'et répètes : "Ba'hi..."

Tu m'as offert, pour un galop, une galoche
Je t'ai rendu ma sève foutraque et fantoche
Et quand j'ai dû quitter ta croupe mécanique
Alezan a surgi, hénissant : "tu la niiiiques ?!"

Oh, c'est trop d'imbroglio, cette histoire...
Je ne suis qu'un Tornado sur fond noir
recyclé pour honorer les juments
pas pour froisser mon vieux pote, Alezan !

Nan, c'est bon ! Ne viens pas m'aguicher par ici
Ne veux plus rien cambrer de mon anatomie
avant d'avoir logé - quelque en soit l'écurie
de mes pairs, la lignée, la longe et le frichti

Eh, va-t-en, Alezan, voir Isabelle
bailler ton ratelier pour ta femelle
Mais...? Tu ne bouges pas plus qu'un I-phone !
Oh, mon pauvre coursier, tu es atone...

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17 janvier 2015

Participation de tiniak

Des branches et le jus

 

 

 

J'avais trois vers, là, sous la manche
l'un de travers et l'autre étanche
et le troisième un rien de biais
pour ne pas gâcher son effet
en fin de strophe
et clamer sous le Grand Dais Niais son apostrophe

Un regard plus loin a suffi
à flamboyer l'étrange cri
jailli de son puits vespéral :
"Où siège ton sentimental ?"
"Ici : ailleurs !
à ces endroits vraiment perdus pour les vains chœurs"

Sobre avarie de Vieille Branche
ployant sous d'octobreux dimanches
que fait ton nom dans mon sommeil ?
dans le capricieux appareil
de cet oubli
qui me donne à goûter au plus Bel Aujourd'hui

Ding ! Ding ! Ding ! Dong !

Oh, non ! Mais non, pas cette cloche...
Pas à moi... Rien ne s'effiloche !
que les graves amours humaines
faites pour endurcir la couenne
à en crever
la dernière toiture avant le plafonnier

Retour à la case des parts
prélevées sur le moindre hasard
que nous offre, au petit bonheur
la chance d'être à la même heure
la même joie
de cheminer, étonnés, sur la même voie

Alors qu'il n'est que leurre étrange
tout soudain, la vie nous démange
et nous recrache sur le lit
où se confondent nos oublis
nos molles chairs
pour qu'il soit plus aisé de les marquer au fer

N'est-ce pas ? N'est-ce pas, mon Cru
qui jetas tout ton dévolu
ton ardeur et mon dernier cent
dans le désintéressement
qu'elles en eurent
ces Voraces parées comme des créatures

Gloutonnerie des possessions
vidant les intimes passions
de leurs substances intrinsèques
Finis tous les salamalecs
on passe à table
et cette fois au titre de met périssable

En veux-tu des raisons d'aimer ?
choisis d'abord le bassinet
où rassembler tes vomissures
Carguée au mat toute voilure
attends que passe
à jamais l'envie de glisser à la surface

Sirote un jus d'orange amère en attendant
Appelle à toi quelque fluvial émolument
Nage sans bruit, que la vague même t'ignore
Gage les fruits de tes ordinaires débords
Une rythmique rogne éructe à son taquet
Il ne sera pas dit qu'elle fut sans objet
Nomme-la dans un fin et liquoreux murmure
Elle viendra, sanguine au ponant, l'épissure

 

 

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25 octobre 2014

Participation de tiniak

Quand, énorme, vient la surprise
- qu'on se le dise et c'est tout vu !
un vent me prend par le joufflu

Il me massacre l'intérieur
pour y attiser des ardeurs
que je ne savais pas nourrir
sur le brasier de mes désirs

Tout oublié, mon nom, mon âge
m'emplis, me gonfle d'un orage
et fourbis un lent grondement
où s'accroît mon étonnement
de n'en pas maîtriser la cause

Maintenant, voici que j'explose
masquant mon trouble d'un éclat
de rire fou d'être encor là
la joue rougie d'inexpertise :
une fille m'a fait la bise !!


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