24 septembre 2022

Hugo's back (tiniak)

 

Je fais souvent ce rêve intense et fulgurant
d’un élu éloquent et rappelant ses pairs
à la moralité solide et solidaire
que leur intiment leurs mandats, subséquemment

Il monte à la tribune et se frotte les mains
délivre à l’Assemblée un rapide salut
dès son introduction évoque les canuts
et les métiers perdus au nom de l’Argent-Sein
Faisant feu de l’injuste et de l’indigne loi
massacre entre ses doigts l’hypocrisie des castes
jouissant du pouvoir pour n’en faire qu’un faste
ou quelque autorité sans en porter la croix !

Leur sacro-sainte loi de citoyens-pirates !

Et qu’ils voudraient qu’on s’en rabbatte
et mettre en berne la vision
de nos humbles destinations
en rognant jusqu’à nos pénates !?!

Ai faim, comme toi, Citoyen, pour la Justice
quels que soient nos chiens, nos filles, nos fils
(calmez-vous, sur ce dernier vers
nulle échelle que ma colère
et la rime dessous, qui glisse)

Dis donc, Bernard… C’est toi, Victor ?
Ah, mais voici mon train de nuit…
Pardon, mais j’ai quelque hellébore
à savourer au bord du puits
de l’inconstance que j’abhorre

Avec le peu que j’en sais de vos tristes danses
Ô mes aïeux !
qui s’imposent t’a vos dépens sous de vains cieux
tant qu’à vos panses
gargouillent la misère et ses trois noms de France

Qui ? pour quoi tu feras le beau ?
Tais-toi donc, vilain quiproquo !

Un peuple est là, entre mes bras
loin de sa chemise de nuit
qui m’a dit ; allons, je te suis
l’arme que tu n’espérais pas

Citoyens !
dans le confort que nous avons entre ces draps de lin
comment nous savons pleins ?

Eh, l’Autre…
n’est-il pas un nouvel épeautre
(qui sauva, sous le mont Ventoux
nos pairs massacrés à genou
dans la sublime indignation
traversant les générations
devant l’immonde Bête ?)

Adieu, messieurs !
Odieux, vos cieux
que c’en est - mais, pas dieu possible !
d’adouber d’un vote vos cibles

L’est bien triste, le quiproquo…

Nul ne peut-être bleu, blanc, rouge
qu’au-devant des haines farouches !!



 

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27 août 2022

Êtres (à i'aube) - tiniak


En aube blanche et consacrée, l'Aujourd'hui vient
raillant l'Hier et ses replis d'arrière-garde
et sans futures épousailles qui le bardent
mais cette quotidienne faille d'avoir faim
prenant ses mains

Tout passera - je le sais bien, mon bel ego
comme il se doit, ainsi qu'au cheveu la caresse
apaise un front fiévreux de sa délicatesse
et nul orgueil à l'horizon, aucun écho
à cet écot

Regarde... Embrasse l'alentour, Ô mon Réveil !
au sortir d'un faste sommeil, les bras ballant
veuve est la nuit devant le jour et son plain-chant
fleuve écoulant son flux à nul autre pareil
contre le vent

Et oui, le vent ! Cathédrale qui va son cours
seul perceptible mouvement de quelque obscure éternité
et n'en a cure d'aventure, de regret
d'aubes ourlées de fébriles désirs d'amour
au point du jour

Suzon, soyons - et sans détours, donc, pas sans âme !
l'alarme au front, le lien vibrant du Nouveau Jour...
Qu'importent d'où soufflent les vents sur nos débours
ni ce Poisson !
Jouissons de nos simples matins - miraculeux !
quand Soissons pleure Notre-Dame sous les cieux

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23 juillet 2022

a stare at windy stairs - tiniak

Le vent - ce jouet ! jouait avec sa robe rouge
Un livre se navrait, au fond de quelque bouge
de son air absorbé par le petit écran
où son pouce imprimait, d'un même mouvement
un balai singulier, mécanique, sans âme...

Moi, de la regarder, j'en avais la bougeotte !

Le souffle vespéral agitait ses cheveux
d'une chorégraphie qu'envieraient certains dieux
si simple que parfaite et faite pour le soir
qui tombait, à genou, sur le même trottoir
ses habits orangés, aux symboliques flammes...

Ah ! comment lui parler sans avaler ma glotte ?

L'Esprit de l'Escalier qui loge sous mes cernes
s'était déjà réjoui de voir mon cœur en berne
avant que d'entamer, sans pari, sans motion
avec elle, un semblant d'honnête finition
d'où pût éclore - et sans effort ! un doux sésame...

Et moi, de me tenir au fin fond de ma grotte !

Hallali ! Allons-y, d'un destin encor vert !
Le vent n'est si méchant que par les vastes mers !
Ici, voici un banc, avec elle dessus
caressant l'océan de vagues incongrues
surgies de bien plus loin que notre cher Paname...

Je me suis pris un vent ! Oui, quoi ? Bon... Allez, crotte !

'Faut bien tourner la page
Elle l'aime tant, sa cage...

windy-red-dress

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21 mai 2022

Coûts de grisous (tiniak)

 

Grisou,
vieux Grigou
qui étouffe nos canaris
tu m'as sauvé d'un panaris,
mais soufflant tout autour de nous !

Ripous,
gare à vous !
car nous n'en avons pas fini
de rassembler nos parti-pris
pour vous voir - enfin ! à genou

Ici, j'ouvre une parenthèse...

"Garez-vous, citoyen abscons.
Montrez donc votre portefeuille...
Sachez que je vous garde à l'oeil;
votre teint m'est par trop marron"

Où allons-nous,
le regard flou,
jouant nos vies de canaris
sur d'aléatoires paris
que nous servent d'obscurs dessous ?

Un bon coup de grisou s'annonce...
Mais quelle en sera la réponse ?
Allons... Debout !!
Indignez-vous...

ti

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07 mai 2022

Entour’loupes - tiniak

 

- L’extérieur nuit (à qui ?) -

Le pas déjà fatiguant d’avoir martelé le parcours hasardeux d’une route à l’horizon pourtant certain, je marche vers la nuit qui vient.

Sur l’alentour, le crépuscule imprime en grand sa majuscule, à force traits de langueurs opiacées, sous des torsades torturées. Il a beau faire, son spectacle reste éphémère et devra le céder, bientôt, à celui qu’offre, chaque nuit, l’insondable scène de l’infini.
Alors… ? C’est qu’il redouble de fanfaronnades (ce soir si certain de sa ligne), usant d’ailleurs, comme à l’accoutumée, de cette esquive ridicule : plus je m’avance, plus il recule.
Qu’importe ! Car - et de longtemps, à présent, j’ai laissé derrière moi, close, la porte. Dès lors, il n’est plus d’autre mouvement que vers l’avant (délicieux oxymore…).

Tête rentrée dans les épaules, mains dans les poches et front couvert, j’ai l’attitude qu’il espère, ce triste soir. Vraiment ?!
Bien sûr qu’elle est finie, ma route. Et alors, Ô déchirements… ?

Raillez ! Bramez ! Rougeaudes nuées en maraude, étirant vos portées bluesy sous le Magnitudo parvi; je passe, en fraude, chacun de vos tristes portiques.

Aussi, j’ai feint la nostalgie…
Le temps de percer votre bulle avant de céder, ébahi, aux plaisirs de mon âme noctambule.

Nous nous reverrons au matin, chacun son kleenex à la main.
D’ici là, goûtez-moi ce Senti Mental - pied-de-nez à vos Vespérales !

****

- Un terne jour (ah, non !) -

Galère !
Pourtant, j’y arrive bien avec les cheveux de mes petites sœurs chéries. Le mien n’est guère plus crépu que le leur, même moins fin (ça tient mieux en main), mais nettement moins fourni, malgré la “boule disco” que je me trimballe, peignée afro.

Depuis le séjour de l’appart’, ma mère me lance un énième rappel à l’ordre :
“Didou ! Vas-tu enfin sortir de cette salle de bain !? s’énerve-t-elle. Il est grand temps d’aller à la messe. Ton père s’impatiente. Attention !”
Je prends une bonne inspiration et je rétorque la malicieuse litanie que j’ai concocté pour ce dimanche :
“Non, non et non ! Je vous l’ai dit : aujourd’hui, je veux passer la journée sous ma couette, na !”
J’entends qu’on s’agite. Bon, ça va pas tarder à barder.
Vite un dernier tour d’élastique et je sors de la salle de bain. L’instant d’après, je pénètre dans le salon arborant mon improbable champignon-tressé au sommet du crâne.
“- Mais qu’est-ce… ? Qu’est-ce qu'il t’a pris ? suffoque ma mère, tandis que mon frère et mes sœurs se pètent de rire sur le canapé. C’est quoi cette coiffure, enfin !?!

“- Ben, quoi ? C'est chouette ! Je vous l’ai dit : aujourd’hui, je veux passer la journée sous ma couette.”
Même mon père se bidonne. Alors, ma chérie mère abandonne et capitule :
“- Rhôô, Didou… Toi et tes entourloupettes… Allez, défais-moi ça et on y va.”


 

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30 avril 2022

Diatoniques - tiniak


Donnez-moi le las, je lui prêterai mon dos
que toujours à notre portée soit le chemin
celui de la fraternité
d'où s'élève le genre humain
depuis le sol, vers les nuées
sans ambage et sans trémolos

Il existe pourtant des "si"
menaçant notre condition
"Et si on essayait les cons ?"
"Et si qu'on avait un' bonn' guerre ?"
Pardon ? Suffi ! Assez ! Assis !

"Avec ça... Y en a un peu plus;
j' vous l'mets quand même ?"
Merci ! Assez des anathèmes !
Voyez donc, j'en ai plein la raie

Prédications à découvert, tous azimuts
qui souhaitent dresser le couvert aux champs d'horreur
souffrez qu'un atavisme fier, main sur le coeur
démasque, à sa frontière, enfin ! la Bête en rut

Agir ensemble et jusqu'au bout, pas à demi
contre les fantasmes qu'un fou veut assouvir
c'est ne pas subir, à genou ni en martyr
un joug qu'une main sur l'épaule nous aura mis

Sonnez, sornettes venimeuses... Ici ou là
votre point d'orgue aura toujours le son du glas

Oh, elle va mourir, la chair, mais non l'esprit !
Elle aura bien saigné la terre, hier encore...
Mais, au vain labour qui l'enserre, un rêve en corps
germe, traversant la poussière, et s'affermit

Nulle douleur, nulle misère et nul licol
qui ne se résolve, d'un trait ! en un bémol

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16 avril 2022

Bars atteints ! - tiniak


“- Je sais… Je sais… Tu vas pas m’ croire,
mais, au matin, elle était là,
à se pavaner, en peignoir,
les cheveux noués dans ses bas,
le sein offert,

et me disant : “Je suis ta mère.”
Ce qu’elle a fait !
Et ça, durant tout’ la journée !
Just’ pour savoir, la fanfaronne,
quel est le parfum d’ ma daronne !”

“- Nan ? Tu déconnes ?!!
“- Ben, nan. Mêm’ pas…”

***

“- Soyez ouverts au vent qui vient;
c’est la bonne heure, à cet instant.
C’est Youkali qui vous repeint.
C’est l’hallali sur le Serpent !

“- Pardon, madame…
“- Oui, mon petit ?
“- J'ai bien compris où est mon âme;
mais, là, je voudrais fair’ pipi….”

***

“- Alors… D’accord… C’est pas gagné…
Mais, au nom de tous les Français,
les Françaises - même ardéchoises,
il va falloir solder l’ardoise.
Quelqu’un aurait-il une idée ?
“- Oui, moi, madame…
“- Ah oui ? Mais non ! T’es trop marron,."

***

“- David a un mot à nous dire, ou je me trompe ?
“- Nan… Oui… Voilà : keskonfoula ?!
Je veux dire : on n’est pas des boeufs,
des bleus, des souris, des forçats…
venus pour solde tout compte !
“- Que voilà un très bel élan; merci, David.
Dois-je vous rappeler, quand même,

que ma tâche est un anathème,
quand, moi aussi, j’ai peur du vide ?”

***

“- Jai un’ putain d’idée; enfin !
“- … ?
“- A l’ère du bio !
“- Tu crois, frérot ?
“- Je vais ouvrir un bar à thym !”

barathym


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02 avril 2022

Bise en bière - tiniak

 

Bon...
Faisons le point sur l'horizon
Il n'en jaillit nul zythologue
(à peine une divine morgue)
pour une tournée de barons

Ils s'en moquent bien, les garçons
- sans considération pour leur âge...
rentrés de leurs marins voyageS
le coude levé, sans façon

Eh, quoi ! On sait qui c'est qu'est mort
dans le chenal, coupé en deux
par les pales des ambitieux
travers de riches - vilains porcs !!

Retour à quai, que dire aux veuves ?
Un chant marin n'y suffit pas...
Quoiqu'il invoque un Au-Delà
dont nos âmes meurtries sont la preuve

Et merde !
Encore un de nous mis en miettes
pour une pêche à la crevette...
Allons... Allons... C'est l'heure de la mise en bière
Pardon... Pardon ! Femme, fille, sœur et mère
J'embrasse ta douleur amère

 

drowning-hand

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26 mars 2022

farewell (valse honnie) - tiniak

 

Faut-il se dire adieu quand on s'est aimé comme nous ?
avec l'alarme à l'œil ? le poing levé plein de courroux ?
en tombant, humblement, mais "...d'un même ensemble, à genoux" *?

"Adieu ! Adieu, mon bel amour"... Quel oxymore !
Dose à dos... Les pieux dans les yeux... Pis quoi, en corps ?
Des trémolos en triolets, à trier tout ce qui est mort ?

Regarde-les passer en rang, sous les fenêtres...
monogamies d'aucun "peut-être..."
dans le ronron de leur paraître

Et donc... Adieu, mais sans basta ?
sans être un peu inquiété par ce pas qui s'en va ?
par ce pas qui s'en va tout droit vers les frimas ?

Walhalla rompu des compromissions
le divorce de déraison
et satiété a désemparé la maison

Eh ! Sont-y bien connus, tous ces naufrages !
Ils ont dit : "Bon... Allons... Tournons la page..."
puis qui veut son peigne, qui un nouveau corps sage...

Le vaisseau flambe sur le quai
(alors, quoi ! C'était ça, l'idée ?)

L'adieu prononcé (entre nous)
qui le premier aura souhaité se réfugier dans le youyou ?

DDS708_youyou

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12 mars 2022

siren song - tiniak


Sur la rive océane où l'algue fait la morte
et la méduse échoue, éteinte en bout de course
je marche d'un pas lourd, le nez dans la Grande Ourse
attendant, espérant que s'ouvre en fin la porte
onirique
ayant pris rendez-vous avec le féerique

Ici, j'explique un peu...
J'avais laissé en gage un brin de mes cheveux
aux naïades
qui m'ont sauvé, d'un chant, de la noyade

Rétribution atlante
(librement consentie)
pour être encore en vie
(malgré ma peine aimante)

Et me voici, ce soir, à l'heure convenue
devant les lents rouleaux, prêt à rendre mon dû
(une mienne recette à base de crevettes)

Nulle ombre à ce tableau
surhumainement plein
des souffles du marin
des vagues en écho

Soudain, voici que l'onde se fait plus moussue
que Lune porte ailleurs son regard pâle et cru
et surgissent des vagues
trois superbes naïades !

Ô Rêve !
Tu as tenu parole et règnes sur la grève...

Nous parlons; nous chantons; nous nous mettons d'accord...
à elles ma recette et je garde mon corps

Garantie annoncée (quelle que soit l'époque)
je leur livre le tout avec, en prime, un wok

an_océan-waves

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