Le défi du samedi

Tous les samedis, un nouveau défi!

23 août 2008

Trois francs six sous (Tilu)

<p><p>Une montre sans aiguille</p></p>

A la brocante du quartier

Où je traîne de temps en temps,

Entre casque viking,

Petites passoires à thé,

Nécessaire de camping

Et autres antiquités,

J’ai dégoté quelques objets :

 

Une montre sans aiguille

pour oublier le temps

Un bocal à grenouille

pour prédire le temps

Un jeu du solitaire

Pour faire passer le temps

Un almanach Vermot

Pour rire de temps en temps

Un vieil ours en peluche

Pour remonter le temps

Un vieux vynil de Brel

Pour valser à trois temps

Mais je n’ai pas trouvé,

J’aurais aimé pourtant,

Un couteau à trois dents

ou une scie rouillée

Pour raccourcir le temps

Qui me sépare de toi….

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05 juillet 2008

INVENTAIRE (Tilu)

Une larme de rosée

Un parfum respiré

Un serment murmuré

Un tendre baiser….



Un papillon léger



Une chanson en tête

Un sourire, des fossettes,

Des yeux bleu et paillettes

Une rose offerte



Un papillon volète



Un lever de soleil

En bouche, un gout de miel

Une caresse au réveil

Un reste de sommeil



Un papillon vermeil



Une balade en forêt

Dans le cou, un air frais

Un poney dans le pré

Un câlin dérobé



Un papillon doré



Un ciel noir étoilé

Un silence habité

Une main à serrer

Se comprendre sans se parler



Un papillon rêvé….

flamb__

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28 juin 2008

Difficile à croire n’est-ce pas ? (Tilu)

6h45, je saute du lit en parachute. J’affronte les chutes du Niagara de la douche. J’enfile une petite robe de chez Lacroix. Difficile à croire n’est-ce pas ? Je saute dans mon petit bolide et j’entame une course de côte qui va me mener jusqu’à l’école. J’arrive en tête, bien avant l’ouverture du portail. J’entre dans ce temple du savoir. Là, j’enfile un costume de dompteur sur ma petite tenue légère. Difficile à croire n’est-ce pas ? J’affronte une troupe de jeunes fauves en folie pendant trois heures, sans relâche.

Puis je fais une pause. Je rentre chez moi et déjeune dans la cuisine personnelle de Paul Bocuse.

Suit un moment très sensuel où je danse le slow avec mon aspirateur, et la valse sous mon fil à linge. Difficile à croire, n’est-ce pas ?

Je reprends ma voiture et retourne dans l’arène pour encore trois heures d’arbitrage de combats de gladiateurs.  Sur le chemin du retour, la montagne d’en face qui sort du décor, toute découpée d’ombres et d’éclats de soleil blancs me force à m’arrêter sur le bord de la route pour la contempler. Une brume de chaleur floue baigne son pied, le bleu du ciel tout autour est pur et profond… Mais le temps qui court m’arrache à ma rêverie et me tire jusqu’à la maison où j’attrape ma lance de pompier (difficile à croire n’est-ce pas ?) pour éteindre le feu de la soif de mon jardin d’Eden.

Mon prince charmant  de retour du travail, m’enlève et m’emmène remplir un chariot doré au supermarché du coin.

Une fois les denrées rangées, j’attrape mes partitions et me voilà partie vers la mégapole phocéenne pour retrouver ma troupe de stars pour la répétition hebdomadaire qui nous prépare à notre passage à l’Olympia fin juillet. Difficile à croire n’est-ce pas ?

Lorsque minuit sonne, telle Cendrillon quittant le bal, je retrouve mon carrosse qui me ramène en mon domaine. Là, je trouve ma descendance affalée sur le canapé mais encore éveillée, avec qui je philosophe pendant un moment sur l’épreuve du bac passée dans la journée. Une heure plus tard, j’escalade la face sud de mon lit et m’endors du sommeil du juste sans avoir oublier de replier soigneusement mon parachute pour qu’il soit prêt le lendemain à l’ouverture de mon premier œil…

Difficile à croire n’est-ce pas ? C’est pourtant mon quotidien !

Mais vu avec un  regard neuf …

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21 juin 2008

Briefing en couleur (Tilu)

A la réunion de pochette transparente de vingt-trois heures zéro une, quand il a fallu choisir un volontaire pour le lendemain, ils avaient tous une bonne excuse….

Le grand rouge carmin était bien trop timide, il ne savait pas aligner trois mots sans se mettre à gribouiller.
Le plus foncé était noir, du matin au soir. Avoir la gueule de bois à longueur de temps, pour un crayon de couleur, c’est un comble, non ?
Le rose bonbon et le bleu ciel, fou amoureux l’un de l’autre n’étaient capables pour le moment que de ne dessiner des petits cœurs pastel et entrelacés, une vraie histoire à l’eau de rose...
Le violet était glacé et avait le bout du nez gelé, impossible d’écrire clair et net en ayant la tremblote. Il s’était fait porté pâle.
Le jaune citron avait une pointe bien trop acide pour écrire de jolies choses.
Le marron n’était pas très net, pas du genre véreux, mais presque.
Le rouge vermillon, délégué syndical et rebelle de toujours disait qu’il n’avait pas signé pour ça, lui, qu’il avait était embauché uniquement pour les corrections de cahiers et qu’en aucun cas ils ne voulaient faire des heures supplémentaires qui ne seraient surement pas payées et qu’il ne voulait pas se faire avoir comme un bleu, et que…
Le vert était pétrifié par le trac, la peur au ventre le paralysait. Il était prêt à rentrer dans un trou noir de taille crayon !
Le bleu marine boudait dans un coin, il en avait assez de se faire traiter de novice et faisait une mine de six pieds de long.
L’orange s’était fait tailler de travers, et avait vraiment mauvaise mine.

Je me suis donc porté volontaire, moi, le petit gris, toujours prêt, bien taillé, souple à la main, facile à gommer. J’ai pointé ma mine graphitée hors de la pochette translucide et c’est, bien sûr, moi qu’elle a attrapé en premier.
Et puis tant mieux que tous les autres bariolés se soient défilés parce que moi, j’aime bien être entre ses doigts. J’adore me retrouver à courir sur les pages blanches de son cahier à spirales pour les remplir de mots …
Même si j’ai trouvé que six heures du matin était un peu tôt pour commencer à travailler mais l’aurore rose orangée et ses écharpes violettes que l’on apercevait par la fenêtre avaient dû l’inspirer à cette heure matutinale…

signtilu

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14 juin 2008

Le pointeur des Lilas (Tilu)

Je suis le pointeur des lilas

Le gars qu’on croise et qu’on n’regarde pas

Y’a trop d’soleil sur les feuilles

Sur l’chèvrefeuille

Sur le lilas ,sur le laurier

Ou sur l’herbe verte du pré.

Quand j’lève les yeux de mon boulot

J’en vois qui butinent à gogo

Pendant ce temps que je fais l’zouave

Pendant qu’j’en bave

Parait qu’ya pas de sot turbin

Sur coccinelle ,j’dessine des points

J’fais des points des ptits points encore des ptits points

J’fais des points des ptits points toujours des ptits points

Des points d’coccinelles

Qui s’croient les plus belles

J’fais des points des ptits points ,encore des ptits points

Des ptits points, des ptits points ,encore des ptits points

Des petits points, des petits points

Des petits points ,des petits points.

Je suis le pointeur des lilas

Toute petite fourmi de mon état

Je suis ici depuis perpète

J’ai dans la tête

Un carnaval de confetti

Ils sont tous noirs , c’est pas joli

Et sur ma feuille de cerisier

Il n’ya que la rosée que j’vois briller

Parfois je délire et je rêve

Je vois des ailes

Et dans un rayon de soleil

Je m’envole avec une abeille

Pour m’sortir de mon coin, je fais des ptits points

Des ptits points, des ptits points, toujours des ptits points

Mais l’abeille se taille

Et j’crois que j’déraille

Et je reste dans mon coin à faire des ptits points

Des ptits points des ptits points toujours des ptits points

Des petits points des petits points

Des petits points , des petits points

Je suis le pointeur des lilas

Lavande c’est direct par les pétunias

J’en ai marre, j’en ai ras l’bol

D’être à la colle

J’voudrais jouer les filles de l’air

Laisser mon pinceau au vestiaire ;

Un jour viendra j’en suis sur

Où je pourrai partir à l’aventure.

Je m’envolerai j’aurai des ailes

Plus d’coccinelles

Qui font la queue pour que je puisse

Leur peindre 7 points ou bien 10

J’fais des points des ptits points toujours des ptits points

Des ptits points ,des ptits points, toujours des ptits points

Y’a d’quoi devenir timbré

Se faire analyser

Faire le point, faire le point pour pas dev’nir zinzin

Faire le point, faire le point ,et changer d’turbin

Où j’n’entendrai plus parler d’points de petits points

De petits points , de petits points.

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31 mai 2008

Tout ça pour ça (Tilu)

Il le savait qu’il ne fallait rien dire, bien sûr qu’il le savait. Une seule parole et c’était fichu. Aussi, il s’était caché dans ce bois, pour être sûr de n’être ni vu, ni dérangé par des importuns.
Il avait tout prévu, tout calculé pour pouvoir profiter de ce moment tant convoité  en toute tranquillité. Il s’en faisait une fête.
Il s’était fait discret, habillé de noir, ni vu ni connu.
Il s’était fait muet, lui, d’habitude si bavard.
Il s’était fait tout petit, lui, plutôt m’as-tu-vu.

Et puis, malgré tout quelqu’un l’avait trouvé et s’était approché… inconnu de lui mais arborant un sourire sympathique et avenant.
Alors il ne s’était pas méfié. Il ne s’était même pas demandé comment ni pourquoi ce charmant personnage passait juste par là à ce moment là. Il n’avait rien dit mais avait écouté ce nouveau compagnon si sympathique avec beaucoup d’attention.
Après l’avoir salué cordialement, ce compère s’était mis à lui dire des choses tellement vraies et tellement belles qu’il avait été rapidement sous son charme. On aurait donné le bon dieu sans confession à cet étranger qui avait la fleur aux dents et dont les paroles n’étaient que miel.

Enfin il y avait quelqu’un qui reconnaissait en lui sa beauté, son racé, sa classe naturelle et qui n’avait pas peur de lui dire. Assurément, c’était un connaisseur puisque ce nouvel ami avait deviné au premier coup d’œil ses facultés de chanteur lyrique sans qu’il n’ait eu besoin d’ouvrir la bouche.
Il avait fallu qu’il lui confirme la chose par une petite démonstration, cela avait coulé de source. Il ne risquait rien devant un être aussi sympathique..
Il s’était mis alors à fredonner, mais enflammé par son enthousiasme et encouragé par l’inconnu, il avait étalé son art et s’était exprimé de toute son âme.

Aussitôt, il avait su qu’il n’aurait pas dû.
Il s’était laissé emporté… et son petit plaisir, son délicieux moment qu’il s’était promis, qu’il avait soigneusement projeté s’était évanoui en une fraction de seconde.
Il avait ouvert grand son bec et son petit festin, sa perle rare, ce délicieux fromage affiné à la perfection (si on en jugeait par son fumet), agilement subtilisé à l’étalage fermier du marché du village à ses risques et périls, avait chu directement dans la gueule grande ouverte de ce flatteur sans scrupule, ce charmeur dégénéré, cet abuseur de confiance.

Ah ! il s’était bien fait rouler, il s’était fait avoir comme un débutant .
En plus, le manipulateur se moquait et riait de lui maintenant.
Oh ! quelle honte et quelle amertume !
Une autre fois, il se méfierait…
Une autre fois, il n’écouterait personne…
Une autre fois, mais quand ?  ….Un marché fermier, il n’y en a qu’un par an dans les environs….

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24 mai 2008

Un moment de doute (Tilu)

Quelle est cette fille qui me regarde ?

Un air étonné dans les yeux,

Interdite en face de moi ?


Son allure me dit quelque chose…

Une ancienne connaissance ?

Inconnue, qui es tu donc ?

Silencieuse et immobile…


Je te le demanderais bien, pour savoir…

Et je rangerais mon miroir

?

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17 mai 2008

Si le monde etait different - Tilu

Si le monde était différent ,je t’offrirais une île, verte et sauvage, aux falaises vertigineuses et aux plages de sable blanc, une île vaillante à l’assaut des tempêtes, une île douce sous le vent, une île perdue dans l’océan…. Pour que tu m’y emmènes de temps en temps…

ile

 

Si le monde était différent, je t’offrirais un long chemin bordé de bruyères et de fougères qui longerait la côte, au dessus de la mer moutonnante, où tu sentirais les embruns et le parfum des genêts au retour du printemps, et où tu pourrais tout en marchant, prendre ma main dans la tienne…

chemin

 

Si le monde était différent, je t’offrirais une petite maison de pêcheur sur cette île, au bout du chemin. Une maison toute simple, avec juste une petite chambre et une grande pièce avec une cheminée que tu ferais crépiter et devant laquelle, pour ne plus que j’aie froid, tu pourrais m’enlacer…

maison

 

Si le monde était différent, je t’offrirais un lit pour cette chambre de marin. Un grand lit de bois cérusé avec des draps de coton blanc brodés à tes initiales, des couvertures en laine douce, et un édredon à l’ancienne moelleux et chaud, sous lequel tu pourrais m’attirer …

lit

 

Si le monde était différent, je m’offrirais à toi… au creux tendre de tes bras… dans le lit de bois blanc de la petite chambre de la maison de pierre au bout du chemin escarpé de l’île sauvage au milieu de l’océan gris bleu… comme tes yeux…
 

Mais le monde est comme il est… et rien ne m’appartient…

tout

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10 mai 2008

La fille et les trois oies (Tilu)

Il était une fois

Une fille qui parlait aux oies

Et se demandait bien pourquoi

Elles ne lui répondaient pas…

Etaient elles sourdes ces rabat-joies ?

Un jour, n’y tenant plus, ma foi,

Elle s’empara d’un porte-voix

Et au bord de la marre se planta

Avec un petit sourire narquois,

Et quand se pointèrent les oies

L’une derrière l’autre, en convoi,

La minote dans son cornet s’exclama

En hurlant d’ une drôle de voix :

« Dites donc, bande de casse-noix !

Que vous ai-je fait à toutes les trois ?

C’est ma tête qui n’ vous revient pas ?

Ou bien p’têt que je sens le putois ?

Vous m’ignorez ! C’est discourtois !

Mais j’me laisserais pas faire comme ça !

Alors maintenant dites moi,

C’est quoi chez moi qui ne vous plait pas ?

Non d’un p’tit pois ! répondez moi ! »

Les trois oies impassibles à ce brouhaha

Ne comprenant pas plus cette fois,

Ces paroles de charabia

Passèrent leur chemin cahin-caha

Ignorant cette fille en émoi .

Pauvres oies , elles ne savaient pas

Qu’énerver les hommes ça ne se fait pas,

Même si c’est des filles au joli minois.

Car c’est ce jour , et à cause de ça,

Que fut inventé le premier foie gras….

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Posté par pitchval à 09:00 - Tilu - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 avril 2008

La vie est merveilleuse (tilu)

Madame,

Le laboratoire vient de me communiquer les résultats des analyses de vos prélèvements sanguins. Après examen minutieux des chiffres et pourcentages, il semblerait que votre taux d’hormone onirine ou hormone du rêve ne cesse d’augmenter et est maintenant extraordinairement élevé. Cela peut quelquefois engendrer chez certains patients des complications, mais il semble si ce taux se stabilise, que votre métabolisme se soit tout à fait adapté à cette sécrétion hors norme. 

Si vous supportez bien cet état de rêverie constante, et si cela ne perturbe pas votre entourage (ce n’est pas contagieux), je ne vois aucune contre indication au fait de vous y laisser. De toutes manières, vu le taux extrêmement élevé de cette hormone, je doute qu’un traitement, aussi sévère qu’il soit, puisse vous empêcher de rêver complètement sans vous anéantir par ailleurs.

Les complications de ce dérèglement hormonal, si votre taux continue à augmenter au fil des mois, peuvent se manifester par la possibilité que vous pourrez avoir alors , d’agir sur vos rêves, et même, dans la phase critique,par la capacité immédiate de les réaliser. Si vous voulez éviter d’en arriver là (certains trouvent qu’il est vraiment dommage de réaliser ses rêves) ,vous pouvez passer à mon cabinet pour étudier avec moi les différents moyens de freiner cette évolution.

Prenez donc rendez- vous un soir de la semaine prochaine.

Cordialement

Dr  MERLIN

Ps : Ma secrétaire me demande de vous rappeler de laisser, lors de votre prochaine visite, votre licorne sur le parking si cela ne vous chagrine pas trop. La dernière fois elle avait dégusté les ficus de la salle d’attente, et avait chipoté l’hibiscus de l’entrée qui a eu du mal à s’en remettre…. Merci

Posté par pitchval à 09:00 - Tilu - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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