03 septembre 2016

Le cheval qui murmurait à l'oreille de l'homme (Thérèse)


Par Bucéphale, Maître Cheval, c'est bien ma chance ! Voilà que mon pied s'est malencontreusement déchaussé, me faisant misérablement boîter, telle une pauvre rossinante. Mais quelle idée aussi d'aller me faire courir sur ces mauvais chemins, histoire de m'entraîner ! Heureusement que tu es là, mon bon ami, docteur attentionné de mes pieds délicats.

Mais non, nul besoin de m'entraver pour ton travail ! Mais oui, je vais rester calme et patient. Je ne vais pas bouger, je vais rester sage, promis ! Regarde, voilà mon pied, je te le donne en toute confiance. Tu me connais si bien depuis le temps que tu me soignes. Je n'ai jamais rien compris à tous ces outils au nom rébarbatif mais toi, tu les connais par coeur et tu les utilises avec une telle adresse que je n'éprouve plus à présent aucune crainte.

Je sais le soin tout particulier qu'il te faudra dans ton travail de pédicure, avant d'aborder l'ajustage parfait du nouveau fer à mon pied. Je sais que tu fais toujours de ton mieux pour ne pas me blesser pendant ces opérations délicates. Je sais la patience et la minutie qu'il te faut apporter afin que le résultat soit parfait. Tout est affaire de netteté, de forme et de taille.

Allez, je vais t'encourager d'une douce caresse de mes tièdes naseaux. Ou préfères-tu un massage sur ton dos douloureusement voûté, en récompense à tes bons et loyaux services ?

Tout à l'heure, je retournerai courir sur la piste. J'emporterai ma petite cavalière sur le dos en m'imaginant voler sur les nuages. J'allumerai des étoiles dans les yeux des gamins émerveillés et j'en connais au moins une qui va pleurer, même si elle n'est plus tout à fait une enfant...

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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