19 août 2017

Un enfant (Thérèse)


Un enfant, c'est un morceau de soleil
qui vient réveiller tes jours gris
quand nostalgique tu sombrais.

Un enfant, c'est de grands yeux étonnés
de découvrir le monde,
à petits pas prudents.

Un enfant, c'est doux et chaud entre tes bras
quand, tout confiant, il s'abandonne
pour te livrer tous ses secrets.

Un enfant, c'est une partie de toi
qui déverse son innocence
et ravive tes souvenirs.

Un enfant, c'est un rire en plein cœur
qui reste en héritage
quand tu n'as plus que ta mémoire en partage.

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12 août 2017

L'heure bleue (Thérèse)

 

Posé sur la croix d'une tombe, un passereau s'ébouriffait.

C'était à l'heure bleue, cet espace entre jour et nuit.

Le soleil hésitait : tantôt il pâlissait sur la ligne d'horizon,

tantôt il reprenait vigueur, brillant de tous ses rayons.

Le ciel, doucement, s'assombrissait à travers des nuances

de bleus et de gris savamment orchestrés

qu'un peintre fou avait badigeonnés

à grands coups de pinceaux.

De blancs nuages échevelés,

dans l'azur, s'effilochaient.

Des piaillements résonnaient alentour,

des trilles se répondaient en échos,

des moineaux espiègles se pourchassaient

dans une ultime poursuite.

La terre exhalait des parfums d'herbe et d'humus.

Le temps était suspendu, l'air semblait immobile.

Il faisait bon entre ciel et terre.

C'était l'heure bleue où tout se pose,

où tout repose.

 

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29 juillet 2017

Participation de Thérèse


Brouillard s’étale dessus la terre tel un suaire
Obscurité s’éternise dans un demi-sommeil
Nuit engloutit mon esprit à l’infini.
Je me vautre dans la fange nauséabonde
de mes pensées doucereuses, douloureuses.
Lignes sirupeuses écrites au fil du temps
que je relis dans les coups de cafard.

J’ai acheté un bouquet de tulipes :
tu les avais toujours aimées.
Je les ai posées sur ta tombe :
elles sont là aujourd’hui encore si belles.
Imperturbables, elles résistent au vent et à la pluie,
comme un gage éternel de mon amour pour toi.
Flammes figées dans le gel de l'hiver,
elles dansent dans une explosion de lumière.

Ombres chinoises sur un ciel doré
Comme une encre de chine sur papier doré
Les arbres pétrifiés dans le froid
Tendent leurs bras décharnés.
Des alignements de nuages
Comme un raz de marée déferlant.
La lune est tombée sur l’horizon
Boule dorée sur le noir de la nuit.

Tu me manques…

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20 mai 2017

Octobre 2007 (Thérèse)


En cet après-midi froid mais ensoleillé, j’ai voulu retrouver l’ancien chemin de terre, celui qu’on prenait jadis pour rejoindre le bois, celui qui longe la voie ferrée là-bas.

Partie avec mon chien, je retrouve le chemin. Bien herbicidé, sec, nu, ocre jaune, il longe des champs labourés. Sur un talus d’herbes mortes, herbicidées elles aussi, de hauts chardons rouillés espèrent encore renaître de leurs semences qui se balancent au gré du vent. Plus loin, un groupe d’arbustes, oubliés par les humains sans doute, agitent leurs feuilles encore vertes.

Le chemin rétrécit, se creuse d’ornières et, peu à peu, se couvre de cailloux, de gros cailloux tout neufs, genre ballast de chemin de fer. J’ai bien dû me tordre les pieds cinq ou six fois dans ce chemin suicidaire avant de suivre les pas de mon chien qui, lui, sait où marcher. Intelligente bête qui sait éviter les ornières profondes et les pierres qui roulent. Il me suffit de l’observer.

Soudain le chemin rétrécit encore, s’enfonce dans une sombre végétation. Les arbustes, de chaque côté, se courbent pour nous faire une haie d’honneur. Une odeur pénétrante, familière, qui me rappelle l’ancienne ferme près de chez mes parents, habite ce sentier qui est devenu boueux, glissant. Les ornières débordent d’eau saumâtre. Un troupeau de vaches a dû emprunter, depuis peu, cette voie.

Nous sortons enfin à la lumière sur un sol redevenu sec. J’aperçois tout près la voie ferrée qui longe le talus. Plus haut, de l’autre côté, deux humains qui bavardent, ceux-là sûrement qui ont conduit leurs bêtes.

Je cherchais le bois de jadis, je n’y trouve qu’une pépinière, arbres plantés trop droit, rectilignes comme des piquets. Plus loin des groupes d’arbres emprisonnés de barbelés et des panneaux révélateurs pour avertir les promeneurs qui pourraient avoir la bonne idée de chercher un bout de campagne. « Propriété privée – Défense d’entrer », « Attention Pièges », et plus loin encore « Attention tir à balles ». Il ne croit pas si bien dire, ce panneau ! Depuis déjà un moment on entend des coups de fusils qui tonnent. De loin en loin des salves vengeresses se répondent. Des chasseurs qui crient famine, peut-être, à courser une proie innocente !

Je sais à présent pourquoi ce silence pesant. Les oiseaux sont figés de peur dans leurs habits de verdure. Une boule de poils blancs roule en travers du chemin, derniers vestiges d’un lapin sans doute qui ne reverra pas sa famille. Peut-être vais-je, là, recevoir une de ces balles perdues. Mon chien, alors, saurait-il aller chercher de l’aide ou le prendrait-on aussi pour un sanglier !?

Je commence à fatiguer. Le chemin continue tout droit, plus haut. A droite pourtant un passage. Je crois le prendre pour raccourcir ma route mais il arrive en plein champ. Je continue, bravant les éteules de maïs, mais nous peinons tous les deux. Mon chien n’en peut plus. Je décide de faire demi-tour, de retourner par le même chemin. Sachs (c’est le nom de mon chien) a compris. Il accélère l’allure, pressé de rentrer chez nous.

Sur le chemin du retour, le calme est revenu. J’entends par là : le silence s’est tu, ce silence bavard rempli de peurs. Les oiseaux, timidement, dans les quelques arbustes disséminés reprennent leurs conversations. Peut-être parlent-ils du nombre des victimes, de la perte d’un voisin !
Sur la route, aux abords des maisons, une tondeuse ronronne au milieu d’une pelouse. Les gens se pressent, profitant des derniers sursauts du soleil.

Un jour prochain je retournerai dans ce chemin de terre. J’irai voir là-bas tout au bout où il m’emmènera. Peut-être qu’il existe encore ce bois ! Peut-être n’ai-je pas marché assez loin !

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06 mai 2017

Question de point de vue (Thérèse)


Il disait "Oublie donc tes tourments, ce soir, et viens contempler l'immensité de la voûte céleste ! Vois comme on se sent tout petit ! Perçois-tu ce sentiment de plénitude, cette sorte d'extase profonde ?"
-Elle lui dit : Le ciel est un couvercle lourd de menaces qui m'opresse, qui m'écrase et m'étouffe et me plonge dans un abîme sans fin.

Il disait "Sors de ta bulle et viens te réchauffer à la froide lumière des étoiles. Ecoute-les, elles chuchotent entre elles des secrets mystérieux venus du fond des temps."
-Elle lui dit : J'ai froid depuis si longtemps que même tes étoiles les plus belles ne peuvent m'apporter aucun réconfort. Elles auront beau briller de tous leurs feux, elles auront beau dessiner des mirages, je n'ai plus la force aujourd'hui de m'abandonner aux chimères.

Il disait "Regarde comme la nature est belle, laisse là tes chagrins et viens te ressourcer aux confins du cosmos."
-Elle lui dit : Le ciel est vide autant que mon coeur et je ne vois que de noirs abysses où je voudrais pouvoir plonger pour m'y noyer.

Alors il dit "Cherche bien au fond de ton être et retrouve ton âme d'enfant. Emplis tes yeux de cette poussière de diamant qui scintille dans le silence de la nuit."
-Toutes ces étoiles dont tu admires la lumière ne sont que des corps morts sans intérêt aucun, que celui qui te porte à rêver à des chimères.

Et puis il dit "Souffle donc un voeu vers la prochaine étoile filante que tu verras et si tu y penses assez fort, il se réalisera."
-Je ne sais plus parler aux étoiles. J'ai tant prié et espéré que mes souhaits se sont usés sur les murs de l'indifférence et les anges se sont perdus dans l'océan du firmament. Trop d'amertume et d'impuissance, de contretemps en projets avortés, de mensonges en serments profanés, ont rongé peu à peu mes espoirs. Je ne crois plus à ces fariboles, je ne veux plus rêver à des étoiles mortes, ce ne sont que mensonges comme ces promesses jamais honorées.

Ses yeux éteints regardaient l'insondable...

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18 mars 2017

Illusion (Thérèse)


Viens, ma belle, jusqu'à la tonnelle où nous boirons un peu de ce vin capiteux.
Amour, écoute dans le soir ces douces notes de musique qui s'égrènent et nous appellent.
Entends-tu le violon qui déchire la nuit ?

Nos mains se cherchent, tremblantes, dans l'ombre complice,
nos pas nous mènent jusqu'à la plage déserte tandis que l'océan respire en de vagues soupirs.
Nos rires sont éclats de cristal qui s'élèvent jusqu'aux étoiles,
nos lèvres s'effleurent dans une avide caresse,
nos corps fiévreux se mèlent dans un ultime combat,
et puis, le coeur empli d'ivresse, nous dansons sous le sourire de la lune.

Amour, pardonne-moi pour ces nuages de rêve qui viennent se tendre sur mon esprit en déroute.
Amour, laisse-moi reprendre un peu de ce vin au goût suave et à la robe de miel.
Allez, un dernier verre pour éloigner cette chimère...

Dans la nuit lancinante au clair de lune moqueur, Rêve s'effiloche douloureusement.

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18 février 2017

Deux versants d'une même histoire (Thérèse)


Eglise



A quoi sers-tu donc, Eglise, si les hommes cadenassent tes portes ?
J’avais besoin ce soir du réconfort de tes voûtes profondes.

Je voulais venir épancher mon cœur trop lourd entre tes murs, m’imprégner de ton parfum séculaire, me plonger dans le froid sépulcral de ta nef pour me réchauffer. Je voulais sentir à nouveau cette formidable présence des âmes statufiées, ces purs esprits qui déambulent sous tes vitraux et emplissent tout l’espace. Je voulais demander à Marie la grâce et l’aide providentielle pour eux qui peinent chaque jour : pour lui qui n’a toujours pas de travail, pour elle qui ne sait plus que faire.

Pourquoi faut-il que tes grilles soient fermées ?
A quoi sers-tu, Eglise, si je ne puis me réfugier à l’abri de tes murs ?
J’avais besoin de toi.

Je t’aurais dit « Pourquoi ? », je t’aurais dit « Pitié ! ». Et à genoux, je t’aurais demandé pardon. Pardon pour t’avoir reniée, pardon pour ma colère. Et peut-être qu’alors j’aurais retrouvé l’atmosphère mystérieuse d’antan, celle qui venait bousculer mon âme d’enfant et faisait chavirer mon cœur.

Mais non, ce soir, tes portes sont restées closes. Faut-il donc des heures précises pour prier ? Faut-il établir un planning pour ses états d’âme et pour le désespoir ? Dis-moi, Eglise, as-tu le mode d’emploi pour refouler les larmes ? Explique donc à ceux qui détiennent les clés de tes chaînes que le chagrin n’a pas d’heure ! Je regrette le temps où l’on pouvait entrer et s’abriter chez toi à toute heure du jour…

J’avais besoin de toi, ce soir.

Revenir demain, dis-tu, quand ton seuil sera de nouveau accueillant ! Mais non voyons, demain ma colère sera de retour et mes démons avec elle. Demain mon cœur sera rancœur. Mes yeux devenus secs ne croiront plus aux mirages. Mon âme sera fermée, enlisée dans l’obscurité. Mais que t’importe…

Pourquoi fallait-il que tes portes restent fermées ?
J’avais tant besoin de toi, ce soir !


 

Chômage

 

Combien d’espoirs cassés avant de trouver un semblant de bonheur ?

Combien de fausses promesses faudra-t-il supporter ?

Combien d’envies de se foutre en l’air avant de pouvoir respirer un air nouveau ?

Combien de larmes versées en chapelets de prières pour conjurer ce mauvais sort ?

Combien de fois tes mains tendues vers ce dieu qui s’en fout avant que de sombrer ?

Combien faudra-t-il de brouillard avant qu’apparaisse un rayon de soleil ?

Combien de jours gris avant d’atteindre le bout de ce chemin d’incertitude ?

 

Pourtant j’ai prié pour rompre cette boucle infernale !

Pourtant j’ai crié du plus fort de mon cœur !

Pas assez ou trop mal ?!

J’y avais même cru à ce nouveau possible... 

Tellement fort !

Pas assez ou trop mal ?!

 

Combien d’encre devra-t-il couler pour changer ce destin mauvais ?

Combien de feuilles faudra-t-il salir pour disperser cette mauvaise fortune ?

Pour croire seulement vivre dans ce monde de fous ou simplement exister…

 

La porte était ouverte… je n’ai pas pu entrer… dans cette maison d’un faux dieu...

 

 

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14 janvier 2017

Jardin (Thérèse)

Un souvenir qui date de 2010 : c'est la fille d'une dame chez qui je travaillais. On est restées en bons termes quand sa mère est décédée et un jour, elle m'a fait visiter son jardin qui se cachait derrière un mur.

 


Elle a poussé le portail, m’a fait pénétrer
dans un endroit extraordinaire
où se bousculent et s’entrelacent
des plantes gigantesques,
des fleurs dont bien souvent elle a oublié le nom
et qu’elle doit redécouvrir mois après mois,
de tendre verdure en floraison exubérante.

Il y règne une atmosphère d’un autre monde,
c’est un temple, un sanctuaire oublié de la ville,
à l’abri des regards où vivent en symbiose
des vies insoupçonnées dans une parfaite osmose.

Et moi émerveillée
les yeux écarquillés
sur la pointe des pieds
j’ai surtout bien veillé
à ne rien écraser
de ces plantes boisées,
à ne pas les blesser.
À petits pas feutrés
doucement j’ai marché
dans la peur d’effrayer
ses habitants ailés
à l’abri des futaies.

Elle m’a ouvert le jardin de son cœur,
m’a fait visiter mille et une splendeurs.
On en oublie les turpitudes du dehors.
Déconnecté de la réalité, on ressort
de ce lieu apaisé et la tête remplie de rêves,
abasourdi d’une si belle trêve.

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07 janvier 2017

La rivière (Thérèse)

 

Dans le soir qui commençait à ourler d'ombres la campagne environnante, il avait d'abord cru à un mirage qui dansait dans les lumières du couchant. Une fille aux longs cheveux d'or s'avançait dans une robe aux couleurs du temps sous les hauts arbres de la forêt.

"Viens !", lui dit-elle.

Et sans plus réfléchir ni poser de questions, il lui prit la main et la suivit sans un mot.

Ils arrivèrent au milieu d'une clairière devant une maison bleue qui semblait flotter hors du temps. Et là, bien à l'abri des regards indiscrets, durant toute une saison ils s'aimèrent d'une passion dévorante tandis que des orangers au parfum sucré semblaient monter la garde devant leur porte, protégeant ainsi leur vie privée. Pendant qu'ils apprenaient ainsi à se connaître, des rosiers odorants s'élevaient vers le ciel, des glycines, rivalisant avec le lierre, s'enroulaient amoureusement sur les murs. Et la rivière chantait...

Dans le matin naissant, ils partaient à la découverte de leur royaume. Elle lui apprit le nom des fleurs qui poussent sur les talus, les timides qui se cachent sous les brindilles, elle lui expliqua le nom des plantes qui soignent, elle lui montra la force paisible qui émane des grands arbres, et jusqu'au moindre des cailloux qui roulent dans l'eau claire. Et la rivière riait...

Puis un soir, à l'heure incertaine où le couchant magnifiait le ciel dans une farandole de couleurs extraordinaires, un soir funeste où les nuages se déchiraient en longues traînées bleu ardoise, mêlées de pourpre et d'argent, elle lui dit : "Le temps est venu pour moi de partir mais il ne faut pas que tu sois triste. Tu dois me promettre de ne pas pleurer. Dès demain, monte jusqu'au grenier de cette maison et tu y trouveras de quoi écrire. Alors, pour ne pas oublier notre histoire, je veux que tu l'inscrives sur le papier : ce sera notre souvenir à tous les deux. Et il n'en sera que plus beau."

Malgré son chagrin, il écouta la belle mystérieuse et, à l'aube, il monta les marches qui le conduisirent dans un endroit secret. Les yeux écarquillés, il découvrit avec surprise un sol jonché de plumes immaculées. Il s'avança d'un pas incertain avant de comprendre enfin qu'il se trouvait devant des ailes : des ailes d'anges, grandeur nature, des ailes perdues par des êtres qui avaient trop aimé sans doute et n'avaient pu les revêtir à temps, des ailes abandonnées là, le temps d'une pause sur terre. Toutes les suppositions les plus saugrenues lui passaient par la tête. Soudain, un courant d'air fit voltiger à ses pieds un fin duvet, telle une plume d'oie qui se mit à briller dès qu'il la ramassa. La caressant doucement, c'est alors qu'il remarqua, au centre de la pièce, un encrier aux couleurs arc-en-ciel. Etaient-ce les larmes des anges, déversées en ce réceptacle !?
Au loin, on entendait la rivière qui pleurait...

Malgré lui, il sourit à la pensée d'avoir aimé un être aussi pur, aussi beau, aussi parfait. Se souvenant de sa promesse, il trempa sa plume dans l'encrier et se mit à écrire... Dans sa tête, il entendait clairement la fille aux cheveux clairs : "Dis-leur que l'amour est plus fort que tout, apprends-leur ce que je t'ai dévoilé !"

Dès qu'il eut terminé, son esprit libéré, il referma en soupirant le grenier des anges.
C'était une maison bleue, aux confins de l'hémisphère sud, dans le parfum sucré des orangers des anges... Tout près de la maison, la rivière chuchotait...

 

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17 décembre 2016

Rose (Thérèse)


Dans le fond d'une alcôve,
Deux chaises, toutes choses,
Rêvaient dans un sourire
Leurs lointains souvenirs.

Dans la touffeur enclose
D'une douce quiétude,
Le voilà à l'étude
D'une nouvelle rose.

Bouton de rose
Rose douceur
Tendre rose
Couleur de fleur
Rose bonbon
Dans une pause
Mais c'est si bon
Et c'est l'entracte
Rose profond
Au prochain acte
Rouge à son front
Rose fané
Dans un théâtre
C'est suranné.

Dans le fond d'une alcôve,
Délaissée, une rose
Rêvait dans un sourire
Ses lointains souvenirs.

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