04 mai 2013

Dessine-moi un oeuf (Prudence Petitpas)

86019585[1]Dessine-moi un mouton ? demanda le petit prince à l’aviateur qui venait de poser en urgence son avion dans le désert…Cet aviateur aurait pu être le frère de René Magritte qui, lorsqu’on lui demandait de dessiner un œuf, nous reportait sur la toile un oiseau… Après, à savoir si cet oiseau était bien celui qui allait sortir de l’œuf, il fallait évidemment le temps de le couver… quand au mouton du petit Prince, celui dont l’image représentait la caisse avec le mouton à l’intérieur,  c’était exactement celui que voulait le petit prince !

Coup de chance ou pas, le dessinateur aviateur, qui peut-être avait pris un coup sur la tête, lors du crash, avait réussi un coup de maître ! Sauf qu’il ne s’appelait pas Magritte, il est vrai, mais qui dit qu’il n’avait pas en tête cette clairvoyance ?

D’autant que notre aviateur s’était moins compliqué la vie que notre René, une caisse étant plus facile à dessiner qu’un oiseau… Bon, peut-être s’étaient ils rencontrés lors d’un salon de la peinture, ou d’un diner mondain réunissant la noblesse lyonnaise et la bourgeoisie belge de l’époque… Un jour, où il y avait au menu des œufs mimosa en entrée, et un ragout de mouton en plat… pourquoi pas ? Ils se seraient trouvés assis l’un à côté de l’autre et auraient commencé à parler peinture…

-          Et vous, si on vous demandait de dessiner un œuf, vous feriez quoi, aurait demandé Antoine,

-          Heu, je crois que je ferais un oiseau bien sur, pourquoi cette question ?

-          Heu, simplement, parce que si un jour un petit prince me demandait de lui dessiner un mouton et que je n’arrivais pas à le satisfaire, je finirais par lui dessiner la caisse où se trouve le mouton dont il rêve…

-          Oui, bonne idée, ainsi il pourrait se l’imaginer, répondrait alors René

-          Oui, et sur qu’il l’aimerait et qu’il pourrait l’emmener chez lui, sur sa petite planète et ce mouton là correspondrait tout à fait à celui qu’il attendait ! mais vous, votre œuf, êtes vous certain que l’oiseau que vous dessineriez, serait bien celui que l’on attendrait ?

-          Oh, vous savez, personne ne s’en soucierait, la princesse qui me demanderait de dessiner cet œuf, n’aurait pas de planète et comme ce serait en plus d’une gourmande, une bonne cuisinière, je la soupçonnerais d’avoir pensé qu’il serait bon d’attendre que l’œuf éclos afin de se farcir l’oiseau !

Et sur ce, ils avaleraient tous les deux leur repas sans plus échanger de parole, ruminant chacun leur prochaine œuvre…

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27 avril 2013

Trop vite… (Prudence Petitpas)

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Trop vite…

Descendre en route de ce train trop rapide, est ce possible ? Juste pour un moment se dérouiller les jambes et s’arrêter juste le temps de reprendre son souffle, est-ce trop demander à la vie ? Peut-on avoir droit à un répit ?

Si oui, où faut-il le demander, où doit-on le réclamer ? Dis-moi, où faut-il signer pour avoir droit à ce congé, en bas de quelle page pleine de gribouillis, dois-je griffonner mon grigri ?

Juste un moment de délice, un moment de surprise calme et tranquille, sans stress, sans rien de rapide, un coton de douceur, dans cette vie de brute et de folies…veux-tu le vivre avec moi, veux-tu toi aussi cette pause sur cette page ? ce retour en arrière, ce come back sur nos vie, ce voyage voler à la vie, ces minutes qui pour d’autres n’existent pas , n’ont même pas vus le jour, n’ont pas pu survivre au mouvement trop rapide de nos vies… ces quelques jours dérobés au brouillard, avec cette poudre aux yeux, ils n’y verront que du feu, mais nous on sait, nous on se rappelle, nous on a apprit qu’il est possible de changer le cours des choses, juste un temps, juste un peu, sans voler plus qu’il ne faut aux choses établies, aux principes installés de certains qui ne peuvent savoir comment fuir cette folie, jouir vraiment de la vie jusqu’au bout de la nuit…

Alors si tu me suis, assis-toi sur le sentier, pose ta plume et viens danser, pose ta tête de l’autre côté, roule ta bosse dans le fossé. Arrête-toi et  réduit la distance entre nous, souris-moi simplement comme un fou, cherche comment surgir du néant, donnons nous le temps d’avoir envie d’attendre que la vie ne s’arrête avant qu’elle ne soit prête. Juste un moment entre parenthèse, en se disant que le reste est foutaise…alors en avant marche pour cet arrêt sur image…

 

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20 avril 2013

Les éléphants vont à la foire… (Prudence Petitpas)

 

pru1La petite famille est dans la voiture depuis moins d’une heure… papa roule vite, les enfants se plaignent d’avoir mal au cœur, maman ne cesse de se retourner dans la crainte d’en voir un régurgiter ce déjeuner, elle se maudit de ne pas avoir donner du solide ce matin, un bon fromage blanc avec quelques céréales aurait mieux valu que ce bol de lait qui pourrait bien déborder pendant la route. Mais quand on est une maman, on ne peut pas penser à tout ! Les enfants commencent à pleurer, ils en ont déjà marre de la route, la phrase rengaine arrive déjà en tête du hit parade des formules fétiches des enfants :
   -    Maman c’est quand qu’on arrive ?
   -    Dans un quart d’heure, vingt minutes, répond maman !
C’est la réponse automatique à cette phrase que les enfants posent inlassablement tout au long du chemin et qui reçoit depuis plusieurs années la même réponse… mais là, les enfants n’ont pas d’humour, les virages leur ont enlevé toute envie de sourire à cette petite phrase qui d’habitude donne lieu à des tas de petites histoires rigolotes… les enfants commencent vraiment à en avoir marre, ils veulent rentrer chez eux et ne tiennent plus du tout à aller voir leurs grands parents qui tout à l’heure, à l’évocation de ce moment à passer chez eux, leur était si chers…
   -    Ils habitent trop loin nos grands parents, finissent-ils par lâcher !
Alors maman doit trouver très rapidement une idée pour calmer ses chérubins, surtout que papa commence à s’énerver et menace de s’arrêter distribuer quelques fessées pour faire taire ces râleurs en herbe…
Et d’un coup, maman se met à chanter, elle entonne la chanson qui fait rire, celle que les enfants adorent, et ne ménageant pas son ardeur à chanter fort elle commence :
Les éléphants vont à la foire


Mais que vont-ils y voir ?
Un gai babouin
Qui dans l’air du matin
Peignait ses cheveux de lin.
Le singe tomba du banc
Sur la trompe de l’éléphant
L’éléphant fit atchoum
Et se mit à genoux
Mais qu’advint-il du singe ????


Et les enfants en cœur, se mettent à reprendre en canon cette chanson en criant à tue tête :
   -    du singe, du singe, du singe, du singe, du singe…
Sans s’arrêter pendant que maman recommence le refrain…
   -    Les éléphants vont à la foire….. Mais que vont-ils y voir….
Et du coup l’habitacle de la voiture devient un lieu de concert non stop, avec trois petits bouts qui oublient que leur ventre gargouille, que la route est longue, que les grands parents habitent loin et chantent de tout leur cœur….
   -    Du singe, du singe, du singe, du singe….
Papa ne dit rien, il soupir un peu, espérant que ce capharnaüm va s’arrêter enfin, mais il connait bien sa femme pour savoir qu’elle en a d’autres dans sa besace… d’ailleurs la voilà qui entame :
   -    Un éléphant se balançait sur une assiette de faïence,
        Comme ce jeu l’amusait, avec un autre il recommence…
Et les enfants de reprendre alors :
   -    deux éléphants se balançaient sur une assiette de faïence…
        Comme ce jeu les amusait avec un autre ils recommencent…
L’ambiance est à la joie, à la chanson, à celui qui chantera le plus fort… papa se concentre sur la conduite, il a un peu ralentit l’allure… il regrette fortement de ne pas être sourd aujourd’hui … il envoie quelques grimaces  crispés à maman, qui elle lui renvoie des sourires  francs et se prend au jeu des chansons…
   -    Une autre maman, crient les enfants…  pas de problème, elle en connait plein…
   -    Un éléphant se balançait sur une toile… toile…toile… d’araignée…
Et sur chaque chanson rebondit la suivante … en parlant d’araignée, maman continue en chantant celle tant aimée des petites têtes blondes…
   -    Le pape est mort…


Un autre pape est appelé à régner…
Araignée ? Quel drôle de nom,
Pourquoi pas libellule ou papillon,
Ce serait plus mignon…


Les enfants s’éclatent et maman aussi… toutes les chansons de son enfance lui revient en trombe
   -    En voilà encore une, lance-t-elle joyeusement


Ah l’escargot…
Quelle drôle de p’tite bête…
C’est rigolo ce qu’il a sur sa tête…
J’ai vu, j’ai vu
Le p’tit trou son derrière
J’ai vu, j’ai vu
Le p’tit trou de son … OOOOOOOOOOhhhhhhh


Les enfants sont hilares et du coup le temps passe à toutes vitesses…
Seul papa connait un vrai moment de solitude et maudit ses parents d’habiter si loin !
 

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13 avril 2013

Le deal des chats… (Prudence Petitpas)

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Dans le fin fond de la nuit des temps, le cinquième jour,  Dieu dit : que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce… Dieu vit que cela était bon… puis au moment de créer l’homme, il remarqua que de tous les animaux qu’il venait de faire, aucun ne pourrait égaler sa prochaine création, alors il remodela un dernier petit mammifère, qu’il appela « chat » et le mit sur terre. Il lui donna plein de qualités et de défauts afin qu’il se rapproche le plus possible de ce qu’il voulait engendrer ensuite… Ainsi, il fit le chat intelligent,  habile, fier, indépendant mais aussi rusé, têtu et refusant l’autorité et la discipline. Il le regarda alors et vit que c’était bien, pourtant, il lui manquait encore quelques petites retouches avant de passer à la création suprême de l’être humain. Dieu lui donna alors la parole, pensant qu’ainsi il pourrait un peu plus se rapprocher de l’homme et devenir son meilleur ami. Puis il reprit de la glaise et façonna l’homme et la femme à son image, il les bénit et leur dit : soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et dominez sur tous les animaux que je viens de créer sauf sur le chat. Et cela fut ainsi, Dieu vit tout ce qu’il avait fait et que ceci était très bon… Ainsi il y eut un soir et il y eut un  matin…

Dieu avant de se reposer, demanda aux hommes de vivre le jour et de dormir la nuit et proposa l’inverse aux chats afin de partager équitablement l’univers…tout aurait bien pu se passer si les premiers n’avaient pas eu envie de se servir de la nuit à leur profit et de prendre le pas sur les derniers… Et c’est alors que les ennuis commencèrent pour ces deux créations qui voulurent profiter tous les deux des bienfaits de la terre au même moment !

Les hommes se mirent à chasser les chats qui ne se privaient pas de leur faire mille misères… Ce fut la première guerre du monde, les hommes tuèrent bon nombre de chats, les chats attaquèrent régulièrement les hommes  et Dieu fut bien triste de voir que ses créatures n’arrivaient pas à s’entendre.

 Un chat plus intelligent que les autres, vint voir le créateur et lui demanda de revoir sa copie.
-  Dieu, je te propose un marché : dis à l’homme que tu nous retires  la parole, et plus un chat ne prononcera un mot devant les hommes… Nous deviendrons du coup  des êtres adorables et dociles, vivrons dans les maisons des hommes et finirons par nous entendre, en échange, demande à l’homme de nous procurer gîte et nourriture à vie et ainsi ce problème là sera réglé. Dieu accepta le deal, il expliqua aux hommes que si les chats ne parlaient plus en échange il fallait les aimer, les dorloter et les protéger comme le plus câlin de tous les animaux et qu’il n’y avait plus lieu de les chasser. Les hommes, ne craignant plus qu’on leur prenne leur place, adoptèrent tous les chats comme animaux domestiques privilégiés et les placèrent aux meilleures places de leur foyer. C’est ainsi que les chats s’installèrent l’hiver, bien au chaud dans les maisons, devant l’âtre des cheminées, l’été, allongés de toute leur longueur, dans le meilleur coin du jardin entre mi ombre et soleil et qu’ils ronronnèrent de bonheur avec ce petit sourire en coin  et ce petit œil coquin qui se ferme et s’ouvre pendant leur sommeil comme un clin d’œil à Dieu …

Depuis les chats ne prennent plus la parole devant les humains, mais se délectent de grands rassemblement entre eux la nuit, lorsque tous les chats sont gris. Ils ne se privent pas de se moquer de ces animaux à deux pattes qui parlent et qui, depuis la fin de la guerre des chats, font preuve d’une grande imagination pour s’entretuer entre eux…

Ah si les chats pouvaient leur parler sans risque…

Et tous ces humains qui donneraient bien leur langue au chat pour connaitre le secret de la sérénité constante de ces chères bêtes à poil!

Quand à Dieu dans l’histoire, il en a perdu son latin…

 

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06 avril 2013

Jusque dans ta valise (Prudence Petitpas)

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Je voudrais me profiler dans ta valise, m'y glisser sans que tu ne le saches, m'y lover et y rester le temps de ton voyage, je voudrais y trouver ma place, m’y installer confortablement  et ne plus jamais la quitter. Me sentir balloter par les roulettes que tu tirerais, rigoler en cachette de la tête que tu ferais si tu savais…  Attendre patiemment que tu l'ouvres à l'arrivée, que tu enlèves un par un les objets de ton quotidien, que tu me frôles en passant un tout petit peu de tes mains, que tu glisses tes doigts pour vérifier dans le fond, qu'il ne reste plus rien et que tu refermes cette malle pour la remettre en place dans le placard de ta chambre où j'attendrais alors impatiemment ton prochain déplacement.

Cachée dans les replis d'une bien jolie valise, j’écouterais les bruits du fond de ta penderie et imaginerais ta vie de l'autre côté de la cloison. Je resterais ainsi jusqu'à ta prochaine expédition, lorsque pressé, tu jetterais sur le lit le sac de voyage que tu voudrais remplir sans te rendre compte qu'il contient déjà tout ce dont tu as besoin... Et alors je bondirais tel un diablotin sortant de sa boite, te sauterais au cou sans te laisser le temps de reprendre tes esprits, t'embrasserais de partout, danserais dans ta chambre, crierais tout mon amour et tu serais surpris par tout ce discours…Tu me prendrais la main, me poserais sur ton lit, n’oserais plus rien dire, m’embrasserais ainsi en me promettant qu’à l’avenir, tu m’emporterais dans tes délires. Alors dans un soupir, je dirais merci à la vie et m’endormirais dans tes bras persuadée que le souvenir de ce moment restera comme le plus grand !

Mais le rêve tourne au cauchemar,  le temps n'est plus à l’amour, je te vois déjà froncer les sourcils, t’inquiéter de me voir ici, fermer la porte de ton dressing, me réinstaller dans cette valise, rajouter dessus tes chemises, t’assoir dessus en tirant sur la fermeture éclair, forcer sur le tout pour que tout cela rentre dans cet espace où soudain je manque d'air, où soudain, je m'évapore, où soudain…

 Je me réveille…

Et là, ouf ! Je suis dans tes bras, la valise n’existe plus, il y a belle lurette que tu m’as emporté dans tes bagages et depuis j’essaie de rester sage pour ne pas finir en mirage !

 

 

 

Va, Lise,
Prends ta valise
Et va-t-en…

Va, Lise,
Retrouve le temps
Qui t’attend…

Va, Lise,
N’emporte rien
D’important…

Va, Lise,
La vie ailleurs
C’est maintenant…

Va, Lise,
Dis juste au revoir
En passant…

Va, Lise,
Et cours plus vite
Que le vent…

Va, Lise,
Et ne mets dans ta valise
Que toutes les espérances promises…

 

 

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30 mars 2013

Participation de Prudence Petitpas

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Le toit de notre Amour !

 

Et oui, je t’aime, c’est dingue non ? C’est fou de t’aimer encore et encore, j’ai envie de le crier sur les toits, mais le notre est bien trop haut, je n’arrive pas à monter, pourtant j’essaie, le mieux serait peut-être que je passe par la cheminée…

Je m’accroche aux parois, les deux pieds fermement cramponnés sur les briques,  je me hisse de toutes mes forces, les doigts déchirés par les aspérités des murs intérieurs de ce foyer…je m’aide de tout mon corps pour grimper encore plus haut, le ciel me nargue de sa hauteur mais je monte encore et encore, je ne vois toujours pas le bout de cet âtre, le firmament se rapproche pourtant, il ne doit pas être si loin, le toit de notre amour, est-il vraiment  si grand notre Amour, qu’il soit impossible d’en atteindre le toit ?

Et pourtant je monte, je monte toujours, j’ai un peu peur, je n’ose  pas regarder en bas, la tête me tourne, il commence à faire froid dans cette tour infernale, je me sens comme un ramoneur ramoné, comme un sonneur sonné, et je suis la suie qui m’enduit de sa noirceur, mes narines s’en emplissent, je ris d’avance d’imaginer la nouvelle couleur de ma peau et mes yeux tout blancs dans ce visage sale.

 J’arrive enfin au sommet de ce donjon et je manœuvre de mes bras pour me hausser sur le rebord… ouf, je reprends mon souffle, respire l’air de la nuit

qui n’est plus très loin, je vois un bout de lune qui pointe à l’horizon, le soleil, lui, remonte son grand drap noir sur son sommeil, ça y est, je crois qu’il dort presque, il fait tout noir, cette fois, du coup j’ai vraiment peur.

 Je n’ose plus bouger, en bas il y a de toutes petites lumières qui bougent comme des feu-follet, au-dessus de moi, je ne vois rien, je ne suis plus rien dans cette immensité obscure. Je suis seule, je me noie dans une eau froide, je suis dans la mer morte, je désespère de redescendre un jour, pourtant je ne faisais rien de mal, je cherchais juste le toit de notre amour, mais il est si grand notre Amour, que nul ne peut en faire le tour…

Et merveille, j’ai vu loin dans la nuit, sur le toit d’à côté, sortant d’une cheminée,  une silhouette se hisser, des yeux  me regarder, une bouche me parler, un cri appeler mon prénom, un profil avancer doucement, prudemment, d’un toit à l’autre, d’une tuile à l’autre, une main se tendre vers la mienne, puis la happer rapidement.  J’ai alors senti sa chaleur se répandre dans tout mon corps, ce corps engourdi de peur, engourdi de froid et de pleurs, ce corps qui reprenait vie, et j’ai alors reconnu la douceur de ta peau, la chaleur de ta main, la lueur de ton regard, la forme de ta bouche,  tu avais toi aussi suivit un conduit de cheminée qui t’avait conduit tout droit  sur le toit de notre amour.

Nous nous sommes regardés enfin, nous étions les mêmes mais en négatif, nos deux visages couleur ébène se dévisageaient et lorsque tu m’as souri, tes petites dents blanches sont devenues mille étoiles scintillantes… mon fou-rire a remplacé ma peur, nos deux mains se sont liées plus fort et sur le toit de notre amour, assis sur l’encadrement de cette cavité que je venais d’escalader, j’ai su que c’était avec toi, pour la vie… que je voulais cheminer !

 

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23 mars 2013

L’effet papillon d’un livre miroir (Prudence Petitpas)

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J’avais 19 ans à peine, j’aimais déjà lire et j’étais constamment en recherche de lecture nouvelle !

Ce jour là, maman m’avait envoyé faire une course dans une librairie papeterie … Il y avait du monde et je tournais mon regard ci et là, accroché par toutes ces couleurs, tous ces articles… j’adore toujours autant les librairies. Plusieurs livres me narguaient de leurs étagères et je m’approchais d’eux timidement, discrètement, sans pour autant perdre ma place dans la file d’attente. Et puis, l’un deux m’a littéralement happée, je l’ai pris en main, je l’ai feuilleté, j’en ai oublié la queue qui filait sans moi, je me suis poussée pour laisser passer les personnes qui s’impatientaient derrière.

 Sur la couverture, une petite fille me regardait, et comme dans un miroir je lui souriais, elle n’était ni belle, ni vilaine, un petit air triste soulignait son visage, elle entourait ses bras de ses mains et semblait vraiment m’interpeller…

Le temps s’était arrêté et je n’avais d’yeux que pour ce livre ouvert dans mes mains qui m’agrippait de son titre : Toutes les petites filles meurent parce qu’elles grandissent… je sortais tout juste de l’adolescence, ou peut être y étais-je encore un peu… et ce titre m’attrapait le cœur et m’obligeait à lire le résumé, en tournant et retournant le volume dans mes mains. L’auteur m’était totalement inconnu, elle s’appelait Muriel Rigal et je n’avais encore rien lu d’elle. Le résumé parlait d’un homme qui au contact d’une petite fille sortait de la grisaille d’une vie trop bien réglée pour entrer dans le paradis perdu de l’enfance…L’homme réapprenait alors à aimer mais hélas, l’enfant grandissait, et la puberté mettait fin à toute cette transparence. Le monde des adultes opacifiait tout et cet homme incapable de supporter cette évidence  tombait alors dans la folie… Sortant de ma torpeur à l’appel de la vendeuse qui me demandait si elle pouvait m’être utile, je posais le livre sur le comptoir, attrapais le bloc de papier demandé par ma mère et laissais noter les deux articles sur le compte de mes parents…

Voici comment j’ai pu me lancer dans la lecture d’un livre merveilleux où je me suis identifiée facilement à cette héroïne qui s’appelait Mouche… et où je me suis régalée de son histoire à tel point, que j’ai bien du relire ce livre une dizaine de fois.

Comme toutes les petites filles meurent parce qu’elles grandissent, je suis arrivée à l’âge adulte, je me suis mariée, et ce livre s’est retrouvé sur l’étagère de la bibliothèque familiale au milieu des autres sans plus d’intérêt qu’un simple ouvrage jusqu’à ce que…

Ma fille avait quinze ans quand elle l’a trouvé, elle était en pleine adolescence, ce passage entre l’enfance et l’adulte qui ne passe pas souvent inaperçu. Elle est tombée dans ce livre comme sa mère quelques années plutôt et ne l’a plus lâché. Je pense même qu’elle l’a relut encore plus souvent que moi. Elle se préparait à passer un baccalauréat littéraire dans l’année qui suivait et lorsqu’elle me fit lire le brouillon de son devoir de français, j’ai souri en voyant le sujet et surtout la manière dont elle l’avait traité :

« Un livre vous a plu, écrivez une lettre pour convaincre votre interlocuteur de le lire »… Bien sur elle avait choisi le livre de Muriel Rigal, celui là même qui nous avait toutes les deux tant apporté. Sa note de français : 15/20, pas mal du tout, surtout lorsqu’elle m’a expliqué que ne se rappelant plus le nom de l’auteur elle en avait  inventé un pour son devoir, l’examinateur, lui, n’y a vu que du feu. Le livre magique ne lui en n’a pas voulu, puisque je pense que c’est bien grâce à lui que ma fille a eu son bac… Belle leçon de livre qui voyage de mère en fille et peut être qu’un jour sa propre fille tombera sur ce manuscrit et s’y regardera aussi comme dans un miroir.

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16 mars 2013

1, 2, 3 partez (Prudence Petitpas)

 

Ces nombres qui nous font peur…

Ils sont partout dans notre vie et la rythment parfois à un train d’enfer…

 1 2 3 partez !!!!

 C’est le coup de feu qui nous propulse en avant et nous envoie comme un boulet dans la vie des grands…

 1 2 3                                   Je m’en vais au bois, mais de ces trois là, je ne me souviens pas !

4 5 6                                   Cueillir des cerises, et  là les souvenirs se précisent !

7 8 9                                     Dans un panier neuf, je ris, je joue, je pleurs, l’âge de raison ? Tout semble si neuf…

10 11 12                             Elles seront toutes rouges, le temps des copines, il faut que ça bouge !

13 14 15                             Le premier amour, la vie se complique parfois en un jour !

16 17 18                             Le temps des copains et de l’aventure, de l’amour tout plein à la déconfiture !

19 20 21                             Et puis la rencontre qui change une vie, serait-ce déjà lui, l’homme de ma vie ?

22 23 24                             Déménagement, emménagement... une vie qui démarre, déjà deux enfants arrivent en fanfare !

25 26 27                             Un enfant de plus s’ajoute au panier, on ne compte plus, c’est la panacée !

28 29 30                             Les petits plaisirs d’une jeune maman, les petits soucis de trois jeunes enfants…

31 32 33                             Les Scouts, la maison, pas le temps de souffler, la vie va trop vite, faudrait s’arrêter !

34 35 36                             Un petit dernier, comme ça pour la route, un dernier bébé à nous tous s’ajoute !

37 38 39                             4 beaux enfants, 1 super mari, une nouvelle maison, un boulot aussi !

40 41 42                             Le train-train qui vient, s’installe tranquillement, la vie qui oscille entre noir et blanc

43 44 45                             Les copines qui prennent tout plein d’importance au fur et à mesure de nos confidences !

46 47 48                             Une tempête passée, on refait le point, il ne manque rien… mais on a tant craint !

49 50 51                             Une nuée folle d’enfants qui s’envolent pour  construire leur nid et vivre leur vie!

52 53 54                             Des petits enfants qui  bousculent le charme discret d’une vie conjugale qui redevenait                                                      calme !

55 56 57                             La vie qui passe trop vite, ce tourbillon me fatigue…

58 59 60                             Des voyages en vue, des rêves de retraite…la tête dans les nuages… je n’ai plus envie d’avoir d’âge !

61 62 63                             Ca y est j’y suis enfin, la retraite est comme un refrain… j’en chante dans mon bain…

64 65 66                             Je lis, je croise les mots, je voyage dans des pays lointains

67 68 69                             On est de plus en plus nombreux aux réunions de famille… et ça c’est vraiment bien !

70 71 72                             Suis encore pleine forme, yoga ou sport de tout ordre !

73 74 75                             Dernières randonnées…. un peu bousculée par toutes ces années…

76 77 78                             Les petits enfants grandissent, il nous font des petits…

79 80 81                             Je suis arrière grand-mère, j’en ai pourtant pas l’air…

82 83 84                             Le temps des regrets... bilan du passé… on s’est bien amusé !

85 86 87                             L’aventure ralentie, les voyages virtuels me trottent dans la tête

88 89 90                             Mon dernier achat ? un dentier tout neuf, quelques rhumatismes

90 à 99                               cette maison de retraite, vais-je y échapper… ? 

100                                      je  tire ma révérence, le temps n’a plus d’emprise…

                                            3, 2 1 et c’est fini ! Retour à zéro…

Et on a compté ainsi tout ce  temps pour apprivoiser ces chiffres qui dirigent notre vie… 

Ces nombres qui nous font peur parce qu’ils s’ajoutent encore et encore à ceux qui les précèdent

 Et nous emmènent là-bas dans cet inconnu qui s’appelle DESTIN ! 

Ces nombres qui nous font peur : Moi ? J’en veux ENCORE…

Chiffres

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09 mars 2013

Qui ose me déranger ? (Prudence Petitpas)

On a sonné

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque la sonnette retentit soudainement, je tressaillis, mon corps alangui se  déplia d’une petite sieste au soleil. Qui pouvait bien oser me déranger dans un moment pareil ? Les mains en casquette devant mes prunelles, j’essayai d’apercevoir le vaurien qui contrariait mon programme, mais je savais bien que le mur d’enceinte du jardin ne me laisserait pas même voir son crâne. Je finis donc par accepter de léviter de ce bain de soleil et la position verticale me rappela  le désordre qui régnait sur ma petite personne : non seulement mes cheveux en bataille prouvaient mon laisser aller du moment, mais ma petite robe était bien  froissée et son quadrillage vichy  ressemblait  plus à des vagues qu’à des petits carreaux bien sages.  
Le carillon sonna à nouveau, mais que me voulait ce malfrat, il allait bien falloir que j’aille lui ouvrir, une main noyée dans mes cheveux, je remettais de l’ordre dans cette  bataille d’épis, pendant que l’autre nerveusement passait  et repassait  sur le chiffon qui me tenait lieu d’habit… je criai alors « j’arrive, j’arrive… » Et avançais dans l’allée prête à houspiller l’empoisonneur de l’après midi douceur que j’avais prévue. Je répétais tout en marchant nonchalamment  « j’arrive, j’arrive » ! Il ne fallait pas qu’en plus il s’impatiente ce brigand. Enfin devant la grille  je me retrouvai la main sur la poignée, en train d’entrouvrir la lourde porte de l’entrée.  Passant la tête pour voir  qui osait m’importuner de la sorte, Je clignais des yeux, faisant face au soleil qui m’obligeait à  voir,  dans un flou artistique, la silhouette plantée devant moi.  Un murmure me parvint de cet homme d’un âge incertain :

-          Prudence Petitpas ?

-          Oui, c’est pourquoi ?, répondis je un peu hargneuse, alors que petit à petit mes yeux s’habituaient à la vision plus nette et qu’il me semblait reconnaître un fantôme surgissant du passé.

Nous restions tous les deux bouches bées, nous dévisageant, n’osant interrompre le charme de cette rencontre impensable. Il fallut bien sortir de notre torpeur, et c’est en reconnaissant son sourire enjôleur que je l’embrassai sur les deux joues et laissai petit à petit mes esprits revenir doucement à moi.

-          Que fais-tu là ? je ne te savais pas dans le coin, je ne suis pas très présentable, mais entre !

Et joignant le geste à la parole, j’ouvris en grand la porte afin de faire entrer dans mon jardin l’homme qui avait vingt ans plus tôt bouleversé ma vie.  Allait-il par son intrusion envahir à nouveau mon présent et refleurir un peu mon jardin secret qui ces derniers temps, était plutôt en friche… ?

Je pense qu’à cet instant je n’en évaluais pas le risque mais je sais  depuis, que je ne regrette pas d’avoir pour mon verger caché, le meilleur des jardiniers….  

 

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02 mars 2013

Le Big Bang de l’amour (Prudence Petitpas)

graine de cabane

Il faut dire que   nos grands parents habitaient une maison plutôt inhabituelle dans ce coin reculé de la terre où tout était à l’envers.

 Rien de bien facile pour tous ceux qui ne rêvait point… mais notre jeune âge nous permettait de nous y rendre  aussi souvent que nous le souhaitions. Ainsi lorsque nous allions chez eux, nous nous sentions comme en apesanteur, suspendus dans le temps, et nos yeux d’enfants ne pouvaient que s’émerveiller de passer la petite porte du fond du jardin où demeuraient nos aïeuls.

Mon frère et moi nous aimions bien nous rendre chez eux le temps d’un rêve éveillé et lorsque d’un clin d’œil il m’invitait à courir jusqu’à cette  petite porte, pas plus haute que trois pommes, je ne me faisais pas prier pour le suivre.  Nous avancions fiévreusement jusqu’à  cette  cabane à l’envers  et retrouvions avec joie  Grand Papa et  Grand Maman.  A la porte des arcades, juste avant de passer le ruisseau magique et d’entrer dans ce domaine fantastique,  un oiseau nous demandait le mot de passe, alors nous  lui lancions joyeusement  dans un cri commun « perlimpinpin ».  La magie faisait le reste. Nous nous retrouvions une fois ce ruel traversé et cette porte ouverte, entrain de débarouler   dans les herbes hautes avec l’impression de voler, ébahis par cette légèreté qui nous faisait flotter dans l’air et nous tournait dans tous les sens comme des cosmonautes en route pour le paradis. Nous étions au verso de la terre, la tête en bas, le sol devenait le ciel et tous les arbres plongeaient dans l’immensité du vide échangeant leur racine contre leur cime. Un monde à rebrousse poil, un monde sans dessus dessous nous tendait les bras et nous ravissait, nous courions sur les nuages jusqu’à la maison suspendu dans cette atmosphère qui du coup nous semblait être  la seule chose à l’endroit dans cet univers.

Arrivés sur le perron, de cette petite maison flottante, nous hurlions de rire et appelions grand maman tout excités que nous étions…

Toute petite, un teint de rose,  elle marchait d’un petit pas tranquille, avec accrochée sur son visage ce petit sourire qui grandissait et se rétrécissait mais  jamais ne se figeait. Grâce à  ce sourire comme épinglé sur sa figure,  il se dégageait d’elle une douceur qui n’appelait que les câlins et l’envie de se jeter dans ses bras en passant à peine le seuil de sa petite maison. Les bras accrochés autour de son ventre nous nous régalions d’amour et rivalisions l’un l’autre, pour recevoir de sa part la caresse inoubliable dans nos tignasses blondes.

-          Mes amours, mes chéris, disait-elle tendrement, vous voici enfin, je vous ai préparé un gâteau, venez vite, approchez, il est encore tout chaud… Mon frère et moi, en salivions d’avance, connaissant les talents culinaires de notre fabuleuse grand-maman.

 

Attablé, une serviette à carreaux rouge et blanche autour du cou, nous attendions avec impatience la cérémonie du goûter.  Les narines dilatées par l’odeur de la pâtisserie qui envahissait la pièce, nous n’osions à peine parler et nous contentions de nous lancer des œillades de plaisir. Grand maman s’activait autour de nous, plaçant les assiettes et les couverts sur les sets assortis à nos serviettes. Elle nous coupait une part de cette fameuse tarte renversée dont elle était la reine. La bouche pleine, les papilles ravies, les pommes fondaient sur notre langue, nous nous délections de ces saveurs. Grand maman, fidèle à ses habitudes, assise près de nous, nous regardait amusée de notre plaisir.

-          Grand maman, raconte nous encore comment ta maison s’est retournée ? dit mon frère entre deux bouchées.

-          Mais je vous l’ai déjà raconté cent fois, se fit prié grand maman, mais devant nos sourires béats et ses deux petits enfants près à écouter une cent et unième fois la même histoire, elle sourit et commença :

-          C’était il y a très longtemps, vous n’étiez pas encore nés, j’ai eu la chance de rencontrer un charmant jeune homme qui est devenu ensuite votre grand père. Il était tellement amoureux de moi que je pouvais lui demander n’importe quoi ! et tout en disant cela, grand maman rougit un peu, puis continua, j’avoue que j’en ai un peu abusé… dit elle en prenant un air ravi.

-          C’est quand tu lui as demandé « la lune » répondis-je, raconte nous encore grand maman !

-          Oui, c’est ce jour là que tout a basculé… c’était un jour de printemps,  nous étions si heureux que lorsqu’il me dit :  « pour toi je décrocherai la lune », et bien je l’ai pris au mot, et lui ai demandé de le faire… il fut bien ennuyé au départ et essaya de s’esquiver me proposant mille autres choses à me trouver pour me faire plaisir, mais je me pris au jeu de cette demande et insistait pour que ce soit la lune qu’il décroche pour moi.

Et bien figurez-vous les enfants, nous dit-elle, prenant cet air mystérieux que nous adorions,  alors que nos yeux s’arrondissaient et que  nos oreilles grandes ouvertes attendaient la suite, et bien figurez-vous reprit-elle, que votre grand papa, mon amoureux chéri une nuit a décroché la lune. Il est monté sur une immense échelle et lorsqu’il est arrivé tout en haut de la dernière marche, elle est littéralement tombée sur lui. Il l’a rapporté en descendant les barreaux un par un et lorsqu’il a posé la lune sur le bord du chemin, en touchant la terre, il s’est passé quelques choses d’extraordinaire…

-          « la terre s’est retournée » murmura mon frère… c’est incroyable grand maman, c’est comme un nouveau big bang… on en a parlé à l’école, c’est le jour où la terre s’est formée il y a des millions d’années, le professeur nous a expliqué que c’était l’origine de notre planète et…

-          Et bien tu sembles bien calé mon chéri, répliqua grand maman, pour nous, ce « big bang » dont tu parles était d’un autre ordre, tout s’est retourné, le sol est devenu le ciel et grand papa a du reconstruire notre maison pour la remettre à l’endroit dans cet univers à l’envers…mais l’intérêt de tout ça c’est que votre grand père et moi , nous sommes les plus heureux du monde depuis toutes ces années que nous avons vécu dans notre petite parcelle de terrain retirée du reste de la planète et ça nous a permit de remettre à l’endroit tout ce qui était à l’envers dans notre vie… Grâce à cette magnifique explosion, nous n’avons jamais manqué de rien et l’amour a été pour nous le fil conducteur de notre existence…

-          Comme c’est beau, reprit mon frère, si tout le monde décrochait la lune par amour pour quelqu’un, comme le monde entier serait beau !

-          Et bien c’est  à chacun de suivre ce chemin, en attendant les enfants, il se fait tard, rentrez vite et revenez demain….

Nous partions à regret comme chaque fois que nous quittions ce jardin enchanté et retrouvions nos parents  qui se demandaient chaque fois ce que pouvait bien nous raconter nos grands parents, en voyant nos mines réjouis et nos airs rêveurs.

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