27 avril 2008
Missives - Pivoine
Chère Amie, chère Pralinette,
Une caresse pour votre adorable
chien Praline que vous promenez quotidiennement quand je sors de mon
bureau, la tête vide et lasse de tous ces chiffres et de tous ces
quémandeurs... Votre visage souriant m'encourage chaque fois, au moment
de reprendre le train... Votre visage se dessine dans toutes les glaces
des wagons, chère amie, je vous ai suivie, je vous trouve belle, j'ai
trouvé votre précieuse boîte aux lettres, j'y dépose cette missive,
pleine d'espoir et j'ose cette déclaration... Votre petit chemisier
rose à pois rouges me semble un grand coeur noué d'un ruban de noël.
Je vous embrasse tout plein,
José du Samedi, percepteur de son état...
***
Ma chère et adorable patiente,
La vie est merveilleuse depuis que vous m'avez ouvert vos bras... Vous piquer est un plaisir, prendre votre tension est un honneur, écouter mon stéthoscope me renvoyer l'écho de votre coeur si doux m'est une ivresse, je vous aime et vous porte au pinacle ! Par Hippocrate qui reçut mon serment, je ne vous abandonnerai jamais ! Foi de carabin !
Docteur Percoeur.
***
Chère voisine,
La
vie est un cadeau ! Un mouflet est venu me tirer de mon enlisement en
remettant sa vie entre mes mains. Je garde et élève mon petit neveu. Il
a lancé son gros ballon par-dessus le mur et vous l'avez ramené. Vous
avez joué une partie avec lui et je vous en remercie... Ses parents
m'ont dit: fais ça pour nous et "passe le relais". Je passe le relais
et vous dis merci.
La vie est merveilleuse.
Bien à vous,
Cunégonde de Segonzac.
***
07 avril 2008
J'ajoute la participation de Pivoine
La marquise reposait sur son lit à courtines, visage, cou, bras, épaules
et jambes défigurés par d'atroces ulcérations rouges et pestilentielles...
Le commissaire Duboeuf de la Ville de Paris, à peine arrivé sur les
lieux, déclara, suspendant d'un geste tout mouvement chez ses hommes,
horrifiés et tout aussitôt statufiés:
"Messieurs, pas de vagues, pas de vagues, gardez vos mouchoirs sur vos
mentons et prenez des gants que nous brûlerons ensuite, car nous ne
pouvons augurer du poison que cette maudite Malvoisin aura encore été
chercher chez ses damnés suppôts de Satan... Et s'il se chuchote qu'il
s'agit d'un règlement de compte entre femmes jalouses, croyez-moi, cela
est encore préférable à ces bruits qui commencent à se répandre, au
sujet de messes noires auxquelles se livrerait la maîtresse du Roi pour
conserver Son Auguste Tendresse..." /