25 avril 2009

En selles (Bad-Papistache)

Niagara dans la cuvette, maelström  hygiénique :
Frais moulé du matin, enveloppé de cellulose,
J’entame un tour d’honneur et tire ma révérence.

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Faire-part (Papistache)

faire_part

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18 avril 2009

Joyeux anniversaire Tristan (Papistache)

Les hologrammes projetés sur les nuages de la capitale, cet hiver, avaient marqué Chrystel. Pour l’anniversaire de Tristan, son compagnon depuis neuf ans, elle lui offrirait un tête à tête avec l’écrivain de son choix.
“AtouKlone® ressuscite, à la demande, de vos héros, les mannes et les cendres.”
Elle avait économisé ; l’imprimante avait sorti, ce matin, sur film d’algues, les mille pages du catalogue. Elle laisserait son mari effectuer son choix tout seul.

Tristan faillit s’évanouir.  Le voyage retour de sa journée de travail mensuel en orbite autour d’une des lunes de Jupiter — neuf jours — l’excitation de retrouver son épouse et la surprise du catalogue AtouKlone® firent vaciller ses jambes.

Chrystel appela le canapé et y fit s’assoir son époux flageolant. Ils feuilletèrent les pages de l’épais magazine. Tristan vouait une admiration sans bornes à la littérature archaïque. Il possédait même cinq ouvrages imprimés sur papier végétal, dont un du vingtième siècle. Maupassant. Il dinerait en tête-à-tête avec Maupassant.

Chrystel lui fit remarquer qu’un délai de trois ans et six mois était nécessaire pour tous les auteurs du XIXe siècle. Trois ans ! Voltaire, alors ? Inutile d’y songer. Un quart d’heure avec Voltaire atteignait la somme exorbitante de sept  bouilles. Sept bouilles ! ! ! Les salaires annuels cumulés du couple ne dépassaient pas la demi-bouille.

Léopold Sédar Senghor ? Chasse gardée des milliardaires chinois. Il fallut se reporter aux pages en 2D. Les écrivains à moins  de six cents fayards. Tristan, indécis, se laissa conseiller. Mireille Havet ! Pour quatre cent soixante quinze fayards, on pouvait passer six heures en compagnie de Mireille Havet et l’attente n’était que de deux heures : le temps du clonage et du transport.

Mireille Havet ? Tristan n’avait jamais rien lu d’elle. Sa compagne acheva de le convaincre en lui apprenant qu’elle avait été l’amie, la confidente du grand Guillaume Apollinaire, l’inoubliable auteur des Onze mille verges, son livre de chevet lors de ses premières missions autour de Saturne.

La porte s’effaça à l’approche de l’accompagnateur de la poétesse amie du grand pornographe. Ce dernier, comme Maupassant, était inaccessible à la bourse des deux tourtereaux. Mireille Havet fit son entrée. Un frisson la parcourut quand Tristan lui toucha la main mais son visage se détendit quand elle aperçut la silhouette de Chrystel sous le dôme de lumière de la serre exotique. Tristan signa, d’une arabesque du pouce droit, le récépissé de l’accompagnateur qui rappela qu’il s’annoncerait dans six heures pour raccompagner Mademoiselle l’écrivain.

Tristan connaissait des passages de l’œuvre d’Apollinaire par cœur, il brûlait d’en savoir plus sur la vie privée du poète. Sa conversation ennuya vite la jeune auteure. La société AtouKlone® avait choisi de la faire revivre à l’aube de son dix-neuvième anniversaire. Dans la gorge de Tristan, empressé, les questions se bousculaient. La langue vive de son épouse ne cessait d’humecter ses lèvres. Les yeux de Mireille Havet buvaient le moindre battement de cils de Chrystel.

Des fraises ! Elles avaient souhaité manger des fraises. Ensemble. Tristan s’exécuta. Sauter dans une rame express du métro aérien sans rails, rejoindre la base spatiale de la capitale, effectuer le voyage aller retour vers les jardins lunaires ne lui prendrait que trois heures à cette période de l’année. Pour vingt-cinq fayards, il rapporterait deux peulvens de fraises. Chrystel et Mireille Havet seraient comblées, d’autant qu’il leur restait un scribe de vin doux des collines dispersées.

A son retour, ses deux peulvens de fraises à la main, il constata que la pénombre régnait dans l’appartement. Trois heures, le voyage n’avait pas duré plus. Le jeune homme se dirigea vers la chambre dont la porte ouverte laissait échapper une douce lumière irisée. Comblées ? certes elles l’avaient été ; les deux jeunes femmes, dénudées, jambes enlacées, partageaient leur sommeil sur la couche maritale.

Deux peulvens de fraises arrosées d’un scribe de vin doux, n’était-ce pas, également, la manière de commémorer fort dignement un anniversaire ? Tristan, découvrant pour la première fois le gout acidulé des fruits parfumés, tourna lentement les pages du magazine d’AtouKlone® ; Chrystel fêterait l’anniversaire de sa naissance d’ici quatre mois et deux semaines. Quatre mois et deux semaines, cela lui laissait le temps de reconstituer leurs économies...

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11 avril 2009

Notes de lecture (Papistache)

Entre deux pages d’un livre.
Sentir monter la fièvre, la gorge se tapisser de carton, la vue se troubler...

 


Entre deux pages d’un livre.

 


Auschwitz. Charlotte Delbo.
Quitter le rang, se jeter dans le ruisseau fangeux.

 

A Auschwitz, les lourdes bassines de thé tiède destinées aux détenues sont détournées par les chefs de chambrée qui s’en servent pour leurs ablutions.

 

Charlotte Delbo n’a pas soif, elle EST soif.

 

De retour du chantier, quitter le rang pour plonger les lèvres dans le fossé où nagent les germes de la typhoïde, c’est mourir. Typhoïde ou balle entre les épaules, c'est mourir.

 

Fièvre. Gorge de carton. Vue qui se trouble, regard qui se voile.

 

Un jour. Dix jours. Cent jours.

 

Charlotte Delbo.

 

Travail au potager. Trou dans la surveillance. Un seau oublié. Un seau rempli. Se faire prendre, c’est mourir.

 

Charlotte Delbo s’agenouille. Comme un animal. Elle boit. Au seau. Le seau. Tout le seau. Tout le seau. Son ventre lourd, énorme. Sur le chemin du retour, il clapote. Elle le soutient de ses mains.

 

Le lecteur s’étonne. Quand on pèse quarante kilogrammes, peut-on avaler dix litres d’eau ?

 

Charlotte Delbo. Toute son énergie pour tenir. Un espoir : sortir du camp ; retrouver la vie.

 

De retour, chaque nuit qui la ramène là-bas.

    • Auschwitz et après, 3 tomes :
    • Aucun de nous ne reviendra, Minuit éd.
    • Une connaissance inutile, Minuit éd.
    • Mesure de nos jours, Minuit éd.



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04 avril 2009

Que d'émotions ! (Papistache)

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28 mars 2009

Plaque neuve (Papistache)

ptite_annonce— Allo, Monsieur Édiperoi ?
— Lui-même.
— Ça tient toujours pour 17 heures ?
— Pardon ?
— Pour le divan, samedi à 17 heures ?
— Ah, oui ! samedi, 17 heures.













Madame Jocaste Édiperoi s’étonne. Son époux, nouvellement installé au troisième étage d’une résidence cossue sur la Croisette, se sépare, pour une somme dérisoire, de son divan, acheté à prix d’or à un designer  italien de la plus grande notoriété.
— Adalbert chéri, pourquoi vous défaire de votre instrument de travail ? Le cuir irritait-il la peau du dos de vos clientes ?
— Jocaste aimée, à chaque fois que j’exhorte mes “patientes” à se détendre : “Installez vous sur le divan, confortablement... Vous y êtes à l'aise ? Bien calée ? Respirez un grand coup... Encore plus profondément.... Fermez les yeux... Complètement... Parfait... Vous êtes dans un endroit agréable, où ce qui se passe est bon. C'est sans doute hier, la semaine dernière, il y a 3 mois, 2 ans, 20 ans... Vous vous en souvenez.... Où êtes-vous ?...” à chaque fois, avant même qu’aucune ne puisse énoncer le moindre souvenir, mon divan  meugle à fendre l‘âme. On jurerait un veau sous sa mère.
— Adalbert ! J’ai toujours su que vous aviez un don !

adalbert

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14 mars 2009

SHAZAMMM (Papistache)

P’tit Riton, quinze ans, s’astiquait d’importance,  concentré par l’analyse sémantique du discours politique sous-jacent dans une copie pirate du dernier DVD de Zoli-Zola, star montante du X au Venezuela, quand,  “SHAZAMMMM”, surgi d’entre ses doigts, apparut un génie de carnaval.

— Bonne zoirée. Ze souis le zénie Dadi, tou peux, zeune hidalgo, faire quatre vœux avant minouit. Deux zentils et deux zautres, oun pou moins.

A peine remontée la fermeture zip de son baggy, P’tit Riton, s’étant fait répéter le message, disparut dans la cage d’escalier, abandonnant, sur la moquette souillée, le génie Dadi et une foultitude de kleenex sales.

—  Des gentils, ça va pas être facile dans l’quartier, mais des graves, faudra faire un tri.

*****

P’tit Riton se morfondait dans sa cellule quand Dadi — génie propulsé et, sinon collant, du moins un peu poisseux— se matérialisa à ses côtés.

— Oh, bouffon ! Pourquoi tu m’as j’té dans c’te galère. J’m’a fait pécho par les keufs. J’y ai fait tout comm’ tu m’as dit.
— Tou as fait tes quatre vœux ?
— Oui, j’m suis fait quat’ vieux comme tu m’as dit. Deux gentils, j’les ai soulagés d’leurs économies au distributeur en bas d’la gare et deux pas gentils, les deux clodos qui crèchent sous l’pont d’l'entrepôt. J’les ai fracassés d’la vie d’ta mère, y s‘auront besoin d‘un décodeur tout’ leur vie pour voir la lumière, eux, les zombis.
— Mais, Riton, qu’as-tou compris ? Yé né t’ai pas demandé de té faire des vieux, mais dé formouler des souhaits... faire quatre vœux.
— Oh, l’autre... l’empaffé. J’avais pas compris qu’tu parlais verlan. Quat’vœux ? Quat’ vœux ? VEU’CAT, alors ?  Ben, c’est maintenant qu’j’en aurais besoin d’la veucate.
SHAZAMMMM !

*****

Maryse, avocate émérite au barreau de Rémalard, ouvrit des yeux étonnés.
— Eh ! Dadi, t’aurais pas sa fille ou sa p’tite fille à la vioque ?
SHAZAMMMM !

*****

Léa, béate avocate stagiaire, se retrouva un brin écrasée entre un guignol en partance pour le carnaval de Rio et un adolescent boutonneux à l'odeur aigre.
— Wow, on dirait la frangine à Zoli-Zola. J’voudrais qu’é’ soye ma copine, là, su’l’tarmac d‘la zonzon !
SHAZAMMMM !

*****

— Eh, M’dame attention, fourrez pas vos paluches par là. Eh, mais c’est trop brutal. Y’a qu’ma mère quand j’étais p’tit et moi qui touche à mon joystick. Non, faisez pas ça.... C’est dégueulass'...  Pas avec la ... DADI ! ! ! Débarrasse-moi de c’te chaudass'...
SHAZAMMMM !

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07 mars 2009

Lassitude (Papistache)

Thème : A quoi pensent les hommes
Genre : Poème libre avec mots imposés

Vends souvenirs

Voyageurs ?  Ô Pâles ombres ciel.
                           
                             -Ambre-

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Haïkus très tendres à tout prendre (Papistache)

Thème : Cravate ou teeshirt
Genre : Haïkus jumeaux

Pour bien se pendre                        Pour bien étendre
Rien ne vaut cravate de chanvre      Le teeshirt de sa douce tendre
        Sur sa gorge tendre                    Seule une pince à prendre

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