20 mars 2010

Terminus (Old_Papistache)

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13 mars 2010

Faut bien gagner sa croute (papistache)

Le remboursement des frais de déplacement  n’étant plus ce qu’il était, désormais, il est courant qu’un journaliste honore plusieurs médias de sa prose lors de la couverture d’évènements internationaux.
Moyennant une légère adaptation du style au lectorat de l’employeur la supercherie passe généralement inaperçue.
Inaperçue... pour le commun des mortels dont vous n’êtes pas, lecteurs des défis.
Chut... ne dites rien à personne, que cela reste entre nous...

Grouille
(France-Culture)


Y‘a pas longtemps, loin, chez les cowboys, un jouet, oublié au bas d‘un immeuble, a fichu la trouille : les péquenots  du coin ont chié dans leurs bottes.

Vers 11h 30/ midi, les  gueux se sont décroché la mâchoire : un nounours s’était avachi devant l’entrée de leur taf.
Des branleurs du F.B.I ont bu un café salé et ont rappliqué. Ils ont botté le derrière à toutes ces feignasses et riblonné les bagnoles à deux kilomètres à la ronde ; une fois le doudou éviscéré, les barbouzes n’ont trouvé que du kapok.



Télex
(France Info(s))

QUI ? Des flics
QUOI ? Paranoïa collective
COMMENT ? Bonne question, mon gars, je te remercie de me l’avoir posée.
OU ? Oregon, US
QUAND ? Fin 2009
POURQUOI ? Va savoir !


Chroniques du présent
(T-ÈF-1.fr)


A trois jours des grandioses festivités de fin d‘année, dans la douillette petite ville de Portland (Oregon), patrie de Matt Groening le “célébrissime” créateur de l’inénarrable série d’animation “Les Simpson”, un amour de petite peluche, mascotte à l’image de l’ours noir des Rocheuses, malicieusement adossée à la majestueuse porte vitrée à ouverture et fermeture automatiques (on est au pays où la technologie est reine) de l‘hôtel municipal des forces locales de l’ordre, a provoqué quelque émoi au sein de la communauté  policière : sensibilisée par de récents évènements fort médiatisés (trop, peut-être ?) celle-ci, bien qu’attendrie par cette nativité inopinée a cru déceler la marque du terrorisme international.


De bon matin, rasés de frais et fleurant bon l‘aftershave Crevlon, les représentants de la loi ont été raisonnablement interloqués par la présence, inattendue et insolite, d’un nounours, en tout point semblable à ceux qui, la semaine précédente, avaient fait la joie de milliers de bons petits Américains au pied du sapin (arbre de Noël dont la tradition reste vive en cet état de l‘ouest des Etats-Unis, c’est d'ailleurs l’entreprise Arbres Joyaux de Sainte-Brigou de Beauce (Québec) qui a hérité de l’important contrat de 45 000 sapins Fraser dont les rues de la ville sont parées), assis sagement, les attendant, le soleil matinal se reflétant dans ses cabochons de verre comme un clin d’œil malicieux pour souhaiter à qui voulait un joyeux début de semaine.


Nul ne saura jamais qui composa le numéro du F.B.I., (peut-être un émule de Matt Groening) néanmoins, alors que les dignes serviteurs de  la police  s’émouvaient encore du charmant spectacle et hésitaient sur les suites à donner à cette impressionnante mise en scène, une unité d’élite gouvernementale se figea face au bâtiment, coquettement illuminé de mille diodes clignotantes, dans un impressionnant crissement de pneumatiques “Bonne Année”.


Le petite troupe qui s’était massée face à l’entrée de son lieu de travail fut invitée poliment à aller déguster un café long  vanille/chantilly/sirop d'érable/beurre de cacahuètes au drugstore officiel de la police. Il y eut bien quelques mécontents qui auraient préféré s’y rendre en voiture mais le parking, pour les besoins de la suite de l’intervention, avait été réquisitionné. Le petit groupe traversa néanmoins la rue sans encombre et les unités spéciales purent convoyer en hélicoptère Bouing-Bouing (d’où la réquisition du parking) le petit jouet frigorifié aux ateliers du Père Noël où il fut établi qu’il ne souffrait d’aucune pathologie grave sinon, peut-être, une légère otite. On administra force antibiotiques Beurk & Co à l'ourson qui fit dire, lors d’un flash spécial d’information,  à toute la population, qu’il était très content, qu’il avait plein de nouveaux amis et qu’il comptait bien viser la bonne cheminée lors du prochain passage du traîneau du rubicond bonhomme à la barbe blanche.

Le maire de la ville, rapidement informé du choc émotionnel qui venait d'ébranler  sa brigade de police, accorda un arrêt de travail collectif de trois jours et promit une assistance psychologique à qui en ferait la demande*.

* Offre soumise à conditions.

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06 mars 2010

Et si c'était vrai... (Papistache)

— Docteur Zigmund ? Docteur Zigmund... docteur Zigmund !
La vieille chaîne Hi-Fi du bar souffle. Serge Reggiani ressasse le temps qui s’en va. Piano, violon, voix grave. Le docteur Zigmund Delescal frotte ses lèvres contre le bord de son verre. Mauvais whisky, bouche pâteuse, tête lourde. De l’épaule droite à l’oreille, la crampe qu’il a senti monter depuis la fin de la matinée, comme autant de petites mains brûlantes, lui vrille les nerfs. Verre contre les lèvres, cœur en-dessous, le docteur en ophtalmologie lève une paupière. La douleur lui cisaille la nuque. A l’autre bout du zinc, un plus soul que lui l’apostrophe :
— Docteur Zigmund ?
Il comprend, le docteur,  encore un quidam qui ambitionne une consultation gratuite. Il sait. Est-ce qu’à Louis Ferdinand Auguste Destouches les poivrots noctambules demandaient qu’il leur touchât  les écrouelles ?
—Docteur... doc... je peux vous appeler Zig, doc  ?
Serge Reggiani s’est tu. Un type à voix aigüe le remplace ; il pleure sa Marilou. Le whisky est tiède, la douleur tentacule et la langue colle au palais.

C’est un grand type, propre sur lui, fossette au menton. Deux heures du matin, des joues lisses comme un bébé. Le docteur lève une paupière ; le miroir au-dessus du bar lui renvoie l’image de son père. Tu es fatigué, Papa... Maman va s’inquiéter... Le tramway est... non ! c’est fini à cette heure... on va rentrer à pied... on suit l’Erdre... la fraîcheur nous fera du bien...
—Alors, tu vois, Doc... le soir, dans mon lit, je me cale avec un oreiller... tous les soirs, tu vois, depuis... pfff... je prends un bouquin... j’ai lu le tien... Marc Lévy puissance trois, ils ont écrit à Télérama... mais c’est pas ça... au mur, j’ai un grand miroir... c’est un meublé... j’ai touché à rien... un grand miroir... marocain, m’a dit la femme de ménage... elle est de Carquefou... alors, voilà...

Le docteur-écrivain frotte le bord de son verre contre sa lèvre. Ses poils crissent. Son père l‘imite. Concerto pour deux barbes dures et whisky tiède. Le grand type au visage poupin  poursuit son discours.
— Alors ? T’en dis quoi ? Hein ? Zig ?
— Suis pas... pas en con... sultation...  sais pas.
Dans le miroir, l'image du vieil homme grimace. Il lève un doigt :
— La même chose, patron... trois...
— Alors ?  T’en dis quoi ? Moi dans mon lit... je me vois dans le miroir... j’ai les yeux fermés... t’imagines... je me vois, je bouge un bras, mon reflet bouge un bras... je me vois... mais je vois que mes yeux sont fermés... je me lève, je m’approche du miroir... mes yeux sont ouverts... je retourne au lit... je te jure, mes yeux sont fermés et je me vois... comment t’expliques ça, Zig ? Zig ? Comment je peux me voir avec les yeux fermés ?

« Avec mon âme qui n’a plus la moindre chance de salut pour éviter le purgatoire...» C’est pas du Reggiani ! Comment il s’appelle, le pâtre Grec ? «Toute une éternité d’amour... » Milord ? Ferrat ? Mouloudji ? Papa, tu sais, toi ? Moustaki  ! Mais oui, Georges Moustaki ! Quel con ! Allez, on rentre ! Tu pars de ton côté, Papa ? C’est comme tu veux. Sois prudent, j’y vais !
— Alors, Zig ? T’es fier comme toubib, toi. Moi, ton bouquin, je l’ai lu. « Tape à l’œil » Marc Lévy puissance trois qu'ils ont écrit à Télérama. Eh bien, tu sais, doc, ton bouquin... eh bien, il est écrit flou... mais je l’ai lu quand même, ton bouquin.

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27 février 2010

En rentrant de l’école (Papistache)

Tic-tac, tic-tac, tic-tac !
La pendule égrenait les secondes et les minutes.
Et Tonton,
Il avait
Déjà fait
Par deux fois
Le grand tour
Du cadran.

La maman d’Olivier lui avait répété (facile aussi pour la femme d’un porte-manteau perroquet) :
« Quand tu rentreras de l’école,
Olivier, lave-toi les mains !
et regarde Tonton —  ton Tonton, le tonton... Tic-Tac.
Tic-tac, tic-tac !
Tonton Tic-Tac aura la tête en haut,
Tête nue,
Tête en haut,
T’es tenu
T’es en haut.
Il fera bien,
Ses deux tours
Et encore
Un demi...
Quand ses pieds,
Tout en haut,
I’seront, 
Tu mettras ...»

Olivier avait oublié. Tonton tournait sur son axe : Tête en haut, tête en bas, et bing !  i’ savate un galure et bang ! i’ shoote dans un m’lon.

Tonton Tic-Tac
Sur son axe
I’ tournait.
Olivier
Se rongeait
Les ongles... Tic !
Toc ! Tic ! Toc...
Elle avait
dit, Maman :
« Quand Tonton
Aura la
Tête en bas
Tu mettras... »
Quoi, quoi, quoi ?
La pizza
dans le four ?
Tu mettras
ou tu f’ras ?

« Maman, Maman, ma Maman ! »
La tête d’Olivier tournait.
Son papa, porte-manteaux,
— Perroquet, son petit nom —
Donnait des cours, de diction,
En  Sorbonne, à de bonnes poires
Qui avaient l’espoir d’y voir,
Aux déboires, un’ échappatoire.
I’ se couche pas tôt, i’ rent’ tard
Tic-tac, tic-tac...

Sa maman y’a dit
Quand Tonton l’aura
— s’app’lait pas Laura,
I s’app’lait Tic-Tac—
l’aura fait trois tours
tu mettras au four
ta petite sœur...

Ah, ça y est ,
L’a trouvé
Olivier
C’est sa sœur
Qui sent l’beurre
Mais à c’t’heure
Où qu’elle est
La gamine
A croquer ?
Tic-tac, tic-tac...

     Olivier
     Commençait
     A trouver
     Le temps long.

Tic-tac, Tic-tac...
Tonton tournait
Sur son axe
Et maman
Dans la rue
Discutait et
Disséquait
Les galures
Les chapeaux
Les foulards
Les turbans
Les képis
Couvre-chefs
Et bonnets...

Et sa sœur
Au Moulin
de Paname
Panamé
Panamé
Pa-na-mé-
mé-ri-cain
Tchou-tchou i’
Va s’noyer
Le gamin
Dans l’ennui
Y’a sa mèr’
Qu’est pas là
Et son père
En retard
Et Tonton
Qui se traîn’
Tout autour
De son axe
Tic-tac, tic-
Tac, tic-tac.

Toc-toc ! Toc ?
Oui, entrez !
C’est papa
L’perroquet
Qu’est rentré.
Qu’est rentré
L’perroquet
C’est papa
Oui, entrez !
Toc ? Toc-toc !

Saluez,
C’est fini !
N. I. Ni !

Et Maman ?
Y’en a plus !
Elle a pris
La tangente
Arc-en-ciel !
Ah ! Non ! Ni !
N. I. Ni !
C’est fini !

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20 février 2010

Lie-de-vin ; prune/aubergine ; canari ; chamois ; anthracite , miel ; champagne

Camarades !
La révolution est en marche.
Apprenez à décrypter les codes vestimentaires du patronat et autres suppôts du capitalisme international.

Leçon 94.1.1

Du port de la cravate (1/100)

Ivre de rage :  cravate lie-de-vin.
Mi-figue mi-raisin : cravate prune et aubergine.
Serein :  cravate canari.
Il devient chèvre  :  cravate chamois.
Sur des charbons ardents :  anthracite, sa cravate.
Rayonnant :   cravate miel.
Pétillant :  champagne et de bonne coupe.

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13 février 2010

L’amour est un suave buisson de roses (Papistache)

Le feu de la Saint-Jean avait été annulé à cause des fortes pluies ; ça m’était égal, j’avais dix-sept ans et j’étais amoureux.
— « Tu attends qu’il soit minuit ; tu entres dans le jardin par le portillon ; l’échelle est  accrochée sous la gouttière du cabanon ; ma  chambre est à gauche de la marquise ; je m’allumerai pas ma lampe, mes parents dorment la fenêtre ouverte, mon père est si soupçonneux ; je t’aime, mon Roméo.»
Ah, Giulietta  ! J’aurais pu porter l’échelle sans les mains tant je te désirais.

J’ai décroché mon ascenseur pour le septième ciel ; j’ai traversé le jardin ; je crois bien que j’ai écrasé quelques salades ; il faisait noir comme dans un four et il flottait comme vache qui pisse ; j’ai perdu une espadrille dans la terre détrempée, ça a fait  « plop » ; j’ai pataugé dans les semis et j’ai atteint la terrasse ; j’ai appuyé l’échelle contre le mur ; mon cœur battait la chamade et ma queue la mesure.

Putain, ces vieilles baraques avec des plafonds de cathédrale : l’échelle était trop courte. La pluie tambourinait sur mes épaules ; j’ai risqué : « Giulietta , Giulietta ...» ;  elle s’est penchée par-dessus le garde-corps ; une bouffée de citron vert s’est échappée de son corsage ; elle avait changé de parfum pour me surprendre ; j’ai lancé ma main...

La foudre m’est tombée dessus ; j’ai sursauté ; l’échelle s’est cassé la gueule par terre : ce n’était pas la douce menotte de Giulietta  — nous avions déjà eu l’occasion d’oser quelques explorations réciproques, sa main était chaude, certes, mais menue —  une forte paluche me broyait les os et je pendais, tel un pantin de chiffon, au-dessus du massif de rosiers dont la pluie d’été exacerbait les suaves fragrances entêtantes. Ma flamberge avait fondu, maigre virgule inanimée, mes pauvres boules s’étaient rétractées jusqu’au se nicher au creux de mon estomac. Ma mère n’avait jamais réussi à m’apprendre à distinguer ma droite de ma gauche : « Ça te jouera des tours, tu verras, Roméo !”  Je ne voyais rien, la nuit était opaque.

—  « A qui ai-je l’honneur ? a lancé le propriétaire de la poigne d’acier.
—  R...  Ro... Roméo... Mon... Mon... Montecchi, m’sieur !
— Enchanté d’avoir fait votre connaissance, jeune homme, je ne vous raccompagne pas, vous connaissez le chemin.»
Le doux papa de ma dulcinée a desserré les doigts. Il paraît qu’il existe des rosiers sans épines ; hélas, le père Capuleti en ignorait la culture.
— « Le pauvre pitchoun ! a larmoyé une voix de femme, il faut le dégager de là. »

Madame Capuleti s’est montrée patiente. Moi, nu comme un ver, allongé sur la table de la cuisine, j’ai mordu mon poing pour ne pas crier. A l’étage, Giulietta  virait Madeleine. La pluie continuait à noyer le jardin. A la pince à épiler, une à une, toutes les épines que ma chair tendre avaient soustraites aux branches agressives ont été ôtées. Quand Madame Capuleti a eu fini et après qu’elle m’a eu badigeonné de mercurochrome — à l’époque on affectionnait les désinfectants colorés — elle m’a donné une claque sonore sur la fesse droite (ou gauche, j’ai oublié) et m’a souri :
— « Va te reposer et reviens donc vers 13 heures, Roméo... Je ferai des bécasses farcies ; nous devons avoir une petite conversation à quatre.»

Le jour se levait ; la terre exhalait ses notes forestières ; le grand chef d’orchestre de l’univers avait repris son concert et mon étendard battait de nouveau la mesure.

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06 février 2010

Les compagnons de l'Arbre-Amiral (Papistache)

mondefi92album

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30 janvier 2010

Vue imprenable sur le cimetière de la pensée confuse du sieur P (apistache)

Samedi 23 janvier 2010

P. était né dans un cimetière. Enfin, pas tout à fait, mais de violentes contractions avaient jeté sa mère au sol pendant une cérémonie funèbre. Un parent que famille et amis conduisaient à ce que, par euphémisme, on nomme sa dernière demeure...
P. posa sa plume... malade, il se savait condamné ; il se demanda s’il fallait vraiment consacrer le peu d’énergie qu’il lui restait (ou qui lui restait : les deux se disent) à raconter ce qui tenait entre deux parenthèses :  (il était né dans un cimetière, il y retournait... les contractions de sa mère, les douleurs du crabe...)

Arrête, tu vas faire pleurer,
va plutôt laver la voiture, elle en a bien besoin...


Dimanche 24 janvier 2010

Cimetière
  Sim t’y erres.
   Cimt’ hier.
      Scie meuti Hyères.

                             six m’tiers
                             6 m’tiers
                             merci m’tiers
                             6 m’/tiers

                                                  Simplifions.
                                                                6 par trois, deux
                                                                3 par 3, un
                                                                6 m’/tiers = 3 m’
                                                                3 m minute = 3 m/min
                                                                3 x 60= 180 3m/min = 180 m/h

Pi-toi-iable !


Lundi 25 janvier 2010


Chanson :
«J'suis l'fossoyeur des Lilas
Le gars qui creuse et qu'on n' regarde pas
Y a pas d'soleil sous la terre
Drôle de croisière...»

A cet instant, P. se dit qu’un cimetière qui porterait le nom d’une fleur lui serait agréable  qu'il lui serait doux de creuser son emplacement de louer sa dernière demeure au

  • Cimetière des Ancolies edelweiss  edelweiss 
  • Cimetière Magnolia for ever
  • Cimetière des Chrysanthèmes, non, trop téléphoné, plutôt  :
  • Cimetière de la Dame de Onze Heures***


De nouvelles idées lui vinrent : établir un annuaire des meilleurs cimetières avec un système de notation inspiré des guides touristiques, organiser des excursions de reconnaissance pour

Creux !


Mardi 26 janvier 2010

La lourde porte du cimetière s’ouvrit.
La porte du cimetière, lourde, s’ouvrit.
Lourde, la porte du cimetière s’ouvrit.
Le vent ouvrit la porte du cimetière.
Le vent ouvrit la lourde porte du cimetière de Lourdes.
Le cimetière n’avait pas de porte. On y entrait comme dans un moulin, sauf qu’il n’y avait pas d’ailes, c’est pourquoi une porte suffisait, parce que dans un moulin on trouve deux portes et pas parce qu’il y en une pour entrer et l’autre pour sortir.
Le cimetière avait poussé sur la colline, personne n’avait eu le temps  de bâtir un enclos ; les morts, de toutes façons, ne risquaient pas de s’échapper. Pour mener ses vaches à la pâture communale, la Mère Françoise allait au plus court. Le plus court nécessitait de traverser le cimetière. Les remontrances du maire n’y changeaient rien ; la Françoise allait aux communaux.
Le conseil débattit. Nos morts ne supporteront pas d’être enfermés...


Pppppp ! Je ne vais pas refaire Clochemerle....


Mercredi 27 janvier 2010


Jane ouvrit démesurément les yeux. Le spectacle était grandiose : au bas de la falaise, une forêt d’ossements et d’ivoire, dans la lueur du soleil couchant, dessinait des ombres inquiétantes.
Tarzan pas tressaillir. Tarzan pas avoir appris montrer émotions. Lui reconnaître odeur vieille éléphante  avoir enseigné lui barrir. Pluie couler des yeux de Jane. Tarzan aimer goût du sel. Sel bon pour faire pousser longues défenses. Tarzan lécher sel.

à biffer


Jeudi 28 janvier 2010


Mesdames, messieurs et les petits enfants,
approchez, approchez, venez découvrir, pour la modique somme de quinze euros, l’unique, l’extraordinaire, l’excellente, la pharaonique, que dis-je la pharaonique, la sarkonique reconstitution du plus grand cimetière de nains de jardin jamais découvert sur les hauts plateaux javanais. La précision est fabuleuse, l’émotion palpable...

Demi-tarif pour les militaires et les bonnes d’enfants, entrez, entrez... en avant-première mondiale dans  la salle des fêtes de votre commune,  entrez et emportez le souv

N'importe quoi !


Vendredi 29 janvier 2010

—  Aaaaah !
Épouse-Arrachée-Au-Sommeil pose une main sur sa poitrine :
— Amour-Benêt-De-Ma-Vie, que t‘arrive-t-il ?
Le vieux P., en sueur, peine à reprendre sa respiration. Il pantèle :
— Mowgli, notre Mowgli, mon Mowgli, notre petit-fils entre les petits-fils, l’enfant blond aux boucles  torsadées, Mowgli venait d’achever de graver mon épit
aphe sur une pierre molle au-dessus de ma sépulture...
Épouse-Rassérénée embrasse le front  — qu’il a large et bien dégagé — de son époux transpirant :
— Eh, quoi, c’est le destin, tu ne voudrais pas qu’il disparaisse avant  nous. Rendors-toi !
Le docile vieillard repose la tête sur l’oreiller. Il ferme les yeux ; l’enfant blond s’éloigne, marteau dans une main et burin dans l’autre :

Içi J-P.
1 maniac
2 l’orthographe

Qu’il repôse en P

Tant pis, je fais l'impasse...
je leur dirai que j'ai essayé...
ils comprendront...
ou pas...

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16 janvier 2010

Dis, Dieu, tu crois pas qu't'en fais un peu trop, là ? (Papistache)

Réprimander (v.)

admonester,
arranger,
assaisonner,
attraper,
avertir,
blâmer,
catéchiser,
censurer,
chanter pouilles,
chapitrer,
chicaner,
condamner,
corriger,
crier,
désavouer,
dire son fait,
disputer,
donner un avertissement,
emballer,
engueuler,
enguirlander,
enlever,
faire la guerre,
faire une remontrance,
flageller,
flétrir,
fustiger,
gourmander,
gourmer,
improuver,
incriminer,
laver la tête,
mercurialiser,
mettre au pas,
moraliser,
morigéner,
moucher,
quereller,
ramoner,
redresser,
relever,
remettre à sa place,
reprendre,
reprocher,
réprouver,
sabouler,
savonner,
secouer,
secouer les puces,
semoncer,
semondre,
sermonner,
sonner les cloches,
stigmatiser,
tancer,
tirer les oreilles,
trouver à redire,
vitupérer,
critiquer  (V+qqn, figuré),
désapprouver  (V+comp),
donner une avoine  (V+à+qqn, familier),
donner une danse  (V, familier),
donner un galop  (V, familier),
donner un savon  (V+à+comp, familier),
faire la critique  (V+de+comp),
faire une réprimande  (V+à+comp),
gloser  (vieux, V+comp),
gronder  (V+qqn),
houspiller  (V+qqn),
infliger une réprimande  (V+à+comp),
passer une danse  (V+à+qqn, familier),
passer un galop  (V+à+qqn, familier),
passer un savon  (V+à+comp, figuré)

Dis, Vieux, ça n'aurait pas été plus simple ?
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Et on n'en parlerait plus !

Merci à Marcel Gotlib pour sa participation iconographique.

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09 janvier 2010

Diners d'enfance (Papistache)

Maman n’entrait pas dans la cuisine : elle vivait dans la cuisine. Son tablier écossais noué dans le dos, elle présidait à la composition des repas. Certains soirs, elle sortait la poêle du placard sous l’évier.

Culottée, la poêle, comme chaudron du diable ! Une poêle en fer, pas en inox, en fer noirci à la flamme. Maman y laissait tomber, de son couteau, un fort copeau de margarine. La margarine Astra, conditionnée en cubes de 10 cm sur 10 cm. La flamme bleue du gaz sautait ; la margarine grésillait. Maman jetait les restes du repas de midi dans la graisse liquide ; parfois c’étaient des pâtes, des pommes de terre ou des carottes,  mais aussi, parfois, c’étaient des haricots. Ces haricots mis en conserve ou en saumure qui revenaient régulièrement sur la table.

Les haricots rissolaient. Sûrement Papa devait aimer les haricots saisis, ou Maman, ou mes sœurs, enfin quelqu’un, certainement. Cinq enfants ! Maman devait avoir vingt bras ! Il ne devait manquer que le vingt-et-unième pour touiller les haricots ou alors la poêle était-elle en cause. La tambouille attachait. Autant le petit Papistache se régalait des haricots cuits à l’eau et servis au déjeuner, autant sa langue et son palais se contractaient au contact des légumes desséchés, les bons soirs, charbonneux plus souvent.

Assez vite, il envisagea de terminer le plat à midi pour éviter qu’il en restât pour le dîner :
— Ils sont bien bons, tes haricots, Maman, je peux en avoir encore un peu ?
Regard dans la casserole :
— Non, mon grand, il en reste juste assez pour ce soir. Mange donc un morceau de pain si tu as encore faim.

De même qu’il était inconcevable de quitter la table en laissant un morceau de pain à côté de son assiette, chez nous, il était inenvisageable de vider le contenu de son assiette ailleurs que dans son estomac.

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