13 février 2016

La boule à formes (Vanina)


Je suis seul, loin des autres, adossé au coin d'un mur, silencieux, ne leur adressant pas le moindre regard. Aujourd'hui, je joue avec la boule à formes de ma petite enfance. Vu mon âge, tous pensent que je suis un peu simplet, que je me contente de placer les formes prises au hasard dans les bons trous, plus par tâtonnement que d'un geste sûr.
Mais pas du tout ! Chaque objet que je touche m'ouvre les portes d'un monde intérieur. Là, je m'entraîne pour une course à la voile en solitaire autour du globe. Avec ma belle planète bleue mais parfois tourmentée.
Le carré est le ponton du départ.  
La croix est ma trousse de secours.
Le rond est le soleil qui illumine les jours.
L'étoile, je la pense polaire, elle est mon ange gardien, elle me donne le Nord dans la nuit.
Et le croissant représente la lune qui influe le niveau des eaux.
Soleil et lune, j'apprends à connaître leur influence sur les vents marins.
Lorsque tous les éléments sont insérés dans les bons trous, il reste le triangle. C'est mon voilier. Il doit naviguer sur la sphère sans s'abîmer, laissant sur bâbord des caps : Horn, Bonne-Espérance, etc.
Et quand je serai grand, je participerai au Vendée Globe en solitaire, sans escale mais avec l'assistance des éléments que j'apprends à maîtriser.

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Question d'échelle (Walrus)

Ah, ces artistes... quelle aventure !

Faut être blindé pour suivre, elle a bon dos la licence poétique !

De quoi est-il donc question ?

Source: Externe

 Bon, c'est la terre vue de l'espace, ça au moins, c'est clair. Elle nous est présentée dans une orientation peu classique pour nos regards modernes habitués à voir le nord pointer vers le dessus des cartes. C'est sans doute pour cela qu'on distingue dans le coin supérieur droit les axes estompés des cartes marines anciennes (merci, Mercator !).

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La vue est centrée sur l'Océan Indien : on reconnaît aisément de gauche à droite en bordure inférieure de l'image la péninsule arabe, la côte des Somalis, l'excroissance du Mozambique avec au-dessus l'île de Madagascar. Le bateau (tellement titanesque que le Titanic lui-même ferait figure de virus à côté) vogue donc quelque part sous les côtes de l'Inde (à moins qu'il ne soit en train de s'y engraver).

Si l'on veut bien passer sur la représentation à la Méliès de la lune, son diamètre est ici 2,7 fois moindre que celui de la terre alors que dans la réalité il l'est 3,7 fois (et je ne vous parle pas de la distance terre-lune ni de la vitesse orbitale qui en résulterait pour ce satellite).

Et ces nuages dans le ciel alors qu'on sait qu'à l'échelle de l'image, l'épaisseur de l'atmosphère ne doit pas excéder un ou deux pixels. Et le souffle de la lune en forme de traînée de condensation qui pousse le bâtiment... l'avait du vent dans les voiles le mec quand il a réalisé le montage !

Si on veut vraiment chercher un sens dissimulé au sein de l'œuvre, on constatera que sur cette image, le bateau est gréé en Sloop mot anglais dérivé du néerlandais Sloep lui-même sorti du français Chaloupe. Et l'auteur qui s'appelle Schloe, il ne lui manque qu'un p pour verser dans l'autoportrait : Schloep sous le vent vogue vers le soleil levant (lequel a rendez-vous avec la lune, c'est bien connu).

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LUNE ETERNELLE (Lorraine)


Blanche
Infiniment muette
La lune
Dessine un anneau d’or
Sur l’herbe où le pommier dort

Ronde
Et comme piétinée
La lune
Se voile de pénombre
Pour mieux examiner le monde

Croissant
Superbement lointain
La lune
Et son profil d’argent
Ecoutent hurler le loup blanc

Absente
Derrière les nuées
La lune
Sans remords espionne
Les humains que la mort bâillonne

Et qui s’envolent en fumée

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En mer (Pascal)


Début années soixante-dix. En mer, on ne reçoit pas de courrier, pas de télégramme, pas de coup de téléphone ; il n’y a pas de télé, pas de radio, pas de journaux, que des seuls bruits de coursives et des infos punaisées sur un modeste tableau ; elles sont des laconiques résumés dans des petits encarts découpés.  

Les jours se ressemblent tellement sur la mer ; lundi, jeudi ou dimanche, c’est sans importance. Notre temps est régi par le seul devoir de l’astreinte à notre poste ; nos ambitions se nourrissent de ce seul présent. Ici, il n’y a pas d’impératif temporel, tous ces emplois du temps décideurs, toutes ces pseudo-obligations responsables, toutes ces nécessités d’humain bipède à l’assaut d’une aussi brillante qu’illusoire vie terrestre.
Le matin, le soleil est blanc ou lumineux de ce côté ; le soir, il est brumeux ou enflammé de cet autre côté ; c’est la seule certitude du jour et c’est la seule gravité. Pour lui donner toute sa valeur, on devrait étalonner notre Vie sur cette unique considération, cet état de couleur ; on devrait meubler ce Temps précieux avec de l’Amour et de la Compassion.
Dans la journée, quand le stade d’étanchéité le permet, entre deux sas, ce soleil traverse le bord de part en part en mettant un peu de lumière là où d’habitude, les ombres se terrent. Cet éclairage est anachronique ; il donne à toutes les déclinaisons des gris austères une dimension fallacieuse de croisière.

Il y a l’immensité de la mer, l’immensité du ciel et nous, si brindille au milieu, laissant l’infime signature de notre sillage éphémère entre tous ces bleus extraordinaires. C’est là, sur cet Infini chaotique, qu’on mesure notre insignifiance ; c’est ce qui donne de l’intérêt grandiose à chacune de nos respirations. La nuit, quand les étoiles soufflées se redistribuent dans le ciel, en mimant des signes de zodiaque, on peut tout espérer de la nôtre quand on la voit palpiter dans un coin de firmament. Pendant le temps d’un coin de lune, l’horizon se galvanise d’intempérantes vagues argentées ; parqués entre des nuages possessifs, il semble que tous les poissons réunies s’harmonisent en scintillements de déclinaisons métalliques.

En pleine autarcie, nous vivons en dehors du temps et des choses factuelles. Quart, cafétéria, poste d’entretien, bannette, régissent cet ordinaire. La solitude est grégaire et l’ennui est sans mystère dans notre garçonnière. Entre les quarts, on bouquine, on clope, on écrit, on dort, on joue de la guitare, on pense, on reclope. Pour tuer le temps, on discute, on se chamaille, on brime gentiment nos souffre-douleur, on enrôle des compagnons de tarot, on recoud un bouton, on prépare un semblant de café.
Aux bercements du navire, ses craquements nous envoûtent ; ses grincements nous emportent. Les rideaux rouges des bannettes, les tenues de sortie sur leurs cintres, les serviettes de bain, se balancent doucement, et pendant leurs oscillations hypnotiques, nous sombrons dans des comas d’endormissement aussi cotonneux que rêveurs.  

Sinon, du mal de mer, on souffre du mal du pays. Plus les jours passent, plus l’éloignement se concrétise et plus on recrute nos bleds alliés ; ceux avec qui on prend les mêmes trains de permission. Quand on se retrouve, ici ou là, on a des discussions de montagne et de grand air, de rivière et de truite, de clocher et de spécialité culinaire. Chacun a son histoire, sa fête foraine, sa danse de bal, sa petite copine, sa dernière lettre, sa dernière carte postale, ses parfums d’églantine. Quand il se récite, son accent du pays nous ferme les yeux, pendant le partage de ses secrets implicites.

Entre Valeur et Discipline, Honneur et Patrie, la vie en mer n’est plus tout à fait militaire ; si nous restons un bateau de guerre, la rigueur a ses limites contestataires. L’apparat, les galons dorés, la jugulaire, le petit doigt posé sur la couture du pantalon, tout ça, c’est rangé dans les valises et dans les malles ; on saura bien les ressortir aux futures escales. Les officiers sont invisibles, leurs subalternes sont transparents ; les casquettes sont toutes rentrées. Les « pontus » se cachent sous leurs blousons de mer et les mécanos prennent leurs quartiers dans leurs tanières.

A la chauffe, on lave nos bleus et nos blancs en les laissant tremper dans un seau en ferraille ; de temps en temps, on balance une purge d’auxiliaire pour entretenir une bonne température de blanchiment dans le récipient. Puis on les étend sur les plaques de parquet ; à la lessive et au balai-brosse, on les frotte énergiquement. On rince avec l’eau de la citerne et on appelle un collègue pour essorer ; c’est toujours des grandes luttes de force où chacun cherche à faire tourner l’autre avec le linge en tire-bouchon. C’est qu’il faut la surveiller, sa lessive ! Il y a toujours un malin pour balancer un bout de pain, des outils ou des chiffons dedans et ça finit par des batailles de seaux d’eau ! Quand la mer remue un peu, ce sont des parties de patinoire sur les plaques de parquet ; c’est à celui qui va le plus loin et qui revient le plus vite ! On bizute les derniers arrivés, on taquine les autres, c’est sans fin. Devant la façade, le coude sur une lanterne, on tire la clope comme si l’on était amarré sur le zinc d’un rade de la basse ville. Parfois, nostalgiques, on reste de longs moments à regarder cette chaîne de ramonage et sa façon insidieuse de se balancer aux lents mouvements du navire.

L’allure constante est casanière ; dans les coursives, on croise les mêmes têtes, aux mêmes heures. A la caf, on a nos tables attitrées, nos tabourets enroulés à leurs pieds, et personne ne se risquerait à les occuper en dehors de la spécialité. On parle de machine, de chaufferie, d’exploit, d’escale, de fille, de perm ; dans notre hublot, inlassablement, l’horizon défile sans un paysage consistant ; des embruns s’accrochent à la vitre, mais ils se retrouvent étang, lac, rivière, fleuve, et retournent inlassablement pleurer à la mer.

A l’aube, du côté du local de la boulangerie, il fleure bon des parfums de pain frais ; dans la coursive centrale, le nez sur d’obscures trappes, des « mazoutiers » opèrent des mouvements de combustible entre les soutes ; le bidel, toujours tiré à quatre épingles, serre quelques mains ; c’est la relève de quart dans les haut-parleurs du bord. Derrière la porte du sas entrouverte, un instant, le ciel s’éclaire en fête de ses premières guirlandes flavescentes.

Sur la plage arrière, parfois, entre les vagues de la mer, on aperçoit un supertanker ou un voilier, le souffle d’un cachalot ou les bariolages lointains d’un porte-conteneurs ; quand des mouettes nous poursuivent, on cherche une terre. Naturellement, on change de fuseau horaire, de tropique, d’océan et de mer…

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Vogue sur ton esquif (petitmoulin)


Vogue sur ton esquif
De mer en mer
Jusqu'à dénuder l'espace
Où tu pourras librement
Repousser les limites de l'ombre
N'abandonne pas ta question
À sa seule réponse
Explore toutes les couleurs
De chaque aurore
Et en cueille les mots
Pour peupler ta pensée
Entre parole et silence
Le murmure du vent
Souffle sur le courant
Où tu cherches le jour
Encore enfoui
Dans l'écriture plurielle
De ton cheminement

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J'ai vu dans la lune ... (Rêves de plume)


J'ai demandé à la lune
Où étaient les petits lapins
"Ils sont partis à l'aventure
Un beau soir au petit matin"

Je prendrais bien quelques prunes
Elles ne poussent plus ici
Et qu'en est-il de la fume ?
Rien du tout, c'est interdit
Et l'alcool qui nous embrume ?
Plus de vin, ni d'eau-de-vie

Mais pourquoi madame la lune ?
Ca pue, ça rote, ca fait du bruit
Mais pourquoi madame la lune ?
Parce que je suis chez moi, ici !

J'ai demandé à la lune
Le destin des petits lapins
"J' leur ai souhaité bonne fortune
En les soufflant sur le chemin"

 

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Un autre souffle (Clémence)


Depuis une année déjà, les dates des deux festivités maritimes étaient retenues.

Jeudi midi, tous les propriétaires des pointus et leurs accompagnants étaient réunis sur le quai. Grande discussion . Il fallait décider de l'heure du départ groupé. C'est un spectacle grandiose quand une armada de pointus, toutes voiles dehors entre dans un petit port méditerranéen.

Nouvelle venue dans cette association, j'allais naviguer avec deux amis sur un pointu de 9 mètres.

15 heures, le départ dans la joie sous un ciel bleu, un vent léger.
Nous devions partir en dernier . Je ne me souviens plus de la raison invoquée.

16 heures, nous étions toujours à quai. Nous attendions un retardataire.
Le ciel se couvrait, le vent se levait. Je voyais les mines soucieuses.
Pierre arriva et largua les amarres. Nous fîmes de même.
A peine installée, je fus prise de nausées, mais je crânais. Je ne voulais pas passer pour une mauviette, même si mes deux amis savaient que j'étais une vraie « terrienne ».

Le ciel était de plus en plus sombre, le vent de plus en plus fort.
Nos regards se portaient tour à tour vers le large et vers les côtes escarpées.
Le pointu de Pierre tanguait et gîtait devant nous. Vagues et houle. Un signe de la main. Tout va bien. Nous tenons bon.

Nous avions les yeux rivés sur les flots, nous ne nous aperçûmes pas immédiatement que Pierre ralentissait.
Quelques minutes plus tard, il fut derrière nous et la distance se mit à croître.

Mes amis, en alerte, l'interpellèrent. Le vent emporta les paroles. Seules les mimiques traduisaient les difficultés.
Les vagues se bousculaient, j'étais accrochée au plat bord, le cœur au bord des lèvres. Je grelottais. Je me fis toute petite car je savais que je serais inutile, voire  une gêne.

Notre bateau changea de cap. Nous virons et partons à la rencontre de Pierre. Notre embarcation tournait autour de la sienne, avec précaution. L'information nous parvenait , hachée par le bruit du vent et de notre  moteur.

Les téléphones portables entrèrent en jeu. Entre les deux bateaux et  entre les Sauveteurs en mer. Les informations  se croisaient et se contredisaient.

Nous continuions de tourner autour du pointu de Pierre. Lui, dérivait dangereusement. Il fallait à tout prix lancer une amarre.

Un de mes amis hurla : « Il va se fracasser sur les rochers ».

Ma panique était au maximum. Mon estomac ne résista plus. Je me penchai par dessus-bord.

Pierre attrapa l'amarre.
Étrangement, le vent retomba.

Je me mis à crier. Un méli-mélo de plastiques et de cordes filait droit vers l'arrière de notre bateau, menaçant l'hélice. La gaffe entra en jeu, à temps.

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Mes mots (Marco Québec)

Préambule

J’ai écrit ce texte il y a quelques mois. J’y fais parler l’un de mes amis diagnostiqué Alzheimer précoce à 45 ans. J’attendais l’occasion pour le proposer.
C’est l’image enfantine de la lune dans l’image du thème qui m’a allumé.

Le titre du texte est Mes mots. Il aurait pu tout aussi bien s’intituler Au clair de la lune.

 


À peine 45 ans
Je n’étais qu’au mitan
J’ai perdu la mémoire
J’ai perdu mon histoire
 
Envolés les mots du quotidien
Les mots qui font du bien
Je réponds à vos questions
Par un oui, par un non
 
Se sont tus les mots des discussions
Ceux des conversations
Des tergiversations
Des grandes réflexions
 
Enfouis les mots des sentiments
Les mots qui disent  le temps
Les mots de mes chansons
Les mots qui sentaient bon
 
Éclipsés les mots de tous les jours
Les mots de mes amours
Oubliés les mots qui font la fête
Et les rimes des poètes
 
Si revenait  ma mémoire
S’il y avait moins de noir
Je chanterais cette chanson
Apprise petit garçon
 
Au clair de la lune
Mon ami Pierrot
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot

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Adventure time (Vegas sur sarthe)

Dans mon rêve éveillé j'ai vu la grande bleue
le lit tel un rafiot dérivait à tribord
la couette sous le vent battait sur le plat-bord
sous mon corps agité les draps faisaient des noeuds.
Une lune-croissant attisait notre allure
sous le lit chahuté j'ai vu ces blancs moutons
qu'avait chantés Trenet... j'étais à croupetons
cherchant obstinément ma bergère d'azur.
Pas de sirène en vue, de nymphe ni d'ondine
juste mon Mistigri qu'attiraient des sardines
dont l'odeur me rendit malade comme un chien.
Ballotté, dégoûté, j'ai dormi sur l'étrave
au matin je quittai mon lit tel une épave
qu'on ne me parle plus de ces peintres autrichiens !

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Participation de Fairywen

 

Rêve bleu

Elle aimait lorsque venait la nuit et qu’elle pouvait enfin s’allonger dans son lit et fermer les yeux. Lorsque venait le sommeil, la souffrance s’en allait avec lui. Libre, elle pouvait parcourir le monde enchanté des songes, ce monde où tout était permis, ce monde où ses jambes n’étaient pas deux poids morts qui ne savaient que lui envoyer des aiguilles de feu dans le corps.

Cette nuit-là commença par un rêve bleu, un bleu changeant et chatoyant dans lequel errait un croissant de lune argenté. Tout doucement, elle se posa sur le sommet du croissant et se laissa glisser en riant dans la douce et tendre courbure de la lune. Elle était à peu près au milieu de son trajet lorsqu’un vent d’étincelles la souleva et la fit glisser dans l’azur, jusqu’à un bateau aux voiles blanches qui naviguait sur une terre d’eau et de nuages. Les étincelles la déposèrent délicatement sur le pont et elle s’installa gracieusement sur le banc de bois qui courait tout le long du bastingage. Peu lui importait où elle allait, du moment que la douleur ne la suivait pas.

Fugitivement, elle repensa à ce soir où sa vie avait basculé. La route mouillée. La nuit. La voiture en face qui roulait trop vite. Le hurlement des freins, le bruit de la tôle froissée, puis l’affreuse, l’atroce souffrance avant que le néant ne l’emporte. Elle s’était réveillée sur un lit d’hôpital, avec des jambes inutiles, une vie brisée, et la douleur… Toujours là, jour et nuit, heure après heure… Elle n’avait la paix que dans la nuit, dans ses rêves, lorsqu’elle s’évadait dans ce monde magique qui chaque nuit s’ouvrait dans son esprit.

D’un geste de la main, elle chassa la tristesse et sourit. Le bateau filait loin, loin, loin autour de la terre d’eau et de nuages, dans un voyage qui peut-être n’aurait pas de retour.

 

Les rêves bleus ont le pouvoir d’emporter avec eux les âmes qui souffrent trop pour continuer à vivre…

Défi 389 du samedi 6 février 2016

 

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