07 mai 2016

Rêve de lune (Clémence)

 
Elle s’appelait Émilie.
Svelte et jolie, elle portait  une robe blanche. Sa chevelure brune relevée en chignon laissait danser quelques mèches sur ses yeux noisette. C'est ainsi que Jules la vit pour la première fois.

Il lui fit une cour discrète. Elle ne s'effaroucha pas. C'est vrai que Jules était beau garçon !
Après avoir fait la connaissance des parents d’Émilie, il fut autorisé à venir le dimanche après-midi. Il l'emmenait en promenade dans le parc de la ville. Lorsque des regards envieux s'attardaient sur elle, elle cachait son émoi sous son ombrelle.

Jules devint plus audacieux. Les soirs d'été, il venait sous la fenêtre de sa chambre et lui récitait quelque poème. Elle trouva cela très romantique.

Émilie devint plus audacieuse à son tour.
Elle glissa une échelle sous la glycine qui grimpait jusqu'à sa fenêtre. Le soir, elle enjambait le petit balcon  et courrait à la rencontre de son amoureux.

Ce soir, la lune était magique. Leur première nuit la fut aussi. Tendrement enlacés, il lui murmura :
- Je t'emmènerai sur la lune...

Chaque soir, elle se répétait la promesse quand elle délaçait son corsage qui la serrait un peu trop...
Sa mère ne fut pas dupe. Le mariage fut organisé. Une célébration en toute simplicité et dans l'urgence. Émilie accepta, docilement.

La veille des noces, Émilie quitta la maison à l'aurore. Jules l'attendait à l'embarcadère. Elle prit place dans la petite barque. Il posa sa tête sur ses genoux. Les voiles faseyaient. Elle saisit la barre.  Il largua les amarres.

La côte s'éloignait. Il ouvrit son sac et saisit une boule de vêtements.
- Enfile ce pantalon et cette blouse, ce sera plus commode…
Un vent de liberté souffla.
- Viens près de moi, lui dit Jules en sortant son couteau.
Il saisit sa longue tresse et la trancha d'un coup vif.
La robe et les cheveux glissèrent sur les vagues …
- Où m'emmènes-tu ?
Il tendit le bras. Au loin se dessinait la silhouette élégante d'un trois-mâts. En fin de journée, des cris de joie les accueillirent et ils accostèrent.

La vie à bord fut agréable et rude à la fois. Émilie et Jules étaient heureux.
- Où allons-nous, lui demanda-elle ?
- Regarde là-haut, tu vois la petite plate-forme ?
- Oui…
- Je t'y emmène. Je t'avais promis la hune….
- La hune ? J'avais compris la lune….
- Es-tu déçue ?
- Non, mais je me berçais de ce rêve fantastique…

Quelques jours plus tard, elle fit une vilaine chute sur le pont. Ses espoirs de maternité s'envolèrent, mais leur amour n'en pâtit pas. Elle lui demanda quels étaient leurs projets.

Il la regarda et lui dit avec le sourire :
- Pour l'instant, nous naviguons sur la Route des Épices. Ensuite, ce sera encore un très long voyage vers l'Indonésie.….Nous devrons peut-être changer d'embarcation…
- C'est presque aussi loin que d'aller sur la lune, dit-elle dans un éclat de rire.
- Tu m'as promis de me suivre en tous lieux et de me soutenir dans mes projets. Maintiens-tu ton serment ?
- Bien sûr, mais tu m'intrigues. Quels sont les projets que je partagerais avec  toi ?
- J'ai entendu parler d'une île de l'Archipel des Moluques. Seram. Les habitants seraient en grande détresse à la suite d'épidémies. Je voudrais y ouvrir un dispensaire…
- Je te suivrai, sans aucune condition, lui murmura-elle en se blottissant dans ses bras.
- Écoute -moi attentivement car je vais t'étonner. Dans cette île, les indigènes parlent l'alune…

Leur route serait longue mais leur vie aurait un sens.

Dans leur petite ville provinciale, un amoureux, secrètement déçu, prit une toile, ses pinceaux et sa palette. Il peignit la petite barque….

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Mes barques (Laura)

Mes premières barques
Furent de simples passerelles :
Petits ponts de bois ou de fer
Sur lesquels je m’asseyais pour faire
De grands voyages en livre ou rêve.
Il y eut aussi la vraie barque
De mon cher grand-père ;
Elle était bleue et blanche :
J'y ai plus pris d'eau
Qu'aurait du prendre un bateau .
Mon grand-père portait une casquette
De marin : je ne lui pas demandé
Pourquoi mais je sais qu'on l'a enterré
Avec ; était-ce pour sa dernière traversée ?
Je n'ai jamais oublié sa silhouette.
Quand j'ai embarqué avec toi
Je n'ai vu au départ que les paysages
Et n'ai pas pensé aux naufrages
Ni même aux avaries et aux orages,
La croisière est plus qu'agréable, ma foi.
 

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Embarque dans ma barque (Marco Québec)

 

Embarque dans ma barque
Je te la chanterai
Dit une chanson du folklore
 

En radeau
Je te chanterai un slow
 

En rabaska
Je te chanterai une salsa
 

En galère
Je te chanterai du populaire
 

En yole
Je te chanterai du folk
 

En canot à rames
Je te chanterai du slam
 

En voilier
Je te chanterai du country
 

Et enfin pour que ça te plaise
Je te chanterai une chanson française

 

Pour prolonger le plaisir, la chanson du folklore qui m’a inspiré, Isabeau s’y promène, chantée par le choeur d'enfants LES DEUX RIVES, formé d'élèves de Gatineau au Québec et d'Ottawa en Ontario.

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Amphitrite (Vegas sur sarthe)


L'océan était d'huile ainsi que la peinture
la toile bien tendue par Emile Friant
quand d'un coup de poignet que je crus malveillant
elle vira de bord et brisa la voilure.

Nous étions naufragés à trois mètres des côtes
pourtant elle riait à gorge déployée
je nous comptais déjà au nombre des noyés
des marins, des corsaires ou bien des Argonautes.

De ses amples jupons elle fit la grand'voile,
un petit diablotin de sa robe arrachée
on eut dit Amphitrite, que dis-je... Psyché.

Elle m'avait c'est sûr bien mené en bateau
la barcasse tanguait sous d'ardents vibratos
ma mante, mon amante allait tisser sa toile.

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Participation de Venise


Regarde la mer ma chère et cesse de penser au prix du poisson!!

Et toi renonce à ses batailles perdues!!

Je suis lasse de te voir t’épuiser à rien faire rame au moins et accostons que nous en finissions.

Tu es toujours en pyjamas poético cosmique !!

J’aurai pu avoir des maitresses, mais mon obstination à te séduire  est vaine , notre relation ne progresse pas il manque le vent à notre voilure .
La barque stagne et nous nous ennuyons!!
Ha que vienne une tempête et que tu t’accroches à mon MAT implorante et inquiète!!!

Mon ami le peintre est dépressif et rien dans ce tableau nous sauvera de son entreprise funeste .
Il faudrait profiter d’un facteur externe , dés qu’il s’assoupie sortons de ce cadre à la nage s’il le faut . Je n’ai jamais rien gagné au jeux olympiques de natation !!

Nous dépendons l’un de l’autre , et cette barque n’a pas de fond le peintre dans son élan a oublié la coque je commence à prendre l’eau!!

Tu es plein de préjugés voilà EMILE qui revient taisons nous!!


La femme d’EMILE découvre le tableau !!Tu comptes  payer le loyer avec la vente de ce tableau!!!

Je t’emmerde ma chère!!

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30 avril 2016

Défi #401

DSCF6506

Laissez-vous inspirer par ce tableau

d'Emile Friant intitulé

"La petite barque" 1895

Envoyez vos impressions à

samedidefi@gmail.fr

A tout bientôt !

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POUSSIERES D’ETOILES (Alain André)

Poussières ; Nous ne sommes que poussières ! Regardez une poussière : Sa masse et ses effets sont insignifiants mais pas nuls. Presque rien, trois fois rien, moins que rien…Mais jamais « rien du tout ».

Nous ! Êtres humains, condamnés à danser dans la lumière ; Divaguer entre poussières… Dans la lumière ; Vagues acides aminés tombés de quelques étoiles inconnues , plus ou moins bien agencés en nucléotides, formidables  amas de molécules d’ADN  (1) dont la fonction vitale reste un mystère pour nos cerveaux limités , nous qui nous croyons supérieurs !

Homo sapiens, tu parles ! Homo, d’accord mais sapiens si peu !

Et nous nous trouvons beaux ! Mais le pou aussi se trouve beau et trouve les autres poux très beaux et désirables, tous les insectes, tous les animaux se trouvent très beaux les uns les autres ; et nous trouvent très laids ! Et pas du tout désirables !  (Heureusement, sinon, ça serait le bordel ! C’est déjà pas la joie mais... Alors !)

Compte tenu que 99% des êtres vivants sur terre sont des insectes, le reste des animaux (dont notre espèce) représente 1%... alors… nous… si peu ! Et on se croit malins ! Arrogants que nous sommes, persuadés qu’un Dieu ne se préoccuperait que de nous, qu’il serait attentif à chacun de nous, individuellement, comme si nous étions les plus importantes merveilles de la nature ! Les seuls à avoir une intelligence et une sensibilité ; les seuls dignes d’intérêt ! Ben voyons !

De fait, si nous observons cette nature, quelle profusion de vies, de formes, de couleurs, d’intelligences ! Comment ne pouvons-nous pas nous émerveiller et admirer cette extraordinaire multitude d’êtres vivants qui créent, construisent, inventent, jouissent et souffrent. Et ne pas nous rendre compte que notre planète, elle-même, n’est qu’une infinitésimale poussière dans l’infini cosmique ; Merveilleusement belle, fabuleuse poussière certes, mais tout de même infinitésimale !

Nous pouvons nous rassurer, (surtout entre nous, c’est plus commode)  Se dire qu’on est quelque chose, qu’on a une importance relative, qu’une petite poussière peut faire de grandes choses ; Qu’en étant groupés, on se sent plus forts.

Mais c’est là que le bât blesse ! Nous ne parvenons pas à vivre en groupe, ou alors en petits groupes, tous opposés les uns aux autres, jaloux, envieux les uns des autres, violents, voleurs, violeurs, agressifs, prompts à nous entretuer, pour un territoire, pour des idées, pour rien, parfois, mais nous trouvons toutes les raisons de s’entretuer ! Sous la coupe d’un ramassis de psychopathes meurtriers, de fabricants d’armes qui nous dirigent, de banquiers prêteurs sur gages qui financent les canons : «  Battez vous, ça fait marcher les affaires, et puis ça fera moins de bouches à nourrir, encore plus pour nous, toujours moins pour les autres ! »

Nous sommes la seule espèce de poussières à nous entretuer dans une même espèce ; La seule espèce animale qui tue d’autres animaux pour d’autres  raisons que pour se nourrir !

Et vous, vous qui êtes des lumières, voulez vous venir danser avec nous, au milieu des poussières ?

 

(1) Une molécule d’ADN humain contient 3 milliards de nucléotides, et est composée de 150 milliards d’atomes ! La longueur de l’ADN déplié d’un corps humain serait de 120 mille milliards de mètres soit mille fois la distance de la terre au soleil…ce qui n’est quand même pas rien !

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FEUX (EnlumériA)

 

      Comment nous nous sommes rencontrés ? C’était un soir d’été. Je trimbalais un ennui distingué du côté de Saint-Hilaire de Riez où j’étais parti passer quelques jours. C’est ma sœur qui m’avait exhorté à prendre l’air ailleurs comme elle disait. Elle insistait depuis pas mal de temps déjà en expliquant que de rester cloîtré entre ma télé et mes plantes vertes finirait par nuire gravement à mon moral. Las de ses calembredaines, j’acceptai sa proposition et les clés de sa maison en Vendée.

      On donnait un bal avec de vrais musiciens, pas ces stupides Disc-jockeys qui ne font ni plus ni moins que de jouer du phono comme disait l’oncle Édouard.

      Près de la buvette, je remarquai une femme magnifique, toute en blondeur et en grâce. Vêtue d’une robe blanche et coiffée d’une capeline hippie chic. Je m’approchai, commandai une bière et je me lançai à l’eau, le cœur battant. Deux ou trois banalités jetées à l’emporte-pièce. L’air de ne pas y toucher. J’évoquai le climat, la douceur de l’air, les senteurs océanes sur un ton désinvolte et faussement blasé. Elle répondit avec un inexprimable sourire dans la voix. Son regard scintillait. Sa longue chevelure dansait sur ses épaules nues. La conversation prit peu à peu naissance, sans qu’on y prenne garde. Pourtant, la conversation est un art où d’habitude je n’excelle pas. Sauf peut-être quand je m’adressais à mes plantes vertes. Mais ce soir-là, je ne sais pas, je sus sans doute me montrer brillant.

      Il arriva que l’orchestre enchaîne sur un tube des années 60. Le chanteur fit quelques blagues à propos des vieux couples qui s’étaient rencontrés sur ce slow. C’était un humour un peu lourdaud, mais il se fit pardonner ensuite par son interprétation de A Whiter Shade Of Pale. J’invitai la dame à danser après m’être présenté. C’est la moindre des choses vous savez. J’appris qu’elle se prénommait Viviane. J’aurais tellement souhaité être son Merlin et j’allai le lui avouer lorsque tout à trac, elle m’apprit qu’elle était mariée. Que monsieur devait la rejoindre dans quelques jours, deux ou trois peut-être. Retenu à Paris par son travail.

      Avez-vous déjà entendu un chargement de bidons métalliques tomber d’un camion ? C’est à peu-près le bruit que fit mon âme ce soir-là. Voilà déjà une demi-heure que je me faisais un film et la séance s’achevait brutalement. Le coup de foudre, quand vous le prenez en pleine gueule et qu’il se révèle sans avenir… Pfff ! Plutôt le choléra !

      Nous nous sommes quittés « bons amis » comme on dit. J’eus droit à une cordiale et chaleureuse poignée de main et à un « peut-être un de ces jours » qui me glaça le cœur. C’était sans compter la force du destin ou une suite de miraculeuses coïncidences. 

      Je croisai le couple reconstitué quelques jours plus tard, sur la place du marché. L’on m’invita à prendre l’apéritif à une terrasse. Je fus très embarrassé de trouver le mari sympathique et plutôt bel homme. J’aurai tellement aimé tomber sur un pandour mal dégrossi. J’appris qu’il était artificier et travaillait pour une entreprise de la région parisienne. Les feux d’artifice, c’était son rêve d’enfant réalisé. Ce type avait toutes les veines et moi, j’étais éperdument amoureux d’une femme inaccessible.

      Nous nous revîmes assez souvent. J’étais devenu l’ami du couple. Celui qu’on invite le dimanche midi et qui apporte le vin pour le mari et le bouquet pour l’épouse. Vous pourriez croire que je souffrais de cette situation mais pas du tout. J’en étais le premier surpris et j’en arrivais à la conclusion que l’amour que je portais à cette femme était tellement pur, tellement sincère, que le simple fait de la voir heureuse me comblait de bonheur.

      Et puis, il y eut l’accident. Cela arriva pendant le réveillon de la Saint-Sylvestre. À l’heure du champagne, le mari avait organisé un petit feu d’artifice impromptu dans le jardin. Je ne sais pas si ce fut l’abus d’alcool, un défaut de fabrication ou la fatalité, mais une fusée dévia de sa trajectoire et retomba sur nous, enfin… surtout aux pieds de Viviane. Sa robe s’enflamma. La fête était finie.

      Elle sortit de l’hôpital quelques semaines plus tard. Son beau visage et son bras gauche portaient des stigmates irréparables. Elle avait été brûlée au troisième degré, il s’en était fallu de peu qu’elle ne perd l’usage de son œil gauche. Les chirurgiens avaient accompli des miracles, mais à l’impossible nul n’est tenu.

      Peu de temps après, ce mari si aimant la quitta, prétextant je ne sais quel prétexte futile ou absurde. Pauvre type. Je lui en voulu presque sur le moment. Mais l’homme est une espèce qui aime briller en société. Et comment être populaire avec une femme défigurée à son bras.

      Voilà ! Vous savez tout. Ah ! Je l’entends qui revient. Nous allons pouvoir prendre l’apéritif. Dieu que j’aime cette femme.

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Lumières et poussières (Joe Krapov)

DDS 400

Non mais dis donc, Mina D. Almond ! Tu n’as donc pas d’ardoise ou de journal intime ? Qu’est-ce qui te prend d’écrire sur les murs de ta ville ? Hooligan-e à huit ans et demie ? Tu es une précoce, hein ?

Ca se voit à ton style. On sent bien que tu as très envie de devenir enseignante plus tard pour mener les mioches à la baguette ! Ton « observez les poussière » rappelle les problèmes d’arithmétique auxquels on nous confrontait jadis :

« Dites à quelle heure le train parti de A vers B à 8 heures 30 et qui roule à la vitesse de 130 kilomètres à l’heure rencontrera le sanglier parti de X vers Y à l’heure H, l’instant T…
Calculez le retard probable du train. Même si vous n’êtes pas une lumière, ne répondez pas : « 10 heures et des poussières », s’il vous plaît. »

Comment ? Qu’est-ce que tu dis, Mina ? Ce ne sont pas des mathématiques, c’est de la poésie urbaine ? Mais il fallait le dire, ça change tout parce que là, du coup, je m’y colle au mur de l’église. Et je rends mon devoir :



Oui, Mina, c’est vrai, on ne voit pas trop de poussière qui danse sur les photos. Normal, les poussières, c’est nous. Et moi, pour la danse, je vaux zéro. Par contre, pour la lumière, je puis te l'assurer, Toulouse vaut le coup !

 

160410 Nikon 369

 

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