07 avril 2018

Défi #502

Un peu pris de court,
j'ai dû

Improviser !

Vous en ferez bien autant,
non ?

5022

J'ai pensé un moment proposer
ithyphalle,
mais c'est trop rimbaldien...

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Johnny Hallyday (Minuitdixhuit)

C’était à cause de Papa.
En fait, c’est lui qui avait dessiné les plans de la maison et puis qui en avait bâti une bonne partie des murs, le soir après le travail et les dimanches avec l’aide de monsieur Oliveira, le voisin d’en face, pendant que moi je repassais mes devoirs dans le deux pièces du HLM.
Maman rapetassait des culottes en me surveillant du coin de sa tendresse, comme si elle avait peur que tous ces mots que j’écrivais dans une langue qu’elle ne savait pas lire m’ammènent encore plus loin sur le chemin et me sépare d’elle comme ils l’avaient éloignée un jour de sa famille et de son pays. Même s’il n’y avait plus de Méditerranée à traverser, Maman n’était pas assez forte en géographie pour ne pas s’inquiéter et moi je lui montrais la carte de l’Europe avec fierté. Mais je sais maintenant que pour elle ce n’était pas grand-chose d’autre qu’une illusion indéchiffrable et de lourdes valises, de lourdes souffrances, malgré les jolies couleurs des pays merveilleux et que chacun des pointillés qui reliaient Dakar ou Alger à Paris n’étaient que des margelles au bord d’un gouffre.
Papa avait fait trois chambres comme pour avoir les nombreux enfants que Maman en larmes n’avait pas pu lui donner et une salle de bain avec un bidet comme les riches. Et puis une cuisine, une grande salle à manger et un petit bureau mystérieux.
— C’est bour ta, bour ti fire boulitecnique, avec li bou zouniforme dou quatourze jouillet.
Bon. Je n’ai pas fait Polytechnique, mais j’ai quand même un peu appris des choses.
Un dimanche matin qu’il avait un tour de reins, on était allé ensemble au marché à la brocante. Maman était fière de montrer à la fois son beau mari, même s’il était un peu tordu, et son trésor de fils, bien peignés tous les deux. Papa avait un peu honte de se promener avec sa femme, je le sais maintenant, mais c’était comme ça à l’époque. Ses amis jouaient au tiercé dans les cafés, plus personne ne joue aux dominos dans les cafés, Papa était vachement fort aux dominos. Et lui, il me tenait par la main pour que je le rassure. À huit ans, on rassure son Papa calleux qui a connu deux guerres et des tas d’humiliations. C’est ça l’avantage d’avoir une petite main de huit ans à serrer.
— Dimande li lo bri.
On était rentré à la maison avec au moins quarante kilos de Savoir, mon Papa était très fort en Culture Physique. C’était une dizaine de volumes de dictionnaires d’occasion : L’Encyclopédie socialiste, syndicale & coopérative de l’Internationale ouvrière. Édition Aristide Quillet - 1913. Le prix demandé n’était sans doute pas exorbitant.
Il les avait rangés dans une sorte de placard vitré que lui avait vendu monsieur Oliveira.
— C’est bour ta, bour ti fire boulitecnique, avec li bou zouniforme dou quatourze jouillet.
Et puis, la télé en noir et blanc, avec plein de postillons scintillants sur l’écran bombé (c’est monsieur Oliveira qui l’avait fourguée à Papa) avait montré l’émeute au concert de Johnny Hallyday à l’Olympia. La foule était istérique.
Istérique. Pas trouvé dans L’Encyclopédie socialiste, syndicale & coopérative de l’Internationale ouvrière. Édition Aristide Quillet - 1913.
J’ai encore du mal avec les mots pleins de « H » et de « Y ».

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Le petit bonhomme par bongopinot


Il attend dans sa chambre
Que la tempête passe
Un bruit lourd se fait entendre
Et puis plus rien le calme après la casse

Il sort donc à pas de loup
Il regarde où est sa mère
Elle lui parait fragile son corps semble mou
Et elle est devenue austère

Elle avant si joyeuse
Du lever au coucher
Belle et heureuse
Elle a tant changé

Dés que ça ne va pas
Elle devient hystérique
Et c’est les cris le fracas
Et arrivent les polémiques

Des voisins entendent
Mais ne voient rien ne savent rien
Ils imaginent et ils la jugent
Alors qu’elle, appréhende les lendemains

Elle a peur que l’on lui enlève son fils
Peur de ne plus retrouver un emploi
Doucement elle glisse
Mais s’accroche aux branches de sa foi

Et quand parfois elle craque
Son petit bonhomme lui tend la main
Il croit et a confiance en sa mère
Et quand la crise est passée il lui fait un gros câlin

Un jour il le sait tout sera comme avant
Elle retrouvera le bonheur et fini l’hystérie
Même si ce n’est pas pour maintenant
Il l’aime quand même à la folie

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Ecrire à Rimbaud ? 15, Hystérique (Joe Krapov)

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

 

"Ecoutez la chanson bien douce…" Paul Verlaine / Léo Ferré

Je ne suis pas le mieux placé pour te parler des hystériques. Quoique…

Le hasard fait que je dois aborder ce thème la semaine et le jour-même où Jacques Higelin disparaît du circuit, nous laissant esseulés avec son âme de poète qui court les rues et le souvenir de ses concerts-marathons dont certains relevaient de la folie douce voire furieuse – j’y fus quelquefois au siècle dernier -. Je présente donc mes sincères condoléances à Dame Poupoune qui nous a réjoui(e)s ici il y a quelques années. Elle n’a rien à voir avec l’hystérie mais elle était La fan n° 1 du grand Jacques.

En tant que iatrophobe pratiquant, je ne m’intéresse ni à la classification DSM IV ou 5 ni à la psychiatrie et encore moins à la psychanalyse. Il faut bien que tout le monde vive, y compris les émules du docteur Knock – on heaven’s door ! - qui sont toujours prêts à vous déclarer grands malades du moment que vous avez les moyens  de vous allonger et de les allonger. Mais je ne comprends rien à leur charabia, à leur manie d’épingler les papillons que nous sommes et à rédiger des étiquettes auxquelles on ne comprend rien pour mettre dessous.

Si « l'hystérie décrit un ou plusieurs excès émotionnels incontrôlables », comme l’écrit Madame Wikipe, nous sommes tous hystériques.

Verlaine qui tenta d’étrangler sa mère pour lui soutirer du pognon et te tira dessus pour que tu ne te tirasses pas l’était quelque peu.

La houle qui assaille les récifs dans le Bateau ivre l’est aussi !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

L'étais-tu, toi ? Il faudrait que je lise cette thèse de Renaud Lejosne-Guigon pour le savoir

Les jeunes filles qui se pâmaient à la vue des Beatles en concert étaient un bel exemple qui nous fait bien rire aujourd’hui où plus personne ne s’emballe pour la musique devenue gratuite sinon obligatoire. 

Higelin dérange mon plan. Je voulais poser la question « Où donc a disparu l’hystérie ?".  Hier on était Beatles contre Stones, Ricains contre Russkofs, cocos contre fachos, gauchos, trotzkos, socialos et de l’autre côté il y avait les «istes contre les iens » ; chiraquiens, sarkozystes, balladuriens, giscardiens, fillonistes…

Maintenant il n’y a plus ni droite ni gauche mais « en même temps »… tout et son contraire : plus rien.

On ne retrouve l’hystérie finalement que dans le domaine du sport. Quel sport pratiquais-tu, cher Arthur, à part le lancer d’anathèmes et de sarcasmes et la marche à béquilles sur ta fin ?

La natation ?

Le judo ?

 Les plus curieux-ses de nos lecteurs-lectrices iront se documenter chez les Papous dans la tête qui posaient parfois cette question !

Moi je n’ai pas le temps : je suis actuellement un stage d’adaptation au nouveau monde ! C’est vrai, c’est toi qui l’as dit, Arthur : il faut être résolument moderne. Je soigne donc mon hystérie en essayant de limiter «mes excès émotionnels incontrôlables». Crois-moi, c’est dur !

Heureusement il y a « Léo Ferré chante Verlaine et Rimbaud » qui m’aide beaucoup ! Ou pas !

Bon repos à toi – et à moi ! – jusqu’à la prochaine fois !

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C'était Albert le contractuel (Cavalier)


Annabelle tu es la plus belle…

Ce soir, Albert lui balance des mots en pleine face. Toujours, encore. Valouchka, après toutes ces injures, aspire au silence de sa vie. S’enroule à l’infini. Le corps effaré, désert.

Je n’en peux plus Valouch ! Souffle-t-il de rage. Toujours les mêmes vides à remplir, de noms de démons, banaux, ordinaires. Nuit sauvage. Pendant l’amour, il picole. Son sexe lime la roche en faisant un bruit de râpe dans ses tempes. Un bruit vertical de râpe dans ses tempes. Dans ses tempes…

Et toujours arrive la rage du chibre mou, la bête gisante du néant. Vie de merde, sphérique, ruisseau noir, lac gelé. À cause du harcèlement d’Annabelle, cette folle qui désintègre son mal vécu.

Dans le délire d'Anabelle depuis sept ans, Albert fonctionnaire de police, l’aimerait, elle cette cinglée. La regarderait tendrement. La rechercherait. La ferait persécuter par des putes, par ses sbires. Pour la posséder. Elle n’a le cœur qu’à ça. À ce qu’il dira oui, même si il est marié. Même si de son côté elle a un amant.

Extravagances, hystérie, mauvaise foi, cris, injures, scandales publics, menaces de mort, lettres calomnieuses, depuis longtemps dévalent comme en cercle les escaliers de la tragédie du fonctionnaire.

Harcèlement : avec son amant, adhérant à son délire, Annabelle intente, ivre d’amour, de dépit et de rage, une action contre Albert, pour abus d’autorité et arrestations arbitraires. Elle demande cinquante mille euros de dommages et intérêts.

Diagnostic : chez Annabelle, pas d’hallucinations, de sentiments de persécution, d’idées de grandeur ou de cynisme. Juste du délire fixe - de la passion et du désir.

Hystérique, elle souffre d’érotomanie pure pour le fonctionnaire... 

 

00vortex


Postscritum

L’érotomanie est un trouble délirant dans lequel l'individu affecté est persuadé qu'il est aimé par un autre individu, habituellement inconnu ou une personnalité. Ce trouble survient lors d'une psychose, particulièrement chez les patients souffrant de schizophrénie ou de syndrome maniaque[1]. Lors d'un épisode d'érotomanie, le patient est persuadé qu'un « admirateur anonyme » lui déclare son affection, souvent par le biais de télépathie, de messages secrets, de regards, de messages dans les médias. Habituellement, le patient lui retourne cette « affection » en lui écrivant, en lui téléphonant et en lui faisant des cadeaux. Même quand ses avances sont rejetées par la personne qu'elle aime, les sujets souffrants de cette maladie ne comprennent pas le refus. Elles peuvent ne pas comprendre le refus ou imaginer que leur objet d'amour délirant use d'un stratagème pour cacher cet amour interdit au reste du monde[2].

Il ne faut pas confondre le terme érotomanie avec l'« amour obsessionnel », une obsession d'amour non partagé ou l'hypersexualité (voir nymphomanie).

L'érotomanie est aussi appelée syndrome de Clérambault, d'après le psychiatre français Gaëtan Gatian de Clérambault qui en présenta la première analyse complète (dans son ouvrage intitulé Les psychoses passionnelles) en 1921.

in http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/érotomanies/fr-fr/

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Voyage en Charcot-freudiennie (JAK)

 

Pétrus le jardinier s'est absenté trois jours.  Il lui tarde de revoir son univers.  Et ce tantôt,  comme à  l’accoutumée, dès   potron-minet, clopin-clopant, il descend    au bout de enclos  pour apprécier  l’évolution de son travail passionné.

Cette routine, c’est sa résilience à lui,  il s’évade après les longues attrapades  avec sa maritorne,  pour soulager sa souffrance morale.   En un mot c’est le point d’orgue  de sa  journée.

Mais Pétrus  est  aujourd’hui dans tous ses états.

En ce mois de juillet, la nature en folie le titille, lui fait un pied de nez. C’est un cauchemar.

Mais qu’à-t-il fait au Seigneur ?

Ce matin c’est la cour des miracles dans son jardin,  et il constate avec désespoir les dégâts :

Ici, la petite plate bande que Milou  le Fox arrose tous les jours, est rataplan : l’efflorescence des rosiers a fait marche arrière : les roses n’ont même pas eu le temps de vivre l’espace d’un matin : elles sont ravagées par un champignon assassin qui les a éliminées, anéanties  en une nuit.

Là- bas un peu plus loin ,  au verger les pêchers ont pris la cloque , les feuilles boursouflées et rougeâtres sont en détresse. La récolte des beaux fruits  sucrés et juteux sera dérisoire …

Il arrive vers  les pommes d’amour dont  il a semé avec soin des graines en hiver,. Au printemps les beaux jours assurés, les pieds ont été  placés avec précaution à l’abri du vent, des  tuteurs  sont venus  les stabiliser   dans l’espoir qu’elles atteignent des sommets ….

Ce sont SES tomates.    Il les  contemple.  La rosée bienfaisante  les a saupoudrées de  gouttelettes, il est  aise devant ce spectacle.  Son regard admiratif va de long en large sur toute  la  rangée, et là au bout,  c’est l’horreur,  plusieurs  sont à terre, gisant agonisantes,  le pédoncule rabougri en l’air, Elles sont toutes  tachetées, a cause de  la septriose, ce qui le laisse septique vu les efforts qu’il fait pour l’entretien de ses légumes.

Paniqué, il court comme il peut, vers l’appentis, où il  a l’habitude de concocter ses remèdes de bonshommes, Il a le ferme  espoir d’éradiquer cette pourriture   avec l’un d’entre eux

Dans son empressement,   le souffle lui manque, il prend appuie sur son arbre, son  vieux chêne,  auprès duquel il vivait  heureux,  alors là, nez à nez avec la chose,  il hallucine en  découvrant   sur le tronc des formes bizarres …. Son arbre est envahi par L’hystérie naine.*

Naine ou pas il éprouve un grand chagrin. Son compagnon, sa source de paix, il va falloir l’abattre..

Écœuré, dans un état  de loque, il  s’en retourne chez lui, abandonnant ce jardin si ingrat.

Son épouse le guette  de la fenêtre,  étonnée par ce retour si rapide.

Cette acariâtre  ménopausée,  de plus en  plus  hystérique, a décrété de lui imposer une marche à pas glissés sur le plancher : Mais céans,  tout estourbi par ce qui lui arrive il ne pense pas à se déchausser, et se désarticuler  sur des patins !

Il n’a pas le temps de lui conter ses malheurs, qu’elle le houspille. :

-dehors , les sabots crottés, lance-t-elle, le rouge de la colère aux joues.

Et lorsqu’il peut enfin lui annoncer les dégâts du jardin, l’infestation de ces cryptogames, avec une moue de dégoutée-ravie elle lui réplique :

-  mon vieux, tu n’auras plus qu’à aller les vendre au marché tes champignons….

Sans un mot, pour se remonter le moral alors  il court au cellier, où  de derrière les fagots il cultive  SON  reconstituant,  quelques brindilles de chanvre  .....

Cela le remet de ses émotions, il se calme.

Il se demande s’il n’a pas été aujourd’hui victime d’hallucinations  visuelles.

 

 

 

* de son nom scientifique hysterium pulicare

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for mrs. hat, with love, from iowa (joye)

L'autre jour, Mrs. Hat m'a demandé si j'avais déjà vu le premier aiglon de Decorah (dans l'Iowa, oeuf corse) .

C'est donc à elle (et à Fiston, oeuf corse)  que je dois ma participation cette semaine.

THANKS, MRS. HAT.

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Dans quel état ! (Kate)

Dans quel état !

Les verbes d'état sont:

être, devenir, paraître, sembler, demeurer, rester, avoir l'air, passer pour. 

Les verbes d’état sont là, tout en couleurs et tout droit sortis de « francaisfacile » (tu parles !). Allons, ne soyons pas hystérique déjà ! Utilisons les verbes d’état puisque l’état les met à notre service (et que nous sommes aussi au service de l’état). Délaissons donc aujourd’hui les verbes d’action qui décrivent une action que fait ou subit le sujet.

Non, on ne se prend pas pour Saxo Grammaticus (qui d’ailleurs, comme son nom l’indique à moitié était danois) qui aimait bien la grammaire (puisque que Grammaticus est un surnom lié à sa passion). Tout simplement tenter d’aborder le thème, pour le moins périlleux, sans être hystérique !

être

 

devenir

images copie

paraître

 

images copie 2

 

 sembler

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demeurer

Unknown-1 copie

 rester

Unknown

avoir l’air

images

 passer pour

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Comme on dit, tapez pas, y'en a eu pour tout le monde (de la BD !)...

Remonter jusqu'à Charcot ? Non, pas le boulevard !

Sinon décrire par des mots le mot "hystérique"...

Plutôt quelques images lancées ça et là... simplement... pour sourire (un tant soit peu) d'un thème plutôt sérieux.

Cadeau bonus :

images-1 copie

 

 

 

 

 

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Hystérique (Emma)

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