11 février 2017

Tous les hobereaux ne volent pas (Jaqlin)

 

Aujourd’hui,  les gros propriétaires terriens parlent toujours de cerfs dix cors qu’ils rêvent de voir au détour d’une laie, de destruction massive des rongeurs qui, disent-ils, saccagent leurs récoltes, de battues au sanglier qui sont parfois risquées –  et qui font les choux gras des quotidiens ;  mais de celles-là, on ne parle jamais entre chasseurs !

 http://www.20minutes.fr/lyon/1963091-20161117-ardeche-chasseur-attaque-enorme-sanglier-lors-battue

 On ne voit plus guère de chasse à courre avec force trompes et meutes  fébriles, mais dans les campagnes, à la saison autorisée, il n’est pas rare de croiser des panneaux censés attirer l’attention du promeneur ou de l’automobiliste et portant cette recommandation : Attention, chasse en cours !

Les hobereaux ont changé de vêture mais les ragots vont toujours bon train, on ne sonne plus guère de la trompe pour annoncer l’hallali, mais les portables vibrent dès que la bête est cernée, et le tableau de chasse fait la joie des valeureux chasseurs, avant de se le partager et de bâfrer jusqu’à plus soif.

 

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Le hobereau pour les Nuls (Vegas sur sarthe)


Au XXIème siècle le hobereau est devenu un oiseau rare, une espèce volatile.
D'allure élégante il est souvent désargenté à l'inverse de son plumage.
Le hobereau a la “gentillesse” des petits gentilhommes campagnards qui vivent sur leurs terres, arrogants, ne travaillant pas, menant une vie futile et oisive – de petit oiseau –  faite de parties de chasse et de soirées entre nobliaux.
Le hobereau a du crottin sous ses bottes mais c'est du noble crottin sous des bottes de gentilhomme des champs.
S'il adore les endroits humides, on le dit cependant peu coureur; mal armé, il passerait un temps fou à recharger sa pétoire.
C'est pourquoi afin de redorer son blason pâlichon le hobereau épouse souvent une Ermegunde ou une Adrienne ou une de ces femmes dont le bien est aussi conséquent qu'ambigu; on parle alors en chuchotant dans leur dos d'un oncle d'Amérique qui aurait fait commerce d'esclaves ou d'un lointain cousin négociant en Indochine.
De manière imagée on dit que le hobereau “pond ses oeufs dans le nid d'une autre espèce”, une espèce d'une richesse douteuse mais opportune.

Le hobereau a bon dos et l'oeil bordé de noir comme sa fine moustache; son nom viendrait de faux con ou l'inverse mais sous toutes réserves.
Le hobereau aime la chasse à courre mais si les ragots vont bon train, ce ne sont pas ces jeunes sangliers de deux ans, ces “ragots” qu'il traque avec sa meute de corniauds mais toutes ces rumeurs qui courent sur sa jeune femme généralement avenante et peu farouche.
On raconte qu'en deux mots elle se rend souvent à confesse où elle passe des heures auprès de quelque jeune vicaire à avouer Dieu seul sait quels péchés...  
Certain ragoteur à l'oreille aiguisée osera même dire l'avoir entendue au crépuscule pousser de grands hallalis tant la confession est encombrante! On prétend aussi qu'elle préfèrerait le martinet à tout autre oiseau.
Comme des andouillers les cornes que porte le hobereau tombent chaque année pour mieux repousser à chaque nouvelle aventure de ladite Ermegunde ou Adrienne.
Le hobereau possède un manoir à larges ouvertures pour y faciliter la circulation.
Par contre si les ornithologues lui prêtent une queue courte, tout porte à croire que son Ermegunde ou son Adrienne ne s'en satisfait pas... d'où les ragots.
 
Catégorie sociale protégée jusqu'à la fin du XVIII ème siècle, il est interdit de mutiler le hobereau, de le détruire ou l'enlever même si ce n'est pas l'envie qui manque à sa compagne.
Malgré sa vue perçante le hobereau meurt souvent d'un accident de châsses, cataracte ou glaucome; on appelle ça la chute ou fin du sujet.

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Participation de Venise


D’un coup de pied ,l’hobereau se débarrasse de ses chaussures et atterrit sur sa couche couverte de millions d’acariens. S’il avait eu le moindre soupçon que sa literie grouillait de petits crabes qui se délectaient des squames de sa peau , il serait allé dormir par terre .

Cette pensée à elle seule me console de ma non appartenance au sang royal .Nous dormons tous toutes les nuits au milieu
De colonies de monstres invincibles.
Voilà comment MARX aurait dû commencer son manifeste!!
Imaginez un peu un livre sur les mémoires des acariens .
Laissons cela voilà mon hobereau qui se réveille .
Affublé d’un pansement sur une blessure aux cotes mon hobereau pâle clignant de l’œil mais triomphant de sa chasse se rend à la messe royale .

Il se dit en son for intérieur qu’il va y perdre son temps .
Pourquoi ces questions alors qu’il n’y a pas de réponse.
Il cache son ennui dans un bâillement qu’il ne peut contenir .

Lui ce qu’il veut c’est survivre dans l’ordre le confort et le bon goût .
D’ailleurs s’il avait une question à poser à Dieu cela serait:
«  Est-ce que j’ai une chance de m’en sortir vivant .?

ve01

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04 février 2017

Défi #441

 

441

Hobereau

Jouez-nous donc votre petit Gautier (Théophile)

"Les hobereaux et les gentillâtres de province,
parlant toujours de fumées et de laisses,
de ragots et d’andouillers, d’hallali
et de cerfs dix cors."

Bien sûr, vous pouvez moderniser un peu,
si vous le souhaitez.

... ou nous parler de faucon

 

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Colère de Saint-Antoine envers son compagnon (Joe Krapov)

Je reconnais ta griffe à tes traces de doigts 
Ô, goinfre au bide gras, laissées au confit d’oie !
Traces de doigts ? Que dis, je, ô monstre époustouflant !
Je devrais évoquer des pattes d’éléphant !

Etait-il véritablement dans ta nature
Qu’on te prenne les doigts au pot de confiture ?
Comme tu t’es engouffré dans mon vieux frigidaire !
Comme tu as lampé le litre de Madère !

Tu ne seras jamais un gourmet, ô, gourmand,
Si tu baffres, si tu bouffes, si tu dévores, dément !
Tout est bon pour ton groin, mon cochon, sauf le tact !
Quand je dis "groin" c’est "gueule" ou "gouffre", le terme exact !

DDS 440 antoine-bosch

Toi qui rêvais d’un jour d’entrer dans le gratin,
La tarte est renversée ! Tu feras Ta-Tintin !
Retourne à ton grabat, gros goulufiat ! Sagouin !
Gourgandin frelaté ! Va coucher dans ton foin !

Terminé les gâteaux, la gâche, la galette,
Les fraisiers, les ganaches, les babas, la gaufrette,
Le gigot, le goulasch, l’onglet, les fricatelles,
Le fricandeau, la longe et les tagliatelles.

Tu pèses trop de poids. Tes larcins me défrisent.
C’en est fini de toi, ma décision est prise.

Donc à Noël prochain ou à Saint-Nicolas
Tu te retrouveras salé dedans mon coffre,
Transformé en jambon, boudin ou cervelas !
Une chose est certaine : tu n’auras pas mes gaufres ! 

DDS 440 92762805

 Je t’avais pourtant dit « Fais gaffe à ton grognon ! »

Tu n’as pas entendu, eh bien tant pis pour lui !
A force de montrer ton très bel appétit
Tu seras transformé en un filet mignon !

Quelle idée eus-je aussi quand tu étais jeunot,
Mignon, rose, trognon, gai comme un étourneau,
Après t’avoir ach’té à la foire de Nantua,
De t’avoir baptisé du nom d’Gargantua !

DDS 440

Image empruntée au journal "La Dépêche" 

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Participation de Dib

 

Le dîner venait juste d’être servi quand Mathias arriva. Il se trouva in-extrémis une place à la dernière table, au milieu de convives qui ne se connaissaient  pas et qui cherchaient à briser le silence avec un semblant de conversation convenue. Mathias, comme je le craignais, n’avait d’yeux que pour les petits blinis fourrés au caviar. Sans demander son reste, il en enfourna quatre à la suite, sous les yeux médusés de sa voisine de gauche. Quand le garçon arriva pour servir le vin, Mathias l’alpaga de sa bouche noircie pour se rincer le gosier à grands bruits. La tablée, quelque peu choquée par ce manque de savoir-vivre, s’évertuait à déguster du bout des lèvres, les blinis qui n’avaient pas encore été engloutis par ce rustre. Le service était assez efficace et c’est donc avec effroi que je vis arriver le mets suivant. Le plat de langoustines rôties avait à peine effleuré la nappe que Mathias en tenait déjà une au bout de sa fourchette, affichant un air glorieux. La bouche à peine refermée sur l’animal, il en agitait déjà une seconde tel un étendard, avant d’en engouffrer une troisième suivie d’une quatrième. Le toussotement marqué de sa voisine ne l’arrêta pas dans sa course. Certains avaient le nez dans leur assiette, ne sachant comment réagir poliment, d’autres affichaient une mine offusquée, d’autant qu’il eut le toupet de demander si personne n’en voulait, avant de terminer voracement l’assortiment de crustacés. Les convives s’agitaient sur leurs sièges, murmuraient, se demandant qui avait bien pu inviter cet odieux personnage. Mathias ne leur laissa pas davantage de répit devant le savoureux navarin d’agneau qui avait fait la renommée du lieu. « Monsieur, s’il vous plait ! Un peu de décence ! » osa soudain, d’un petit air pincé, celui qui lui faisait face, de l’autre côté de la table, et qui n’avait pas reposé ses couverts depuis l’engloutissement des blinis. Ce fut sans effet. Obnubilé par la vue de la chair, on eût dit que Mathias arrachait la viande tellement il mettait de fougue à s’approprier les morceaux, avant de les enfourner goulûment, insatiable, avide de ne pas en perdre une miette. Rien ne l’arrêtait, peu lui importaient les regards désapprobateurs et offusqués. Les gens se plaignaient, demandaient la médiation du maître d’hôtel, criaient au scandale et imploraient l’expulsion de ce bâfreur. Plus personne ne touchait aux plats, le son montait dans la salle, l’atmosphère était tendue. Je quittais Mathias des yeux, lasse de ce spectacle dégénérant. L’œil luisant, impassible, des moustaches aux coins de la bouche, Mathias termina son repas en dévorant deux sabayons de citron vert. Puis, il s’essuya la bouche avant de laisser négligemment sur la table sa serviette empreinte de la sauvagerie passée, puis quitta d’un pas alourdi l’assemblée écœurée par cet étalage de gloutonnerie.

 

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Un appétit gargantuesque par bongopinot

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Un estomac à toute épreuve
Jamais il n’est rassasié
Qu’il vente ou qu’il pleuve
Il ne fait que manger

Quand le soleil nous offre
Ses rayons de douceur
Littéralement il se goinfre
De fruits juteux à toute heure

Un besoin irraisonné
Le pousse à se remplir
Matin midi et en soirée
Ça ne lui suffit pas c’est ça le pire

Alors pour se donner bonne conscience
Il a pris rendez-vous chez un psy
Qui lui a dit qu’il comblait une absence
Il se questionne restant assis

D’aussi loin qu’il se souvienne
Il a toujours été comme ça
Alors avant que des problèmes ne surviennent
Il décide de changer tout ça

Il a déposé sur son frigo bleuté
Une citation « il faut manger pour vivre,
Et non vivre pour manger »
Une façon comme une autre de se souvenir

Qu’il s’est promis d’y arriver
Il a encore des jours difficiles
Mais à force de volonté
Doucement il assimile

Il a pris sa vie en main
Et son sourire le réconforte
Et tout ira mieux demain
Quand ses démons ne sonneront plus à sa porte

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méchant ou meugnon ? (joye)

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G’dit……..Grrr,… Groarrr,… Greu (JAK)

G’dit……..Grrr… Groarrr … Greu…

 

Gonflélo Mime est un  grotesque  gaillard gesticulant.

Il est loin d’être glabre, garni d’une grande guiche généreuse  en accroche cœur,  aux reflets gorge de pigeon guignant le jaune

Glosant,  gigotant,  il a plus d’un tour dans sa gibecière

Gueulard on le voit  galvanisant les gueux, les gens-foutres, et autres  guenilleux  gnomes

Dans son galimatias, il leur  garanti la galette  gouleyante,

ce qui les fait glapir au génie, plébiscitant ce graveleux gugusse

Généralement il galantise avec la gente gonzesse, glanant des grâces  en gloutonnant autour d’elles.

Aidé  par ses  gardes ginguets il gauchi tous  les gnons, sait gruger la gentry, galvaniser les  groupes

Il guigne la grandeur,  et se grise de gloire, mais gare  à la girandole portée à  l’estocade.

De goinfre  granguignolesque il pourrait  être giflé,  gommé, geignard , restant seul dans sa tour,  devenu tout de go   guindé, une sorte de   galopin godiche

 

- Grrr,… Groarrr,… Greu…

                          

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