11 octobre 2008

Fin du défi de Thétis (Joe Krapov)

Il faisait chaud, une chaleur moite, désagréable. Charlie était étendu sur le trottoir depuis trois heures déjà, évanoui. Peu à peu il émergea du brouillard où se trouvait son esprit, le corps en sueur et la tête lourde. Que s’était-il donc passé ? Il ne comprenait rien…

Ce dimanche matin, il avait trouvé une lettre sans timbre dans sa boîte aux lettres, enfin, une lettre… disons plutôt un gribouillage informe qui alignait les mots suivants :

« Retrouvez-moi à 13h au 2 bd Jasmin derrière le muret en briques. J’ai besoin d’aide, vous êtes mon dernier recours.  Signé : Clémentine. » 

« Clémentine ? Clémentine ? Mais je ne connais pas de Clémentine », se dit-il. Il cherchait dans ses voisins, sa famille, ses amis, ses collègues… Rien… Et puis soudain, ce fut le flash. Clé-men-tine ! Une élève de troisième qui avait quitté progressivement le collège l’année passée en décrochant de tout l’univers scolaire.  Il ne voyait qu’elle. Mais c’était étonnant. Trois mois sans nouvelle et puis ce message venu de nulle part… Il avait été son prof de français pendant quelques mois et son professeur principal aussi, c’est vrai. Ils avaient discuté parfois de son avenir à elle, des discussions franches mais sans lendemain… Il en aurait le cœur net. Il irait, c’était décidé.

Et la matinée s’était déroulée lentement, très lentement, jusqu’à ce qu’il soit enfin temps de se rendre au lieu du rendez-vous. Enfin !… Charlie avait imaginé ce qu’il pourrait lui dire, les questions à lui poser, la réserve à arborer pour ne pas effrayer la jeune fille…Cela ne l’empêchait pas de sentir son ventre se nouer. Lui, le prof, ne pouvait plus se cacher derrière son estrade ou son bureau. Il avançait là, seul dans la rue, et tourna bientôt à l’angle de la rue Jasmin. Sa montre indiquait 13h pile.

A peine avait-il traversé la rue pour atteindre le n°2 qu’une silhouette apparut derrière le muret. Oui c’était bien elle. Mais comme elle semblait amaigrie, le regard triste et le cheveu gras. Charlie avait du mal à la reconnaître. En l’approchant, il essaya de cerner davantage l’état dans lequel elle se trouvait et réalisa alors que ses bras étaient couverts d’hématomes. La jeune fille était loin de l’image de l’élève rebelle refusant de se soumettre au règlement intérieur de son établissement scolaire. On aurait dit  un oisillon tombé de sa branche, dans toute l’étendue de sa fragilité.

«  Que se passe-t-il Clémentine ? Dans quel état es-tu ? Pourquoi m’as-tu contacté ?... »,  s’exclama Charlie. Il avait du mal à retenir le flot de ses questions mais les mouvements trébuchants des lèvres de son élève l’obligèrent à se taire. « Je… Je… J’ai besoin de vous, bredouilla-t-elle. Je ne savais plus à qui demander. Je suis désolée de vous embêter. Je me suis fourrée dans une m… Euh pardon… Je ne peux plus rentrer chez moi, mon père va me … Mon mec est fou… Ma mère, je n’en parle même pas, de toute façon, elle a ses problèmes… » Charlie écoutait attentivement tous ces mots qui se déversaient hors de sa bouche, sorte de soubresauts d’autodéfense qui, elle l’espérait apparemment, allaient lui apporter une réponse salvatrice. Mais de phrase en phrase, il comprenait de moins en moins ce qu’elle attendait de lui. Il était question de drogue, de trafic, d’erreur commise. Au final, il l’interrompit et tenta un résumé de la situation : « Clémentine, tu as aidé ton copain et les choses ont mal tourné ? C’est çà ? » Un hochement de tête le poussa à poursuivre. « Tu n’as pas transmis la drogue à la bonne personne, tu n’as pas récupéré l’argent attendu et il t’en veut maintenant, enfin ils t’en veulent, c’est çà ? » Même hochement de tête silencieux.

Charlie sentait Clémentine honteuse de ses révélations. Lui-même ne se sentait pas très à l’aise mais il ne pouvait plus reculer, elle comptait sur lui. « Mais qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? J’ai du mal à comprendre ce que moi je peux faire pour toi. - Mais, monsieur, je n’ai nulle part où aller. Ils vont me tuer. J’vous jure », articula-t-elle difficilement. Charlie n’en revenait pas. Comme la vie plongeait dans le sordide, qu’on était loin de sa vision du monde dans cette rue… Mais enfin ce n’était pas le moment de se laisser aller à une réflexion sur le monde, il fallait agir et prendre cet être blessé sous son aile. Elle s’était raccrochée à la dernière branche qui lui semblait exister, il ne pouvait pas la laisser tomber. « D’accord, suis-moi. Allons chez moi, on va essayer de régler le problèm… » Mais à peine avait-il fini sa phrase que Clémentine sursauta et fit virevolter ses regards tout autour d’elle. Un bruit l’avait alertée. Elle se mit à courir en pleine rue, affolée, et lui tenta de la suivre. Mais, le temps qu’il réagisse, quelqu’un s’était glissé derrière lui, il le sentait. Le dernier regard qu’il porta fut sur une pochette couleur châtaigne que Clémentine avait laissée tomber de sa poche en s’enfuyant ; elle dépassait à peine du caniveau.

***********************************************

La princesse de Clèves. 2 (suite du texte de Thetis par Joe Krapov)

Je regarde à nouveau ma montre. Il est réellement 16 h 15 ! Comment est-il possible que je sois resté étendu inconscient près de trois heures dans cette rue à deux pas de la dalle d’Argenteuil un dimanche après-midi ? J’entreprends de me redresser.

Ca va. Je n’ai rien de cassé et à part la bosse comme un oeuf de pigeon derrière le crâne, une douleur au bras droit et l’engourdissement général qui suit les sommeils profonds, ça va. Pour en avoir confirmation, je vais me planter devant la vitrine de l’épicier de nuit, juste en face du banc public au pied duquel j’étais allongé. L’Arabe à l’intérieur me regarde d’un air inquiet puis il retourne à sa clientèle.

Evidemment, la pochette couleur châtaigne que Clémentine avait laissé tomber a disparu. Je tâte mes poches : j’ai toujours mon portefeuille et mes clés. Il est plus que temps de rentrer à la maison. Mon épouse va finir par s’inquiéter. Et j’ai besoin d’un remontant pour réfléchir à la façon dont je vais sortir cette gamine de la mouise.

***

La douleur à l’intérieur du bras, c’est la trace d’une piqûre, protégée par un tampon ouaté et un sparadrap. Clothilde et moi frémissons d’horreur en découvrant ce truc. En plus de m’avoir assommé, ces salauds-là m’auraient-ils injecté de leur saloperie ? J’ai soudain un étourdissement. Je vais m’allonger et Clothilde appelle le docteur Olive.

***

J’ai dormi une heure et ça m’a fait du bien : j’ai trouvé un plan pour rebondir ! Quand le docteur arrive, nous ne lui parlons que de la bosse et d’un accident domestique. Il a l’air sceptique mais me met en arrêt pour deux jours. Dès qu’il a descendu l’escalier, je saute du lit, m’habille et sors.

***

Madame Josiane est l’intendante du Collège. Clés, comptabilité, monnaie pour la cantine, permanence du dimanche. Elle part en retraite bientôt et il est sûr qu’on la regrettera ici. Elle vient m’ouvrir la grille et m’emmène au service de scolarité. En farfouillant dans les fichiers, je finis par dégoter « Dupuis Clémentine ». De 2003 à 2007, ses parents ont habité au 15 de la rue Paul Vaillant-Couturier. Pourvu qu’ils y soient encore !

***

Sébastien Douillet est policier et c’est une baraque. Je l’ai connu à l’époque où il y avait encore une police de proximité et où on jouait au foot après la classe avec les élèves du bahut. Il veut bien m’accompagner chez les parents mais m’engueule parce que ça va lui faire rater « Le masque et la plume ». Je lui dis que c’est podcastable et urgent. Il bougonne et on se donne rendez-vous au 15 de la rue PVC à 20 h.

***

C’est une maison de brique. Je frappe à la porte, un peu angoissé, et m’attends à voir surgir un alcoolo hystérique armé d’un fusil à pompe et… pas du tout ! La petite dame nous fait entrer dans le séjour où elle et son mari, un petit bonhomme rondouillard à lunettes, regardent le journal télévisé. Ils ne comprennent rien à mon histoire d’agression et encore moins quand je parle de SOS femmes battues et d’un trafic de drogue auquel leur fille serait mêlée. Pire, ils me regardent comme si j’étais moi-même une espèce de junkie et seule la présence du balaise à l’air doux qui est à mes côtés les empêche de me prendre pour un taré. Sébastien est d’ailleurs le seul flic rassurant que je connaisse en ce bas monde.

- Notre fille est rangée des voitures, commente le père, et encore, elle ne nous a jamais vraiment causé de souci. Malgré ses problèmes en troisième elle a quand même eu son brevet et elle a trouvé du travail dans une troupe de théâtre. Et puis elle est stabilisée, elle est fiancée avec un médecin urgentiste plus vieux qu’elle mais tout ce qu’il y a de bien.

Je sors un peu confus mais avec ce que je souhaitais obtenir : l’adresse de la fille chez son copain à… Neuilly-sur-Seine ! Le toubib s’appelle Gilles Lepape-Carpentier. Sébastien maugrée pour sa soirée fichue.

- Tu vas pouvoir écouter un bout du Masque sur ton autoradio pendant qu’on roule ! »

***

Eux habitent un appartement dans une résidence de luxe et il faut que Sébastien montre sa carte barrée de tricolore pour que le gardien nous ouvre et nous laisse accéder au 3e étage. Je sonne. Je perçois un changement de luminosité au niveau du judas mais la personne derrière la porte n’ouvre pas.

- Clémentine ? C’est vous ? C’est Charlie. Je viens pour vous aider ! »

- Allez vous en ! Je n’ai plus besoin de vous. Mes problèmes sont résolus. Je ne vous ouvrirai pas. »

Ca énerve Sébastien qui sort du renfoncement dans lequel il était dissimulé.

- Police, mademoiselle. Ouvrez ! »

S’ensuit un grand silence. On imagine des bruits de pas à l’intérieur puis on entend celui des barres de sécurité qu’on déverrouille. Un jeune type en cravate nous fait face, très calme et sûr de lui.

- Vous avez un mandat de perquisition ? »

- Non, avoue Sébastien, mais… »

- Je veux bien recevoir monsieur, mais pas vous ! »

Sébastien m’interroge du regard et je lui fais signe que c’est bon, qu’il m’attende.

***

- Qu’est-ce que vous voulez monsieur Mence ? » me demande-t-il.

Avant de lui répondre, je contemple Clémentine. De sa robe à fleurs à manches courtes ressortent deux bras inquiets mais sur la peau desquels ne se remarque plus aucun hématome. Son visage, maquillé, est resplendissant et l’adolescente frondeuse que j’ai côtoyée jadis et qui avait repris son look de marginale ce midi s’avère être devenue une très jolie jeune femme.

Il faut s’attendre à tout de la part d’une comédienne !

- Vous allez bien monsieur Mence ? Est-ce que votre hématome se résorbe comme il faut ? »

Il se fout de ma gueule ou quoi ?

- Quand on vous a amené dans mon service cet après-midi, ça saignait pas mal. Le voyou qui vous a fait ça ne vous a pas raté. Nous vivons de bien tristes temps d’insécurité, voyez-vous ! Cette dalle d’Argenteuil, il aurait vraiment fallu la nettoyer. Au Kärcher, ça aurait été bien ! Mais pourquoi allez vous vous promener dans ces rues-là, monsieur William ? »

Il connaît Léo Ferré et il se paie ma tronche, ce petit con !

- On a dû vous faire une piqûre. A cause de votre délire sur la drogue, les Tangerine dreams, vos histoires de clémentines et de châtaignes. Une vraie pochette-surprise toute pleine d’incohérences, votre discours. Rassurez-vous, ce n’était qu’un sédatif. Bon, peut-être que la seringue avait déjà servi. On nous recommande tellement de faire des économies, à l’hôpital, alors… Bien sûr, il y a aussi des risques d’infection noscomiale et puis, avec tous ces drogués qui atterrissent dans nos couloirs et qui laissent traîner leurs seringues un peu partout, le risque de confusion n’est jamais écarté, n’est-ce pas ? »

J’ai envie de lui sauter à la gorge à ce salaud mais je me retiens. Je veux tout comprendre et je sens qu’il va tout me dire.

- Au fait, je suis désolé, mais on n’a pas pu vous garder bien lontemps. En ce moment on refuse du monde chez nous, le dimanche. On n’a même pas eu le temps de vous inscrire sur le registre des entrées-sorties, c’est dire ! Dommage, hein ?

- Bon, allez, je vais être beau joueur. Pourquoi moi ? Et pourquoi tout ce cinéma ?

- Ca devrait vous plaire, monsieur Mence, le cinéma. Vous ne vous occupiez pas du ciné-club au Lycée Romain Rolland autrefois avant d’être muté au collège Jean-Jacques Rousseau ?

- Si mais… Je ne vois pas…

- Ne cherchez pas par là. Pensez plutôt littérature. Vous êtes prof de français, non ? Vous n’êtes jamais venu à Neuilly ?

- Je n’ai pas souvenir…

Et puis si, ça me revient. Je lui hasarde :

- 2000 ? 2001 ? L’épreuve de français du baccalauréat ? »

- Bravo, mister Mence ! Vous m’avez donné 1 sur 20 après m’avoir interrogé sur la préciosité dans « La Princesse de Clèves ». Vous êtes sûr que vous n’étiez pas un peu sadique, vous, à l’époque ? »

- Je pourrais porter plainte pour coups et blessures et voire plus pour cet après-midi ! »

- Voyons, monsieur Mence ! A l’heure où vous avez été agressé, j’étais à la clinique. Et Clémentine au cinéma. Elle a eu grand soin de conserver son ticket. Je vous raccompagne, monsieur Mence. Croyez-en le corps médical, il n’y a pas de bobo, juste un œuf de pigeon qui va s’envoler comme par magie et quelques inquiétudes supplémentaires. Il y a plein de choses pires qui auraient pu vous arriver : vous réveiller attaché par une menotte à un cadavre d’homme roux. Ou ligoté tout nu sur une chaise avec une vipère endormie dans un carton sur vos genoux ! »

Je tourne mon regard vers Clémentine mais cette péronelle pouffe de rire dans son coin comme une ravissante idiote qu’elle a toujours été.

***

On est ressortis dans une nuit plus noire encore que celle que j’avais connue de 13 h à 16 h. J’avais vraiment le « Neuilly blues » de Gilbert Laffaille mais c’était beaucoup moins drôle. Je n’ai rien dit de tout cet échange à Sébastien. Je me suis excusé platement du dérangement et je l’ai invité à dîner samedi prochain. Je lui ai demandé de me déposer sur le lieu de l’agression.

***

L’épicier de nuit s’appelle Mohamed. Très sympa. Je lui ai acheté deux bouteilles de son Sidi Brahim plus une bouteille de cidre finistérien et il m’a confirmé qu’il avait bien tout vu de l’agression. C’est un infirmier en blouse blanche qui m’a filé un coup de gourdin sur le citron et un autre qui conduisait l’ambulance s’est pointé aussitôt après pour m’embarquer comme si j’avais juste fait un malaise dans la rue. Vers quatre heures, ils sont revenus me déposer sur le banc où je n’étais plus pour les rares passants qu’un S.D.F. comme un autre.

***

J’ai fait un test de dépistage du virus du VIH. A cause de ce con de Lepape, Clothilde et moi avons fait abstinence pendant tout le temps où j’attendais les résultats : elle n’aime pas les préservatifs.

***

Le test s’est révélé négatif, heureusement. Et maintenant je donne une note minimum de 10 à tout le monde quand je corrige une copie ou que je note des élèves.

- « Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre », c’est de La Fontaine, pas de Mallarmé ! Vous auriez pu bosser un peu, quand même. Je mets dix pour le déplacement ! ».

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Fin du défi de Rsylvie (Joye)

La partition inachevée (Rsylvie)

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Emberlificotons, le  héros de notre aventure n’en était pourtant pas à sa première !

Et malgré cela, il s’était fait prendre comme un jeune débutant. Il était retombé une fois de plus dans ses filets. Mais quelle mouche l’avait piqué aussi, de répondre à cette fanfaronnade, lui qui a déjà bien du mal à se lever le matin. Alors un défi ! Vous parlez d’une histoire.


D’autant plus qu’Emberlificotons

devait commencer une partition

qui serait finie

par un autre… seulement voilà,

 après avait donné vie, accepter que ce soit un autre

qui finisse une si belle romance ?

C’était impossible…. Il connaissait la musique,

croches et doubles noires.

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Tout cela sur une même portée

en ayant bien fait attention aux nombreux dièses

ou bémols en début de clé de sol. Mais peut-être était ce une clé de fa ?

Quoique les mélodies des frères Scot

des années sixties soient aussi mélodieuses à pianoter !

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Pianoter vous savez, jouer avec les doigts

d’une blanche vers une ronde,  sauter d’une branche à l’autre,

en visitant une noire ou deux au passage. Le tout sur un rythme soutenu,

pour ne pas tomber de l’arbre. Un accident est si vite arrivé.

On ne s’imagine pas combien cela peut glisser la mousse.

Surtout le matin, quand la rosée est encore fraîche et les feuilles

 inondées de gouttelettes d’eau de rose.

Emberlificotons aime écouter la pluie le matin.

Seulement voilà il n’est pas du matin. Alors relever un défi un dimanche matin… quel dilemme ?

Que même un orchestre au grand complet ne pourrait débrouiller. Et cela,

 Miss Marple l’avait compris aussitôt la première mesure jouée. 

C’est pourquoi déclara-t-elle, aussitôt après avoir pénétré dans la chambre du major, qui pendant l’hiver 1828 ou en 29 au moment de l’expédition du grand nord s’était pris les pieds dans une partition laissées traîner malencontreusement par Félix, un jeune journaliste amateur de petits rats….

Ce ne peut être lui » !

Et tous, de se regarder en murmurant,

mais alors, qui avait massacré la partition » ?

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 Allez, cette affaire sera réglée comme du papier à musique, se pensa Miss Marple.

 -- Emberlificotons, lui fredonna-t-elle…

  

  Leurs regards se rencontrèrent

                                    comme deux points d’orguepoo

au milieu de la salle…

-- Yes, Miss Marple ? lui gazouilla-t-il, son basso profondo faisant écho

comme de l’eau

qui bruit et qui chante…

-- Emberlificotons, aimez-vous Brahms ?

Le jeune compositeur, ne sachant plus que faire de ses dix doigts

se précipita, ma pianissimo, vers le clavier.

Miss Marple, désaccordée par son impromptu,

ma non troppo,

comprit ce qu’orchestrait l’habile Emberlificotons,

et d’un coup, cria :

« NON ! NE TIREZ PAS SUR LE PIANISTE ! »

puis s’évanouit…

Quand elle reprit enfin conscience,

on lui apprit qu’Emberlificotons,

eut décidé,

alla toccata,

de faire une fugue,

ayant échoué, honteusement,

à son Bach.

parti

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06 octobre 2008

Ont déjà achevé les textes de leurs camarades:

Joye, Joe Kaprov, Tilleul, Poupoune,Val, MAP, Rsylvie, Thétis, Martine27, Pandora, Jaqlin, Aude, Caro Carito, Tibo, Tiphaine, Papistache

Posté par valecrit à 09:25 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
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05 octobre 2008

Additif à la consigne #30

Chers tous,

Si vous pouviez copier-coller le texte de votre partenaire de la semaine, en début de votre réponse, nous pensons que la lecture de votre défi en serait facilitée, évitant ainsi de fastidieuses allées et venues d'un demi-texte à l'autre.
Séparez les deux textes par un signe qui nous permette de les repérer rapidement, par exemple :

***


Si vous avez déjà envoyé votre texte, l'un de nous trois se chargera de le faire à votre place, idem pour ceux qui ne seraient pas familiers de la manipulation.

Bonne écriture et à samedi 9 heures.


Janeczka, Val et Papistache

Posté par Old_Papistache à 18:43 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Défis #29 & #30

Voili, voilou,

nous avons pensé, pour ce début octobre, à un défi en deux temps :

1ère semaine :
Quelque chose comme ça :

Emberlificotons le  héros d'un récit policier ou d'aventures (pas de fantastique ni de science-fiction)  dans une situation, la plus inextricable possible, que nous nous garderons absolument de dénouer.
a/ Ne faisons pas trop long, mais donnons quand même un peu de grain à moudre à notre suivant. Car suivant il y aura !

b/ Évitons également les univers trop personnels dans lesquels notre suivant pourrait avoir du mal à se glisser.

2e semaine :

En effet, la semaine qui suivra, un autre participant du défi sera chargé de terminer notre défi et nous... par voie de conséquence, nous aurons à charge de parachever le texte d'un camarade de jeu.

a/ Il nous faudra tenter de préserver l'ambiance initiée par le premier auteur.

quifait_quoi
Comprendre que le titulaire du premier pseudo de chaque ligne

poursuit (achève) le texte du titulaire du second pseudo de la même ligne.

Samedis 4 et 11 octobre

samedidefi@hotmail.fr

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04 octobre 2008

Thétis

Il faisait chaud, une chaleur moite, désagréable. Charlie était étendu sur le trottoir depuis trois heures déjà, évanoui. Peu à peu il émergea du brouillard où se trouvait son esprit, le corps en sueur et la tête lourde. Que s’était-il donc passé ? Il ne comprenait rien…

 

Ce dimanche matin, il avait trouvé une lettre sans timbre dans sa boîte aux lettres, enfin, une lettre… disons plutôt un gribouillage informe qui alignait les mots suivants :

« Retrouvez-moi à 13h au 2 bd Jasmin derrière le muret en briques. J’ai besoin d’aide, vous êtes mon dernier recours.  Signé : Clémentine. » 

« Clémentine ? Clémentine ? Mais je ne connais pas de Clémentine », se dit-il. Il cherchait dans ses voisins, sa famille, ses amis, ses collègues… Rien… Et puis soudain, ce fut le flash. Clé-men-tine ! Une élève de troisième qui avait quitté progressivement le collège l’année passée en décrochant de tout l’univers scolaire.  Il ne voyait qu’elle. Mais c’était étonnant. Trois mois sans nouvelle et puis ce message venu de nulle part… Il avait été son prof de français pendant quelques mois et son professeur principal aussi, c’est vrai. Ils avaient discuté parfois de son avenir à elle, des discussions franches mais sans lendemain… Il en aurait le cœur net. Il irait, c’était décidé.

Et la matinée s’était déroulée lentement, très lentement, jusqu’à ce qu’il soit enfin temps de se rendre au lieu du rendez-vous. Enfin !… Charlie avait imaginé ce qu’il pourrait lui dire, les questions à lui poser, la réserve à arborer pour ne pas effrayer la jeune fille…Cela ne l’empêchait pas de sentir son ventre se nouer. Lui, le prof, ne pouvait plus se cacher derrière son estrade ou son bureau. Il avançait là, seul dans la rue, et tourna bientôt à l’angle de la rue Jasmin. Sa montre indiquait 13h pile.

A peine avait-il traversé la rue pour atteindre le n°2 qu’une silhouette apparut derrière le muret. Oui c’était bien elle. Mais comme elle semblait amaigrie, le regard triste et le cheveu gras. Charlie avait du mal à la reconnaître. En l’approchant, il essaya de cerner davantage l’état dans lequel elle se trouvait et réalisa alors que ses bras étaient couverts d’hématomes. La jeune fille était loin de l’image de l’élève rebelle refusant de se soumettre au règlement intérieur de son établissement scolaire. On aurait dit  un oisillon tombé de sa branche, dans toute l’étendue de sa fragilité.

«  Que se passe-t-il Clémentine ? Dans quel état es-tu ? Pourquoi m’as-tu contacté ?... »,  s’exclama Charlie. Il avait du mal à retenir le flot de ses questions mais les mouvements trébuchants des lèvres de son élève l’obligèrent à se taire. « Je… Je… J’ai besoin de vous, bredouilla-t-elle. Je ne savais plus à qui demander. Je suis désolée de vous embêter. Je me suis fourrée dans une m… Euh pardon… Je ne peux plus rentrer chez moi, mon père va me … Mon mec est fou… Ma mère, je n’en parle même pas, de toute façon, elle a ses problèmes… » Charlie écoutait attentivement tous ces mots qui se déversaient hors de sa bouche, sorte de soubresauts d’autodéfense qui, elle l’espérait apparemment, allaient lui apporter une réponse salvatrice. Mais de phrase en phrase, il comprenait de moins en moins ce qu’elle attendait de lui. Il était question de drogue, de trafic, d’erreur commise. Au final, il l’interrompit et tenta un résumé de la situation : « Clémentine, tu as aidé ton copain et les choses ont mal tourné ? C’est çà ? » Un hochement de tête le poussa à poursuivre. « Tu n’as pas transmis la drogue à la bonne personne, tu n’as pas récupéré l’argent attendu et il t’en veut maintenant, enfin ils t’en veulent, c’est çà ? » Même hochement de tête silencieux.

Charlie sentait Clémentine honteuse de ses révélations. Lui-même ne se sentait pas très à l’aise mais il ne pouvait plus reculer, elle comptait sur lui. « Mais qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? J’ai du mal à comprendre ce que moi je peux faire pour toi. - Mais, monsieur, je n’ai nulle part où aller. Ils vont me tuer. J’vous jure », articula-t-elle difficilement. Charlie n’en revenait pas. Comme la vie plongeait dans le sordide, qu’on était loin de sa vision du monde dans cette rue… Mais enfin ce n’était pas le moment de se laisser aller à une réflexion sur le monde, il fallait agir et prendre cet être blessé sous son aile. Elle s’était raccrochée à la dernière branche qui lui semblait exister, il ne pouvait pas la laisser tomber. « D’accord, suis-moi. Allons chez moi, on va essayer de régler le problèm… » Mais à peine avait-il fini sa phrase que Clémentine sursauta et fit virevolter ses regards tout autour d’elle. Un bruit l’avait alertée. Elle se mit à courir en pleine rue, affolée, et lui tenta de la suivre. Mais, le temps qu’il réagisse, quelqu’un s’était glissé derrière lui, il le sentait. Le dernier regard qu’il porta fut sur une pochette couleur châtaigne que Clémentine avait laissée tomber de sa poche en s’enfuyant ; elle dépassait à peine du caniveau.

 

 

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700 milliards en liquide-napping ! (Joe Krapov)


- Six pages et demie ? Vous vous fichez de nous Joe Krapov ? On vous avait dit de faire court !

- Justement, je les ai publiées sur mon blog et je ne vais vous livrer que le résumé !

- Faites vite, alors ! On connaît votre goût pour les parenthèses ! Et votre « Odyssée résumée pour les nuls » contenait quand même 2009 chants !

- Ici, ça commence par un agenda. C’est celui de Francis Carcopino, l’homme d’affaires à propos duquel j’ai écrit la semaine dernière.

- Ainsi donc, le feuilleton continue ! C’est une manie, chez vous !

- Ne m’interrompez pas tout le temps, Papistache, je ne pourrai jamais faire court, sinon !

- D’accord ! D’accord ! Je me tais !

- Voilà le contenu de l’agenda :

Mercredi 24 septembre, la secrétaire du milliardaire collectionneur d’art, Martine Vingt-Trois ne vient pas bosser. Elle ne téléphone pas pour s’excuser de son absence.

Jeudi 25 septembre: le conservateur du Musée des Beaux-Arts de Rennes n’a pas répondu à son courrier. Carcopino va devoir racheter le tableau d’Isaure Chassériau qui lui avait été prêté et qui a été mystérieusement endommagé.

Vendredi 26 septembre : Martine 23 n’a toujours pas donné signe de vie et il se morfond car il ne peut pas aller « toucher à ses boîtes de cigares dans le bureau ovale » en son absence.

Lundi 29 septembre à 9 h : son équipe de foot a gagné son match, ça le met en joie mais en arrivant au boulot il apprend que sa boîte a été victime d’un casse. Visiblement, on n’a rien dérangé ni dérobé mais à 10 h il s’aperçoit qu’on a volé le tableau représentant Isaure dans le bureau de Martine 23. A 15 heures, en utilisant un faux nom, « Jmechov » et une identité de marchand de bois et charbon, il se rend chez un détective privé nommé Florent Fouillemerde. Quand celui-ci apprend qu’il s’agit de retrouver Isaure Chassériau, il refuse l’affaire malgré « le nombre considérable de zéros inscrit sur le chèque ».

Mardi 30 septembre à 9 heures du mat’ : il a l’impression d’être suivi par une Ami 6 Citroën depuis la veille. A 10 heures, il reçoit un coup de fil. Un mystérieux « Front de libération des Prairies Saint-Martin canal historique » lui réclame 700 milliards de dollars en échange d’Isaure Chassériau et réclame le droit pour un groupe de rock nommé « Les Galeries Lafaillite » de jouer l’année prochaine lors de la braderie du canal. Il refuse.

A 11 heures, un artiste qui veut lui vendre une installation à base d’un tableau antique et de trois cocottes-minutes lui donne rendez-vous dans la rue Saint-Louis à Rennes. Il se promet d’acquérir l’œuvre si elle n’est pas trop chère.

Fin de l’agenda. C’est cet après-midi là qu’on procède à son enlèvement dans la rue en question. Le principal témoin, placé en garde à vue, est interrogé par la police puis relâché. Il s’agit d’un détective privé nommé Florent Fouillemerde, qui se déplace en Ami 6 et qui nie avoir pris des photos dans cette rue, de même qu’il n’a pas reconnu, sous le pseudonyme de Jmechov, le célébrissime milliardaire Carcopino.

Quand il sort du commissariat, Fouillemerde examine les photos qu’il a prises dans la rue Saint-Louis et se demande s’il va se mettre en chasse du milliardaire pour toucher la prime promise.

- Et ?

- Et puis c’est tout. Voilà la photo ci-dessous. Et le détective a très bien vu trois femmes embarquer Jmechov dans la 4L à l’arrière de laquelle se trouvait un grand coffre en osier.

- Une histoire dans laquelle une secrétaire, un tableau, un milliardaire et un témoin disparaissent au bout d’une page…

- Six pages et demie, Papistache, c’est vous qui m’avez demandé de raccourcir.

- Ca reste quand même assez, comment dirai-je… ?

- Inextricable ?

- C’est celaaaa, oui !

- C’est ce qui était demandé, aussi !

- Eh bien merci Joe Krapov ! Bon amusement pour la personne qui vous a précédé et qui va devoir composer avec tout cela pour raconter la suite !

Quand Joe Krapov s’en va, Papistache s’interroge sur « Val et Cie » et sur la plaque d’immatriculation TTC 59. Pourquoi donc Mamoune serait-elle mêlée à tout cela ?

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Rififi au parc Igrec (Tilleul)

C'est l'été... Le soleil généreux darde ses rayons caniculaires...

Monsieur Pol Hisse, nouvellement élevé au grade d'adjudant, arrive, toutes sirènes hurlantes, sur les lieux de l'incident au volant de sa Peugeot de service. L'appel était clair : "grabuge naissant au parc Igrec, s'y rendre immédiatement!"

Garer sa voiture, ne sera pas un problème, pense-t-il... Avec le gyrophare, il peut s'arrêter au milieu de la chaussée... mais, plus il approche, moins il progresse... Une foule immense lui barre le passage... Il sort du véhicule. La marche n'est pas son sport favori, et avec cette chaleur ! La sueur perle déjà à son front.

A coups de sifflet stridents, il tente de se frayer un passage au milieu des badauds.

"Poussez-vous ! Police, laissez passer !" Rien n'y fait ! Il transpire à grosses gouttes...

Sa chemise fraichement repassée du matin, n'a plus aucune forme, elle lui colle à la peau.

"Laissez-moi passer ou je vous colle une amende !"

Entrainé par cette marée humaine, il recule plus qu'il n'avance...

"Savez-vous qui je suis? Je vais vous coller une châtaigne, moi si vous ne bougez pas !"

Bon sang ! Il faut qu'il arrive à se frayer un passage ! Si ça se trouve, l'adjudant-chef est déjà sur place...

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De la taille d’un œuf de pigeon (Caro Carito)


J’ouvre les yeux. A nouveau cette pénombre suffocante. Il me faut quelques minutes avant de distinguer un rai de lumière aussi mince qu’un fil. Je palpe le sol humide, une terre friable et collante. Des morceaux d’images se succèdent tandis que des douleurs lancinantes attaquent mon corps par vagues. Il me faut essayer de faire le vide. Fermer les yeux.

Ai-je dormi ? Je n’en sais rien. Je passe ma langue sur mes lèvres craquelées. Plus que la faim et la soif, un curieux sentiment de désespoir s’est emparé de moi. Des écorchures et une cheville attachée. Pas la moindre d’idée de l’endroit où je me trouve. Les questions se succèdent sans réponse. Je fais le tour de mes possessions, un vieux treillis, une chemise déchirée. D’épais souliers. Une barbe déjà bien fournie. Bon Dieu mais qu’est-ce que je fous ici ? Et pourquoi ?

Le temps passe et personne ne vient. Si seulement ma tête ne me faisait pas autant souffrir, j’arriverai peut-être à mettre bout à bout deux idées. Je prends ma tête dans mes mains. Elle est si lourde. Aïe ! Je sens sous mes doigts écorchés une bosse de la taille d’un œuf de pigeon.

Alors que mes forces diminuent, cette expression stupide se colle à mes pensées. Rester les yeux ouverts, ne pas sombrer dans le noir absolu. Je revois un groupe qui parcourt des forêts et gravit des montagnes. Le rire d’une femme. Le bruit des balles et une cellule, une autre à peine moins sombre. Une course à travers la jungle et… Comment vais-je m’en sortir ? Là, je n’en peux plus. Je sens des larmes amères sur mes lèvres et mon corps qui s’affaisse. Me laisser aller, c’est ça. Oublier.

J’ouvre une derrière fois les yeux et je la vois. Cette fleur, cette orchidée, de la taille d’un œuf de pigeon, rouge sang… Elle…

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Tibo

L'humeur de Tania était à l'image du temps ce matin, mélancolique. Une mélancolie douce. Une mélancolie qui vous réexpédie dans ces moments tristes que vous avez traversés.
Elle se remémorait, à cet instant, devant sa tasse translucide la dernière discussion qu'elle avait eue avec Barney et Julien.
- Non franchement, vous n'y pensez pas. Le faire disparaitre... Quelqu'un le découvrira, forcément !
- Eh bien sans doute, mais s'il doit être découvert, qu'il le soit loin d'ici, le plus loin possible et surtout pas par lui.
- Non, de toute façon, nous ne pouvons rien y faire maintenant, mais le déplacer, franchement, ça ne changera rien à sa réaction !
- Parce que le laisser là, dans cet état, c'est la solution selon toi ???!!! Franchement, Tania, arrête de dire n'importe quoi, va t'occuper de ton fils, il ne va surement pas tarder à se réveiller, on s'occupe du reste !

 

Le souvenir de cette discussion, ce n'était pas la première fois qu'il remontait en elle... Et chaque fois c'était la même chose, elle se débattait avec ces images. Une larme, puis deux se mettaient à couler le long de ses joues blanches. Ce matin, l'une d'elle tomba dans la tasse. Cette tasse qu'elle serrait fort de la paume de ses deux mains. Pour se réchauffer ? A cause de la contrariété ? Elle ne le savait pas elle même. Elle serrait.
A la pendule, il était quasiment 7h00. C'était à cette heure que tout était arrivé. Devant cette même tasse, avec ce même thé fumant, cette même odeur d'agrumes. Cette odeur qui, tous les jours d'octobre à mars, lorsque les petits matins sont frais, parfumait la cuisine de Tania.

 

Puis, soudain, sans savoir pourquoi, elle portait la tasse à ses lèvres, elle avalait une gorgé de ce liquide brulant. Elle se sentait vivante, cette sensation de chaleur, de brulure... elle se sentait vivre. C'est souvent ce moment que choisissait Damien, son fils, pour faire craquer les marches de l'escalier. Ce matin encore, il lui poserait des questions, ce matin encore, elle n'y répondrait pas, inventant une fois de plus une histoire. Combien de fois l'avait-elle fait depuis ce maudit matin ? Ça ne faisait pas encore 10 jours que tout était arrivé, il lui semblait qu'elle se débattait depuis des mois avec ce secret... Plusieurs fois, elle avait failli lui dire... Plusieurs fois, elle avait été sur le point de lui révéler la vérité. Mais son regard croisait le sien, et non, décidément non, elle ne trouvait pas la force de lui éteindre l'étincelle d'espoir qu'elle voyait au fond de ses yeux. Des yeux bleus, des yeux pétillants, des yeux d'espoir, des yeux d'enfant. Alors, ce matin encore, elle ferait comme si, comme s'il y avait une explication, comme si une fin heureuse était possible, comme s'il finirait par revenir.

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