24 mai 2008

Le 23 mai (Aude)

Le réveil sonne qui me tire d’une nuit lourde et sombre, une nuit dont  on ne  retient que l’atmosphère pesante des songes qui l’ont bordée. Je ne me pose pas de questions : si le réveil sonne, c’est qu’il est l’heure. J’observe sans émotion aucune le corps endormi près du mien. Je me lève, avance en somnambule jusqu’à la cuisine. Je suis prévoyante puisque j’ai préparé le café en avance. Je n’ai plus qu’à appuyer sur le bouton. Je jette un regard indifférent sur le grand calendrier accroché sur le frigo où les rendez-vous de chacun sont annotés au fur et à mesure. Nous sommes le 23 mai. Je n’y prête guère attention. Dans la salle de bains, je trouve mes vêtements soigneusement préparés pour aujourd’hui. Je n’ai pas de temps à perdre le matin on dirait. Douche rapide, maquillage express. Je claque la porte de l’appartement sans avoir croisé âme qui vive, pas même un vieux fantôme. Sur la route, je contemple la farandole des voitures, danse impitoyable pour celle qui ne respecte pas le pas.

23 mai. Pourquoi me dis-je qu’aujourd’hui est le 23 mai. C’est comme si cette date me rappelait un rêve ancien. J’aperçois au loin la sortie que je dois prendre. 23 mai, 23 mai 2008… Je me souviens de tout soudain. J’ignore ma sortie à la dernière seconde, je sais où je vais maintenant. Je vois ses yeux dans les miens et il me semble entendre sa voix, mélodieuse, douce. Toutes ces années, j’avais oublié ce chemin et je m’étais oubliée.

La quatre voies semble si droite, s’oubliant à l’infini, comme si elle n’avait pas de fin. Je fais le tour de ma vie, facile. Elle est si vide malgré l’emploi du temps surchargé qui est le mien : travail, deux enfants, un mari, des amis, les vacances deux fois l’an. Je n’en puis plus. Je laisse une vague de souvenirs déferler dans ma tête. Ses embruns mouillent bientôt mes yeux. Mais où est-elle celle qui voulait peindre, aimer, rencontrer du monde et voyager ? je mire dans le rétro cette inconnue qui conduit la voiture. Je suis devenue une femme froide et triste, prévisible et conventionnelle.

J’arrive bientôt face à la mer. Je range ma voiture et je cours avec le tailleur et les talons de cette inconnue que je suis devenue. On s’était quitté pour vivre nos rêves sans barrière. Nous avions choisi cette date : une voiture dont l’immatriculation était 2008 et qui venait de la Creuse, ça c’était pour le jour et l’année. C’était une R5, voilà pour le mois de mai. A cette date nous devions nous retrouver et nous raconter nos expériences et nos rêves accomplis. Je ne sais pas s’il se rappelle cette promesse mais moi, je me rappelle celle que j’étais et que veux redevenir.

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18 mai 2008

2 + 1 = 3

Parce que leurs cerveaux ne cessent jamais de tourner, même au cœur de la nuit, Val et Janeczka ont pensé qu’un trio assurerait plus de stabilité à leur bébé qu’un simple duo (fût-il aussi sympathique que  subtil).
Nul ne saura jamais les tractations souterraines menées à bien pour parvenir à ce résultat : Papistache rejoint  l’administration des défis du samedi.

En mauvais administrateur qui se respecte, il annonce déjà qu’un séisme de magnitude 7 sur l”échelle qui s’appuie au mur, l’empêchera d’assurer la moindre activité du vendredi 23 mai  au samedi 24 inclus.
Néanmoins, vous pouvez considérer que son adresse courrielle : papistache@laposte.net est à votre disposition pour soulager les deux muses inspiratrices du lieu.

Le beau succès de la journée du 17 mai laisse augurer de gentils samedis à venir.
Si dans le principe, chacun des administrateurs proposera un défi à son tour, tout membre du club  peut  lancer un défi à la communauté ce qui sera un gage de diversité et de renouvellement des consignes d’écriture.

En attendant, puisque vous êtes invités à jouer les amnésiques, faites un nœud à votre mouchoir, il serait dommage que vous oubliiez  votre rendez-vous hebdomadaire.

Pour “Les défis du samedi”  P.

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Defi # 11

Pour cette consigne, vous vous levez un matin sans vous rappeler qui vous etes.

Les textes sont comme d'habitude a envoyer a:

janeczka@hotmail.co.uk ou pitch30@wanadoo.fr


Merci d'avance!! *sourire*

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17 mai 2008

Le cloitre...

A notre demande, Brigou a eu la gentillesse de nous envoyer des photos.

Je les ai rajoutées sous son texte.

Allez-y, elles valent le coup d'oeil!

Merci Brigou!

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Presque rien... (Papistache)

C'est que... voyez-vous... je n'ai que moi à offrir... c'est pas grand-chose... et même... ce pas grand-chose... Mamoune y tient encore... un peu... alors... ben alors... je vous offre... une parcelle de mon temps... un morceau d'infini arraché au cours des jours ... rien quoi... le souvenir d'avoir croisé ici... de belles idées... de belles personnes... que pensiez-vous que je puisse vous offrir d'autre... un morceau de mon existence... ça l'fait ? comme on dit sur les trottoirs des villes où je ne vais guère... c'est pas grand chose... mieux que rien...*



Pour les points de suspension c'est que Tilu m'en a livrés trop pour ma petite sacoche

Posté par valecrit à 15:47 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Ma meilleure ennemie (Cartoonita)

Pour ce défi, j'offre Paris
À ma meilleure ennemie.

Je lui offre la Tour Eiffel
Qu'elle s'y jette, la belle !
Je lui offre l'Obélisque
Pour qu'elle se le glisse...
Je lui offre le métro
Que la foule lui casse le dos,
Ou encore mieux (mais ce serait trop beau)
Quelle finisse dessous en petits morceaux…

Je lui offre les crottes de chien
Des clébards des parishiens
Qu'elle marche dedans
S'étale & se casse les dents.
Je lui offre la pollution
Qu’elle lui remplisse les poumons.
Je lui offre la malpolitesse
Qu’elle s'y blesse.
Je lui offre l'indifférence
Qu'elle devienne rance.

Je lui offre la dite "plus belle avenue du monde"
Qu'elle y dépense tous les sous de son z'hom et qu'il la gronde.
Je lui offre les pickpockets & autres fripouilles
Qu'on lui mette les mains sur les fesses et la tripatouille.
Je lui offre aussi le Musée du Louvre
Qu'elle soit moins un chouia moins gourde.

Je lui offre la capitale
Car c'est son Saint Graal
Qu'elle soit Parisienne
Cette foutue chienne…
Bienvenue parmi les Parigots
Ma chère tête de veau

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La Nouvelle (Aurélie)



Ah! Te voilà! Je t'attendais! Je voulais te montrer quelques p'tits trucs... enfin, viens voir toi-même, c'est assez particulier... Tu me suis?
Voilà nous y sommes, 1er étage, aile C1, mon couloir d'internat. Oh bien-sûre ce n'est pas "mon" couloir juste à moi, non, mais depuis 5 années que je le arpente plusieurs soirs par semaine, je m'y suis attachée tu sais! Alors voilà, ici, en bout de couloir, c'est ma chambre, "la chambre de la pionne" comme disent ces chipies. A ta droite c'est la salle télé. La réception est super mauvaise, mais elles pleurnichent chaque soir pour qu'on les laisse regarder "Plus belle la vie", c'est que ça ne doit pas être toujours si laid!

La première chambre à gauche, elle est occupée par des "anciennes". Elles sont un peu fanfaronnes mais rien de méchant. Par contre, attention, elles sont trés (trés) blagueuses...
Les filles de la chambre d'à côté te proposeront systématiquement de la nourriture. Refuse, ou tu seras obligée d'écouter leurs longues élucubrations sur les repas bof-bof de la cantoche et les petites plats qu'elles mangent chez elles.
La troisième chambre... elles ne sont pas trés avenantes ici, mais si tu arrives avec une blagounette, elles seront joyeuses pour la soirée.
La chambre d'en face, attention, elles fument en cachette dans la douche! Le truc imparable c'est de les surprendre, de leur coller une frousse d'enfer en jouant la méchante (juste quelques heures...), aprés ça elles ne recommenceront pas.
Dans la suivante, elles sont toujours un peu tristounettes, je ne les ai jamais vues enjouées. Peut-être que tu auras ce privilège!...

Ici, elles mettent un matelas au sol pour regarder un film toutes ensemble, et bien souvent elles dorment ainsi. On les laisse faire, mais elles doivent ranger le lendemain avant d'aller en cours. Ca ne pose jamais de problèmes... elles sont adorables comme presque toutes.
Là, ça empeste toujours le parfum, je ne sais pas comment elles font pour respirer, c'est un mystère pour moi...
Et enfin, le "repère"! La pause café, les ragots, les dernières nouvelles hilarantes ou les blagues hasardeuses... Notre coin à nous. Tu verras il y a une bonne, que dis-je, une superbe entente dans ce cercle.
Voilà, je pense que je t'ai tout dit... T'as pas l'air enchantée? Oh je ne l'étais pas non plus quand je suis arrivée ici, je croisais les doigts pour y rester le moins possible, et "trouver mieux". Malgré ça, te céder ma place ce soir, ça me noue le ventre. Et la gorge, un peu. Mais bon, ce n'est qu'un job! Et puis ça me donne l'occasion de te faire ce joli cadeau... attends, je reprends mon porteclefs! Wahou, 5 ans qu'il est là-dessus, elle va me manquer cette clé!
Voici! C'est à toi maintenant...

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Diras-tu oui? - Caro_Carito

Pour éclairer tes yeux d’eaux dormantes, j’aimerai t’offrir la démesure et l’outrance, le pays brûlant de mon d’enfance.

Nous déposerons les armes dans le berceau des volcans, au sein des maisons aux briques ocre, rouges et blanches. Là, je te conterai la légende, notre légende d’exilés. Des mots transmis, ravaudés qui ont fait nôtre ce bout de terre aride.

Nous nous égarerons, main dans la main, dans cette forêt, où chaque pas s’efface, avalé par une végétation vorace et tapageuse. Nous guetterons l’aube violine. Et te sachant immobile à mes côtés, je saurais que ton regard impassible, semblable à deux éclats de jade, se fond alors dans le luxe des hautes frondaisons.

Oublieux du temps, nous poserons nos mains sur les murs des temples tutélaires, perdus dans les hauteurs. Tu sentiras la présence féline des dieux passés. Alors tu pourras mesurer la distance qui sépare le grand condor de tout autre. Tu oublieras le héron gracieux et la célérité de l’épervier car tu l’apercevras, tel un seigneur, planant entre le Huascaran et les cordillères blanche et noire. Regarde comme il est fier ; son vol majestueux effleure les cimes enneigées.

Nous errerons ensemble le long des brumes grises qui assiègent Lima, nos regards perdus dans les méandres des balustrades et des palmiers poussiéreux. Nous traverserons les déserts, de sable et de pierres qui se dévident à l’infini. Et sur une digue de béton, face aux bouillonnements des vagues, nous serons seuls au monde.

Nous sentirons le goût du sel sur nos lèvres. Tu apercevras peut-être les fantômes des conquistadores et le ventre pansu des caravelles à l’assaut de l’Eldorado. Oseras-tu goûter à ce feu qui nous incendie, corps et âmes, et qui nous tient éveillés la nuit durant, dansant, la peau luisante et fiévreuse? Avec ton cœur où bat sans cesse ce pays enclavé dans le vieux continent, altier, accepteras tu cette terre de pionniers ? Ici, souffle l’esprit du Nouveau Monde, une terre à partager, un rêve à découvrir.

 

Je t’offre mon pays, au sang bouillonnant, au rire facile et léger comme le vin de Tacama. Vois son cœur ouvert et généreux, avec cette folie douce et entêtante.

Lorsque nos âmes ivoire et brunes s’emmêlent, qui sait… Puisque, en levant les yeux vers le ciel, bercés par le chant des peupliers, nous partageons la même éternité.

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Plaisir d'offrir - Janeczka

A ma mere, j'offrirais une cathedrale au Bresil. Pourquoi une cathedrale? ma mere, bien qu'etant minuscule, a une personalite demesuree. Ca lui irait tres bien. Les immenses vitraux, la lumiere eblouissante, et Dieu. De preference a Manaus, la ville de son enfance. Peut-etre que cette femme y passera faire un tour et chanter de l'opera... De l'opera dans la brousse... j'aime l'idee...

images

A mon mari, j'offrirais le Centre Pompidou, un endroit de culture ou l'on a passe beaucoup de temps, et qui lui irait comme un gant.

pompidou

A ma soeur, j'offrirais... son annexe d'ANPE locale...

A Tite Mere, je donnerais la maison de Papou a St-Barth!!

vialenc_sepia

A moi-meme, je m'offrirais... l'Islande! on peut rever, n'est-ce-pas? (ma maison est la troisieme en partant de la droite)

islande

Et a toi, l'inconnu qui peut-etre le restera, ou futur(e) ami(e), ou meme vous qui me connaissez, j'offrirais...
les Iles Vanuatu!  un peu de bonheur, de calme et de reve...

vanuatu

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Un cadeau - J.

Je t'offre la 10ième galaxie.
Là.
Tu vois.
Juste au bout de mon doigt.
Celle-là même que tu mires et qui te mire en retour.
Celle-là qui respire dans la nuit calme du froid stellaire.
Celle-là même.
C'est la tienne.
Je viens de la voler pour toi.
Je l'ai usurpée aux Dieux pour te l'offrir toute vivante.
J'ai pu revenir avant l'aube.
Si le matin te surprends avec elle en ton sein, elle sera tienne pour toujours.
C'est ainsi.
Les Dieux en ont dicté les règles.
Prends là.
Elle est à toi.
Il y a tout son espace dedans.
Tout son infini bleu de poussière d'argent.
Toute sa vie bouillante
Ses planètes vivantes
Les soleils qui orbitent
Et tout ses satellites.
Prends-là.
Garde-là.
Veille là comme tu veillerais un diamant dans un oeuf.
Prends en soin.
Aime là.
Elle est à toi.

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