05 juillet 2008

Kloelle...

Leurs yeux d'enfants,
Comme un secret tiroir
Aux mille et un bonheurs.

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Boite à malheur (Val)

C’était une boite rectangulaire, bleue, en métal, qu’il emmenait partout avec lui.

Boite à malheurs !

Toujours dans la poche de son jean, ou dans la doublure de sa veste, ou dans la boite à gants de la voiture, elle était ce qu’il possedait de plus précieux.

Boite porte bonheur.

Ouverte dix fois par jour, refermée autant…Rentabilisée, usée, utilisée, humée, respirée…

Boite à odeurs…

Toujours à portée de main, toujours à disposition, jamais fâchée, toujours souriante, affriolante, ensorcelante…

Boite à bonheur !

Bonheur absurde, bien-être illusoire, plaisir trompeur. Une sournoise…

Boite à torpeur !

Quand il avait sa boite avec lui, rien ne pouvait lui arriver. Boite qui soulage, boite qui calme, apaise, console, cicatrise…boite qui panse les plaies du cœur. Boite pour un cœur qui boite.

Boite à stupeur !

Quand la boite était loin de  lui, il était agité, énervé, irrité…

Boite à terreur.

Quand l’absence se prolongeait, je le trouvais anéanti, abattu, cassé…

Boite à langueur.

...febrile? en sueur?

Boite à frayeurs

Oh, non , son état n’avait jamais rien à voir avec la boite…

Boite à candeur !

Leurs retrouvailles, pourtant, se faisaient à chaque fois dans la démesure.

Boite à puanteur !

Boite qui passait avant moi, avant nous, avant tout.

Boite à douleurs.

Boite qui a tenté par tous les moyens de le couper du monde.

Boite à horreurs.

Elle a même failli gagner la partie.

Boite à pleurs.

Elle est vide désormais, depuis des années et pour l’éternité

Boite à gageure !

Il l’a abandonnée un soir de sommation.

Boite de mise en demeure !

Vide, désarmée, inutile, elle est désormais et à jamais…

Ma boite à bonheur

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Cap sur le Bonheur! - Janeczka

Le Bonheur m'appelle. Je mets les voiles!

Je largue les amarres de mon bateau-lit et me laisse aller a la derive.

Je vogue sur les vagues de l'Ocean de la Serenite.
Les iles de l'Archipel de l'Amitie sont eparpillees a l'instar des etoiles qui m'epient ce soir.
Je caresse du regard les collines douces et sucrees du Calin-Bisou.
J'admire les rives du Souvenir-Bienveillant. Les nuages de la Nostalgie-Coussin sont aussi confortables qu'un fauteuil moelleux.
Du coin de l'oeil, j'apercois l'Arc-En-Ciel des Petites Surprises qui se cree toujours lorsque je m'y attends le moins.
Le Champ des Sourires-Spontanes regorge de petites fleurs multicolores qui poussent tout au long de l'annee.
La Foret-Familiale possede des chenes robustes et sous lesquels on se sent bien.
Je suis du regard les courbes du Fleuve-de-Ma-Vie qui va se perdre dans les Terres-Inconnues qu'il me tarde d'explorer.

carte

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Bric-à-brac (Ondine)

J’adore collectionner de petites boîtes exotiques, les caresser du doigt, penser un instant à la personne qui me les a offertes, au lien qui nous unit. La plupart du temps, je n’y dépose rien, que l’essence d’instants passés en communion avec un autre, qu’il soit amant, ami, alter ego ou même vague connaissance.

J’aime déballer mes boîtes à tendresse – comme je les ai appelées à l’initiative d’un ami – de façon aléatoire, au gré d’associations impromptues. Si je classe mes partitions et mes livres de façon relativement méthodique, j’enfouis les souvenirs pêle-mêle dans une série de boîtes imaginaires aux contours irréguliers qui, par nature, se veulent sans fond. J’y classe aussi bien les grands bonheurs que les petits moments magiques traqués avec le filet du quotidien. J’ouvre une boîte au hasard, dans laquelle, forcément, il reste toujours de la place, et y glisse un mot doux, un sourire tendre, une maxime décantée, une vérité assenée par quelqu’un qui m’aime suffisamment pour oser s’exprimer sans mettre de gants blancs. « Écris, lis, écoute, joue, et sois heureuse » y côtoie ainsi « à ma meilleure prof de piano », des vers de Nelligan, l’émotion ressentie face aux Nymphéas de Monet, les larmes de tendresse qui coulent sur une joue déjà mouillée par la pluie, le moelleux d’un chocolat pris à la terrasse d’un café parisien, le coup au cœur quand Venise s’offre au regard pour la première fois, l’intensité pure d’heures partagées sur un même banc de piano avec un ami.

Les liens improbables se tissent quand j’ouvre ces boîtes et, parfois, des souvenirs profondément enfouis font surface alors que j’y range un nouveau trésor. S’amalgame alors en une curieuse mixture douce-amère la joie pure ressentie quand, enfant, je croisais le facteur; la fébrilité d’un premier concert assumé; la simplicité désarmante d’un trait musical parfaitement maîtrisé, d’une phrase finement ciselée; les mots d’amour devenus surannés, la douleur de la rupture s’étant suffisamment estompée pour ne subsiste que le voile si léger du souvenir; la perturbation à l’état pure sur le corps d’un adolescent efflanqué; les fous rires qui courent d’un oreiller à l’autre le soir; les câlins aux tout-petits mais surtout ceux reçus des presque grands; le plaisir avide quand on laisse glisser sur sa langue un calembour plus savoureux qu’un carambar.

Parfois, j’aime susciter ces réactions en chaîne pour le plaisir, un pas de danse endiablé porté par une pulsation assourdissante, culbutant une randonnée en solitaire, balayant une nuit étoilée en bord de mer en communion avec l’univers, rejetant une séance de baisers fiévreux sur la banquette arrière d’un autobus presque vide. De curieux rendez-vous avec l’histoire, la petite histoire, la mienne, celle qui se détaille en chapitres inégaux, sans lien apparent pour tout autre lecteur que celui qui accepte d’y jeter un regard partial, de s’y inscrire en filigrane, au risque de se retrouver catapulté à toute vitesse au creux d’une de ces boîtes à tendresse, à caresses, à paresse, à allégresse.

(4 juillet 2008)

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LA VALISE EN TOILE GRISE (J-F)



D'une vieille valise
En grosse toile grise usée,
J'ai ressorti
Un tas de photos jaunies :
Un copain d'un jour ;
Un copain de beuverie ;
Une amie de toujours ;
Un ami pour la vie ;
Des amis perdus de vue ;
Un petit coeur d'un soir
Rencontrée au hasard ;
Le flirt d'un été trop court
Un peu vite oublié ;
Un impossible Amour,
Sacrifié, sanctifié
- Regret pour l'éternité ;
Une fiancée d'un temps :
« Elle s'appelait comment déjà ? »
Une femme adorée
Qu'un jour,
Malmené par l'existence,
Malgré son amour sans faille,
De vie lasse,
J'ai cessé d'aimer ;
Des nourrissons devenus des enfants,
Des enfants déjà adolescents,
Des adolescents presque adultes ;
Que le temps passe vite !
Des parents disparus,
Trop mal connus.
Aujourd’hui
Enfin tout ce qui a fait ma vie,
Avec ses bons et ses mauvais côtés
Ses grandeurs et ses bassesses.
J'ai replacé les photos jaunies
Dans la vieille valise
De grosse toile grise usée
Et je l'ai refermé avec soin.

En septembre, j'ai acheté
Une nouvelle valise
De grosse toile grise,
Toute neuve,
Pour la remplir
Au fur et à mesure
De notre vie,
Des souvenirs
De notre Amour
Devenu possible.

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La boîte de Pandore* (Caro)

Je n’ouvre pas le couvercle…. J’écoute d’abord leurs musiques. Je tends l’oreille. Des sons venus de l’enfance ou d’hier. Une note argentine, un murmure pour qui sait tendre l’oreille. Je devine par avance les mots. Mes mots, qui s’entrechoquent. Comme des billes, des pierres colorées qui roulent dans les volutes de ma mémoire. Leur chatoiement me ravit à la grisaille familière.

L’un d’eux s’échappe de sa prison de papier. Pour l’heure, j’ai déjà beaucoup à voir : neuf tulipes pouffant de rire dans un vase transparent**. Dans la voiture, au milieu d’une conversation, en m’appesantissant sur une feuille aux chiffres tenus, je papillonne. Je les imagine, ces fleurs aux lignes pures, robe de satin aux accents de coquelicot et de paille grillée, resplendissantes de soleil. Tellement présentes. Et cette eau claire qui les abreuve dans les clairs filets de l’été.

Un peu plus loin, une fenêtre et un champ qui dansent à l’abandon. Le rire d’un criquet. Un vieil arbre et un pas d’homme.

Et je reviens à elles, à leurs danses légères. Je souris à mes deux chipies ; deux orchidées complices dont les fleurs tigrées s’effleurent. Elles qui ne pensent, qui sait, qu’à moi, tendues jusqu’à l’extrême pour m’offrir leurs fragrances discrètes. J’écoute leur babil, étonnée d’être leur confidente.

Alors la perfection des tulipes et des mots enlace mes pensées. D’autres billes s’échappent, nouvelles pierres, anciens morceaux de kaléidoscopes qui me parlent d’attente. Attendre que l’amour qui passe soit un amour qui demeure***. Des souvenirs de front frais d’enfant au matin. D’une tache de rousseur posée sur ta joue. D’une joyeuse tablée à l’hiver comme à l’été.

D’un battement de cil, le couvercle s’est refermé et le coffre s’est évanoui, ne laissant dans mes yeux que l’éclat de rire des mots. Parée de tous leurs feux, riche de leurs reflets, je me devine prête, rien ne pourra m’arriver.

* la boîte de Pandore d’où, d’après certaines sources, s’échappèrent les maux, les mots ? Les dieux laissèrent l’espérance aux hommes.

** Autoportrait au radiateur de Christian Bobin

*** l’Eloignement du monde de Christian Bobin

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Le corps face à l’esprit (Vanina)




J’oublie…
Depuis « ce coffret » roulant métallisé :
J’ai oublié.

J’ai oublié la simple sensation du pied posé au sol.
J’ai oublié l’effet de picotement du sable chauffé au soleil se glissant entre les orteils, chatouillant la voûte plantaire.
J’ai oublié ce qui titille chacun plusieurs fois par jour, le gratouillis, le fourmillement, la douleur (?) d’une vessie pleine.
J’ai oublié la place des mes jambes dans l’espace, la souffrance d’une cheville tordue, etc.

J’ai oublié mes impressions de cavalière : le talon baissé, le genou fixe, le mouvement du bassin qui permet de garder l’assiette.
Je les ai oublié … je les avais oublié !
Je les avais oublié … jusqu’au jour où je suis montée sur un cheval mécanique.
Et mon corps s’est souvenu.
J’ai pris mes marques, je me suis sentie à ma place, bien dans la totalité de mon être.
Les personnes présentes se sont étonnées de ma prestation, de cette mémoire du corps.

Malgré ce « coffret » roulant métallisé, il y a la vie !
Pourtant j’avais oublié, j’ai oublié, j’oublie…

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Les P’tits Bonheurs (Mariev)

Je m’en vais faire un inventaire

De toutes ces choses qui m’donnent de l’air

J’vais vous montrer c’qui m’met en joie

Tous ces p’tits trucs qui m’donnent la foi

Y’a les p’tites boîtes tout en fer blanc

Que m’avait données ma mère grand

J’y ai mis dedans des bons fruits secs

Du chocolat et des bonbecs

Y’a c’vieux cahier dit « de brouillon »

Où j’fais courir tous mes crayons

J’dessine, j’gribouille, je mets en prose

Mes humeurs noires, ma vie en rose

Y’a c’grand piano qui coince ses notes

Y m’suit partout depuis petiote

L’est tout marqué de mes coups de pieds

J’m’amuse encore à l’chatouiller

Y’a ma valise en carton vert

Où c’est que j’range ma vie d’hier

Et puis y’a celle tout en plastique

Pleine d’belles images et d’mots magiques

V’nez écouter tous mes cd

M’ont tous toujours accompagnée

M’ont fait pleurer, m’ont fait sourire

M’ont fait danser, éviter l’pire

Et j’vous en prie, feuill’tez un livre

Mieux qu’un whisky m’ont rendue ivre

« Dune » et K.Dick, Garfield, Voltaire

Récits d’voyages et pi Colette

Le bigophone et l’répondeur

Sèment à toute heure des cris du cœur

Papa, Maman, les bons amis

Tout c’petit monde est bien en vie

Ah v’là les fraises du potager

Et des p’tits pois à écosser

C’est bien meilleur, disait Mamie

Celle au grand cœur, celle qu’est partie

En parlant d’ça, y faut qu’j’vous dise

Qu’en vrai je crois qu’il y a méprise

La vraie p’tite boîte, l’est dans ma tête

Mes p’tits bonheurs y font la fête

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L'inventaire de mes petits bonheurs (Joye)

Un baiser sous un parapluie,

Un million quatre-vingt chatouilles,

Cent nuits d’amour, cent jours de fête,

Mille petits déjs en tête-à-tête,

L’éclat de dix mille rires sans ombre,

Tous ces bonheurs toujours sans nombre,

Un passé et un avenir,

Encore quinze mille jours à venir,

Deux bougies brûlées aux deux bouts,

Aucun regret, juste des atouts.

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De chair et de sang (Tiphaine)

Elle est de chair et de sang, ma boîte à bonheurs.

Là, juste au cœur de mon cœur.

Elle n’est jamais fermée à clefs, elle déborde toujours.

Je crois bien que je ne pourrai jamais faire son inventaire.

Si je prenais le temps de vous raconter chacun de mes bonheurs, je serais peut-être morte, et vous aussi, avant que je n’aie fini.

Avouez que ce serait dommage ! Je préfère vivre.

D’autres bonheurs m’attendent. Je ne voudrais pas les manquer.

De temps en temps, j’ouvre la boîte, et je souris en regardant ces bonheurs.

Le bonheur, comme l’amour, n’est pas fait pour rester prisonnier.

Alors, puisque vous insistez, mais c’est vraiment parce que c’est vous, j’en appelle un au hasard.

- Coucou les petits loulous ! Qui veut dire bonjour?

Ah ! C’est Léon qui a envie de causer aujourd’hui. Allez, racontez-nous, s’il vous plaît, racontez-nous une histoire de bonheur…

- Tu te souviens Tiphaine, c’était il y a presque dix ans, le jour où mes animaux se sont tus pour la première fois.

- Oh! Vous connaissez mon prénom! Je l’ignorais !

- Bien sûr que je connais ton prénom ! Tu sais, on cause pas mal dans la boîte, je me suis fait des amis, j’aime beaucoup tes autres bonheurs.

- Merci Léon ! Mais continuez, s’il vous plaît !

- C’était la fin de la matinée, moi, j’avais terminé de m’occuper des bêtes, alors je m’étais installé sous le figuier pour la regarder, cette éclipse. J’ai entendu les coqs soudain, puis les vaches, les moutons et jusqu’au chien qui hurlait. Le soleil était en train de se faire manger, tu aurais vu cette couleur extraordinaire qu’avait mon champ de tournesols, je me demandais s’ils allaient tourner en même temps que le soleil mais non, ils avaient du mal à suivre le rythme, ils essayaient quand même, c’était drôle de les regarder faire tous ces efforts.

Ils pouvaient pas savoir, les tournesols. Et puis, d’un seul coup, tous les animaux se sont tus. Plus un bruit. C’était la nuit en plein jour. C’était beau, Tiphaine, je te jure que j’ai jamais rien vu d’aussi beau mais je ne sais pas bien te le dire…

- Vous le dites très bien Léon, comme vous me l’avez dit quand je suis arrivée dans votre cour, le soir même. Je me souviens Léon, comme votre voix tremblait encore quand vous m’avez raconté, et vos mains qui montraient le ciel, et vos yeux qui souriaient…

La boîte à bonheurs.

Elle déborde, elle déborde…

Elle est de chair et de sang.

Là, juste au cœur de mon cœur :

Les pieds d’un funambule, un rayon de soleil, un nénuphar, un verre de vin, une étoile, un framboisier, trois petits cailloux, un bâton de cannelle, un bisou du soir, la place d’un village, une nuit d’été, des sourires, des soupirs, des caresses, des morceaux de tendresse…

Il n’y a pas de petits bonheurs au cœur de mon cœur.

Juste la vie en grand.

Posté par Old_Papistache à 09:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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