06 décembre 2008

Saison d’hiver (Brigou)

-       Dis, Maman tu nous racontes encore… tu sais quand t’es venue dans les alpes et que tu faisais des petits boulots…

 

- AAh ! mes premiers jobs saisonniers ..

Eh bien mon premier emploi était  préposée aux remontées mécaniques, jolie formule n’est-ce-pas ! je devais contrôler les billets et faire monter ou descendre les skieurs des télésièges. Je peux vous dire que je m’ennuyais dans ce travail et qu’en plus je me gelais les pieds à piétiner dans la neige toute la journée. Quant aux touristes, ils ne me voyaient pas, ni de bonjours, ni de mercis, à croire que j’étais transparente.

 

Pour mon deuxième job, je suis devenue fée du logis ! J’assurais le nettoyage des locations en un temps record. Dès que le locataire avait quitté l’appartement, je devenais la ménagère aux gants mapa et j’entrais en action. Je ne croisais jamais les occupants mais je trouvais des traces de leur passage. Le frigo contenait quelques restes de nourriture, la poubelle débordait… Régulièrement sous le lit ou sous le canapé se nichait une chaussette ou une moufle ou des mouchoirs en papier ou même quelques pièces  !

 

Puis, pour mon troisième poste, je me suis transformée en animatrice dans un jardin d’enfants. Il se nommait le club des « Diablotins ». Tous les après-midis je retrouvais des petits bouts de trois à cinq ans pour les premiers apprentissages du ski et pour les jeux de neige. Les glissades s’effectuaient sans bâtons, histoire pour eux de trouver l’équilibre sur les planches. Ce n’était pas triste. Certains se percutaient et boum, badaboum ! …. ils s’écroulaient sur la neige, les skis emmêlés avec ceux des autres. Ils éclataient de rire au même moment ou éclataient de pleurs. Et puis, ils adoraient manger la neige malgré nos mises en garde d’avoir mal à la gorge.

 

Et pour finir la saison, j’ai travaillé en restauration rapide au pied des pistes. On servait des hamburgers, paninis, salades, crêpes… L’ennemi numéro 1 c’était le client, celui-ci est roi, tout le monde le sait. Mais une fois de l’autre côté du comptoir, j’assistais à différentes catégories de clients :

- l’ hésitant : « euh je vais prendre une salade… sur place… oh tiens, vous avez des sandwichs au thon ?… je vais en prendre un plutôt.. avec un jus de fruit. Et puis finalement vous pouvez me le mettre dans un sac ? »

- le radin : «  c’est quoi ça la formule goûter ? et si je prends une canette en plus ça fait combien ? »

- le pointilleux «  vous avez vu ce panini ? le fromage déborde de partout.. y’a pas beaucoup de rondelles de tomates ! .. vous n’avez pas une eau plus fraiche ? »

 

- EEt dis Maman … c’est là que t’as rencontré Papa hein ?…..

 

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Règlement des comptes au paradis (Martine27)

REGLEMENT DES COMPTES AU PARADIS

Il se sent bien fatigué ce matin Saint Matthieu (NDLR : Pour bien comprendre la suite de l'histoire et pour les ignorants en hagiographie, sachez que Saint Matthieu est le saint patron des comptables, des banquiers et des changeurs). Il faut dire q'uil vient de consulter le planning et il a un sacré boulot qui l'attend aujourd'hui.

Il entasse sur son diable (NDLR : Je n'y suis pour rien si ça s'appelle comme ça) les dossiers du jour et se dirige en soupirant vers son bureau.

Il s'installe au milieu de son capharnaüm (NDLR : C'est au poste de douane de Capharnaüm que Matthieu exerçait son boulot et c'est là que Jésus l'a recruté. Et si ce mot désigne aussi un gros bazar c'est qu'il doit y avoir une raison), il allume son ordinateur, se branche sur sa session et appuie sur le bouton d'appel des clients.

Le panneau d'affichage de la salle d'attente indique "n° 53 bureau SM" (NDLR : Non pas pour sado-maso, mais pour Saint Matthieu faut tout vous expliquer).

Arrive une pétillante vieille dame, elle présente ses papiers et décroche à Saint Matthieu un sourire radieux bien qu'édenté.

"Alors voyons : un mari mort à la guerre, a élevé seule ses 4 enfants, n'a jamais baissé les bras, à la retraite a fait du bénévolat. Bon, quelques petits larcins dans les magasins pour nourrir ses enfants, on ne va pas chicaner pour ça. Allez sur 100 je vous donne 90, voilà votre ticket pour l'entrée au Paradis, suivez les flèches dorées marquées au sol".

Remerciements émus de la première cliente.

Ensuite trois cas pas au top, de la lâcheté, de l'égoïsme, tout ça ce sont des points en moins et avec seulement 50 points un petit stage au purgatoire ne sera pas superflu.

"n° 1007" (NDLR : Eh oui, déjà faut pas croire ça dépote là-haut, même s'ils ont l'éternité devant eux).

Arrive un homme un peu rondouillard et une bonne bouille, il présente ses papiers.

Saint Matthieu épluche "Eh dites, il manque la fiche de l'année 1942, pas normal ça !"

Le monsieur pâlit un peu.

"Bon je contrôle sur ma base de données. Oh, oh, 1942 rafle du Vel d'hiv. Dites, non seulement vous avez raflé, mais vous avez drôlement fouillé pour que personne ne vous échappe. Désolé mais là vous perdez 80 points d'un coup".

"Mais" balbutie le monsieur "j'ai fait un bon mariage, j'ai bien éduqué mes enfants".

"Exact c'est par ça qu'il vous reste 20 points, mais les objets volés aux juifs et les enfants envoyés au massacre, ça se paye".

"Pourtant je n'ai pas été le seul à les emballer, et puis c'était les ordres, et j'ai vu que vous aviez laissé passer un collègue".

"Oui, mais lui il s'est arrangé pour laisser filer des enfants, ça lui a valu des points en plus. Désolé en ce qui vous concerne c'est le ticket direct pour les pays chauds".

Saint Matthieu appuie sur un bouton et une trappe s'ouvre sous les pieds du bonhomme.

"Chaud devant" rigole Saint Matthieu "amusez-vous bien avec celui-là".

"Merci Matt" lui répond-on.

Débarque ensuite une femme adultère qui n'en mène pas large.

"Je sais, je sais, je n'aurais pas du tromper mon mari".

"Bof, il vous délaissait et puis vos amants vous les choisissiez par amour. Vous savez ça, Jésus il apprécie et n'oubliez pas que Marie Madeleine est une bonne copine. Pour le reste on dira passable 60 points ça passe juste".

"Et mon mari ?" s'inquiète la dame "il a eu des maîtresses aussi, il est passé alors ?"

"Ah lui, non direct au sous-sol".

"Mais pourquoi ? Il a fait comme moi".

"Si on veut, mais lui pas d'amour là-dedans et des pratiques franchement ignobles notamment avec des enfants, alors ça n'a pas fait un pli, il est parti bronzer et comme en plus il vous maltraitait, ça lui a fait un paquet de points en moins".

Ensuite une petite pause autour de la machine à café où les Saintes et les Saints échangent potins et souvenirs.

"La tête à Torquemada quant on l'a envoyé se faire rôtir, trop drôle".

"Et Simon de Monfort quant il a croisé en descendant les Cathares qui montaient à mourir de rire".

Ils taillent aussi des bavettes avec les confrères des autres religions.

"Vous devez avoir du boulot avec tous ces attentats !"

"M'en parlez pas, ces sacrés fanatiques croient se retrouver nez à nez, enfin je me comprends, avec des houris et zou direct avec vos dingues à vous à la trappe. Et vous avec la crise financière pas trop de banquiers ?"

"Tu parles, on est plus en 1929, ils filent avec des parachutes dorés plutôt qu'avec une balle dans la tête, mais on les attend au virage".

Et la journée reprend.

Saint Matthieu voit passer un douanier. Bon, il n'est pas blanc-bleu, limite des 49, mais comme c'est un collègue il lui accorde un point de plus assorti quand même d'un long passage au purgatoire, on a ses faiblesses mais faut quand même pas exagérer.

Il accueille ensuite un jeune homme décédé suite à une longue maladie qui râle qu'il n'a pas fait tout ce qu'il voulait sur terre.

"Vous savez vous pouvez aller directement là-haut. Vous prenez un risque en redescendant".

Mais non, le jeune homme est prêt à tenter le coup.

Saint Matthieu l'adresse donc au chef de service Saint Pierre qui est seul habilité à traiter les cas complexes de réincarnation.

Et voilà des prêtres.

Celui-là a passé sa vie à se reprocher ses fantasmes vis-à-vis de ses belles paroissiennes, à s'infliger pénitence sur pénitence et à se venger sur ses ouailles en oubliant la simple charité. 25 malheureux points pour ses jeunes années et ouverture de la trappe.

Celui-ci en revanche, bien qu'ayant vécu dans le "péché" avec une femme a fait rayonner la joie et le bonheur autour de lui, 98 points et direct chez Saint Pierre pour des félicitations.

Le gros spéculateur mort sur un matelas de billet en laissant derrière lui malheur et désolation essaye bien d'acheter notre Saint Matthieu, mais inflexible il lui attribue zéro et direction le barbecue.

Cette femme malheureuse qui avoue avoir euthanasié son enfant qui souffrait, est consolée et envoyée par l'ascenseur express rejoindre celui qui lui a tant manqué.

La journée se termine enfin. Les chiffres de toutes ces vies qu'il a vu défiler jouent la sarabande dans la tête de Saint Matthieu.

"Mais quand comprendront-ils qu'un peu d'amour fait gagner un maximum de points et qu'on s'en fiche de presque tout le reste" se dit-il désabusé. Il baille, éteint son ordinateur et s'en va goûter un repos bien mérité dans son NLH (NDLR : Nuage à Loyer Modéré, mais vous aviez deviné), mais peut-être avant une petite sortie avec les collègues pour se boire un petit coup d'hydromel au bar du coin.

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Une vie comptée (Joye)

Joye

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Bon, on va pas en faire une (s)cène, non plus ! (Walrus)

En quittant le pensionnat, les uns marchaient par deux, d'autres par trois. C'était le maximum car le trottoir était trop étroit que pour l'emprunter à quatre de front.

Après cinq minutes de marche, nous fûmes en vue de la gare de Mons. L'horloge indiquait six heures sept (on s'était levés tôt). Sur la voie huit, un train nous attendait, il semblait flambant neuf.
Nous embarquâmes et à dix, le train s'ébranla.

Onze minutes plus tard, nous descendions à Obourg. Nous étions douze, l'avais-je précisé ?

 Enfin, treize en comptant le pion qui nous accompagnait, le regard suspicieux. Treize, pour visiter cette cimenterie de malheur !


Obourg

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Nous comptons … (MAP)


Linda, Betty, Juliette, Roxane, Odile et moi

nous ne nous ennuyons pas …

Postées à la fenêtre, tout le jour nous comptons :

les passants

les voitures

les livreurs

les rêveurs

les chiens

les chats,

les papillons.

Jamais nous ne nous ennuyons !

Les moineaux

les pigeons

les petits écoliers

les camions

les cyclistes

les fleurs de la fleuriste

les tout gros autobus

les gens sous l’abri bus

…………….

Ah que la vie est belle

pour qui aime compter !

Jamais nous ne nous arrêtons :

postées à la fenêtre, tout le jour nous comptons !


Autoportrait

M A P 

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Toutes proportions gardées (Joe Krapov)

Isaure a posé son antique magnétophone à cassettes devant le patriarche à barbe blanche. Elle a enfoncé les deux touches, sorti un carnet à spirales, un crayon et posé une photocopie de recette de cuisine à côté du livre de ce « Monsieur Max » dont le titre est : « … et je t’emmerde, petit con ! ».

- Votre roman s’inscrit dans le mouvement de l’autofiction, non ? »
- Sauf que tout est vrai. D’Hun, j’ai réellement connu 406 Attila. Je lui ai conseillé d’utiliser le feu pour faire cuire sa viande mais ce barbare n’a jamais voulu passer au régime sans selle. Résultat il est tombé sur une vache folle, viande avariée, septicémie galopante plus rapide que le cheval, il est tombé raide mort, ce petit con ! C’est bien fait ! Il n’avait qu’à m’écouter ! De deux… »
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Ingrédients d’un fondant à l'orange pour 4 personnes :
1 grosse orange juteuse ; 120 g. de beurre + 1 noix pour beurrer le moule ; 2 œufs ; 120 g. de sucre en poudre ; 120 g. de farine ; 1 cuillère à dessert rase de levure chimique
Pour le glaçage: 1 orange juteuse ; 160 g. de sucre glace

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-… -771 Rémus et Romulus ! C’est moi qui leur ai amené la louve qui les a nourris. Sans moi, pas de forum, pas de vraie Rome, pas de Cinecitta et pas de 1920 Fellini Roma ! Je leur avais bien dit pourtant de se méfier de celui de leurs descendants qui franchirait le Rubicon ! Ils m’ont répondu : « Papy, on ne peut empêcher personne de carburer au gros rouge ! ». Quelles taches, ces deux-là ! Le déclin de l’Empire romain, après, je ne vous raconte pas ! Si on m’avait écouté, mais non ! A l’époque, ils étaient tous rendus au forum à faire des commentaires sur tout et n’importe quoi. Comme aujourd’hui, du reste ! Quels petits cons, quand j’y repense. De trois… »

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Râpez le zeste d’une orange avant d’en extraire le jus.
Allumez le four thermostat 6 (environ 200°).
Plongez une terrine quelques minutes dans de l’eau très chaude.
Coupez 120 g. de beurre en petits morceaux.
Essuyez la terrine et mettez-y le beurre puis 120 g. de sucre et travaillez longuement le mélange jusqu'à obtenir une sorte de crème.
Incorporez à cette crème 2 oeufs entiers, un par un, sans cesser de remuer.
Ajoutez ensuite les 120 g. de farine, le zeste de l'orange finement râpé et, enfin, son jus.
Terminez en incorporant une cuillère à dessert de levure.
Beurrez un moule à manqué (carré de préférence).
Versez-y la préparation et glissez-le dans le four pour environ 35 minutes.

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- La guerre de Troie, j'ai tout fait pour qu'elle n'ait pas lieu mais n'hélas... »
- …On ne vous a pas écouté !. Les histoires de poire Belle Hélène, ca ne va pas trop intéresser les lectrices du « Défi du samedi ». Vous pourriez avancer un peu plus vite dans la chronologie ? »
- 800, ça vous va ? C’est comme ce sacré Charlemagne ! Il avait raflé la mise, lui, reconstitué l’empire à son profit. Je lui ai dit de se méfier de ses petits-fils. Au lieu de cela, monsieur se plantait des fleurs dans la barbe et écoutait de la musique pope ! Le Flower Power avant l’heure ! Il aurait pu vivre sur un grand pied comme sa mère, mais non, débranche tout ! Limite pédophile, le mec, à distribuer des cachous, des sucettes à l’anis et des poupées de cire aux petites filles à la sortie des écoles. Bref, comme disait 715 Pépin, en 843, ce fut Verdun ! »

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Pendant la cuisson du gâteau, préparez le glaçage : pressez l'orange, mettez les 160 g. de sucre glace dans un bol et versez le jus peu à peu en remuant de façon à obtenir une crème coulante mais assez épaisse. Dès qu'il est cuit, démoulez le gâteau et arrosez-le immédiatement avec la moitié du glaçage. Cette opération va le rendre moelleux. Lorsque le gâteau est totalement refroidi, étalez le reste de glaçage qui, cette fois-ci, va rester en surface et lui donner son aspect «glacé».

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- Vous n’avez rien de plus glamour, de plus « people » que ces règlements de comptes entre politiques pour nos lectrices ? »
- Vous voulez que je vous raconte les débuts de 1492 Line Renaud à la cour d’Anchois Pommier ? »
- Vous voulez dire 1494 François Premier ? »
- C’est le même ! Les surnoms étaient à la mode à l’époque. Elle n’a pas fait long feu la Marie-Line en 1515 ! Marie Gnangnan on l’a appelée, elle, à cause de sa chanson sur le petit chien dans la vitrine ! Je lui ai conseillé d’attendre jusqu’au 20e siècle. Elle m’a écouté, elle au moins, la demoiselle from Avant-hier ! »
- Pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour publier vos carnets à spirales ? Vous avez été le conseiller secret de tous les grands de ce monde… »
- Les grands ? Des nains, oui ! Regardez 1769 Napoléon ! Toujours les yeux plus grand que le ventre ! Il roulait en Volvo Marengo, il est allé faire le plein de Benrézina en Russie, il n’a pas surveillé le niveau de son Waterloo, résultat il a coulé une bielle à Sainte-Hélène ! Ils m’énervent tous, ces petits cons, à pas m’entendre ! Du coup j’ai décidé de prendre ma retraite. Ca fait quand même 5000 ans que je cotise, il est temps de laisser la place aux jeunes ! Et comme ce genre de ragots ça marche bien en librairie, j’essaie d’arrondir mes fins de mois. Mais je le vois bien que personne ne m’écoute plus. Même vous, depuis le début, vous recopiez votre recette ! »
- Plus personne n’écoute plus personne de nos jours. We are whistling in the dark ! »
- Pissing in the wind, oui ! Vous savez que le premier homme à avoir pissé dans un violon, c’était 1737 Stradivarius ? »
- Eh oui, c’est fou ! Victime d’un diurétique, peut-être ? »
- Il était en pleine crise de 1782 paganinisme, comme cette société ! »
- Le secret de votre longévité c’est quoi ? »
- Comme 1874 Churchill. Le sport. Jamais de sport ! Et vous, mademoiselle Chassériau, comment se fait-il que vous soyez née en 1818, portraiturée par votre oncle pour obtenir un prix au Salon de 1838, que vous reparaissiez en 1966 pour diriger l’Agence de Flânerie Amoureuse de Rennes, puis vous quittez votre tableau du Musée des Beaux-Arts en 1999 et on vous retrouve journaliste au « Défi du samedi » en 2008 ? Sans compter que je vous ai déjà vue à Alexandrie où vous avez aidé à la rencontre de Cléopâtre de 5 à 7 avec ce pitre de César, que vous avez été demoiselle de compagnie de Catherine de Médicis et que vous nous avez joué un tour de Cauchon à Rouen en 1431 en nous subtilisant Jeanne d’Arc ? C’est quoi, le secret de votre jeunesse éternelle, à vous ? » 

Isaure appuie sur la touche « stop » du magnéto et range son matériel dans sa sacoche. 

- Quand on aime, on a toujours vingt ans ! »
- Tss ! Tss ! On me l’a déjà sortie, celle-là. Je n’y crois pas ! »
- Le secret, c’est de partager la recette du fondant à l’orange avec le maximum de gourmandes de connaissance, monsieur Mathusalem ! Maintenant qu’on est « off the record », vous pouvez m’expliquer pourquoi vous êtes aussi aigri ? »
- Mon petit-fils -2970 Noé m’a beaucoup déçu. Son côté 1710 Louis XV, « après moi le déluge » ! Vous trouvez normal, vous, qu’il ait embarqué les moustiques du chikungunya dans son arche et pas son grand père ? Les jeunes sont en train de perdre le sens de la famille ! Mais allez, je me suis bien vengé quand je l’ai fait engager par Coca-Cola ! Vous ne trouvez pas qu’il a l’air ridicule avec son costume rouge, son pompon blanc, son traineau tiré par des rennes et sa tournée des popotes du 24 décembre pour laquelle il doit bosser plus toute l’année pour gagner moins que rien tandis que je me la coule douce désormais ? »
- Ca se discute. Tout peut se discuter de nos jours. » 

***

 - … y compris l’intérêt de publier une pareille interview dans notre journal !», commente Janeczka, la rédac’ chef un peu fâchée.
- Allez, mon Bijou ! Si tu découpes suivant les pointillés, tu récupères la recette de ce gâteau succulent !. Tu vas bien nous trouver deux pages de pub à mettre au verso ? Comme dit Iowagirl, « quand on aime, on ne compte pas » ! Reprends en une part de ce fondant ! » 

Mais, de fait, le plat est déjà vide. Toutes proportions gardées, en voilà un qui n’a pas fait long feu !

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Votre vie compte, Madame la Marquise - Poupoune

Par une belle journée de l’an deux du troisième millénaire, quatre frères et sœurs nés de cinq parents différents devinrent six à la naissance de jolis jumeaux.

 

L’heureuse maman de cette nombreuse progéniture avait, après sept ans de réflexion largement mis à profit pour s’essayer à la vie de couple avec huit partenaires successifs, jeté finalement son dévolu sur un sémillant séminariste fraîchement revenu à une spiritualité moins divine, tout neuf dans la vie civile, la lie si vive et le lit si vil. Dix années de séminaire lui avaient appris qu’être bonze, c’est bien, mais être onze, c’est mieux, alors il se mit au football et, conséquemment, à la bière et aux copains, rendant notre héroïne à sa solitude d’antan.

 

Luttant contre l’ennui et le désespoir, celle-ci fit contre mauvaise fortune bon cœur et décida de profiter des soirs de match pour vivre pleinement sa joyeuse jeunesse.

 

Son aîné naquit ainsi des suites d’une partouze à douze, dont une bonne moitié d’hommes qui ne comprenaient pas plus la théologie qu’ils ne prenaient le thé au logis. Malgré l’évident manque de ressemblance entre l’enfant et le séminariste – notamment l’absence de cette tare congénitale, transmise de père en fils depuis des générations et qui affublait chaque nouveau-né de sa lignée de treize orteils – notre ex-adorateur de dieu converti au culte du ballon rond ne chercha pas midi à quatorze heures et convint qu’il s’agissait là d’une contrepartie acceptable pour son manque d’entrain et de participation à la vie du couple.

 

Après quinze années de cette vie quelque peu dissolue parsemée de grossesses naquit donc finalement une paire d’enfants, issue de la rencontre avec un inconnu lors de la projection d’un film interdit aux moins de seize ans. C’est pendant son séjour à la maternité que notre prolifique maman lut avec horreur, en page dix-sept de son magazine préféré, qu’à partir de l’âge dix-huit ans chaque année qui passe aggrave les effets d’une grossesse sur le corps de la femme… Elle eut un regard indulgent pour son ventre autrefois plat, sa peau autrefois ferme et ses seins autrefois arrogants et convint à regrets qu’il était temps en effet de penser à cesser d’enfanter… Ce jour là, à dix-neuf heures tapantes, elle se dit qu’elle n’avait plus vingt ans et décida de commencer une nouvelle vie.

 

Elle quitta son séminariste et sa mine à risque. Malgré les dix-neuf kilos qu’il avait pris il croyait avoir l’élégance et la distinction d’un dix-huit trous et apposa donc sans chipoter dix-sept fois sa signature sur les papiers du divorce, sûr de pouvoir épouser une jeunette de seize ans sa cadette pour remplacer sa volubile ex-épouse.

 

Elle aménagea ensuite avec goût les quinze pièces d’un petit château Louis Quatorze qu’elle avait reçu en héritage d’un vague cousin au treizième degré du coté de son père et s’y installa avec sa demi-douzaine d’enfants. Le onze de chaque mois, elle les confiait aux bons soins d’une amie pour aller à son club de lecture des « dix petits nègres ». Au bout de neuf lectures, elle quitta le club et décida de faire toutes les choses qu’elle avait eu envie de faire un jour mais qu’elle n’avait jamais faites : c’est ainsi qu’elle fit son premier tour de grand huit, commit les sept péchés capitaux en moins d’une heure et visita la chapelle Sixtine. Dès que ses plus jeunes enfants devinrent adultes, elle voyagea pour découvrir les cinq continents et se fit ainsi des amis aux quatre coins du globe.

 

Quand finalement arriva le troisième âge, elle se dit qu’après avoir vécu pour ainsi dire deux vies bien remplies, elle méritait enfin une belle mort. 

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Les colores (comptes familiaux) - Teb

une plus un font trois… J

Trois moins un font deux… L

Mais… pas longtemps…, parce que :

(une +une) + (un +une +une) font cinq… J

Puis (une + un +une +une+une) + une + une font sept… J J

Et puis… petit à petit.. les oiseaux quittent le nid …

Sept moins une font six

Six moins une font cinq

Cinq moins une font quatre

Quatre moins une font trois…

Restent une + un +une….

Mais c’est souvent beaucoup plus !!! J J J J

Vous n’avez rien compris ??? Tant pis !!!

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02 décembre 2008

Le compte est bon pour :

calculatrice_t8196 Teb, Poupoune, Joe Krapov, MAP, Walrus, Joye, Martine27, Brigou, Tilleul, Tiphaine, Papistache, Caro Carito, Vanina, Pivoine, Sebarjo, Janeczka

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30 novembre 2008

Consigne # 38


COMPTEZ*-NOUS UNE EXISTENCE, (la vôtre, une imaginaire...) UN RÉCIT DE VIE...

* et il n'y a pas de faute d'orthographe, comptez-nous une vie ! ! !

Désormais, donc, la nouvelle consigne paraîtra le vendredi et remontera en tête de blog, le dimanche. Ainsi, ça laissera le loisir à ceux qui n'ont du temps pour écrire qu'en fin de semaine de mitonner de jolies participations et ça offrira deux jours de plus pour ceux qui en ont besoin.

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