13 septembre 2008

Vouloir - Janeczka

On me demande souvent pourquoi je ne veux pas d'enfants.
Cela fait deja huit ans que je me suis mariee. Je travaille dans une creche, a m'occuper de nourissons. Des enfants, j'en vois tout le temps.
Alors, pourquoi pas moi?

Peut-etre, justement, parce que j'en vois autant. Certaines choses perdent de leur attrait lorsqu'elles deviennent routinieres.

Ou peut-etre, tout simplement, que j'ai appris a ne pas vouloir ce que je ne peux pas avoir.

Posté par Janeczka à 12:00 - - Commentaires [31] - Permalien [#]
Tags :


Que veux-tu mon Petit n ? (Cartoonita)

On m’a trop souvent rien demandé
U
ne indifférence fatale
I wanna be the chef incontesté
A
dmirez-moi
E
t tremblez
Dictature for ever
V
ichy n’a pas suffit
I
l est où le temps des exécutions
G
uerres, famines,
désespérance ?
E
cco ego

En_vue

L'amie MAP vous envoie cette image, Cartoonita.

Posté par Old_Papistache à 12:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

Destination passion (Fabeli)


On m’a souvent demandé, de tous mes voyages, lequel j’ai préféré

.

De tous mes voyages, de tous mes sillages

Le seul qui ait compté est un voyage immobile, un voyage secret.

A l’appel du désir mon cœur s’en est allé

Sans apprêts, sans bagages, il a juste embarqué

.

Un geste, une parole, bouleversement des sens

Un rêve à tenir, une frontière à franchir

Un pas capital qui jusqu’à elle m’a conduit

.

Aux rives d’un amour interdit

J’ai mené la nef de mes envies.

Lumière inédite d’un regard sans limite

Géographie insolite sur une peau inscrite

.

Au pays de l’amour mon cœur s’en est allé

Sans regret, sans dommage, il a juste succombé
.

Posté par valecrit à 12:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags :

TRADUTTORE TRADITORE (Joye)

On m’a souvent demandé des pages de textes

À traduire tous les jours, même les années bisextes.

En anglais, en français, et même en espagnol,

I write, et j’écris, escribo comme une folle.

.

« Voici trente pages, aurais-tu trois minutes ?

What ? Ça prendra trois jours ? Tu blagues ? Tu chahutes ?

Mais moi, je n’en passais qu’un mois à l’écrire !

Und du, sagst du nicht wie Mann sagt « jalon-mire » ??? »

.

Muzukashi ! j’exclame. Sumei masen ! Pardon !

Я не говорят по-русски, je t’assure, non non non !

« Si, tu parles swahili ! Tu m’as dit « Tiens, jambo ! »

Pssst ! Me faut des copies en Urdu et Sotho ! »

.

« Tu as suivi un cours de signe, m’a-t-on dit

Peux-tu interpréter lors d’une messe samedi ?!? »

On m’exige tout le temps une sorte de miracle

I protest, digo bom, et prépare la débâcle…

.

Inch’allah, je les rends, mes traducs, mes désastres

Sans qu’on m’offre des pesos, des roubles, ou piastres.

Je préfère les sympas qui me lancent un défi

Car écrire des poèmes is more my cup of tea.

.

Posté par valecrit à 12:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

Qu'est ce qu'on mange? (Bertoise)

On m'a souvent demandé: «  Qu'est-ce qu'on mange ? »

Le soir , sur le coup de sept heures, quand sonne l'angélus, il est une antienne qui sonne à mes oreilles ; plusieurs voix pour la reprendre, plusieurs tons pour la chanter, mais toujours les même paroles.  « Qu'est-ce qu'on mange ? »

Quand je suis courageuse, ou prévoyante, ou affamée, j'énonce le menu d'une voix décidée. Je ne souffre aucun commentaire, aucune remarque, pas une suggestion. De la fermeté, de la détermination, c'est moi la maîtresse du logis.

Quand la fatigue me pèse, que je n'ai pas eu le temps ou pas le courage ou pas l'envie, je voudrais un petit mari : un comme ceux de la télé qui mitonnent des ratatouilles, un tablier noué sur les reins, une odeur de petit salé, un fumet de mitonné, enfin quelque chose de bon où je n'aurai pas mis les mains. Pas un dîner aux chandelles, non, un repas du soir dans la cuisine, sur la toile cirée, avec quand même une bonne bouteille, un de ces vins bien charpentés qui égaient l'humeur en peu de temps. Les volets seraient fermés, on aurait mis nos charentaises, il m'appellerait en bas de l'escalier et me dirait : « C'est prêt ! »

Je descendrais, le sourire aux lèvres, je m'assiérais, sortirais ma serviette roulée de son rond, et j'attendrais qu'il me serve. Les enfants seraient dans un bon jour, un jour de rires et de bons mots, ils auraient faim et seraient à l'heure.

Mon petit mari me dirait : «  Tu aimes ? »

Je serais polie, je dirais : «  Oui. »

Ce serait vrai.

 

Posté par valecrit à 12:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :


On m'a souvent demandé (Jaqlin)

On m’a souvent demandé

D’obéir, de travailler

On n’m’a jamais proposé

De jouer, de m’amuser.

On m’a souvent demandé

D’avancer, de progresser.

On n’m’a jamais proposé

De dormir, de rêvasser.

On m’a souvent demandé

D’écouter, de respecter

On n’m’a jamais proposé

D’oublier, de négliger.

On m’a souvent demandé

D’assister, de protéger.

On n’ m’a jamais proposé

De laisser, de paresser.

On m’a souvent demandé

D’affronter, de résister

On n’ m’a jamais proposé

De céder, d’abandonner.

Voilà, je suis arrivé

Ni blasé, ni malmené

S’il fallait recommencer

On m’a souvent demandé…

Posté par valecrit à 12:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

Maudits mots dits (Caro Carito)

Maudis Les Mots Dits

Maudits je t'aime

Tu me demandes si je t’aime.

Dans la chaleur des draps froissés.

En voiture, quand j’ai l’œil rivé au rétroviseur.

Au cinéma, devant le mot fin en lettres blanches.

A l’encre liquide de tes sms.

Après tu éclates en sanglots, en te pendant à mon cou.

Je dénoue tes doigts qui s’agrippent.

Aimer, être aimé, c’est aussi avoir mal, répètes-tu.

Dans mes réponses, je mets toute me tranquille assurance,

Cette force que tu as peur d’user.

Tu t’excuses, tu ries, tu jures, tu t’enfuis.

Tu reviens.

A eux aussi,

Tu leur demandes si je t’aime.

Traquant les indices

Surveillant les regards furtifs.

Les lâchetés que je m’autorise.

Tu questionnes, tu interroges,

Tu incommodes, tu t’emportes.

Tu les prends à témoin, eux, moi,

L’univers entier et même après…

Alors tu t’effondres.

Je te ramène, exténuée, à bout de toi.

Tu t’endors dans le vieux sofa rouge.

J’entends encore tes lèvres murmurer

Ces mots dont il ne reste que la trame.

Je reste impuissant car, comment te dire, mon aimée,

Que tes doutes forgent mes certitudes.

Posté par valecrit à 12:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags :

Pour le sexe (Val)

On m’a souvent demandé pourquoi j’avais épousé Raymond. Cet homme mou, qui semble ne pas avoir inventé l’eau chaude, ses accoutrements négligés, son manque d’hygiène suffocant, son manque d’ambition évident…

.

Ces question m’exaspéraient un peu, à force. Il fut un temps ou je ne savais que répondre. Je répondais mollement que je l’aimais, mais ça les laissait bien sceptiques.

.

Je me voyais mal leur dire la vérité… Alors, j’ai commencé à répondre que c’était pour le sexe, que je l’avais choisi.

Pour le sexe ! Et on m’a foutu la paix ! Si j’avais dit pour l’argent (Les parents de Raymond nous entretiennent) on m’aurait traité de profiteuse. Si j’avais répondu que c’est parce que je n’ai pas à travailler pour gagner notre croûte, on m’aurait prise pour une paresseuse.

Maintenant, je répond « pour le sexe », et personne n’ose plus rien dire. Ça coupe court à tout. Je pense que les femmes comprennent, et me donnent des circonstance atténuantes . Elles prennent un air qui veut dire « Ah ! Je comprends mieux ! » Peut-être même que leur vie sexuelle avec leur mari n’est pas satisfaisante et qu’elles me jalousent un peu.

.

Depuis que j’ai commencé à répondre ça à mes cousine, à mes amies, elles regardent Raymond différemment. Avant, elles l’ignoraient complètement. Je pense qu’il les révulsait. Maintenant, elles lui sourient, ces obsédées ! Sûr qu’elles nous imaginent, mon Raymond et moi, en train de faire l’amour… Elles m’imaginent gémissant de plaisir. Ah ! Si elles savaient !

.

Finalement, je ne leur mens pas tant que cela. C’est vrai, d’une certaine manière, que je l’ai épousé pour le sexe, mon Raymond ! Je l’ai choisi, car voyez-vous, il me laisse en paix ! Oui, en paix ! Raymond n’est pas du tout porté sur la chose. Il ne l’a jamais été. D’ailleurs, en six ans de mariage, il ne m’a jamais touchée. Oh, parfois, il s’endort prés de moi, ça oui ! Mais pour le reste, non ! Pourtant, je sais qu’il n’est pas impuissant, mon Raymond. Une fois, je l’ai surpris dans notre lit en train de … vous voyez, quoi ! Il se faisait du bien tout seul. Ça ne me dérange pas ! J’aime autant ça.

.

Je n’aurais pas voulu d’un homme qui m’embête. Les choses sexuelles ne sont pas pour moi. Je me souviens qu’une fois, avec Lucien (mon premier fiancé) nous nous sommes retrouvés seuls sur un matelas dans la cabane de jardin. J’avais voulu lui faire plaisir. Le bougre me touchait partout avec ses mains sales et son air répugnant. C’est fou comme l’excitation donne un air bête aux hommes ! Ensuite il est monté sur moi, et je me suis ennuyée. Je ne pensais qu’à une chose : qu’il s’en aille ! Comme c’était long…

.

Quand il a eut fini, je sentais mauvais et j’étais complètement dégoûtée. Le lendemain, je le quittais.

.

Ensuite, j’ai rencontré Raymond, qui m’a promis de ne jamais m’ennuyer si je l’épousais. J’ai préféré ça plutôt que de rester vieille fille. J’ai épousé Raymond. Il fait sa petite affaire seul de temps en temps . Moi, je m’occupe de la maison. On voyage, on fait de belles ballades, il m’emmène au restaurant et dans les musées.

Et nous sommes très heureux comme ça. Mais ça, elles ne pourraient pas le comprendre, les autres, avec leurs manies d’aimer tant ce qui est dégoûtant !

.

Posté par valecrit à 12:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags :

UNE INTERVIEW EXCLUSIVE DE DON JUAN (Joe Krapov)


 Dans l’appartement de Don Juan Tenorio, la journaliste Isaure Chassériau se bagarre avec un magnétophone à cassettes antédiluvien pour capter les propos de l’illustre séducteur vieillissant :

- On m’a aussi souvent demandé la raison pour laquelle, malgré mes multiples conquêtes, ou à cause d’elles d’ailleurs, je n’avais jamais songé à me marier.

- Personnellement, je n’avais pas l’intention de vous poser cette question !

- Eh bien malgré cela, je vais vous le dire. Cela va constituer un scoop pour votre petit journal. Comment avez-vous dit qu’il s’appelait, déjà ?

- Le Défi du samedi.

- Je vais même faire mieux, je vais vous le chanter.

- Ah bon ? Mais ça va être très difficile pour moi de retranscrire votre interprétation sur le papier !

- Votre journal n’a pas de version en ligne ?

- Si, si, bien sûr ! Allez-y. J’irai voir madame Joye au service technique pour qu’elle me transforme ma K7 en MP3.

- Je vais même m’accompagner à la guitare, spécialement pour vous.

Il se lève et va chercher… une mandoline !

- Vous voulez dire « vous accompagner à la mandoline » ?

- Ceci est une guitare, mademoiselle ! Vous n’allez pas vous y mettre, vous non plus !

- A quoi donc ?

- A réduire tous mes arguments en purée, à minorer et à douter de tout ce que je dis ! Certaines de vos consoeurs ne croient pas, par exemple, que mon pénis mesure 47 centimètres.

- Je connais des lectrices que cela va peut-être intéresser. En érection ?

- Non, au repos. Pourquoi donc croyez-vous que tant de femmes s’intéressent à moi ?

- C’est un peu ce que je me suis demandé au début en vous voyant. Mais dites-moi, elle est très jolie, votre mandoline, bien conservée, en tout cas. Le manche est un peu petit mais les couleurs sont pimpantes. On dirait qu’elle est neuve. Vrai, je n’ai pas vu depuis longtemps un instrument rococo aussi frais, dis !

- Bon, on peut y aller ? C’est un texte qui se chante sur l’air du « Parapluie » de Georges Brassens, un de mes admirateurs.

- Vous voulez dire que vous êtes un admirateur de Georges Brassens ?

- Non, c’est lui qui m’admire. Il a d’ailleurs écrit une chanson sur moi.

- Je ne la connais pas. Vous savez, Brassens, ce n’est pas ma génération !

Il lui jette un regard noir, comme si elle était de la mauvaise herbe.

- Ma chanson s’appelle « la folie des glandeurs »

1

Je drague dans les fêtes foraines

Pas pour l’amour mais pour l’hygiène :

J’emmène de jolies shampooineuses

Fair’ des tours d’autos-tamponneuses

J’promets à des clones de Blanche-Neige

Le pompon d’mon drôle de manège.

Quelques frissons sur le grand huit

Et voilà : je me fais la p’tite !

Et la semaine, seul dans mon lit

Je rêve toujours de l’Italie.

Mais qu’est-ce qu’elle fout Carla Bruni ?

N’était-il pas pourtant écrit

Dans son destin comme dans le mien

Qu’elle était la femme de ma vie ?

Est-ce que je n’ suis pas mieux loti

Que son mari, qui est tell’ment p’tit

Qu’elle l’a perdu au fond d’son lit ?

2

Chaque semaine, une différente :

Elles n’ont pas l’temps d’être emmerdantes !

Samedi soir : « Chérie sois mienne ! »

Dimanche : « Adieu quoi qu’il advienne !

Faut pas qu’on soit esclaves du sexe

Devenons tout de suite des ex !

Tu n’étais qu’une intermittente,

Moi j’attends la princesse charmante.

Elle est mann’quin elle est jolie

Elle est pour moi toute l’Italie

Mais qu’est-ce qu’elle fout Carla Bruni ?

N’était-il pas pourtant écrit

Dans son destin comme dans le mien

Qu’elle était la femme de ma vie ?

Il paraît qu’elle s’est enlisée

Dans le palais de l’Elysée !

Faudrait que j’aille la dégriser.

3

Avec le temps comme tout s’en va

Je sens du mou dans mes nougats

Il y a des sam’dis - Ouille ! Ouille ! Ouille ! -

Où je reviens d’la fête bredouille :

Pas de carton avec Pauline

Pas de gros lot avec Martine

A la tombola pas d’ Paula

Le Stromboli est un peu froid :

Et trop souvent seul dans mon lit

Je rêve encore à l’Italie.

Mais qu’est-ce qu’elle fout Carla Bruni ?

N’était-il pas pourtant écrit

Dans son destin comme dans le mien

Qu’elle était la femme de ma vie ?

Ell’ se magn’ pas le popotin !

Elle a oublié son destin !

C’est à y perdre son latin !

Refrain final

Il est raisonnable je pense

D’abandonner mes espérances :

A Venise il faut mettre un terme, quitter Rome, oublier Palerme

Soyons Français, restons Gaulois,

L’amour ne connaît pas de loi

C’est pourquoi la semaine prochaine

Je vais épouser Ségolène.

Fini l’Italie ! Après tout,

C’est pas mal non plus, le Poitou !

Isaure le regarde, interloquée, poser sa mandoline et soupirer rêveusement.

- Vous… Vous croyez que je peux publier ça ?

- Mais bien sûr. Par contre l’exécution de ce morceau m’a un peu fatigué. Je vais vous demander de mettre un terme à cette entrevue. Peut-être que vous-même souhaiteriez vous allonger un instant avec moi dans ma chambre ?

- Non, merci, sans façons, monsieur Tenorio. J’ai rendez-vous avec Jancezka, ma rédac chef. Il faut que je file. L’article paraîtra samedi, en une, à côté de l’éditorial d’oncle Walrus.

- Un billet en morse, je présume ?

- Non, mais ce n’est jamais aussi long que les défenses de ce mammifère. Merci à vous pour le… scoop !

- Quand même, Mademoiselle Chassériau, je ne comprends pas pourquoi ça n’a pas marché avec Carla Bruni. Vous ne trouvez pas que je chante mieux que Mick Jagger et que je joue mieux qu’Eric Clapton.

- Pour être tout à fait honnête, monseur Tenorio, je dirais l’inverse : vous chantez mieux qu’Eric Clapton et vous jouez mieux que Mick Jagger. Mais bon, il n’y a pas que ça dans la vie.

- Oui, je sais. Je sais.

- .En tout cas, si c’est à Reims que vous allez retrouver votre nouvelle promise, je vous souhaite un bon déduit ! Ou plutôt un bon congrès comme il est dit dans le Kama-Soutra !

***

Il ne restait plus à Isaure qu’à aller retrouver Janeczka, la rédac’chef du Défi du samedi, pour lui refiler sa cassette. Mais pourquoi donc lui avait-elle donné rendez-vous dans cette île en lui demandant de s’y rendre en barque sans emmener personne avec elle ?

P.S. Madame Joye a réussi à transformer la K7 pourrie en MP3. Ecoutez ce document faramineux : la mandoline de Don Juan émet réellement  le son d’une guitare ! C’est ici : http://joekrapov.free.fr/folie_des_glandeurs.htm

Posté par valecrit à 12:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

Faut-il poser sa fourchette avant de gifler les enfants pendant le repas ? (Papistache)

Onma souvent demande, quels que soient l’heure, le lieu, le jour.
Onma n’ouvre la bouche que pour demander.
Onma se sait rien, ignore tout, Onma enivre son entourage de mille questions sur la vie, la mort, le pourquoi, le comment, le et puis, et alors, et encore...
Onma ignore qu’elle joue avec les nerfs de son papa un peu bas de plafond. Ce n’est pas grave. Onma fait ses apprentissages, son apprentissage. Onma grandit, se forme.


Approchons-nous :

Papa, pourquoi je n’ai pas de petite sœur ? Pourquoi Fatima, elle a trois sœurs et aussi les jumeaux ? Pourquoi, papa ? Hein, papa, pourquoi, tu as vendu mes affaires, de quand j’avais cinq ans, au vide-grenier ? Hein, dis papa ?


Notez que le narrateur vous offre une version raccourcie des propos instigateurs de la fillette. Marie-Chantal officie en cuisine — le fraisier exige encore quelques soins —  disons que le papa lit son quotidien en suivant distraitement les infos sur R.T.L. Le narrateur conciliant vous accorde, s’il vous enchante de le croire, une version avec tube cathodique et programmes idoines sur vilain papier au chlore. Le papa, distraitement pique de sa fourchette les ultimes nuggets du plat refroidi — pour une version plus culinaire, le papa picorerait les derniers farcis au basilic —.


Papa, pourquoi toi et maman vous dormez dans des lits jumeaux ? Hein, dis papa ? Pourquoi pas dans un grand lit comme les parents de Fatima ?

La gifle est partie. Onma tombe de sa chaise et hurle. Sa maman quitte la cuisine. Elle essuie ses mains sur son tablier :

Suzon-Marie, va finir tes pleurs dans ta chambre. Mon amour, je ne critique pas ton geste, certainement Suzon-Marie a voulu sa sanction mais tu aurais pu poser ta fourchette avant de gifler notre fille.

— Pourquoi ? Tu n’en as pas d’autres ?


Chers lecteurs, permettez que nous laissions ces deux adultes consentants arranger ensemble leur divergence familiale. Remarquez seulement que votre serviteur a voulu marcher dans les pas de Janeczka.



Mon histoire respecte la consigne de notre amie insulaire et notez l’effort que je fis pour lui montrer qu’on pouvait se passer des lettres qu’un accent couronne tout en usant d’une orthographe rigoureusement loyale au dictionnaire.

Je remercie Aude (laquelle ne se doute de rien) pour l’inspiration du billet et je maudis cette douleur dans la nuque qui me tint lucide au mitan de la nuit, laissant germer cette ineptie que, faute de texte plus abouti, je publie ce matin.
Je rappelle ici cette maxime : Tout homme, ayant atteint cinquante ans et plus, qui quitte le lit au matin et ne ressent aucune douleur doit se persuader qu’il est mort !

Posté par Old_Papistache à 11:59 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
Tags :