02 août 2008

Trop de la chance - Pandora

-      - Salut maman.

       - Bonjour Philaster, tu rentres déjà ?

        - Ouaip.

        - Tu ne vois pas Ambrelune ce soir ?

   - Non.       

        Je le regarde qui se sert un verre de lait de soja (le lait de vache est hors de prix depuis que la majeure partie des récoltes sert à fabriquer le bioéthanol plutôt que de la nourriture) comme quand il avait 10 ans…

        - Vous vous êtes disputés ?

  - Non maman, on n’est plus ensemble, c’est tout.

      - Plus ensemble ! Ces deux là étaient collés l’un à l’autre plus étroitement que saturne et ses anneaux, ce n’était tout simplement pas possible.

       - Mais hier encore, vous étiez là à rire ensemble…

  - Hier, c’était hier !

       Dans le genre réponse laconique, Philaster tient incontestablement de son père…

        - Mais que s’est-il donc passé de si grave ?   

       - On a vu qu’on n’était pas faits l’un pour l’autre, c’est tout.

       - Mais vous êtes tellement complices… enfin bon je sais que je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas.

        Philaster se ressert un verre en me regardant d’un air goguenard :

       - Tu t’occupes TOUJOURS de ce qui ne te regarde pas maman…   

  - Ce n’est absolument pas vrai. Mais là vraiment, je ne comprends pas…

        Il me regarde en hésitant, peut-être va-t-il enfin me la cracher, sa valda. Allez fiston, dis-tout à ta mère …   

       - … C’est parce qu’elle va déménager à l’autre bout de la ville….

       - Et ?

     - Alors, elle sera beaucoup trop loin de chez nous. Maman, si vous aviez les moyens de me payer un éthylo-scooter, nous pourrions rester ensemble, mais là, ça n’est pas possible.

      - Un éthylo-scooter ? Pourquoi pas un jerrican d’essence tant que tu y es ?  Tu sais bien que nous n’en avons pas les moyens même si nous aimerions te l’offrir. Ce genre de chose est devenu hors de prix depuis la grande crise pétrolière de 2018. Et de toute façon, tu sais combien coûte le litre de bioéthanol ? Comment te le paieras-tu ?

      - Je sais bien maman… Mais c’est à plus de deux heures en électro tramway et je ne pourrai pas faire tout ce trajet à roto-mollette pour aller la voir. Elle encore moins. Notre histoire n’a pas d’avenir. Il vaut mieux que nous nous séparions avant de trop nous attacher l’un à l’autre. Quand je pense que quand tu as rencontré papa, il venait te chercher en voiture. Une vraie voiture à essence. Vous aviez vraiment trop de la chance…

    Il me lance un dernier regard et sort de la pièce d’un air désolé.

    Trop de la chance ? Oui. Peut-être…

    Nous n’en avions simplement pas conscience.

 

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2058. Gaby et sa fille. (Val)

- Tes grands-parents sont d'accord, ma fille! Toi et ton mari pourrez vous marier dans la peugeot 206 qu'ils avaient quand ton vieux père était petit.
- Oh! Chouette! Une voiture qui roule à l'essence!
-  Presque! Un diesel, ma fille.
-  Elle va faire sensation...
-  Oui! Tes grands-parents ont bien fait de la garder. Elles ont toutes été détruites ou presque quand le pétrole a été interdit. Ton grand-père garde tout...
-  Mais...ou va-ton trouver du carburant? Le pétrole n'existe plus. Si?
-  T'en fais pas! Ton arrière grand-père en avait mis quatre bidons de coté, à l'époque. Pour marier ses petits enfants. Ta tante Elisa ne s'est jamais mariée. Il en reste un, et il est pour toi.
- Pourquoi ne s'est-elle jamais mariée? Elles auraient pu, elle et Pimprenelle?
- C'est que... quand nous nous sommes mariés, ta mère et moi, seuls les mariages entre un homme et une femme étaient autorisés.
- Incroyable! Tu plaisantes? Comment les gens ont-ils pu vivre aussi longtemps sans pouvoir épouser qui ils voulaient? Et... quand la loi est passée, elles auraient pu, non?
-  Tu sais, tes arrières grands-parents n'etaient pas très chauds. Faut les comprendre, à lepoque c'etait tout nouveau... Alors tes tatas ont laissé tomber. ça ne les a pas empeché d'avoir tes deux cousins.
-  Hum! Dis? Papa? Tu te souviens, de quand tu montais dans des autos à essence?
-  Comme si c'était hier! Tu sais, il y a 50 ans, il n'y avait que ça, quasiment...
-  Ah bon? ça devait pas rouler bien vite!
- Tu l'as dit! Il nous fallait quatre heures pour gagner le Perche!
- Quatre heures? Tu rigoles? Et pas de mariages homos? Et puis quoi, encore? Me dis pas qu'on mourait encore du cancer! Si? Quand t'etais petit, c'etait vraiment la pré-histoire!


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Un autre futur (re-MAP)

RRrrrrrr

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Un futur sans essence (Joye)

Futur sans essence :

Absence.

Sans bang,

Sans bing,

Sans broum, broum, broum…

Ni pif,

Ni paf,

Ni vroum, vroum, vroum…

Pin-pon,

Cheuf-cheuf,

Disparus. Badaboum !

Futur sans essence :

Silence


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Un avenir sans essence (Aude)

C’est en préparant mon petit déjeuner que je m’en aperçois. L’essence épicée de mon thé ne me chatouille plus les narines comme à l’ordinaire. Je rapproche mon nez de la boite, le thé se serait-il éventé en une seule journée ? Je ne sens plus non plus la réconfortante senteur du pain qui grille. Je ne suis pourtant pas enrhumée. C’est sans plaisir que j’avale mon petit déjeuner, je ne lui trouve aucun gout.

 

Dans la salle de bains, je renifle avec efforts les flacons de shampoing et autres savons. Mon shampoing au miel ne sent plus le miel… Ma crème de jour ne sent plus non plus. C’est comme si je ne me passais que de l’eau partout sur le corps. Je n’essaye même pas le flacon de parfum aux essences ambrées.

 

Dans la chambre, je me penche vers le lit, enfouis ma tête au creux du cou de l’homme qui y est allongé. Rien, je ne sens rien. L’homme m’embrasse : je ne ressens rien. A défaut de sentir ses phéromones, je sens l’angoisse monter. Pas le temps de m’appesantir. Je file au travail.

 

Je salue mes collègues. Madame Beaujour ne sent pas mauvais ce matin. Non pas qu’elle sente bon, elle est inodore. D’habitude, dès le matin, elle nous inonde de ses généreux effluves malodorants. Je m’assieds à mon bureau face à Nat ma collègue. Elle adore manger de l’ail et quand elle me parle, j’évite de respirer en général. Et bien là, rien du tout. Nat ne sent pas l’ail. Non pas que je regrette ces odeurs nauséabondes mais cela m’inquiète. Je vais tenter un test à 10h30. Tous les matins à 10h15 M Torlecou va aux toilettes, il en sort à 10h20. Après, nous évitons tous les toilettes pendant au moins trente bonnes minutes. Là, j’y vais juste après. Et bien rien, je ne sens toujours rien.

 

En repartant, réflexe idiot, je ne peux m’empêcher de me pencher sur une rose rouge qui me cligne de l’œil. Je ne sens rien encore une fois.

 

Mon repas du midi est fade et pâle sans aucun arôme.

 

Je téléphone à mon médecin. J’en passe des batteries d’examen. Le verdict est cruel : anosmie ou perte totale de l’odorat.

Il va falloir vous habituer à un avenir sans essence, m'annonce-t-il. 

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Le MLV (Martine27)

Un jour cela devait bien arriver, depuis le temps que cela pendait au nez des hommes.

 

Plus une goutte de pétrole.

 

Bon, certes on s’y attendait un peu quand même, si, si, un peu quand même !

 

Bien sûr au début ça a été dur, il a fallu se décider à trouver et à développer des énergies parallèles, le vent, l’eau, le soleil, la traction animale.

 

Forcément, il y a eu des paniques, des révoltes, des émeutes, des famines, rien que de très normal n’est-ce pas ?

 

Ensuite, la race humaine étant cabocharde, elle a repris pied et a fait face. Le génie humain a pu se laisser aller sans rien craindre des menaces des grandes compagnies pétrolières qui ne voulaient pas, dans les temps reculés, que de nouvelles énergies voient le jour.

 

Et un monde sans essence est né, la couche d’ozone n’en a pas cru ses trous, les mers la légèreté rendue à ses vagues, l’homme en a un peu plus bavé forcément, les poumons humains ont du muter pour supporter tout cet oxygène, il y a d’ailleurs eu beaucoup de décès à cause de ce nouveau mode de vie. En plus, le rythme de vie s’est ralenti, les hommes ont du réapprendre aussi à prendre leur temps, l’horreur pour certains.

 

Mais les hommes étant des hommes, ils ont fait au plus simple et ont décidé de tout miser sur le vent, allez savoir pourquoi le vent ? Bon c’est vrai que le soleil il n’y en a pas partout. Le vent est un peu plus répandu d’accord. Donc, banco, tout sur le vent, en plus ce n’était pas trop cher, bref tout allait bien.

 

Et ce qui devait advenir, advint, forcément.

 

Un jour, il y eu du remue-ménage sur une petite île perdue au milieu de nulle part.

 

Et un communiqué fut diffusé sur toutes les ondes.

 

« Ici, le MLV, Mouvement de Libération des Vents. Ils n’ont pas à travailler comme des malades pour vous sans rémunération décente. Nous avons donc décidé de prendre les intérêts de Monsieur Eole et de ses enfants, Aquilon, Zéphyr, Sirocco, Brise, Bise, Tornade, Typhon, Mistral, Tramontane et apparentés en main. A partir de maintenant, ils ne souffleront plus que contre rétribution de votre part. Cette rétribution s’élèvera à la moitié de vos salaires. Inutile d’essayer de nous déloger de force, l’Ile des vents est piégée. »

 

Eh oui, que voulez-vous, l’homme est incorrigible, dès qu’il y a possibilité d’amasser des bénéfices sans trop se fatiguer et de préférence sur le dos des autres, il n’hésite pas.

 

Désolé, population terrestre, il va vous falloir trouver une autre source d’énergie pour remplacer le vent. Essayez de faire dans le diversifié cette fois. Souvenez-vous vos ancêtres, ceux qui avaient du pétrole et quelques idées le disaient « Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier ».

 

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Le futur sans essence de MAP

TRACTADADA

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Solution alternative (Papistache)

La vieille dame appuya son vélo à un platane. Elle sortit du panier, fixé au guidon, une longue chaîne dont elle entortilla bicyclette et arbre avec un luxe de tours et de détours. Un gros cadenas de laiton  scella le sort du végétal  à celui de la vieille bécane qui avait dû dans les années 70 — 1970 ! — être bleu ciel.

C’était une femme à la peau parcheminée qui devait compter plus de quatre-vingts ans. Menue, mais vive encore, elle déplia le bas de son jean qu’elle avait roulé pour éviter de le tacher avec le pédalier copieusement huilé. Un œil observateur aurait pu la voir pédaler avec régularité, de bon matin, sur la route départementale qui l’avait conduite ici, depuis son village  caché derrière un repli de colline entre la rivière et le long plateau tout entier dédié aux cultures de Céréales Équivalant Pétrole.

Quarante-cinq kilomètres ! Elle en avait vu d’autres dans sa jeunesse, même si, à l’époque, c’étaient  les loisirs qui commandaient les sorties dominicales avec Robert, son époux. Robert ! L’objet de son déplacement au chef-lieu de canton en cette matinée fraîche d’octobre. La vieille femme poussa la porte de l’officine à la devanture de marbre. Ses yeux clairs mirent quelques secondes à s’habituer à la pénombre qui régnait dans la pièce. Un employé, jeune, le visage hâve et la mine de circonstance s’adressa à elle et la fit venir au fait de sa visite.

— Mon mari est décédé hier, dans la matinée, et je voudrais qu’il soit incinéré. C’était son vœu.

L’employé retint un sourire et après avoir présenté ses condoléances d’usage se lança dans de longues explications. La veuve comprit que depuis la Grande Pénurie de 2012 les incinérations étaient  interdites. Restrictions ! Mais l’ordonnateur des Pompes Funèbres connaissait son métier :

—  Cependant, Chère Madame, nous avons des solutions alternatives à vous proposer.

Solutions alternatives ? Le couple avait vécu en autarcie depuis cette profonde régression des années 10 — 2010 et suivantes — sortant peu, survivant grâce au potager familial et aux quelques volailles achetées, fort intelligemment par Robert peu avant la crise, la vieille dame ignorait tout du génie funéraire de ses semblables. Elle écouta.

—  Chère Madame, sur nos coteaux, vous ne l’ignorez pas, croissent des milliers de pommiers à cidre, et nous pouvons vous offrir, moyennant la somme de trente mille euros — nouveaux, bien sûr —, de confire votre défunt dans la berluche*. C’est un moyen légal, et de plus en plus répandu, de subventionner la filière alcoolique et cette solution offre l’avantage de garder votre époux à votre domicile. Nos urnes en verre sont d’une transparence sans égale et, je vous assure que ...

La veuve lui coupa,  aimablement mais fermement
, la parole :
— Mon mari ne buvait jamais d’alcool, je ne peux lui offrir le repos éternel dans un aquarium de vinaigre.

L’employé ne se démonta pas. Il connaissait son métier.

— Peut-être, alors, chère Madame, choisirez-vous notre proposition dite de Mortagne, pour moins de quarante mille euros.  En association avec les charcutiers fumeurs d’andouilles, nous proposons de fumer, à la sciure noble, chêne rouvre exclusivement, les défunts qui nous sont confiés. Ainsi boucané le corps se conserve indéfiniment. Ciré à l’encaustique d’abeille vous pouvez en faire un bel ornement de salon. On peut, selon votre souhait , le monter en liseuse ou en porte-manteaux.  L’évêché de N*** nous a commandé un lutrin du plus bel effet avec le corps de Monseigneur l’Evêque voici cinq ans. L’objet, consacré par son successeur, est visible à la cathédrale.

La vieille dame reprit son argument initial :

— Je voudrais répandre les cendres de mon mari sous son  arbre favori.

Un lueur s’éclaira dans l’œil de son interlocuteur.

— Vous êtes propriétaire d’un domaine ?
— Un jardinet et un petit verger, de quelques ares, précisa la vieille dame.
— Alors, chère Madame, nous avons la solution qui vous convient. J’aurais dû y songer plus tôt. De plus cette solution est nettement moins onéreuse que les précédentes. Dix mille euros, transport à votre charge. lomLe compostage ! Vous nous livrez le corps de votre mari et nous le soumettons à l’action de nos lombrics funéris funéris et, sous trois mois, vous venez chercher deux à trois sacs — selon le poids du défunt — d’un terreau exceptionnel. C’est la solution qui me semble la plus appropriée aux souhaits de feu monsieur votre époux.

La vieille dame marqua un temps d’hésitation :
— Vous me garantissez que ce seront bien les restes de mon époux et pas ceux d’un inconnu.

— Madame, chez nous, les bacs à compostage sont numérotés et individuels. Vous pouvez également fournir des effets personnels bio-dégradables, photographies, journal intime, sous vêtements de coton, etc ... Vous scellez vous-même le Roto-Corpo-Funéraris™ et nous vous invitons à le desceller, de vos propres mains, une fois le compostage achevé.

Le choix de la veuve était fait, elle s’enquit de précisions  logistiques :
— Mais comment vais-je transporter le corps jusqu’à chez vous ?

L’employé ouvrit un tiroir et sortit un document bleuâtre, imprimé au dos d'une profession de foi d'un ancien candidat à la députation — cf. la loi sur le recyclage des documents administratifs et asssimilés — qu’il tamponna délicatement :
— C’est un permis spécial pour l’Hippo-Bus qui assure la navette entre les différentes communes du canton. Votre secteur est desservi tous les jeudis. Voyez avec votre mairie pour acquitter l’octroi.

La vieille dame libéra son vélo et entreprit de rentrer avant la nuit. Elle éprouvait une grande satisfaction.  Les pêches seraient savoureuses en septembre, à n’en pas douter.

* Berluche : appellation donnée dans le Perche à ce que les Normands nomment calva.

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27 juillet 2008

Defi #21

Ouh la la...
Que d'emotions apres hier!!!! un defi 'hors normes' qui a recu enormement de reponses, toutes aussi belles les unes que les autres...

Un grand merci encore a toutes et a tous. *sourire*

Voici donc une petite consigne pour se remettre de nos emotions:


'Decrivez un futur sans essence'.


Comme toujours, une seule adresse: samedidefi@hotmail.fr


Déjà dans le réservoir : Papistache, MAP, Martine 27, Aude, Joye, re-MAP, Val, Pandora, Joe Krapov, Janeczka...

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26 juillet 2008

Le défi nuptial

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vracdef

valsemarie.canalblog.com

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