16 avril 2016

À l'eau, c'est moi...je prends les voiles par joye

draft 4

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PROCESSUS (EnlumériA)

 

      Lorsque j’ai vu la photo du nouveau défi, de prime abord, je me suis interrogé sur ce que j’allais bien pouvoir en tirer.  Alors, je me suis posé et j’ai observé l’image.

      J’ai observé l’image et je me suis demandé ce que je voyais.

      Une façade orangée avec une fenêtre ; visiblement une bâtisse contemporaine, une de ces horreurs lecorbusiennes qui rendent les paysages pénibles. Au centre, un voilier blanc.

      Ensuite, je me suis demandé ce que je ne voyais pas.

      À la barre, un escogriffe au nez démesuré, aux yeux si perçants qu’une lunette d’approche lui aurait été superflue. Il porte une vareuse verte avec une rose à la boutonnière. Il est coiffé d’un bicorne cocardé de bleu. C’est le capitaine du navire, le pacha de son propre Passeur d’Aurore*, un homme autoritaire et digne, un homme doté d’un cœur téméraire mais cependant guère dénué de raison.

      Vers où navigue-t-il, ce grand échalas tombé de la lune ? Que cherche-t-il ? Qui chérit-t-il ? Avec quel sombre ennemi est-il en guerre ? De quel nouveau monde rêve-t-il ? Le sait-il lui-même ? Il s’en moque. Accompagné de son équipage, de rudes marauds aux armes fourbies, il écume les océans. Les enfants du capitaine Grant ont grandi puis vieilli.

      Entre vous et moi, je n’en ai que faire de ces historiettes hollywoodiennes aux héros adolescents avec qui ceux de ma génération ne s’identifient plus.  

      Bien ! Quoi d’autre encore ? Je laisse divaguer mon esprit un instant, le temps pour la lune de se sentir plus légère – Hé oui ! Souvenez-vous, l’homme tombé de la lune au précédent paragraphe – et soudain… une épiphanie.

      Le capitaine donne un ordre, les matelots s’activent comme des termites sur une souche. À bâbord toute, cap à l’Ouest. Filons plein vent ! Naviguons vers les noces de Moby Dick et du Kraken.

      Je pose ma plume. Voilà ! Je tiens enfin mon sujet. Au travail !

 

      * L’Odyssée du Passeur d’Aurore (Le monde de Narnia) C.S. Lewis.

 

      Évreux, le 14 avril 2016

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Carolina (Pascal)


Pendant l’escale à Wilmington, nous eûmes, comme à Salvador de Bahia, beaucoup de succès. Vitrine du beau Pays de France, le sourire de faconde toujours de sortie, notre fameux pompon rouge que ces demoiselles se pressaient de toucher, le prestige de l’uniforme, étaient nos meilleurs atouts auprès de cette gent féminine. Sur la plage arrière, le grand pavillon tricolore battait notre éternelle chamade…  

A l’heure de la sortie, une lente file de voitures attendait les permissionnaires. A la queue leu leu, devant la coupée du bord, elles nous cueillaient par un ou par deux, nous autres, jeunes ambassadeurs de notre métropole dès qu’on mettait un pied sur le quai. Invités dans des familles de la ville et des alentours, nous contribuions avec bonheur au prestige de notre pays. C’est vrai qu’il y a quarante ans, nous autres, les marins français, dans tous les ports de tous les continents, nous avions une aura de belle réputation mondiale.  A Sébastopol, on avait signé des autographes ; dans les Iles du Vent, on nous avait décorés avec des colliers de fleurs ; en Amérique, même en goguette, nous étions reçus comme des LaFayette…  

C’est ce qui était arrivé à un de nos collègues du poste des mécanos ; happé à la sortie du bateau par un somptueux carrosse digne d’un conte de fées, il s’était retrouvé dans un enchantement, un rêve, une autre dimension. Avec force détails, il nous avait expliqué la véritable réception qui avait eu lieu en son honneur, dans une de ces vieilles maisons à l’architecture « antebellum » ; ces maisons conservées et entretenues dans leur cachet d’avant guerre. Pour nous faire baver de jalousie, il n’avait rien omis de sa jeune vingtenaire et beaucoup rajouté, sans doute…
D’abord, elle l’avait emmené jusque dans un magasin branché de la ville ; il y avait acheté quelques souvenirs et l’incontournable drapeau des Confédérés. Ensuite, ils allèrent chez elle, enfin, chez ses parents. Main dans la main, ce fut la promenade dans le parc, la tonnelle, la boisson rafraîchissante, le coucher de soleil, le french kiss, le lustre immense dans le salon, les tapis, plus grands que des terrains de foot, le repas aux chandelles servi par des loufiats noirs, les mille desserts sur des plateaux d’argent ! Il ne manquait plus que le feu d’artifice au fond du jardin et la poignée de main du gouverneur de Caroline du Nord…

Un peu avant les couleurs du matin, il avait créé un attroupement envieux dans l’avant  poste ; à ses dires d’argonaute, Il avait passé une soirée torride avec son autochtone.
Inoubliable, exceptionnelle, grandiose et à cours de superlatifs, il ne tarissait pas d’éloges chaque seconde passée en sa si charmante compagnie. Lui, avec son talent de marionnettiste, il lui avait expliqué ses galons rouges de jeune quartier-maître sur les manches de sa vareuse, l’hélice et la roue dentée, preuve de son appartenance au Corps d’Elite des Mécaniciens, la légende du La Bourdonnais, les aventures de son bateau dans le triangle des Bermudes et plein de prouesses fantastiques que lui seul était capable de raconter dans la confidence d’une oreille attentive…  
Lui, le timide chti, dévolu sueur et âme à la pression de la TPH (Turbo Pompe à Huile) de la machine arrière, il avait à lui tout seul conquis les States. Avec ses yeux bleus, son teint blanc, son accent du nord et son anglais petit nègre, on l’imaginait bien en train de vendre ses chicons à sa miss América de la grande maison à colonnes. Du petit nègre chez les sudistes, la partie n’était pas gagnée… Indéboulonnable, il bousculait nos rires et nos sarcasmes avec des revers de soupirs désabusés en nous considérant comme des indécrottables incultes…  
Mais oui, il lui avait laissé un souvenir plus qu’impérissable ! Mais oui, elle allait le récupérer à la coupée, ce soir même, quand l’heure de la sortie sonnerait ! On n’avait qu’à venir voir ! Entre deux baisers, elle lui avait promis, cette mignonne friquée…  

Selon ses traductions approximatives, les aïeux de la fille étaient des générations de propriétaires d’immenses champs de coton et, à cause de ces cons de l’Union, avec Lincoln à leur tête, et leurs idées d’abolitionnisme, ils avaient perdu tous leurs escl… ouvriers, avec la guerre de Sécession…
Pas démonté, il avait passé la soirée, avec son « Stainless banner » posé sur les épaules, pour preuve qu’avant la fille, il avait déjà épousé la cause des Confédérés…
Il se voyait bien reprendre l’exploitation, mon pote de la TPH. Ni une ni deux, il se mariait avec la fille, il foutait les beaux-parents à la retraite et il plantait des champs de betteraves pour ne pas avoir d’emmerdes avec les flics de l’immigration…

A une heure du matin, elle l’avait ramené à bord de sa bagnole : une flambante Ford Mustang cabriolet, rouge brique. Il se souvient encore de la musique country qui dégoulinait en arpèges doucereux par tous les haut-parleurs de la belle voiture… De chti, il était passé sudiste, le crabe de la machine arrière ; il prévoyait sans doute de se faire bientôt naturaliser américain. …

Dix-sept heures, l’heure des permissionnaires. Sur le pont, yankee en diable, il sifflait « Dixie », mon pote, pour se donner du courage en attendant sa promise. Nous autres, planqués sur le roof, on suivait son manège de près ; on voulait voir sa belle sécessionniste, au volant de son attelage rouge brique et dans une romantique robe… de coton…

Les gars de sortie se pressaient à la coupée ; les voitures défilaient en aspirant les matelots qui débarquaient. Tout à coup, la belle bagnole, la flambante Ford Mustang cabriolée de chez « My dad is rich » a déboulé jusque devant la coupée ! La fille a parlementé cinq secondes avec le taf qui attendait son tour puis, sans façon, elle l’a invité à prendre place à côté d’elle ; c’était Max, un pote électricien parisien. Notre chti national s’était fait voler la vedette par un vulgaire Brevet Elémentaire, de quoi bouffer sa bâche…
Philosophe, et plus pragmatique que romantique, il s’était consolé en allant visiter un truc dément, un truc à l’américaine : c’était l’USS North Carolina, un cuirassé de la deuxième guerre mondiale, un héros de la guerre du Pacifique, baignant comme musée flottant dans un bassin de visitation.

Le lendemain, à dix-sept heures, la Carolina est revenue avec sa belle bagnole ; ce coup-ci (si je puis dire), elle a emballé un brave artilleur de Metz avec ses sourires de fédérée à la ouate… C’était devenu un rituel ; le lendemain, c’est un second, un marseillais fringant, à la langue bien pendue, qui eut l’heur de la sortie en décapotable. Le lendemain, on était partis. C’est qu’elle aurait pu facilement embarquer notre vieux pacha, il était breton, et l’emprisonner avec ses ficelles de casquette, cette dévoreuse de petits français !...

Après, on dira que c’est nous qui faisions du tourisme sexuel…   

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LE NAVIRE (Lorraine)

 

      Le navire somnole dans le crépuscule ; demain c’est son dernier voyage. Cesseront enfin les hasards du départ, le remue-ménage des hommes dont la fougue le fatigue si souvent, les musiques éclaboussant la nuit, les rires ou les pleurs qui depuis longtemps l’indiffèrent.

      Il pourra retourner à ses rêves. Des rêves fous de pirogues balancées par les vagues, de galères primitives mais déjà efficaces  ou de bateaux viking aux figures de proue sculpturales.  Mais son rêve le plus beau, celui qui le berce comme la vague légère du soir tombant, c’est la jonque  chinoise, petite, irrésistiblement  évocatrice des chaudes soirées , des fines silhouettes en kimonos de soie, d’ombrelles et de paravents  ouvragés qui dessinent un monde qu’il aime évoquer, quand la fatigue  le terrasse.

     Il est blasé des voyages, il a tout vu, il est temps pour lui d’arrêter le temps. Et de poursuivre, immobile, ce songe qui le poursuit : un soleil déclinant dans un ciel aux chaudes odeurs d’épices, et une jonque aux lampions allumés, bercée par l’étrange chanson d’un musicien invisible.

 

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Du vent dans les voiles (Walrus)


À première vue j'ai pensé :

 

les vitraux d'aujourd'hui...

Source: Externe

 

... ne sont plus ce qu'ils étaient !

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Puis j'ai pensé à cette pub

Avec le cache-sexe Petit Bateau,
la vertu flotte
mais ne coule pas !

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Ou à celle-ci :

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Mais au bout du compte, je préfère vous narrer une aventure de Célestine, un temps maître d'équipage à bord du Blogborygmus.

 

Un beau matin, Célestine annonce un événement à sa classe :

- Les enfants, aujourd'hui, nous allons avoir la visite de Monsieur l'inspecteur.
- C'est quoi, Maîcresse, un inspecteur ?
- Ce serait comme un grand méchant loup qui boulotte les institutrices et les petits enfants.
- C'est pas vrai, hein Maîcresse ?
- Mais non, mes chéris, vous savez bien que j'aime vous faire rire. C'est un brave homme qui vient voir si nous travaillons bien tous ensemble.
- Oh, ben il va être content alors, Maîcresse !
- Certainement, il va sans doute vous poser quelques questions auxquelles vous répondrez gentiment  et poliment, comme vous le faites toujours.
- Oui Maîcresse !

Débarque l'inspecteur qui, comme prévu se met à dialoguer avec les élèves. Il arrive chez Jules :

- Comment t'appeles-tu ?
- Jules, Monsieur !
- Dis-moi, dans ce que vous avez fait hier, qu'as-tu le mieux aimé ?
- Quand on a chanté avec Maîcresse qui jouait de la guitare.
- Très bien ! Et qu'avez-vous chanté ?
- Les tétons !
- Tu veux bien répéter, je crois que j'ai mal entendu...
- Les tétons !
- Tu dois te tromper, jamais Madame Célestine ne vous aurait appris une chanson sur les tétons, voyons !
- Si, si ! Les tétons, les tétons !
- Bon, cela m'étonne mais enfin, tu peux la chanter ? Tu t'en souviens ?
- Oui : "Et les tétons petit navire, et les tétons petit navire qui n'avait ja ja ja..."

 

Ouais, excusez-moi, elle date et est idiote,
mais elle me fait toujours rire.

Comment ça, je suis bien le seul ?

 

De toute façon, j'avais autre chose à
quoi penser aujourd'hui :

 

Heureux anniversaire
MAP !

ma01

 

 

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L'Ernest a mis les voiles (Vegas sur sarthe)


“T'as vu? L'Ernest a mis les voiles”
“Tu déconnes. J'l'ai encore vu hier soir, même que j'ai failli pas l'reconnaître, il avait changé de cape”
“Changé de cap? Il a  toujours pointé la proue vers l'Ouest”
“J'dis juste qu'il avait changé de paletot”
“En tout cas je t'assure qu'il a remis les voiles, le gênois et même le foc”
“Il a un phoque? J'en avais jamais entendu parler. Ca m'étonne que la concierge tolère un phoque dans l'immeuble”
“Depuis qu'il lui a mis le grappin dessus, elle peut rien lui refuser et pis y'a pas d'danger. C'est attaché solidement”
“Bof... parfois on croit qu'c'est bien attaché et pis ça s'barre avec le premier venu”.
“Sauf que l'Ernest y sait faire les noeuds de chaise, c'est du costaud”
“Comment j'rigolerais de voir un phoque attaché à une chaise!”
“C'est pas l'foc qu'il a attaché, c'est la concierge”
“Mais j'le croyais déjà en couple avec... comment qu'elle s'appelait déjà? Lézamar”
“Non, il a largué Lézamar pour prendre la concierge”
“Ben dis donc! Il est au taquet l'Ernest!”
“Ouais. Il dit toujours: Faut veiller au grain pour éviter les écuelles”
“Y dit pas plutôt qu'il faut éviter les écueils?”
“Non lui, y dit les écuelles, rapport aux chats de la concierge”
“C'est pas plutôt des lapins?”
“Malheureux! Dis jamais ça à un marin! Tu veux lui porter la poisse?”
“Moi j'dis ça, vu que quand une concierge donne des carottes à des bestioles à poil, c'est forcément des lapins et pas des chats”
“Ou alors c'est des nangoras”
“Môssieur on dit nangora quand y'a qu'un nangora, sinon on dit des zangoras”
“Si tu veux... des zangoras”
(Soupir)
“Tiens, il a remis les voiles l'Ernest”
“Tu l'as déjà dit”
“Non, là il a vraiment remis les voiles... y vient d'fermer les stores. On voit plus l'bateau sur la fenêtre”
“Tu crois qu'il s'en va avec la concierge?”
“J'espère que non... j'ai pas l'intention d'aller donner des carottes aux zangoras!”
“Moi non plus. Allez, on lève l'encre”
“Euh... j'ai pas pris l'encrier”
“Hein?”
“Oublie... c'est une vanne”
“Ah?”
 

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Participation de Venise


 J’avais dressé le couvert  dans la salle à manger  comme je l’ai toujours fait , quand je vis à travers ma fenêtre un voilier traverser  la maison du voisin.

Je sais vous n’allez pas  avaler une telle histoire c’est pourquoi j’insiste et  je vous le jure un voilier était au cœur du salon des voisins .

Alors sous le coup de neuf heures du soir j’ai décidé d’en avoir le cœur net et je me dirigeai à la dérobée dans la maison  d’en face .

Au fond ces voisins devaient être aussi fous que nous. Avant je me foutais d’eux comme d’une guigne
Mais là il faut l’avouer ils m’épataient .

A la lueur de mon allumette je pouvais maintenant voir le voilier et les ombres gigantesques des voiles sur le mur .

Toute la famille s’était  assoupie sur le pont et la télé ,de l’autre coté du salon, le journaliste  continuait à donner la météo .
Des tonneaux d’eau de vie de sucre de cannes roulaient sur le pont au fur et à mesure des mouvements du voilier .

Ce que je voyais était extraordinaire et impossible à la fois . C’était comme si j’avais mis la tête sous l’eau  . Au fond du couloir on pouvait apercevoir le port et des corsaires  qui attendaient la livraison .

Sans trop savoir pourquoi , j’effleurai du doigt  la coque du bateau et je dus faire un terrible effort pour éviter  la vague qui submergea  en quelques secondes l’embarcation.
Avec une incurable frivolité un perroquet s’adressa alors à moi.

Apporte moi une bière et ouvre ce putain de frigo derrière toi me cria -t-il d’une voix rogue .

C’est lundi aujourd’hui jour de relâche l’équipage est  à terre et ils font tous la bringue .

Tout en tambourinant avec son bec sur le MAT le perroquet me fusillait du regard .

Je  discutai un moment avec  ce perroquet afin de savoir si ce n’était pas un leurre .mais je compris très vite que tout était vrai et que je venais de transgresser un monde .
L’animal  ne tarissait d’éloge sur son équipage   et ces voyages lumineux m’accompagnent encore aujourd’hui .

Alors j’ai griffonné sur une carte postale un adieu à ma famille et j’ai rejoint l’embarcation.

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Participation de Fairywen

 

Quand la chance tourne

 

Bon, d’accord, à la réflexion, il était peut-être en mauvaise posture… Certes il avait réussi à s’introduire dans le palais de la Dame du Lac pour y « emprunter » les documents qu’il convoitait – « voler », quel vilain mot ! –, mais à présent, il avait une véritable meute aux trousses. Une vraie de vraie, dirigée par l’amant de la souveraine d’Avalon, un type qui lui en voulait à mort et était tout prêt à le déchiqueter à mains nues après l’avoir au minimum pendu, noyé et écartelé.

 

Heureusement encore que ce n’était pas lui qui rendait la justice en Avalon… Il espérait bien que son charme légendaire adoucirait son châtiment si jamais il se faisait prendre.

 

Le jeune homme crut bien réussir, mais au moment où il allait prendre son élan pour sauter par la fenêtre, une poigne de fer se referma sur son bras. Il tenta de se dégager, hélas ils étaient peu nombreux ceux qui parvenaient à échapper à la prise du lieutenant des de Chânais lorsqu’il mettait la main sur vous…

— Pas question, mon tout beau, susurrait d’ailleurs ce dernier. Tu ne sortiras pas d’ici avec ce qui n’est pas à toi.

Le pirate jeta un regard de regret au magnifique trois-mâts qui l’attendait au large. Il y était presque… Il lui aurait suffi d’un plongeon, certes un peu risqué, mais réalisable – surtout pour quelqu’un comme lui – quelques centaines de mètres de nage, et il aurait été sauvé. Personne ne pouvait rivaliser avec lui une fois qu’il était dans l’eau, non, personne.

 

Mais sur la terre ferme, c’était une autre histoire…

 

Néanmoins, il affronta sans ciller le regard vert du prince consort qui s’approchait, un rictus carnassier aux lèvres.

— On dirait bien que la chance t’a abandonné, Amriel…

 

Les débuts des aventures d'Amriel peuvent se lire ici et ici.

 

Quand la chance tourne

 

 

 

 

 

 

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Un tout petit voilier (Marco Québec)



Traversée du fleuve St-Laurent
Trois heures durant
Pour aller visiter les grands-parents
Le seul voyage qu’ils font annuellement
 

La sœur et son frère sont des enfants
Les deux adultes sont leurs parents
 

Le père fait une traversée en solitaire
Occupé au bar à boire de la bière
Les enfants sont avec leur mère
Accoutumée à la distance du père
 

Quand ils débarquent de l’autre côté
Ils prennent un moment pour manger
Besoin de se rassasier
Et le père de dégriser
Car c’est lui qui conduit
Sur la route de la Gaspésie
 

Le long du chemin
De jeunes gamins
Vendent de jolis voiliers
Faits à la main
Le fils rêve de posséder le sien
Depuis plusieurs années
Il chante dans sa tête
« J’avais fait un tout petit voilier
Avec des bouts de merisier »
À sa grande surprise, son père s’arrête
Et lui offre l’objet tant désiré
 

Au cours d’une soirée bien arrosée
Dans la famille paternelle
Le père demande à son garçon
De montrer le voilier qu’il lui a acheté
Voilà que son cousin Daniel
Se met à pleurer, à tempêter
Et à réclamer le voilier
Le père finit par lui donner
Sans même consulter son fiston
 

Petit enfant blessé
Qui ne peut s’expliquer
Qu’on peut lui enlever
Ce qu’on lui a donné
 

L’enfant a grandi
Il s’est acheté un voilier
Qui n’a jamais remplacé
Celui qu’on lui avait ravi
 

En complément, La chanson du petit voilier, chantée par Paolo Noël, chanteur québécois, 1958

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09 avril 2016

Défi #398

Une photo vous est proposée

pour ce nouveau défi :

Bateau en vue

Nous attendons de savoir

ce qu'elle vous inspirera

à samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

 

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