20 août 2016

Smiley (Pascal)


Cet après-midi, mon petit-fils me rend visite. Ma fille et son mari travaillent à l’étranger et ils ne viennent que trop rarement en France. De temps en temps, quand ils pensent à moi, ils m’envoient des belles photos de lui, au moment de son anniversaire, des grandes vacances, ses premiers pas, son premier vélo… Bien en évidence, j’en ai posé sur ma télévision ! Lui et moi, on se regarde pendant des longs moments et souvent, je m’endors à la sieste avec cette seule contemplation silencieuse. Bien sûr, chaque année, j’envoie un chèque pour mettre dans son petit soulier, sous le sapin de Noël. La dernière fois qu’il est venu, il ne marchait pas encore. Aujourd’hui, il doit être dans sa sixième année. Je vais l’occuper, je vais trouver de quoi l’amuser, ce petit...

La toupie ?... Quand elle tourne vite, c’est comme un dessin animé qui défile devant les yeux ! Jadis, c’est mon père qui me l’avait offert ; je ne sais pas pourquoi, elle m’a toujours accompagné. Elle est un peu mon porte-bonheur, ma roue de la fortune ; quand je l’active, il me semble que ma vie défile en arrière jusqu’à ce fameux jour de récompense. Hypnotisé, je m’enroule autour et je suis sur un manège d’antan… C’est vrai, depuis, la peinture s’est écaillée. Moi, je le connais par cœur, mais mon petit-fils n’arrivera jamais à comprendre le carrousel des images emballées…
Le biplan à moteur en bois, avec la grande hélice peinte en rouge ?... Assis dessus, il pourra faire le tour du salon en appuyant fort sur les pédales ! Tant pis s’il renverse des chaises, bouscule les pots de fleurs, effraie le chat, et s’il heurte le meuble de la télé ! Hé bien, on ramassera ses photos de baptême si elles tombent !  Il est peut-être trop grand pour jouer à pédaler… Mais non, je l’encouragerai à un vol direct entre la cuisine et la salle de bain ; on retombera en enfance tous les deux…
Comme il va entrer à la grande école, si j’allais chercher ma vieille boîte de chiffres et de lettres ?... Rien de tel pour apprendre à un gamin à compter et décortiquer l’alphabet !...

Ha, j’en ai fait des châteaux de cubes, des empilages de chiffres et des tas de lettres ! J’y passais des heures et des heures ! J’associais des voyelles et des consonnes, je tentais des liaisons phonétiques et je finissais toujours par rigoler de l’incongruité de mes babillages ! C’était mon Jumanji de l’époque. Je crois que c’est le plus beau jeu que mes parents m’ont offert à Noël, même si je devais le partager avec ma jeune sœur.

Le W : Wagon ! J’ai su l’écrire avant d’en voir un ! Et je peux dire que je l’ai écrit quelque fois !... Je m’étais trompé en rédigeant ce mot et le maître m’avait ordonné de le copier cent fois ! Sur les aiguillages de ma feuille quadrillée, tous ces wagons à la queue leu leu, c’était mes trains de marchandises et mes compartiments de passagers ! En tout petit, je dessinais des têtes de voyageurs à la fenêtre du O ! Gares, locomotives, rails, ballasts, voyages, distances, tout ça, c’était dans mes wagons ! C’est bien simple : quand j’ai eu fini décrire mes lignes de punition, je voulais être chef de gare ou globe trotter, je n’arrivais plus à me décider…
Le Z de zoo ! Je ne savais même pas ce que c’était, un zoo. Un grand parc grillagé avec des animaux sauvages à l’intérieur ? C’était la définition de notre instituteur ; cela échappait à mon entendement de gamin. Comment pouvait-on capturer des lions, des gazelles et des éléphants, pour les emprisonner ensuite dans un zoo ? Ils n’étaient plus sauvages, alors !... Enfin, j’y avais rajouté des zèbres, des zébus et des zibelines pour qu’ils soient moins dépaysés…
Le Y ! Moi, je croyais que c’était une lettre grecque ! Les athéniens avaient dû nous l’apporter dans les temps anciens pour parfaire notre alphabet. Dans la foulée, et pour l’occuper avec des mots, on l’a mis en avant pour faire le pluriel d’œil. Yack, yéti et yapock rejoignaient naturellement le zoo. Yaourt s’écrivait enfin de la bonne orthographe et je me disais que ce mot était bien difficile à écrire pour quelque chose d’aussi facile à manger…
Le X ! Elle était drôle et grave, cette lettre ; c’était comme un panneau de barrage à la fin du mot. Comme de juste, œil au pluriel, c’est yeux avec un X, comme cela on place deux lettres compliquées dans le jeu de Scrabble. Si en mathématiques, X, c’est l’inconnu, comme né sous X, Emmanuelle aussi avait son film X et le xylophone, sa tessiture… Je vais mettre les plus belles lettres en avant ; peut-être qu’il en connaît quelques-unes…

Tout à coup, on a sonné à la porte… C’était mon petit-fils, en bien plus grand que sur les photos de la télé ! Après de brèves embrassades, il a foncé droit dans le salon ! Là où j’avais exposé mes jouets ! Ils ont du flair, les petits… Il a complètement ignoré la toupie, snobé l’avion à pédale et a foncé directement vers la boîte des chiffres et des lettres ; je le savais, ce petit, c’est de la graine d’érudit, comme son grand-père…

« Ho, papy, comme il est vieux, ton portable !... Et comment tu fais les Smiley ?... »

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Des chiffres et des lettres (Marco Québec)


Avec des chiffres
On fait des nombres
Avec des lettres
On fait des mots

Il y a les nombres
Qui savent réjouir
Ceux de ton bulletin
Qui montrent  que tu travailles bien
Ceux du gros lot
De la loto

Il y a les nombres
À contrôler
Ceux du budget
Il faut que j’essaie
Ceux de ta glycémie
Qui fait des folies

Il y a les nombres
Qui inquiètent
Ceux qui comptent les jours
Qu’il reste à ton parcours
Ceux qui disent la situation critique
Des changements climatiques

Avec des chiffres
On fait des nombres
Avec des lettres
On fait des mots

Il y a les mots
Qui font grandir
Qui ouvrent l’avenir
Je suis fier de toi
Viens dans mes bras
Je crois en toi
Je serai toujours là

Il y a les mots
Qui asservissent
Qui anéantissent
Tu ne vaux rien
Pas même mon chien
Tu es moins que rien
 
Il y a les mots
Qui consolent
Il y a les mots
Qui désolent
 
Il y a les mots
Qui construisent
Il y a les mots
Qui détruisent

Avec des chiffres
On fait des nombres
Avec des lettres
On fait des mots

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Participation de JAK

ja1ja2

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Participation de Venise

ve

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Mon paysage d'école (Laura)

Si j'ai eu de nombreux  paysages universitaires
De nombreux paysages amoureux et érotiques
Beaucoup de paysages vécus, travaillés, des paysages
Par centaines voire milliers et plus de voyages.
Je n'ai eu  qu'un seul paysage  d'école maternelle
Dont j'ai peu de souvenirs  à part son adresse.
Et pas loin de là mon seul paysage d'école primaire.
Plus loin encore, mon collège et lycée de "grande"
Mais c'est une autre histoire, revenons à la primaire
Un paysage classique d'école: préau, cour et  classes.
Je me souviens bien de nos jeux: la corde à sauter, l'élastique
Il y eut aussi les billes: les verres et les porcelaine.
Je me souviens aussi des osselets, le mikado, les rondes
On roulait aussi de gros pneus noirs, la marelle.
Amstramgram, pique et pique et colégram, bourre
Et bourre et ratatam, amstramgram... :notre langage.
Dansons la capucine... au son du violon: notre musique
Plouf, plouf, ça sera toi qui.... mais comme
 Le roi ne le veut pas, ça ne sera pas toi... et comme la reine
 A bien voulu, ça sera toi: nos refrains d'enfance.
"Pierre-feuille-ciseaux" ou "Un deux trois soleil": notre réserve
De cris retenus par notre éducation : il y avait encore des limites.
Là où je n'avais pas de limites, c'était dans le paysage des classes
Ou plutôt ce que j'y apprenais et que je ramenais à faire
A la maison: devoirs à faire et leçons à apprendre
Prolongeaient le plaisir de l'école hors de son paysage.
Les chiffres et les lettres étaient mon nirvana, les tables
De multiplication donnaient lieu à des contrôles
Que nous répétions comme pour les Jeux  Olympiques.
Les récitations de Paul Fort ou Maurice Carême
M'ont peut-être donné le goût des poèmes
J'écrivais le premier à sept ans dans le journal de l'école.
"Le petit cheval blanc, qu'il avait donc du courage."
Comme je me sentais bien sur mon pupitre!
Combien de bons points ai-je transformés en images!
Ces  images d' Epinal d'une éducation décriée , des images
Qui m'ont fait lectrice et curieuse du monde
Monde de paysages extérieurs et d'âmes
Aux règles en bois qui  fixaient nos limites
A transgresser un jour sans limites.

 

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13 août 2016

Défi #416

Septième défi photo

de l'été :

 

ABC

 

 

Envoyez vos participations à

samedidefi@gmail.com

A bientôt le plaisir

de vous lire !

 

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LA MAISON DE L’UNIVERS (Alain André)

 

J’ étais bien peinard dans les lignes d’un roman dont  j’étais le narrateur omnipotent ( tant qu’a faire ! )  ; Un double blouck sur mon ordi me signale l’arrivée d’un nouveau défi : Aussitôt, j’enfourche ma souris galactique pour aller visualiser la photo du défi 415, et me voilà dans un autre univers !

Ou suis-je ? Me dis-je ! Je ne sais pas, mais tu le sais peut-être, cher lecteur ?

 

Il y a parfois ces drôles de constructions en Bretagne (ou ailleurs, ne soyons pas absurdement chauvins : Nous autres bretons avons tendance à nous croire issus du nombril de la terre… Ce qui est vrai !  Mais nous ne devons pas le dire car c’est peu charitable pour ceux et celles, qui, nombreuses, ne sont malheureusement pas bretons ! ) ;  Or, il n’y a pas de doute sur leur origine : Ces constructions ne sont pas, comme on pourrait le croire, d’anciennes maisons de korrigans, ( bien que je me sois laissé dire que des korrigans en ont habité certaines! ) La stricte vérité de ces édifices est qu’ils constituent des passages vers des univers parallèles ! Je le sais, j’y fus hier encore ; Mais pour y passer, il faut avoir quelques savoirs ancestraux que seuls quelques initiés peuvent connaitre :

Tout d’abord, il faut être d’origine bretonne ! Ca n’est pas donné à tout le monde !

(Etre Breton, c’est, comment dire, plus qu’une simple appartenance à un peuple d’exception, c’est un état de grâce sublime que vous autres, vulgum pecus, ne pourrez jamais approcher, même en rêve !) 

  Mais ça n’est pas suffisant ! Il vous faut au moins un ancêtre druide ( deux, c’est mieux, un druide et une druidesse, par exemple, c’est bien !)

Bon, tu as ces deux conditions derrière toi, alors, c’est simple ! Tu entres dans la maison, Il faut, lorsque tu passes  la porte, dire en chantant :

Tud an Argoad ha tud an Arvor 
Tud diwar ar maezh ha tud ar c'hêrioù bras 
Tud Breizh izel ha tud an Naoned 

Diwallit' ta mar plij, diwallit' ta…    ( 1 )

(Gens des terres et gens des côtes,
Gens des campagnes et gens des grandes cités,
Gens de basse Bretagne et gens du Pays Nantais,
Prenez garde, je vous avertis, prenez garde!)

 

Bon, là,  en principe, le vent du large se met à souffler, la bruine se dissipe, ( oui, en Bretagne, en général, quand il ne pleut pas, il bruine !) un soleil noir se lève derrière la maison, et tu es happé dans le courant d’air.

Alors, c’est la découverte absolue ! A aucune autre semblable, les flots déchainés, la vive violence de l’infini te saisit le corps, et même nous, fétus de paille que nous sommes, nous ne pouvons pas résister.

Une si petite maison sans toit, ( ni toi non plus d’ailleurs ) un si grand Univers ! Rien, jamais ne peut remplacer cet immense bohneur qui t’étreint le cœur à ce moment là… Rien !

 

( 1 )   BREZHONEG RAOK, Alan Stivell

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Bien essayé MAP ! (Walrus)

Mais j'ai tout de suite reconnu la pierre de la côte de granit rose :

Granit2

 

Les beaux-parents de ma fille ont une maison dans les Côtes d'Armor.

Granit1

 

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Prédication (par joye)

sans toit

C’est le chic des reli-

Gieux

De soigner tous les majes-

Tieux

Et ignorer les beso-

Gneux.

Mais c’est le chic des ingé-

Nieux

Et même certains des auda-

Cieux

De savoir laisser passer tous les

Dieux

Et barrer le diable.

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