21 avril 2018

Participation de Venise

 

Je crois qu’on est pourchassé. On avait laissé derrière nous la colère et le chaos.

On aurait pu tomber en charpie sous les flèches, alors   on a fait une halte dans cette forêt amazonienne.

J’ai sorti mon mouchoir tout neuf que ma défunte grand-mère m’avait donné en souvenir.

Je ne sais pas pourquoi je le porte toujours sur moi, mais je sais qu’il va jouer un rôle capital dans cette histoire comme le fusil de Tchekhov si longtemps accroché au mur.

Je vous taquine, mais cet indice marque une pause nécessaire dans cette fuite en avant pour échapper aux Indiens .

 

Toute seule j’étais trop vulnérable, ce compagnon de fortune , mon guide ne cessait de jeter des coups d’œil sur sa gauche .

Je lui tendis mon mouchoir en soie brodé de délicates roses rouges.

Je crois que ce fut notre premier incident.

Jette ce mouchoir et allons-nous en cria -t-il.

Pour accroitre l’Énergie dramatique de mon récit, je dois à cet instant respecter la sincérité narrative des personnages.

Mais d’un autre côté, je me refuse à dépeindre ceux-ci comme des êtres froids et sans sentiments.

Alors que faire ?   v01

Laissons œuvrer ces vieux mots et voyons ce qu’ils écriront tous seuls !!

 

Va te faite voir c’est le mouchoir de mon aïeul je ne peux m’en séparer espèce de tartignole.

À cet instant j’ai compris que mon roman prenait l’eau et que je pouvais dire adieu au Prix Nobel.

Furieuse et déterminée à sortir de cette jungle avec ou sans mon guide  je pris mes jambes à mon coup quand je fus saisi d’effroi .j’étais  nez à nez devant ces sauvages .

En dépit de leurs apparences, je suis contrainte ici d’appliquer une certaine censure socioculturelle

On dira d’eux pour faire bref qu’ils étaient tout droit sortis des contes des mille et une nuits.

Pourtant je n’étais pas une vraie blonde alors pourquoi nous kidnapper et nous jeter dans ce géant jacuzzi. ?

Demandez-moi pourquoi et je vous expliquerai

Chers amis les jacuzzis existent chez les cannibales depuis des milliers d’années. Ici ils n’ont pas une fonction aussi inutile qu’en occident.

Voilà pourquoi ils ne fabriquent pas de bombes atomiques eux !!!

Vous allez sans doute répliquer jusque-là ton récit a pas mal avancé, mais là tu prends l’eau.

Mon prochain problème sera de démontrer à ces êtres candides que je panique facilement et qu’une photo de famille serait d’un meilleur effet plutôt que de conserver ma tête réduite.

Je suis arrivée à leur démontrer que le magazine Times serait prêt à leur verser des sommes considérables pour acquérir ce genre de cliché. Mais nous n’avions aucun photographe à proximité.

Alors j’ai sorti mon mouchoir brodé et je l’ai posé délicatement sur la tête du guide sacré roi du TIMES magazine .Ce fut un jeu d’enfant !!

 

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Je hais les jacuzzis (Laura)

 

Je hais les jacuzzis et spas qui vont avec, cette hystérie collective à la mode
De mariner en coeur dans une soupe bouillonnante pour se détendre.
Lorsque une télé ou une radio offre un séjour, c'est une espèce de cure
Comme faisait ma grand-mère, rebaptisé thalassothérapie pour les angoisses.

J'aime ma baignoire mais à dose homéopathique et seulement parce que
Je peux y lire sinon rester immobile dans l'eau chaude est une souffrance
Le contraire de mes  longueurs en musique, bouger pour rester vivante,
Souple et mobile, regarder les mollusques qui bullent en groupe

J'ai aimé les petits hammams de Casablanca où j'ai vécu et j'aime
Y retourner, m'y laisser maltraiter plus que masser par des mains brusques
Ou alors une fois ces mains enchanteresses dans le petit salon où les marocaines
Aux doigts de fées soignent tous les corps mieux que notre médecine.

A la rigueur, je pourrais me laisser aller à un jacuzzi avec toi: en couple
Et au naturel: la pudeur m'interdit de dire ce que nous y ferions, champagne!
Je hais les jacuzzis sauf seul avec toi entre baisers et caresses
Mais pas de boue, ni de massage sophistiqué; de la marche et des visites
 

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L’échafaudage (Pascal)


J’ai acheté un spa ! J’ai acheté un spa ! J’étais parti chez Casto avec l’idée d’un petit échafaudage, je suis revenu avec un magnifique spa ! L’échafaudage ne rentrait pas dans la bagnole, le spa : si…

Dans les travées de l’immense magasin, j’errais comme une âme en peine à cause de ce foutu échafaudage que je ne pouvais pas embarquer ; à tout prix, il fallait que je me venge sur quelque chose d’autre… Les peintures, les perceuses, les luminaires, les lavabos et autres motoculteurs à mémoire de jardin, les étagères en bois d’arbre, en bois de formica, en bois des bennes, en pin d’épice, les vis pour tous les vices, les placards en carton pâte, les lunettes de chiottes pour aveugles n’avaient pas l’heur de soulever un quelconque émoi pour éteindre ma frustration. J’ai bien vu quelques marteaux à cintrer le verre dépoli, des double six de dominos dans le rayon électrique, des néons à noyer la nuit de nitescences solennelles, un broute-feuilles-mortes de marque « Miam » à inclinaison modulaire et à sac de congélation incorporé, une ventouse au caoutchouc bleu et un vendeur de tondeuse à la tonsure religieuse mais je n’en avais aucune utilité dans ma baraque. Au cul, les poêles à granule, à charbon, à pétrole, à gaz, à électricité, à frire !...

Tout à coup, au détour d’une travée, j’ai aperçu une enfilade de spas gonflables à des prix défiant toute concurrence. C’est sûr, en novembre, avec la pluie, le brouillard, le froid, les gens ne se jettent pas sur du matériel de jardin, qui plus est, un spa. Le magasin soldait ses fins de séries et il affichait, à son article, une somme franchement dérisoire…
Un spa si bas, me suis-je dit en russe… Merci Casto ! Merci fidèle Casto ! Y’avait forcément erreur sur l’étiquetage… Quelle marque ?... Guetti ?... Un spa Guetti : sans doute une marque italienne… Comment ça, musique incorporée ?... A coup sûr : un spa Dassin… Comme si j’avais peur qu’on m’attrape avec ce larcin, je l’ai chargé sur mon caddy et j’ai foncé jusqu’aux caisses avant qu’ils ne s’aperçoivent de leur méprise…
Huit cents litres, température jusqu’à quarante-deux degrés, un mètre quatre-vingt de diamètre, couverture thermique, bulles à gogo balancées par une foultitude de buses cachées dans ses recoins ! Qui dit mieux ?!... C’est ma Spassion depuis toujours ! A moi, l’ivresse des profondeurs, la joie du grand bain, le farniente aqueux (coucou), les glissades rêveuses et les sirènes posées tout autour !…

La caissière, même pas impressionnée par le prix ridicule, me laissa tapoter mon code dans sa machine à fric. Elle avait l’air si blasée qu’elle bâillait immodérément sans plus s’en rendre compte. Attendant l’accusé de réception de mon ticket, je pouvais dénombrer ses dents blanches, ses dents noires, ses dents plombées, celles manquantes et celles trop présentes. Ce n’est pas elle que j’aurais invité dans mon spa. ‘Tain, les microbes, ils n’avaient qu’à bien se tenir dans cette caverne des horreurs… De toute façon, comme je n’étais ni son amant, ni son dentiste, je m’en foutais royalement…
Je me suis cassé en courant, avec mon chariot, jusqu’à la bagnole. Pile, le carton rentrait dans le coffre ! Comme quoi, c’était un signe : il était fait pour moi ! J’ai abandonné le caddy sur le parking et je me suis enfui à toute berzingue… Les cons du magasin et leur sorcière, maintenant, ils n’avaient plus qu’à venir me courir après…

Je suis arrivé chez moi, je ne sais pas comment, tellement j’avais les idées baignant dans mon spa. Vite fait, j’ai débarrassé ma cave, j’ai étendu un bout d’épaisse moquette et j’ai déplié ma baignoire à bulles. Fi des cartons, des explications, des notices et des conseils ! Un spa, c’est quoi ?... Une simple casserole avec de l’eau chaude et des bouillons d’air pour macérer dedans, sans plus !... J’ai tout jeté pour faire plus de place à mon spa…  

C’était facile, j’ai tout trouvé. Au moment du gonflage, j’ai eu un petit doute mais j’avais la pompe de mon vélo pour subvenir aux besoins d’air de mon achat…  
Une heure, j’ai pompé, et je n’ai même pas écarté le tissu, ne serait-ce que d’un millimètre ! Sur mon front, je faisais des gouttes de forçat ! Je ne me rappelais plus avoir autant transpirer depuis ma retraite ! En désespoir de cause, je me résolvais à retourner à Casto, le lendemain, pour acheter un put… de compresseur ! C’est pour cela qu’il était si peu cher, leur matos ! Et les compresseurs, en ce moment, ils ne sont pas soldés ! Ha, ils ne manquent pas d’air, ces enfoirés ! Et pour le chauffer, ce merdier, il faut foutre le feu dessous, aussi ?...

Tout à coup, j’ai eu envie de le reporter et de pleurer aussi… J’aurais dû m’en douter : c’est du matériel Italien !... SPA* : Saloperie Pour Attardé ! Suivi Pourri Assuré ! Seul Perdu Abusé ! J’aurais dû acheter un clébard !... Je suis retourné à la poubelle pour récupérer les pochettes, tout foutre dans le carton d’emballage et faire un retour à l’expéditeur en lui prétextant mille allégations bien senties ! Avec ou sans dent, la petite Delacaisse, j’en faisais mon affaire…  

Je suis tombé sur la notice ; en page deux, il était écrit noir sur blanc : « Pour gonfler votre spa, enfoncer le schroumpfeur dans la gazoumette, brancher la prise de courant, appuyer sur le bouton « on » et attendre cinq minutes. »  Ne le dites à personne, mais j’ai fait tout comme ils disaient et, le pire, ça a marché… Mon spa était magnifiquement bien gonflé ! C’est bête mais pour continuer l’installation du matériel, j’ai lu toute la notice !...

Comme susmentionné, je l’ai rempli d’eau froide jusqu’au trait limite. Aux pressions successives sur les différents boutons, j’ai réglé le chauffage, la stéréo, le diamètre des bulles, le débit de la pompe, tout était écrit ! Après cet effort surhumain, j’ai laissé reposer mon cerveau toute la nuit pendant que mon spa se mettait doucement en température…  

Ce matin, je me suis baigné dedans pour la première fois : un vrai baptême ! Quel pied !... Le problème, c’est que j’y suis resté trop longtemps… C’est l’eau à quarante degrés : je n’ai pas supporté ; je fus pris de malaises, dis donc !... J’étais dans la marmite du diable ! Je voyais la caissière de chez Casto, avec ses dents de requin, déguisée en sirène ! Elle voulait me bouffer ! Cachés dans un coin ombreux, le schroumpfeur séduisant et la gazoumette conquise jouaient en rougissant avec les boutons du compresseur ! Le chauve à la tonsure ecclésiastique passait la tondeuse sur la moquette de ma cave !... Par le soupirail, la lumière du dehors était un arc-en-ciel de marches montant vers le Ciel !...
J’ai réussi à m’extirper de cette machine infernale à temps… Tant pis pour les bulles, la quiétude enveloppante, la marinade corporelle, le délassement liquide… J’ai tout foutu en vrac au fond de la cave. Je ne m’en suis servi qu’une fois, tu parles d’un amortissement.  En fin de compte, il était vachement cher, ce spa… Tout ça, c’est la faute de ma bagnole, si elle avait été plus grande, j’aurais pu ramener… l’échafaudage…



Spa : Sanitas per aquam : santé par les eaux.


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♪ jacuzzi vais-t-y, ou jacuzzi vais-t-y pas ♪ (Cavalier)

 

Hors du bain, hors de moi

Le long de ta ligne de fuite, hors du temps,
Par mille flambeaux de vie aérienne,
Tu sortis du bain, toi, mon doux printemps,
Tel un champ de blé d'allure olympienne...

Nue, si belle enfant, d'éclats de lumière,
Lapis-lazuli bronzé, indolent,
Tu cambrais ton dos, ma rose trémière,
Sous le vent fripon au souffle insolent...

Vêtue en rais d'ors, mon ange soleil,
Ta chute de reins aux reflets de reine,
Réveillant mes sens en simple appareil,
Me fit te rejoindre, enfin, ma sirène...

 


0000bain


 

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Le contrat (Ghislaine53)

Les flashs crépitaient !
Les marquages numérotés autour de la scène de crime
s'étendaient à mesure de indices qui étaient relevés par
plusieurs personnes , toutes vêtues de blanc, de la tête
aux pieds..
On lui curait les ongles, on lui soutirait quelques 
morceaux de peau, du sang et que sais- je encore ?
L'ex vivant ne pouvait s'en offusquer puisqu'il trempait là
nu comme un ver, dans son superbe jacuzzi,
 encore bouillonnant, odorant et si relaxant
qu'il en était devenu mortel.
Je me demandais s'il avait senti la douleur ?
 S'il avait entendu le geste du tueur s'abattre sur sa tête ?
Jamais je ne le saurais....
Et puis je n'étais là que pour filmer, juste pour les besoins
du scénario......
J'entendis alors un "" Coupez ! On la garde ""
Je rangeai ma caméra et m'éloignant,dans un gloussement
ironique de rire ! Je jubilais !
Bonne chance pour réveiller le faux mort !!
Mon contrat était rempli, preuve à l'appui
dans les journaux du soir.........

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14 avril 2018

Défi #503

 

Allez, tous dans le bain !

Jacuzzi

 

5031

 

Moi, j'ai déjà donné !
(pour le défi 286)

 

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Mérite (Minuitdixhuit)

 

Parce qu’il n’en parlait jamais.

—    René, tu y as droit à la médaille de la Résistance, il suffit que tu la demandes, disait Maman.

Mais Papa ne répondait rien.

Et puis elle a arrêté de le lui répéter. Ça l’a soulagé, mon Père, ce Héros…

Il avait attrapé ce cancer qui te fait expliquer :

—    J’y avais droit, mais je ne le méritais pas.

Alors il m’a raconté. La mort annoncée est forte. Plus que celle du combattant.

—    Tu t’es battu ?

—    Oui, mais pas contre mes inconsciences.

Papa est vert, sur les draps blancs. Il règne une odeur de rayons X et d’attentions précaires. L’infirmière est belle, plus jeune que moi et elle est même plus triste que je pourrais l’être parce que : elle sait.

Moi, grâce à Papa, j’ai toujours rêvé. Et il m’a dit ce que je n’avais jamais su :

On m’a envoyé au STO, je n’étais pas plus malin que les autres, je ne me suis pas débattu, les occupants, les vainqueurs, j’avais dix-huit ans et un jour, c’est comme les parties de pétanque, il y a un perdant, c’était à mon tour de payer la tournée.

Ça ne m’a pas plu. Je ne savais que tailler la vigne. À Funkingen, ils faisaient de l’orge. La fermière avait perdu son homme en Russie. Moi, j’étais un cochon parmi ses cochons.

Alors j’ai pris le chemin du retour. Sans vache avec le prisonnier. Il suffisait d’un train. Pour moi, ça a marché. Je suis retourné au village dans un wagon à bestiaux, vide. Va savoir pourquoi on faisait rouler des wagons qui puaient l’urine, vides de toute vie, dans ce sens.

Pierre était vraiment stupide, dernier en classe, à dormir. Nul en tout sauf en gym, il avait fini milicien.

—    René, tu peux pas rester là. Maintenant que tu t’es évadé. J’ai des ordres. Je viens te chercher demain matin, à 6 heures. Et puis tu risques. Sauf si…

Au comptoir du Café des Platanes, on a continué à taper la discute, surtout de foot. Nos avis divergeaient sur Joaquín Valle Benítez.

J’ai mis mon réveil à 5 heures et j’ai bien dormi.

Les yeux pleins de colle, dans la rue déserte à cette heure, je n’avais que deux choix. Un côté, l’autre. Je n’en savais rien, j’avais surtout envie de retourner dans mes draps.

En descendant, je serais arrivé à la caserne de la milice. Facile de m’engager. Intouchable pour la suite.

En montant, je retrouvais le ruisseau de mon enfance, de mes souvenirs d’école buissonnière.

J’avais une décision à prendre et ça m’a toujours ennuyé d’improviser. La date pour désherber, celle pour tailler, celle pour sulfater, celle pour vendanger, c’est la même tous les ans depuis l’invention du servage. C’est comme l’heure du 20 heures. C’est 20 heures pile. Pas de surprise. Ça me va.

Malgré l’heure matinale, sur le pont, il y’avait Charles avec son air de certificat d’études. Je l’aimais bien. Pas plus que ce crétin de Pierre. En fait, j’ai toujours aimé tout le monde. Dans la classe unique de Monsieur Martin, il y avait tous les gamins du village. Pierre et Charles en dernière année de Primaire apprenaient les départements, moi en cagueux, je tirais la langue à faire des pâtés en guise d’alphabet.

— On t’attendait. Tu sais que t’es dans la merde, René. Viens avec nous maintenant. Au moins ça épargnera la vie de Pierre. Pour l’instant.

Il y avait des ombres de fusils dans les bosquets. Et je l’ai suivi. Surtout à cause de la rivière, j’aimais bien ses reflets, dans l’aube de quelque chose. Ce que j’ai fait après, je ne l’ai pas fait exprès.

La médaille, j’y avais droit, mais je ne la méritais pas.

 

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Comme l'Italie me botte ! (Joe Krapov)

Il n’y a rien de tel qu’un atelier d’écriture pour conjuguer le verbe « improviser ». L’animateur arrive avec un thème principal et chacun dans son coin écrit son contrechant par-dessus puis le livre aux oreilles – ou aux yeux - des autres.

Improviser sur le verbe « improviser » est une belle mise en abyme ! J’imagine que beaucoup d’entre vous, devant un champ aussi libre, auront été bien inspiré(e) s. Pour ma part j’ai choisi de vous livrer une improvisation d’il y a quinze jours sur un motif plus astreignant : l’écriture d’une suite de tankas à partir d’une photo !

COMME L’ITALIE ME BOTTE !

Au caillebotis
Bottes vertes, blanches, rouges
Sèchent sur le seuil.

Moi je joue au chat botté
Et je rêve d’Italie.

171823 cochon bottes


Je sais qu’au musée,
Signé par Botticelli,
Le printemps est beau.

C’est incroyable vraiment
Comme l’Italie me botte !

Sur un ferry-boat
J’embarquerais volontiers
Comme Cyrano.

C’est fou – péninsule ou cap –
Comme l’Italie me botte !

Du pauvre goret
Ecoutez la litanie
Quasi-rimbaldienne :

En marche ! Allons de l’avant
Vers l’Italie qui nous botte !

Sur quel paquebot
Embarquer au débotté
Jusqu’à la lagune

De Venise, vers Bologne
Ou vers Naples ou Pompéi ?

D’une périssoire
Peinte hier par Caillebotte
Je ferais navire

Si quelqu’un voulait m’aider
A ramer vers l’Italie.

Dans un port celé
De la mer Adriatique
Nous ferions escale.

Générosité d’autrui
Nous aurions des confitures

Et des marguerites
Sur des pizzas gigantesques
Aux quatre saisons.

Pays de magnificence
Vraiment, l’Italie me botte !

Pour Corto Maltese
Venise serait sa fin.
Moi, pauvre cochon,

Finir en jambon d’Aoste
Je n’y peux rien : ça me botte !


Et si vous voulez de l'improvisation musicale, en voici de la vraie :

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Évidemment ! (Walrus)

 

Avec mes idées de crétin
À près de minuit, je suis bien :
Pas la moindre idée, c'est la crise !
Il va falloir que j'improvise...

 

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