08 octobre 2016

Oublis (MAP)

-Et pour vous Madame ce sera quoi ?

-Eh bien je voudrais un mot magique pour m'empêcher d'oublier où j'ai bien pu poser mes clefs ou mes lunettes, ou bien encore pour m'aider à retrouver comment s'appellent les objets qui m'entourent, ou …

-N'allez pas plus loin Madame. J'ai compris ! Pour vous ce ne sera pas le mot magique le plus demandé à savoir "A-bras-Cadabras !!!" Non, non !!! Ni "C'est-Zame ouvre-toit !!!" Pas plus qu' "Archtalopuskobine-Quilovis-Quarochinovski » !!!" Non, non ! Tous ceux là ne vous servirait en rien !!! Je vous recommande celui qui a déjà fait tant de victimes, euh, je veux dire tant de merveilles ! Le fameux «Al-Zeille-meurt-Mais-ne-Se-rend pas » !!! Non, non ne me remerciez pas chère Madame ! Oubliez-moi !!!

 

Le gardien de l'oubli

 

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Sam'di tout l'monde revient pour la super-soirée diapos ! (Joe Krapov)

 

Il suffit de dire « Sésame »
Et la porte de la caverne
S’ouvre sur les trésors cachés.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et de vieux ponts sur la rivière
Posent la question du parcours.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et tu fais six au jeu de l’oie :
Tu rejoues tes pas au hasard.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et par trente-huit degrés tu trempes,
Tu siestes, tu lis, tu farnientes.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et la pie t’apporte la clé
qu’elle a volée à Rossini.

Les rubis de la Castafiore
Liquéfiés dans le Bergerac,
Tu ne rebiffes aucune cave.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et les kayaks se précipitent,
En régime, des bananiers.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et l’on perd Igor en chemin
Dans ce massacre du printemps

Que joue l’été dans les sous-bois,
Enguirlandant le cœur des feuilles
Et promenant les hippocampes.

Il suffit de dire « balade »
Et tu pénètres des châteaux
Où trônent des curiosités.

Il suffit de dire « Bourdeille »
Et tu flânes, en d’autres jardins,
Parmi des fleurs d’âge moyen.

Il suffit de dire « vacances » :
Tout est changé par la magie
De la "prestigivacation".

Il suffit de dire « Brantôme » :
Toutes les dames sont galantes
Et le Périgord est plus vert.

Il suffit de dire « Brantôme ».
Ce philtre a des côtés puissants
Et j’en reprendrais bien un verre !

Mais je sais aussi être sage
Et archiver ces mille images
Pour les longues soirées d’hiver !

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Participation de Marco Québec

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Carnet d’adresses

 

Fabrique des mots magiques
7, rue des Apprentis sorciers
Pays du Perlimpinpin

Fabrique des mensonges
3 1/2 , rue des Demis-vérités
Pays de la Fourberie

Fabrique des mots de guerre
2, rue des Belligérants
Pays de la Contre-attaque

Fabrique des mots gentils
6, rue Latendresse
Pays de la Douce heure

Fabrique des paroles dures
4, rue du Crève-cœur
Pays de la Blessure

Fabrique des mots de peur
13, rue de la Répression
Pays de la Censure

Fabrique des mots de révolte
1000, rue des Insurgés
Pays de la Libération

 

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abracadabra (JAK)

 

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Elle imaginait qu’un mot magique lui ouvrirait les portes du bonheur ce mot était amour

Mais les tourments commencèrent  dès qu’elle  su écrire ce mot magique. Elle avait 6 ans : elle devint  orpheline

Elle imaginait qu’un mot magique lui ouvrirait les portes du bonheur ce mot était amour

Mais le malheur est entré par la grande porte du mariage, après deux ans de mariage son mari l’a abandonnée, elle et ses triplés

Elle imaginait qu’un mot magique lui ouvrirait les portes du bonheur ce mot était amour

Avec ses triplés il a peu duré, elle n’était pas armée pour   les guider, et dans leur adolescence ils lui ont fait connaitre l’enfer. Devenus adultes ils l’ont, eux aussi abandonnée

Elle imaginait qu’un mot magique lui ouvrirait les portes du bonheur ce mot était amour……..

 

Abracadabra…..

 

Elle rêvait  trop, n’avait pas le sens de la réalité : le bonheur n'est pas une, éventualité, c’est une aptitude, dont elle méconnaissait l’usage. Elle n’était pas née pour être confrontée à toute la misère du monde.

Ayant pris de l’âge et du recul elle finit par commencer à comprendre.  Elle se fit magicienne des mots, écrivit des termes magiques qui ouvrent toutes les portes, et surtout celles où derrière elle s’était enfermée

Maintenant, elle lace les mots, les entrelace, les enchevêtre, lesmanigance à sa manière en invente. Ils tournent cependant toujours autour du même mot : amour

 

Elle sait maintenant qu’un autre mot magique lui a ouvert les portes du bonheur ce mot est l’écriture et celui qu’elle préfère c’est abracadabra

 

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Les mots magiques (Pascal)

 

La vie est constellée de fabricants de mots magiques ; d’ailleurs, au fil du temps, je me demande même si on ne marche pas qu’à ça. Ça commence tout gamin avec des : « Si tu n’es pas sage, le père Noël ne passera pas !... » Après la bêtise : « Je vais le dire à ton père !... » Après l’école : « Avec ces notes désastreuses, c’est la pension assurée !... » Après la première cuite : « Va t’inscrire à l’armée !... » Utilisés par les parents, ils sont les garants d’une tranquillité relative ; le panel est large et dépend surtout de celui qui les reçoit et de son âge…

Forcément, il y a les mots magiques, ceux qui ouvrent les sésames, tels les : « S’il vous plaît », les : « Bonjour », les : « Pardon », mais ils se perdent, ceux-là ; ils sont en voie de disparition, le siècle dernier les a enterrés avec lui. « Garde-à-vous !... » « Repos !... » « Vous pouvez disposer !... » sont les principaux sésames de la caserne mais ils sont révolus, eux aussi….

Bien sûr, il y a les abracadabras, les « Endoloris » chers à Potter, mais ça ne marche pas, sinon dans les salles de spectacles et dans les cinémas…  

Nous-mêmes, nous sommes une véritable fabrique de mots magiques ! Tenez : au chien, par exemple ! « On va promener ?... » « Où t’as mis ta baballe ?... » Si vous le voyiez frétiller de la queue !...
Pour sa moitié, on a plein de « Je t’aime » en réserve mais ils sont durs à dire tant ils nous déshabillent l’âme ; alors, on est plus pragmatiques, plus impersonnels ; c’est plus facile avec des : « On va au restau, ce soir ?... » « Tu veux ma carte bleue pour ton shopping ?... » « Et si on allait aux Açores, en vacances, cet été ?... »
En retour, c’est fou comme on aime les entendre… « On n’ira pas chez maman, ce week-end… » « Tu préfères les bougies ou la petite lampe d’ambiance ?... » « Je mets mon beau porte-jarretelles noir, ce soir ?... » Si vous voyiez comme je frétille…

« Si vous ne prenez pas vos médicaments, pépé, vous n’aurez pas votre soupe !... » « Pas de piqûre, pas de télé !... » « Si vous n’êtes pas sage, votre fille ne viendra pas vous visiter !... » sont surtout prononcés à la maison de retraite…

Au défunt, il reste les mots magiques du Salut, adressés à l’occasion toute neuve de son départ, mais ils aident surtout les survivants… Enfin, il y a les formules magiques du notaire qui mettent tout le monde au diapason de l’intérêt, pendant qu’il décachette l’enveloppe familiale. Dans le courant d’air de sa fenêtre entrouverte, on entend : « Si tu n’es pas sage, le père Noël ne passera pas… » et tout recommence…

 

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La fabrique des mots magiques (Laura)

 

-Pourquoi n’écris-tu pas ce qui plait aux gens ?
-Je ne sais pas le faire.
 
Pourquoi n’écris-tu pas des romans  comme Marc Lévy, Anna Gavalda ?
Pourquoi n’écris-tu pas des  choses qui se vendent ?
Pourquoi n’écris-tu pas  des livres qui me plaisent ?
Pourquoi ne me lis-tu pas ?
 
-Pourquoi n’écris-tu pas ce qui plait aux gens ?
-Je ne sais pas le faire.
 
Je ne sais pas écrire des romans comme Musso  ou Galvada
Ils sont vraiment forts ces gens-là
Ils écrivent ce qui plait aux gens et qu’ils achètent
Ils vendent ce qu’ils écrivent
 
-Pourquoi n’écris-tu pas ce qui plait aux gens ?
-Je ne sais pas le faire.
 
Je n’ai pas trouvé la clef de la fabrique des mots magiques
Je rentre par effraction dans les mots qui cognent à ma porte
Je n’ai pas trouvé la clef de la fabrique des mots magiques
Je ne sais pas vendre mes mots, des mots qui s’achètent
 
-Pourquoi n’écris-tu pas ce qui plait aux gens ?
-Je ne sais pas le faire.
 

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LA FABRIQUE DES MOTS MAGIQUES (Lorraine)

 

            Je me suis trompée de porte,  et au lieu du magasin habituel où j’achète mes rêves éveillés, je me suis trouvée dans un atelier plein comme une ruche de petits chapeaux comme on n’en fait plus. J’allais partir quand une voix de clochette chantonna :

            - Vous voulez des mots magiques ? Bonjour, les voici !

            Et derrière la frimousse fripée d’une souriante grenouille, s’élevèrent des pancartes griffonnées de « je t’aime, « Bisous », « N’aie pas peur », « Je suis là », la vie est belle », et enfin « Assiéds--toi ». Et sans le vouloir, je m’assis. La grenouille souriante me mit sur la tête un chapeau pointu et j’eus l’air d’une fée ; un chapeau rouge  et je devins le Petiit Chaperon des légendes ; un voile perlé me fit sultane, une couronne reine d’Angleterre.  Hum !

            - Je ne veux pas de chapeaux, mais des mots ! criai-je.

            - Les voici, les voilà ! Tu les prends, tu les jettes, tu les gardes, j’en invente tous les jours, fais-en ce que tu veux…

            Et comme des papillons s’envolèrent des syllabes dodues, gaies, insensées, prêtes à danser , prêtes à vivre. Je  tentai de les attraper au passage, elles me faisaient la nique. Je réussis à capturer « amour », « turlututu » « grelot, « harpe »…et puis je fermai les yeux car arrivaient en masse « nenni », ‘tempête », « illusion », « adieu », « jamais » et enfin « mourir » ;

            Alors je suis partie très vite. Et je me suis retrouvée chez moi, voulant me convaincre d’avoir rêvé…

 

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Des mots (Thérèse)

 

Deux p'tits mots, trois p'tits mots

te trottent dans la tête,

s'assemblent, se dénouent,

sarabande de phrases dansent devant tes yeux.

 

Dansent les mots, font des ronds de sorcières

Dansent les phrases, font des rondes d’enfants

Spirales joyeuses se mêlent et se nouent

Arabesques burlesques.

 

Chantent les mots, font de jolis poèmes

Chantent les phrases, font de belles prouesses

Au bout de ton crayon, bulles de savon

Légères, s’envolent…

 

Quelques mots griffonnés

Sur un bout de papier

Et plus tard réunis

Dans une blanche nuit

 

Des mots abandonnés

Qui sont venus pleurer

À ta porte mendier

Pour un peu d’amitié

 

Sortis de ma tête

Pour te faire la fête

Voici des mots douceur

À poser sur ton cœur

 

Mais là ces mots colère

À tanguer sur la mer

Et puis ces mots chagrin

 

Tends-moi vite la main

Que j’y dépose, nostalgie,

Un morceau de ma vie.

 

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Les mots magiques (Venise)

 

La madeleine de Proust  fut longtemps le seul billet de train qui me permettait de voyager dans le temps .
Ce mot à lui seul me transportait dans d’étranges gares aux dimensions quantiques.

Puis vinrent les anagrammes, avec leur contre propositions  renversantes
C’est ainsi que les tripes ne furent pas sans esprit ,que le pirate sans patrie et les sportifs sans profit!!

La rencontre amoureuse improbable quant à son résultat  contient en elle toutes les courbures des êtres.

Elle permet de pousser  la porte chancelante de nos cœurs rabougris  et nous invite à sortir de notre pénombre .

La galette de pain qu’on donnait comme offrande aux pauvres , alors que les corbeaux les fuient du regard.

Il en est des mots magiques , comme des amateurs  qui fréquentent des écoles d’art .

On commence par voir couler la seine , puis les mots comme d’immense valises arrivent sur le pont des péniches .

On pique à Baudelaire sa plume d’oie et on va parler aux peintres du dimanche qui inondent les quais de la capitale .

 

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Conseil des Sinistres (Vegas sur sarthe)

 

Quelqu'un avait écrit Fabrique de mots magiques ici

Par l'écriteau alléché je tirai avec pêne la bobichevillette réversible et poussai la porte de l'officine, m'attendant à découvrir un Merlin l'Enchanteur désenchanté ou je ne sais quelle fée Clochette évanescentralienne en haut balconné et en bas résilles.

Que nenni !

Dans l'excluminosité qui tombait du sésame-ouvre-toit et dans un accumoncellement d'objets hétéroclites – fessupliants, contrepelletées et autres maltapropos – trônait un grammécanographe d'avant-guerre, mais de quelle guerre?

“Bienvenue à la fabrique de mots magiques” marmonna un cyborg balafré d'une funèbre cicatriste et préposé au susdit grammécanographe.

J'allais lui faire remarquer que “Bienvenue” eut amplement suffi puisque j'avais lu l'écriteau mais je n'ai pas pour habitude de parler aux cyborgs ou alors sous la torture.

“Que me vaut le plaisir de votre venue?” geignit-il dans un sanglot-long-de-l-automne comme seuls savent en exprimer les violons verlainiens.

“Je ne suis pas là par plaisir” avouai-je “mais j'ai été mis au défi de rapporter des mots magiques pour samedi prochain”.

 

Le grammécanographe se mit à cramouiller comme tous les machins en graphe d'avant-guerre jusqu'à ce que le cyborg le fasse taire d'un solide coup de poing.

Embarrassé, il s'enquit :”C'est qui Samedi?”

Visiblement, je n'étais pas sorti de l'officine...

A quoi bon m'évertuer à expliquer à ce cyborg que le samedi est le jour du Seigneur et le septième jour de la Genèse; j'étais juste là pour rapporter des mots magiques.

“Vous avez des mots magiques ou vous n'en avez pas?” tranchai-je.

J'ignore si vous avez déjà vu un cyborg tranché mais je peux dire que ça fait peine à voir, un être aussi sophistiqué et si fragile à la fois.

“J'avais préparé une liste qu'on m'a commandée en haut lieu pour le prochain Conseil des Sinistres” chuchotèrent les deux moitiés de cyborg “et je pourrais vous en faire quelques photocopines”.

J'acquiesçai d'un air entendu (où avais-je déjà entendu cet air?), je n'ai rien contre les photocopines bien au contraire si elles sont gracieuses.

Le grammécanographe avait expectoré une première photocopine dans un épais brouillard de posticrachats; je pus cependant déchiffrer ceci:

 

burkini

brexit

jungle

pré-campagne

 

“Alors?” interrogea le cyborg en se rafistolant.

“Alors” répondis-je, désappointé “c'est tout ce que vous avez à me proposer comme mots magiques?”

Vexé, le cyborg rafistolé s'était retranché derrière son grammécanographe qui cramouillait de plus belle :”Pourtant le Conseil des Sinistres ne s'est jamais plaint!”

 

Avec de tels mots magiques je comprenais maintenant pourquoi tout partait à vau-l'eau dans notre royaume.

Je n'attendis pas la photocopine suivante et sortis contrarié de l'officine.

Puisque c'était ainsi je les fabriquerais moi-même; d'ailleurs j'en tenais un qui me parut excellent – coquecigrue – et que j'enfouis prestement dans ma poche de peur qu'il ne s'échappe.

Je souris... certain que personne n'utiliserait jamais celui-là dans aucun hémicycle.

 

 

Coquecigrue (fém.) oiseau imaginaire, fabuleux.
À la venue des coquecigrues = à la Saint Glin-glin
Regarder voler des coquecigrues = se faire des illusions, s'occuper de choses chimériques.
Baliverne, sornette, sottise. Conter, débiter des coquecigrues



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