07 mai 2016

Défi #402

 

Un phénomène étrange !

Un phénomène étrange

A vous de tout nous expliquer

-si vous le pouvez-

:-) 

(on peut aussi inventer bien sûr !!)

à :

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt les amis !

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bon vent (par joye)

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CUPIDON (EnlumériA)

 

La barque suivait l’imperceptible fil de l’eau. Quelques bulles éclataient de-ci de-là révélant peut-être la présence de quelque brochet à l’affut. L’ombre de la futaie protégeait les amoureux des ardeurs du soleil.

L’homme portait la barbe ; La femme protégeait l’albâtre de son visage sous un canotier. Ils étaient vêtus de blanc. Seule une écharpe de soie sur les épaules de la femme éclaboussait de rose ce charmant tableau.

Je faisais de mon mieux pour ne pas attirer leur attention. Ce n’était pas la première fois que j’étais en mission et je prenais mon rôle à cœur. Je fis le comput de mes exploits pour passer le temps. Ce serait le sixième couple que je bénirai. Ceux-là étaient des quadragénaires. Consacrer l’amour des personnes mûres était plus excitant que celui de jeunes gens à peine sortis de l’adolescence. Pour ces derniers, le travail était pour ainsi dire mâché. Encore pétris d’illusions, ils croquaient la vie à pleines dents. Alors que passé quarante ans, les gens se méfiaient, ils avaient souvent vécu des déceptions, des drames. Certains étaient si aigris qu’ils ne reconnaissaient même pas l’amour quand il se présentait. D’autres avaient définitivement fermé la porte aux émois du cœur, n’autorisant de temps à autres que des plaisirs charnels sans joie dans la pénombre de leurs tristes chambres à coucher parfois éclairées par la lumière blafarde de la télévision.

Le couple dans la barque semblait vivre une seconde jeunesse. D’où j’étais posté, je pouvais presque discerner l’infinie tendresse qu’ils échangeaient au moindre geste, au moindre regard.

Je pressentis l’instant favorable. Bandant mon arc pour mieux viser, j’accomplis mon ministère. Les deux flèches atteignirent leurs buts. Ces deux-là ne verraient jamais leur amour s’éteindre. Je venais de le figer pour l’éternité.

Demain, dans la presse, on pourra lire en première page :

 

CUPIDON A ENCORE FRAPPÉ !

Hier, au bois de Vincennes,

le tueur en série a tué un sixième couple.

Que fait la police ?

 

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Un couple d’amoureux par bongopinot

Source: Externe


Un couple d’amoureux
Tout de blanc vêtus
Beau et gracieux.
Elle, assise et lui, étendu

Sur leur petite barque
Partis pour une balade
Sur un très vaste lac
Loin des bousculades

Sur ces eaux douces et claires
La tendresse les transporte
Et rien ne peut les distraire
Et le vent les escorte

Cajolant furtivement les voiles
Du petit bateau de bois
Jouant ainsi avec la toile
Il s’en donne à cœur joie

Et les jeunes tourtereaux
Bercés et entourés d’amour
D’une bise frôlant leur peau
Dans ce bonheur d’un jour

 

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Emile (MAP)

La peinture d'Emile Friant me plaît énormément !

Récemment revisant pour la n'ème foi le Musée des Beaux Arts de Nancy

j'ai pu admirer de nouveau trois de ses oeuvres majeures :

DSCF6502

 

Le Travail du lundi 1884 Huile sur toile.

*

La TOUSSAINT !

"La scène de La Toussaint se déroule devant l'entrée du  cimetière de Préville à Nancy.

Elle nous présente une grande famille  lorraine, avec ses rites du deuil,

sa conception de la charité et les  principes d'éducation qui en découlent" ...

La Toussaint E

SyLvain LANG a eu l'idée d'une transformation animée de ce tableau

avec une installation vidéo et silicone !

Voilà en quelques photos ce que cela donne :

La Toussaint 1

La Toussaint 2

La Toussaint 3

A voir ici en mouvement :

https://youtu.be/zPgdM_6svv8

 

C'est assez impressionnant à voir !!!

Les personnages d'une peinture qui se mettent soudain à prendre vie

et à défiler devant nos yeux !

Il y a comme de la magie là-dedans !!!!

*

Et bien sûr le tableau que je vous ai proposé

pour ce nouveau défi :

 

La petite barque E

La petite barque 1895

Emile Friant

que j'aime pour la douce émotion qu'elle dégage !

* * *

Eh bien voilà ! Si vous passez par Nancy n'hésitez pas

à visiter notre beau Musée et à en admirer

ses chefs d'oeuvre !

 

 

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Je déteste Disney ! (Joe Krapov)

DDS 401 Blanche-Neige

Au début, on était comme Adam et Eve, Daphnis et Chloé, Castor et Pollux, Rodrigue et Chimène, Roméo et Juliette, Roux et Combaluzier, Tarzan et Jane.

Je lui trouvais plus de beauté et de séduction qu’aux trois Grâces réunies.

C’était l’époque du début, celle que depuis Monet on appelle « Impression soleil levant ». Tout autour de moi avait pris les sept couleurs de l’arc-en-ciel. Je vivais sur un nuage. J’étais prêt à accomplir pour elle les douze travaux d’Hercule. A m’abstenir de commettre les sept péchés capitaux. Pourtant j’ai longtemps cru que je n’avais pas le droit de pénétrer dans les églises et que, n’étant pas croyant, ces interdits ne me concernaient pas. Pas plus d’intérêt pour la Sainte-Trinité que pour les dix commandements ou les dix Chatterley.

Avec elle, j’aurais voulu faire les quatre cents coups, passer mille et une fois mille et une nuits, j’aurais parcouru le monde dans tous les sens. Les quatre points cardinaux n’auraient pas eu plus de secrets pour nous que les quatre filles du docteur Marsh ou crève depuis qu’elles ont entrepris d’écrire 366 réels à prise rapide.

J’aurais escaladé les sept collines de Rome : l’Aventin, le Palatin, le Trissotin, le Picotin, le Capitole, le Pactole et le Quirinal.

A elle seule elle représentait plus d’aventures potentielles que mes dix-huit compagnons de jeunesse réunis : le club des cinq, le clan des sept et les six compagnons.

Elle était supérieure aux sept merveilles du monde, elle était la huitième et la neuvième de Beethoven réunies pour un hymne à la joie des choeurs et de mon cœur.

Bref j’étais éperdument amoureux d’Isaure Chassériau dont le portrait par Eugène Amaury-Duval est conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes.

Mais je crois que j’aurais dû consulter des voyantes. Deux ou trois voire plus si affinités. Elles me l’auraient peut-être prédit, les sept boules de cristal, qu’il y aurait quatre saisons dans notre vie d’amoureux.

J’ai longtemps cru, enfant, que les faits divers s’écrivaient « fées d’hiver ». Je n’avais jamais imaginé qu’il pût y avoir aussi des sorcières d’été.

Ce qui nous a perdus, ce qui a tué mon amour, c’est son affection débordante pour les animaux.
Un dalmatien, ça va. Deux passe encore, trois, bonjour les dégâts. Mais 101 !

DDS 401 Dalmatiens 2

Le premier s’appelait Dalmatheux, le deuxième Duffelcoat, le troisième Deltoïde puis vinrent Dagobert, Daffodil, Duralex, Dixieland, Djingle bells, Davidoff…

Le cent unième fut appelé Derdesders. Mais il y avait déjà longtemps que je n’en pouvais plus d’aller les faire sortir dans la rue pour leurs besoins du soir.

Qu’est-ce qui m’avait pris de tomber amoureux de cette tête de corde à nœuds, de ce lapin de Garonne, comme on dit à Toulouse, de ce gibier de quarantaine ?

Désormais je ne rêvais plus que de la quitter, de m’envoler cinq semaines en ballon, de faire le tour du monde en 80 jours et de n’en pas revenir.

DDS 401 bateau

Même encore maintenant, dans ce petit voilier au pied des falaises normandes je cherchais ce qui, avant que je ne fasse sa connaissance, avait pu, dans ma folle jeunesse, provoquer les cieux au point que je dusse recevoir un tel châtiment BrigitteBardotesque.

Avions-nous, un jour, été treize à table ? Avais-je froissé sept samouraïs, douze hommes en colères, huit salopards ? Avais-je eu dans un pays imaginaire, dans une vie antérieure, sept femmes et une barbe bleue ? Avais-je dérobé des bottes de sept lieurs et agi de telle manière qu’un ogre fût obligé d’égorger ses sept filles ? Faut pas poucet, quand même, j’avais fait des conneries, mais pas celle-là ! Je n’avais pas non plus, par sept fois, participé à une épreuve de lancer de nains au cours d’une épreuve de sports d’hiver, dans un paysage tout couvert de blanche neige.

J’étais abasourdi de chiffres, de souvenirs vrais ou inventés.

Quand je sortis de ma réflexion, je m’aperçus qu’une chose bizarre s’était produite autour de nous. Le vent était tombé, la barque n’avançait plus et il n’y avait plus de ligne d’horizon. Tout autour de nous la barrière de falaises s’était refermée et nous étions désormais à la surface d’un lac d’Auvergne mais sans possibilité aucune d’accoster.

Je tapai sur l’épaule d’Isaure qui se redressa.

DDS 401 Dalmatiens 3

- As-tu vu ce que je vois ? lui demandai-je.
- Ce n’est rien, me répondit-elle. Ce n’est pas pire que d’être coincé à bord du radeau de la Méduse. Quand les douze coups de minuit sonneront, tu te réveilleras et tu verras que tout cela n’est qu’un cauchemar.
- Vraiment ?
- Vraiment ! Et alors tu sortiras faire pisser Dakota, Desdémone, Delaware, Douaisis, Darrigade, Dyslexique, Dulcimer, Domino…

Je déteste Disney !

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Ah les femmes ! (Walrus)

 

... toujours prêtes à se laisser mener en bateau !

Et ça ne date pas d'hier...

 

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L’Effrontée (Pascal)

 

« Comme vous me voyez, c’est moi qui nous ramène au port ; si vous entendiez comme il ronfle, on dirait un bateau à vapeur. Avec tout ce qu’il a ingurgité, il n’a plus tellement le pied marin, mon Jason ; il n’est même plus capable d’ouvrir un œil… Il est premier biniou au bagad de Louannec, marin pêcheur sur l’Effrontée et bourré comme un coing, à cette heure, mon argonaute…

Ce matin, à l’ouverture de la foire annuelle de Paimpol, il fallait voir comme il a défilé ! Un troubadour ! Un vrai fifrelin exalté stridulant sa partition comme un pinson de printemps ! A l’issue de la représentation, il s’est fait embarquer dans une embuscade digne des pirates de la Côte ! Et que je te reprenne un pichet de cidre, un verre de Chouchen, et que je te chante « Ils ont des chapeaux ronds », et que je trinque avec le chef de la clique, le tambour-major, la deuxième bombarde, et que j’arrose nos fiançailles !...

Avec tout ce vent dans les voiles, monsieur a réclamé une balade sur la mer ! On a loué cette petite barque. A quelques encablures, sur l’île des Amants, il voulait incruster nos initiales sur les rochers de la marée basse ; il voulait me faire un collier avec des coquilles de bigorneaux et me confectionner une robe de mariée avec le goémon de la plage ! Il voulait me conter fleurette assis sur un banc de sardines et il avait même des idées d’Amérique, avec cette coquille de noix… On n’a pas fait un quart d’heure de voile que mon Jason était malade comme l’aiguille d’une vieille boussole désaimantée ! Il s’est effondré dans la barque ! Regardez-le, il ronfle affalé sur l’oreiller de ma belle robe à crinoline du dimanche ! J’ai pris la barre ; il ne sera pas dit que Bleuenn, fille unique de Loïc le Cloarec, émérite patron pêcheur sur l’Effrontée, ne sait pas mener une voile ! Heureusement, il y a du vent ; autrement, je serais rentrée à la rame… »

 

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Rêve de lune (Clémence)

 
Elle s’appelait Émilie.
Svelte et jolie, elle portait  une robe blanche. Sa chevelure brune relevée en chignon laissait danser quelques mèches sur ses yeux noisette. C'est ainsi que Jules la vit pour la première fois.

Il lui fit une cour discrète. Elle ne s'effaroucha pas. C'est vrai que Jules était beau garçon !
Après avoir fait la connaissance des parents d’Émilie, il fut autorisé à venir le dimanche après-midi. Il l'emmenait en promenade dans le parc de la ville. Lorsque des regards envieux s'attardaient sur elle, elle cachait son émoi sous son ombrelle.

Jules devint plus audacieux. Les soirs d'été, il venait sous la fenêtre de sa chambre et lui récitait quelque poème. Elle trouva cela très romantique.

Émilie devint plus audacieuse à son tour.
Elle glissa une échelle sous la glycine qui grimpait jusqu'à sa fenêtre. Le soir, elle enjambait le petit balcon  et courrait à la rencontre de son amoureux.

Ce soir, la lune était magique. Leur première nuit la fut aussi. Tendrement enlacés, il lui murmura :
- Je t'emmènerai sur la lune...

Chaque soir, elle se répétait la promesse quand elle délaçait son corsage qui la serrait un peu trop...
Sa mère ne fut pas dupe. Le mariage fut organisé. Une célébration en toute simplicité et dans l'urgence. Émilie accepta, docilement.

La veille des noces, Émilie quitta la maison à l'aurore. Jules l'attendait à l'embarcadère. Elle prit place dans la petite barque. Il posa sa tête sur ses genoux. Les voiles faseyaient. Elle saisit la barre.  Il largua les amarres.

La côte s'éloignait. Il ouvrit son sac et saisit une boule de vêtements.
- Enfile ce pantalon et cette blouse, ce sera plus commode…
Un vent de liberté souffla.
- Viens près de moi, lui dit Jules en sortant son couteau.
Il saisit sa longue tresse et la trancha d'un coup vif.
La robe et les cheveux glissèrent sur les vagues …
- Où m'emmènes-tu ?
Il tendit le bras. Au loin se dessinait la silhouette élégante d'un trois-mâts. En fin de journée, des cris de joie les accueillirent et ils accostèrent.

La vie à bord fut agréable et rude à la fois. Émilie et Jules étaient heureux.
- Où allons-nous, lui demanda-elle ?
- Regarde là-haut, tu vois la petite plate-forme ?
- Oui…
- Je t'y emmène. Je t'avais promis la hune….
- La hune ? J'avais compris la lune….
- Es-tu déçue ?
- Non, mais je me berçais de ce rêve fantastique…

Quelques jours plus tard, elle fit une vilaine chute sur le pont. Ses espoirs de maternité s'envolèrent, mais leur amour n'en pâtit pas. Elle lui demanda quels étaient leurs projets.

Il la regarda et lui dit avec le sourire :
- Pour l'instant, nous naviguons sur la Route des Épices. Ensuite, ce sera encore un très long voyage vers l'Indonésie.….Nous devrons peut-être changer d'embarcation…
- C'est presque aussi loin que d'aller sur la lune, dit-elle dans un éclat de rire.
- Tu m'as promis de me suivre en tous lieux et de me soutenir dans mes projets. Maintiens-tu ton serment ?
- Bien sûr, mais tu m'intrigues. Quels sont les projets que je partagerais avec  toi ?
- J'ai entendu parler d'une île de l'Archipel des Moluques. Seram. Les habitants seraient en grande détresse à la suite d'épidémies. Je voudrais y ouvrir un dispensaire…
- Je te suivrai, sans aucune condition, lui murmura-elle en se blottissant dans ses bras.
- Écoute -moi attentivement car je vais t'étonner. Dans cette île, les indigènes parlent l'alune…

Leur route serait longue mais leur vie aurait un sens.

Dans leur petite ville provinciale, un amoureux, secrètement déçu, prit une toile, ses pinceaux et sa palette. Il peignit la petite barque….

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