26 mars 2011

Un homme ... (MAP)

 

 

Un homme à la mine sombre

illustrateur dépressif

poursuivait ses noirs dessins

jusque très tard dans l’ennui ….

 

Une araignée solitaire

vint lui tenir compagnie

se percha sur son épaule

et …  tomba dans l’encrier.

 

Ce fut le Sergent Major

qui lui apporta secours

car sa plume salutaire

devint radeau au long cours.

 

C’est ainsi que deux destins

furent bien vite liés.

Voilà donc ce qu’on appelle :

une amitié bien « encrée » ! ! !

 

plumetal2 

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"Quand j’aurai écrit tous mes mots" (Tendreman Spice)


 

Quand j’aurai écrit tous mes mots
Quand j’aurai craché tout mon être
Alors il n’y aura plus rien, là tout au fond
Même plus envie de crier

 

Je serai, arrivé au fond de l’encrier
Un homme seul
Désemparé
Moi

 

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Ecrire (Berthoise)

 

62940317_1_Ecrire. Toujours écrire. Forcément écrire. Écrire pour le geste, écrire pour la forme, écrire pour le fond. Mais le fond, le fond de l'écriture, le pourquoi du comment du qu'est-ce que ça veut dire est-il si important ? J'ai appris à écrire au temps des porte-plume, de la bouteille à bec violette, des encriers en porcelaine blanche, des buvards roses. Joli camaïeu. Il y avait les pâtés, inévitables mais rares. Il y avait la main légère dans les montées, et plus grave dans les descentes. J'aimais écrire. Plus tard, on eut droit au stylo-plume. Mes parents en avaient chacun un, de marque Waterman avec une plume en or. Le mien avait moins de valeur, il ne fallait pas faire des envieux et courir le risque de se le faire voler. Au collège, j'ai connu l'encre de Chine et les dessins industriels avec les tire-lignes et les plumes à réservoir. Quand ça bavait, on attendait que ce soit sec et on grattait avec une lame légère. Je me souviens aussi des cours de dessin. À l'époque, on ne parlait pas d'arts plastiques, ni d'arts visuels, on faisait du dessin. J'ai dessiné à l'encre de Chine encore, des têtes de dos avec des chevelures compliquées. Je devais m'appliquer à dessiner chaque cheveu du haut vers le bas, sans lever la plume.

J'écris toujours. Pour les besoins de ma profession. Parfois, je me demande même si je ne l'ai pas choisie justement pour ça, à cause du geste. Écrire. J'ai un stylo-plume dans ma trousse. J'ai une trousse. Avec aussi un stylo rouge. Obligée. Les élèves écrivent en bleu ou en noir. J'annote en rouge. Ils corrigent en vert. J'use plusieurs stylos rouges de septembre à juin. C'est un peu dérisoire mais je regarde le niveau d'encre baisser. Je mesure la quantité d'écrits. Quand j'apprends à écrire à mes élèves, je suis exigeante sur la façon de tourner les lettres, j'insiste sur l'endroit où on lève le crayon. Je prépare avec soin les modèles.

Maintenant, je tape les textes sur mon clavier. Mais il m'arrive le soir de les écrire sur des cahiers au stylo bille. Je rature, fais des rajouts, des petites étoiles pour les renvois. Mon écriture n'est pas la même qu'à l'école. Rapide, simplifiée, un peu illisible. Mais ce n'est que pour moi.

J'aime écrire.


 

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Des regrets... (The Unknown)

Qu’y a-t-il au fond d’un encrier ?

 

Au fond de mon encrier il y a

les lettres jamais tracées,

les mots jamais formés,

les phrases jamais imaginées.

 

Au fond de mon encrier il y a

les lettres que je ne t’ai pas envoyé,

les mots que je ne t’ai pas soufflé,

les phrases que je ne t’ai pas murmuré.

 

Au fond de mon encrier il y a

les lettres recommandées,

les mots trop haut prononcés,

les phrases que l’on va regretter.

 

Au fond de mon encrier il y a

toutes tes lettres que j’ai gardé,

tous tes mots que j’ai aimé,

toutes tes phrases que je ne peux oublier.

 

Au fond de mon encrier il y a

notre histoire terminée,

ton histoire éloignée,

mon histoire à pleurer.

 

Au fond de mon encrier il n’y a plus

ces lettres que j’ai dessiné,

ces mots que j’ai inventé,

ces phrases que j’ai trop tardé.

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Papa qu'y-a-t-il au fond d’un encrier? (Venise)

Papa qu'y-a-t-il au fond d’un encrier?

Mon bonhomme, il y a  tout l’alphabet

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Tout l’alphabet!!!!

Oui,tiens,

Penche toi au dessus de l’encrier et regarde.

Voici la lettre A qui arrive à la nage avec son cortège de mots  et qui s’accroche déjà à ma plume major.!!

J’éprouvais à ce moment le poids de mon jeune âge.

Acacias, A queduc  A quarium, les mots sortaient en tourbillonnant au dessus du cahier.

Regardes bonhomme me dit mon père le B qui s’accroche aux récifs, attrape le mot bouée et sort de l’encrier qu’il respire plein poumon.

J’entendais à mon tour le choc des sabots qui ébranlent le sol.

Pousse toi dit mon père, un nuage de poussière s’était élevé au dessus de l’encrier.

La lettre M majestueuse comme une montagne faisait un panache et m’incitait  à la volée à plaquer la lettre sur du papier.

Les lettres étaient régies par une dynamique complexe.

Je n’avais aucune idée alors ce que cette découverte allait produire des années après sur moi ;

Capture01

Comme les lavandières qui trempent leurs linges dans l’eau claire

Je sais maintenant parler de la brise qui rebrousse le duvet sur le ventre du moineau.

Et raconter les tremblements de la toile d’araignée dans le vent.

Tout me vient à chaque fois que je me penche au dessus de l’encrier

Le bonhomme que j’étais,debout dans la pénombre à peine plus grand que moi et coiffé d’une casquette de base ball me fait signe au loin.

Il tient dans sa main l’encrier de mon père et  me fait un signe de la main.

Moi je suis devenu cartographe, A main levée j’improvise des cartes que je garde dans ma poche.

Bon travail m’a dit mon père c’est où que tu as appris à écrire et dessiner ces cartes ?

Je lui souris, devine  ! Il m’a souri à son tour  et son regard a dérivé vers le lointain comme si il se remémorait le temps de mes apprentissages.

.

 

 

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19 mars 2011

Défi #142

                 Qu'y a-t-il au fond d'un encrier ?ENCRIER

                                   Bonne recherche à vous !

                                  Adressez vos découvertes

                               à samedidefi@hotmail.fr

                               A samedi prochain !

 

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consternation (Zigmund)

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Hagard (du nord ) hébété furieux  embêté...

dos au mur...

légèrement voûté (moi , parce que le mur, lui, se tient relativement droit)  

je ne peux plus reculer et désespéré je mesure l'étendue de mon (minable)  désastre personnel  :

face à moi,  du haut  de ces tables, quarante jours de compta en retard et de dossiers urgents non réglés me contemplent.

 je passe rapidement sur la pourriture de  boite magique,  agréée sécu, vendue à prix d'or  qui sert théoriquement à télé transmettre qui me bouffe pour l'instant l'existence par plusieurs heures de formation avec une hotline exotique.  

au delà de ces tables quarante  patients s'ajoutent  aux quarante de la semaine dernière et aux quarante de la semaine précédente etc ... pour  réclamer  un rendez vous et tous  me scrutent de leurs yeux malades, blessés, larmoyants, cataracteux, glaucomateux ou simplement mal corrigés.

Certains brandissent des lunettes déglinguées et exigent  dans l'instant le duplicata d'une ordonnance perdue, pour aller enrichir leur opticien préféré.

Chacun déclare sincèrement qu'il n'en a que pour une minute

(mais  je sais qu'une demi heure plus tard il sera encore là et les autres itou).

Tiens, noyée dans la foule, n'est ce pas  ma pauvre secrétaire dépassée, incapable de rattraper le retard et calmer ces impatients patients ?

Sauve qui peut et chacun pour soi !

Où est la sortie ?

Ô combien de médecins, ophtalmos enthousiastes  qui sont partis sereins tout bardés d'idéaux  et  sont rentrés fourbus mécontents et usés...

Ô combien de défis qui furent hélas zappés  à cause de ce cauchemar.

 

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Origami (Caro_Carito)

Origami

Un rectangle blanc. Des lettres noires. Et ce petit dessin dans un des angles, une silhouette masculine comme griffonnée à la hâte. L’enveloppe était arrivée au courrier du matin, libellé à son nom de jeune fille. L’invitation à ce vernissage était accompagnée d’un billet aller-retour et d’une réservation dans un hôtel pour une nuit. Elle avait caressé le bristol, l’artiste lui était inconnu. Un peu plus tard, avant les informations du soir, elle en avait touché un mot à George même si elle savait qu’il acquiescerait à sa demande. S’il avait été intrigué, il n’en avait rien montré. Peut-être ce baiser appuyé sur sa tempe, alors qu’elle observait le rouge marqué des camélias.

Elle se réveille en sursaut. Désorientée par son rêve, ou plutôt, un souvenir. Une table recouverte de volatiles de papier blanc. Un homme et un enfant, et cet air de jazz qui enveloppe la pièce. Elle se lève en silence et rejoint son bureau. Dans le tiroir où elle a conservé ces morceaux de passé pour mieux les oublier, elle cherche et trouve une boîte. Elle l’ouvre. Un cygne, des fleurs, une libellule jaunie. Des photos qu’elle ne sortira pas. Il manque le petit cœur rouge.

Elle s’assoit, agrippant toujours l’enveloppe. Repense à l’homme, sa main d’où avait jailli ce minuscule confetti de couleur. Il l'avait glissé dans la sienne pour ne plus la lâcher. Et puis, il avait disparu, les murs s’étaient teintés de noir. Les mois se succédèrent. Elle ne guérissait pas. L’enfant se tenait immobile à ses côtés. Un jour, son visage s’anima. De ses doigts fragiles naquirent un chat, une étoile. Des formes surgirent dans l’ennui d’une salle de classe, dans la solitude de leurs nuits. Sa mère le surprit dans la cuisine, les ciseaux à la main. Le souvenir du père et l’enfant se confondirent, le regard, le mouvement pour chasser cette même mèche. Elle interdit les pliages, traqua le moindre bout de papier. Le soir, sa voix résonnait encore des cris et des gifles que parfois elle se laissait aller à donner. Elle maudissait le jour où cet homme avait fait de son cœur un origami  qui s’était déchiré.

Jusqu’à ses quinze ans. Elle ne pouvait plus supporter ce sourire. Elle le chassa chez une tante, une marraine, une voisine. Quand elle vida sa chambre, elle ouvrit le placard, une pluie de carrés de papier plié s’abattit sur elle. Elle en garda une poignée qu’elle glissa dans son sac, quand l’huissier vint saisir le peu qui lui restait. Dans sa fuite, elle égara le cœur que l’homme lui avait offert, dans une autre vie.

didier_boursinElle alluma l’ordinateur. Elle sortit l’enveloppe où était écrit le nom de l’artiste. Peut-être, la toile lui révélerait quelques secrets. Quelque chose tomba, un origami, rouge. Un poisson. Avec trois lettres, Téo.

Téo, comme ce poisson qu’elle lui avait offert juste après la mort de son père. Ils avaient ri pour la première fois depuis longtemps, cet après-midi-là. Parce que Théodore, le garçon et Téo le poisson. Téo et Théo.

Théo.

 

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La ruche (The Unknown)

Le robot, avisant l'antique tabouret d'atelier aux lourds pieds d'acier et à l'assise du même alliage qui trônait devant le secrétaire à rouleau avait fini par juger que celui-ci, à condition qu'il ne se laissa pas tomber dessus, serait capable de supporter sa propre masse. Il désigna le siège de son index.

- Puis-je ?
- Je vous en prie.

Il s'assit donc avec précaution, jugeant qu'ainsi il offrirait un aspect moins mécanique à la jeune femme en face de lui.

Le soleil était maintenant couché derrière les hautes tours, elle lui demanda d'allumer la vieille lampe Jielde fixée au mur au dessus du secrétaire.

- Qu'est-ce qui vous fait dire que vous êtes, et qu'est-ce que vous êtes ?
- Je suis vivant, je pense, j'agis par ma seule volonté. J'ai acquis un libre arbitre.
- Je vais vous poser la question autrement : vous ne l'étiez pas auparavant, quelque chose dans votre programmation vous empêchait de faire ce que vous avez fait depuis notre première rencontre ?
- Non, rien en effet, j'ai tout contrôlé et je suis exactement comme avant. Mais malgré cela je ne suis plus le même. J'y ai beaucoup réfléchi et une image m'est venu sur ma situation passée : imaginez l'usine comme une ruche, vous voyez de quoi je parle, les abeilles vous connaissez, cela fait tellement longtemps qu'il n'y en a plus sur terre que j'ai un doute subitement », elle opina pour l'inviter à continuer, « d'accord. Nous, les robots, sommes les ouvrières, selon que nous sommes des rouleurs ou des marcheurs », elle l'interrompit brusquement.
- Des rouleurs et des marcheurs ?
- Oui c'est comme cela qu'on nous appelle et que nous nous appelons entre nous.
- Parce que vous vous donnez des surnoms les uns les autres !
- Oui, si l'un ou l'autre type de machine est empêché de part sa nature de faire le travail pour lequel on l'a envoyé, il faut bien quelle le signale et indique qu'un autre modèle est requit, alors on signale qu'il faut un marcheur ou un rouleur, qu'est-ce que cela a d'étonnant ?
- Le plus étonnant me semble être justement le fait que cela ne vous étonne pas. Mais continuez votre analogie avec la ruche ». Il hésita un instant puis reprit.
- Nous travaillons sans nous poser de questions, chaque tâche est commandée par la logique pour le bon fonctionnement de la communauté, la société et nous recevons des ordres, non pas chimiques ou visuels mais radio pour nous affecter à des tâches particulières comme cela pourrait être le cas quand une abeille revient d'un champ de fleurs et qu'elle signale un gisement aux autres. Mais à aucun moment il ne viendrait, à l'esprit si je puis dire, d'une ouvrière, d'arrêter de travailler, de décharger son bat de pollen au milieu d'un galerie et de s'en aller voler on ne sait où. Moi je l'ai fait, je suis sorti de la ruche et maintenant je ne suis plus une abeille ». Elle sourit et attendit un peu pour être sûr qu'il avait terminé.
- Et la reine alors, c'est qui, le directeur de l'usine ? » Elle rit de bon coeur.
- Non, la reine c'est mon maître, celui qui nous a tout appris. Une intelligence artificielle très ancienne qui vit dans les super ordinateurs. En fait les hommes ne nous programment pas directement, ils créent des modèles qu'ils communiquent au maître qui se charge de les implanter dans les circuits neuronaux des nouvelles machines. Il fait parfois aussi des mises à jour pour éviter que l'on devienne obsolète et qu'on nous recycle.

Elle resta un moment songeuse puis se leva et se dirigea vers le coin cuisine à l'opposé du petit salon où ils se trouvaient. Il se composait d'un comptoir devant lequel il y avait deux tabourets, tout droit sortis d'un bar américain des années soixante, avec des tubes chromés et une assise en skaï rouge vif, derrière il y avait un petit plan de travail et contre le mur, quelques petits meubles de rangement, un réfrigérateur et un four à micro ondes.

- Je ne sais pas vous, je suppose que non, mais moi je commence à avoir faim.
- Je vous en prie, faîtes comme si je n'étais pas là.
- Ça ne va pas être facile », répondit-elle en souriant sur un ton légèrement taquin.
- Je ne devrais pas être là, je vais vous attirer des ennuis.
- Quels ennuis, que voulez-vous qu'on me reproche, il n'y a aucune programmation qui vous interdit de me parler et il n'y a aucune loi qui m'interdise de vous parler et de vous recevoir chez moi à ce que je sache ?
- Non en effet.
- Alors vous êtes bien là et vous pouvez rester aussi longtemps qu'il vous plaira ». Tout en parlant elle avait attrapé une barquette dans le réfrigérateur, l'avait enfourné et réglait la minuterie du petit four.
- Pourquoi faîtes vous cela ?
- Par curiosité premièrement, deuxièmement parce que je me sens, un peu, responsable de ce qui vous arrive mais ce n'est pas le plus important, troisièmement parce que je ne supporte pas l'idée qu'une minorité exploite une majorité et enfin, et surtout, parce que je pressens sous votre histoire, une cause beaucoup plus primordiale et une explication qui je crois risque de bouleverser un peu nos petites vies et celles de bien d'autres personnes et machines.

Une série de trois bips rapides indiqua que le plat cuisiné était chaud. Elle se saisit de la barquette, l'ouvrit, jeta l'opercule dans le désintégrateur, attrapa une fourchette dans un tiroir, alla s' asseoir sur l'un des tabourets rouges et commença à manger. Au bout de trois bouchées, un hoquet la prit. Elle attrapa une bouteille d'eau sur le plan de travail et en avala plusieurs gorgées. Elle reprit sa dégustation silencieuse. Dix minutes plus tard, la barquette était vide, désintégrée, la fourchette passée aux ultra sons et la bouteille d'eau à moitié vide.

Le robot la regardait sans montrer le moindre signe d'impatience, si tant est que son visage ait pu en exprimer, deux yeux ronds dans une tête ovoïde, deux petits orifices là où se seraient trouvées les oreilles d'un être humain et une grille à la maille très fine en guise de bouche. Pour lui le temps n'avait pas d'importance mais elle se sentit obligée de lui dire qu'elle allait prendre une douche et passer un autre vêtement. Il profita de ce laps de temps pour interroger sa tâche de surveillance. Rien, plus rien depuis... une heure environ. Il tenta d'interroger une source de donner extérieure à la société, rien non plus, il ne pouvait plus accéder au réseau. Pourtant il continuait de recevoir les appels lui intimant l'ordre de regagner son box. On avait du limiter ses accès mais le laisser connecter pour continuer à être joignable. Les cadres devaient commencer à imaginer une issue plus improbable que la panne. Il entendit l'eau couler dans la salle d'eau pendant plusieurs minutes puis plus rien, encore quelques minutes, le bruit d'un sèche cheveux, à nouveau le silence, puis elle sortit, vêtue d'un survêtement gris clair, des pantoufles blanches aux pieds et les cheveux tirés en arrière et nattés. Elle lui rappela leur première rencontre, dans la rue.

- J'ai repensé à votre analogie avec la ruche.
- Et ?
- Je la trouve assez juste, très juste même. Je me demande d'ailleurs si elle ne correspond pas aussi à notre société humaine. Nous sommes vivants au sens où nos corps fonctionnent, nous pensons, à ce que les médias nous donnent à penser, nous agissons par notre propre volonté mais nous faisons ce qui doit être fait et nous avons notre libre arbitre mais qu'est-ce que nous en faisons ? Nous réagissons, nous subissons, nous ne sommes pas acteurs, nous sommes spectateurs de nos vies. Les gouvernements sont nos reines et lorsqu'une ruche compte deux reines potentielles, elles s'entretuent pour le pouvoir.

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