20 mars 2010

Le temps pour répondre… (trainmusical)‏

Mon très cher, j’ai juste un peu de temps pour répondre à ta question. Et je sens que ma réponse te passionne, puisque tu insistes tant depuis une dizaine de minutes. Oui je sais que le temps paraît long pour toi, moi pas, il passe trop vite.

 

Alors ci-joint ma réponse : ce matin, il faisait nuageux, quelques pluies, environ trois millimètres. Mon thermomètre marquait plus trois degrés Celsius. Pas très chaud, il fallait s’habiller, ce qui prend du temps.

A midi, les nuages se retiraient gentiment, juste quelques cumulus qui semblaient tourner en rond comme les aiguilles d’une montre. La température est montée à huit degrés Celsius.

Dans l’après-midi, le soleil brillait. Il brillait si fort, que j’ai du baisser les stores dans mon bureau, sinon j’étais ébloui, ce qui m’aurait fait perdre du temps dans mon travail. Car le sais-tu ? Mon temps qui passe est très précieux. Je continue à te narrer la journée concernant la météorologie. J’espère que tu apprécies le temps que je prends pour te répondre. En fin d’après-midi, le temps se rafraichissait, le vent se levait, vingt kilomètres à l’heure. Le soleil a disparu, car la nuit tombait. J’ai tout de même pris mon temps pour rentrer à la maison, afin de profiter de l’air.

 

Un instant, je me tire vite un café avant de te raconter le temps de la soirée.

Pardon ?

Ça ne t’intéresse pas ? Et tout ce temps que j’ai perdu pour te raconter tout ça ? J’aurai pu boire plusieurs cafés pendant ce temps. Pourtant tu as insisté dans ta question pour avoir une réponse rapidement.

 

Non ? Pas ça ?

Ah bon, tu veux savoir le temps que l’on vit maintenant, c’est à dire l’heure !

Et bien il est l’heure d’aller te coucher ! Et la prochaine fois, prends ton temps quand tu poses une question afin que ce soit plus clair. On aurait gagné du temps.

 

Du coup, ce n’est plus un café qu’il me faut, mais une grande bière. Et je vais déguster cette boisson en y prenant mon temps !

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Les pendules à l'heure (Didier)

La vie de Jean avait basculé ce samedi-là. 10 heures, 23 minutes, 52 secondes. 74ème jour de l'année. Salle 97.  Il était encore un petit garçon. Yeux d'or pour la parole des grands. Yeux verts en songeant aux demains et en stockant des hiers. Il était en cours à l'école, ce samedi-là et il apprit que l'heure était en fait une convention. Une invention. Un rythme que l'homme avait calculé un jour et qui, ensuite, fut instauré. Il apprit qu'on s'arrangeait et qu'on jouait du fuseau, que parfois on enlevait une seconde pour équilibrer tout ça, qu'on pouvait aussi changer une heure si le temps venait à passer en mode hiver, ou en mode d'été. Le professeur avait eu un sourire en expliquant tout cela, Jean n'aima pas ce sourire, comme si le prof jouait un bon tour aux certitudes les plus absolues.

Jean ne riait pas. Il tremblait en quittant le bahut. Ebranlé. Retourné comme une crèpe. Il regardait sa montre d'un air furieux. Il l'avait mise dans sa poche.

Sa mère poussa des grands cris quand elle découvrit quelques jours plus tard qu'il avait jetée au panier sa seiko.

- Jean, ta montre ! Qu'est-ce qu'elle fait dans la poubelle ? Qu'est-ce qu'elle va penser, Tata, quand elle saura ? Hein ? Elle te l'a offerte pour ta communion, quand même. C'est de l'argent !

- Elle était foutue, bougonna Jean. Qui pensa autant à Tata qu'à la montre. Il l'avait tant désirée. Rêvée. La montre. Un sourire immense s'était dessiné sur son visage quand il l'avait reçue. Il posait sur elle des yeux velours. L'affichait fièrement. La donnait facilement, l'heure. Même sans qu'on la lui demande. Maintenant, elle ne valait plus rien. Il s'imprégnait de cette étrange certitude. Il avait envie d'aller démonter la pendule de l'église du village, de faire taire les cloches, d'aller tuer la voix de l'horloge parlante. Il l'appelait encore, mais pensait menteuse au lieu de noter les cinq ou six chiffres qu'elle égrenait.

- Mais non, elle est à la bonne heure, lui dit sa mère.

- Qu'est-ce que tu en sais ? bougonna en lui-même Jean. Tout devint relatif, pour lui.

A l'époque, ça lui trottait dans la tête : il voulait devenir horloger. A la place, il devint voleur. Voleur de temps, ce serait son métier. Il avait retenu la leçon. Oui, il serait voleur d'argent, tout le monde n'arrêtait pas de le lui dire. Le temps c'est de l'argent.

Au fils des années, ses poignets libres narguaient les polices du monde entier. On l'appelait l'homme rolex. Il s'en amusait. Fiché partout. Arrêté nulle part. La terreur des magasins et des chambres fortes. Rôdé comme une pendule. Précis comme une trotteuse. Mécanique infernale. C'était toujours en douceur. Réglé comme du papier à musique.

Il avait un jour expliqué à l'un de ses adeptes que son secret, c'était le temps. Tout simplement. Les années avaient passé. C'est comme si le temps n'avait pas de prise sur lui.

- Tu vois, petit, avait-il expliqué à l'air hagard qui le suivait des yeux. Le temps, il est là, il est à toi. Alors tu le prends. Et tu observes, tout. Tu notes, tout. Tu calcules, tout. Tu réfléchis, à tout. Et tu verras. A un moment, c'est le moment.

- Mais comment on sait Monsieur Jean ? Que c'est le moment ?

- On le sait, c'est tout.

Jean ne gardait pas beaucoup de centimes pour lui. Il offrait l'essentiel de ses prises à des orphelinats. De tous les continents. Il avait toujours cette curieuse exigence : que l'on supprime les montres et les pendules, que l'on se fie au soleil et à la lune, que l'on dorme quand on a sommeil, que l'on mange quand on a faim, que l'on boive quand on a soif.

Il précisait toujours qu'il viendrait vérifier si ses consignes étaient respectées. Et que si elles ne l'étaient pas, les établissements devraient lui rembourser les sommes.

Tout était écrit. Personne ne pipait mot.

Après les orphelinats, Jean étendit son action aux écoles, intervint dans la formation des enseignants, s'adressa aux parents, se paya des publicités dans les médias. Mille et une rumeurs circulaient sur cet étrange Robin des bois. L'homme rolex. On fit des films. On anima des débats. On sortit des bouquins.

Jean ne voulait plus se fier au temps des hommes. Invention ! Foutaise ! Il voulait montrer que les montres mentaient, depuis la nuit des temps, et que la vie n'était pas la vie, que la dictature du temps, c'était bien assez. Les pendules n'étaient que des arrangements tacites entre quelques uns.

Peu à peu, le monde changeait.

Un jour, Jean fut avertit de l'imminence du décès de sa mère. On lui demandait de venir. De veiller sur son dernier souffle. Il avait 74 ans, elle en avait 97.

Il promit qu'il serait à l'heure. Et il le fut. La porte grinça doucement quand il entra et elle eut un sourire chaud comme un oranger généreux lorsqu'elle le vit arriver.

- C'est toi, enfin, j'ai crains que tu ne viennes pas, murmura-t-elle. Tu en mis, du temps !

- Je suis là, maman, j'ai toujours été là, confia-t-il.

Dans sa poche, il massait la montre au verre brisé qu'il était allé rechercher en maugréant dans la poubelle, qu'il avait ensuite piétinée de rage. Se faisant promesse. Elle était tout le temps dans sa poche. Sans arrêt. Il ne la regardait jamais.

- Quel heure est-il ? demanda-t-elle, comme si elle avait un train à prendre, comme si cela avait de l'importance.

- Il est temps, ne t'inquiète pas, répondit-il, à peine étonné par la question. C'était son heure.

Sortant pour la première fois depuis 62 ans la montre de se poche, il se rendit compte qu'elle était en effet pile à l'heure, la même que celle indiquée sur l'un des écrans qui entourait sa mère. Il en fut assez stupéfait, quand même. Alors il lui donna l'heure. Elle l'accepta.

- C'est bien, dit-elle.

- Je t'aime, maman.

- Je t'aime, mon fils.

Leurs mains se serrèrent, la montre passa de l'une à l'autre. Des doigts usés en firent le tour. Elle sourit.

- Tata serait contente, estima-t-elle. Mais elle est cassée ?

- Quelle importance, Il demanda. Ce n'était pas une question.

Elle ferma les yeux.

- J'ai tout mon temps, dit Jean quand on les retrouva au petit matin main dans la main unis par une montre antique. Il demanda encore quelques minutes, qu'on le laisse avec elle, s'il vous plaît.

Cela faisait des années qu'il n'avait pas demandé de temps. Il s'en fit la remarque. On le lui accorda. C'était inutile. Il l'aurait pris. C'était son temps, après tout.

Il quitta la chambe 97 à 10 heures, 23 minutes, 53 secondes.

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"El Tiempo" n'a pas de temps à perdre (Claudio)

 

 

Olivier commençait à trouver le temps long.
Depuis qu'il avait accepté ce poste de reporter d'El Tiempo, son rédacteur en chef ne l'envoyait que sur du futile. La dernière fois, c'était le pompon ! Un reportage sur des bourses mal léchées par des fonctionnaires de police ! Non, mais j'vous jure !

 

Mais ce matin, tout est différent.
On lui fait enfin confiance pour du solide, du sérieux.
- Écoute, Olive, je n'ai que toi sous la main. Tu pars tout de suite pour l'Aragon et tu feras le maximum pour expliquer ça à nos lecteurs.
Le boss lui tend une dépêche. Il lit :  "Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard".

 

La route est longue et ça chauffe dans la cabeza. Par quel bout prendre l'affaire ? Il sait déjà que le temps ne fait rien à celle-ci, qu'avec lui, tout finit par s'en aller et que toujours il se monnaie. Cela reste banal et ne suffit pas. Avec celui qui chante pour passer le temps et celui qui ne chante pas pour passer le temps, Olivier ne sait plus que penser.
C'est à l'instant même où le train rentre en gare de Madrid que le reporter a trouvé son angle. Mais la Castille ce n'est pas l'Aragon Léon et le temps de se rendre compte de son erreur, l'angle fuyait. Trop tard.

 

Olivier ne voit pas le temps passer et commence à le trouver court. Il voudrait suspendre son vol.
Mais oui, c'est ça, on n'arrête pas le temps, c'est le même pour chacun. Le temps est équitable et égalitaire.
Le temps est communiste !... Ne nous emballons pas !
Le communisme, c'est comme Dieu et le football. Des garde-fous et des illusions.
Et le temps ? Serait-ce une illusion ? C'est vrai, peut-être que le temps n'existe pas... Peut-être.
Mais vivre, ça existe. Pas sûr. Qui dit que nous vivons. Peut-être rêvons-nous que nous vivons. Si nous rêvons c'est que nous vivons. Qui dit qu'un mort ne rêve pas ? ...

 

Le patron commençait à trouver le temps long et l'Olivier tortueux.
Alors, il fit précéder la signature de la lettre de licenciement d'un joli "Le temps d'aller à Madrid, il est déjà trop tard"


       

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Le Temps (Lorraine)

Le Temps arrive de loin , il ne s’en souvient pas toujours  mais sa mémoire a brusquement de belles éclaircies : Oui, il était à Reims en 497 au baptême de Clovis, roi des Francs, mais aussi au mariage de Maximilien d’Autriche et de la Princesse Charlotte de Belgique en 1857. Il a ourdi l’union de Marguerite de Valois avec Henri IV en 1572 mais si huguenots et catholiques s’empoignèrent, il le jure, il n’y est pour rien.

 

Ce sont les hommes et leurs ambitions qui sont responsables des assassinats, des guerres, des massacres, depuis le début du monde.Peu après le Paradis Terrestre,  il a bien tenté de détourner la main de Caïn qui tua son frère Abel mais si le Temps est pacifique, l’humain l’est si peu !

 

La Temps, mais oui vous le connaissez ! Il était debout près de votre berceau et depuis il marche à vos côtés. Il lui arrive de courir, ou de traîner, ou de rêver, comme vous, comme moi. Mais bon an, mal an, il nous accompagne depuis notre naissance.

 

Il est un peu farceur, le Temps. On croit le diriger, le posséder mais ce funambule nous file entre les doigts pendant que nous vivons notre premier bal, notre premier amour, notre première déception. Il est tellement aérien, léger, il se transforme en bulle de savon, il flotte, il pèse, il réfléchit, il s’ennuie, il nous ennuie, il se souvient…

 

Ah ! comme il se souvient bien, le Temps, de ce que nous aimerions oublier, de ce que nous avons perdu. Il s’attarde quelquefois, il console, il guérit. Il pèse lourd à ses heures, il se fait discret, on l’oublie, on ne pense plus à lui…Et le revoilà, tellement présent, deux ans plus tard : « Cette ride, tu ne l’avais pas ? Ton ami, où est-il ? Tu ne vas pas pleurer, je suis là, moi… ». Il est toujours là, pour rappeler ce qui fut et n’est plus, ces années qui passent en silence, l’âge soudain bien présent.

 

Est-il un ami ? Cela lui arrive. Un ennemi ? Je ne pense pas. Il « est », tout simplement, impalpable et pourtant redoutable, allant son chemin jusqu’au bout. Jusqu’au bout du nôtre…Le Temps passe. Notre temps est passé…

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20 minutes (Brigou)

20 minutes devant moi…
Ouvrir ma boite email et lire mon courrier ?

NON

20 minutes devant moi…
Préparer ma liste de courses pour ce soir ?

NON

20 minutes devant moi…
Téléphoner à mon amie pour qu’elle me raconte son entretien ?

NON

20 minutes devant moi…
Commencer quelques chose ?

NON

M’asseoir, me poser enfin.
Laisser de côté les tâches rébarbatives.

20 minutes pour m’évader
20 minutes à savourer

20 minutes pour une pause douceur

Un thé à la mûre.
Un carré de chocolat amer.
Un bouquin.

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Walrus ? Présent !

Ainsi donc , le temps passe ?
Comme le café ?
C'est une intéressante hypothèse.

Car si le temps passe, le présent n'existe pas, ou si peu : il n'est alors que la limite intangible entre deux zones temporelles. Il n'est qu'une machine infinitésimale, insatiable, obstinée, dévorant nos rêves d'avenir radieux pour en faire le sombre passé. Pure immédiateté, mais sans consistance : toutes nos actions présentes appartiennent déjà au passé.

Pourtant, réfléchissez un peu, avez-vous jamais, sauf à être un incorrigible rêveur ou un indécrottable nostalgique, vécu ailleurs que dans le présent ? Non, n'est-ce pas ?

Le présent est permanent, le présent est éternel, le présent est cette éternité dont on nous rabâche les oreilles, où baigne l'univers et dont nous vivons notre infime part.

Ce n'est pas le temps qui passe, c'est nous qui passons.

cafe4

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l’égreneur a un grain ? (Poupoune)

Quand je l’ai rencontré je l’ai pris pour un farfelu, un doux dingue inoffensif. Il était assis, emmailloté dans une dizaine d’épaisseurs de gros pulls en laine qui s’effilochaient tous plus ou moins et, de ses gros doigts aux ongles noirs qui dépassaient d’épaisses mitaines, il transvasait, grain par grain, un petit tas de sable d’un pot à un autre. J’ai posé une pièce dans un de ses pots en lui souhaitant bonne soirée et il a gueulé :
- Eh ! Oh ! Ça va pas ?
- Pardon ?
- Ben virez-moi ça d’là !
- Ah… vous ne faites pas la manche ?
- Non ! Enfin… un peu, mais faut pas m’mettre des trucs dans mes bols !
Il continuait avec son sable, comme s’il comptait les grains. J’ai repris ma pièce.
- Vous ne la voulez pas alors ?
- Si, si… donnez. Merci.
Il a fourré ma pièce au fond de sa poche, tout en continuant à passer ses grains de sable d’un bol à l’autre de son autre main. Il était tellement absorbé par sa tâche, tellement minutieux et précautionneux dans ses gestes, que je n’ai pas pu m’empêcher de le questionner :
- Je peux vous demander ce que vous faites ?
- Ben ça s’voit pas ?
- Euh… vous comptez les grains de sable ?
Il est parti d’un grand rire étonnamment clair avant de me répondre :
- N’importe quoi ! Z’avez idée du nombre qu’il y a ?
- Euh… non. Beaucoup, j’imagine. Mais alors… que faites-vous ?
- J’égrène.
- Vous égrenez ?
- J’égrène.
- …
- Le temps, M’dame ! J’égrène le temps ! J’suis l’égreneur du temps !
- Ah... Je croyais que c’était du sable.
- Evidemment qu’c’en est ! Le sablier, le marchand de sable… Qu’est-ce que vous auriez voulu qu’ça soit d’autre ?
Ah ben oui. Forcément. Implacable. Il me plaisait bien, le bonhomme. Et il continuait de transvaser ses grains avec une régularité de… d’horloge.
- Et ça fait longtemps que vous faites ça ?
- J’en sais rien. J’vous ai dit, j’compte pas.
- Ah oui. Mais… vous n’arrêtez jamais ?
- Ah ben surtout pas !
- Qu’est-ce que ça ferait ?
- Ben ça arrêterait le temps !
Ben oui…
- Mais c’est un peu monotone, non ?
- C’est l’but !
- Pardon ?
- Ben c’est comme ça qu’ça doit être ! Régulier… monotone !
- Ah ?
- Ben oui, sinon le temps passerait n’importe comment ! Alors faut trouver l’bon rythme et surtout pas l’perdre, sinon c’est l’bordel.
- Et ben… pas simple, hein ?
- Ben non.
- C’est une grosse responsabilité.
- Ben oui.
Il me plaisait de plus en plus.
- Mais comment vous vous êtes retrouvé avec ce… euh… boulot ?
- Le destin, pardi, le destin !
- Ah oui. Le destin.
- …
- …
- Ecoutez, M’dame, j’veux pas vous désobliger, mais là, faudrait qu’j’puisse vidanger.
- Vidan… ah ! oh ! oui, bien sûr… euh… vous voulez que je vous remplace un moment ?
- Me remplacer ?
- Oui, le temps que vous alliez… vidanger.
- Ah… ben… j’sais pas trop, hein. Vous croyez qu’vous saurez faire ?
- Oh, peut-être pas si bien que vous, mais si c’est juste pour un moment…
- Hm… Ben r’marquez c’est pas d’refus, hein. J’pourrai m’dégourdir un peu en même temps, comme ça…
D’un coup je me suis dit que si ça se trouve, il faisait ça, presque immobile, depuis des jours. Pauvre gars ! Il prenait tout ça avec un tel sérieux ! Il m’a fait longuement observer son mouvement, puis m’a observée longuement pour s’assurer que je le faisais « à peu près correctement » et enfin il s’est éloigné, en se retournant plusieurs fois pour vérifier que je le faisais toujours bien. J’ai continué jusqu’à ce qu’il disparaisse au coin et je guettais son retour pour reprendre dès qu’il réapparaitrait.
Il prenait son temps.
Il prenait tout son temps.
Je commençais à me dire que je voulais bien être gentille, mais que je n’allais pas l’attendre des heures pour autant. Et puis… je ne sais pas. Tout ça m’avait semblé rigolo, mais là, ça ne m’amusait plus. C’était… bizarre. Je n’aurais absolument pas su dire depuis combien de temps il était parti, mais ça me paraissait… je ne sais pas. Long. Et quelque chose clochait. Comme si… je ne sais pas. Je me suis secouée et, pour faire passer le temps et la mauvaise impression, j’ai pris un grain de sable que j’ai changé de bol et… non. Impossible. J’ai recommencé… Merde. Comme si la rumeur du vent dans les arbres et des voitures au loin s’était tue et reprenait quand je prenais un grain et… Merde. Et l’autre qui ne revenait pas ! J’ai repris un grain, puis un autre, puis… Pas possible, merde ! Une feuille qui tombait a semblé ralentir sa chute quand j’ai cessé. Elle restait là, comme suspendue dans l’air dans ce silence irréel… j’ai repris un grain, puis… Dingue ! La feuille est remontée ! J’avais pas pris le grain dans le bon bol ! Ah ben merde !
J’ai recommencé dans le bon sens et la feuille a tranquillement repris sa descente. Incroyable. J’ai pensé qu’il fallait que je continue pour donner à l’autre le temps de revenir.
Je saurais pas dire depuis combien de temps il est parti.
C’est que je compte pas, moi. J’égrène.

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Le temps‏ (Droufn)

C'est juste une petite pensée qui me vient là..

 

"La plus petite unité de temps est la seconde, mais que fait la première, elle recule ?"

 

 

Bonne journée, semaine, année..

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L’or loge dans le temps….. (enfolie)

Mon index tourne autour de mon pouce (ou mon pouce autour de mon index ?) pour faire passer le temps. Ils le trouvent si lent par moments… ouf moments qui naissent pour se tuer vite fait. Je tourne en rond mais pas le temps. Quoique ? Sur l’horloge, l’heure ne fait que ça. Pas le temps de tourner en rond sur ce sujet. Quoique …. Je commence ou je finis ? Si tu le lis, c’est que j’ai fini

Quoique….

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Le temps (Vegas sur Sarthe)

Tournant le dos au passé
Chronos retourna le sablier
Maintenant, il était temps

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