24 avril 2010

Défi #104

Cette semaine, deux de nos amis, qui ne se connaissent pas,
sont à l'origine du défi #104.
Didier et tiniak.


Didier nous défie d'écrire une lettre à Élise...

et quitte à ce que nous pratiquions l'élision, de tiniak (sans majuscule, c'est lui qui y tient)
ajoutons le défi suivant :

Le Jeu du Pendu

...mais si, vous connaissez ! ...ce mot que l'on doit deviner à partir de son initiale suivie du reste de son nombre de lettres masquées. Comme P_ _ _ _ _ _ _ _ _ vaut aussi bien pour Pantomime que Prisonnier ou Platonique, mais pas pour Plétorique parce qu'il y manque un "h" (après le thé).
Eh bien, à vous d'en disséminer une bonne demi-douzaine (6 pas moins, quoi) dans votre texte... on jouera aux devinettes dans nos commentaires :) et rira bien qui finira pendu(e) !

La lettre à élise en entier

envoyé par cricri92340. - Regardez les vidéos des stars du web.

 

Toujours : samedidefi@hotmail.fr

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Souvenirs, souvenirs (Jaqlin)

Il y a quelques années déjà, j’ai emprunté un train qui circule sur une seule voie ferrée…

A l’époque, nous étions résidents à Djibouti et nous n’avons pas résisté à l’attrait de ce voyage- mythique dit-on- jusqu’à Addis-Abeba, capitale éthiopienne dont le climat est bien plus clément que celui de cette corne d’Afrique, réputée pour être la plus chaude au monde.

Je ne fus pas déçue du tout par ce périple, digne d’un autre temps ; imaginez la foule bigarrée des marchands locaux, qui, avec une ou deux paires de poulets qu’on va échanger au prochain arrêt contre des articles moins comestibles, qui avec bébé dans le dos, solidement coincé dans le boubou coloré, qui encore avec l’instrument de musique qui permettra de jouer quelques accords à la pause de Dire- Dawa pour ramasser quelques piécettes.

Tout au long du voyage ; comptez plus de dix- huit  heures pour arriver au terminus ; à chaque arrêt, vous pourrez assister aux tractations des vendeurs de khat,- feuille euphorisante (abrutissante ?) strictement prohibée mais toujours largement consommée- sous le regard bovin et tolérant des askaris de service !

A peu près à mi – parcours, arrêt obligatoire à la gare de Diré Dawa, en pleine brousse, avec possibilité de se restaurer au « buffet » de la gare : le menu, local, n’est pas mauvais, pour peu qu’on veuille bien fermer les yeux sur les conditions d’hygiène !

Notez au passage que des fenêtres de ce train, sans vitres évidemment, on peut admirer gazelles et autres grands koudous ou impalas qui défient – je crois d’ailleurs qu’ils gagnent – le tortillard à la course. Les zèbres eux, vont jusqu’à s’approcher lors des ralentissements et acceptent volontiers bouts de pain ou restes de fruits… C’est, assurément, la partie du voyage la plus intéressante.

Las ! Je crains de parler au présent d’un voyage qui, selon mes renseignements, n’est plus possible et qui plus est, fortement déconseillé, on peut lire ceci dans des nouvelles relativement récentes :

Réseau ferroviaire 
Une seule ligne à voie unique relie Djibouti à Addis Abeba. Le trafic est majoritairement consacré au transport de marchandises, avec seulement un ou deux wagons voyageurs par convoi. Le taux d’accident est relativement élevé. Il est arrivé que les convois soient attaqués et pillés, et les passagers rançonnés dans la région éthiopienne de Dirre-Daoua. Le trajet Djibouti - ADDIS Abeba (environ
738 km) peut demander de 4 à 7 jours.

J’ai donc bien fait de suivre cette voie quand il en était encore temps ; elle reste , dans mes souvenirs, un des plus marquants.

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Et on avait pris le train (Val)

Tôt le matin, on avait pris le train. On occupait tout un wagon. On portait tous nos petits sacs dans le dos. Et des k-ways. Il pleuvait un peu, ce matin là. Sur le quai de la gare, j’avais marché dans une flaque d’eau.

On avait tous pris le train. Je ne garde aucun souvenir du train, ni même de la destination.

Ce dont je me souviens, c’est que je portais des chaussures bateau blanches. Ce dont je me souviens, c’est que les lacets étaient en cuir, et qu’étaient mouillés, probablement à cause de la flaque d’eau. Mes lacets mouillés « glissaient » et n’arrêtaient pas de se défaire.

De voir mes lacets ainsi défaits, ça m’incommodait. Je ne savais pas faire les lacets. Je me revois encore me retourner vers l’arrière du wagon, et chercher la maîtresse des yeux. Je me souviens de mon hésitation : « J’y vais ? J’y vais pas ? », de mes yeux qui, tour à tour, regardaient les lacets, la maîtresse, les lacets…

Et j’oscillais.
Mes chaussures dénouées, ou la maîtresse qui dirait « Quoi ? Encore ? » ? 
Rester dérangée par mes lacets défaits, ou risquer d’importuner la maîtresse ?

Je crois que j’ai passé une grande partie du trajet à songer à mes lacets dénoués et à hésiter. Je ne sais plus si j’ai fini par aller lui demander de mes les renouer.

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Mon train ne déraille pas… (trainmusical)

« Sur voie numéro Une, départ du train direct pour le Défi du Samedi »

image_d_introduction

I
Deux rails alignés en parallèle pour le train,
Comme le chemin de mon destin,
Traçant un chemin d'un parcours donné,
C’est ma liberté.

image_I

II
Un signal me donne la voie libre
Pas besoin de me le redire
Je peux avancer
C'est ma liberté.

Image_II

III
J’aime la vie sans encombre
Pour ne pas me porter ombre,
C’est un gage que je veux dominer
C’est ma liberté.

image_III

IV
Par tous les temps
Je ne reste pas à la maison
Il en va de ma santé
C’est ma liberté.

image_IV

V
Ne pas contourner les problèmes sans détermination
Tenter directement une résolution
Afin de mieux se porter
C’est ma liberté.

image_V

VI
« Arrêt dans une gare afin de vous poser une question »

image_VI

VII
Qui a posé ce butoir
Pire qu’un heurtoir
Je suis fâché
C’est ma liberté.
Ce n’est plus ma liberté !

image_VII

Conclusion
« Je suis tout de même bien arrivé sans dérailler sur le Défi du Samedi
et vous savez quoi ? J’adore le train ! »

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CHEMINS DE FAIRE (tiniak)

Une valise pleine, une valise vide et moi, seul au milieu
  de l'étape passée
  à l'étape prochaine
  le monde dans mes yeux attend que je traverse

Le vent couche la plaine
présage radieux pour la fin de semaine
  après le temps qu'il fit
  le temps qui se fera
  des jeux d'ombre nouvelle à chacun de mes pas
  qu'une ancienne rengaine a menés jusqu'ici
où mon petit chemin de traverse aboutit
à la croisée du choix
que propose une voie et son chemin de fer

Ici, je prends le risque et regarde en arrière...

  la main qui s'est levée défiant le tableau noir
  ne pourra pas donner sa joyeuse réponse
  un élan de savoir prend un coup de semonce
  et renfonce au vieux tas d'insatiables espoirs
  (n'était cette fenêtre à l'autre bout du soir)
  cependant qu'assombri à l'œil un sursis fronce

  assis à mon pupitre
  j'observe l'autre aller de sa voix au chapitre
  il faut grandir un peu
  bon... en attendant mieux, je peux faire le pitre

Maintenant, je regarde à gauche et puis à droite...

  dans chaque main, je tiens la fille de mes rêves
  j'y renifle mon sang - il éclate de rire !
  quel que soit l'avenir, il n'est pas moins riant
  que les fruits dont la chair est gorgée de ma sève
  et parfument la nuit le vent qui souffle encore

  je connais mon trésor
  il a deux noms de plus aux flancs de sa voiture

Il est temps - ce me semble, qu'aussi bien je traverse...

  moi, les chemins de fer, je n'aime vraiment pas
  j'y fais un peu l'andouille et tombe à la renverse
  j'y plante mes valises
  là, sur le bas-côté de rouges friandises
  m'appellent sans détour et comme je me nomme
  libre, gourmand... un homme

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Adrienne et Victor : à chacun son expertise ! (Adrienne)

En 1835, la Belgique est la première sur le continent européen à avoir une ligne de chemin de fer pour le transport des voyageurs. Elle va de Bruxelles à Malines.

En 1837, Victor Hugo fait la connaissance de nos transports en commun belges et écrit ceci:

Je suis réconcilié avec le chemin de fer ; c’est décidément très beau. Le premier que j’avais vu n’était qu’un ignoble chemin de fabrique. J’ai fait hier la course d’Anvers à Bruxelles et le retour. […]

C’est un mouvement magnifique et qu’il faut avoir senti pour s’en rendre compte. La rapidité est inouïe. Les fleurs du bord du chemin ne sont plus des fleurs, ce sont des taches ou plutôt des raies rouges ou blanches ; plus de points, tout devient raie ; les blés sont de grandes chevelures jaunes, les luzernes sont de longues tresses vertes ; les villes, les clochers et les arbres, dansent et se mêlent follement à l’horizon ; de temps en temps, une ombre, une forme, un spectre debout paraît et disparaît comme l’éclair à côté de la portière ; c’est un garde du chemin qui, selon l’usage, porte militairement les armes au convoi. On se dit dans la voiture : c’est à trois lieues, nous y serons dans dix minutes. Le soir, comme je revenais, la nuit tombait. J'étais dans la première voiture. Le remorqueur flamboyait devant moi avec un bruit terrible, et de grands rayons rouges, qui teignaient les arbres et les collines, tournaient avec les roues. Le convoi qui allait à Bruxelles a rencontré le nôtre. Rien d'effrayant comme ces deux rapidités qui se côtoyaient, et qui, pour les voyageurs, se multipliaient l'une par l'autre; on ne voyait passer ni des wagons, ni des hommes, ni des femmes, on voyait passer des formes blanchâtres ou sombres dans un tourbillon. De ce tourbillon sortaient des cris, des rires, des huées. Il y avait de chaque côté soixante wagons, plus de mille personnes ainsi emportées, les unes au nord, les autres au midi, comme par l'ouragan. (Victor Hugo, Choses vues)

Début 1976, j’ai pris pour la première fois le train. Toute seule. C’était pour aller explorer les villes universitaires avant de décider où j’irais faire mes études. En revenant de Louvain, j’ai vu trop tard que j’étais arrivée à « ma » gare. Je l’ai donc ratée. A l’arrêt suivant, il n’y avait plus de train pour retourner chez moi. Un dernier bus m’a rapprochée d’une douzaine de kilomètres. Les quinze kilomètres suivants, j’ai dû les faire à pied, dans la nuit noire et froide de la fin du mois de janvier.

Cette mésaventure n’a altéré ni mon amour du train, ni mon amour pour Louvain. Mais depuis, j’ai toujours peur de rater « la sortie ». Ce qui fait que maintenant, je sors parfois une gare trop tôt.

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L’envie est folle comme les herbes (Captaine Lili)

« On peut raconter l’amour sur un horaire des chemins de fer », Paola Calvetti in L’amour est à la lettre A.

Aller vers lui !

L’envie est folle comme les herbes.

Au fil des rails, les champs s’égrènent, les paysages se recouvrent.

Un seul terminus ? Ses bras, son cou, sa tendresse… La destination se décline.

Le nom du bourg a-t-il une importance ? Il s’appelle Gilles. Son homme.

Aller vers lui !

L’envie est folle comme les herbes.

Au fil des rails, l’impatience se déroule, l’amour s’éffrenne.

Le chemin est-il de fer, vraiment ? Le train écrase-t-il des coquelicots ?

Les paroles et l’image d’un livre d’enfant lui reviennent.

DSCF2220

« … et toutes les fleurs de toute la terre soudain se sont mises à pousser

pousser à tort et à travers sur la voie du chemin de fer qui ne voulait plus avancer de peur de les abîmer. »

Pour aller vers lui, elle irait à pied tout autour de la terre…

L’envie est folle comme les herbes.

La ligne s’étire, le temps se morcelle, arrêt après arrêt, elle va à lui.

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Le cube (Phil)

<p>Le cube</p>

Hélène a dit, c’est moi qui prends le livre. Normal c’est moi qui lis.
Elle a une jolie voix, Hélène, c’est pour ça que c’est elle qui lit. Même si elle est bien sage et qu’elle n’aime pas trop se mettre en avant.
Gérard a pris le cube, ma sœur a pris les affaires de plage et quant à moi, j’ai pris la bouffe et la vaisselle. Nous allions manger au bord du canal. On trouverait bien un coin d’ombre, il y a toujours de l’ombre quelque part, au bord d’un canal.

Au passage à niveau, je leur ai dit, on prend par la voie, et ils m’ont suivi le long des rails. Ce sont des rails rouillés. Il n’y a qu’une seule voie, et de l’herbe pousse anarchiquement à travers le ballast. Hélène s’est inquiétée de savoir s’il y passait des trains et j’ai dit que bien sûr. En effet c’était au temps où la ligne n’était pas encore à l’abandon. Il y passait habituellement un train de marchandises par jour, généralement vers onze heures du soir. Le convoi était composé d’une motrice diesel et d’une poignée de wagon, parfois un seul et unique, et quand j’étais gamin et que j’entendais au loin la scansion de la motrice je me levais prestement et je tirais les rideaux afin d’observer le chauffeur baisser lui-même la barrière du passage à niveau, traverser lentement, s’arrêter à nouveau et relever la barrière. Sachant cela, Hélène a rosi de plaisir à l’idée de cette transgression. Même si c’est une fille bien sage. Et nous avons marché le long des rails.

Je ne sais pas si j’étais vraiment amoureux d’Hélène. Ça aurait pu se faire, d’ailleurs nos mères nous auraient bien mariés séance tenante. Mais c’est justement pour ça. Nous nous connaissions depuis trop longtemps. Nos chemins étaient appelés à diverger, je le sentais. En fait je l’aimais bien, voilà. Et elle me le rendait. Tout est dans ce « bien ». De toute manière elle est bien sage. Aussi.

En file indienne, nous avons marché le long des rails jusqu’au pont métallique qui enjambe le canal. L’un dans l’autre, ça faisait un bon kilomètre et ça me paraissait moins fatiguant que de descendre par les rues poussiéreuses pleines de bagnoles et de chiens qui aboient dans les jardins. Et pour le retour, il n’y aurait pas photo. Ça monterait beaucoup moins par la voie ferrée.

Nous n’avons vu aucun train. Ça a dû ennuyer les vaches qui paissaient dans la prairie d’assaut, et qui se sont contentées de nous regarder nous. De toute façon la vache qui regarde passer le train avec intérêt est un mythe, qu’on se le dise.

A l’extrémité du pont, nous avons dévalé le raidillon jusqu’à la digue, que nous avons longée jusqu’aux bains. A cette heure là, bientôt midi, il n’y avait presque personne, alors nous avons pu aisément choisir notre emplacement. Nous avons posé les serviettes de bain dans l’herbe, en prenant soin de délimiter ainsi un territoire suffisamment large pour que Robert et Jean-Marc, qui avaient planté une canadienne sur le terrain de camping voisin, puissent se joindre à nous sans difficultés. Ne croyez pas qu’on ait choisi un coin à l’écart et à l’abri des regards. Non, non. En plein milieu, juste à côté du plongeoir. Nous étions les rois de la plage.

Les gars nous ont rejoints, armés de leurs sandwiches. Nous avons déballé notre pique-nique et Hélène a voulu bénir notre modeste tablée. D’habitude c’est un homme qui fait ça, il me semble, et la mission aurait dû m’incomber en tant qu’hôte, mais bon, Hélène était en verve et nous l’avons laissée faire. Même si normalement elle est bien sage. Elle a donc prononcé un bénédicité de bon aloi, à savoir ceci : « un bifteck sans moutarde, c’est comme un baiser sans moustache ». C’est à dessein que je mets des guillemets, car la phrase n’est pas de mon cru, loin de là, mais est une citation de l’auteur dont Hélène avait coutume de nous faire lecture, en ces heureuses journées.

Lorsque les agapes ont eu pris fin, Robert est reparti au camping. Je reviens, disait-il d’un air mystérieux, ne parvenant pas pour autant à éveiller plus que ça notre curiosité. De toute manière on s’en foutait, on attendait la lecture. Il est revenu un quart d’heure plus tard, nanti d’un pack de heineken, d’une paire de sirènes hollandaises et de quelques buveurs de bière alsaciens. Ça promettait. De toute manière il n’était pas question de prendre la bagnole, alors quand on aurait éclusé la mousse, on pouvait encore aller remettre ça chez Janine, la guinguette plus loin le long du canal.

Gérard a déposé son cube à l’endroit approprié, à savoir sur une plate forme en ciment qui avait supporté autrefois je ne sais pas quoi dont il restait des moignons de ferraille rouillée. Nous avons fait cercle autour du cube. Hélène s’est juchée dessus, le livre à la main. Elle a avalé prestement une goulée de bière afin, disait-elle, de s’éclaircir la voix et elle a lu. Ça n’a pas tardé à démarrer. Dès les premières lignes du chapitre nous étions tous pliés de rire, sauf les hollandaises qui n’y entravaient rien, et Hélène elle-même était obligée de s’interrompre pour laisser passer une crise inextinguible de fou rire (elle tellement si sage d’habitude). Puis elle reprenait, et nous riions de plus belle, et Hélène riait aussi, et s’interrompait encore, et les gens, intrigués, commençaient à s’agglutiner autour de nous pour profiter de l’oracle, au lieu d’aller se baquer, les bains ça sert à ça pourtant, mais disons à leur décharge que ce n’est plus comme avant, que l’eau est devenue moins appétissante, si on peut dire, de toute façon nous on s’en foutait, il n’était pas question de se baigner ainsi lestés de rôti froid et de mayonnaise, sans parler de la heineken. Et encore moins question de boire l’eau du canal.

A un moment je me suis dit que ce serait peut-être sympa de faire une traduction simultanée de ce que déclamait Hélène. En anglais, pour les sirènes hollandaises. Mais j’ai vite renoncé, car comment rendre dans un idiome que je maîtrisais à peine toutes les subtilités délirantes du texte. Je me suis contenté de leur expliquer pour le cube, qui était autrefois une sorte de petit coffre où je rangeais certains de mes jouets, les plus précieux, et qui depuis avait acquis un usage de tabouret. Les hollandaises se sont levées pour aller nager, et comme nous étions encore tous pliés de rire à cause de la lecture de la très sage Hélène, je me suis encore senti obligé de leur donner, dans mon anglais primaire, les références de l’ouvrage au succès incontestable : « Béru et ces dames » de Frédéric Dard, alias San Antonio.

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au train où vont les choses… (Poupoune)

C’est pitié d’voir ces rails à l’abandon. Vrai, ça m’crève le cœur… j’suis pas réfractaire au progrès, hein, faut pas croire, mais quand même, une bonne vieille micheline, ça t’avait une autre allure que leurs foutus TGV qu’on sait même pas par où ils passent vu qu’on n’en a jamais vu un par ici… Non, sûr, c’est plus pareil. Et puis avant, on a beau dire, le métier tenait un peu de l’art, de la science même… Fallait pas s’louper ! Déjà il en passait pas tous les quarts d’heures, des trains, alors fallait bien choisir son moment. Et puis c’était pas l’tout : fallait encore positionner, surveiller… Non, parce que si tu faisais pas gaffe, tu pouvais te r’trouver à courir après ton paquet sur des kilomètres sans qu’il s’passe rien ! Si t’avais la chance de l’récupérer, t’avais plus qu’à tout recommencer, mais sinon t’avais gagné des semaines de planque en attendant qu’ça s’tasse. Non, y a pas à dire, c’était autrement plus compliqué… et puis au moins t’avais le plaisir du travail bien fait, quand une fois ficelée et positionnée soigneusement sur les rails ton affaire se réglait bien comme il faut… On était des artisans, de mon temps ! Alors que de nos jours, ils se posent plus de questions : un gus qui prend un TGV dans la gueule, tu peux l’retrouver répandu sur des kilomètres, mais vivant, jamais, aucun risque ! Non, c’est sûr, ça dévalorise le métier…

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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