06 novembre 2010

No futurisme (Joe Krapov)

1008229_048bisLe nuage en pantalon
N’aura pas vu venir
Le coup de revolver
Qui mit Maïakovsky
Echec et mat.



Rien n’est plus silencieux090122_001
Ni plus indifférent
Que ces moutons informes
Qui passent en silence
Au-dessus de nos têtes
Et cachent le soleil,


100514_003Témoins muets et neutres
D’un cycle permanent
De romans policiers
Où l’homme rivalise
Avec la main de Dieu.


La fumée des canons,070805_145
La cendre des volcans,
Les cheminées d’usines,
Rien n’atteint jamais
Ces coursiers hautains.



100716_022Seul parfois quelque pic
Transperce leur secret
Mais le berger se perd
Dans leur brouillard intime,
Dans leur cercueil ouaté.


Moi qui marche dans la plaine101029_011
Je les aime rosés par-dessus la Vilaine
Et j’apprécie qu’ils y noient
Leur peu de poids,
Leur peu de foi


Car après tout
Ils sont fragiles comme nous :
Un peu de dépression
Et les nuages en pantalon…
Trois petits tours… et pluie s’en vont !


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Le temps (Brigou)

Par un jour comme les autres, Claire regarde les plis des nuages dans le ciel. Ils semblent accrochés à d’invisibles branches, se prélassent et défilent au gré du vent.
Elle réalise que sa vie a passé si vite, trop vite ! Elle s’est occupée des autres, s’est oubliée… un peu… beaucoup.
Alors que le temps s’étire, se creuse, s’évapore. C’est sa vie qui part à la dérive. Elle qui a rêvé de voyages, qui s’est dessinée des paysages. A-t-elle encore le temps ? Claire se dit qu’elle n’y arrivera plus ou qu’il est déjà trop tard...

Capture02

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PAR DELA LES NUAGES (Cédille)

Tu sais, m'avait-elle dit un jour, lorsque j'étais morte je n'avais nul besoin de gloire éphémère et les bonheurs d'ici-bas ne m'étaient rien de plus que la sensation d'une eau tiède coulant sur un visage. Je ne comptais pas mieux qu'une carcasse de mésange rongée par les renards. C'était tranquille et sans douleur là-bas. Craindre, gémir, pleurer, peiner, souffrir n'étaient que peccadilles, aucun sentiment ne venait troubler ma quiétude.

Las ! Ceci ne dura pas. Un cri venant d'en bas parvint un jour jusqu'à moi. Quelqu'un avait franchi la Porte des Temps d'Avant. Alors les vents se levèrent, hurlèrent et détruisirent peu à peu ma félicité. Un soir les nuages s'entrouvrirent, vomirent leurs fleuves d'encre, crachèrent leurs volutes d'outrance, et laissèrent apparaître des lambeaux de ce bleu que je déteste tant ! Il fallu revenir, traverser les temps morcelés, et c'est à reculons que je rejoignit  l'ère des sacrifices, là où vos doigts vengeurs se pointent vers les agonisants afin de leur porter l'estocade !

Et c'est ainsi que me voici devant toi,  au cœur  des temps de  désolation,  de l'orgueil et du désespoir. Que vos lendemains sont lourds à porter et quel terrible sort attend vos enfants perdus !

C'est ce qu'elle m'avait dit un jour, alors que nous courions devant l'approche des nuages de plomb annonçant l'orage.

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Chmury (Berthoise)

Ce défi, je ne peux pas le laisser passer sans y participer. Voilà une occasion rêvée de vous raconter ma vie. J'adore raconter ma vie. Qui   bien sûr vous passionne.
Quand j'étais jeune, j'aimais la poésie. L'âge venant, elle a tendance à me casser les pieds, mais passer un certain âge, tout vous ennuie, c'est même à ça qu'on reconnait qu'on vieillit. J'aimais en particulier Baudelaire, j'aimais bien aussi Prévert, Aragon, Desnos et Apollinaire. Mais j'aimais surtout Baudelaire. Bon, je l'aime encore un peu et suis capable vous réciter ou   déclamer si j'ai bu, quelques-uns de ses poèmes.
Le poème de Baudelaire cité dans la consigne, je le connaissais par cœur oui, par cœur. J'étais jeune, il me semble vous l'avoir déjà dit et quand j'étais   jeune, je n'étais pas sage, ça je vous l'ai déjà dit aussi. Ce soir-là,  je rencontrai Vojteck, un garçon Polonais qui venait passer quelques  jours chez son oncle, un copain de bistrot. Oui quand j'étais jeune, non  seulement je n'étais pas sage, mais en plus je traînais les bistrots.

Donc ce soir-là, je rencontre Vojteck, un étranger. Je le trouve à  mon goût, le lui montre. Il a l'air d'apprécier et nous voilà partis  bras dessus, bras dessous, dans un logement que l'oncle nous prête pour  l'occasion. Comme mon polonais laisse à désirer, et que Vojteck ne parle  pas un mot de français, notre conversation est restreinte. Comme je  suis un peu gaie et que l'ivresse me rend lyrique, je lui déclame des  poèmes en lui faisant des papouilles et me mets en tête de lui expliquer  le sens de celui-ci. En cette occasion, j'apprends même à dire nuage en  polonais. Le croirez-vous, j'ai oublié depuis.

Voici ce que j'ai trouvé en cherchant sur la toile : chmury. Vous pouvez cliquer, vous entendrez.

Dans mon souvenir, c'était plus caressant.

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Nuages (Sebarjo)

Nuages Nuages (c'est la lutte fiscale)*


Au d'ssus des vols de pélicans
Glissent des moutons sous les tapis du vent
Nuages nuages
Très légèrement
De voyages en pèlerinages
De châteaux d'Espagne en parachutes dorés
Nuages nuages
Sans heurt, évaporés
Pour l'bien du capital
Des idées fiscales
Rivières d'argent


Refrain
Nuages nuages
Dans l'espace infini de l'azur
Nuages
Jusqu'au bout de l'aventure
Nuages nuages
Reflets dans un seau laqué de peinture
Nuage
Dans le ciel, cette boursouflure


Sur la fange et les coins zone,
Sur les yachts, les rolex et leur faune
Nuages nuages
Dans tout le royaume
Sur les thunes de la
Carla
et en pluie sur les OPA
Nuage nuage
Ne t'arrête pas
Fout un' tremp' aux révoltés
Arrose les bons bardés
De ta pluie de monnaie


Refrain
Nuages nuages
Dans l'espace infini de l'azur
Nuages
Iront droit dans le mur
Nuages nuages
Reflets dans un seau laqué de peinture
Nuage
Dans le ciel, cette boursouflure


Pour l'bien du Capital
Des idées fiscales
Chutent lourdement
Nuages nuages
Dans l'espace infini de l'azur
Nuages
Iront droit dans le mur
Nuages nuages
Reflets dans un seau laqué de peinture
Nuage
Dans le ciel, cette boursouflure



*Libéralement adapté de Voyage Voyage de Desireless)


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C'est l'été (MAP)

C_est_l__t_

Et les gouttes de pluie
s’échappent une à une
profitant de l’aubaine :
…………………….
« J’en avais bien assez
d’être ainsi enfermée ! »
dit l’une à sa voisine
en sautant de concert.
« Eh bien je te comprends
moi même j’avais hâte
de sortir prendre l’air.
Nous voyageons beaucoup
et c’est bien agréable,
cependant nos voyages
sont inorganisés,
ils dépendent surtout
du bon vouloir du vent !
Nous n’avons donc qu’à suivre
et jamais rien à dire !
Nous ne savons jamais
où nous allons tomber. »
« Oui, cela me dégoûte ! »
répondit l’autre goutte.
« Moi j’voudrais bien goûter ! »
ajoute la petite
prénommée Giboulée.
……………………….
Ainsi tombent les gouttes
dans les champs, sur les routes
ravivant les senteurs
désaltérant les fleurs
glissant dans les gouttières
se mêlant à la mer …
……………………….
C’est l’été et il pleut
le soleil fait la sieste
jusqu’à ce que son lit
devenu trop léger
ait fondu tout entier !


* * *
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on ze road (Poupoune)

On n’en était qu’à la deuxième heure de route et le gosse demandait déjà pour la huitième fois à jouer aux nuages. Même sa mère commençait à sentir qu’il allait pas falloir que la plaisanterie dure trop longtemps. Surtout qu’en pleine savane à cette époque de l’année, c’était pas tant les formes rigolotes, mais surtout les nuages, qu’étaient durs à trouver.

Je l’avais dit, moi… Les gosses, c’est chiant, et ceux des autres c’est toujours pire. Alors cinq d’un coup… Bon : on a quand même eu de la chance, on n’a eu qu’un seul vomi et y en a quatre qui dorment. Y a que celui-là, là, avec ses nuages… mais il est au moins chiant comme six ou sept. Quand c’est pas les nuages, il veut jouer à trouver quelque chose qui commence par une lettre, alors que ça va faire une heure qu’à part quelques arbustes maigrichons, y a rien à voir. Et ce con de môme n’a toujours pas dit « le premier qui trouve un truc qui commence par a »… Autant dire qu’il entame sérieusement la patience et le sang froid de tout le monde. Sans compter qu’il reste au bas mot quatre à cinq heures de routes défoncées et de pistes poussiéreuses, ce qui est amplement suffisant pour nous mettre sur les nerfs sans que ce foutu marmot n’en rajoute.

Les autres parents sont stoïques, j’admire. Je suis sûr qu’ils ont tous envie de lui coller une baffe, au môme, mais y en a pas un qui moufte, ils regardent chacun leurs gosses somnolents et se félicitent sans doute de ne pas avoir à assumer l’emmerdeur. Même le père de la petite qu’a vomi a l’air plus à l’aise que la mère du boulet.

Il faudrait vraiment qu’il se calme rapidement… Surtout qu’à force de pas en trouver, des nuages, il en invente : « Là-bas, là-bas ! Un nuage en forme de cheeseburger ! T’as vu, T’as vu ?... Ah non. C’est du sable. » Avec son cheeseburger, ce con a réveillé deux gamins qui se sont mis à pleurnicher qu’ils avaient faim. S’en est fallu de peu que je lui en colle une, là. Entre les deux yeux. Mais j’étais déjà pas d’accord pour les enlever, alors c’était sûrement pas pour en buter un à la première contrariété.

Entre deux jeux foireux avec ses nuages, le môme gigotait sans cesse, commentait tout ce qu’il voyait et comme il n’y avait rien à voir… Non, vraiment, je sais bien que les enfants sont pleins de vie et de cette spontanéité gnagnagna, mais y en a quand même qui méritent juste de finir bâillonnés sur le toit des camions. Enfin si ça avait été mon gosse plutôt qu’un otage, c’est ce que j’aurais fait. Mais là, je pouvais pas. Déjà que j’étais sûr qu’enlever des mômes nuirait au capital sympathie du mouvement, si en plus on le traitait pas comme il fallait… Alors j’ai pris sur moi. J’ai compté mes cartouches en imaginant ce que chacune pourrait faire dans le petit corps agité du chiard. Ça m’a drôlement calmé. Je l’entendais pour ainsi dire plus. En plus quelqu’un lui a proposé de jouer au roi du silence. Une bonne idée. Pendant environ quarante-deux secondes, jusqu’à ce qu’il hurle « Et si on jouait plutôt à trouver des nuages en forme de trucs qui commencent par a ? ».

Là, j’ai pas tout de suite compris ce qui se passait, mais quand je me suis retourné j’ai vu sa mère lui écraser à plusieurs reprises le visage contre la vitre, qui a fini par exploser sous l’impact. Le môme pissait le sang et sa mère l’a carrément balancé par la fenêtre, le livrant dans un nuage de poussière en pâture aux hyènes et aux vautours.

La fin du voyage a été beaucoup plus tranquille.

Mais j’étais sûr que d’une manière ou d’une autre ça nous retomberait dessus et qu’on nous reprocherait la mort du gosse. Ça n’allait pas du tout, du tout servir la cause.

 

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Out of office (Walrus)

Dès que j'ai lu "nuages", Django m'est immédiatement venu à l'esprit, comme à celui de Vegas (ben oui, comme c'est moi qui ai mis en ligne sa participation, j'ai bien dû en voir la chute).

Alors, je me suis rabattu sur "Colchiques dans les prés", mais la fin de l'été m'a déjà semblé lointaine aujourd'hui.

Puis, j'ai pensé à réaliser un machin en deux colonnes :

  • à gauche tous les poncifs parlant de légèreté, d'ouate, d'ailes vaporeuses, de douce lumière...
  • à droite ceux lourds, noirs et menaçants, annonciateurs de calamités variées

mais je me suis dit que j'allais me faire chier à mettre ça en page rien qu'avec l'éditeur de Canalblog

Après, j'ai visualisé la petite voie lactée qui se développe dans la tasse de thé lorsqu'on y verse un nuage de lait, mais Maurois avait déjà fait le coup avec Aurelle et le Colonel Bramble (ou était-ce le Docteur O'Grady ?)

J'ai même évoqué cette nuée ardente de l'Exode (24), mais j'aime pas Charlton Heston.

Si bien qu'au bout du compte, je n'étais plus sur mon nuage, je suis tombé des nues et j'ai décidé de ne rien faire.

Je suis confiant dans votre talent : vous ferez très bien sans moi !

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Incarnations (Pivoine)

    Merveilleux nuages
    Floconneux zéphyrins
    Tout rosés
    Dans mon imaginaire
    Etes-vous d'aquarelle ou sensationnel pastel ?

    Et pour ce vieil ami qui s'appelle "Nuages"
    Pour ses mots, ses ciels orangés étrangers
    Américains roumains
    Ses nuages d'ici et ses paysages d'ailleurs
    Aurai-je quelques mots une pensée
    Une écharpe de brume

    Ô mes pluvieux nuages belgicains
    Lourds et noirs comme un zinc un Assommoir
    Quand la fange des forêts s'enfonce sous mes pas
    Et que le pavé gras de la ville luit dans le soir

    Comptez aussi
    Les vaporeux mètres de tulle des coiffes de mariée
    Les voilettes d'ivoire des élégantes sur les podiums
    Ces ports de reine ces saluts orgueilleux
    Ce maquillage de femme
    Tout en velours

    Et plus prosaïquement
    Un nuage de lait pour mon café-crème
    S'il vous plaît
    Faites-moi le cadeau
    D'un solide arabica dans ma tasse aux oiseaux

    Que ma Tournée de vie
    Telle un cheval fougueux
    Lancé au grand galop
    S'enflamme de couleurs

    Et de parfums brûlés

    ***
    piv

    Illustration : Le parc de La Hulpe, pastel, 2006.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

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QUE VOUS INSPIRENT LES NUAGES ? (Lorraine)

Où vas-tu, nuage

Calèche de pluie

Ou muraille errante

Tu navigues

Loin

Qui es-tu, nuage

Edredon joufflu

Ou montagne lente

Tu progresses

Loin

Que fais-tu, nuage

Ailes étendues

Comme un oiseau ivre

Tu t’emballes

Loin

Où es-tu, nuage

Portail enneigé

Lourde ombrelle chue

Tu ruisselles

Pluie…`

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