12 septembre 2020

Le pays des fariboles (Lecrilibriste)


Dans le pays des fariboles
on suit  des sentiers chenapans
en se riant des gaudrioles
que susurre coquin le vent

Et au lieu d'aller à l'école
sans se soucier d'itinéraire
on gesticule on cabriole
on fait l'école buissonnière

Dans le pays des fariboles
y a pas de conflits ni de gène
hauts en couleurs les mots s'envolent
tout seuls pour faire un poème

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Faribole (Laura)

 

Faribole, « Propos ou chose frivole, de peu d'importance[1] »mais qui parfois console.
Avec le cœur, les fariboles peuvent se grouper pour faire une jolie farandole ;
Rarement rassemblées volontairement les fariboles désaltèrent en rigole.
Il est de bon ton de rire des cabrioles comme si ça venait d’une mauvaise gnole.
Bagnole : mot  et chose sérieux dont les conducteurs sérieux font une idole.
Olé ! Evitons le triste, fabriquons nous un discours, une parabole, une parole               
Limpide, tiède, un Gloubi-boulga de citations pour Facebook, de symboles.
Et soyons positifs en lisant des « feel good books » ? Je n’aime pas ces fariboles !

 


[1] https://cnrtl.fr/definition/faribole

 

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05 septembre 2020

Défi #628

 

Faribole

Je vous explique pas

6281

 

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Le cycle de la vie par bongopinot

 

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En octobre les grains de blé mis en terre
On attend qu’ils se montrent en hiver
Et au printemps enfin ils grandissent
Puis les épis sortent de leurs graines

Après la floraison et la fécondation
 Déjà juillet-aout commence les moissons
Les batteuses tournent à plein régime
Et voilà que toute la région s’anime

Une grande fête s’organise
On place les gerbes de blé dans les vases
C’est l’ouverture du banquet
Suivi de bruit de talons sur le parquet

Et le lendemain tous admirent le nouveau décor
Partout de jolis ballots d’or
D’où des bouts de paille s’envolent
Et là restent des tiges fixées au sol

Appelées éteule ou chaume
D’une somptueuse couleur vert-jaune
Des champs d’éteule à profusion
En attendant la prochaine saison  

Et tout ce cycle recommence
Dans une lente dance
Le blé c’est tout une histoire
Et il aime redonner l’espoir

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Les Moissonneuses (Joe Krapov)

Maintenant que j’ai assez de temps pour pouvoir regarder dans le rétroviseur je m’étonne d’avoir été accompagné, tout le long de mon chemin, par un fabuleux moissonneur.

Moisson 09

C’est une espèce de Canadien errant. Il s’appelle Neil Young et on a absolument le droit, si c’est votre cas, d’être passé à côté de sa voix nasale, de son rock lourd, de ses interminables soli de guitare électrique et de sa production pléthorique. J’en connais beaucoup qui, dans un autre genre, n’ont toujours pas lu Proust, par exemple.

Et justement, on va rire, c’est dans une ville appelée La Madeleine, chez mon copain Jean-Baptiste B. que j’ai entendu pour la première fois «Uncle Neil» et ses premières galettes plus ou moins «country» ou «country-rock».

Le chef d’œuvre du bonhomme dans ces années-là était un album intitulé «Harvest», sorti en 1972. Il y enfonçait des portes ouvertes comme «Un homme a besoin d’une femme» c’est pourquoi je suis comme toi, «Vieil homme», je cherche «un cœur en or» et je ne me paie pas de «mots» avant de faire ma «moisson».

Il remet ça en 1992 avec un album intitulé «Harvest moon». Mais pour illustrer le mot «éteule» – Que reste-t-il après la moisson ? Des éteules et des chansons ! – j’ai choisi de vous traduire-adapter-massacrer une autre chanson de l’album «Rust never sleeps» intitulée "Thrasher" (La moissonneuse).
Sans prétention aucune, comme est le bonhomme qui ne craint pas, depuis le confinement, de se faire filmer en vidéo en train de gratter-chanter-pianoter… dans son poulailler ou sous le porche de son ranch !

 

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La fin des glaneuses (Ilonat)


On chôme sur le chaume
Fauchés comme les blés
De gros ballots sont restés là en sentinelles
Esseulés sur l’éteule plombés par le soleil.

Rien à glaner !
Peau d’balle et balai d’crin
A peine quelques grains
Pour les corbeaux des jours mauvais

Et pour la poésie champêtre d’autrefois
Les accortes glaneuses penchées sur leurs javelles
Vous pouvez repasser
L’Angélus apaisant ne résonnera plus

Nostalgie nostalgie…
Chromos d’un autre temps
Elle dormait à moitié nue dans la lumière de l’été
Au beau milieu d’un champ de blé
Comme un p’tit coquelicot mesdames
Meules de paille meules de foin
La sieste du faucheur casquette rabattue
La faux posée à ses côtés avec sa pierre à aiguiser
Meules de paille meules de foin
Roulades et fou rires
Et peut être un baiser arraché à la belle
Meules de paille meules de foin
Et Fanfan la Tulipe narguant Tranche Montagne qui éructe
Adieu également les grands repas du dépiquage dans la cour de la ferme
Les tables installées sur des tréteaux, bruyantes et joyeuses
Plus rien de tout cela
John Deere et compagnie ont déjà tout raflé
Le bon grain et l’ivresse

Adieu veaux vaches cochons couvées
Glaneuses et va nu pieds, l’été fut chaud et sec
L’hiver sera morose

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Inexorable (joye)

Le sol fertile se dénuera quand le printemps avide viendra lui voler son manteau de neige.

Le défilé des machines vrombira ; le vert gagnera sa bataille avec le noir.

Après une trop brève jeunesse innocente et fleurie, la maturité fera son labeur sous le soleil et quelques larmes de pluie si le propriétaire est chanceux.

Parfois, ça se noiera; parfois, ça brûlera; parfois un orage brutal viendra tout violer.

Le temps, la terre, la nature et le sort feront ce qu'ils peuvent.

La moissonneuse passera, elle fera la quête des graines.

Et l'éteule, ce sera enfin les champs au chaumage.

éteule

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Sale Berthe (Yvanne)

 

Le mot « éteule » dans la proposition d'écriture de Walrus m'a interpellée. Je ne connaissais pas ce terme qui désigne, semble-t-il ce que nous appelons ici des balles ou des ballots de foin ou de paille.
Mais peu importe, cette photo affichée par Walrus m'a rappelé une histoire de mon enfance paysanne.

Déjà, dans les années 60, ces balles telles que nous les voyons aujourd'hui dans les champs et les prés n'existaient pas sous leur forme actuelle : impeccablement roulées sans un brin qui dépasse. Non, elles étaient façonnées par la main de l'homme et non par des machines infernales qui « pondent » comme des crottes des énormes masses de chaume ou d'herbe sèche.

Pendant les « grandes vacances » scolaires, j'accompagnais souvent maman au marché à la ville voisine. Nous n'avions pas de moyen de locomotion et empruntions un car qui effectuait un ramassage sur le trajet entre la Haute Corrèze et Tulle. Il était conduit par Géraud – son nom ou son prénom, je n'ai jamais su – un bonhomme toujours assis derrière son volant, qui ne parlait pas, ne se manifestait pas. A croire qu'il ne quittait jamais son siège de conducteur et par là-même son autobus.

Si Géraud restait vissé à son poste sans mot dire, en revanche sa femme ou bien sa sœur (je n'ai jamais su) mais je pense qu'elle était plutôt sa sœur car qui aurait pu supporter une telle mégère,  arpentait le véhicule dans toute sa longueur pendant tout le parcours, fouinant, invectivant les passagers sans se gêner et avec une hargne, une vulgarité impensables.

C'était elle qui, à chaque station, encaissait la somme due. Elle se postait à l'entrée du car, toisait les braves gens qui la saluaient par politesse et auxquels elle ne prenait même pas la peine de répondre. Elle contrôlait le nombre de paniers, de sacs et gratifiait la pauvre paysanne encombrée de tous les noms d'oiseaux si elle jugeait que ses cabas étaient trop nombreux ou trop bruyants. Ils contenaient, en effet, la plupart du temps de la volaille. Elle s'en prenait surtout aux femmes qui « touchaient » les allocations familiales. Comment savait-elle ? Mystère. C'était là l'occasion pour elle de fustiger avec haine et avec des mots d'une grossièreté incroyable les pauvres mamans – dont la mienne – qui baissaient la tête, honteuses. Je lui souhaitais, dans mon for intérieur le plus de mal possible. Inutile de dire que les gens étaient contraints et forcés de prendre ce car puisqu'il n'existait pas d'autre moyen de se déplacer. La Berthe ne se privait pas aussi de mettre la main au pantalon des rares hommes qui voyageaient dans l'autobus. Certains lui rendaient la pareille et elle éclatait alors d'un rire gras tellement détestable.

Comment vous décrire le personnage ? Berthe – c'était son prénom – était une grande femme maigre, toujours vêtue en été d'un antique imperméable trop long qui fut sans doute noir en d'autres temps mais si lustré qu'il était difficile maintenant de lui donner une couleur. Elle avait aux pieds des chaussures en caoutchouc, les mêmes probablement qu'elle portait pour aller aux champs. Une vieille sacoche de cuir délavé barrait sa poitrine ou plutôt son absence de poitrine, lui servant à empocher la recette.

Le plus frappant pour moi était son visage. Elle avait la figure toute couturée – elle était tombée, enfant, sur une bouteille cassée par son père alcoolique, c'est du moins ce que l'on racontait. Dommage qu'elle ne se soit pas coupé sa langue de vipère ! – où brillaient deux petits yeux foncés inquisiteurs. Elle tressait ses cheveux en deux grosses nattes noires se rejoignant sur le haut du front et qu'elle devait huiler. On aurait dit deux serpents visqueux d'où émanait une odeur rance quand elle se penchait devant vous.

Je ne pouvais m'empêcher de la lorgner avec insistance, subjuguée. Maman me recommandait alors à voix basse d'arrêter de regarder ainsi « la sale Berthe  » - c'est ainsi qu'elle la nommait, allusion à « sale bête » – afin d'éviter des remontrances carabinées.

Mais où sont les éteules de Walrus dans tout cela me direz-vous ? Nous y arrivons.

Rien n'arrêtait la bonne femme. Quand elle avait une envie pressante, quel que soit l'endroit sur la route, elle haranguait le chauffeur en occitan : ô Géraud, planta-te, ai envije de pissar. Le bonhomme se hâtait alors de trouver un dégagement pour se garer. Comme il n'y avait pas beaucoup de circulation à l'époque, c'était assez facile.
Ce jour-là, le père Géraud stoppa son véhicule le long d'un champ fraîchement moissonné. Les javelles de blé avaient été érigées en meules pour les protéger d'un éventuel orage ou tout simplement pour qu'elles sèchent mieux.

La Berthe se précipita, suivie par quelques ménagères. J'étais assise au fond du car d'où j'avais une vue imprenable sur tout le champ. J'assistai alors à un spectacle qui me réjouit fortement. La vieille bique se campa derrière le premier amas de paille venu, écarta les jambes sans se baisser – d'où l'absence certaine de culotte – et urina un long moment. Puis, stupéfaction, ouvrit son imperméable et s'essuya l'entre-cuisse avec son tablier.

Que se passa-t-il alors ? La meule s'écroula tout à coup sur la Berthe, la faisant tomber et l'ensevelissant. Je me demande si quelqu'un ou quelqu'une, posté derrière n'avait pas poussé le tas de paille pour qu'il s'effondre ainsi. Toujours est-il que la mégère hurlait si fort qu'on aurait cru à un égorgement. Personne ne se hâtait pour la sortir de là. Elle finit par émerger, aidée par deux âmes charitables.

Elle remonta prestement dans le car en soufflant comme un bœuf, les nattes défaites, la figure rouge, couverte de brins de chaume et chose surprenante, s'assit aux côtés de son Géraud, elle qui, habituellement, passait son temps à circuler dans le véhicule à l'affût de la moindre chose lui déplaisant. Elle en profitait alors pour distiller sa méchanceté.
Miracle ! Ce jour-là, elle n'ouvrit plus sa bouche fielleuse jusqu'au terme du trajet. Inutile de préciser que des sourires moqueurs furent échangés dans son dos. Pour ma part, je jubilais et par la suite, elle ne m'impressionna plus : je l'imaginais dans ses mauvaises postures et cela suffisait pour que je la regarde d'un autre œil que je ne pouvais empêcher d'être ironique.

 

 

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L'art des éteules (Laura)

 
L’art des éteules
Pour tout vous dire, lorsque j’ai vu le nouveau défi de samedi, j’ai pensé à un des béguins de Cannelle, la citadine qui a fait souffrir les garçons amoureux d’elle dont ce fils d’agriculteur qui a voulu la coucher dans le foin[1], chanson qui m’a inspiré un poème[2].
Quand je me suis remise au défi, j’ai pensé aux meules de Van Gogh, de Monet et Millet dans le désordre chronologique mais ordre dans lequel j’ai pensé à leurs tableaux d’éteules.
Van Gogh parce j’ai suivi sa trace à Amsterdam[3], Auvers[4], St Rémy[5].
Monet parce que j’ai vu ses paysages à Giverny[6] entre autres.
Millet parce que Barbizon[7].
Les trois parce que j’ai lu des livres à leur sujet, vu des films, des tableaux, des expos, des musées, leurs maisons, leurs tombes.
Les trois à cause de l’art des éteules et l’art… de rien, des paysages que nous avons parcouru ensemble… et que je contemple maintenant seule et qui me tient, même difficilement, debout, de ce 2 e étage où j’ai déménagé et d’où je peux voir …  la ville dans son étendue aux éteules … peut-être plus loin.

 



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