05 mai 2018

Ludovic le lombric (Kate)

Ludovic le lombric

Déjà le titre ! Mais, n'est-il pas déjà pris ? Non, Frédéric c'est le moustique, dans la collection Les Drôles de Petites Bêtes de Giboulées chez Gallimard !

Unknown

1°) Ludovic, donc, le lombric... : ne peut être tricoté au crochet mais...

2°) Lombric Ludovic : demeurant sous la terre et devant y rester mais...

3°) L. L. : sous ces royales initiales (on t'a r'connu !), mais...

4°) Ludo Ludique : aime s'amuser à ramper en bavant. Pourquoi pas ? Mais...

5°) Ludovic Le Lombric : de l'Ordre des Anneaux Serpentant, peut-être ? J'hallucine sûrement, mais...

Après recherches, quelques réponses...

tricoteuses

1°) Au tricotin ! Tiens, tiens... Une nana l'aurait fait !

2°) Sur la terre il va aussi et se régalera de salades, j'en suis malade, complètement malade !

3°) Serais-tu, par hasard, le royal bébé de Kate ? Comme t'y es beau, alors !

4°) C'est pas très propre tout ça ! Vite, un écouvillon pour biberon !

5°) T'es peut-être un très noble personnage cependant mal connu de mes services !

En bonus : les titres auxquels vous avez échappé :

a) Le lombric du monde 

b) Lombrics de tous les pays, unissez-vous !

c) Si tous les lombrics du monde voulaient s'donner la main...

images

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Le lombric (Walrus)

 

"Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour..."

Ben quoi ? Ce sont des vers, non ?

Comment ? Ils ne sont pas de moi ?

Ben non, ce ne sont pas des vers solitaires (petit aparté : vous ne trouvez pas étrange, vous, qu'on puisse mettre au pluriel les vers solitaires, hein ?).

Et si vous m'interrompez continuellement, nous n'y arriverons pas. J'efface tout et je recommence :

Au sortir de son trou, le valeureux lombric
Quitte le jardinet par sa bordure en briques.
C'est qu'il en a soupé de bouffer de la terre,
Il est grand temps pour lui d'explorer l'univers.
Sur le ruban d'asphalte, il rampe, conquérant !
Il s'en va, ventre à terre, le regard triomphant...

Quoi encore ?!

Les lombrics n'ont pas d'yeux ? Et du coup, le regard triomphant...

De quoi me mèle-je ? C'est une image, une façon de dire, une métaphore même, on ne te demande pas ton avis sur l'anatomie comparée des lombrics et des néréis qui en ont, eux, des yeux, bien qu'ils soient vers (non, pas les yeux verts, les néréis, vers marins) !

Bon, j'ai perdu le fil (Stop, pas de fine allusion au ver à soie, ce serait mal venu après le ver à soi) et surtout le rythme. C'est dramatique quand l'alexandrin te sort de l'oreille comme le lombric de son trou.

Bon, tant pis, c'est foutu, je continue en prose...

Allo ? C'est encore un alexandrin ? Et alors, pourquoi la prose n'aurait pas de pieds, y a bien des vers qui n'en ont pas ! Ah, ça t'en bouche un coin ça, hein ? Je peux y aller ? Mais non, pas au petit coin, je veux dire retourner à mon histoire.

Le ver est sur l'asphalte (et non pas dans le fruit),
À quelques décimètres du jardin qu'il a fui,
Arrive l'Adrienne qui aussitôt s'écrie :
"Oh, le pauvre lombric, perdu, loin de chez lui !
Si le temps vire au beau et que le soleil luit,
Voilà qu'il se dessèche, en un mot, il est cuit !
Par contre, si le ciel nous envoie de la pluie,
Il se noiera c'est sûr, ayons pitié de lui.
Et d'un geste élégant, de ses doigts délicats,
Elle cueille l'animal et chez lui le renvoie.


Moralité (oui, vous êtes sur un site à haute tenue morale) :

Si vous êtes tenté par l'esprit d'aventure,
Soyez prêt à tomber dans la déconfiture !

 

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Le Bosseur de Ghislaine53

Le lombric, faut pas croire qu'il est seulement nu
 comme comme un ver  et mou comme une gomme !
C"est un bosseur le lombric !
Il bosse même la nuit et faire les 3/8 ne le dérange pas !
Il a tant d'anneaux qu'il peut bosser pour dix !
Le lombric c'est un agriculteur !
Il tourne, retourne et retourne la terre, 
c'est ce qu'il sait faire le mieux le lombric........
Lui et ses semblables sont condamnés à creuser, trouer, aérer
notre terre jusqu'à ce qu'ils se fassent manger par leurs
prédateurs et ils sont légion les gars !!
Ils sont des tas à n'en vouloir que pour leur petit déjeuner !
Le pauvre lombric se fait même chasser par des collègues,
tels les plathelminthes. Si si c'est vrai !!
Ce sont de vrais tueurs qui sont réputés pour leurs génocides !
Depuis que le lombric est paru ce matin, j'en ai appris des choses !
Mais je ne vais pas non plus en faire un livre......
Juste un blagounette pour vous !
"""Pendant un diner d'amoureux de vers de terre , 
qui tient la chandelle ??? ""
Vous savez pas ?
 Ben c'est le ver luisant !

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28 avril 2018

Défi #505

 

Va falloir creuser :

Lombric

Mais vous n'êtes pas obligés
de le faire en vers...

5051

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Se sont montrés héroïques

pas cons

5042

Ghislaine53 ; Venise ; Laura ; Emma ; Cavalier ;

Kate ; JAK ; Pascal ; Nana Fafo ; Walrus ; joye ;

bongopinot ;

 

 

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Notre Kermesse par bongopinot

bo


À la kermesse de mon quartier
Tout le monde est invité
Si ça vous intéresse venez
Participez au vent de l’amitié

Les barbecues fleurissent
Les gens se réunissent
Et des liens se tissent
Entouré d’odeur de saucisses

Sur un petit coin d’herbe
Les tables s’installent
Au soleil puis sous les étoiles
On sera là jusqu’à l’aube

Les stands sont disposés
Des jeux divers et variés
De beaux moments animés
Par les jeunes du quartier

Et les belotes s’organisent
Une pétanque s’improvise
Le cochonnet que l’on vise
Au soleil en bras de chemise

Des groupes de musique
Sous un ciel magnifique
Ces moments sont magiques
Dans ce quartier authentique

Où les grands et petits filous
S’adonnent au chamboule tout
Les enfants courent partout
Un vent de vacance souffle voyez-vous

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Chez la comptinetière (joye)

Un jour, à la foire

De l’Ile-du-Prince-Edouard --

(Ne fût-ce à la fête

De Sainte-Marguerite-de-Viette --)

J’ai enfin vu la vraie :

Cette Nana Fafo !

Puis, au festival

De vieux Fourneaux-de-Val

(Peut-êtr'à la frairie

De Merbes-Sainte-Marie)

J’ai enfin vu le vrai :

Charlie, ne fût-ce Rimbaud !

ou est rimbaud

Enfin, à la ducasse

Un soir  à Caracas

(Presqu'à la kermesse

De Méphistophélès !)

J’ai enfin vu les vrais :

Les Défiants globaux !

defiants

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À question idiote... (Walrus)

 

Oh, Papé, c'est quoi la kermesse ?

 

 

Pour tout vous dire, non seulement c'est le nooord, mais c'est surtout la Flandre, qu'elle soit française ou belge.

Dans cette région où coexistent deux cultures, la fête annuelle rappelant la dédicace d'une paroisse à un Saint tutélaire se dit en français, par dérivation, (dédicace -> dicasse ->) "ducasse".

Les Flamands, eux, emploient "kermis" que les francophones se sont empressés de réadopter sous la forme de "kermesse".

Ils pensaient peut-être qu'ils auraient ainsi droit à deux fêtes patronales, on les reconnaît bien là ces guindailleurs invétérés.

Quoi ?

Vous ne connaissez pas guindailleur non plus ?

Normal, ça aussi c'est belge, vous savez bien, là-bas, vers le nord...

 

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Kermesse revisitée façon cochonnaille (Nana Fafo)

ronchonchon-saucisson

Ronchonchon il aime pas les saucissons

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Le Val. Foire à la saucisse, un jour peut-être.

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Ronchonchon venait de recevoir une Missive Anonyme Impactant Le

Cours de sa Vie (MAIL.CSV).

Le message était aussi clair qu’un tableau de bord excel,

réalisé par un ingénieur de la complexité, indiquant la marche à suivre :

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“Pour ne pas payer le port, rendez-vous au Port, avant le 2 septembre, ne laissez pas ce délai expirer”

.

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Tel un charretier, Ronchonchon s’exprimait dans ce langage de Djeun’s officiel :

“what a F…” Encore à lui de se déplacer.

Et ceci n’a rien à voir avec le fait qu’il n’attache pas son chien avec des saucisses.

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Quand souffle le vent du nord… ça annonce un changement d’air.

Le fumet d’une nouvelle vie se diffuse. Peut-être une vaste fumisterie, qui sait !

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A la prochaine KirchTag, HacheTag “# Foire à la Saucisse, Le val”,

Ronchonchon avait l’espoir de rencontrer enfin une porcasse,

peut-être une qui casse pas des briques, même une kit-Cat, dont il ferait bien son 4 heures

(oui, je sais un cochon qui fantasme sur un chat, c’est bizarre,

mais pas plus qu’un humain qui fantasme sur un bout de plastique...).

.

Pour cela, il avait commandé tout le matos à Léo le Corse.

De l'artillerie lourde livrée par bateau en conteneurs spéciaux.

Ronchonchon devait tenir le stand de Charcuterie Corse avec sa cousine, la jolie petite Emma.

Ben quoi, vous avez jamais vu un cochon vendre des saucisses ? C’est courant chez nous.

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La foire à la saucisse au Val (c’est comme ça qu’on dit)

c’est une sorte de Kermesse où la procession théâtrale relate l’histoire de ces paysans privilégiés,

ex-oppressés de leur Duc local, pouvant devancer la constitution des réserves hivernales.

Ça mange, ça rigole, ça festoie, comme des gorets,

à l’image d’un tableau de Peter de Bruges le Jeune à la Rubéole.

Ronchonchon ne voulait pas manquer ça.

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Arrivé au port, pour récupérer son colis, le gars au guichet lui dit :

“N° de commande, pièce d’identité.”

Sur son badge était inscrit : “Allaye, DesPD à votre écoute”

Ronchonchon sortit son bon de commande et le Message qui devait changer le cours de sa vie.

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Le gars : “Vous avez une preuve que c’est vous ? Sans ça, je peux pas vous donner la marchandise.”

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Ronchonchon excédé par cette remarque :

“Me raconte pas des saucissons, Allaye, file-moi ma came, si tu crois que ta guérite va m’empêcher de te péter le râtelier, après on verra si t’es toi ou tais-toi.”

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Le gars devait être habitué à ces excès, ses boss lui avaient même construit un abris blindé.

Pas folle, la guêpe, quand on arnaque son client on sait bien qu’il faut s’en protéger.

Il y a des entreprises d’Em-papaoutés au nom évocateur, qui ont tout compris au business :

faire payer un service de transport aux clients, pour qu’ils aillent chercher eux-même leur colis !

Le comble du Sans-port, c’est pas sport.

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La foire à la saucisse et les espoirs d’une nuit de glisse commençaient à s’estomper

face à cette machine administrative inflexible et bien rodée.

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Que pouvait-il bien y faire ?

Faire sa tête de cochon, face à ces cochons... pour récupérer ses cochonneries !

Tout est bon dans le cochon !

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Belle lecture créative à toutes et à tous (sans paranthèse)

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Les états d'âme de Ronchonchon

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Le petit César (Pascal)


Depuis des semaines, tantôt à sa mère, tantôt à moi, ma fille nous serinait avec la future kermesse de son école ; qu’il neige, qu’il pleuve ou qu’il vente, en aucun cas elle ne pouvait louper cette extraordinaire attraction. Au jeu du « un week-end sur deux », j’eus beau recalculer méticuleusement sur le calendrier la date fatidique, à chaque fois, cela retombait sur moi. Comme un fait exprès, depuis que j’étais divorcé, je me retrouvais plus souvent sous le joug des responsabilités chaperonnes, que quand j’étais marié…

En général, ce sont les mamans qui gèrent le mieux ce genre de mission ; elles en profitent pour papoter, pour échanger avec la maîtresse, pour parler du prix des fringues qui vêtent leur petite tête blonde. Les femmes ont toujours mille choses à se raconter !

Naturellement, elles sont en accordance avec l’ambiance ; les neuf mois d’avance qu’elles ont sur nous, c’est neuf mois d’amour en plus. Calculez comme vous voulez, on ne remontera jamais le handicap. Pendant leur grossesse, elles lui ont chanté des berceuses, murmuré des secrets ; elles ont caressé leur ventre, elles l’ont senti bouger. Chambre, couffin, layette, elles ont tout prévu. Fières, le ventre en avant, elles ont défilé devant le monde comme si elles portaient l’avenir ! Nous, les hommes, les géniteurs devrais-je dire, on a beau nous faire participer à l’accouchement, nous faire couper le cordon, le balader contre nous, torse nu, on n’arrivera jamais à rattraper ce retard. On veut nous responsabiliser, nous faire rendre compte de l’importance sidérale de ces trois petits kilos de chair et de pleurs. Oui, le premier sourire est pour nous ; oui, s’il ouvre un œil, c’est pour nous ; et s’il accroche notre doigt, c’est forcément le signe d’appartenance, et c’est un moindre mal. Elles l’ont fait dans un moment de douleur et, nous, dans un moment de plaisir ; c’est tout le paradoxe du couple…  
Accident pour les unes, désir pour les autres, elles amènent le petit dernier dans la poussette dernier cri, vantent déjà ses qualités, sa prise de poids, sa taille, son avance sur son âge ! En confiance, avec d’autres mères, elles racontent leur pénible grossesse, leur accouchement, leur montée de lait et, sans doute, beaucoup plus !...

Avec mon air de rasé de trop près, que voulez-vous que je raconte à un autre papa, tout comme moi, embrigadé de force dans cette bacchanale à bambins ? « Ça fait ch… on va rater Toulon-Clermont !... Vous avez quoi, comme bagnole ?... » Pour meubler, on parlera de notre job, de la température de la mer, des prochaines vacances, du prix de l’essence !... Je ne sais pas pourquoi, je ne me voyais pas parler de la température du bain, du prix des couches deuxième âge et des trois vitesses sur la tétine du biberon…  
Et si je discute avec une maman, je passerai pour un séducteur ! Si je dis qu’un gamin est mignon, je passerai pour un pédophile ! Si je ne parle pas, je passerai pour un vieux bourru descendu de sa montagne !...  

Ce n’était même pas la peine que je demande à sa mère de me remplacer pour l’événement, elle était bien trop contente de me laisser me dépatouiller avec la petite. De toute façon, c’était son week-end. Naturellement, elle serait injoignable pendant ces quarante-huit heures ; closed, do not disturb, fermé pour cause de doigts de pieds en éventail ! Les sonneries de son téléphone dans le vide seraient immanquablement des : « Démerde-toi avec le bébé »… Tant pis, par cet acte de présence, sourires à gauche et sourires à droite, ronds de jambe et saluts courtois, je ferais bon cœur contre mauvaise fortune, j’entretiendrais l’illusion du papa émerveillé, du parent concerné, de l’adulte moderne et consentant…

Les préparatifs étaient restés secrets pour les parents et quelle ne fut pas ma stupeur quand je découvris son école déguisée, pareille à un véritable champ de foire ! Il ne manquait plus qu’un mat de cocagne, un cracheur de feu, des ours muselés et quelques acrobates !
Toute fière de trimbaler son papa, elle m’entraîna dans le dédale des couloirs ; elle me tenait par la main pour que je ne me perde pas ! Elle me fit visiter sa classe, elle me montra ses plus beaux dessins collés aux murs, ses mobiles pendus au plafond, le poisson rouge dans son bocal ; elle me tendit ses livres d’images, elle me fit découvrir son prénom au-dessus de son portemanteau, son casier, les WC en grandeur miniature !
Sous les guirlandes et les flonflons, j’eus droit au défilé des chars fleuris, à la représentation des marionnettes, aux scénettes de théâtre, aux déguisements de printemps, au concours de marelle, au chapeau de clown que je devais absolument  garder sur la tête ! La musique tonitruante torturait mes oreilles ! A croire que j’étais dans une école de sourds ! Manifestement, j’avais passé l’âge pour jouer à ces jeux de cour de récréation…  
Elle me présenta ses copines, sa charmante institutrice, sa voisine de banc, le petit César, le chenapan de sa classe, la maman du petit César, son grand-père et sa petite sœur, le concierge, le jardinier, la cuisinière !...  
Entre bousculades et précipitation, elle tenta la piscine des poissons à pêcher, les quilles à renverser, le concours de coloriage, les anneaux à lancer ! Ça criait, ça piaillait, ça rechignait, ça protestait, ça transpirait ! Comme dans une ruche en effervescence, les gamins couraient dans tous les sens et mes oreilles bourdonnaient ! Stoïque, je gardais le sourire ! De temps en temps, un ballon de baudruche explosait dans les mains d’un gamin turbulent ; c’était comme un pétard qui paralysait pendant un instant l’ambiance…  

Dans la cour, chacune des maîtresses s’affairait à son stand comme s’il en allait de l’avenir de l’Education Nationale ; la directrice de l’établissement devait veiller à entretenir leur compétence… Sur l’estrade, un prestidigitateur vint sortir quelques bonbons cachés derrière les oreilles des jeunes spectateurs ; un clown se risqua  avec ses grimaces de circonstance ; une fée fit jaillir des myriades de confettis sur l’assistance ; un chien savant aboya des résultats d’addition que tous les enfants lui soufflaient en hurlant. On applaudit, on dansa, on chanta…  
Puis, au paroxysme de l’excitation, ce fut le moment des premiers caprices, des jérémiades, des jalousies qu’on ne peut plus cacher, des colères et des chagrins ! Dans un concert de braillements, les bébés réclamèrent leur biberon, les papas leur clope, les mamans un coin d’ombre !
Pourtant, il fallut attendre jusqu’à la fin du tirage de la loterie ; ma fille m’avait fait prendre une vingtaine de billets. On gagna une sucette géante qu’elle fit tomber, en mille morceaux sur le carreau du préau, au moment où elle allait lui donner son premier coup de langue. On s’enfuit avant que les maîtresses ne réclament des âmes charitables pour remettre de l’ordre à leur école…  

Manque de bol, dans quinze jours, je suis bon pour me retrouver à la kermesse de fin d’année de son activité de petite danseuse ; mon implacable calendrier est sans concession. Oui, pour les pères divorcés, ce n’est pas de tout repos…

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