29 janvier 2011

Défi 134 (rsylvie)

Dans un élan de colère, il regarde le réveil, 4heure 33 du matin, sors de la chambre, le pantalon à peine remonté. L’encolure d’un pullover enfilé à la hâte, l’empêche de voir le tabouret au milieu de la pièce.

-« Nom de ….. », grommèle-Williams en se retenant à la commode, d’une main fébrile.

Parfaitement réveillé du choc contre son tibia encore fragile, de la bataille pour reconquérir l’ile de la cité, il poursuit sa course vers la sortie sans se retourner. Comme s’il avait le diable à ses trousses, il s’enfuit dans la pénombre de la ville en sommeil.

Le souffle court, les cheveux en bataille, il transpire mais ne s’arrête pas. Tant qu’il n’aura pas atteint le couvent il n’aura pas de répit.

« C’est le signal», pense-t-il accélérant le pas inconsciemment.

« Tout peut arriver… mais je suis prêt » !

Nous sommes en l’an de grâce 1102, vers le milieu du mois de mai. Les Païens se réunissent en corps d'armée avec ordre de n'épargner aucun Chrétiens. Ils sont au nombre de vingt mille cavaliers et dix mille hommes de pied, sans compter les conducteurs des bêtes de somme, qui, tout en faisant marcher devant eux les bœufs  et les ânes chargés de vivres, portent chacun dans leurs mains des massues pour combattre au besoin. Les Païens, ont formé le projet d'enlever, avec toute sa suite, l'évêque de la ville de Paris, qui demeure à quelque distance de-là. Et avec lui, les saintes reliques du couvent de Notre Dame. 

… « Et puis cette cloche qui sonne toujours ».

Williams sans se retourner, continue sa progression vers le couvent dont la silhouette se dresse à l’horizon.  Au travers de l’agitation grandissante qui semble envahir ce lieu de silence et de prières, Il entre par une porte dérobée et se dirige vers le cloitre.

Mon fils, dieu m’en est témoin, je sais le moment mal choisi pour vous sermonner de la sorte, mais il faudra un jour que nous parlions de ces escapades nocturnes ».

Je suis fait, pense notre cavaleur, qui se retourne respectueusement avant de s’agenouiller devant le père supérieur Pierre-Yves Donnadieu, dont une barbe blanche mal rasée d’un réveil mouvementé, trahit les bouleversements d’une vie consacrée à la méditation.

Cessez-là ces faux-semblants, et venez plutôt que je vous expose la situation ».

…Un certain jour donc, les Païens avançant méchamment vers le monastère, le cernent.  Mais après avoir bien examiné la force de ce lieu fortifié, ils s’en retournent sous les murs de la dite cité, et allument de grands brasiers. L'évêque qui voit flammes et  fumées autour de l’ile de la cité, craint de se voir bientôt assiégé par eux. Prenant ses précautions contre le péril futur, il dépêche sur-le-champ un messager vers le roi, et lui demande de venir en toute hâte le secourir.

-« Ils sont revenus ? » demande Williams.

-« oui ! MAIS cette fois, plus nombreux et beaucoup mieux armés ! Faites attention à vous mon fils ».

Dans un élan du cœur, Williams serre fort la main qui s’offre à lui. Un clin d’œil vers celui qui l’envoie quérir la paix divine. Un dernier regard au travers de la petite fenêtre du cloitre par laquelle irradie la magnificence du ciel en feu alors que pointe le jour, et Williams franchit le seuil du monastère.


Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses …… que… Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie..... -Charles Baudelaire-

 

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Consigne #134 (Pat)

« Soyez très prudent, mon cher Sancho, nos adversaires sont dangereux et très déterminés, ne prenez pas de risques inutiles et n’hésitez pas à appeler du renfort en cas de besoin, prenez garde à ne pas être suivi, nous nous retrouverons de l’autre côté du ruisseau à la tombée de la nuit »

Je suis Pablo Pendergast, inspecteur du bureau fédéral d’investigations félines, nous planquons depuis 3 jours déjà dans le salon de Tante Irène, qui ne se doute pas que Fifi, le pit-bull du voisin est à la tête d’une secte vaudoue pratiquant le sacrifice des chatons pour invoquer leurs dieux sanglants. Tante Irène aimerait me voir sortir par ce beau temps, elle essaie de me distraire avec une petite balle et des biscuits. Mais ne croyez pas que tante Irène ait été achetée par la secte, dont elle ignore tout, simplement, elle ne sait rien de ma vie secrète, elle croit que Sancho est mon compagnon de jeu simplement, alors qu’il est mon coéquipier et accessoirement lieutenant du secteur félin du NYPD. Nous avons déjà élucidé de nombreux mystères qui échappent totalement à nos amis humains, qui ne se doutent pas que la criminalité touche aussi les animaux… et tout particulièrement les chiens, qui sont des créatures souvent dangereuses.

Donc, comme je vous le disais, avec mon ami et complice le lieutenant Sancho d’Agosta, nous sommes sur la piste d’une secte vaudoue. Nous avons collecté des renseignements sur la disparition mystérieuse de nombreux chatons et toutes les pistes nous mènent à la grange délabrée de notre voisin où plus personne ne va, sinon le terrible Fifi et ses amis.

Ce soir, ce sera la pleine lune, jour de célébration de cette maudite secte. Nous devons les arrêter à temps sans quoi de pauvres chatons innocents seront encore sacrifiés.

Je vous laisse, je dois m’assurer que le dispositif est en place et que mes chats sont prêts à intervenir. Ma troupe est composée en partie de jeunes intrépides, peu disposés à écouter les consignes de sécurité, je dois aller les briefer pour éviter un bain de sang, de notre sang du moins…

Contrairement à ce que croit Tante Irène, je ne fais pas que dormir et rêvasser, la vie d’un inspecteur du FBI n’est pas une sinécure, mais une suite d’aventures palpitantes.

Dommage que je ne puisse pas partager ma vie secrète avec elle, ça la changerait de ses polars habituels. C’est quand même le comble pour une lectrice de polar, non ? Partager sa vie avec un inspecteur du FBI et un lieutenant du NYPD et ne pas le savoir !

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derrière la fenêtre mi close (Tendreman Spice)

" derrière la fenêtre mi close ....une autre vie possible "

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la fenêtre‏ (Venise)

Venise

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La voisine (En attendant l'Éden)

Les deux appartements entouraient la cour intérieure.
Un carré à eux deux.
Salons - cuisines et chambres se faisant face.
Savants jeux de voilages pour garder un peu d’intimité tout en laissant la lumière s’inviter.
Et puis parfois …

Elle prend un thé. Tout un rituel, faire chauffer l’eau, humer les différentes essences, en choisir une et verser quelques feuilles dans un filtre.
Puis l’eau chaude qui coule dans la tasse, la légère vapeur qui s’échappe et qui enveloppe un instant son visage.
Elle s’assoit au coin de la table, sur une chaise, une jambe repliée contre elle.
Elle prend sa tasse à deux mains et aspire l’odeur de sa boisson. Un léger sourire aux lèvres, une petite fossette au creux de la joue. Ses yeux se plissent de plaisir quand elle goûte le nectar. Elle repose son dos contre la chaise, se détend. Une toute petite goutte de thé est restée accrochée à sa lèvre. Invite à l’essuyer du bout des doigts, à l’aspirer du bout des lèvres, à la laper du bout de la langue. Mais d’une main, elle balaie la gouttelette, puis attrape un biscuit. Elle le casse en petits morceaux qu’elle porte négligemment à la bouche, se suçant les doigts pour récolter les miettes. Ses lèvres s’accrochant à la pulpe pour ne rien perdre de la gourmandise. Elle boit à nouveau un peu de thé et rattrape d’un petit coup de langue une goutte qui glisse le long de la tasse.
Finalement, le breuvage but, elle se lève et quitte la cuisine.

Et il se rend compte soudain que l’eau n’a cessé de couler, que la vaisselle n’est toujours pas faite et que voilà dix minutes qu’il est là une assiette à la main et une éponge dans l’autre souhaitant de tout cœur être une tasse ou un biscuit.

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22 janvier 2011

Défi #134

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie..... -Charles Baudelaire-

Et vous ... Que voyez-vous, qu'imaginez-vous ... derrière une fenêtre close (ou mi-close) ?

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Adresse bien connue pour vos envois : samedidefi@hotmail.fr

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Une rupture de taille X Ixelles (Joe Krapov)

Ma chère Isabelle

Il m’a tiré dessus, ce con ! Avec une vraie balle d’un vrai revolver ! Tu parles d’un impair ! Il n’est pas près de me revoir ! Heureusement il n’a touché que mon poignet gauche. Ca a beaucoup saigné mais le médecin a dit que ça restait superficiel. Il n’empêche, pour l’instant le bandage est très voyant.

Je t’écris du train qui me ramène de Bruxelles à Paris. Je joins à cette lettre une carte postale représentant l’étang d’Ixelles. De Paris, je gagnerai Marseille.

101227_011Quand je pense que tout cela est parti d’une minuscule et ridicule tradition d’hospitalité belge, j’en rigolerais presque. Je sais bien qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre Paulo et moi et c’est d’ailleurs pour nous rabibocher un peu que je l’avais rejoint ici. Mais dans la chambre de l’hôtel Blanc, ça a recommencé. Sur la table près du lit, il y avait une petite pochette verte. Paulo s’est jeté dessus, l’a ouverte et il est entré aussitôt dans une de ces phases de méditation mystique dont j’ai foncièrement horreur. Bien sûr il a encore sorti son cahier et il a commencé à noter ses réflexions autour du truc.

Ce n’est pas pour débiner mais moi, quand je viens dans une ville étrangère, ça n’est pas pour jouer au poète inspiré par deux carrés de chocolat et qui du coup, n’entend plus sortir de sa chambre avant d’avoir pondu une romance entière là-dessus. J’avais fait le voyage en train, je crevais la dalle et j’avais envie d’aller faire un tour dans les petites rues qui entourent la grand’place. Je lui ai proposé de venir avec moi mais Môssieu Paul a préféré rester là à taquiner sa muse.

101227_012Dans l’auberge où j’ai déjeuné, je me suis levé un charmant minet. Nous avons vite sympathisé, nous sommes allés chez lui et je lui ai fait son affaire bien comme il faut. Ensuite il m’a fait visiter la ville, charmante au demeurant, et sur la fin de l’après-midi je suis allé retrouver Paulo à l’hôtel. Il avait écrit une espèce de valse hésitation autour du gingembre et de la lavande, des choses, qui, je l’espère, ma chère sœur, ne te froisseront pas. Cela me semble relever, d’ailleurs, si pas du jésuitisme, au moins du plus pur catholicisme et Dieu sait si Paul et toi avez en commun d’être très friands de cela !

« Que faire devant un tel dilemme
Laisser choisir celui qu’on aime ?
S’il choisit la lavande et la tranquillité
Saurez-vous faire croix sur la lubricité
Et remettre à plus tard l’appel de Volupté ?

Si, malgré la blancheur étrange de la chambre
Il choisit la luxure, opte pour le gingembre,
Serez-vous en état d’honorer promptement
Son vil désir d’accouplement ?

S’il mange l’un, vous laissant l’autre,
Comment se mettre au diapason ?
Les chocolats du bon apôtre
Mettent le diable en la maison !

La solution la plus cruelle,
Mais la plus juste en vérité
Serait de mettre à la poubelle
Ce cadeau qui génère tant de perplexité

Ou, solution la plus gourmande,
De les avaler tous les deux.
Tant pis si l’on nous réprimande
Quand nous passerons devant Dieu,
Ce n’est pas là un crime odieux
Que d’aimer le gingembre et aussi la lavande !"

101227_013


- Il y a trois trucs qui ne vont pas ! » ai-je dit à Paul
- Ah bon ? Et quoi donc, Tutur ?
- D’une ce ne sont pas des chocolats, ce sont des préservatifs. Et de deux la position des pieds ne correspond pas réellement à nos pratiques. Et de trois, tu n’as pas préféré l’impair !

C’est à ce moment-là qu’il m’a tiré dessus. Il est fou ! Un vrai pédé, ce type ! Il a failli me faire deux trous rouges au côté droit ! Je crois que ce coup-là m’a dégoûté à jamais de la littérature et des littérateurs ! J’en ai assez soupé de ces ambitions-là ! De Marseille je gagnerai l’Afrique, on peut y faire du commerce de manière bien plus lucrative. Je crois de toute façon que je n’étais pas vraiment doué pour la poésie et que, après toutes les souillures de ces dernières années, ça n’aurait pas plu à maman que je laisse notre nom dans l’histoire littéraire.

Quant aux sanglots longs et monotones de Paulo au violon, aussi vrai que je m’appelle Rimbaud, ça me fait une belle jambe, désormais !

Je t’embrasse, chère sœur !

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L'étang d'Ixelles en 1873 (Daguerréotype d'Isaure Chassériau)

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Vive la nature! (Adrienne)

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Voilà, se dit-il, nous y sommes. Quel endroit de rêve ! Quel calme ! Quelle beauté ! Quel bonheur que de tels endroits préservés existent encore dans notre pays…

La construction récente, luxueuse, et les parterres manucurés ne cadraient pas tout à fait dans le paysage. Il sonna à la porte qui s’ouvrit à l’instant : on l’attendait, visiblement.

- Ah ! vous êtes là, dit madame. Je vais tout de suite vous montrer de quoi il s’agit.

Elle l’emmena derrière la maison. Là s’étendait un magnifique étang.

- Quel beau plan d’eau vous avez là, dit-il.

On voyait aisément qu’elle avait l’habitude de recevoir des compliments pour ce lieu exceptionnel où elle avait le privilège de vivre.

- Ici, dit-elle, tout est absolument naturel ! pas de bâche, pas de béton. Le terrain est argileux et c’est une source qui alimente le plan d’eau.
- C’est absolument magnifique, dit-il encore, laissant errer son regard au-delà de l’étang, vers l’orée du bois où les étourneaux commençaient leurs grands vols de rassemblement pour la nuit.
- Pour la végétation aussi, ajouta-t-elle, sachant qu’elle avait affaire à un connaisseur. Autour de l’étang, nous n’avons planté que des espèces indigènes. Et voyez la qualité de l’eau…
- En effet, dit-il. Mais alors, le problème pour lequel vous m’avez fait venir…
- Mon mari et moi, répondit-elle, nous aimerions nous débarrasser des grenouilles. A la saison des amours, elles font trop de bruit. Ça nous empêche de dormir !

 

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
Tant de citadins veulent jouir de la nature ,
Et vivre en plein bois ou dans  coin d’air pur,
Mais ils oublient qu’il y a aussi les ramages.

 

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Photo étang (32Octobre)

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