14 mars 2020

Oremus! (Adrienne)

 
Mini-Adrienne n'a pas cinq ans, c'est un de ses plus vieux souvenirs. 


Pour une raison qu'elle ignore, elle accompagne son grand-père à la messe dominicale. Elle en est heureuse, impressionnée, flattée. Le grand-père est un homme que l'on craint.

Il est dix heures du matin. C'est la grand-messe. Tout se passe dans une langue étrange que le grand-père semble maîtriser. Mini-Adrienne est subjuguée. Admirative. 
Le prêtre lève les bras et dit "Oremus!". Tout le monde se lève. C'est magique.
 

 

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Großes Puzzle (Walrus)


Pour trouver les illustrations du sujet, j'ai fouillé parmi des photos ramenées d'un séjour en Alsace. Leur nom de fichier stipule qu'elles ont été prises à Lautenbach.

Je ne me rappelais même pas avoir mis les pieds dans ce patelin. Il a fallu que je le retrouve sur MAPS, que je localise l'église, que je passe en mode Streetview pour reconnaître les colonnes de son porche d'entrée.

Il faut préciser que pour les églises, mon épouse et moi nous répartissons le boulot : elle visite l'intérieur, je promène le chien autour du bâtiment tandis qu'il geint et essaie à tout prix de la rejoindre.

Lautenbach, ça m'a évoqué une chanson (on n'a pas été impunément boy-scout) :

Elle est issue du folklore alsacien :

Vous aurez, comme moi, remarqué que là, il s'agit de Lauterbach, étonnant puisque Lauterbach se trouve de l'autre côté du Rhin, dans la Forêt Noire au nord-est de Fribourg en Brisgau.

Mais bon, peut-être les Alsaciennes (contrairement à certaines Parisiennes qui préfèrent la rive gauche) allaient-elles guincher rive droite...

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Laurent Dorian (Kate)

 

Pour commencer par le commencement (si tant est qu'il y en eût...), au commencement était le Verbe, j'ai toujours aimé collectionner des petits objets, publicitaires ou non, sans grande valeur, notamment des fèves, en plastique blanc ou en porcelaine peinte que l'on trouvait dans les galettes des rois à l'Épiphanie.

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Plus tard, en chinant, j'ai eu l'occasion d'en engranger pas mal, de les étudier, répertorier, notamment à l'aide de ce beau livre.

Forcément, au-delà des porte-bonheur, chaussures, voitures et puis plus ou moins n'importe quoi, le thème de la crèche s'est avéré émergent.

Lorsque qu'en voyant la fève avec le personnage levant les deux bras au ciel il m'est arrivé de dire tout haut :

- "L'orant !"

Plus d'une fois de m'entendre répondre :

-"Laurent ?"

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Et de donner l'explication de ce personnage sur lequel on se fait une fausse idée en le prenant pour le "ravi" de la crèche !

Et de ne pas ajouter à la confusion en disant :

-"L'orant d'Orient !"

Ce qui serait resté possible mais trop taquin puisque l'orant est originaire d'Orient, puisque la prière les bras levés est indiquée dans l'Ancien Testament.

Comme le patrimoine archéologique est toujours intéressant et d'autant plus par les temps qui courent quand il est proche, j'avais déjà évoqué un patrimoine local gallo-romain et le défi # 487 m'avait fait découvrir des thuriféraires de voisinage.

Justement, concernant l'orant, il existe aussi dans la crypte de la cathédrale (mais hélas plus accessible à la visite), un sarcophage gallo-romain du IVème siècle figurant l'orant d'Orient que les premiers chrétiens ont eu l'autorisation de représenter.

D'ailleurs, le sarcophage aux arbres du musée d'Arles nous offre un retour en Provence, porte de l'Orient...

Bonus à propos du verbe orer (prier), directement issu du latin "orare" :

"J'aim miex devant les gens orer,

Et affubler ma renardie

Du mantel de papelardie."

(Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le Roman de la Rose, XIIIème siècle, ligne 11715)

J'aime mieux prier devant les gens

Et couvrir ma ruse

Du manteau de la fausse dévotion.

Oui, dans le Roman de la Rose comme dans la vie, la tartufferie est de mise et les voies de la séduction emprunteront bien des chemins... pas toujours des plus catholiques !

photos de l'auteur, mars 2020 - l'explication de la crèche provençale provient du livre suivant :

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Un pavé rôti, s'il vous plaît ! (maryline18)

 

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L'orchestre était prêt. Des instruments accordés, plus une note ne venait troubler le silence qui s'insinuait jusque dans les plis du lourd rideau. Oh, ce n'était pas un silence ennuyeux ou gênant, non... ce n'était qu'une simple pause auditive qui décuplait notre impatience.

On prenait des avances de respirations pour mieux retenir encore notre souffle aux premiers coups d'archets. Certains se raclaient la gorge tandis que des yeux réprobateurs les fixaient déjà. On avait attendu longtemps cette soirée, on avait économisé, on avait rêvé de longs mois et on était assis, cranant un peu, sur les sièges de velour. On se retournait, s'observait du coin de l'oeil...Parfois un petit sourire bref de satisfaction, rempli de connivence s'échangeait avec un voisin de fauteuil. On reconnaissait, tacitement, avoir la même vaine.

J'avais arborer mon tailleur bon chic, bon genre ; celui que j'avais mis au mariage de ta soeur, qui vieillit de dix ans, (le tailleur...et ta soeur aussi). Déjà dix ans...Il faisait trop chaud et on était trop serré, enfin trop proche les uns des autres. Je me sentais un soupçon dérangée dans ma bulle de protection, mon espace vital, ça me rendait nerveuse. J'essayais de ne pas me frotter les yeux ; je les avais maquillés pour l'occasion...peut-être trop d'ailleurs mais peu importait puisque la salle allait bientôt être plongée dans une semi-obscurité. Je remarquai une silhouette qui ne m'était pas inconnue trois rangées devant. Mais oui, c'était la pharmacienne ! Elle semblait aussi à l'aise que d'habitude, bien coiffée, maquillée juste comme il faut...J'ai toujours admiré ces beautés classiques, à l'aise dans toutes situations, partout...J'avais hâte que ça commence. Je savais alors que tous ces détails deviendraient insinifiants, que la musique les balayerait et qu'un sourire béat me mangerait bientôt le visage.

Soudain, des éclats de voix brisèrent l'ambiance feutrée de la salle. Une rumeur de mécontentement s'éleva aussitôt. Que se passait-il ? Nous attendions depuis trois heures maintenant ce lever de rideau...

Luciano ne voulait pas chanter.

Etait-il malade ? Avait-il des exigences difficiles à satisfaire ? Avait-il réclamer un sol de verre ? des murs de pierres ? Une fontaine au milieu de l'estrade pour se rafraîchir si une extinction de voix venait à le menacer ? Tous ses caprices, nous les lui pardonnions tous, par avance, de toutes façons.

Deux jours d'attente...déjà deux jours ! La pharmacienne avait le teint barbouillé et le bas filé (à la jambe gauche, je l'avais remarqué en allant aux toilettes). Elle accusait la fatigue mais tenait bon, moi aussi. On avait payé et on ne lacherait rien. Les hommes jouaient encore un peu les protecteurs. Mon voisin m'avait apporté un gobelet d'eau. Il était charmant. Sa femme l'avait fusillé du regard. Je jubilais.

Troisième jour, des figurines pieuses avaient été jetées dans la salle. La garde rapprochée du grand ténor tentait de le convaincre de chanter mais il s'y refusait et répétait toujours les même mots, gesticulant, levant les bras au ciel et s'essuyant le visage de son mouchoir, le front  rouge de colère sans parvenir à se faire comprendre.

Quatrième jour : Nous avions tous très faim . Seul Luciano Vaparotti avait pu se restaurer mais aucun son mélodieux ne remplissait encore le théâtre. On était tous à bout ! On se serait mis à genoux si cette prosternation burlesque aurait pu le faire chanter. Certains s'étaient déchaussés pour dormir plus à leur aise, ça sentait les pieds et la transpiration de partout. Tu m'avais lâchement abandonnée pour un pavé rôti, sauce au poivre à la brasserie des trois pigeons. Rempant dans les allées, pour passer inaperçue, des femmes se partageaient des bonbons retrouvés au fond des sacs à main avec des mines de conspiratrices. L'heure n'était plus au paraître mais à la débrouillardise . Un petit homme nous surprenant, voulu rallier notre camp et secoua alors le cabas de sa femme, du balcon. Un vaporisateur fut projeté sur la scène.

Aussitôt, un rire explosa, suivi de la voix chantante tant attendue du maestro :" Ah, Alléluia ! magnifica ! d-é-o-d--o-r-a-n-t-e ! d-é-o-d-orante !

Eh oui le chanteur ne supportait pas d'avoir les aisselles moites !

Pour se faire pardonner il fit livrer des plateaux repas à tous et chanta, chanta, chanta..." Ave, ave Mariiaaa !..."Il était capricieux et exigent mais avait un grand coeur !

(Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existée ne peut-être qu'involontaire).

Bon allez...Je n'y résiste pas...



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Séance de prières ergonomiques ! (Nana Fafo)

Séance d'ergo

cochon au crochet

A l'EHPAD de Sens, Ronchonchon cherchait toujours son copain Al Zaillemeurt.

A ses heures perdues, Al était pieux, peut-être le trouverait-il à la chapelle Doran.

Ronchonchon déambulait dans les couloirs, cet établissement était un vrai labyrinthe !

Au loin, il endendait de la musique, il s'approcha, comme guidé par le chant des sirères.

Il stoppa net devant cette salle où un conglomérat de femmes dévoraient des yeux

un gars aux cheveux roux qui gesticulait comme un oran outang !

Sur un air des Village People, YMCA, le coach beuglait 

- en haut, mains écartées... et tout le monde levait les bras à la vitesse d'un gastéropode

- devant, mains serrées... enchaînait-il

On aurait dit un film qui passait au rallenti, de fanatiques faisant des prières au Dieu de la Jeunesse.

ecureuil au crochet

koala au crochet

La séance terminée, ces petites mamy étaient sur les genoux de s'être dandinées, 

elles remerciaient un certain "Laurent".

Ronchonchon interpella une nonagénaire qui venait de sortir.

 

Ronchonchon : "Bonjour Madame, je cherche la Chapelle, pourriez-vous m'indiquer le chemin ?"

Mamy Jak : "Plus personne ne va là-bas ! notre prochain voyage c'est à Oran !"

Ronchonchon : "Je cherche mon ami Al, généralement il ne se fait pas prier pour s'agenouiller"

Mamy Jak : "Al est gay ?"

Ronchonchon : "Oui, ça lui arrive..."

Mamy Jak : "Oh excusez-moi, il faut que je le raconte à Bony... sinon je vais oublier"

Ronchonchon : "Et pour la Chapelle ?"

Mamy Jak : "Demandez à Laurent"

 

Toutes les mamies étaient sorties, Laurent était en train de fermer la salle,

Sur la porte était écrit : "Laurent Lamore, ergothérapeute"

Il venait de trouver "La-mort" ! C'était déjà ça !

Il faudrait qu'il dise 2 mots à ces petits papys qui se sont bien moqués de lui dans l'épisode précédent

 

Ronchonchon demanda à Laurent Lamore: "S'il vous plait, savez-vous où je peux trouver Al ?"

Lamore : "Chez Pa'"

Rochonchon : "Ah, merci quand même !" et il continua à errer dans les couloirs à la recherche de Al.

Est-ce que Al était allé orer ?

Préparait-il ce voyage à Oran ?

Ou participait-il lui aussi à une séance de gym spécial papy ?

Mais où donc était-il passé ? 

 

 

Belle lecture créative à toutes et à tous.

Pour le défi 602 "orant" sur "Le défi du Samedi"

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Orant (Pascal)


Dans le « Défi du Samedi » de cette semaine, voilà proposé un mot que je ne connaissais pas ; c’est vrai qu’au bistrot, on n’emploie pas beaucoup ce genre de vocabulaire ; admettez : il est plutôt difficile à placer dans une conversation avec quelqu’un qui a un coup dans le nez. Pourtant, il y en a qui réclament la tournée, les deux bras au ciel ! D’autres font des signes désespérés pour rameuter la serveuse jusqu’à leur table ! D’autres encore racontent la truite qu’ils ont soulevée de la rivière en écartant les mains d’une façon démesurée ! Sans le savoir, on peut dire qu’ils pratiquent l’orant avec une certaine obédience*, tous ces athées ! Entre nous, je crois plutôt qu’ils sont au rang des grands mécréants…  

Je connaissais un gardien de foot qui pratiquait l’orant avec une certaine adresse. Les carreleurs, aussi, ont une grande constance à la prière, façon orant. Je pense aussi aux raboteurs de parquet, dans la toile de Gustave Caillebotte. Juifs, mahométans, chrétiens, bouddhistes et consorts, les mains jointes, les bras écartés, à genoux, debout, ils sont un peu des sémaphores, quand ils espèrent s’attirer les faveurs de leur autorité divine.
Des genoux usés aux mains tremblantes, du noviciat* au pontificat, langage des gestes, posture, soumission, voire prostration*, l’exigeante profession de foi réclame des années d’expérience…  

Achille Gouttant, quand il descend de sa campagne, avec son authentique parfum tenace de bouc, ses poils gris débordant de tous ses orifices, sa morvelle collée aux manches de son paletot, comme des galons gagnés contre le vent du Nord, et son chien attaché au cou avec une ficelle, si je lui demandais « Tu pratiques l’orant, Gouttant ?... », je crois qu’il le prendrait mal, ce vieux singe…

En fouillant un peu, sur le net, j’ai trouvé des œuvres de Marthe Orant, une artiste peintre nabi, c’est à dire *postimpressionniste d’avant-garde. « La vie n’est que désordre », disait-elle. « Elle a imaginé dans ses toiles les espaces où elle aurait pu vivre heureuse et qui l'attendent à jamais dans la lumière éclatante de ses rêves ». Étienne Sassi. C’est ce que je retiendrai sur l’orant…  

Je laisse à Joe Krapov le soin de s’occuper de Laurent, non…de l’orant ; il nous trouvera bien des orants à toutes les sauces planétaires, et même plus loin. Du liminal* au burlesque, de l’amphigourique* au verset académique, pourvu qu’il ne soit pas… satanique…  



*Des mots que je ne risque pas d’employer au bistrot.

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Chez Laurent (Vegas sur sarthe)


Dégoûté de n'avoir rien trouvé j'ai poussé la porte de cette échoppe qui ne m'avait pourtant rien fait ; l'enseigne indiquait tout simplement Chez Laurent.
Ça faisait bien cinq jours que je cherchais des orants pour ce fichu Défi du Samedi !

« Bonjour, vous n'auriez pas des orants par hasard ? »
Le type s'est agenouillé les mains jointes et j'ai failli repartir; ou ce gars était mime ou bien il était fou …
« J'dois en avoir quelques uns là-dessous » a t-il dit en ouvrant un tiroir aussi bas que poussiéreux.
Il avait dit ça avec un accent maghrébin ou berbère alors j'ai demandé : « Vous êtes d'où ? »
« Je suis des hauts d'Oran » a t-il répondu en se relevant fièrement « vous connaissez ? »
Je ne connaissais pas et il n'y avait pas lieu d'en être fier alors j'ai juste répondu : « C'est donc ça le relent dans votre échoppe ? »
«Un relent ? » a t-il dit «ça doit être à cause de ces vieilleries que je garde mais je ne suis pas fâché d'avoir un client, Monsieur comment ?»
« Monsieur Laurent » ai-je répondu sans réfléchir.
« Ah … vous aussi » a t-il remarqué.

Le premier orant qu'il m'a montré était un orant dévot qu'il appelait « Le dévorant » car selon la légende inscrite dessous il dévorait du beurre de missel.
Pas sûr qu'ils apprécieraient la vanne au Défi du Samedi.
« Vous avez autre chose ? »ai-je demandé.
Il a sorti un orant très différent, éthéré, un orant du genre oxygéné. «Celui-ci on l'appelle le Décolle-orant » a t-il dit fièrement.
Je trouvai qu'il n'y avait pas lieu d'en être fier.
« Autre chose ? »ai-je insisté.
Il en a sorti deux autres … un orant inculte qu'il appelait « L'ignorant » aux antipodes du suivant, un orant éduqué qu'il appelait « L'édulcorant ».
Je n'était pas très emballé et puis il y avait ce relent qui ne donnait pas envie de relever ce Défi.

« Attendez » s'est-il exclamé en raclant le fond du tiroir «il me reste ce vieil orant voûté – façon chapelle sixtine ou seventeen – comme s'il souffrait de rachialgie dorsale et qu'on appelle le Mal au dorant»
« Mal o do rant » ai-je ânonné à la limite de l'évanouissement.

Il me confia que pour le soulager on l'avait perfusé et rebaptisé « Le perforant ».
Le perfuseur était parait-il un orant rebouteux qu'on appelait « Le revigorant ».

Comme j'hésitais entre tous ces orants il me supplia en m'implorant de prendre le lot.
« C'est une bonne affaire » gémit-il « et puis ça débarrasse »
 « Vous prenez la carte bleue ? » ai-je demandé sans conviction.
« Je prends tout » répondit-il ravi et il ajouta avec un petit rire «j'accepte même les cheik-reste-orant ».
Ils allaient se marrer au Défi du Samedi en apprenant que j'avais réglé ces machins avec des vieux tickets de la Sodexo !
 
Comme je repoussais la porte de cette échoppe qui ne m'avait pourtant rien fait, le type me rattrapa : »Prenez ça aussi, ça me fait plaisir ».
« Qu'est-ce que c'est ? » dis-je en prenant l'objet.
Le type avait l'air possédé : « C'est une statuette de vierge Orante, un authentique vestige de l'Acropole d'Athènes qui chante l'Ave Maria quand on la retourne »
Je retournai la statuette en plastique d'un joli vert fluo et je pus lire son épigraphe « Made in Taïwan ».
Ça s'est mis à nasiller : « Ave Maria … Oh mother hear a suppliant child »
Ça ne chantait même pas en latin. J'ai pris mes jambes à mon cou.
Voilà

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L'orante (Lecrilibriste)


Dans le silence de l'église romane
seule, elle prie, l'orante,
agenouilllée comme une moniale
Elle lit les psaumes pour parler à son Dieu
parce qu'ils ont de jolis mots
parce qu'ils sont poétiques
parce qu'ils parlent d'esperance et de beauté
parce qu'elle a envie de les chanter
pour illuminer sa vie de tous les jours
s'acccrocher à l'Inaccessible Etoile ...
Sur des prés d'herbe fraîche, Il me fait reposer
Là, dans le calme, elle repose
Elle ne cherche pas de réponse
à qui est Dieu, à quel sens a la vie
Soumise, paisible, elle accepte ce qui vient
Sans questions, elle accepte son destin
Ou peut-être
l'a-t-elle déjà compris ?
où prie-t-elle pour qu'intensément, il change ?
Non ! Pas avec un livre de prière
elle est trop soumise pour cela
aux mots qui sont écrits,
qu'elle répète comme un mantra

Je préfère la foi de Don Camillo
qui parle à son Dieu comme à un ami
avec les mots que sa mère lui a appris
Il le met dans tous les coups de sa vie
Il lui échappe en douce
quand il fait des bêtises
que sa bonne conscience réprouve
Mais rien à faire, Il est là
de la vérité, II est son étincelle
qui l'attend chaque fois au virage
le fait réfléchir, changer, se bagarrer
se relier aux autres et les aimer
avec la foi du charbonnier
mais pas celle que chante Brassens
celle que je pense être la vraie !
Quant à moi
je concluerais bien comme dans « le mécréant »
« La foi viendra d'ell'même ou ell' ne viendra pas »

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Ta vierge orante (Laura)

 

Si une vierge orante est ton « âme » de « défunt[1] »,   j’espère que la tienne

Circule entre locomotives et wagons en miniature ou en vrai sur des rails

Qui te mènent dans des paysages où nous sommes passés ensemble

Où tu feras une prière pour moi pour que je maintienne notre cap.

Tu traverses des ponts aussi beaux que ceux de l’Estaque[2].

Tu pars de la gare de Metz que nous admirée l’été dernier.

Tu arrives à la gare du centre du monde pour Dali.

Tu scrutes tous les détails techniques, tu me les expliques.

Il appelle ça des « souvenirs » mais c’est notre vie, nos paysages.

Je les vends mais ils n’en veulent pas ; je redresse ma caténaire

Et je chemine vers toi ma vierge orante ; si je suis en avance

Je t’attendrais dans la salle des pas perdus, sous le panneau des corps en partance.

Ma vierge orante, prie pour moi, pauvre amante en mal de tes caresses.

 

 


[2] L'Estaque sur mon blog

 

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Orant·e (TOKYO)

 

Quand la porte du monastère s’est ouverte, j’ai senti un froid glacial me gifler. Il est arrivé avec la politesse débordante des gens d’église.

Sous sa vêture stricte je pouvais voir le corps d’un jeune quadra qui fait attention à lui, toujours impeccable dans ses T-shirts monochromes ajustés. Au premier abord, ses paroles sont aussi apprêtées et sous contrôle. « Et des mademoiselle bien venue dans notre cloître « .

« Vos parents nous ont confié votre âme en perdition et des patati et des patas ». J’étais habitée par des remous et surtout pas une frénésie rythmique.

On m’avait demandé de noter tous mes rêves le matin. Le créateur devait disait il se brancher directement sur mon cerveau.

Cet amour toxique que les nonnes du couvent entretenaient avec Dieu m’horripilait. J’avais l’impression d’être dans une téléréalité en immersions avec des fous et que tout le monde était complice. J’ai toujours pensé que vivre pleinement nous assurer une espérance de vie plus longue. Du coup j’avais un regard sur eux plein de compassion.

 Le seul endroit où il y avait de l’ambiance c’était aux toilettes. Le petit vasistas donnait sur la cuisine où le petit personnel chantait des chansons de cul. Quelle journée de merde disais-je tout haut après leurs sempiternelles prières. La sœur me disait » soit un peu plus positive » alors je répétais quelle belle journée de merde.

 Il y avait un autre résident un étudiant en dépression qui ne quittait pas son chapeau rose. On n’allait pas monter au gibet parce qu’‘on était des végétariens survivalistes.

 Moins de liberté moins de rêves y a qu’en mathématique que ça fait 1 + criais je pendant le repas. Toutes les têtes se sont dressées. Cet attelage dieu plus les nonnes avaient l’air de moins en moins bien fonctionner ces derniers temps.

 Je me suis mise alors à chercher les grains qui pouvaient gripper la machine, mais je fus rattrapée par un évènement des plus mystérieux. L’orante avait disparu dans la nuit. Les échanges informels et fluides entre sœurs s’étaient tendus, tout le monde suspectait tout le monde, la foi en dieu semblait avoir déserté le couvent.

 Enfin une sœur a avoué ce matin avoir vendu au marché des capucins l’orante, car le couvent s’appauvrissait.

Vous n’allez pas me croire, mais ce fut l’opportunité de ma vie. Bonnet rose et moi avons redressé les finances du couvent depuis ils croulent sous le pognon. .

Comment ?

 Les raves partis !!!

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