27 août 2016

LES CARTES ILLUSTREES (Lorraine)

 

            Si je collectionne les cartes illustrées, ne vous moquez pas , c’est une si ancienne haitude !. A six ans, combien d’heures silencieuses n’ai-je pas charmées par ces visages de jeunes filles qui étaient alors à la mode et témoignaient d’une pensée amoureuse ! Mes frères sortaient de leurs tiroirs les Suzette et les Marguerite oublieuses ou oubliées, et je les rangeais précieusement après des chiens chapeautés balayant la cour ou du chat penaud affalé contre une borne et qui disait : « Je vous attends ! ».

            Quand mes frère furent au régiment, ils m’envoyèrent des piou-pious, la sérénade de Pierrot, des lunes ivres, des Noêls au champagne. Ma sœur Lizzie s’était fiancée et nouait d’un ruban rose les billets qu’elle enfermait dans un secrétaire. Quelquefois, elle dénouait ce ruban et sortait de dessous la liasse une carte ancienne, qui montrait un jeune homme dans un cœur ! Quand je sus lire, j’épelai que la « chère Lizzie » désespérait René, notre ami de toujours. Comme la chère Lizzie était sage, elle ne répondit pas aux aveux et j’héritai ainsi l’une après l’autre, des supplications , des révoltes et enfin de l’adieu. J’ai gardé si longtemps ce bagage sentimental que je le confonds parfois avec mes propres souvenirs.

            C’est en mémoire de ce temps merveilleux de l’enfance que je garde les cartes illustrées...

 

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20 août 2016

Défi photo #417

Huitième défi photo

de l'été :

Cartes

Envoyez vos participations à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

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En ont fait des camions

pas cons

416

Laura ; Venise ; JAK ; Marco Québec ; Pascal ; Joe

Krapov ; Walrus ; Alain André ; joye ; bongopinot ;

Emma ;

 

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Histoire phonétique (Emma)

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Pour Pierre par bongopinot

bo


De belles lettres et des chiffres
Sur de petits cubes de bois
Gravés par mon grand-père
Pour un petit jeu de choix

Pensé pour mon petit cousin
 En situation de handicap
Pour qu’il apprenne sur son chemin
Et qu’il suive tranquillement son cap

Et tout doucement il se mit à reconnaître
Les lettres et les chiffres de zéro à neuf
C’est alors que notre grand-mère
Découpa dans des catalogues neufs

Les images de fruits et de légumes
Qu’elle colla sur les cubes de bois
Puis un soleil, la pluie, la neige, la brume
Décorèrent les autres faces des cubes de joies

Puis les animaux de la ferme et les animaux sauvages
Les feuilles des arbres les fleurs de toutes sortes
Les outils du quotidien le bricolage le jardinage
Égayèrent très vite toutes les faces des cubes papillotes

Et je lisais la fierté dans leurs beaux yeux
Dés que mon cousin trouvait le cube demandé
Il y eut des centaines de cubes merveilleux
Des moments de jeu où nous étions tous apaisés

Loin des moqueries et de tous ces regards mauvais
Mon cousin qui n’est que gentillesse et amour
Ces bêtises du dehors faites d’ignorance m’attristaient
Et rendaient certains moments de vie un peu lourds

Merci Mapnancy pour cette image
Qui m’a rappelé des moments heureux
D’enfance d’amour vrai et de partage
Avec mon cousin Pierre si merveilleux

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Après-guerre (par joye)

boite

Hier soir, je rêvai de cette ère avant-plastique, où les jouets étaient faits de bois et d'imagination, et parfois même d'acier.

Je me souviens de tes cheveux à cette époque, blancs comme ils sont encore sur cette photo, bouclés et lisses, scintillant sous le soleil des étés interminables.

Tes yeux étaient bleu ciel, ton sourire rare mais rose, tendre comme ces petits boutons qui se cachent­ d’abord au printemps derrière les feuilles timidement verdoyantes­­. Et puis, un jour, ils s’annoncent tous frais comme une surprise, un éclat de joie joueuse. Comme ton sourire, à cette époque.

Et maintenant quand je respire le parfum de tes blocs aux bords usés, quand je caresse leur surface dure sous mes doigts, quand j’examine l’encre fade de ces lettres, tout cela me rappelle, dans cette chambre d’enfants abandonnée, tout cela fait revenir les cicatrices, les cris, et les dommages que pourra nous faire un amour fugace, qui nous ravit avec ses bourgeons et qui nous blesse avec ses épines.

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UN BOUQUET DE MOTS (Alain André)

 

Plutôt qu’un bouquet de fleurs, je voulais t’offrir un bouquet de mots. Des mots savants, des mots forts, des mots intéressants, des bons mots, enfin, un grand beau bouquet de mots divers.

Mais je n’ai pas su trouver ces mots dans les méandres de mon cerveau invalide.

C’est en flânant, aux puces, que je suis tombé en arrêt devant ce jeu de chiffres et lettres des années quarante : L’idée me vint aussitôt que tu saurais mieux que moi agencer ces lettres et former les mots que je voudrais t’écrire :

 

Source: Externe

 

Qui, mieux que toi, pourrait  trouver les mots qui te feront plaisir ? Qui saura écrire ce que tu as envie de lire ?

Tu disposes donc de vingt cinq cubes de six lettres et de dix fois six chiffres.

Il te faut, si tu aimes mon idée, écrire en commentaire ce qu’il t’aurait plu que je t’écrive.

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Réflexe malheureux... (Walrus)

 

... quand j'ai aperçu l'image, j'ai freiné à bloc !

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Jeux tordus pour je tordu (Joe Krapov)

DDS 416 cubes image du défi

- Vous voyez ? Ces parallélépipèdes, ces objets cubiques ? On en fait de fichus jeux pour les gamins, Monsieur K.

Chaque face du cube ? Recouverte par une lettre ou un chiffre. Imaginez qu’Ajax veuille y voir un wiki ?

Il saurait alors qu’au zoo de la Flèche le yack jouxte le zébu et que le kiwi grimpe sur le vieux wapiti.

Il ferait la connaissance de Virginie Hocq, de Najat Belkacem, de Wim Wenders, des chromosomes X et Y.

On lui dirait qu’à Wimereux-plage le port du burkini est conseillé : il ne fait que 12 ° et aujourd’hui Yasmina en zézaie.

Constatez-le vous-même, citoyen K : ces faux-nez et phonèmes, mon wok s’en badigeonne la coque !

Car à l’issue de ces cogitations, bien lassé des quizz, Ajax va ficher le camp sur sa Kawazaki !

Nos zygomatiques sont amorphes. Ne vous vexez pas, B’wana ! Les folies pérecquiennes, c’est du vent !

 

- Comment ça, c’est du vent ? Ce poème est construit selon le schéma de la belle absente et il contient une révélation essentielle pour l’histoire de la littérature ! Car ici c’est le bel absent.

- Le bel absent ?

- Dans chacune des phrases qui constituent le poème, toutes les lettres de l’alphabet ont été utilisées sauf une. Ainsi dans «Vous voyez ? Ces parallélépipèdes, ces objets cubiques ? On en fait de fichus jeux pour les gamins, Monsieur K.» on trouve a,b,c,d,e,f,g,h,i,j,k,l,m,n,o,p,q,r,s,t,u,v,x,y,z mais surtout pas w. La lettre w est le premier élément du bel absent. Le même principe a été appliqué aux vers suivant. Et si on met ces lettres écartées à la suite les unes des autres, verticalement, comme pour un acrostiche, on obtient W. SNUVRYK !

Je vous concède qu’il faut maintenant expliquer qui est ce monsieur au nom si mystérieux. Et c’est bien là que l’on constate l’utilité de la poésie : jusqu’à aujourd’hui cet homme célébrissime était resté anonyme. Grâce à Georges Pérec, grâce à moi et grâce à Miss MAP qui nous a donné sur sa photo de cube les lettres absentes qui sont donc l’anagramme de W. SNUVRYK nous connaissons aujourd’hui l’identité exacte de « ce juge blond auquel vous portez ce vieux whisky ».

- ???

- Il faut tout vous expliquer à vous, hein ? « Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume », c’est un pangramme : une phrase courte écrite en y incluant toutes les lettres de notre alphabet !

DDS 416 juge blond qui fume

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Smiley (Pascal)


Cet après-midi, mon petit-fils me rend visite. Ma fille et son mari travaillent à l’étranger et ils ne viennent que trop rarement en France. De temps en temps, quand ils pensent à moi, ils m’envoient des belles photos de lui, au moment de son anniversaire, des grandes vacances, ses premiers pas, son premier vélo… Bien en évidence, j’en ai posé sur ma télévision ! Lui et moi, on se regarde pendant des longs moments et souvent, je m’endors à la sieste avec cette seule contemplation silencieuse. Bien sûr, chaque année, j’envoie un chèque pour mettre dans son petit soulier, sous le sapin de Noël. La dernière fois qu’il est venu, il ne marchait pas encore. Aujourd’hui, il doit être dans sa sixième année. Je vais l’occuper, je vais trouver de quoi l’amuser, ce petit...

La toupie ?... Quand elle tourne vite, c’est comme un dessin animé qui défile devant les yeux ! Jadis, c’est mon père qui me l’avait offert ; je ne sais pas pourquoi, elle m’a toujours accompagné. Elle est un peu mon porte-bonheur, ma roue de la fortune ; quand je l’active, il me semble que ma vie défile en arrière jusqu’à ce fameux jour de récompense. Hypnotisé, je m’enroule autour et je suis sur un manège d’antan… C’est vrai, depuis, la peinture s’est écaillée. Moi, je le connais par cœur, mais mon petit-fils n’arrivera jamais à comprendre le carrousel des images emballées…
Le biplan à moteur en bois, avec la grande hélice peinte en rouge ?... Assis dessus, il pourra faire le tour du salon en appuyant fort sur les pédales ! Tant pis s’il renverse des chaises, bouscule les pots de fleurs, effraie le chat, et s’il heurte le meuble de la télé ! Hé bien, on ramassera ses photos de baptême si elles tombent !  Il est peut-être trop grand pour jouer à pédaler… Mais non, je l’encouragerai à un vol direct entre la cuisine et la salle de bain ; on retombera en enfance tous les deux…
Comme il va entrer à la grande école, si j’allais chercher ma vieille boîte de chiffres et de lettres ?... Rien de tel pour apprendre à un gamin à compter et décortiquer l’alphabet !...

Ha, j’en ai fait des châteaux de cubes, des empilages de chiffres et des tas de lettres ! J’y passais des heures et des heures ! J’associais des voyelles et des consonnes, je tentais des liaisons phonétiques et je finissais toujours par rigoler de l’incongruité de mes babillages ! C’était mon Jumanji de l’époque. Je crois que c’est le plus beau jeu que mes parents m’ont offert à Noël, même si je devais le partager avec ma jeune sœur.

Le W : Wagon ! J’ai su l’écrire avant d’en voir un ! Et je peux dire que je l’ai écrit quelque fois !... Je m’étais trompé en rédigeant ce mot et le maître m’avait ordonné de le copier cent fois ! Sur les aiguillages de ma feuille quadrillée, tous ces wagons à la queue leu leu, c’était mes trains de marchandises et mes compartiments de passagers ! En tout petit, je dessinais des têtes de voyageurs à la fenêtre du O ! Gares, locomotives, rails, ballasts, voyages, distances, tout ça, c’était dans mes wagons ! C’est bien simple : quand j’ai eu fini décrire mes lignes de punition, je voulais être chef de gare ou globe trotter, je n’arrivais plus à me décider…
Le Z de zoo ! Je ne savais même pas ce que c’était, un zoo. Un grand parc grillagé avec des animaux sauvages à l’intérieur ? C’était la définition de notre instituteur ; cela échappait à mon entendement de gamin. Comment pouvait-on capturer des lions, des gazelles et des éléphants, pour les emprisonner ensuite dans un zoo ? Ils n’étaient plus sauvages, alors !... Enfin, j’y avais rajouté des zèbres, des zébus et des zibelines pour qu’ils soient moins dépaysés…
Le Y ! Moi, je croyais que c’était une lettre grecque ! Les athéniens avaient dû nous l’apporter dans les temps anciens pour parfaire notre alphabet. Dans la foulée, et pour l’occuper avec des mots, on l’a mis en avant pour faire le pluriel d’œil. Yack, yéti et yapock rejoignaient naturellement le zoo. Yaourt s’écrivait enfin de la bonne orthographe et je me disais que ce mot était bien difficile à écrire pour quelque chose d’aussi facile à manger…
Le X ! Elle était drôle et grave, cette lettre ; c’était comme un panneau de barrage à la fin du mot. Comme de juste, œil au pluriel, c’est yeux avec un X, comme cela on place deux lettres compliquées dans le jeu de Scrabble. Si en mathématiques, X, c’est l’inconnu, comme né sous X, Emmanuelle aussi avait son film X et le xylophone, sa tessiture… Je vais mettre les plus belles lettres en avant ; peut-être qu’il en connaît quelques-unes…

Tout à coup, on a sonné à la porte… C’était mon petit-fils, en bien plus grand que sur les photos de la télé ! Après de brèves embrassades, il a foncé droit dans le salon ! Là où j’avais exposé mes jouets ! Ils ont du flair, les petits… Il a complètement ignoré la toupie, snobé l’avion à pédale et a foncé directement vers la boîte des chiffres et des lettres ; je le savais, ce petit, c’est de la graine d’érudit, comme son grand-père…

« Ho, papy, comme il est vieux, ton portable !... Et comment tu fais les Smiley ?... »

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