25 janvier 2014

Participation de Venise

Je me suis réveillé  à dix heures .La maison était silencieuse.

On n’entendait même pas le bruit de la cafetière.

Le chat semblait bouder, on ne voyait pas le bout de ses moustaches.

J’ai jeté un œil dans le placard de la chambre du haut afin de m’assurer qu’elle ne s’était pas cachée en m’entendant monter l’escalier.

                         PAS DE RÉPONSE.

Je savais sans le monter qu’elle me trompait.

J’ai pris le téléphone.

Où es tu ?????

Je suis nulle part dit elle ! Arrête de nier l’évidence je ne veux plus vivre avec toi par charité

Ça fait six mois  que je suis partie. !!!

Mon cerveau à ses paroles meurtrières est devenu petit voûté comme une crypte .

Il ne me venait que des paroles approximatives, des poncifs usagés  comme des piles mortes

Des raisonnements circulaires en forme de cône, des lignes brisées ou simplement stupides

Allô t’est encore là ? dit-elle

Je te prie de croire que je me passe de ton argent et passe l’aspirateur si tu ne veux pas être asphyxié par la poussière

 

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Allo !!! T’es où ?? (Mamido)

Mam01


Question entendue, il y a quelques années, sur une plage de Vendée.
D’un temps que les moins de vingt-cinq ans ont certes connu mais gardé peu de souvenirs. Un temps où le mobile était encore une denrée rare et chère, seulement utilisée par une élite de gens qui nous semblaient alors bien snobs (on ne disait pas encore « bling-bling »).

La dame est allongée sur le sable, plus exactement sur une serviette marquée en gros caractères GUCCI. Il faut dire que l’ensemble de ses vêtements et des accessoires qui l’accompagnent est dédié à cette marque. Du sac de plage au maillot de bain, en passant par les lunettes de soleil. Celles-ci, pour l’instant  servent de serre-tête à sa blonde chevelure au brushing impeccable dont, malgré la brise marine, pas un poil (pardon, un cheveu) ne bouge. La peau est douce et satinée, le bronzage uniforme, l’épilation et la manucure  soignées.
Rien ne semble laissé au hasard. Pas un seul grain de sable pour venir déranger l’image qu’elle nous offre sauf peut-être ce mobile qu’elle tient près de l’oreille dont elle a soigneusement décroché le pendentif  doré. Elle parle fort, comme si elle était seule sur la plage…

« - Allo !!! T’es où ??? »
Comme si sa conversation ne nous suffisait pas, elle nous fait partager les réponses de son interlocuteur en les répétant.
« - Sur une plage… En Vendée… Quelle coïncidence extraordinaire ! Moi aussi ! Mais où exactement ? »

« - A La Tranche sur mer ? Ah ça, c’est rigolo !  Moi aussi… Sur quelle plage, tu dis ? »

« - La plage du phare ! Tu viens surfer à la plage du phare ? Mais je suis sur la plage du phare !!! »

Là, affolement de la dame qui se redresse et commence à regarder autour d’elle.
Son regard nous traverse. Nous n’existons pas, nous somme transparents.
« - Tu dis que tu es sur la dune… Derrière le poste de secours ? Mais je suis juste au pied du poste de secours, légèrement à gauche ! »
La voix est montée d’un cran dans les aigus. Maintenant la dame est debout, dos à la mer. Elle scrute la dune comme si sa vie en dépendait.
« -Tu portes ta combi et ta planche est bleu nuit ?! Non, je ne te vois pas !... Et toi, est-ce que tu me vois ? Je suis debout, avec un maillot une pièce léopard… Toujours pas ?! Et si j’agite les bras ??? »

La voilà qui se transforme en sémaphore. Ses bras s’agitent dans tous les sens. Elle saute sur sa serviette, envahie maintenant par le sable. Adieu brushing impeccable. Une boucle blonde s’échappe de l’édifice savamment composé ce matin même par Michaël, le coiffeur en vogue, sur l’avenue de la plage. Elle se pose devant les yeux de la dame, pénètre dans sa bouche.
La dame la recrache en postillonnant :
« - Mais si, à gauche du poste de secours… Enfin, à droite pour toi… Juste à côté d’un groupe de personnes… Très nombreux… Avec un parasol multicolore, façon « gay pride»… »
Tiens, on n’est pas si invisible que ça, finalement. Voilà qu’on lui sert de balise !
Elle baisse la voix maintenant, elle nous jette un petit sourire gêné.
« - Oui ! C’est ça… Le troupeau bariolé, avec plein d’enfants et d’ados… »

Elle ne répète plus ce que dit son interlocuteur, se contente de deux ou trois « Mmm » puis d’un « A tout de suite ». Elle raccroche et range le mobile dans son sac.
Elle secoue sa serviette, rajuste son brushing, lisse son maillot autour de son corps parfait et se rassoit. Son visage a repris son masque d’impassibilité. Masque avec lequel elle accueille quelques minutes plus tard son ami. Le haut de la combi de celui-ci est baissé sur ses hanches et permet d’admirer un torse glabre et bodybuildé. La brillance laquée de sa planche, sans une éraflure,  pourrait faire croire que celle-ci n’a jamais servi.

Dès son arrivée le bellâtre plante sa planche devant ma serviette, me cachant le paysage de l’océan et m’empêchant de surveiller les plus petits dans l’eau. Ma contestation se perd dans le vent. Pour ces deux-là qui papotent, nous sommes redevenus transparents, inexistants… L’homme évacue mes protestations d’un signe agacé de la main comme s’il chassait une mouche importune.

Mais c’est compter sans la force de notre groupe qui, l’air de rien déplace les sacs, les serviettes, les parasols et peu à peu annexe la planche, la faisant sienne, s’en servant comme bannière pour notre linge qui sèche.
… Et obligeant notre surfeur à venir quémander son bien quelques temps plus tard.
« Ah, c’est à vous cet engin ! » proclame mon mari d’une voix de stentor qui fait relever toutes les têtes sur la plage et descendre le maître nageur de son perchoir. « Comme elle était plantée devant la serviette de mon épouse lorsque je suis rentré de la baignade, j’ai cru qu’elle appartenait à l’un des freluquets que mon fils fréquente. J’attendais de pied ferme le goujat qui l’avait si mal posé, pour le sermonner, dès sa sortie de l’eau. Mais bon, j’aurais du le savoir, les copains de Lulu n’agissent pas ainsi, ils savent se conduire, eux !!! »

L’autre, qui s’apprêtait à crier haut et fort « au voleur », reprend son engin en s’excusant et s’en va le familiariser avec l’élément marin sous l’œil amusé de notre smala hétéroclite et goguenarde, assise sur le sable en rang d’oignon comme au spectacle, histoire de ne pas en perdre une miette.

 

Mami

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Au temps des micro-ondes en transe (Walrus)

ALLO !!!! T'es où ???? Me phone-t-elle,

La voix rogue d'énervement,

Les yeux jetant des étincelles...

(Où je le vois ? Ben sur l'écran !

Tu n'as pas encore de Smartphone ?!

Eh , tu sors des neiges d'antan ?)

Sorry ma poule, interférence !

Oh, un vieux con au chef branlant,

Un sans GS !  J'en reste aphone !

 

 

(Pour la rime manquante, prière de vous référer au titre, c'est pas moi qui ai pondu une consigne à nombre de caractères impair)

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24 janvier 2014

Chers amis défiants

Suite à un petit "accrochage" sous un des derniers billets, MAP et moi croyons utile de rappeler que le but de ce blog est de jouer avec les mots, avec ou sans le support de l'image et du son.
Ses gestionnaires successifs y ont autorisé et même encouragé les commentaires dans le but de créer entre ses participants des relations amicales.
Il ne saurait être question de transformer ces commentaires en tribune ouverte.
Si la polémique devait tenter certains d'entre-vous, il y a des forums spécialisés destinés à cet usage. Ils peuvent également échanger via leurs mails privés.
En raison de leur nombre, il nous est impossible d'envisager de modérer les commentaires, ce qui de plus en briserait la dynamique.
Nous devons donc vous demander d'avoir la gentillesse de conserver un minimum de retenue et de courtoisie dans l'expression de vos opinions lorsqu'il vous arrive de confronter ces dernières.

Merci et meilleures amitiés.

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18 janvier 2014

Défi #282

ALLO !!!! T'es où ????

 

Portable

A vous de répondre à cette question

que l'on entend si fréquemment autour de nous !

Nous attendons vos réponses à l'adresse bien connue :

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

 

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Toi (Célestine)

cél

Toi qui sais m'enluminer en jouant sur ta guitare des notes qui n'existent pas, quand tu étends ton bras de nuit, les étoiles qui se décousent comme des boutons de vermeil tombent sur mes draps et mes yeux..

Toi dont le bras peut attraper sur la dernière étagère du salon la boîte à bonheur en fer-blanc que ma grand mère avait cachée pendant la guerre, c'est tout un doux parfum d'antan que tu libères de tes doigts et qui s'échappe dans le vent.

Toi qui peux m'ouvrir tes bras comme de solides branches où se blottissent les années comme de grands oiseaux sauvages, je pars de ton épaule nue avec mon petit sac à dos, de velours vert comme tes yeux, traversant les forêts salées les déserts d'or et les taïgas, les îles aux volcans enfiévrés, je m'en vais jusqu'à tes mains qui me font entrevoir le ciel.

Toi dont les bras me font un pont ...Si tu savais comme je me fiche que tu n'aies pas le bras long!

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Avoir les bras longs (titisoorts)

On dit que j'ai le bras long, même que les deux le sont. Née à St Germain, je ne me destinais pas à une vie aussi remplie, aussi riche, ou tant de mondes seraient à mes pieds. On m'a donné le nom d'une déesse, je n'en attendais pas moins, mais cela je ne l'ai su, bien après mon parcours. J'ai même réussi à mettre des rois dans mon lit. Lorsque vous me verrez pour la première fois, comme une impression d'eau qui dort, mais méfiez vous. J'ai reçu Jeanne d'arc, un bien triste moment. Ce serait bateau que de dire que la mouche me va si bien. Il m'arrive de noyer le poisson mais sans faire le zouave. Entre mes bras longs, venez,  je vous présenterai mes flèches à toucher les nuages, le beau St Louis et dans votre coeur, il ne restera que Notre Dame. Et je finis dans un Havre de paix, mais je ne vais pas vous en faire toute une Seine.

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Le Bras long mis à l'index (Sebarjo)

Depuis quelques semaines, je lis chaque jour ou presque quelques pages de Naissance de Yann Moix, livre qui pèse ses trois livres au bas mot, ce qui est bien plus fort qu'un triple A. Ce poids qui n'est pas une tare en soi [ni en moi(x)!] m'oblige à une installation confortable et stable : je me cale au fin fond d'un bon fauteuil et je ne bouge plus, sinon les doigts pour tourner les pages. Certes, je peux opérer en station horizontale mais dans cette position, le temps est compté si je veux éviter la crampe dans les bras que je n'ai pas si longs que ça, ce qui est bien dommage lorsque la presbytie se fait de plus en plus insistante ! Ainsi, lis-je petit à petit, chaque jour un chapitre – généralement assez court, ce qui est pratique pour découper ma lecture. Finalement, on peut dire que je la déguste cette Naissance qui n'en finit pas, et ce n'est pas plus mal ainsi car en tentant de me farcir plus de mille deux cents pages en quelques jours seulement, je risque l'implosion textuel, la boulimie verbale, l'overdose syntaxique. Le néant der Tal, le vide-ordure, le propre à rien... Le dégoût des autres livres.

Aussi, est-ce de cette façon que, il y a quelques jours à peine, à la page deux cent seize de ce grand œuvre, je suis tombé sur ce passage que je ne mettrais pas à l'index, bien au contraire car je vous l'offre à bras ouverts :

 

''Il n'y a rien de plus laid sur la terre que de désigner un homme (a fortiori un enfant) du doigt. J'entrais dans un monde de doigts. Doigts tendus nerveusement vers les coupables, plus coupables encore quand ils sont faibles, plus faibles encore quand ils sont innocents. Désigner du doigt : exercice où l'homme me semblait exceller. Délatrice humanité. On m'avait accusé de naître. Puis on m'avait accusé d'être né. On m'avait ensuite accusé d'avoir survécu à cette naissance. Enfin, accusé de continuer à être en vie. Des dizaines de doigts pointés m'avaient déjà transpercé la chair. J'étais criblé d'accusations comme certain saint de flèches.

Qu'avaient donc tous ces adultes avec leurs doigts ? Cela virait à l'obsession. Doigts qui tantôt voulaient se précipiter dans ma bouche pour m'assassiner, tantôt se braquaient vers moi comme des bergers-allemands. Ces doigts tendus comme des nerfs, à qui s'adressaient-ils ? A moi ? A l'être neuf en moi ? Ces doigts, plus particulièrement l'index, guidaient-ils, régissaient-ils le monde ?

Mon premier sentiment fut que l'humanité comptait beaucoup trop sur ses doigts, prolongés d'ongles, noircis, rongés parfois jusqu'aux sangs. De ces mêmes doigts humains pouvaient tout aussi bien jaillir une sonate de Schubert, mais les doigts qui s'étaient donné rendez-vous dans ma chambre n'étaient pas musiciens. C'étaient des doigts politiques, non des doigts artistiques. C'étaient des doigts juridiques et rituels qui fondaient sur vous comme des vautours sur un lapin, vous marquaient d'un coup de bec, puis repartaient faire un tour dans les airs en préparant un nouvel assaut...''

 

Ce que je trouve incroyable, c'est que je venais de lire quelques instants auparavant la nouvelle consigne du défi du samedi : ''Donner une (ou plusieurs interprétations) de la célèbre locution française : Avoir le bras long !''

Étonnant, non ?

Veuillez toutefois m'excuser de m'être égaré dans les méandres moixiennes... Je vais désormais me reprendre en main et vous donner en un tour de bras ma propre définition. Ainsi donc, je m'y atèle... :

Pour répondre donc à la question posée ce samedi, je dirais que, généralement, lorsqu'on a le bras long, c'est qu'on a les doigts gourds. C'est un peu comme selon une mouvance – marginale ? - des sixties, avec les cheveux et les idées. En ce temps là, on ne coupait pas les cheveux en quatre et les hippies pip hourra n'avaient pas intérêt de crâner s'ils ne voulaient pas finir en épis pis pourra !

Et je n'irai pas plus loin en ma définition et préfère tourner court car, j'imagine que vous mesurez par vous-même, bien qu'à bras raccourcis (position que j'opte obligatoirement lorsque je me retrouve calé dans mon fauteuil avec plus d'un kilo cinq sur les bras), l'étendue des dégâts.

Bon dimanche et à la semaine prochaine !

 

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Cérémonie soit qui mal y pense (Joe Krapov)

- Mesdames et messieurs, il nous faut prendre le problème à bras le corps.

Le journaliste, Averell Krapov, se penche vers son collègue et dit à voix basse, à propos du discoureur qui n'a jamais si bien porté ce nom :

- Déjà quand j'entends des phrases comme celle-là, j'ai envie de prendre mes jambes à mon cou !

- Nous devons faire rendre gorge à certaines rumeurs...


- A tous les coups, il va demander qu'on lui file un coup de main !


- ...car enfin j'ai le droit de prendre mon pied où je veux, quand je veux et avec qui je veux !


- Et dans n'importe quel pied-à- terre ! J'ai comme l'impression qu'il traite le problème par-dess(o)us la jambe !


- Ou alors il essaie de nous endormir, répond le journaliste n° 2, Harry Ksaparov. On va se retrouver d'ici peu dans les bras de Morphée !

- D'autres que moi, dans cette équipe de bras cassés, ont été pris la main dans le sac. Déjà, pour parvenir ici, il nous a fallu longtemps jouer des coudes, faire des pieds et des mains. Si je vous demande de m'épauler ce jour, c'est que nous manquons de bras pour éteindre l'incendie. Mais je vais répondre à la question posée par Miss MAP dans le journal « Le Défi du samedi ». En général, les gens qui ont le bras long ne se mouchent pas du coude. On ne leur cherche pas souvent querelle car leurs amis et protections ont vite fait de vous tomber dessus à bras raccourcis. Qu'elle se souvienne du proverbe latin : « Humerus radius cubitus » qui signifie : « Petite mère, tu ne vas pas rester radieuse très longtemps si tu te mêles comme ça des histoires de clavicule des puissants ». Et donc, Mesdames et Messieurs les membres des corps constitués, en vous présentant tous mes vœux de bonheur pour l'année 2014, je vous le confirme, «avoir le bras long» n'a et n'aura jamais qu'un seul sens à mes yeux. Cela signifie et signifiera longtemps encore «avoir de l'entrejambe».

Silence consterné de la salle.

Le discoureur constate l'émoi dans lequel sa conclusion a plongé ses auditeurs puis il corrige :

- Je voulais dire « avoir de l'entregent ».

- Trop tard pour rectifier le lapsus, mon pote ! C'est plié ! Viens, on se casse !

- Tu vas titrer quoi ? » demande Ksaparov à Krapov à la sortie.

- Après le mariage pour tous, l'origami pour tous !

- Ah ouais, pas mal ! En même temps, tu ne te foules pas !

- Normal ! Comme a dit le poète, "l'important c'est l'arthrose" !

Hamster jovial

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