07 juillet 2012

Le manège des rêves (Djoe L'Indien)

Nul ne savait réellement quand le manège était apparu.
La seule chose dont étaient sûrs les premiers passants matinaux, c'est qu'il n'était pas ici la veille. Peut-être même n'était-il pas là il y a cinq minutes ! Ils ne savaient pas encore qu'il n'y serait bientôt plus.
Nul ne sait d'où il venait. Et d'ailleurs, ne s'agissait-il pas d'une simple illusion ? Il donnait l'impression d'être là sans y être vraiment, comme nimbé d'une aura de surnaturel. Pas forcément inquiétant... Juste dérangeant.

Les premiers enfants, légèrement intimidés, se sentaient irrésistiblement attirés par toutes ces couleurs suspendues dans le ciel, qui dansaient doucement au gré d'une très légère brise. Un son de chaîne cliquetait parfois, juste une note ou deux. Les personnages semblaient leur faire des clins d'oeil mais les parents ne s'en rendaient pas compte. Eux trouvaient juste ça étrange, ce manège planté là, sans personne aux commandes, venu de nulle part ; il faut être un enfant pour se contenter de la magie sans se préoccuper de savoir d'où elle vient !
Quittant la main qui les retenaient, les enfants approchaient, presque à pas de loup, ne sachant trop s'ils avaient peur d'effaroucher cette apparition... ou s'ils avaient peur tout court. Mais la curiosité prenait le dessus, bien entendu.

Les plus hardis avançaient toujours, et en avançant ils sentaient naître des rêves dans leur têtes. Un peu diffus mais au couleurs du manège, ils en étaient certains.
Les ballons semblaient bouger un peu plus, comme s'ils s'éveillaient.
Et même...
Oui, ce n'était pas une illusion, le manège commençait à tourner !
Un premier à-coup. Un deuxième... Ca y est, il tournait vraiment. Lentement mais il tournait.
La fascination prenait le pas sur la crainte, les plus téméraires des enfants entraînaient inconsciemment ceux qui hésitaient encore et une ronde d'enfants émerveillés se formait, captivés par ces personnages qui se mettaient à sourire et à danser, subjugués par ces ballons qui volaient de plus en plus haut, de plus en plus vite, comme s'ils riaient et s'amusaient.

Et les rêves continuaient d'affluer, des rêves étranges.
Ou plutôt non...
Pas des rêves étranges mais des rêves étrangers !
Des rêves que les enfants ne se souvenaient pas avoir jamais imaginés, des rêves inconnus. Des images de lointains pays jamais visités, des jeux et des aventures jamais encore inventés.

Le manège disparut.
Il restait une ronde d'enfants qui ne savaient pas pourquoi ils étaient là formant ce cercle.
Il restait également des rêves inexplorés, tapis dans quelques recoins de leur tête, des rêves qui reviendront dans leurs nuits sans qu'ils ne sachent d'où.
Ils ne le savaient pas mais des rêves avaient également disparu, emportés par un manège que tous avaient déjà oubliés, des rêves qui allaient se poser ailleurs.
Peut-être même s'étaient-ils déjà posés.
Les parents récupéraient leurs enfants, se demandant s'ils n'avaient pas rêvé. Les enfants reprenaient les mains tendues, les yeux pleins de rêves.
Le manège avait disparu, le manège était reparti semer ses rêves en un ailleurs inconnu...

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Musique (Lise)

Sur le manège de la vie,
Un petit air me suit
Pas à pas il me dit :

Chante, chante, chante
La Vie
Avant qu'elle ne passe.

Danse, danse, danse
La Vie
Qui bat en Toi aujourd'hui.

Elle est ta voix
Elle suit tes pas
Fidèle elle t'enlace.

Chante, chante, chante
La Vie
Celle qui porte ta trace.

Danse, danse ,danse
La Vie
Fais que ton pas lui sourie.
 
Nous avons tous appris à marcher
Alors apprenons à danser
En posant sur la vie un pas léger,

Simplement accordé
A la Musique en nous.
 

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Tournez Manège (Vegas sur sarthe)

Si mes fiançailles avec Petra étaient passées parfaitement inaperçues aux yeux de la classe, chaque jour d'école m'apportait son nouveau lot d'épreuves et mes parents finirent par s'inquiéter de mon manque d'appétit et de ma mine de papier mâché.
Bien que la première femme de ma vie - seconde après ma mère - fut à mon goût, ravissante, enjouée, sportive, malicieuse, inventive... inventive, beaucoup trop inventive, je commençais à me demander si tout ça venait de moi ou bien si Elles étaient toutes comme ça, si tous les couples sur Terre devaient endurer cette éternelle compétition jusqu'à ce que la mort ou le divorce les sépare.

Tout en engloutissant à chaque récré la douzaine de brezn (bretzels) et les cinq Karambars qu'Elle me forçait à manger à sa place à cause de son appareil dentaire, je me demandais si le meilleur régime amaigrissant n'était pas celui du célibat?
Pour lui plaire j'avais dû tour à tour chanter une tyrolienne au beau milieu de la cantine, cacher les clés du bureau du Directeur et même affronter le gros Bertrand à l'épreuve du bras de fer.
Ces brillants succès aprement remportés m'avaient valu quelques regards langoureux de ma teutonne ainsi que la dernière place au fond de la classe, position gagnée sans gloire sur Martinot alias le bouc et qui puait des pieds à dix mètres...
  
Ma Petra venait de Bavière - qu'elle n'aurait peut-être jamais dû quitter - le pays de la bière et des manèges mais pas de la petite bière ni des petits manèges!
Quand elle me fit part de l'ultime épreuve qui devait précéder notre "mariache", je crains le pire et m'imaginais déjà roulant ivre mort sous un fût de Bitburger lorsqu'elle m'annonça - toute excitée -  la venue d'un "Wellenflug" pour la fête du village.
A force de questions je compris que j'allais devoir affronter un monstre, un manège à chaînes géant de zwöife (douze) mètres de haut équipé de quarante huit nacelles oscillant dangereusement à dreißge (trente) kilomètres à l'heure et déconseillé aux Klein français comme moi!
J'essayai bien de voler quelques outils sur le chantier mais sans jamais ralentir le montage de l'engin qui s'acheva sous les cris de joie de Petra.
A l'époque, voir tourner une simple toupie suffisait à me donner la nausée et ce Circus Welt aux décors et aux couleurs somme toute chatoyants me faisait plus l'effet d'une lessiveuse que d'un jeu forain.

Le Samsta matin suivant qui coïncidait avec notre samedi à nous, je trouvai dans la boîte aux lettres ce que je redoutais: un ticket d'accès au "Wellenflug" mais aussi un mot d'adieu de Petra qui quittait la France pour suivre son père rappelé pour affaires en Allemagne.
Ainsi je perdais ma première femme et échappais du même coup à la force centrifuge et à cette mort horrible que le journal local n'aurait pas manqué de relater en première page.
Bà-bà Petra... c'est mieux ainsi, tu étais trop jeune pour le veuvage.

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Manège (Venise)

Ne dites jamais que je m’appelle

Manège.

Le jour de mon baptême, d’une voix enrouée

Ce nom me fut donné.

Drôle de nom que j’ai pris en affection

Je n’avais d’ailleurs qu’un reproche à leur faire :

Venise201

Ne pas m’avoir exhibée sur un cheval de bois.

Ça me donnait un sentiment d’invulnérabilité ce nom à figure de proue.

J’avançais dans la vie derrière un arbre qui cache la forêt.

A vingt ans ,les drames vous bousculent et sans rompre la farandole ,

Vous enfilez une robe sans trop savoir pourquoi.

Alors vous vous laissez happée dans la tourmente du monde.

C’est un grand mystère que de rester une inconnue pour son chauffeur de taxi

Et en mal d’hilarité complice, je me suicidais au muguet dans l’arrière de la cabine.

Il craignait que je prépare un coup en douce et me surveillait dans son rétro viseur.

J’aurai pu descendre incognito et prendre un nom plus compliqué.

Mais je m’appelais manège et c’était déjà bien lourd à porter !!!! 

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BIN, SI, ÇA TOURNE ROND, POURQUOI ? (Joye)

Faut pas que j’abrège !

Agrégée, moi, j’allège,

En faisant mes arpèges,

Où la musique s’assiège,

Comme un chêne-liège,

Ou bien un chorège au collège,

Ce cortége,

Me désagrège,

Et la florilège

D'un manège me piège,

- Rare privilège -

Que je protège,

Comme un sacrilège,

Au saint-siège !

Allez, sortilège,

Pour le stratège,

Coincé dans son télésiège.

 

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30 juin 2012

Défi #201 -Défi de l'été-

Chers amis défiants, l'été est arrivé

et les défis vont bien sûr continuer mais d'une manière une peu différente.

 En juillet et en août ils se présenteront sous forme de photos qui nous l'espérons  vous inspireront !

Nous vous souhaitons un bel et bon été. Bon repos et belles découvertes.

A tout bientôt le plaisir de vous lire !

 Voici la première photo proposée :

 

DSCF7304

 

Vos participations sont attendues à

samedidefi@hotmail.fr

Bonne écriture à tous et à toutes !

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Ont fait la fête aux mots

Feux-artifices

Venise ; Lorraine ; Anémone ; Lise ; MAP ;

Vegas sur sarthe ; EVP ; rsylvie ; Joye

Papistache ; Joe Krapov ; Mamido ;

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Participation de Mamido

mamido1

mamido2


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Le petit bal perdu mais pas pour tout le monde (Joe Krapov)

Le mot « miroir » a mis son huit-reflets tout noir...

Mais qui voudrait danser avec huit fois soi-même ?

Le mot « anthropophage » se cache derrière un loup.
C'est sûr, ça a de la gueule...
Mais qui se jettera, blottira dans ses bras qu'il a grands
Autant que Mère-Grand ?

Le mot « tomate » a pris sa canne à pommeau d'or
Mais il est si timide qu'il se cache derrière afin de mieux rougir !

Le mot « sucre » a vêtu sa robe d'organdi
Mais cette bête rave est interdite aux travelos
Alors il fond tout doucement d'amour qui boit la tasse pour le café qui fume en lisant le canard

Plus tard, à la buvette, coiffé de sa chapka,
Le mot « scooter » noie son chagrin dans la vodka :
Personne n'a dansé sur sa musique d'enfer
C'est le bal le plus triste qu'il ait jamais animé.
Où sont les blousons noirs, les chaînes de vélo et les bastons de Colombey-le-Bal tragique ?
Oui vraiment c'est la crise on n'est plus à la fête !

Quand, soudain, « cotillon », « java », « langue de belle-mère », « paluches », « Apache », « ampli » se pointent à l'entrée. Le petit Robert Larousse, videur vidé, va donc, les laisse pénétrer, - il est passé minuit – et tandis que « citrouille », « carrosse », « pantoufle », « vair », « bling-bling », « aristocrate » et « chanteuse à voix molle » s'en vont à l'horizon vers leur vestiaire antique voici que « tequila », « tango », « boogie-woogie », « gisquette », « keupon », « picrate », « bibine », « guinche », « lampion » « tchikipoum » et « flon-flon » ne se font pas prier pour mettre sans chichis l'ambiance, le bazar, le torride, et l'humain sans minceur dans la roulotte du suave.

Et tant pis si demain on ne trouvera plus sous sa casquette de plomb ni ses mots ni ses fringues : cela aura été une belle fête impromptue, un beau défi de vie, quelques moments perdus d'égarement des mains et de nouement des langues, d'oubli des maux, sans abus, de fait.

Un petit bal perdu mais pas pour tout le monde !

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Deux-cents mots sur leur trente-et-un (Papistache)

Les mots sont en habits de fête.
200e défi du samedi.
En smokings de cérémonie ! Mais ils défilent à pied.
Pieds nus.
Sur le macadam.

Mollets glabres que  le soleil réchauffe.
Cuisses à l’air que le vent chatouille.
Fesses nues ondoyant sous la brise.
Reins découverts où la peau frissonne.
Dos cambrés, épaules musculeuses,
Nuque rasée, crâne chauve, sourcils épilés.
Bras blancs, seins ronds, mamelons gonflés,
Ventre svelte, conque sinueuse du nombril,
Pubis razibus satiné et poli.
Cuisses à l’air qu’un pas balancé meut
et émeut qui assiste au défilé.

En habits de fête.
200e défi.
No smokings de cérémonie !
Ni une, ni deux, balancement cadencé :


 « oripeaux, galimatias, pétulance, arboretum, crédulité, coup de sang, pneumatique, mignon, gâte-sauce, ingambe, clabauder, panacée, tom-pouce, quintessence, chevêtre, éructation, géhenne, trucider, baroufle, pissoter, débauché, mandibule, roussi, dégouliner, se pieuter, pittoresque, corpuscule, gousse, clique, ghilde, obligeant, compère, godillot, hongre, bannière, chemisette, caner, sarcophage, biscornu, asphalte, bisbille, bassiner, ouvrier, asepsie, soûler, ravir, sanguinolent, déni, inadvertance, Javanais, abouter, flanquer, orgasme, vacherie, cerise, mollasse, pif, gourde, païen, procès-verbal, Cénobite, dos-vert, beurrée, prévarication, embobeliner, vache, bouffi, folliculaire, cavalcade, Rossinante, ronchon, potage, drille, mandrill, culotté, gynécée, ourdir, bilatéral, pige, périphérie, maroufler... »

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