06 octobre 2012

Nationale#214... Brouillard (Vegas sur sarthe)

C'était une purée à couper au couteau
mais je n'avais sur moi qu'une pelle à gâteau
Dieu sait qui me l'avait refilée par malice
copain de beuverie ou collaboratrice
On avait picolé tout le stock du patron
et dansé sur les tables au milieu des litrons
Les filles chevrotaient “ce n'est qu'un au revoir”
quand j'ai repris la route où manquaient les trottoirs
J'ai ouvert mes calots mais je n'y voyais goutte
un connard avait même embarqué l'autoroute
et j'eus beau m'escrimer de la pelle à gâteau
un platane a poussé juste sous mon capot
y'avait une purée à couper au poignard
les brancardiers disaient “c'est la faute au brouillard”

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :


Brume (Ristretto)

bonjour

la brume .. on la connait dans mon territoire du bout du monde :)
alors je vous envoie un haiku de chez moi
" Au petit matin,
les haubans du Pont d'Iroise
soutiennent la brume"
nota : le pont d'Iroise est le superbe pont à l'entrée de Brest
je n'ai pas de photos personnelle , hélas 
amitiés

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags :

Rêve de nuage (Lise)

 
 
Un beau matin sur mon chemin
Un voile lentement s'est posé
Et dans le flou m'a transporté.
 
Dans le brouillard de mes pensées
Les idées flottent en liberté
Tourbillonnent, prêtes à s'agglutiner.
 
Je m'applique à les voir passer
En me gardant de les toucher
Pour les laisser s'évaporer.
 
Un nuage est si vite arrivé.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

Participation de Venise

Le brouillard était fort heureusement tombé brutalement.

Détroussée par des brigands j’errai à demi-nue dans cet épais brouillard

Évitant ainsi les quolibets des passants.

Délestée du haut du bas et des chaussettes et du chapeau

  Je tentais de me débrouiller au mieux.

Mais je ne me plaignais pas, la vie était belle et ma force de travail intacte !!!

Ce n’est qu’au petit matin que je suis parvenue à  m’extirper de ce Fogg Londonien.

Venise214

Dans ce brouillard je promenais ma tête sur mes épaules quand j’aperçus d’autres épaules des vestons d’employés de bureau avec une tête dessus, des portemanteaux.

Qu’on distinguait à peine.

L’air était vif et piquant, à travers ses nappes de brume dormantes le soleil pointait

Comme de jeunes sains sous son pull -over ses rayons.

Je cachais les miens sous les paumes de mes mains.

À l’approche du petit matin je me suis éclipsé  telle la virgule dans une tragédie sur le point de manquer l’ultime respiration avant la catastrophe de ma nudité dévoilée .L e vent se vilain vent qui me tourmente  encore m’a chassée

Du paradis et m’a poussée jusqu’au poste de police.

Vos papiers m’ont-ils dit ???????

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

29 septembre 2012

Défi #214

Dans le brouillard ...

*

Ne vous perdez pas en chemin et envoyez

vos participations à

samedidefi@hotmail.fr

à tout bientôt !

*

Posté par MAPNANCY à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


mon petit bout de monde‏ (titisoorts)

J'ai cherché au delà des montagnes
voir si l'herbe était vraiment verte
sac à dos toujours prêt ça vous gagne
vie d'errance et de découverte

mon amour pas de bout de chandelle
je vois ton corps au bout du tunnel
mon petit bout en train ma miss monde
mon univers mon p'tit bout du monde

maintenant je suis enraciné
mais je sais qu'à l'autre bout du monde
un sac à dos prêt à s'évader
ici pour eux c'est leur bout du monde

mon amour pas de bout de chandelle
je vois ton corps au bout du tunnel
mon petit bout en train ma miss monde
mon univers mon p'tit bout du monde

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

À ceux que j’aime. (trainmusical)

J’ai cassé la mine de mon crayon, ce n’est pas le bout du monde, car je peux le tailler.

Le train a un peu de retard, ce n’est pas le bout du monde car je ne vais pas si loin.

Le modem Internet me joue des tours, ce n’est pas le bout du monde, l’opérateur me le remplace pour dialoguer jusqu’au bout du monde.

J’ai cassé une dent, ce n’est pas le bout du monde, toutes les autres dents sont là pour que je puisse mastiquer mes aliments, même ceux du bout du monde.

***
Ce n’est pas le bout du monde, cependant je n’ai plus envie de plaisanter.

Le toit de ma maison a des dégâts, je ne sais pas comment financer les réparations, seulement ce n’est pas le bout du monde, car une solution devra être trouvée.

Un de mes enfants est au chômage suite à un accident, il n’a toujours pas retrouvé du travail, ce n’est pas le bout du monde, car l’espoir de retrouver du travail est là, et certainement pas au bout du monde.

Mon voisin vient de perdre son travail, son usine a licencié 140 personnes. Ce n’est pas le bout du monde, il reçoit une indemnité, bien que moralement ce n’est pas facile, il se sent éloigné du monde.

Une de mes meilleures collègues a appris aujourd’hui qu’elle doit quitter le travail, aussi suite à un accident, par une faute des pouvoirs publics. Décidément l’histoire se répète! Je deviens triste, toutefois elle semble dire que ce n’est pas le bout du monde, mais que c’est une chance à saisir.

Une autre collègue, toujours souriante et positive est tombée gravement malade, ce n’est pas le bout du monde, ou disons elle n’atteindra pas le bout du monde sur terre: elle a quitté ce monde, elle n’avait que 31 ans…

***
Le bout du monde? Finalement je ne sais pas où il est. Alors, au vu que de ce que j’ai écrit, il faut profiter de la vie car elle est tout de même belle, il faut seulement y croire.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

Carnet de voyage (Djoe l'Indien)

 
Le problème, lorsqu'on désire chercher le bout du monde, est : dans quel coin commencer les recherches ?
Problème dont on appréhende toute l'étendue lorsqu'on se souvient qu'un certain, il y a de cela déjà quelques temps, a décidé que le monde était rond...
J'avais décidé de commencer mes recherches dans le grenier. Avec tous ces coins et recoins, il y avait certainement matière à découvrir le pot aux roses ! Du moins l'espérais-je.
De toute façon, dehors, il pleuvait à seaux, alors autant commencer au sec, n'est-ce-pas ?

J'aurais tort de dire que je ne connaissais pas le grenier; depuis quelques années j'en avais fait mon terrain de jeux des jours pluvieux, mes parents n'y trouvant rien à redire puisque je leur laissais la paix.
Ce grenier donc, je le connaissais presque par coeur. Mais ce jour-là j'avais décidé de vraiment le fouiller de fond en comble (sans jeu de mots, bien sûr). Moult générations d'enfants avaient dû faire de même, moult générations d'adultes s'en était servi pour faire en sorte que la génération d'enfants suivante ait un peu plus de chance de se perdre ou de se noyer sous ce fatras d'objets plus ou moins insolites; et sûrement tous aussi inutiles les uns que les autres. En tout cas, une fois arrivés ici, ils n'ont plus jamais servi à personne !
D'ailleurs, est-ce que quelqu'un en connaissait le contenu, de ce grenier ? Même approximatif ?
J'en doute fortement mais m'en moquait éperdument à l'époque où se situe ce récit, et continu à faire de même.

Je me suis assis au beau milieu du fouillis ambiant, pour étudier un peu la situation et choisir le bout par lequel j'allais entamer mon aventure du jour. Au vu du défi posé, il ne fallait pas se lancer tête baissée dans le premier mur venu.
De toute façon, inutile d'essayer de les traverser, les murs, c'était du costaud ! Et je pouvais affirmer qu'aucun ne sonnait creux, j'avais déjà testé chaque pierre les unes après les autres. J'avais d'ailleurs été fort déçu du résultat...
Tiens tiens... J'avais fait sonner toutes les pierres, mais je n'avais pas sondé tous les placards, armoires ou secrétaires qui se tassaient ici et là !
Va pour les armoires, alors, me suggérais-je avec un petit sourire et des yeux pétillants !

Le première était si pleine de tout un tas de trucs plus ou moins contondants que j'ai pris peur et en ai délicatement refermé les portes. Si besoin est, je me donnais la possibilité d'y revenir par la suite. La suivante fût sans grand intérêt, mais je la conservais en mémoire pour un jour de carnaval. Je ne sais plus combien j'en ai fouillé, observé. Pas disséqué, même si l'envie était bien là, car je pense que j'aurais eu un peu de mal à justifier la chose auprès de ces personnes qui ont autorité sur les enfant et qu'on nomme communément "adultes".
Toujours est-il qu'il en est une dont le fond attira un peu plus mon attention. Les planches en étaient un peu plus disjointes que la normale, et un peu abimées sur les bords, comme si on avait glissé un outil... Pour les soulever ! En trouver un moi-même ne fut pas très compliqué, et bientôt une latte se soulevait, laissant apparaître ce qui semblait être un cahier. Peut-être le carnet de voyage d'un capitaine au long cours ? Un explorateur oublié ? Allais-je découvrir une carte pour aller au bout du monde ?

Je le sortais délicatement et constatais qu'il avait plutôt bien échappé aux ravages du temps. Il n'était pas tout neuf mais se tenait encore, sentait bon le vieux papier un peu poussiéreux et les souris avaient oublié de le grignoter. Je m'assis en tailleur et dépliais la couverture doucement. Il s'agissait d'un manuscrit, écrit d'une belle écriture soignée, à l'encre noire encore très nette, à peine légèrement passée par endroits. Le titre me ravit ! "Mon voyage au bout du monde".
Je commençais ma lecture et très vite fut plongé de cette épopée merveilleusement écrite. J'ai tout lu d'une traite ! L'auteur racontait un "voyage" dont le souvenir remontait à sa petite enfance, aux environs de sa cinquième année.

Il habitait alors une petite maison, mais dotée d'un jardin immense, un jardin parcouru de haies qui formaient comme un labyrinthe, orné de quelques arbres fruitiers et de lourds massifs de fleurs. Il avait décidé d'en chercher le bout et cela lui avait semblé une extraordinaire aventure. Les haies étaient basses mais il n'était pas très grand lui-même, et il se retournait fréquemment pour apercevoir la maison, ce qui le rassurait (et accessoirement lui donnait la direction puisqu'il allait à l'opposé). Il se sentait tout à fait capable de se perdre, et il n'était pas certains qu'on l'entendrait crier, puisque tout le monde était à l'intérieur de la bâtisse.
Oh, certes, il ne rencontra pas de monstre inimaginable, n'essuya pas de tempête surnaturelle et n'eut même pas à vaincre de dragon pour arriver jusqu'au mur qui délimitait la propriété ! Mais lorsqu'il l'escalada pour s'assoir dessus, il s'imagina être arrivé au bout du monde et cette pensée le remplit de fierté. Il avait vaincu le jardin et cela lui donnait un large sourire.

Bien sûr, j'aurais sans doute préféré découvrir une carte au trésor qui m'eut réellement emmenée jusqu'au bout du monde !
Mais j'ai surtout compris ce jour-là que le bout du monde se trouvait juste au delà de la limite qu'on donnait à notre monde. Et que l'atteindre ne serait jamais possible puisqu'il reculait chaque fois un peu plus.
Ce qui n'empêche nullement de le chercher, bien entendu ! Et c'est pourquoi je suis devenu explorateur...
 

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags :

Témoignage de client n° 56 (Joe Krapov)

Ça me tracassait un peu de partir avec cette fille-là pour guide. Non pas qu’elle fût moche, qu’elle eût des seins flasques ou le nez ailleurs qu’au milieu de la figure. Au contraire, elle n’était pas mal du tout malgré son postérieur un peu large et des yeux quelque peu inexpressifs qu’elle cachait derrière des lunettes noires et rondes. Louchait-elle ? Voulait-elle se donner un genre ?

Non, ce qui me gênait le plus au départ, c’étaient les conditions de ce voyage. Ce n’était pas un problème de monnaie ; de l’argent, j’en avais plein le portefeuille à l’époque. Ce qui commençait à m’énerver un tantinet, c’était de ne pas savoir où on allait, de demeurer silencieux tout du long, sans pouvoir communiquer avec celle qui tenait pour moi le rôle d’Ariane mais se taisait. Mais bon, c’était bien là ce qu’on m’avait promis à l’agence de voyages.

- Oui, c’est cher mais c’est normal mon bon monsieur, on vous emmène au bout du monde, on vous sort du train-train quotidien sans vous envahir et en vous laissant libre d’agir à votre guise deux jours sur trois ! Le tout dans un silence total afin d’exacerber vos sensations ! ».

C’était difficile de résister à Isaure Chassériau ! Cette jeune entrepreneuse n’arrêtait pas de rire, se vantait de pouvoir vous vendre de l’inattendu et dans son « Agence de flânerie amoureuse de Rennes », située au milieu de la rue d’Antrain, le nom de la rue avait déteint sur l’humeur de ses habitant(e)s. Un enthousiasme communicatif.

 

DDS 213 Nathalie

- Vous partirez avec Nathalie. Vous pourrez lui raconter votre passé, lui chanter toutes chansons que vous voudrez, vous plaindre, lui casser les oreilles si le parcours ne vous plaît pas. Elle n’en prendra pas ombrage, ne se départira pas de son sourire distant, ne répondra pas : elle est sourde et muette. ».

Voilà. J’avais payé, reçu une photo de mon sherpa, noté le rendez-vous place de la Gare. Mon guide, vêtu de rouge des pieds à la tête, était à l’heure pour le départ le lendemain après-midi. On avait quitté Rennes en train, pris le métro entre la gare Montparnasse et la gare de Lyon. Là on était montés dans un train de nuit et au matin, surprise, le train avait été entouré d’eau des deux côtés puis s’était arrêté dans la gare de Santa Lucia. A Venezia ! Venise !

J’avais été stupéfait de voir toute cette circulation sur le grand canal, de découvrir que la ville, malgré toute cette eau dormante ne sentait pas si mauvais que ça. N’en déplaise à Thomas Mann et Lucino Visconti, ce ne devait pas être si détestable que cela de mourir à Venise !

A hôtel j’avais vidé ma valise, m’étais installé dans la chambre 28 de cette « Pensione Wildner » située sur la Riva degli Schiavoni, non loin de la place Saint-Marc. Nathalie était venue me retrouver, m’avait tendu une enveloppe. Voulais-je voir le bout du monde tout de suite ou préférais-je jouer au touriste paresseux et convenu avant de m’y aventurer ? J’ai choisi cette deuxième option.

Même sans ma cravate laissée à Rennes j’ai fait la vie pendant deux jours et je me suis habitué aux folies de la ville en fête et aux silences de la fille en rouge. On est allés boire au Harry’s bar, montrer nos binettes au Florian pour s’y emplir l’estomac et on a assisté aux bals et opéras donnés à la Fenice pour les fortunés de passage.

Le troisième jour au matin, à l’issue du petit-déjeuner, nous délaissâmes la vue magnifique sur l’île de San Giorgio maggiore et nous allâmes prendre le vaporetto en direction du Lido. A l’arrivée pas question d’aller voir les aristocratiques hôtels et les grandes plages de sable garnies de transats bien alignés. Pas question de se baigner non plus. Nathalie me gratifia d’un ticket et nous montâmes dans un bus archaïque.

C’était drôle de retrouver des voitures ici ! Le véhicule s’emplit de quelques autochtones puis le chauffeur démarra. On longea l’arrière des hôtels et puis bientôt ce fut un voyage dans le temps. Avec toujours la mer à notre gauche, on traversa des petits villages pas bien différents de celui où créchait-prêchait l’ineffable Don Camillo. Au bout de quelques kilomètres le bus stoppa. Alberoni ! Je voulus descendre avec un petit groupe de vieilles dames du coin mais Nathalie mit sa main sur ma cuisse. Pas encore l’heure d’user ses chaussures, il fallait attendre. Attendre, oui, mais quoi ? On était rendus au bout de l’île, face à la mer avec une autre île face à nous et bientôt, très surpris, je compris ! Pour aller de l’autre côté, sur ce territoire en pointillé le bus devait emprunter un bac ! Si tu veux aller au bout du monde, passe ton bac d’abord !

L’île suivante, toute en longueur également, était encore moins peuplée que le bout de la précédente. Une longue muraille triste faisait rempart contre les colères de l’Adriatique. Nous traversâmes un dernier petit village, Pellestrina, et le chauffeur nous dépota près d’un petit cimetière balayé par le vent. La lagune d’un côté, la mer de l’autre qui pénétrait devant nous en grosse vagues mélancoliques par cette passe vers la Sérénissime. Nous deux, seuls, sur une bande de cailloux qu’agrémentait, outre le vent et la tristesse, un embarcadère. En face, une troisième île. Nous attendîmes là une bonne demi-heure, sans que je comprenne le sens de ce paysage et de cette randonnée. Est-ce que je me trompais ? J’avais une impression de Styx et d’Achéron alors que d’ordinaire je suis plutôt volontaire pour Cythère que pour les mystères des Enfers. Qu’est-ce qu’on attendait là ? Une voiture qui nous ramènerait à la maison ? Où est-ce qu’on était ? Comment s’appelait ce lieu de désolation ?

DDS 213 Pellestrina

Nathalie était tournée face à la lagune. Je regardais ses longues jambes, son dos impassible, ses habits en harmonie de rouge et je songeai d’un coup à l’enseigne de ce magasin de mode, place Rallier Du Baty, à Rennes : Rouge Venise.

Au bout d’un long moment on entendit comme un bruit de caboteur, en fait le « pop pop pop » d’un vaporetto rustique. Se tordant les pieds sur les cailloux, Nathalie revint vers moi et me glissa sous les yeux un billet tapé à l’avance :
« Le bout du monde est ici. Nous pouvons y passer la journée à ne rien faire, ne rien voir, ne rien dire, savourer l’atmosphère… Si vous le préférez, le vaporetto nous emmène à Chioggia, un sympathique village de pêcheurs qui a gagné en célébrité depuis que Carlo Goldoni y a fait du barouf. Enfin, si vous avez des fourmis dans le pantalon, j’y connais un hôtel des plus discrets où nous pourrions lier plus ample connaissance. »

Que croyez-vous que j’aie fait ?

Nous sommes restés-là toute la journée. J’ai pris quelques photos, j’ai sorti un cahier, pris les notes qui m’ont servi à rédiger ce récit de voyage. Hè quoi, j’avais payé pour aller au bout du monde et j’y étais, non ?

***

Mais non, je galèje ! L’hôtel de Chioggia était très bien et la fille aussi. Bien que sourde et muette, elle n’était pas manchotte.

***
Les Rennais, on les emmène au bout du monde et au septième ciel en même temps, ca ne les rend pas plus heureux pour autant ! Quelques années plus tard, des clients moins délicats qui avaient découvert lors des ébats tarifés que Nathalie n’était pas plus muette que vous et moi et qu’on s’était un peu moqué d’eux portèrent plainte pour proxénétisme à l’encontre d’Isaure. Ceci explique peut-être que l’on ne trouve plus trace aujourd’hui à Rennes ni de cette « Agence de Flânerie amoureuse de Rennes » ni d’Isaure Chassériau elle-même. Elle a sans doute, à temps, avant la crise, changé d’époque ou de crèmerie, disparu sans laisser d’adresse ! C’est assez son genre, je dois dire !

P.S. Les photos qui illustrent ce texte ont été empruntées à Télérama et à Google images. Le témoignage de client n° 56 fait partie des archives de l'IFSIC (Institut Français de Supputations au sujet d'Isaure Chassériau) de l'Université de Rennes 3.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :