29 juillet 2017

Brin de muguet (Pascal)


C’est le premier mai, aujourd’hui. Partout, sur les trottoirs, on voit des vendeurs à la sauvette avec leur muguet en devanture. Ils sollicitent, ils haranguent, ils attirent, ils pressent le chaland, ils les poursuivent avec leurs boniments. Si j’ai pu les éviter pour aller jusqu’à mon bistrot habituel, quand je retournerai à ma bagnole et certain d’y passer, j’ai préparé un billet de cinq euros dans ma poche pour leur acheter quelques brins, me sacrifiant ainsi à la tradition du Premier Mai…

Tout à coup, elle est entrée dans le bar. C’est sans doute un courant d’air qui l’a propulsée à l’intérieur, le matin frisquet, plutôt. Elle est fagotée comme ces pauvres gens qui portent tous leurs habits sur eux ; la froidure, ses morsures, ses engelures, elle connaît. Elle s’en est accommodée comme une maladie engourdissante qu’elle combat péniblement au quotidien. Son nez est rouge, ses pommettes sont roses, ses lèvres sont violettes ; quelques larmes de froid perlent à ses paupières ; la nuit est longue au pays des sans-abris. Sur son front plissé ses rides sont trompeuses, on pourrait y calculer ses années de galère. Elle est encore jeune, peut-être la quarantaine, peut-être moins. Mais, ici-bas, qui peut donner un âge à un être qui survit dehors, sans cesse exposé aux intransigeantes vicissitudes de l’adversité ?...

Elle est chargée avec des gros pochons en plastique Casino qu’elle porte dans chaque main ; comme une lourde clarine sourde, autour du cou, une musette épaisse se balance mollement ; un sac à dos trop rempli complète son harnachement de baudet. Aussi, elle a du mal à passer entre les tables. Pas tout à fait consciente de son encombrement dans un endroit aussi restreint, elle emporte des chaises sur son passage ; leurs crissements dérangeants sur le carrelage détonent dans l’ambiance feutrée de l’établissement.
Enfin, elle trouve sa place contre une fenêtre ; de ce point de vue, elle envisage toute la place. Petit à petit, elle se dévêt de ses fardeaux ; elle les range tout autour d’elle et ne les perd pas de vue comme si c’était ses petits. Presque aux frontières de la Misère, son blouson est déchiré, son jean est rapiécé, ses godasses sont crottées ; il en faudrait peu pour qu’elle bascule dans la clochardise…

Personne ne la regarde vraiment ; comme si la déchéance était contagieuse, les riches l’ignorent, les besogneux soignent leur propre impécuniosité et les autres ne s’en soucient guère. Le nez dans leurs tasses, ils cherchent leur avenir dans les pépites de café collées au fond ; alors, celui des autres, ils s’en foutent royalement.
Pourtant, au royaume de la fortune, de voir les autres plus attigés que soi, ça réconforte quelque part ; on se dit qu’on n’est pas si mal, que tout pourrait être pire. On s’étalonne sur leur dénuement ; condescendants, on jetterait presque une pièce dans leur caniveau pour qu’ils se courbent devant nous avec des sourires de remerciement.
Moi, voyeur impénitent, je profite de son reflet dans la glace ; pourquoi est-elle venue s’incruster dans mon champ de vision ? Pourquoi ses simagrées de pauvresse me touchent autant ? Pourquoi, en ce jour de premier mai, je ne vois qu’elle ? La vie est sans hasard ; elle sait qu’elle sera le sujet de mon écriture d’aujourd’hui…

Soudainement inquiète, elle se lève ; elle va constater les prix des consommations sur une pancarte. Elle s’approche, lit plusieurs fois, cherche des lunettes qu’elle n’a pas, hoche la tête ; ses cheveux blonds filasse suivent péniblement ses mouvements de contrariété. Elle retourne s’asseoir, fouille dans son porte-monnaie, additionne les petites pièces, s’affole, recompte et recompte encore. Si elle rougit, ce n’est plus le froid du dehors, ni le chaud du dedans, c’est cette facture qui va la ruiner. Bien vite, la serveuse lui réclame une boisson ; ce sera un tout petit noir…

Elle a rangé ses pieds sous la chaise, porté ses coudes sur la table et posé la tête entre ses mains ; dubitative, elle regarde dehors pour ne pas penser ce qu’elle a en dedans.
Ses vêtements paraissent trop grands ; on dirait un épouvantail fatigué de surveiller un champ et qui prend un peu de repos dans ce bistrot. Sous son blouson, un vieux gilet de laine se détricote doucement ; les mailles se débinent et j’imagine que le début de cet effilochage date de la naissance de son calvaire. Comme les minuscules cailloux blancs du Petit Poucet, j’aimerais qu’elle remonte son fil de laine jusqu’à le suturer pour qu’il ne se défile plus jamais…

Alors, arrive son café. Elle place ses mains engourdies de chaque côté de la tasse et se réchauffe en humant longuement la fumée du breuvage. Elle déchire le papier du sucre en poudre et en verse une petite quantité dans la tasse ; le reste, elle le replie soigneusement et le glisse dans sa poche. Le petit gâteau, le Spéculos, elle le croque à petits coups de dent pour le faire durer dans sa bouche. Souvent, elle remonte les boucles de ses cheveux gras qui perturbent son petit déjeuner. Enfin, elle porte la tasse à ses lèvres et c’est l’élévation, la communion sacrée, intense, voluptueuse, entre l’Infortune et la Félicité…

Comme s’il n’avait jamais été à moi, le billet de cinq euros me brûle la poche. Ce laissez-passer de trottoir est devenu mon impérieuse autorisation de sortie du bar ; plus que de m’acquitter d’un anonyme brin de muguet, il va offrir à ma conscience une forme de porte-bonheur inaltérable. Discrètement, je me suis approché de sa table ; elle ne peut pas me voir parce que je suis transparent comme un courant d’air. Je lui touche l’épaule et d’une façon tout à fait convaincante, je lui confie : « Vous avez fait tomber ce billet, madame… » Sans comprendre ce qui lui arrive, elle tient le billet dans sa main. Parce qu’elle est honnête, j’entends sa voix qui dit des : « Mais non, mais non… » Avant qu’elle ne réalise mon geste, je suis déjà dans la rue. Je sais qu’elle me regarde par la vitre de sa fenêtre ; cette sensation extraordinaire de chaleur que je ressens dans le dos vaut tous les brins de muguet du monde…

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Participation de Venise

 

Écrire c'est déjà une façon de vous faire une fleur.

 

Votre main aristocratique alors délicatement fermée sur les fleurs invisibles que je ne cueillerai jamais est une bonne illustration de ce qu'est un miracle

 

Revenus de tous nos errements nous aurons pour compagnons le glaïeul, la glycine apeurée, le renard embusqué.

 

Ce qui compte nous enseignent les fleurs ce sont nos voyages immobiles.

Là où frivolité douceur et cruauté se conjuguent avec la grâce d'être au monde niché au creux de vos mains .

 

Il faut aller où les fleurs se tiennent !!!

 

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Tulpen (Walrus)

 

Bien que la photo ait été prise au Château de Grand-Bigard (Groot-Bijgaarden pour les locaux) où s'organise chaque année dans le parc une exposition de plantes à bulbes, chaque fois que je vois des tulipes, je pense inmanquablement au Keukenhof et à la scène que j'y ai vécue dans ma jeunesse.

Au temps de mes fiançailles, mes parents décident un jour de nous emmener visiter le Keukenhof.

À l'époque pas d'autoroutes et un trajet de plus de deux-cent-cinquante kilomètres avec une Opel des années cinquante, fallait partir tôt.

Au moment du départ, il pleut comme vache qui pisse et mes frères demandent s'il est bien prudent de s'embarquer pour cette expédition par un temps aussi pourri. Réponse de mon père, un Flamand à la logique imparable : "Quand on doit aller au boulot et qu'il pleut, on y va, alors..."

On y est allés et on est arrivés pile pour l'heure du dîner (déjeuner pour les Frenchies).

Nous dégotons un resto style "salle pour banquets", nous y installons et attendons nos steaks-frites (on est Belges ou on ne l'est pas). Le serveur amène nos six semelles à la hollandaise sur un plat et les distribue dans nos assiettes.

Luxe incroyable, le plat est décoré d'une unique feuille de salade que le garçon bloque soigneusement sous son pouce pour pouvoir la réutiliser pour la table suivante (on est Hollandais ou on ne l'est pas).

Ça fait bientôt soixante ans que ça s'est passé et mon épouse le raconte encore avec délectation !

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22 juillet 2017

Défi #465

Grand-Bigard, avril 2011

Allez, faites-nous une fleur !

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Nous l'ont faite sculpturale

pas cons

Surgères, octobre 2005

Venise ; Walrus ; Vegas sur sarthe ; JAK ; joye ;

Joe Krapov ; bongopinot ;

 

 

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Une drôle de sculpture par bongopinot


C'était pendant un été
Au fond d'une carrière
Une sculpture en pierre
Y avait été oubliée

Et représentait le corps d'un animal
Mais avec une tête d'homme
Un monstre en somme
Qui n’avait rien d’amical

Il semblait me regarder
Lorsqu’un oiseau passa
Je me suis retournée
Et l'automne était là

Que s'était il passé
Mon cœur s'assombrit
Et tout me sembla gris
Et l'hiver arriva

Et l’oiseau se mit à chanter
Et ce fut le printemps
Comme un combattant
Il était venu me sauver

J’enterrai le centaure
Et couru très vite
Continuer mes visites
Ai-je eu raison ou tort

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Le Mystère de la sphinge à barbe (Joe Krapov)

DDS 464 sphinge à barbe

Nous n’aurions pas dû être surpris. Les temps sont jupitériens, les foudres de guerre courent les rues et nous avions planté notre tente au pied du mont Olympe.

Pas étonnant dès lors que nous fussions arrêtés chaque jour, au bout de la passerelle qui mène à la ville, près du vieux moulin à eau, par cette créature mythologique bigrement questionnante. Par référence à l’histoire complexe d’Œdipe et du fait que ce bestiau nous posait chaque jour une énigme différente autant que stupide, nous l’avions baptisé « sphynge à barbe ».

Comme aurait dit Totor Hugo :
« C’était un haut-relief de l’armée en déroute,
Corps de chien, tête d’homme, allure de douanier
Il piochait sa question dans un petit panier
Et au retour, cruel, il nous barrait la route
Pour obtenir réponse à ses absurdités.

Si l’on répondait faux, avec des crudités
Et d’autres condiments, la bête promettait
- Tous les voleurs de feu font ainsi des serments -
De nous avaler goulûment ».

 

170715 265 051

1er jour, 1ère question :

- Comment appelle-ton les habitants de Charleville-Mézières ?

Ça, je m’en souvenais pour avoir déliré récemment sur ces noms improbables que l’on nous fait porter du fait de la naissance ou de la domiciliation :

- Les Carolomacériens !

- C’est bon, passez ! a dit la bête.

 

170713 265 0412e jour, 2e question :

- Pourquoi n’y a-t-il que dix bateaux dans le port de plaisance de Charleville-Mézières ?

Pas de bol, ma barbue ! En vacances je lis le quotidien local. Ici il s’appelle « L’Ardennais », il est bien documenté et remonté contre les absurderies de la mairie.

- Pour entrer dans le port les bateaux doivent passer sous une passerelle piétonne. La hauteur maximale des bateaux étant limitée à trois mètres la plupart d’entre eux doivent faire demi-tour et stationner ailleurs que dans le bassin prévu à cet effet.


170712 265 0363e jour, 3e question :

- Quel est le plus célèbre des natifs de Charleville-Mézières ?

- Trop fastoche ! Tu déconnes ou quoi, Madame Sphinge ? Pourquoi crois-tu qu’on soit venus ici ? Pour sea, sex and sun ? Pour le duc de Gonzague ? Pour Boris Ravignon ? C’est bien sûr Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud. Son musée est très beau, sa maison des ailleurs très sobre mais alors, le pauvre gars, s’il voyait ce que les marchands du temple ont fait de son effigie ! Entre la Rimbaud’tech, incubateur d’entreprises innovantes, Hair com Rimbaud, coupeur de cheveux et la cuvée d’Arthur, bière et limonade, y’a comme dirait Souchon de la récup’ dans l’air !


4e jour, 4e question :

- Pourquoi Rimbaud est-il parti en abandonnant tout ?


- Parce qu’il est comme nous : il aime bien Charleville mais… z’hier ! Parce qu’à force d’entendre tous les quarts d’heure le carillon de la mairie entonner le « Chant du départ » de Méhul ben ça ne donne pas d’envie de rester, Ursule ! Parce que les fêtes nocturnes des kékés locaux avec musique à fond et claquements de portières jusqu’à cinq heures du matin juste à côté du camping, ça ne donne pas très envie de revenir, Olympe !

 

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5e jour, 5e question :

- A quelle heure sera tiré le feu d’artifice local ?

- A 22 h 40 selon l’Ardennais ; à 23 heures selon le bulletin municipal ; à 10 h 20 selon la police qui divise tout par deux dès qu’il s’agit de compter. C’est l’Ardennais qui a dit vrai mais, en raison de ce je viens de dire au sujet des noctambules carolomacériens, après les Illuminations suit une Saison en enfer !

Je vous fais grâce des autres question de la femme à barbe. Ou pas, tiens !

- Oui c’est bien au Belgium coffee snack qu’on déguste la meilleure carbonade de France et de Navarre.

- Oui, c’est bien un labyrinthe qu’on trouve entre Gernelle et Rumel mais vous vous attendiez à quoi en longeant le ruisseau « L’Infernal » ? A un sentier de randonnée balisé en bonne et due forme ? Ils ne sont pas fous, ces Ardennais ! Ils ne vont quand même pas bosser pour attirer chez eux des touristes autres que les Néerlandais de passage !


170715 265 010- Oui c’est bien le sanglier qui est l’emblème de la région, enfin, du département !


- Oui, il est bien fait mention d’une partie d’échecs dans la légende des quatre fils Aymon racontée à l’horloge du grand marionnettiste. Mais nous n’y sommes pour rien si elle est restée coincée au tableau douze le samedi soir !


- Oui, il y a bien un comité anti-éoliennes au pays de l’homme aux semelles de vent !

Au bout de la semaine d’interrogation des Krapov, la bête est restée sur sa faim. Nous on avait comblé la nôtre avec bonheur : croisière sur la Meuse, ascension de la crête au-dessus de la boucle de la Meuse à Monthermé, tour du lac des Vieilles forges, dégustation de bières locales, visite du très beau Musée des Ardennes…

Si elle avait voulu, la mystérieuse sphinge à barbe, elle aurait pu nous dévorer dès le premier jour. Il lui suffisait de demander : « Qui suis-je ? ».

A l’heure actuelle, je n’ai toujours pas trouvé, entre gorgone, méduse, phœnix et hydre de Lerne où je pourrais classer cet animal hybride. Sphinx égyptien, peut-être ?

Au secours, Miss Map ! De ne pas savoir me ronge ! Je suis comme ça !

Ô saisons, ô chateaux !
Quelle âme est sans défauts ?

170709 Nikon 066

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Autant en emporte le plat : Épisode Deux (joye)

L'histoire jusqu'ici : http://samedidefi.canalblog.com/archives/2017/07/15/35471871.html

Heureusement, cette nuit, Hammour et Garceline trouvèrent un moyen de se réchauffer - comme on dit -  sans brûler la prosthèse de la demoiselle.

Après leur nuit glorieuse d’ébats-le-briquet, Hammour se réveilla au grand lit du cottage. Respirant l’odeur du bouquet de pervenches lon-là, le roi des gitans entendit sa Garceline qui ronflait encore comme une gentille petite bouilloire, voluptueuse même sous la couette.

Il poussa un grand soupir de contentement.

- Au secours ! J’entends un ours ! cria soudain Garceline, levant la jolie tête.  Ého ! Ma jambe ! Passe-moi ma jambe que je l’assomme !

- Du calme, ma belle ! rit Hammour, essayant de la prendre encore dans ses bras. Je ne m'appelle pas Ého. Ce n’est que moi, Hammour. Ne te souviens-tu pas ? Tu as bien dormi ?

- Oui, oui, murmura-t-elle enfin, mais elle regrettait déjà un peu sa nuit de jambe en l’air.  Passe-moi ma jambe, insista-t-elle encore.

- Attends, je vais sonner mon nain, Vonceralet. Il te la cherchera.

- Mais pourquoi ? demanda-t-elle, perplexe.

- Bah, parce que…parce que… Sa voix s’éteignit et puis il se souvint…Eh ben, parce que…je suis le roi des gitans !  Comme quoi, on a des coutumes à observer ! prononça Hammour, majestueusement.

-Très bien, soupira-t-elle, mais une fois n’est pas coutume ! C’est où, ma jambe ?

Malheureusement, Hammour se rendormit pendant l’échange (c'était aussi une de ses coutumes). Mais Garceline, nécessiteuse, ne pouvait plus attendre. Il fallait absolument qu’elle aille à l’endroit où même le roi des gitans doit aller sans cheval. Pareil pour leurs amantes, quoi, même si l’on n’en parle jamais dans les romans.

Habile et merveilleusement souple, la jeune femme sauta hardiment sur un seul petit pied blanc jusqu’à la porte qu’elle put enfin ouvrir en tirant sur la bobinette avec ses belles dents blanches.

- Aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhheurrggggggggggggh !  cria-t-elle de gorge déployée.

Son cri réveilla encore Hammour qui sauta du lit, retombant immédiatement sur son nez, ses jambes à lui emmêlées dans les draps que Garceline avait rejetés sur lui en sortant du lit. Mais enfin, il arriva à la rescousse de sa gajica, qui resta figée de peur devant l’horrible figure à la porte :

pierre

- Ah ça ! Hammour hurla de rire. T’en fais pas, ma douce Garce’. Ce n’est que mon frère !

- T-t-t-ton f-f-f-frère ? gargarisa-t-elle, encore terrifiée.

- Bah oui, c’est mon frangin. Pierre.

~ À suivre ~

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SURGÈRES (JAK)


T’as   voulu voir Surgères
Et on a vu Notre Dame
T’ as voulu voir  l’château
On a vu le chapiteau
T’as voulu voir les orgues
Et on a ouï les cloches
Avec tous leurs  flonflons
Qu’on rien de l’accordéon
J’ai voulu voir des filles
Tu m’as fait voir des monstres
Comme toujours

Mais je te le redis ... Chauffe Marcel,
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens,  Kaï, Kaï
J’préfère remuer mon purin
Et puis rentrer mes foins     
D'ailleurs , j'ai horreur
De quitter mon patelin.
Et même le  brave Marcel
Jamais n’y pourra onques  rien

Merci Jacques

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Un truc au tympan (Vegas sur sarthe)


"Qu'est-ce que c'est que ce truc dans le tympan?"
Germaine me fusille d'un regard de reproche et chuchote :"C'est pas un endroit pour se curer les oreilles! Un peu de savoir-vivre. On est dans un lieu saint"
Elle a tellement bien chuchoté que tous les touristes se retournent sur nous.
Pas le temps de lui expliquer ce qu'est un tympan.
Je montre du doigt la sculpture en question :"C'est quoi ça d'après toi?"
D'après Germaine il est judicieux d'enlever ses lunettes de soleil pour y voir quelque chose.
Elle scrute la voute céleste à la recherche d'un angelot joufflu ou d'une apparition divine, vacille, fait trois tours sur elle-même.
Je précise :"Là... entre le chapiteau aux deux éléphants et celui aux griffons affrontés!"
"Effrontés" corrige t-elle "ils sont effrontés ces singes musiciens"
"Je ne parle pas des singes musiciens mais des griffons... à gauche!"
Germaine pivote à droite et tombe sous le charme d'un Samson viril et chevelu; elle en chancelle dirait Jacques et se raccroche à mon bras.
"Quand tu auras repris tes esprits, dis-moi ce que tu vois sur le tympan"
Germaine est une mystique, une pieuse dans l'âme, une goulue du divin à défaut d'être une acharnée du divan; elle m'a entraîné ici au prétexte qu'on n'a pas les moyens d'aller à Lourdes; d'ailleurs il n'existe pas un seul endroit où on ne s'est pas arrêtés pour visiter une église, une chapelle, un monastère, une abbatiale, un prieuré...

Germaine scrute mon oreille droite, me tire sauvagement le lobe en chuchotant :"Je ne vois rien, rien du tout... faudrait consulter un auto-rhino-machin"
Je récupère ma feuille de chou endolorie et me recule prudemment :"Moi j'y vois un barbu à corps de lion et queue de dragon"
Germaine s'écarte vivement de moi :"Si c'est ça, faut qu'tu consultes au plus vite!!"
A quoi bon tenter de lui expliquer que le spectacle est là-haut et pas dans mes oreilles.
Je capitule et prends la direction de la sortie.
Germaine me rattrape :"Appelle le docteur Sinus de ma part" et elle ajoute "et tu devrais faire une prière avant de sortir!"

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