19 mai 2018

Chaussez vos lunettes ou cliquez dessus (joye)

le samedi defiant journal

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Si Louis dort, est-ce bien utile de l'éveiller ? (Joe Krapov)

DDS 507 Pistoles en stock Arthur

LE NUMISMATE - "Hé ! Ho ! On n’est pas aux pièces !" comme dit le numismate ! Et qu’est-ce qui vous prend, d'abord, d’entrer sans sonner dans l’arrière-boutique où je roupi(ll)e ? J’ai quand même bien le droit de piquer un som de temps en temps, non ? Vous n’allez pas en faire un dram d’avoir dû attendre cinq minutes ?

LOREILLE - Désolé, Monsieur, mais il s’agit d’une urgence ! Nous avons absolument besoin de vos talents d’expert !

LE NUMISMATE, les ramenant dans la boutique - Aboulez la monnaie ! C’est cinquante euros !

LARDU (à voix basse à Loreille) - Boudjou ! C’est cher ! Il pratique des tarifs de yen, ce charognard !

LOREILLE – Pendant que mon collègue vous fait un chèque, je vous expose notre problème. Hier après-midi M. Lardu et moi nous déchiffrions le terrain dans le petit bois derrière chez moi.

LARDU – Celui où il y a un peuneu.

LE NUMISMATE – Je pense que vous défrichiez, plutôt !

LOREILLE – En déterrant une souche avec une pioche on a entendu « Klong !».

LARDU – Et on a trouvé ce coffre métallique. Il est rempli de pièces bizarres.

Le Numismate examine les pièces une par une et reste silencieux. Puis :

LE NUMISMATE – Messieurs, c’est un grand jour à Mark-er d’une pierre blanche ! Je crois que vous avez mis la main sur le trésor de Monsieur Sequin, le célèbre curé éleveur de chèvres du midi de la France !

LOREILLE – Ah ? Et en tant qu’inventeurs ça va nous rapporter beaucoup ?

LE NUMISMATE – Pas une peseta ! Ce sont là des oboles versées pour le denier du culte ou lors des quêtes effectuées pendant la messe ! Il n’y a ici que des monnaies d’avant l’euro ! Elles ne valent pas un peso ! Des centimes, des sous, des couronnes tchèques, des escudos portugais, des lires italiennes, rien que des monnaies qui n’ont plus cours !

LARDU – Et on vous a payé cinquante euros juste pour entendre ça ?

LE NUMISMATE – Attendez, attendez, je n’ai pas fini ! Les pièces ne valent rien mais pas contre, comme je suis collectionneur, je vous rachète tous les boutons de culotte que les drôles de paroissiens ont donnés à la quête.

LOREILLE – Combien ça nous rapporterait ?

LE NUMISMATE - Trente euros.

LARDU – Attendez, ils sont vachement jolis, ces boutons. Ca vaut certainement plus, non ?

LE NUMISMATE – Allez, vous m’êtes sympathiques, je monte jusqu’à cinquante mais c'est mon dernier prix. Et du coup, comme la transaction est blanche, je déchire votre chèque et on est quittes !

Loreille et Lardu statère du regard et décidèrent d’accepter. Ils sortirent les boutons de la malle au «trésor», les laissèrent sur le comptoir, saluèrent le numismate et quittèrent la boutique avec leur coffret sans valeur sous le bras.

LE NUMISMATE, resté seul – Baht d’affaire ! Ah les gourdes ! On dirham ce qu’on voudra mais c’est quand même un sacré coup de bol que ces deux idiots-là aient mis la main sur ce coffre ! Il contenait la collection de boutons pour habits royaux dont le curé avait hérité après le décès de la marquise de Maravédis de Piastre-Pistole ! Et quelle chance qu’ils soient venus me trouver, moi, Louis Bienloti, qui connaissais cette histoire ! Allez ! J’ai gagné ma journée ! Je me sers un petit birr, je ferme la boutique, je contacte le musée Carnavalet pour leur vendre les boutons et après je retourne roupi-er !

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Dialogue (Walrus)

 

La femme du numismate :

"Chériii !?!
Tu en es où du repassage ? Parce qu'il te faut encore passer l'aspirateur avant d'aller chercher les enfants à l'école et passer par la pharmacie me chercher mes antimigraineux..."

 

Le numismate :

"Eh, oh, on n'est pas aux pièces hein !"

 

 

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La fête des chandelles (Pascal)

 

Avant le repas du soir, m’man préparait les crêpes. A la Chandeleur, elle n’avait pas son pareil pour les faire sauter dans la poêle. Ce jour-là, plus qu’un autre, aux premiers parfums de la goutte de Grand-Marnier dans la pâte jusqu’à la cuisson, il y avait de la magie dans sa cuisine et une bonne humeur contagieuse courant dans toute la maison. Je crois que c’était une récompense générale, au confluent de notre sagesse, de nos chambres rangées, des devoirs appris, des bons points et des images qu’on avait ramenés de l’école. On venait même lui réciter quelques vers de récitation pour lui prouver notre bonne foi et l’aider moralement, pendant son labeur…

Avec la louche à soupe, en un tour de main, elle étalait parcimonieusement sa pâte dans la poêle ; avec un coup de poignet adroit, elle s’arrangeait pour que toute la surface de l’ustensile soit imprégnée ; pour une fois, je la trouvais sympa, cette grande cuillère…
Sur la pointe des pieds, je surveillais la cuisson ; des cloques inquiétantes se formaient sur la pâte comme si l’air voulait empêcher la crêpe de cuire. Sans façon, m’man les perçait avec sa spatule en bois. Ailleurs, les bords se dentelaient de mordoré et, enfin, la peau de la crêpe brunissait avec, ici et là, des taches noirâtres comme des grains de beauté ; m’man donnait des couleurs aux cratères de la lune…  

Tout à sa surveillance, elle tapotait, en inclinant la poêle sur son feu, pour que la crêpe ne s’accroche pas. Puis venait l’instant grandiose, le tour de prestidigitation, le retournement tant attendu de la crêpe ! Même si on avait Pinder, en noir et blanc dans la télé, même si Monsieur Loyal, en grande tenue d’étoile filante, annonçait les funambules, admirer maman à l’œuvre au milieu des couleurs de sa cuisine, recompter les crêpes succulentes s’empilant dans l’assiette, sentir tous les parfums suaves environnants, c’était un autre cirque bien plus envoûtant… 
A la une, à la deux, à la trois ! M’man et sa poêle ne faisaient plus qu’un ! D’un geste savant, elle envoyait balader la crêpe dans les airs ! Saut périlleux avant, saut périlleux arrière ! Sur le côté ! Sur l’autre ! Dans le silence extraordinaire de la cuisine, la crêpe voltigeait dans les airs ! M’man était aux aguets ! Rien n’aurait pu détourner son regard de son œuvre de rattrapage ! Elle était à la fois équilibriste, clown, dompteuse de crêpes, jongleuse ! De rire ou de dépit, elle avait des petites exclamations pour signifier la relation fugace entre sa poêle et cette crêpe aux allures tellement acrobatiques ! J’apprenais même des nouveaux gros mots ! Tout l’art de la manoeuvre était qu’elle retombe bien à plat dans son escarcelle !...
Vite ! Vite, la deuxième arrivait déjà à la fin de sa cuisson ! Il faut dire que m’man s’employait avec deux poêles ; ce qui était de l’amusement pour moi était un véritable travail pour elle. Il ne fallait surtout pas la perturber pour ne pas emmêler sa cadence ; elle ne comptait plus ses brûlures aux mains et aux poignets. Avec un essuie-tout tampon, elle badigeonnait les poêles avec de l’huile avant de laisser couler la pâte onctueuse et tout recommençait…

La féerie était dans cet antre fantastique; il y flottait des effluves indéfinissables, de ceux  qu’on ne retrouvera plus jamais pendant toute son existence. On les cherchera vainement, on aura beau fréquenter des cuisines, relever la tête, tendre le nez, renifler dans le vent, solliciter un courant d’air d’enfance, jamais on ne le retrouvera. Pourtant, il est là, stocké dans notre mémoire olfactive mais il est comme une graine qui n’a pas d’eau. Colorés, chantants et parfumés, ces instants uniques et précieux sont tout l’or de notre patrimoine…

Moi, je dévorais les ratées, les trop cuites, celles qui s’étaient repliées en vol et qu’on ne pouvait plus décoller, celles qui s’étaient découpées sur le rebord de la poêle, celles qui retombaient à côté et qui se déchiraient sans possible réparation ! Comme un petit rapace affamé, je tournais derrière les plumes de son tablier, à l’affût de la moindre anomalie de fabrication ! Je crois que m’man, elle en ratait exprès pour que je puisse en profiter ; elle me grondait pourtant en me disant que je ne mangerais plus rien au souper, tout à l’heure…  

Dans une assiette, les crêpes vaincues s’empilaient lentement ; c’était rassurant de voir cet amoncellement de soleils baigné de vapeur odorante. Six à table, il fallait prévoir le stock… Quand il restait de quoi en préparer quelques-unes dans son ramequin, m’man nous appelait tous, y compris mon père, pour qu’on fasse sauter notre crêpe. Ho, m’man, elle n’était pas numismate ; chez nous, on n’était pas assez riches pour collectionner l’argent. Dans son placard, elle avait une petite pièce en or, un Napoléon, qu’on devait placer dans la main gauche pendant qu’on faisait sauter la crêpe, avec la main droite. Il était tout chaud, ce Napoléon, tant on mettait de l’application en serrant le poing.
En cas de victoire, c’était la richesse et la prospérité pour toute l’année ; moi, j’étais déjà riche d’avoir toute ma famille et la seule prospérité que je pouvais réclamer, c’était qu’il tombe encore… deux ou trois bouts de crêpes… Chacun notre tour, nous devions nous exécuter à ce rituel de Moyen-Âge ; m’man m’aidait et je réussissais toujours…

A la fin du repas, quand les crêpes arrivaient sur la table, il y avait un grand « ha » de satisfaction générale. On n’avait pas Roger Lanzac dans l’assiette mais monsieur Grand-Marnier en belle tenue parfumée, pour occuper notre gourmandise.
Avec du chocolat « Poulain » en poudre, de la confiture, du miel ou du sucre, on étalait soigneusement notre assaisonnement puis on enroulait solennellement notre crêpe.
J’aimais bien quand le sucre craquait sous les dents ou quand la confiture s’échappait par les trous de ma crêpe ; les mains collantes, avec des petits coups de langue adroits, j’essayais de contenir ces geysers impromptus de marmelade. Au grand désespoir de mon père, quand on riait, la poudre de chocolat s’envolait de notre bouche en un vrai nuage brunâtre de crêpe sans filtre ! Oui, cette petite pièce en or était un vrai porte-bonheur puisque nous étions tous heureux autour de notre grande table, à célébrer… « la fête des chandelles »…

 

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Numismate mate miss nue (La Licorne)

 

pièce de monnaie ancienne

 

Le comble pour un numismate ?

C'est qu'il est souvent désargenté..!

.

 

Normal : il a tout dépensé,

Pour s'en aller acheter...

Des tonnes de beaux écus dorés ! 

Il ne lui reste rien, au passionné,

Que les yeux pour pleurer

Et sa fièvre de collectionner...

 

 

Monnaie, monnaie, monnaie...

Des pièces, des pièces et des billets

Monnaie, monnaie, monnaie

Quand vas-tu t'arrêter ?

Tu dors sur son tas d'or

Tes deniers, tes Louis d'or...

Tes médailles oubliées

Et tes francs bien sonnés...

La belle semeuse n'est qu'une image

Qui reposera au fond des âges

Le vieux César et ses lauriers

Le présent te fait oublier...

Quitte donc les anciens visages

Ces faces de métal plus qu'usées

Et cesse de mater tes sous

Pour contempler les beaux dessous

Cher numismate embinoclé,

De la miss nue à tes côtés...:-)

 

 

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Une bien triste "course au trésor" ... (maryline18)

 

...Sur la route, au sud de Paris... mai 194O.

Mathilde et Renaud, s'étaient endormis, exténués, enlacés sur le banc à droite de l'église, enfin, à droite de ce qu'il en restait... Le centre du village ne ressemblait plus à leurs souvenirs d'enfance, ici aussi, les frappes avaient atteintes leurs cibles : les maisons dévastées par les bombes, évantrées de toutes parts, avaient projetées leurs équipements au dehors. Ainsi, un spectacle de désolation et d'enchevêtrement de différents matériaux s'étalaient devant leurs regards ahuris. Tout juste réveillés, courbaturés, ils se redressaient avec peine. Par chance, la nuit avait été fraîche mais sèche. Mathilde rabattit d'un geste la couverture sur ses genoux. Assis, ils contemplaient l'ancienne place du marché où leur tante venait vendre ses oeufs et son beurre. Mathilde se souvient du bon goût du lait frais et de la crème, épaisse, surnageant le bol du petit déjeuner. Rien ne serait plus jamais comme avant...  Ces bons moments lui semblaient bien loin à présent. Elle saisit le balluchon qui leur avait servit d'oreiller et en extirpas une pomme qu'elle tendit à son frère, de deux ans son cadet ; la deuxième, mais aussi la dernière, lui offrit un mince réconfort.

Leur "périple" arrivait bientôt à son terme : encore trois ou quatre kilomètres et ils arriveraient chez tante Gisèle. Nul moyen de savoir si elle était encore en vie et si elle avait reçu leur courrier lui annonçant la mort de leur mère. Mathilde ne laissait pas le  découragement la gagner ; elle trouvait des solutions pour que la vie remporte la victoire sur l'horreur de cette guerre qui avait fait d'elle une adulte avant l'âge. Le fruit terminé, elle plia en triangle la couverture et la déposa sur les épaules de Renaud, transi de froid.

-"Viens, il faut continuer maintenant !" Bien qu'il allait sur sa quinzième année, il appréciait qu'elle le maternait et il la laissait saisir sa main autant de fois qu'elle le voulait ; ce geste le rassurait. Sa maigreur, dûe aux restrictions, le faisait paraître plus jeune. Il parlait peu depuis leur départ. Son regard vide semblait tenir à distance tout ce qui lui était trop dur à voir. L'air absent, il remontait le temps et allait se perdre dans un monde intérieur et silencieux. Il avait repoussé le cadavre de sa mère, gisant de tout son poids sur lui, sur le sol de la cuisine de leur maison parisienne. Le bombardement nocturne ne leur avait pas permis d'atteindre la cave. Elle lui avait sauvé la vie...

Il n'avait jamais voyagé seul avec sa soeur. Mathilde refaisait le même chemin qu'il y a cinq ans. Elle était venue avec son frère et ses parents, passer quelques jours pour l'anniversaire de Gisèle. A ce qu'il restait de l'échoppe du cordonnier, elle prit à droite puis remonta la Grande rue .

-"J'espère que la ferme de "matante" est encore debout !" Renaud acquiesça d'un sourire triste et ajouta : -"Quand on arrivera on fera des crêpes, d'accord ?,"

-"Oui si tu veux ! J'irai ramasser les oeufs au poulailler pendant que tu verseras la farine dans un plat..."La perspective d'enfin manger à leur faim, les aida à marcher d'un bon pas. Au fur et à mesure qu'ils progressaient, la peur les gagnait : ils n'avaient croisé personne depuis leur descente du train, deux jours plus tôt. La fermette était en vue, au bout du chemin, mais toujours aucune âme qui vive dans les parages !

"Regarde, on est arrivé !" Lança Mathilde, pleine d'espoir. Ils s'approchèrent en courant. La porte était entrouverte, elle comprit tout de suite que ce n'était pas un bon présage...Ils entrèrent sans un mot. Les pièces étaient sales et tout en désordre.  Gisèle n'était nul part.  C'était sûr, elle avait quitté précipitemment les lieux et depuis plusieurs jours...Un bruit de casserole les fit sursauter. Un chat en quête de nourriture, venant de la cuisine, prit la fuite.

-"Je meurs de faim ! On les fait les crêpes ?" Insista Renaud, presque implorant, des trémolos dans la voix.

Mathilde se ressaisit et se mordit les lèvres pour cacher ses larmes. La déception la submergait.

-"Oui, viens m'aider à trouver la farine !"

Les armoires avaient manifestement été pillées. Le contenu des armoires se trouvait presque en totalité éparpillé au sol. Mathilde, s'accroupie et sur la dernière étagère, où il y avait des bocaux à confiture vides et de vieux journaux,  quelque chose l'intrigua : elle s'enfonça encore et remarqua que les joints de ciment de quatre briques étaient différents, plus clairs et moins lisses. Elle se releva et partit à la recherche d'outils pour casser les joints et libérer les briques fraîchement cimentées. Un sac confectionné dans un morceau de jute et resserré par une ficelle à son extrémité, se trouvait là.

_"Mathilde, qu'est-ce que c'est ? Laisse moi voir! Allez !"

Le sac en main, elle sortit du placard.

_"Regarde ! " Elle détacha la corde et les pièces d'or tintèrent sur le sol en tombant. Ils n'en croyaient pas leurs yeux ! Ils les contèrent pas deux fois. Il y en avait  quinze, quinze pièces d'or en excellent état !

...Mathilde à aujourd'hui quatre-vingt quinze ans mais se souvient de tous les détails de cette journée, à jamais gravée dans sa mémoire. Hélas, elle ne revit jamais son père, mort au combat. Gisèle, en fuite pour échapper à des pillards, fût retrouvée dans un fossé, morte de fatigue. Mathilde continua de prendre soin de son frère plusieurs années, jusqu'à ce qu'une méningite l'emporte, dans sa dix-neuvième année. Elle n'eût jamais le coeur de vendre les pièces d'or.

_"Tiens Sophie, j'ai été collectionneuse par la force des choses, comment tu appelles ça toi, une collectionneuse de pièces ?"

_"Une numismate, mamie !"

"Eh bien, tu choisiras de les garder ou de profiter de l'argent que tu pourras en tirer, moi je n'ai jamais pu m'en séparer !"

Sophie a fait expertiser les pièces de cinq francs, éditées en quantités limitées, entre les années 1878 et 1889. Elles ont une valeur de 10 000 euros chacune. Elle les a déposées dans un coffre. A travers elles,  il y a un peu de Gisèle et de ses parents et grands parents, et si on regarde un peu mieux, on peut y voir le sourire de Renaud et ...dans l'avenir, il y aura aussi beaucoup de Mathilde...La voilà devenue une numismate qui aura beaucoup d'histoire à raconter dans cinquante ans, ou plus, à ses petits enfants, si elle en a bien sûr !...Pour l'heure, Sophie commence ses recherches pour établir son arbre généalogique. Elle se sent riche, mais pas comme elle l'aurait imaginé, avant...

 

 

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Participation de Venise

 

La chambre était vide, seul le corps du numismate gisait là sur une flaque de sang .

La fenêtre ouverte laisse entrait un air printanier.

L’inspecteur Harry en fin de carrière tout essoufflé de cette ascension jusqu’ au dernier étage comptait les coups de couteau sur le corps.

Il fut attiré par un timbre collé dans la pomme de la main gauche de la victime.

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Tiens ce dit il un règlement de compte entre collectionneurs !!

Le crime était signé de main de maitre.  Pourquoi un philatéliste en voulait -t-il à mort à un numismate ?

Une bouteille de champagne à moitié vide jonchait le sol.

L’inspecteur caressa pensivement sa barbe . Ce timbre collé dans le creux de la pomme injectait un doute encore plus insidieux dans son esprit.

Malgré toute son expérience, l’inspecteur ne s’attendait pas en fin de carrière à mordre la poussière.

Il consultait le registre de vente du collectionneur disparu.

Des noms mystérieux dont les consonances invitaient au rêve tout en promettant des cauchemars

Le faisaient se perdre en hypothèse

Dire qu’il avait peut-être dans ce registre le nom de l’assassin.

Assurément le numismatique vivait dangereusement. Collection le jour, mais peut être trafiquant de rêve la nuit.

Toute la collection était là sans valeur aux yeux de l’assassin. Ce vieux singe était parti expédier dans l’eau delà et le butin était une monnaie de singe.

Avec un claquement de langue, l’inspecteur finit par ouvrir la porte aux services enquêteur.

Ils ratissèrent les maigres indices /

Inspecteur regardez sur quoi on vient de mettre la main.

Un fin cheveu blond accroché au tapis de l’entrée n’avait pas échappé à cette équipe

Par ici les pépettes criaient le plus jeune !!

On n’a pas eu de mal à mettre la main sur cette philatéliste blonde qui entretenait une relation houleuse avec le numismate, mais le jour du crime elle était en Chine !!

Je ne suis pas une marchande de volaille avait criait avec arrogance la femme mes affaires me conduisent de par le monde !!

L’inspecteur Harry le regard qui semblait errer sur l’eau et se plissait comme une étoffe transparente

Écoutait tel un mandarin la maitresse du cadavre.

Il avait des créanciers à ses Basques disait la blonde, il aurait vendu sa mère pour couvrir ses emprunts !!

Elle dégageait une maitrise de soi presque irréelle.

Savez-vous qu’une horde d’éléphants lui a passé sur le corps mademoiselle dit-il en se grattant les tempes.

L’enquête fut fastidieuse L’inspecteur Harry prit la retraite sans dénouer l’énigme.

Les défiant à vous de jouer !!!

 

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Numismate scélérate (Kate)

 

Numismate scélérate

 

Numismate

Tous mes statères

Enfin j'exagère

Vous emportâtes

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Mes louis d'or

Numismate

Vous dérobâtes

Avant l'aurore

 

 

Les moindres piécettes

Vous volâtes

Numismate

D'opérette

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Vous subtilisâtes

Même mon cher centime

Finlandais quel crime

Numismate

 

Scélérate

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Numis, mate ! (Laura)

 
Numis, mon ami, mate ma collection de livres
Je n’ai pas de pièce bien rare, ni bien chère
Mais c’est ma collection de livres, mon monde
De mots et de papier, la base de ma vie numérique
Sur mon blog et dans les ateliers ; numis, mate !
Même si n’est pas ton kif, si ton monde est autre.
Si tu as envie de me connaître, mate ma bibliothèque
Ou mon blog pour son reflet numérique

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Par ici la monnaie (Vegas sur sarthe)


J'avais hérité de mon grand oncle Hubert d'une belle pièce montée sur la bague de fiançailles de ma grand tante Anastazia représentant la décapitation du grand vizir Kara Mustapha en 1683 sous les murs de Vienne par le sultan Ibrahim 1er; il était grand temps de la monnayer et d'en tirer de quoi offrir à Germaine cette suspension baroque à pampilles dont elle rêvait depuis des lustres.

J'avise donc le guichet d'une officine où quelqu'un avait pris soin d'inscrire les horaires de fermeture ce qui me permet d'en déduire les horaires d'ouverture... à moins qu'on ne nous cache un troisième horaire.
Le guichet est sensé ouvrir à quatorze heures et comme il est quatorze heures et des poussières vu que le ménage laisse à désirer, je me permets de frapper au susdit guichet.

Dans la poussière un vieux rond-de-cuir déboule du fond de la pièce par une porte dérobée.
On reconnait les portes dérobées aux espèces de vieux gonds qui la tiennent et les vieux rond-de-cuir à leur blues rapiécé.
Celui-ci a l'air d'avoir un sacré blues et me lance avec un fort accent turc un "On n'est pas aux pièces!" que je rattrape au vol.
Histoire de lui rendre la monnaie de sa pièce, je lui rétorque que s'il n'est pas aux pièces je me demande bien qui d'autre peut l'être ici.
C'est qu'il a son franc parler le préposé, il est à l'emporte-pièce le bachi-bouzouk !

Je lui soumets mon bijou de famille, pièce à l'appui car mon grand oncle Hubert ne faisait pas les choses à moitié tout comme sa moitié... ma grand tante.
On n'avait jamais trop aimé les pièces rapportées dans ma famille mais cette grand tante avait du bien et du coup toute la famille trouvait ça très bien.  

Le vieux rond-de-cuir s'empare de mes pièces, s'endort dessus un bon moment avant d'émettre un grognement de désapprobation.
Il a consulté ses archives dorées sur tranche, disséqué ma pièce rapportée et mon bijou de famille... je n'aime pas me faire tripoter !
"Ce faux-document a été créé de toute pièce" bougonne t-il en me rendant le certificat d'authenticité.
"Quoi ma pièce ? Qu'est-ce qu'elle a ma pièce ?" fulmine-je.
(Oui, je sais, ça n'est pas facile de dire fulmine-je)
"Je constate que Kara Mustapha n'a pas été décapité en 1683 par Ibrahim 1er comme vous le prétendez" insinue le vieux débris "mais étranglé par le fils d' Ibrahim 1er, le sultan Mehmed IV qui lui succéda à l'âge de 6 ans" et il referme son foutoir et son guichet sans se soucier des horaires de fermeture.
J'ai envie d'en étrangler un qui n'est pas grand vizir mais le guichet est imprenable, taillé d'une pièce dans du bois d'arbre, du tremble ou du frêne mais surement pas du charme...
Je trouve le lieu approprié pour le mettre en pièces, si seulement je pouvais passer la barrière du comptoir.
Le vieux en profite pour se dérober par la porte du même nom en faisant geindre les espèces de vieux gonds.
Pour la seconde fois je fulmine :"Qu'est-ce que ça peut bien foutre que ce Mustapha se soit fait dessouder par Ibrahim ou par Mehmed ? Je vous demande la valeur de cette pièce montée... c'est pas sorcier !"
La porte se dérobe brutalement sous le coup d'épaule d'un sorcier patibulaire qui vient droit sur moi.
Les espèces de vieux gonds sont restés coi et je décide de les imiter.
Le costaud s'empare de mon bijou et y croque un grand coup:  si sa mâchoire est d'acier, le silence est d'or mais pas ma pièce démontée !
"C'est du toc" aboie t-il d'une voix de mutant en me balançant ce qui reste de mon bijou de famille: Mustapha a morflé, décapité pour de bon.
Ma grand tante Anastazia nous aurait tous entôlés ?
Je sors de l'officine en me retournant une dernière fois.
Sur l'enseigne je peux lire "Par ici la monnaie" et en dessous "Ibrahim & Fils depuis 1650"
 

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