14 juillet 2018

ZORRO ou zéro (Venise)

 

Un cavalier, qui surgit hors de la nuit

Court vers l'aventure au galop

Son nom, il le signe à la pointe de l'épée

D'un Z qui veut dire Zorro

 

Zorro, Zorro, renard rusé qui fait sa loi

Zorro, Zorro, vainqueur, tu l'es à chaque fois

 

v

 

Zorro, Zorro. Zorro, Zorro.

Zorro, Zorro. Zorro, Zorro Zorro, Zorro

Vous comptez en intro nous présenter votre thèse de doctorat sous cette forme ?

Le jury avait l’air sceptique sur ma proposition.

Je me décidai d’un ton assuré de présenter le cœur de ma thèse.

Zorro est la figure du héros qui cultive la désillusion pour mieux frapper la crapule.

Un anarchiste avant l’heure en somme dis-je d’un ton décontracté.

J’aperçus à cet instant le regard furieux du directeur de thèse.

Peu de situations sont aussi déconcertantes que la vôtre me dit l’un des membres du jury

On dirait que vous sortez d’une vilaine échauffourée.

Pour la fin de ma thèse, on ne m’accorda aucune attention, c’est ici que je fis alors ce que je n’aurai jamais dû faire.

Je déroulai mon lasso qui empoigna, ficela, l’une des membres du jury et fixa à l’encre rouge un Z sur son front.

 

C’est certain que quelque chose à foirer comme d’habitude dis-je à mon petit-fils ahuri par mon récit. Je parvins tout de même à dissuader celui-ci de faire sa thèse sur Tarzan.

 

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07 juillet 2018

Défi #515

 

Une photo de Louise, ma petite-fille.

Mais non, pas sur le cheval,
derrière son Canon EOS.

 

Jumping, Knokke

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Ils suèrent pour l'ossuaire

pas cons

Capella dos ossos, Evora

Nana Fafo ; Venise ; Laura ; Kate ; Joe Krapov ;

Walrus ; joye ; bongopinot ;

 

 

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Les chapelles par bongopinot

 

Capella dos ossos, Evora

 

C’est au Portugal

Dans cet endroit célèbre

Mais aussi un peu macabre

Nommé le repos final

 

Que ce monument connu

Aux squelettes pendus

A nos souffles suspendus

D’un lieu parcouru

 

Une chapelle des os

Endroit fascinant

De crânes figés dans le ciment

Nous regardant de haut

 

bo

 

Egalement en Pologne

Des restes d’ossement

Récupérés dans des champs

Ont trouvé un repos digne

 

Accueillis en cet endroit

Après les guerres les chicanes

La petite chapelle des crânes

Offre à leur mort un nouveau toit

 

Et dans certaine occasion

Ils honorent les disparus de conflits

Et les victimes d'épidémies

Ces défunts ont ainsi leurs célébrations

 

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Comme l'a très bien dit Patrice de Mac Mahon... (Walrus)

 

Que d'os ! Que d'os !

 

Capella dos ossos, Evora

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Ecrire à Rimbaud ? 16, Catacombe (Joe Krapov)

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

"Quand j’aurai du vent dans mon crâne…"
Boris Vian


La catacombe a été inventée pour rappeler aux humains qu’un jour la cata tombe. Aussi bien sur Taka Takata que sur Emile Combes.

Le cimetière est là pour leur dire leur misère : un jour où l’autre, mortel, tu tomberas du haut des cimes, tu gicleras par la portière, tu finiras au cimetière.

Qu’est-ce que t’incinères, Joe Krapov ? Qu’on devient feu ?

A côté d’Eros on pose Thanatos pour signifier à Emile qu’il ne fera pas de vieux os là ! Un jour ou l’autre on l’a dans l’os. La maladie vous fait la peau, arrive la mort, on s’évapore au dernier port et pour toi cela fut celui des Marseillais.

Mais pour moi mon cher Arthur, tout cela est tabou. Je m’abstiens de toute danse, y compris et surtout de la danse macabre : j’ai décidé une fois pour toutes que j’étais immortel. C’est plus facile de vivre ainsi. Et pour plus de sécurité, pour parfaire mon bonheur de touriste de 2018, je retourne de plus en plus souvent vivre dans les années 60 et 70.

Ainsi l’autre samedi ai-je acheté 34 numéros de Charlie mensuel, un journal de bandes dessinées dont le rédacteur en chef, Georges Wolinski, est décédé dans l’attentat contre Charlie-hebdo en janvier 2015.

Ainsi ai-je visionné « Living in the material world », un film de Martin Scorsese consacré à George Harrison, le guitariste le plus mystique d’un groupe appelé les Beatles qui connut un certain succès de 1963 à 1969, année érotique plus que thanatotique.

Ainsi, par association d’idées, suis-je retourné en pensée mettre vingt centimes de franc dans le juke-box d’un café de Carvin (Pas-de-Calais), chez Jean-Pierre, où nous allions, à une certaine époque, chaque samedi soir, au siècle dernier. Inlassablement j’y écoutais, du même Harrison le 45 tours « Is n’t it a pity ». Je ne comprenais rien aux paroles mais j’étais amoureux fou de cette musique lancinante. L’après-midi qui précédait nous avions joué de la musique électrique dans la cave parentale transformée en lieu de répétition underground. Les rockers aussi étaient un peu caves, ce qui me ramène aux catacombes.


Quand j’aurai du Vian dans mon crâne, à l’automne, comme tous les pékins, je ne danserai plus la java des chaussettes à clous ni le joyeux tango des bouchers de la Villette. Il faut évoluer : de nos jours les policiers utilisent le teaser, le flashball et la grenade et tout le monde devint plus ou moins vegan.

Je n’entamerai pas plus l’interminable tango des perceurs de coffres-forts : celui-là vous mène directement en prison sans passer par la case départ et, derrière les barreaux, avant de mettre un terme à cette écriture de lettres folles je pose et repose la question essentielle te concernant :

Arthur ? Où t’as mis le corps ?

Engagé dans l’armée hollandaise en 1876 tu suivis le mouvement jusqu’à l’île de Java (des bombes atomiques !). Là, tout dépité de n’y avoir pas rencontré la dénommée Riquita, tu as déserté, tu as fait quarante-huit kilomètres à pied et tu as réembarqué pour regagner Charleville-Mézières en décembre !

Arthur, où t’as mis le corps du délit ? Tu n’as répondu à rien, tu as brûlé les questions et tu restes à jamais de ce fait le déserteur ultime de l’année 1876 et de celles qui ont suivi.

T’es snob ou quoi, Rimbaud ? Cela fait un an que je t’écris et jamais personne ne me répond jamais ! Tout le monde doit être occupé à surfer sur l’écume des jours !

Comme j’ai finalement compris, moi aussi, ou plutôt déduit, que ce salaud d’Arthur était au paradis, je retourne dans le mien chanter comme une cigale au milieu des fourmis.

Reçois, avec mes remerciements pour nous avoir fait rire un peu depuis un an, mes très poétiques amitiés !

En toute confraternité !

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Os courent (Kate)

Os courent

Par tous les saints !

Du soir comme du matin

Ici avez-vous enterré le butin ?

Le tien ancien

 

Grands dieux !

Sous la statue parbleu

Derrière un pieu ?

Priez pour nos aïeux

 

Tours d'écrou !

Suppliciés de la roue

Les hommes sont donc fous ?

Prions à deux genoux

 

 

Miséricorde !

Torturés par la corde

Des malfaisants en horde ?

Un hurlement monocorde

 

IMG_2208

Collonges-la-Rouge (19), Chapelle des Pénitents, photo de l'auteur.

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Un souvenir gravé dans ma mémoire (Laura)

 

Au-delà de la Capella dos ossos d’ Evora, je tiens ici à parler de l’ossuaire de Douaumont à Verdun[1] que j’ai visité lorsque j’étais gamine avec mon école car ma ville de naissance n’est pas très loin de ce lieu. Je garde de cette visite, plus que des images très précises, une image globale gravée dans ma mémoire. Il faut y aller pour ressentir ce que j’ai pu ressentir.

Je pense qu’on devrait punir toute personne (ou enfant) qui se comporterait mal dans ce type de lieu car c’est une attente à la mémoire de tous ceux (qu’ils soient à Douaumont ou ailleurs) qui se sont battus pour que nous soyons libres.

 

 


[1] http://www.verdun-douaumont.com/

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Participation de Venise

 

 

Que d’enfants que l’on a bercés

Que de bras qui nous ont bercés

Tous ces navires chavirés

Maintenant vêtus de brume

 

v01

 

Ces ossements pleurent

L’or des feuilles

Le chevreuil obstiné

Tel des cailloux de ruisseau

Où pousse la jacinthe blanche

 

v02

 

Pauvre tête de malheureux

Quel silence ce caveau.

Ils vont au même fleuve

Dans l’argile de la chapelle

Tempes contre tempes

Ils sont tous du même côté du bord du territoire

v03

 

Recroquevillés

Ayant perdu leur rêve

Épouvantable obscénité, car tous pareils

Nous les haïssons pour le tremblement

Qu’ils produisent en nous.

 

Je les veux nageurs heureux dans les gorges de l’immense galaxie.

 

v04

 

 

 

 

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