03 décembre 2016

Bof, moi aussi je peux trouver des photos tordues ! (Walrus)

 

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La factrice (Thérèse)


Ha ! Harry Potter est passé par ici... S'est-il encore retrouvé coincé dans le monde des moldus ? A t-il de nouveau été empêché de parvenir au fameux collège Poudlard pour sa propre sécurité ? Voldemort aurait-il encore fait des siennes ? Je ne doute pas qu'il trouvera une combine pour arriver à passer le quai 9 3/4 et retrouver Hermione et ses amis...

Ce vélo d'un autre âge, sorti d'une autre dimension, me fait étrangement penser à l'ancien vélo de facteur de Maman. Il lui manque juste un porte-bagage devant le guidon.

En ce temps-là, dans le village, le courrier postal était distribué en bicyclette et non pas en mobylette ou en voiture comme aujourd'hui.
Chaque matin, Maman devait procéder au tri du courrier et ensuite, c'était la tournée en suivant scrupuleusement l'ordre établi à l'avance. Son lourd sac de cuir épais, rempli des précieuses missives, et arrimé sur le devant du vélo, elle en a fait des kilomètres, des allers-retours dans les rues du village… Maison après maison, la sacoche à l'épaule, elle déposait son butin, telle une abeille laborieuse. Et non contente d'exercer sa profession, par tous les temps, qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, Maman s'arrêtait parfois un peu plus longtemps pour donner un coup de main à telle ou telle personne en difficulté, comme remonter un seau de charbon de la cave pour alimenter le poêle, ou quelqu'autre menue besogne. Elle connaissait tout le monde et chacun surveillait son passage. Parfois, à son grand désespoir, une roue crevait ou bien c'était la chaîne de vélo qui déraillait. Il fallait alors réparer. Elle continuait donc la tournée à pied en poussant le vélo chargé, elle revenait à la maison et elle prenait le vélo de secours. Le soir, quand Papa rentrerait de sa longue journée de travail, il lui faudrait démonter la roue fautive, enlever le pneu martyrisé, gonfler la chambre à air, trouver la blessure et la colmater avec une rustine.

Parfois, elle devait livrer un courrier à des gens qui habitaient à l'écart du village. Alors, pour soulager notre mère, ma sœur ou moi, on prenait notre vélo pour mener la précieuse lettre à bonne destination. J'aimais beaucoup cette virée, cette occasion de me dérouiller les jambes et de profiter du grand air.

Aujourd'hui les gens ne savent plus l'usage de leurs jambes, ce n'est plus que véhicules motorisés, à grands coups de rendement et de vitesse. On ne prend plus le temps de mettre le nez dehors. D'ailleurs, il n'y a même plus de place pour les vélos sur les routes et c'est devenu tellement dangereux... A tel point qu'ils ont inventé les pistes cyclables, avec force panneaux de signalisation.

Dans mon village, le courrier se distribue encore en vélo même si une voiture banalisée achemine les colis les plus volumineux. Et on a encore la chance d'avoir pu conserver notre bureau de poste. Quant à mon village natal, près de chez moi, il n'y a plus aucun commerce ni bureau de poste. Et le dernier bistrot, qui faisait également épicerie, vient de fermer à son tour. Prémont devient un village fantôme. Ce ne sont plus que marchands ambulants qui se relaient dans les rues à coups de klaxon.

Mais ceci est une autre histoire…

Décidément, j'aime bien cette enseigne-vélo… Mais je crois que je serais presque déçue d'y trouver des vélos rutilants, brillant de mille feux. J'imagine plutôt un vieux monsieur tenant l'échoppe et vendant des tas de pièces pour réparer les vélos. Un expert en la matière qui en connaîtrait toutes les ficelles, du guidon jusqu'au bout des pneus, en passant par les freins et le dérailleur. Je le vois bien au milieu de ses rondelles, de ses écrous et de rayons de roue, de patins de freins et de câbles. Je revois les quincailleries d'antan où l'on pouvait fouiller à loisir à la recherche de trésors enfuis. Ces magasins-là aussi, ils ont disparu.

Vraiment, ce vélo sorti de nulle part m'intrigue. Je vais aller voir de plus près…

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J’ai raccroché mon vélo (Laura)

 

Après le tricycle aux petites roues avec sa remorque
Après avoir envoyé ma sœur en vélo dans le mur, la pauvre
Un réflexe de rire alors qu’elle était en larmes, excuse-moi encore
Après avoir pris le vélo de ma mère pour faire le mur, la coquine
Après des allers sans retours en pleine nuit entre chienne et louve
Après des retours au petit matin entre ivresse et tristesse
Après des départs au petit matin pour aller pointer à l’usine
Après une halte à la boulangerie pour recharger la demoiselle
Après être passée par-dessus le guidon dans une chute mémorable
Après m’être souvent fait mal sans poser pied à  terre
Après  avoir pédalé sous les pluies et brouillards de Champagne
Après avoir partagé avec mon vélo la morsure de la neige
Après avoir monté les faux plats du Nord de la France
Après les pavés, les chemins de terre, les avenues et les ornières
Après avoir suivi attentivement tant de Tours de France
Après avoir maîtrisé sur le bout des doigts le calendrier cycliste
Après avoir applaudi le départ, le parcours, l’arrivée et les podiums des courses
Après avoir crié le nom des coureurs, les avoir encouragés, connaissant leur souffrance
Après avoir lu beaucoup de livres, fait la revue de presse des magazines
Sur le cyclisme, après avoir  vu des films, consacré au vélo des poèmes
Après avoir tenté quelques côtes en Ariège, Drôme et surtout ici à St Etienne
J’ai raccroché mon vélo, le vrai en ayant toujours de le reprendre
Mais renoncer car je n’ai pas le gabarit d’une grimpeuse
Aller plus haut, plus loin, plus vite me paraît impossible sauf en salle
Je suis une coureuse de plats, une coureuse du plat pays, une cycliste
Longtemps par besoin de déplacement, toujours marcheuse et utilisatrice
Urbaine de transports en commun, plus de pédale mais toujours
Les jambes en action pour se déplacer et voir mieux le monde.
J’ai raccroché mon vélo mais je défendrais encore toujours les cyclistes,
Ces forçats de la route ; malgré le dopage et les scandales, je les admire
J’ai raccroché mon vélo comme j’ai écrasé ma dernière cigarette
Mais je resterais toujours et encore une amoureuse du vélo surtout en ville
Dans le respect des piétons et le respect des automobilistes pour les cyclistes
J’ai raccroché mon vélo non sans regret ni espoir de le reprendre
Si Dieu ou la petite Reine m’en donne une nouvelle force pour les sept collines
De Saint-Etienne, celle d’Istanbul, de Rome, les canaux des Flandres.
 

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Bricoleur de bicyclette (Vegas sur sarthe)


(Pardon à Francis Lai, Pierre Barouh et Yves Montand)



Quand les vieux lâchaient leur mâtin
On n'était pas dans le pétrin
A bicyclette
Pour sûr on n'était pas copains
Il avait des crocs le Pinpin
On était deux trois galopins
Et puis Colette

On pédalait plus vite qu'elle
Dans cette friche industrielle
A bicyclette
Il lui mordillait les mollets
ses guiboles qui flageolaient
Tandis que nous on rigolait
Devant Colette

On lui chapardait son quatre-heures
C'était la fille d'un livreur
A bicyclette
Et depuis qu'elle avait huit ans
On lui disait en la voyant
T'iras pas loin en déraillant
A bicyclette

Quand on avait semé le clebs
On reposait nos quadriceps
Nos bicyclettes
Je réparais son dérailleur
J'aurais bien mis mes mains ailleurs
Mais le cambouis c'est dégoûtant
Et rebutant

Quand le soleil foutait le camp
On repartait en ferraillant
A bicyclette
On soudoyait le gros clébard
En lui jetant des carambar
On tenait trop à nos calbars
Devant Colette

D'un signe de main énergique
Colette nous faisait la nique
A bicyclette
Je me disais qu'un jour prochain
Je pourrais toucher le machin
Qui remue sa selle en vachin
De bicyclette

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26 novembre 2016

Défi #431

Et si vous vous laissiez inspirer

par cette photo !

Faire la roue

 

A tout bientôt les ami(e)s

à samedidefi@gmail.com

 

 

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Tout s'entrechoque (petitmoulin)


Tout s'entrechoque
En sourdine
Rumeur de lâche faiblesse
Écho lancinant du regret
Pétri dans la glaise
Béance de la mémoire
Où s'abîment la défaite
Et la passion déchue

Muse captive
De l'ombre rivale
Sur quel mur de froide
Solitude
Poses-tu ton regard ?

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Le penseur de Rodin par bongopinot

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Le penseur de Rodin
Mais à quoi pense t-il ?
Il pense à son jardin
Et à des choses plus subtiles

À la porte de l’enfer
À la souffrance au désespoir
Au centre de l’univers
À la montagne du purgatoire

 Mais aussi à des choses plus futiles
Il se demande s’il pleuvra demain
Si ce monde lui sera hostile
S’il y aura des embuches sur son chemin

Et il rêve à des choses plus drôles
À une divine comédie
Où il aura le beau rôle
Il imagine une parodie

Il se voit en Italie
Il sent le parfum d’une rose
Il évoque Meudon et Paris
Mais son bronze semble morose


Il se souvient des poètes
Il regarde passer la vie
Il n’est pas toujours à la fête
Assis sur nos soucis

Il pense aux tempêtes
Aux misères et aux guerres
Sans tambour ni trompette
Mais que peut-il bien y faire

Tous les jours il nous contemple
Son menton appuyé sur sa main
Et tout son intérieur tremble
Sa peine n’a pas de freins

Il juge sans ombrage
Que l’égalité n’est plus de service
Que la fraternité pointe au chômage
Il ressent toute l'injustice


Il s’interroge encore et toujours
Depuis longtemps et pour longtemps
Penseur poète mystère de nos jours
Par tous les temps par tous les vents

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A quoi penses-tu ? (Laura)

 
« A quoi penses-tu ? »  Te demande-je  souvent
« A rien, me réponds-tu, je savoure cet instant. »
Comme je t’envie cette capacité de vivre au présent
Alors que tu  es mon homme-machine à lire mes pensées
 
Comme j’aimerais arrêter de penser à ce que je dois faire,
A ce que m’a dit untel  et auquel je n’ai pas eu le réflexe
De dire la bonne réponse alors ça mouline, mouline à perpétuité
Là -haut et pendant ce temps, il passe sans pouvoir le rattraper
 
« A quoi pense t-il cet homme sublimement sculpté par Rodin ?
Cette œuvre vue il y a peu sous le ciel de son musée parisien
Ce musée fermé, rénové avec talent et rouvert pour notre plaisir
Plaisir de la pensée pure incarnée dans le bronze d’un homme-désir
 
Comme j’aimerais saisir cet instant de pure jouissance du regard
Le toucher est interdit mais mes doigts brûlent de suivre  les courbes
De cet homme-art, à la suite  de Puget, célébré  comme un phare
Par Baudelaire à voir avec Wilde dans des expositions passionnantes
 

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Pense-bête (par joye)

je crois bien

Paris : Coucou, Cousin, tout va bien ?

Cleveland : Bah oui, ici, c’est le pied, quoi.

Paris : Toujours rancunier ?

Cleveland : Moi, rancunier ? Quelle idée !!

Paris : As-tu jamais su ce qui t’est arrivé ?

Cleveland : Eh ben, oui, hein, j’étais là ! C’était un groupe de terroristes.

Paris : Ah oui, ces salauds du Daech, hein ?

Cleveland : Ben non, banane, c’était en 1970 déjà.

Paris : En 1970 ?!? Mais qu’est-ce qu’on protestait à cette époque-là ?

Cleveland : Tu as toujours été nullos en histoire. La guerre en Viêt-Nam…

Paris : Viêt-Quoi ?  Ah, oui…Indochine…

Cleveland : Nan, idjot, Indochine est ton groupe de rock préféré.

Paris : Ah oui, j’ai oublié. Bon, ben, pourquoi ne l’a-t-on pas opéré ?

Cleveland : Ils disent que c’est pour commémorer le fait historique. Perso, je pense…

Paris : …tu penses quoi ?

Cleveland : Qu’ils ne voulaient pas dépenser le fric.

Paris : Ah, j’imagine bien. Après tout, c’était avant l’Obamacare.

Cleveland : Eh oui. C’mec, il va nous manquer.

Paris : Je pense bien.

Penseur de Rodin de Cleveland, altéré par une bombe artisanale le 24 mars 1970

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