19 décembre 2020

Belle époque (Vegas sursarthe)

 
Martine trottine.
Par la fenêtre d'un appartement cossu, Monsieur Bourgeois lorgne Martine traversant la place de la Concorde d'un pas léger pour enfiler la rue Royale.
Martine trottine... elle ne sait pas faire grand chose d'autre mais ça elle le fait bien.
« Petite main mais pied léger » se plaît à dire Monsieur Bourgeois quand Madame ne sait que vilipender « Martine mutine et gourgandine ».

Au numéro 16, Martine pénétrera chez Ladurée et comme chaque samedi vers 10 heures achètera les macarons préférés des Bourgeois... fleur d'oranger et rose clémentine.
Ce matin comme chaque samedi Martine fait halte au numéro 3 chez Maxim's car Martine tapine... elle ne sait pas faire grand chose d'autre mais ça elle le fait bien.
Elle y a sa « chambre d'amour » où Monsieur Toulouse Lautrec s'en vient parfois la croquer entre deux passes peu lucratives...

Sur le chemin du retour Martine trottine et s'empiffre quelques macarons en saluant le chasseur de l'hôtel de la Marine d'une oeillade assassine.
A la fenêtre de son appartement cossu Monsieur Bourgeois consulte sa montre de gousset ; Martine est en retard et il manquera quelques macarons comme à l'accoutumée.
Au petit salon, devant son thé réchauffé Madame Bourgeois fulmine : Martine lambine... elle ne sait rien faire mais ça elle le fait bien.

 

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Trotte, hein ? - tiniak

 
Elle passe - et chaque matin, sauf le dimanche, la rue Bysskübe où je mansarde, nuit debout, avec des soupirs affectés... à un besoin d'écrire carabiné.
Elle passe, et selon la saison, les pognes dans un lourd manchon, ou quelque cubique carton - à chapeau ? là, sous le bras droit, ou le giron si peu voilé par un très vitreux chemisier.

Elle passe... Elle a belle allure; non seulement ce port altier qu'on lui connaît dans le quartier, mais aussi par son train vivace, que l'on pourrait croire enjoué, quand je sais bien qu'il fuit d'obscures menaces, pour sûr !

Elle est pas passée, ce matin, pourtant que l'on soit à lundi; j'en reste coi et sur ma faim... Poème en cours, donc pas fini ! Par contre, l'autre qui la suivait, assez souvent, semble l'attendre au carrefour. Peut-être s'est-il pris un four ? Peut-être n'a-t-il nul chagrin, mais des remords ? Attendez ! Je l'y vois encore, le front hésitant, la main courbe et le pas calqué sur le sien - oh, à distance... Peut-être pas si respectable, quand j'y pense.

Elle ne passa plus, c'est sûr : la saison a changé de murs. Et puis, au kioske à journeaux, flambant neuf, bardé d'oripeaux (qui font honneur au journalisme), s'affiche en Une un titre sombre, décliné par autant de nombres : un tueur signe ses forfaits - tueur de femmes, c'est plié ! narguant le Préfet, c'est certain, en le traitant de "vil trottin", dans chaque mouchoir, posé bien en vue sur telle victime du soir.

Elle a passé le fleuve ultime; j'en mettrais ma main à couper, si je n'avais ce verbatim à rendre pour me sustenter. Le poème ? Il est achevé, merci bien. Mais j'en veux faire une autre chose; pourquoi pas des lignes de prose, en origamis distillées ?

Elle sera ce papillon dans un champ d'herbes retournées, tandis que moi, là, je m'en sade. Et me trottine, au gré des toits qui m'en racontent, des rapines.
 
Des ans ont passés, là-dessus... Votre siècle m'a oublié. J'en respire pourtant le cru, rue Bysskübe, en mon pré carré.

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Le trottin[1] dans le paysage du dix-neuvième siècle (Laura)

 

En voyant ce trottin, j'ai pensé qu'il avait été peint  Jean Béraud(et je l'ai vérifié) qui peignit notamment ce type de personnages  de la mode au dix-neuvième siècle[2].De la mode au dandy au moderne, j'arrive forcément à Baudelaire, précurseur des impressionnistes qui s'attacha aux paysages urbains et autres motifs de la vie contemporaine dont la mode que le poète pratiqua en dandy. Baudelaire s'intéressa à Constantin Guys[3], artiste  injustement méconnu qui représenta entre autres les grisettes[4], cousines des trottins.

 

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Une petite chanson ? (Walrus)

 
Remarque préliminaire :

Si trottin rime avec crottin, c'est purement une question d'époque. En transportant leurs paquets, les pauvres filles salissaient leurs bottines dans ceux des attelages.

Mais revenons à  nos moutons  notre chanson :

Comme le signalait avec entrain au tout début de sa glorieuse carrière ma défunte compatriote, y avait pas que des trottins dans les grandes maisons de couture !

 

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12 décembre 2020

Défi #642


Oui, je sais, il n'y en a plus...
mais, essayez quand même !

 

Trottin

6421

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Les stances à Sophistication (joye)

femlin 24

Vous me demandez vos lettres, vos photos,
Vos articles de toilette et d’autres affaires.
Cela m’indiffère tout à fait, ma gourgandine, oh !
Je vous envoie tout par FedEx, tant qu'à faire.

REFRAIN : Oh, vous que j’aimais tant !
Je vous embête, ma bonne arléquine.
Oh, vous que j’aimais tant !
Je vous assure : je vous enquiquine...

Je vous ai connue au bord du bois
Où vous regorgiez lors d’un contretemps.
Si j’avais su que vous étiez fille de joie
Je vous aurais délaissée sur-le-champ !

Mais je vous ai aidée – une bevue –
Parce que le lendemain, à mon désarroi,
Je fus dans l’embarras imprévu
De faire hôte à des bizarres bestioles, ma foi !

[REFRAIN]

Le lendemain, les Anglaises furent arrivées
Et traînaient partout au boudoir.
Vous vous souviendrez que j’ai beau essayer
De vous aider à les déboire.

Vous aviez certains…états naturels
Mais quand ce coquin Cupide survolat
Comme tout autre besoin en fait corporel,
Je devais rester – hélas – chocolat.

[REFRAIN]

Vous aviez d’autres intérêts exotiques.
J'en rougis encore, rien que d'y penser.
Pour apaiser vos envies béatiques,
A tous vos caprices, il me fallut céder

Ne fallut-il pas que la langue s’égare
Dans les lettres entre la paix et l’ère
Car chanter une telle chanson à dare-dare
N’est point sympa pour toutes les Sophie...tralalère.

[REFRAIN]

femlin 6

NB: Les illustrations sont des célèbres "Femlins" créés par LeRoy Neiman pour la magazine américaine Playboy, à l'époque où mes frères cachaient un exemplaire ou deux sous le matelas dans leur chambre. Les paroles originales de la chanson "Les Stances à Sophie" se trouvent ici. Je vous préviens, vous qui ne les connaissez pas, elles sont dégueu...heu...incroyablement dégoûtantes et sexistes. Quoi qu'il en soit, j'espère que ma version 2020 vous plaira.

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Un doux rêve par bongopinot

 

Mais c’est quoi qui coule là
Mais oui c’est une perle de roupie
Qui sort de ton nez si petit
Je l’essuie avec un bout de drap

Et tu roupilles dans ton berceau
Autour de toi le monde s’agite
Au loin un joueur de flute
Te berce t’enveloppe et te tient chaud

Noel approche à pas feutré
Des peintres décorent ton village
Et je pose un baiser sur ton visage
En cette belle fin de journée

Sans une once de sophistication
Mais un raffinement naturel
Tu t’étires tu nous appelles
Avec tes gazouillis si mignons

Bientôt j’espère, que ce rêve là
Deviendra vite une réalité
Et que je pourrai t’admirer
Et te bercer dans mes bras

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Le Sophistiqué (Joe Krapov)

DDS 641 Louis-xiv le sophistiqué

Le sophistiqué, lorsque vous l’élûtes, étiez-vous sous le coup d’une poussée d’utopie pas piquée des hannetons ? D’une illusion d’optique ou d’une indigestion de sushis ?

Où donc a-t-il puisé ce programme politique, lequel stipule qu’on peut être en même temps étique et potelé, en même temps phoque et putois, en même temps Héloïse et Iseult et tant pis si Abélard et Tristan se retrouvent soûlés voire spoliés par cette éthique oiseuse ?

Les élites ont vite fait d’envoyer aux pelotes les toqués qui ne sont rien, qui ont loupé l’idée de traverser la rue et postulent à Pôle, allongeant ainsi la liste des hostiles en loques qui hoquètent et réclament juste un peu d’équité.

Du haut des pilotis, l’Huile, essentielle, elle, toise la pelouse située au-dessous des hôtels cinq étoiles où sa soupe est si bonne.

Du fait de la présence d’une nouvelle peste, Elle interdit les liesses, la pratique du tire-fesses et d’embrasser l’hôtesse la nuit de la saint-Sylvestre ! Groggy, l’an neuf ! Tout le monde pieuté à 20 heures avec les poules ! Piteuse perspective qui rend ronchon : l’année 2021 au Mont-de-Piété ! Et prière de crier « Gloire au pilote et à son équipe» !

On s’isole derrière sa liseuse, son poste de télé, on met le loquet à la porte et on joue aux osselets ! Pour les jours heureux, vous repasserez, c’est plié !

Hostie ! Quelle impression de phtisie galopante, d’époque peu épique et de la Marianne en épouse épuisée ! Qu’elle fait pitié, votre utopie ! Difficile de rester stoïque une fois qu’on a dressé la liste des arrogances du soliste et constaté, toujours « en même temps », la généralisation de la poisse et l’omniprésence des poulets.

Et donc, tout bien soupesé, on ne lui dressera pas de stèle honorifique à votre sophistiqué !

Ni à moi non plus : toute cette horripilosité ne vaut pas un isopet et n’était qu’exercice de poétique anagrammatique. Histoire de me poiler sous ma housse de poète-couette !

Oui, je suis assez sophistiqué comme gars, moi aussi !

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Mais qu'est devenue ma bagnole ? (Walrus)

 
Il y a quatre ans, j'ai laissé ma voiture à ma petite-fille (depuis, pollution oblige, elle a, elle aussi, remplacé au bout de trois ans cette vaillante turbo-diesel, 250.000 km au compteur, par un machin hybride hérité de sa mère).

J'ai maintenant le modèle équivalent avec motorisation essence, modèle de base, ce qui ne l'empêche pas d'avoir un tas de voyants qui changent de couleur, qui clignotent de temps à autre, des truc qui vous disent à quel moment changer de vitesse, qui vous signalent que vous ne roulez pas "économique", j'en passe et de plus étonnantes.

Le même modèle plus sophistiqué présente encore plus de bidules. Au point que si vous surveillez tout ça, vous n'avez plus le temps de regarder la route.

Toute cette sophistication est bien évidemment électronique.

L'électronique, c'est bien.

C'est bien parce que plus de problème d'humidité dans la tête de Delco empêchant l'allumage.

C'est bien parce qu'elle a permis l'injection directe dans les moteurs à essence d'où moindre consommation, sauf que, comme les bons vieux diesels, ça génère plus de particules (et pas nobiliaires), où est le gain ?

Mais... (car il y a toujours un mais n'est-ce pas)

Tous ces gadgets sont aussi autant d'occasions de pannes, et les pannes électroniques, ça c'est le pied ! (surtout pour les garagistes).

Ah, ça nous change de notre jeunesse où nous pouvions ouvrir le capot et plonger les mains dans le cambouis ! Régler le ralenti, la richesse du mélange, l'avance à l'allumage, (souvent en pure perte mais au moins on avait essayé).

Bref, toute cette sophistication, c'est à vous filer le bourdon, la nostalgie même...

 

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