29 avril 2017

Triste baladin (Vegas sur sarthe)


Je danse comme un pied, les filles déguerpissent
et tous mes boniments ne servent à rien
je rame sur la piste autant qu’un galérien
et je reste planté comme un Manneken-Pis

Elles me font tourner en baudet, en bourrique
Pas une ne succombe à mon regard de braise
je suis le funambule au bord de la falaise
je n’essuie que refus, nenni catégoriques

Je suis le cochonnet qu’on tire à la pétanque
le dindon de la farce, Auguste au nez rougeaud
je drague les canons autant que les cageots

Seul chez moi dans mon lit je dresse chapiteau
Je me vois en vainqueur de tournois coïtaux
Je suis un rigolo, un pitre, un saltimbanque

 

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Participation de Venise


Qui fait le mieux l’usage du monde?
LES SALTIMBANQUES bien évidemment!!!!

Ils pataugent en riant  dans le demi jour les rues de notre capitale.
Le soleil d’automne les incite en se levant comme eux sur les six horizons qui nous séparent de la mer.

Ils existent d’une manière oblique et ils s’accordent le luxe du voyage .
Ils ont pris de vitesse les saisons et alors que le jour se pointe et que les hommes pressent leur tête meurtrie sur le carreau de leur fenêtre ils avancent une branche de noisetier dans les mains.

On ne perd rien à aller les voir  sur la grande place publique . Ils ont moissonné les rêves des hommes
Et dans une houle d’épaule et d’échines tendues , on peut les apercevoir têtus comme des bourriques
Entrain de danser ,de cracher du feu . Ils ont notre âge et je n’en sais  pas autant qu’eux du monde .Pour un peu ils nous auraient confié tous ces secrets.
Finalement , notre cœur est faible devant le spectacle qui se déroule sous nos yeux;
Ce soir en les quittant je me suis adossée contre une colline et j’ai regardé pour la première fois les étoiles , les mouvements vagues de la terre qui s’en va et j’ai pu voir les yeux phosphorescents du renard .
Un jour me suis dit j’irai les  rechercher au fond de la mémoire .

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Le cirque (Laura)

 

Une représentation des bohémiens qui en rejoint  ou en précède d’autres :

 

Franz Hals et le sourire de sa « bohémienne,»

 

 Tony Gatlif vantant sa « liberté » dans la Loire.

 

Les Grüss  incarnant la noblesse du cirque.

 

Dans un camp de gitans, sur un air de jazz manouche.

 

La « tribu prophétique aux prunelles ardentes » chère à Baudelaire.

 

 Toulouse-Lautrec fait tourner dans son « manège »

 

Une « clownesse » au salut et une « écuyère à cru.»

 

C’étaient ses nuits fatalement syphilitiques.

 

Ils   peuplent l'imaginaire des arts et des lettres depuis des siècles.

 

L’Esméralda  du grand Hugo sur le parvis de Notre-Dame.

 

Des 1915, des camps de concentration pour Tziganes.

 

Picasso peignant des « saltimbanques » pathétiques.

 

Picasso-Carmen, Sol y Sombra, amour tragique.

 

Il se peignait avec un nez rouge, acrobate du risque.

 

André Dassary, chantant «Les yeux noirs » sur un air tzigane.

 

Georges Moustaki s’identifiant à sa guitare, « jolie fille d’Espagne . »

 

Cervantès et la gitanilla de ses « Nouvelles exemplaires. »

 

George Borrow et les Gypsies, « maître des mots » et des rêves.

 

Frantz Listz célébrant les bohémiens et leur musique,

 

Notamment les chanteuses tziganes à Moscou au XIX e siècle

 

Marc Chagall fait sa « Parade au cirque » en mots et en images.

 

« Les Bohémiens" d'Alexandre Pouchkine.

 

Georges de la Tour, Victor Schnetz, François-Joseph Navez  et leurs  diseuses de bonne  aventure :

 

"Les bohémiens" d'Albert Glatigny (1839-1873) dans "Les vignes folles"

 

"Salomé" de Guillaume Apollinaire

 

Arthur Rimbaud et sa « Fantaisie » de Bohême »

 

Le «Crépuscule" de Guillaume Apollinaire

 

« Le cirque » enfin de Georges Seurat, divisionniste.

 

 

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22 avril 2017

Défi #452

 

Saltimbanque

 

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Vous trouvez ça singulier ?

Ben, mettez-le au pluriel,
comme Apollinaire !

 

 

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Rodomontades (Joe Krapov)


Devant ces rodéos de motards
Au Roudourou, mon stade,
Tandis que redémarre à celui du Moustoir
L’expo de ready-mades pour moutards de Marcel,
Ami(e)s, prenez du champ !

Allez-vous en rôder, matadors, par ailleurs !
Dans les rues de Menton, par exemple,
Où le radis moutarde redemandé partout
Rendra ma tapenade fade.

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Et vous, dotée d’âme, Raymonde,
Redites-moi, tendre, des choses !

Redis-moi ton désir de raide,
O Rudes mots tout doux si cools à mes oreilles
Et raie, Dame, à ton agenda,
Ce rendez-vous de Radamanthe,
Ces radieux manteaux de neige,
Ces radeaux mâtés de hardes,
Ces radomes, taudis mèdes,
Ces rangs de menthe d’été,
Ces rudiments de tadjik,
Redimensionnements de surréel volage !

Rodomontades rimbaldiennes ou cyraniennes,
Rendues tard aux Monts abyssins
Qui vous font une belle jambe
Dans les empires de la Lune ou pas !

Sous le réséda mat qui éclot aux Hébrides
Et la rose de mai qui tarde à refleurir
Mets donc Redon, mon port d’attache,
Entre les reins de Mathilde
Et le rade de mon tonton,
Roi des mantras débiles
Aux rôts de démiurge tordu.

Que par-delà ce ramdam d’outarde en basse-cour à basse-danse
Je rêve au domaine très drôle de la route domaniale n° 66,
Au radium mutant des nuits d’incurie de Marie,
A la radio mutique des régimes pas tendres du dehors
Et aux rideaux mités des rares demeures de Montretout !

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Rodomontade par bongopinot


j'ai rencontré deux rodomonts
Qui discutaient sur le chemin
C'étaient deux fanfarons
Et ils étaient bons copains

Dans le village ils étaient connus
Comme fiers à bras un peu vaniteux
Connaissant tout sur tout bien entendu
Les gens les appelaient les prétentieux

Orateurs, bluffeurs et bonimenteurs
Un peu hautains et vantards
Brodeurs, frimeurs et menteurs
Ça peut vite devenir  un vrai cauchemar

Ils racontent qu'ils vont faire le tour du monde
Et que ça ne leur prendra qu'une seconde
Et leurs esprits déjà vagabondent
En faisant tourner leur mappemonde

J’ai discuté avec deux rodomonts
Rencontrés sur le bord du chemin
C'étaient deux fanfarons
Et ils étaient bons copains.

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Et alors ? (Vegas sur sarthe)

 

La rodomontade est à Rodomont ce que la fanfaronnade est à Fanfaron et la tartarinade à Tartarin c’est-à-dire du boniment de bonimenteur, de l’esbrouffe d’esbrouffeur, de la frime de frimeur, de la vantardise de vantard, de… « Bon ! Et alors ? »  diront certains « il en faut, et si ça ne sert pas à grand-chose ça répond au Défi du samedi »

 

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Morphine (Pascal)

 

Viens, viens, petite gouttelette !...  Accrochée au néant, tu parades à la lumière ! Tu ressembles à une perle de rosée ! Côté ombre, tu es translucide ! Côté soleil, tu es multicolore ! Je peux même voir toute la chambre dans ton reflet ! Mais à qui est cette tête de malade ? Alors, c’est le défilé des monstres, ici ?!...

Viens briller ! Viens éclairer ce néant excrémenteux ! Viens perturber l’agencement de mes aberrantes certitudes ! Délivre-moi du mal et des impressions hypocrites, pardonne-moi de t’offenser avec tant de gourmandise ! Allez, ne te fais pas prier ! Va vite rejoindre tes comparses dans le tube de la perfusion ! Allez ! Viens participer à l’avènement de mes lubies lancinantes ! A moi les espaces chimériques, les rêves cartésiens et les évasions oppressantes !...  

Princesse liquide, tu t’insinues, tu enfles, tu tremblotes, tu hésites ! Sur ton cahier de brouillon, c’est le grand saut vers une nouvelle page de mon histoire de pas de chance.
Allez, viens t’imprégner dans les méandres de mon corps ! Va distribuer tes messages utopiques dans mes veines malades ! Dépêche-toi ! Va courir mes restes de vie, d’abysses en escalades, de refrains imbéciles en mensongères salades, d’azur improbable en fourberies les plus viles ! Viens peindre l’agonie en champ de bataille, transforme mon sang en patinoire, mon cœur en pendule emballée, mon corps en pantin désarticulé ! Avec ton souffle chaud, avive les lambeaux de mon âme !
Distribue-moi des augures alléchants, des sentiments saisissants, des affiquets argentés ! Tue mes remords adipeux, ces contrefaçons de la réalité infidèle, ces mille atermoiements comédiens, ces piètres marivaudages sans Amour !
Viens transpirer dans mon cinéma ! Invente-moi des nouveaux talents et des expressives rodomontades de géant ! Viens badigeonner mes restes d’espérance aux tons enjoués d’une chambre d’enfant ! Viens bousculer mon coma ! Fais de mes tripes un canevas sans contrition et de mes sentiments, un vague désir de conservation ! Tue ma haine, astique mes sens, brûle mes soupirs, glace mes doigts, éteins mon mal, attise mon ignorance de sot, promets-moi monts et soleils, entretiens le fantasme du seul désir de vivre !
Eclaire mes yeux de tes ténèbres les plus ensorcelantes ; supprime l’Ennui amorphe, les sentiments sans envergure, les lendemains silencieux, les yeux trop bleus, les cheveux trop blonds, les sourires trop dentus… Fabrique-moi un paradis artificiel et hospitalier, sans personne dedans que mes vrais amis, sans couleur que le kaléidoscope  de mes élucubrations fantasques, sans parfum qu’un bord de rivière sauvage, sans caresse que celle du vent frisson après l’orage…

Dehors, au plus près de la fenêtre entrouverte, un mûrier platane étend largement ses moignons ; dans les noeuds de l’arbre, gargouilles fatalistes, il s’y perche une pléthore de primates prétentieux ! Tout en haut, c’est un gras gorille qui garde les autres garnements ; on dirait qu’il sait tout de cet arbre généalogique. Obsédé, il surveille le parc, le parking et les participants pressés, courant à la clinquante clinique ; les branches qui poussent tout autour sont ses dents, sa tignasse, sa crinière, ses armes de canopée. Un peu plus bas, c’est un couple de bonobos débonnaires qui bamboche à la même branche bleutée. Ils semblent soudés l’un à l’autre et rien ne pourrait les séparer, ni le vent, ni la pluie, ni mes grimaces entendues, dans le reflet de la fenêtre. Tout près, un chimpanzé chamarré me surveille en penchant la tête ; c’est un curieux, celui-là. Avec son œil rond et glauque, il suit mes faits et gestes ! Il est terrifiant. Tantôt singe, tantôt hydre, tantôt zombi, tantôt inquisiteur, les ombres du jour passant le maquillent au gré de mes accablantes fantaisies de morphinomane…

Les ventripotentes gouttes de pluie s’attachent aux branches ; si les premiers bourgeons de l’année se tendent vers le ciel, elles se pendent en regardant désespérément l’herbe du parc. Il y a des noires, des blanches, des crochues ! Sur les fils d’une gamme fantôme, on dirait des notes de musique alignées pour agrémenter une symphonie aussi pastorale que silencieuse. Elles font la course avec celles de ma perfusion ! Qui va gagner ? Toi ou toi ? En regardant obstinément le mur, en face de mon lit, je ne sais plus qui tombe le plus vite…  

Pas de télé, pas de livre, pas de musique, pas de visite, j’ai décidé de ne laisser nulle interférence oisive entre le mal qui me ronge et mes pensées fugitives. C’est un corps à corps, à corps perdu, entre le corps médical, la morphine et moi. Le drap de mon lit se gonfle sous la bourrasque de mes soupirs incessants. Et si je larguais les amarres, et si j’allais naviguer dans les vagues de mes tempêtes intérieures, et si je partais à la chasse au trésor ? Je ramènerais des arcs-en-ciel mirobolants, des étoiles aux filaments cristallins, des nuages de vent du Nord comme des oriflammes de beau temps !

Goutte à goutte, seconde après seconde, le liquide s’étire et se noie dans mon avant-bras ; j’ai soif, j’ai froid, j’ai faim et envie de vomir. Le jour et la nuit se déclinent en tristes couleurs opaques ; le bouillon de onze heures se touille avec des biscottes anémiées et l’infusion du goûter a des relents de racines de pissenlit. Les distances sont devenues des visions subjectives arc-boutées entre leurs ombres de départ et celles de l’arrivée.
Les chariots courant dans le couloir sont des trains à grande vitesse ; les express cahotent sur des aiguillages énervants et les moins rapides sont des omnibus s’arrêtant à chaque compartiment des chambres. A la dérive d’un destin planant, le temps se synchronise avec leurs toc toc incertains contre la porte d’entrée ; l’infirmière vient composter mon billet de fièvre, vérifier les tourments de mon cœur et renouveler ma poche… de morphine…

 

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