30 août 2014

Adieu la vie de château (JAK)

ja01

Bonjour les défiants

Voici ma dernière carte postale de cet été 2014.

Finie la vie de château, les feuilletons, les rêves, les escapades, les cartes postales et leur détectives zélés !

Pour nous y aider MAP nous a jeté un pont par delà nos écrans.

Et voici encloses à jamais, huit  semaines  rondement  évanouies.

 On y a vu que du feu.

 Rappliquons dare-dare, retrouvons nos  défiantes-pénates.

 Icelles  prometteuses,  nous y  planterons  nos pieds, sèmerons  nos quatrains, nos billets… nos réflexions profondes,   beaucoup de plaisanteries, et autres galéjades

Et chaque commentaire, poétique – enthousiaste- farceur- ou plaisantin,  aura un gout de sucré.

C’est terminé, fini et bien fini, le joli temps*  des  vacances, amis-défiants, je vous le confirme, au cas où vous auriez encore envie de vagabonder.

il suffit de passer le pont

*surtout cette année J 

 

Jak pour Défi #313  Huitième et dernière photo des défis de l'été :

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags :


Un petit pont de bois par bongopinot

bo01

 

Sur un petit pont de bois

J’admire au loin un château

Et m’imagine dans un tout autre endroit

Et je tourne les pages de mon album photos

 

Je revois le château de mon enfance

Et les balades dans le parc en famille

Où nous marchions souvent en silence

Coupé par le bruit de nos pas sur les brindilles

 

J’habitais alors à cent mètres de ce lieu extraordinaire

Mes fenêtres donnaient sur ce domaine idyllique

Où la réalité ne se distingue pas de l'imaginaire

Où s’envolait  parfois mon esprit confus et mélancolique

 

Je traversais ce bel endroit à l'odeur de cerfeuil

Pour  me rendre à la rivière en contrebas

Et parfois je croisais ci et là de petits écureuils

Quelle douce et belle époque que celle-là

 

Sur un petit pont de bois

J’admire au loin un château

Au dessus de ma tête les oiseaux tournoient

Et  je referme mon album photos

 

J'en ai fait le tour...

Et je le ferme

Et à double tour

Et sans une larme

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags :

la fin de la nuit (Fairywen)

La fin de la nuit…

 

Sous l’œil complice du château endormi,

Deux couples dans un pré,

Deux frères enfin réunis

Ont rebâti le pont de l’amitié.

 

Hier ils se sont mariés,

Dans le château ensoleillé,

Mettant fin à la nuit

Qui avait terni leur vie.

 

Et aujourd’hui,

Leurs belles à leurs côtés,

Ils peuvent oublier

Le sang sur les pavés,

La Rue de la Pierre Hardie

Sous la lanterne au coin qui luit…

 

Défi 313 du samedi 23 août 2014

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [42] - Permalien [#]
Tags :

23 août 2014

Défi #313

Huitième et dernière photo des défis de l'été :

313 Le petit pont de bois

Votre dernière participation estivale sera reçue à :

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt les amis pour de nouveaux défis  !

Posté par MAPNANCY à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Juste trop court (Walrus)

- J'l'avais dit qu'il n'y arriverait pas !

- À quoi ?

- À passer avant le rouleau-compresseur !

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags :

Participation de rsylvie

Balade au Vair.

La fleur au fusil, la fine équipe avance à grand pas.

 Tout joyeux à l’idée du programme de la journée, les garçons chantent à tue tête :

 « dans la troupe ya pas d’jambe de bois,

Ya des nouilles mais ça n’ se voit pas.

La meilleure façon d’marcher

C’est encore la notre,

C’est de mettre un pied d’vant l’autre

Et de r’commencer ….. dans la troupe ya pas,,, M E R D E lance petit Pierre, j’ai oublié les vers » !

-« quoi ! t’as oubliél’appâts ! Mais comment qu’on va faire », s’inquiète Marcel, le plus âgé de tous.

             …. 1 p’tit pouce qui marche

2 p’tits pouces qui marchent et ça suffit pour être heureux

1 p’tit pied qui marche

2 p’tits pieds qui marchent et ça suffit pour être heureux…..

-« Merde, chié…. comment qu’on va faire, reprend grand Jules,

Parc’que sans appâts c’est vach’ment dure d’attraper qu’et-chose »

…..

-« Oué, c’est trop dure », repris machinalement petit Pierre.

Le soleil, qui ne semblait pas vouloir entendre

 la sonnerie du réveil matin, s’étirait langoureusement

sur un ciel de lit bleuté aux couleurs chatoyantes du jour qui se lève.

La petite troupe continuait son chemin comme si de rien.

 …. Elle est passée par ici, coucou

Elle repassera par là….

-« regardez, on arrive presque », s’écrie petit Pierre impatient

de taquiner les poissons d’argent de la Mare à Sorel.

-« Hé l’gamin, t’es bien pressé. Faudra pourtant attendre, car

Y a une tuile, on n’a pas d’quoi les attirer dans nos filets.

Va falloir ruser petit » lui répondit Marcel

-«  Oué, va falloir ruser », renchérit grand Jules.

Arrivés à l’entrée du champ, les uns s’agenouillent d’autres enjambent la barrière.

Puis,  la petite troupe se s’épare et chacun rejoint

mécaniquement son emplacement coutumier.

Hors cette fois-ci rien ne va. Marcel a la mine renfrognée des mauvais jours.

Armés de patiente, les gamins attendent….. attendent.

Jetant à la dérobée un regard vers l’ainé de tous, car ils sont certains.

Marcel va trouver une solution. Seulement celui-ci n’a pas d’idée.

Rien, rien….. rien

….promenons nous dans les bois,

 pendant que le loup n’y est pas.

Si l’idée y est, elle y restera.

Mais comme il n’en a pas, elle n’y reste pas

Soudain petit Paul, du haut de ses 5 ans, ankylosé

par la longue attente, pousse un cri de douleur, des crampes

dans les jambes. Oubliant qu’il est en équilibre précaire

 sur un rocher glissant, se tord dans tous les sens. Et

se retrouve avant même d’avoir eu le temps de le dire,

 le nez dans les roseaux et le cul dans l’eau. 

Aussi vite tombé, aussi vite relevé par grand Jules accouru à son secours.

-« et ben p’tit gars, faut pas gigoter de la sorte », s’esclaffe

l’adolescent tout mouillé à son tour.

….Une souris verte, qui courait dans l’herbe,

Je l’attrape par la queue, je la montre à ces messieurs.

Ces messieurs me disent, trempez-la dans l’eau,

Trempez-la dans l’huile, ça fera un escargot tout chaud….

-« Mais qu’est-ce-t’as encore à gesticuler de la sorte », demande Grand Jules.

Plongeant la main dans son pantalon, petit Pierre en retire

une grenouille aussi effrayée que lui.

-« ha ha ha » s’écrient tous en cœur le restant de la troupe.

Plié de rire devant la mine déconfite du petit, Marcel s’écrie :

-«  c’est pas le tout de taquiner la rainette, mais

faudrait pas que le héro du jour attrape un rhume de fesses.

Rentrons ».

… Il était un petit homme, pirouette, cacahouète

Il était un petit homme, tout mouillé, pirouette, cacahouète. 
Mon histoire est terminée, mais je peux vous la recommencer

Je peux vous la recommencer.

 

Bien à vous,

rsylvie

 pirouette, cacahouète.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

White Spirit (EnlumériA)

Damien mâchonnait son casse-croûte sans conviction aucune. Il ne savait pas trop ce qu’il y avait sur sa tartine de pain – d’ailleurs était-ce vraiment du pain – mais c’était mangeable. Disons pour faire simple que cela ressemblait à une sorte de viande reconstituée avec un arrière goût de fromage d’écume accompagné de beurre de bigorneau. Il poussa la dernière bouchée laborieusement mastiquée avec un verre de vin d’orage. C’est comme ça que Sandalphon avait appelé ce breuvage. Bon ! C’était buvable.

Il regarda d’un air absent le yack bleu qui ruminait à quelques mètres. L’animal semblait l’observer du coin de l’œil avec on ne sait quoi de narquois dans le regard. Un peu plus loin les deux comiques qui lui servait d’escorte jusqu’à Kitej se perdaient dans d’interminables palabres avec le Sayedh el Khâfila*. De quoi parlaient-ils ? Damien s’en moquait. Il se sentait bourdonneux, sous l’emprise d’un vague à l’âme sirupeux qui collait à l’esprit comme un vieux chewing-gum sous la semelle d’un brodequin. Il tenta d’occuper son esprit en observant les déambulations ondoyantes d’une chaise rose qui transbahutait de-ci de-là un jubilant escogriffe. Juste derrière un attelage improbable couplant un dromaludaire avec un tamanoir, un homme aux allures de conspirateur enfournait à intervalles régulier un paquet dans une boîte à lettre sur laquelle un chat était perché. Le manège du type était assez déconcertant. Il ouvrait la boîte, mettait le paquet, refermait la boîte et attendait quelques instants. Le chat accomplissait alors trois tours sur lui-même, posait sa patte sur l’épaule de l’homme qui, aussitôt, prenait un autre paquet dans un grand sac, ouvrait la boîte à lettres qui était de nouveau vide et remettait un paquet. Et ainsi de suite mais quelle importance. Damien ne s’étonnait plus de grand-chose, désormais. Ils étaient arrivés au caravansérail en fin d’après-midi. Orphaniel s’était encore moqué de lui au sujet de Kaelia. L’après-midi entier avait été ponctué par les sarcasmes du nain jaune. Bon, c’était vrai qu’il ne s’était guère préoccupé du sort de la jeune femme, il avait eu bien trop peur pour lui-même, mais de là à le harceler.

Damien se resservit un verre de vin d’orage. On aurait dit qu’il y prenait goût. Mais bordel, il ne la connaissait pas plus que ça, cette fille. Il ne savait même pas d’où elle venait. En plus, il n’était peut-être qu’un jean-foutre comme l’avait répété ad nauseam cet abruti d’Orphaniel, mais il n’était pas con. Il avait bien compris que Kaelia était un nom bidon dont cette fille s’était affublée pour éviter quoi… des questions gênantes ? 

Un peu mon neveu !

Qu’elle se les garde, ses petits secrets mesquins

Mesquins, mesquins

                               Bah ! Oui, quoi.

                                               Poil au brodequin !        

Damien contempla son verre presque vide avec acrimonie. Il ne savait pas de quelle sorte de vigne venait ce vin, mais voilà qu’il avait l’impression d’entendre des voix.

Ce vin n’a rien à voir avec moi !

Bien ! Il entendait des voix. Pas grave. Depuis deux jours, il gambadait dans ce qui était l’équivalent onirique de charybde et scylla et

                 Tu ne vas pas me faire le coup ?  

                                                Ce qu’il avait vécu après la disparition de Marjorie

                                                                                Et si, il l’a fait !

Au seuil de l’agacement, Damien reporta son attention vers le gars qui s’acharnait toujours à gaver cette stupide boîte à lettres qui, elle, s’évertuait à digérer d’une manière stakhanoviste les paquets qu’il sortait du sac sans fond. Ah ! Tiens. Le chat n’était plus là. Il vida son verre. Le yack bleu l’observait toujours, mais cette fois, il crut lire une mise en garde dans le regard crémeux du bovin.

Ton pote a raison !

Quoi ?

Ton pote déguisé en citron, il n’a pas tort.

Le jeune homme sentait des vagues d’irritation fourmiller à hauteur de son plexus solaire. Il était crevé, ce vin lui tournait la tête et pour ce qui était des railleries, il avait eu sa dose pour aujourd’hui. L’avantage – si on pouvait parler d’avantage – c’était que ces railleries avaient été proférées par quelqu’un de chair et d’os, pas par une petite voix à l’intérieur de sa tête suscitée par un vin au nom bizarre.

   Eh ! Mec ! Je ne suis pas une voix dans ta tête de pioche !

                Alors t’es qui ?

                               Regarde en bas, sagouin, maringouin, pâte à pingouin !

Damien, somme toute pas contrariant, laissa tomber son regard à ses pieds. Cela ne fit pas grand bruit et pourtant, ça l’aurait bien mérité. Une sorte de signal d’alarme retentit dans le lobe frontal de son cerveau un peu comme un carillon fêlé au fond d’une mare à canards. Légèrement décontenancé, il releva la tête et constata qu’autour de lui, le monde semblait à peu près normal, à supposer que normal soit bien le terme qui convienne. Le type au sac continuait de charger sa boîte à lettres, ses deux gardes du corps jacassaient toujours avec le Sayedh el Khâfila et le yack bleu le regardait cette fois bien droit dans les yeux semblant dire : « Je t’avais prévenu. » Donc…

Bah, non, l’arsouille, tu ne rêves pas. Eh ! Tu vas te réveiller un peu.

Et vlan ! Damien se prit un solide coup de pied dans le tibia. Donc…

Il ne rêvait pas. L’homoncule blanchâtre qui se tenait bien droit dans ses bottes juste à côté de celles de Damien n’était pas une création délétère généré par son esprit mortifié.

— Mais t’es qui, toi ?

Je suis le White Spirit.

— Le quoi ???

Je vois. Monsieur ne pratique pas la langue de Shakespeare. Je suis l’Esprit Blanc, si tu préfères, Prosper.

— Oui, merci pour la leçon. – En prononçant ces mots, Damien sentit que ses lèvres se contractaient en un imperceptible sentiment d’amertume – Là d’où je viens, le White Spirit, on s’en serre pour nettoyer les pinceaux et les taches de peinture…

Je suis aussi cela pour toi.

Le petit bonhomme blanc exécuta un petit pas de danse qui aurait pu passer pour une figure de tai-chi, puis il se mit à glousser comme une perceronnelle.

 

Eh ! Toi, là-haut, le Narrateur, c’est quoi, une perceronnelle ?

 

« Arrête, bougre d’idiot ! Tu n’as pas le droit de m’adresser la parole. Je ne suis pas censé être présent. »

 

Oui, mais c’est quoi dit, hein, c’est quoi ? continuait le White Spirit en trépignant comme un marmouset des marais.

 

Temps mort !

 

« Une perceronnelle, c’est un perce-oreille femelle qui se comporte comme une péronnelle. Bon, ça y est. Je peux reprendre le cours de mon récit ? »

 

Vas-y Georges ! Reçu 5 sur 5. Tu reprends ton job et moi le mien.

 

De son côté Damien s’emporta.

— Quand t’auras fini tes pitreries, petit enfariné, tu pourras peut-être me dire ce que tu me veux.

Ton cœur est noir comme la suie, il ne brasse pas du sang, mais du bitume. Je suis là pour nettoyer toute cette boue.

— Qu’est-ce que tu racontes ? Quelle boue ?

Je discerne tes pensées comme la chauve-souris discerne les obstacles dans la nuit profonde, Cunégonde. Elles dégoulinent de toi comme de la poix sur une muraille prise d’assaut. Ton personnage de tragédien pathétique ne dupe personne. Si tu veux que ton monde change, prépare-toi à changer toi-même, Philomène.

Un ricanement amer secoua Damien. Quelle ironie. Non content de supporter les lazzis d’une banane sur pattes chevauchant un cheval de bois, voilà qu’il se façonnait un Gemini Criquet personnel.

Bougre de hérisson mou des steppes de Lampedusa ! Je ne suis pas plus Gemini Criquet que tu n’es un pantin de bois.  D’ailleurs, t’es qui toi, hein ? Quand on fait le bilan, t’es qui au juste ?

— Je suis Damien Dexter et…

Je ne te demande pas quel est ton état-civil, banane de cirque. Je te demande qui tu es vraiment.

— Je suis quelqu’un qui…

T’es rien mec. T’es qu’un guignol qui passe son temps à se lamenter sur son sort. Un clampin qui fuit ses responsabilités. Et Marjorie par-ci et Marjorie par-là. Gnah, gnah gnah ! Tu étais où quand elle avait mal ? Tu peux me le dire ? Tu n’étais même pas à travailler sur ce foutu roman que tu n’écriras jamais. Tu te crois important parce que tu sais jouer trois accords sur cette vieille guitare que tu trimballes partout comme si le poids de ta propre misère ne suffisait pas. Tu ne sais même pas pourquoi tu t’es assis au beau milieu de ce maudit triangle, là-bas, aux Bermudes. Le capitaine Ward, tu ne le connaissais que par ouï-dire. Sa baraque, tu ne l’as acceptée que parce que tu cherchais un trou où te cacher, cochon casher.  

Assommé par cette admonestation, Damien ravala sa rancœur et sa rancune avec une petite pincée d’aigreur pour faire bonne mesure. Le White Spirit, bien campé sur ses petites jambes, les mains sur les hanches, le regardait sévèrement du bas de ses trente centimètres et des poussières.

— Qu’est-ce que tu veux que ça me foute, tes réprimandes à la con ? Tu ne sais pas ce que j’ai vécu ? J’ai…

Et re-vlan ! Un grand coup de ganache dans le tibia. Le petit bonhomme blanc frappait vite et fort.

Arrête de pleurnicher et réveille-toi, je te dis.

Damien tenta une fois encore de proférer une de ces jérémiades dont il avait à la longue peaufiné la recette. Mais rien de voulait franchir le seuil de ses lèvres. L’homoncule posa son doigt sur sa bouche et fit :

Schhhh ! One a minute, please !

Et alors, le White Spirit se mit à dansoter sur place un quadrille meringué du genre drolatique et burlesque. Ça évoquait à la fois la danse de la pluie et la biguine ; l’agacement oblique et la frilosité morbide. C’était aussi bien risible que triste à pleurer et c’était destiné à provoquer un choc mental qui ne tarda pas à débusquer du cœur sombre de Damien une bestiole noire armée de pattes griffues et tranchantes comme des rasoirs. Cela se tortillait en tous sens comme sous l’effet d’une décharge électrique en poussant un horrible cri de craie furibonde sur un tableau noir.

Damien fut pris de nausées. Il expulsa son vin d’orage dans le caniveau et vit que sa vomissure charriait une myriade d’aiguilles et d’éclats de verre. Il se laissa tomber sur les genoux, groggy, anéanti, mais soudain léger comme un échantillon de barbe-à-papa dans une brise d’été.

Par terre, le petit bonhomme blanc se tenait tout droit campé, les bras croisés et la tête insolente.

On se sent mieux, hein ! La vilaine bête est partie et le cœur de suie a cédé la place à cette petite étincelle divine que tu as reçue à l’aube du monde.

Damien reprenait tant bien que mal ses esprits. Il se sentait tout mollasson mais aussi tout bonheur et limpidité. Un arrière-goût sucré avait chassé l’amertume insistante qui chargeait depuis longtemps son haleine. Son esprit était clair, son regard lumineux. Une tonicité nouvelle embrasait sa poitrine, apaisait son souffle, revigorait son être tout entier. Il avait l’impression de se défroisser et de s’épanouir comme les pétales d’une fleur d’or dans l’astral.

— Mais qu’est-ce que tu m’as fait ?

Moi, rien. Je ne suis que le White Spirit, le vecteur au service du Tout. Je t’ai nettoyé, décapé, débourbé de fond en comble.

Une ombre s’interposa entre Damien et le soleil couchant.

— Avec qui tu parles ? demandant Sandalphon.

Damien se redressa.

— Je parle avec… Le White Spirit ?

À ses pieds, il voyait une petite silhouette blanche peinte sur le bord du trottoir.

— Tu parles avec un tag ? Holà ! Bonhomme. C’est le soleil rose ou le bleu qui t’a tapé sur le cabochon ? Allez viens. Je vais te montrer où dormir.

Damien suivit Sandalphon d’un pas encore mal assuré.

— Euh ! Dites-moi, Kaelia, vous croyez qu’on va la retrouver ?

Sandalphon se retourna. Un sourire malicieux éclairait son visage.

— Ah, quand même ! Tu y auras mis le temps.

 

 

* Meneur de caravane, cf. défi 309 Slave Transportation

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :

DEUX PIEDS (Sebarjo)

 
 

Petit matin.

Un ou Le ? Peu importe il est de bonne heure et je suis de mauvaise humeur.

Disons qu'il est 8H30. Je suis déjà debout depuis plus d'une heure. La reprise est difficile, la tâche ardue pour le vacancier que j'étais encore hier. Je parviens tout de même à trouver la porte d'entrée. Je sors, ni paré ni même préparé au labeur qui renaîtra dans un quart d'heure.

J'arpente comme à reculons les trottoirs de la ville quasi-déserte en cette mi-août. J'ai la tête lourde et embrumée, encore en congé, le corps pesant et ensommeillé, pas totalement délassé des bras de Morphée. Je déambule seul, me rendant à mon bureau à pieds, ayant laissé ma jolie auto au garage. Mes pas claquent, résonnent, claquent, résonnent. Plutôt fortement car j'ai rechaussé mes Richelieu de chez Santoni et délaissé mes espadrilles quelque part sur la côte basque entre les plages d'Erretegia et de Parlementia. Un pigeon agite ses ailes et se pose sur un banc à la recherche de restes culinaires. Le vent fait voler deux ou trois papiers gras. Les artères de la ville respirent à peine tant elles sont vides. Je traverse l'avenue lorsque soudain, me sortant de mes rêveries inhérentes, une silhouette blanchâtre apparaît sur l'asphalte grisâtre. C'est un piéton. Du moins, sa substance peinturlurée qui semble vouloir avancer d'un pas énergique et décidé. C'est un piéton certes, mais comme il semble loin de moi ! Je pense alors à cette chanson de Thomas Fersen que je me mets à fredonner, tant mon entrain tourne au ralenti :

Je suis désolé je n'ai que deux pieds...

Même si je ne me sens pas de taille, je dois rester une pointure, alors malgré tout, il faut que j'avance c'est une évidence... je ne vais pas commencer cette reprise en étant à côté de mes pompes, moi qui tend facilement à la calcéophobie !

Encore quelques mètres et j'y suis.

Bon élève, je relève la grille qui grince et ouvre la boutique dont l'enseigne révèle un chat botté.

En effet, l'hiver comme l'été, je travaille Au Chat botté, grand magasin de chaussures qui a pignon sur rue depuis plus d'un siècle, créé à l'époque par un certain Chabotié, cordonnier de son état. Ici, moi je ne suis qu'une petite main au service des pieds de ces Messieurs Dames...

Ce matin, il n'y a pas foule. Pour ne pas perdre pieds ni même la main, je m'occupe comme je peux et trie quelques paires par pointure. Je sors de mon cirage en les triant justement par nuance. Je renoue avec le travail en rangeant des lacets par paire et par longueur.

Dix heures sonnent enfin. J'ai fini mes classements inutiles et insensés. Je m'ennuie déjà.

Pour ne pas sombrer dans un désœuvrement total et ne pas perdre la main ni même pieds, je décide alors de jouer au client tout en tenant mon rôle habituel de vendeur pantouflard.

Je soupire bien vite car mon client n'achète jamais plus de deux chaussures à la fois et c'est assez laçant. Profitant de ma dualité, je lui fais part de mon exaspération en me toisant de la tête aux pieds. Rigolard, celui-ci me répond alors depuis son miroir en chantant :

Je suis désolé je n'ai que deux pieds !

 

 

Et pour fredonner encore cette chanson,

voici ma version  lagaffesque ci-dessous :

 

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

L'ombre blanche (MAP)

Quand le petit bonhomme est rouge


 

Bonhomme rouge

  

 

tout est calme,

 

rien ne bouge !

 

Quand le petit bonhomme est vert

Bonhomme VERT

 

 

on avance,

 

on espère !

 

Quand le petit bonhomme est blanc

 

 

 Le petit bonhomme blanc

c'est que  Poucet

 

s'en est allé

 

à la ville

 

se promener !

 

Sur son chemin

 

il a tracé

 

en ombre blanche

 

son portrait

 

pour sa propre

 

sécurité !

 

 

 

 

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :