30 mars 2013

Jane (Célestine)

« Jane ? Jane ! que faites-vous à cette fenêtre ? C’est dangereux, voyons !

-Oh, père, laissez-moi encore un peu rêver !

-Vous êtes une idiote, ma fille ! A-t-on idée de rêver en regardant les toits gris et sales de Londres ! »

Jane a posé son visage aux grands yeux bleus sur ses mains en corolle. Elle a trente-six ans désormais, mais la voix de M. Banks, son père bien aimé,  résonne toujours à ses oreilles…Elle rêve à Bert et à Mary, elle rêve de retourner promener ses chaussures vernies et son chapeau à ruban parmi les ramoneurs enchifrenés de suie…Elle aimait tellement Mary et sa façon de faire de la vie une aventure permanente…

Hop, le saut dans les dessins éphémères des dessinateurs de trottoirs…la promenade  au pays des  fées, le monde où tout est possible, les douceurs enchantées de l’enfance, le morceau de sucre qui aide la médecine à couler…

Et puis la mélodie des cheminées, quand Bert, éclairant, lumineux sourire, son visage noir de ramoneur,  les emmena, Mickaël et elle, à travers Lodge Lane et Harrington Park…

♪ Chem cheminée ♪ chem cheminée ♫ chem chem cherry…♫♪

Il lui a semblé l’espace d’un instant apercevoir le parapluie magique de Mary et ses drôles de pieds indiquant tout le temps 10 heures 10…

Jane a les yeux humides, devant Londres et ses milliers de cheminées comme des soldats au garde-à-vous qui veillent sur l’âme de la Cité.

 Une goutte de pluie a dévalé sa joue. Le temps fraîchit. Il va pleuvoir.

 

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Si j'avais eu le temps... (Vanina)

Si j’avais eu le temps, je vous aurais parlé de la cheminée de notre maison de vacances avec dans la pièce voisine, un four à pain. Malheureusement cheminée et four utilisaient le même conduit, ainsi lorsque nous utilisions la cheminée, la pièce du four se retrouvait enfumée et vice versa… Très vite, le four fut condamné puis utilisé pour ranger les outils… Quant à la cheminée ? L’été, elle sert de garde-manger !

Si j’avais eu le temps, je vous aurais relaté la soirée entre copains cavaliers, dans une belle maison en pleine forêt, devant un grand feu de cheminée, et j’aurais évoqué cette poignée, de gros sel, jetée dans le feu pour en raviver la flamme vacillante malgré le bois restant.

Si j’avais eu le temps, je vous aurais parlé à nouveau de la cheminée de notre maison de vacances où, un été, le petit ami de ma sœur puînée, un chiroptophobe, vint dîner. Une pauvre chauve-souris, sans doute attirée par la lumière, arriva dans la salle à manger par le conduit, provoquant les cris de notre ami, les cheveux dressés sur la tête. Je revois mon père ouvrant la porte puis, l’épuisette à la main tenter d’attraper l’animal qui volait en tous sens apeuré. Il lui fallut plusieurs minutes pour l’attraper et le libérer au plus vite dans le jardin.

Si j’avais eu le temps, je vous aurais conté la cheminée de la maison d’adolescence de mon Amour. Lorsque nous y mangeons avec son frère et toute la famille, comme je suis la plus frileuse, le plan de table me met au plus près de son foyer qui me réchauffe.

Si j’avais eu le temps, je vous aurais raconté comment à la lecture de cette consigne m’est revenue en tête la chanson de Mary Poppins « Chem cheminée, chem cheminée, chem chem cherry (…) le Père Noël n’est rien qu’un ramoneur, mais un ramoneur qui rime avec bonheur (…)» que j’ai si souvent fredonné en écoutant mon 33T Disney*.


*Voici la version à laquelle je fais référence :

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Cheminées (Walrus)

Cheminée

Je suis né au milieu d'un champ de cheminées
Cachant le ciel de leurs vomis empoisonnés.
Les nuits étaient zébrées de lueurs rougeoyantes
Et l'air était rempli d'une rumeur grondante.
Des enfants aux pieds nus allaient rampant sous terre
Extraire le charbon comme au fond d'une tombe.
Aujourd'hui, tout est calme et les cheminées tombent
Et des ouvriers pleurent : ils regrettent l'enfer !

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Grand tirage (titisoorts)


Le soir où l'on s'est rencontré
c'était plutôt foyer fermé
tes longs cheveux couleurs bistres
tu m'as prise pour un cuistre

Et bien avant que l'on s'embête
nous deux nus sur la peau de bête
viens près de la cheminée
oui viens on va se réchauffer

Je pensais au feu à la bûche
cette soirée pleines d'embûches
pas avec ce dîner d'hiver
qu'on pendra la crémaillère

la nuit ne s'annonçait pas hot
j't'imaginais près de la hotte
portefeuille en hérisson
resto payé à l'unissons

Et bien avant que l'on s'embête
nous deux nus sur la peau de bête
viens près de la cheminée
oui viens on va se réchauffer

C'est bien plus tard près de l'âtre
j'étais devenu bellâtre
toi chaude comme la braise
viens que je te mette à l'aise

mais pourquoi rien n'a fonctionné
pourtant une belle soirée
réussir à t'acheminer 
à côté de ma cheminée

Eh bien avant que l'on s'embête
nous deux nus sur la peau de bête
viens près de la cheminée
oui viens on va se réchauffer

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Questions d'enfant (MAP)

- Oh regarde Maman l'éléphant et sa cheminée toute recourbée !!!!

éléphant

- Ce n'est pas une cheminée c'est sa trompe !

- Et là, le gros rhino il a aussi une petite trompe toute pointue !!!

 

rhino

- Ce n'est pas un trompe, c'est une corne !

- Oh là là !!! C'est compliqué et là sur le bateau le tuyau noir avec un petit parapluie au-dessus, c'est une trompe ou une corne ???

bateau

- Ah, eh bien là c'est vraiment une cheminée !!!!

- PFFFIOUUUUUU !!!! PFFFFFIOOOUUUUUUU !!!!! PFFFFIOU !!!! PFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF !!

- Qu'est-ce que tu fais Jojo ?

- Ben, j'essaie de lui apprendre à fumer, elle est trop petite pour savoir !!!!!

 

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Histoires de cheminées (Flo)

Histoires de cheminées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Florange n’est plus ; l’industrie française est dépecée par un capital mondial, par un de ses pairs, si jeune que notre Président pensait s’adresser au fils alors qu’il s’agissait d’un des fondateurs de ce machiavélique système économico-financier. J’imagine le coup de vieux pour ne pas dire le coup de grisou. Adieu donc, cuillères durables pour percer le mur de pierre ou de verre, rappeuses à fromage en acier éternellement transmissibles aux générations successives, aiguilles creuses pour rapiécer nos houilles et ainsi, se démarquer par et dans notre ingéniosité. Fumée volée aux hauts fourneaux, voilà ce qui est retenu pour raconter cette première histoire de société, pour ne pas dire de cheminée.

Miro regarde Flo. Pas sa frange, mais ce qu’il y a dedans. Il supplie : « Racontes une histoire plus perso ». Alors Flo regarde et se voit avec Kako dans la cuisine équipée d’une chaudière à bois qui chauffe toute l’eau et toute la maisonnée. C’est l’heure du petit déjeuner. Pendant que Flo touille son café au lait, Kako prend le crochet en métal pour ouvrir les deux volets en fer, emboîtés et articulés l’un à l’autre par deux fines soudures. Il se rend compte alors qu’il n’y a plus de feu ni de flammes, juste quelques braises enfouies dans les cendres. Espiègle, le grand frère veut se faire apprenti laborantin. Il ouvre le placard à produits dangereux et prend l’alcool à brûler. « On va faire un essai » dit-il.

Flo se rapproche de lui comme s’il s’agissait d’une assistante. Il verse la moitié de la bouteille. Nous nous penchons par-dessus la chaudière entrouverte. Nous regardons. Rien. Un peu déçu de cette absence de réaction chimique, il voit la boîte d’allumettes à côté de la cuisinière. « EUREKA ». Le petit sourire en coin, l’illumination de la solution émerveille son visage d’enfant. Il allume l’allumette et la jette dans la chaudière. Nous nous penchons à nouveau par-dessus la chaudière. Et là, pas le temps de dire « oh, y’a rien » car une énorme flamme jaillit et nous brûle sourcils, poils des bras et quelques mèches de cheveux. Nous avions donc fait une connerie.

Nous voyons au loin notre père arriver. Vite, nous nous réinstallons sur la table de la cuisine. A tourner le café au lait comme si de rien n’était alors que la cuisine empestait le porc brûlé et que les copeaux de poils fondus surnageaient dans le bol. Le père apeuré avait vu une flamme de 20 mètres sortir du conduit de cheminée alors qu’il descendait le chemin pour entrer tranquillement à la maison. A la question « qu’est-ce qui s’est passé ? », nous avions feint l’ignorance sans savoir ce qu’il avait pu voir.

Quelques décennies plus tard, la chaudière à bois a été remplacée par la chaudière à fioul. Là, je n’étais pas à ses côtés. Mais j’entends un grand « BOOM ». J’entre dans la même cuisine et je vois les sourcils de mon père fondus !
Et comme le défi demande plusieurs histoires, je finirai par celle-là, jamais Flo ne laissera passer l’interdiction des cheminées et de leurs feux même s’ils présentent une certaine dangerosité car le feu et sa maîtrise représentent un cycle fondamental dans l’histoire de l’humanité.

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CHEMINÉES DU MATIN (joye)‏

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Pourquoi le Père Noël préfère la cheminée (Poupoune)

La planque était sans doute déjà cernée, impossible de se tailler. Les flics donneraient l’assaut d’une minute à l’autre. Il fallait que j’agisse vite.

J’ai viré la latte du plancher sous laquelle était planquée l’héroïne, pour m’en débarrasser avant leur arrivée, mais Roger était aux toilettes et ne semblait pas en mesure d’en sortir rapidement : impossible de faire disparaître la came d’un coup de chasse d’eau. Il me fallait un plan B et, bien sûr, la cheminée offrait une très bonne alternative. J’ai allumé un feu n’importe comment, avec ce qui me tombait sous la main, et balancé toute la dope dans les flammes sans tarder.

Sauf que Roger ne débouchait pas plus les toilettes que la cheminée.

La fumée, au lieu de sortir joyeusement faire rire les oiseaux, a envahi d’abord le salon, puis toute la maison. Je nageais déjà en pleine euphorie quand les flics ont finalement débarqué. Entre le premier effet de la fumée, qui empêchait de voir à plus d’un mètre, et le deuxième effet – hin hin hin… le deuxième ! ha ha ! – la maison est vite devenue un gigantesque bordel.

Moi je riais comme une baleine, même si je me demandais si une baleine pouvait vraiment rire comme un junky défoncé, tandis que les flics se mettaient à tirer dans tous les sens en faisant la ronde autour de Roger qui, à peine sorti des toilettes, avait entonné l’hymne national tchèque. Ou angolais, je confonds toujours.

Tout ça m’a semblé durer des heures, sans doute parce que ça se passait au ralenti et à reculons, et je suis parti avant la fin parce qu’il fallait que je vérifie un truc sur les baleines.

Je n’ai pas revu Roger depuis, mais je crois qu’à sa sortie de prison il est devenu ramoneur.

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ma participation fumeuse mais non fumante :-)‏ (Sandrine)

Dimanche matin, dans un demi réveil, je pensais à ma participation aux prochain défis du samedi, je souriais à l’histoire que j’avais inventée, elle me plaisait bien, pas de crayon ni de bloc notes à ma portée, tant pis, car en plein hiver, sortir de la tiède et douce chaleur du lit est bien difficile, c’est même impossible un dimanche sans une bonne envie de pisser.

J’étais donc là, à me complaire dans la paresse avec délectation, confiante : c’est que j’ai une vaste mémoire et elle ne me fait presque jamais défaut, alors je pouvais faire du lard tranquille.  Et puis, après tout, même si ma mémoire flanchait*, ce n’était pas bien grave, j’inventerai autre chose. Voilà peu ou proue le point sur le flot de mes pensées dominicales et matinales.


Nous voici jeudi 13H28 (soyons précis)  et je n’ai toujours pas remis la main (mon esprit n'est donc pas manchot) sur mon texte. Il faut dire que ma mémoire est un vrai cabinet de curiosités bien mal rangé, une éléphante (même rose) n’y retrouverait pas ses petits alors, comment voulez-vous que j’y retrouve le brouillon d’une histoire ! Je crois juste me souvenir que je sautais à cloche-pied sur les toits. M’enfin une pensée aussi sautillante est bien difficile à suivre et je risque d’être en retard si je lui cours derrière.

Moi qui travaille si facilement de la cafetière d’ordinaire et qui n'ai qu'à regarder les volutes de fumée en sortir par le bec, voilà que je sèche sur une histoire de cheminée ! C’est un comble.

Bah, les cheminées, après un si long hiver, ont bien mérité de se reposer. Au moins, je serai là ce samedi et n’allez pas me dire que vous auriez préféré me voir courir derrière une pensée sautillante. Partir un jeudi pour suivre une idée et revenir ici le samedi, c’est IM-POS-SIBLE ! Avez-vous déjà bien regardé les méandres d’un cerveau ? Mes idées en suivent toutes les circonvolutions, je puis vous l’assurer, c’est pour ça, d’ailleurs, qu’elles sont aussi tordues à l'arrivée.

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Alchimie (Anémone)


Quand monte la température
Du feu intérieur,
Prévoir une cheminée
Qui laisse sortir la fumée.
Le trop plein d'humeurs.
La vapeur.
Voilà qui est impératif
Pour la réussite
De l'oeuvre

Garder un oeil régulier
Sur la tenue générale.
La mollesse ne sied,
Pas plus que la dureté.
L'équilibre en toute chose
Est affaire subtile.
Surveillez les bouillonnements.
Laissez enfler, puis taire
Inspirez. Expirez.
Il n'y a rien à faire
Qu'à laisser s'accomplir
Le travail des éléments
Et du temps.

Quand le prodige est prêt,
Respirer avec satisfaction
Et ravissement.
C'est le moment de l'extase.
Sortir délicatement le résultat.
Puis, élargir un peu la cheminée,
Afin de pouvoir sans être démasqué
Savourer, ô plaisir suprême,
La pâte onctueuse
Et moelleuse à souhait:
C'est de l'or qui ruisselle
Dans le palais.

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