16 janvier 2016

Participation de Fairywen

Le canyon

 

— Je vous jure qu’elle était là, monsieur, je vous le jure… insistait le malheureux agent. Et puis tout d’un coup, hop, elle a disparu !

— On la tenait presque, monsieur… Regardez, il n’y a que le ravin derrière ! Ce n’est pas possible qu’elle se soit échappée !

— Elle doit encore être là, ce n’est pas possible autrement… gémit un troisième policier en regardant frénétiquement autour de lui.

Le Chasseur ne répondit pas. Seul le tic nerveux qui agitait un muscle de sa mâchoire trahissait son agacement et sa frustration. Elle s’était échappée encore une fois, chacune des cellules de son corps le savait aussi clairement que s’il avait assisté à la scène. Pourtant, à priori, c’était du tout cuit… Pour une fois, elle n’avait pas eu de chance. Les forces de l’ordre l’avaient repéré, et s’étaient lancées à sa poursuite alors qu’elle sortait de la taverne où elle venait de dîner. Elle était rapide, mais le chemin qu’elle avait choisi menait vers les falaises, où elle allait inévitablement se retrouver face au large et profond canyon qui les coupait. Même elle ne pouvait espérer franchir une telle distance en sautant.

Et pourtant, alors qu’elle s’était retrouvée acculée au vide, elle avait disparu. Comme ça. D’un seul coup, sans que les agents lancés à sa poursuite ne comprennent comment.

Mais lui, lui, il savait. Oh oui, il savait…

 

Indifférent aux excuses que continuaient à lui bredouiller ses subordonnés terrifiés – il était connu pour son intransigeance et ses colères dévastatrices, le Chasseur s’avança au bord du vide et plongea ses yeux dans les profondeurs obscures du canyon.

Et il la vit qui sautait souplement d’un rocher à l’autre, descendant par bonds réguliers vers le fond du ravin. Les coussinets feutrés de ses pattes ne faisaient aucun bruit et ne dérangeaient pas le moindre petit caillou tandis qu’elle leur échappait une fois de plus. Comme si elle était consciente de sa présence, elle se retourna brièvement pour plonger son regard félin dans le sien, et il fut presque sûr de la voir rire. Puis la panthère noire se détourna à nouveau et sa silhouette devenue ombre parmi les ombres s’évanouit dans l’obscurité du canyon.

Bien sûr, il aurait pu parler, mais à quoi bon ? Bien qu’il soit le Chasseur, personne ne l’aurait cru s’il avait dit que l’Ombre était à la fois femme et panthère…

Illustration ici

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Abracadabra…. (Clémence)

La veille, ils avaient tout vérifié et introduit leur destination dans le GPS de leur voiture. Quelques minutes après minuit, ils fermèrent la porte de l'appartement, casèrent leurs valises dans le coffre et un panier pique-nique sur le siège arrière. La nuit et la route étaient à eux.

Première pause à trois heures.

Le silence régnait dans le véhicule, lui perdu dans les méandres de la conduite responsable, elle dans les ruelles des petits villages escarpés.

Deuxième pause aux petites heures.

Après avoir avalé un café et un croissant, ils étaient dans une forme éblouissante. Ravis de ce qui les attendait. Ils avaient tant espéré ces jours d'évasion !

 

Le bleu nuit avait cédé sa place à l'heure bleue et la lumière dorée ne tarderait plus à illuminer leur route.

 

Tout à coup, elle fronça les sourcils. Il pinça les lèvres.

- On dirait que quelque chose d'étrange se passe, dit-elle doucement.

- Mmm, il me semble aussi.

- Une idée ?

- Pas vraiment….

- J'ai l'impression d'avoir déjà vécu cet instant, dit-elle en croisant ses bras.

- Pas possible, tu le sais bien.

 

Les minutes s'étiraient en développant une impression de torsion. Elle frissonna et jeta un pull sur ses épaules et lui demanda s'il voulait le sien aussi. Il refusa.

 

- Il manque quelque chose, s'écria-t-il brusquement.

- La moitié de la route ?

- Mais non, c'est autre chose. Quelle heure est-il ?

- Huit heures trente , du matin.

- Et alors ? Nous sommes en été, et le soleil se lève à….

- Vers les six heures, dit-elle en terminant sa phrase en point d'interrogation.

- Zut… il est huit heures trente et une, le ciel est d'un bleu d'azur et le soleil n'est nulle part….

- Nulle part, c'est exact, ponctua-t-elle en se retournant. Mince alors. T'as une explication ?

- …..

- T'as une explication, toi ? répéta-t-elle.

- C'est à cause de tous leurs exercices, gronda-t-il en frappant le volant.

- Ah, de qui ? Des scientifiques ?

- Non… les autres ! Bien plus dangereux, bien plus subversifs !

- Tu me fais peur… explique….

- Les intellectuels…

- Mais ils ne s'en prennent pas au soleil, les intellectuels. Ils n'ont que des mots au bout de leurs doigts, dit-elle en souriant.

- Les intellectuels, je confirme. Avec leurs idées. Regarde bien, dit-il en tendant son index vers le pare-brise.

- Je ne vois rien….

- Regarde bien, là, devant toi. Ils ont placé un point d'interrogation. Et comme par hasard, le point du point d'interrogation cache le soleil. Voilà pourquoi il a disparu…

- Ça se peut, cela pourrait être l'explication, mais… Mais pourquoi ils feraient cela ?

- Les intellectuels du samedi sont terribles, je peux te l'affirmer. Ils ont des défis déboussolants…

- Tu veux rire ? Par exemple, imaginer pourquoi le soleil a disparu! Et tu vas leur répondre quoi ?

Il tourna légèrement la tête vers elle, caressa sa joue et continua, très sérieux:

 

- Je vais faire simple ! Je vais leur répondre que le soleil s'est barré car il en avait marre d'entendre :

- Quand est-ce qu'on arrive à la mer ? Je veux faire des châteaux de sable…

- Quand est-ce qu'on arrive à la plage ? Je veux bronzer couleur caramel…

- Quand est-ce qu'on arrive à la montagne ? J'ai hâte de faire du ski…

- Quand est-ce que la pluie va s'arrêter de tomber ? Je voudrais faire sécher le linge au vent...

- Quand est-ce que le soleil va faire blondir les blés ? J'ai besoin d'une bonne récolte...

- Quand est-ce que le soleil a rendez-vous avec la lune ?

- Pourquoi il est jaune, le soleil. Quand est-ce que le soleil sera noir, vert ou rouge ?

 

Alors, je crois que le bonhomme, de temps à autres, il a envie de voir la neige fondre au soleil . Il a envie d'enfiler un bain de soleil, de s'allonger sous un soleil de plomb, quitte à prendre des coups de soleil.

Puis, un cocktail aux fruits exotiques entre ses rayons, admirer enfin son coucher en guettant le rayon vert !

 

 

 

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À MON ENNEMIE INTIME QUI A DISPARU (Alain André)

 

À lire vos mots, vos phrases,  votre verve,

Je me trouvais bien vain de vouloir m’y frotter !

Ma timidité, mon humilité foncières inhibaient mon verbe !

Frappé de mon insignifiance et de mes phrases empotées.

 

Je donnais libre cours à ma timidité, à ma paresse crasse.

Il est aisé parfois, de se réfugier dans sa timidité,

Se cacher dans un brouillon, en attendant que ça passe ;

Posant  en étendard devant Son nez la page inhabitée.

 

Faut-il  décrire  cette ennemie intime et incongrue ?

Cette petite peur de ne pas savoir, de ne pas pouvoir ;

Qui nous fait reculer devant l’avenir inconnu,

Cette  facile excuse à ne pas vouloir ?

 

Cette petite peur a disparu, grâce à vos avis avisés que je vous remercie bien humblement de m’avoir adressés.

 

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Participation de Venise


Ma mère ne m’aimait point alors quand elle disparut  mystérieusement au bout du chemin ,
J’ai d’abord cherché la présence consolante de ma grand-mère .

Quelquefois je croyais la voir à mes côtés alors je mettais une chaise entre moi et elle pour qu’elle ne m'entraîne pas dans son abîme.

Jamais je ne l’ai vue lever nonchalamment  une mèche de cheveux sur mon front endormi.

J’ai donc attendu en toute confiance d’être adoptée.

J’ai appris plus tard qu’elle avait la maladie d’Alzheimer  et que ses disparitions successives l’avaient un jour conduite au bord de la rivière où elle s’était noyée.

J’ai retrouvé sa bague en or  dans le tiroir de la commode de nuit. Assise sur le bord de son lit je regarde cette bague que j’ai sous les yeux comme un cadeau radieux qu’elle m’a fait sans le savoir.

Mes yeux  capturent  les milles reflets de la bague et quelquefois j’y retrouve son sourire.

La main du temps a poussé ma mère vers le ciel et depuis des anges  viennent vers moi avec des robes à la glace à la vanille.
Ma rêverie m’a longtemps protégée  de la brutalité jalouse du monde, sans souci du lendemain.

Dans l’éblouissement de la robe blanche de ma mère flottant à la surface de la rivière, aucun ange maussade n’est venu me prendre la main.

Je suis allée dans la vie  un pied bloquant la porte du grand jardin.

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Sur son 31 (Vegas sur sarthe)


Ce jour-là Monsieur Grivois se sentait étrangement léger, comme libéré d'un poids.
Jamais il ne s'était senti si relâché et si bien dans son corps jusqu'à ce qu'il en découvre la raison devant la grande glace du salon... il manquait quelque chose à son gilet.
Son embonpoint assidûment entretenu par maints banquets et repas d'affaires s'en trouvait plus qu'à son aise, et pourtant une sensation de malaise oppressant lui comprimait la poitrine alors même que son ventre s'alanguissait.
D'un doigt tremblant il titilla la triste boutonnière – comme un second nombril – dans le fol espoir d'y faire ressurgir un bouton facétieux mais rien, pas le moindre bout de fil ni fragment de nacre qui puisse le renseigner sur les causes de la catastrophe.
Un bouton avait disparu.
Dans sa vie bien réglée de clerc de notaire à l'étude de Maître Finaud, jamais Monsieur Grivois n'avait imaginé qu'une boutonnière puisse être privée de son bouton comme une mortaise de son tenon ou un gousset de sa montre.

Asphyxié, frisant l'apoplexie, Monsieur Grivois tentait de se remémorer son coucher de la veille, le retour de la soirée qu'il avait passée au...
au Sphinx chez Marthe Marguerite, ça ne pouvait être que ça !
Il aurait perdu ce bouton chez «Martoune», la tenancière de l'établissement qu'il fréquentait chaque mercredi.
Il ne faisait aucun doute que parmi les soixante-cinq pensionnaires du 31 boulevard Edgar-Quinet, l'une d'entre elles aurait dans leurs ébats dérangé son costume, mais laquelle et dans quelle alcôve, quel boudoir ou quelle chambre égyptienne ?
Quelle “courtisane” l'avait déboutonné hier soir?
Etait-ce Aphrodite, grande bouche et cervelle d'oiseau, si gourmande mais si étourdie?
Etait-ce Samantha, pulpeuse et expéditive, charnue mais trop pressée?
Ou était-ce encore les deux sœurs Esther et Myriam, chamailleuses et brouillonnes?
Le Sphinx ouvrait à quinze heures et en marchant d'un bon pas, il y serait à l'ouverture pour retrouver son précieux bouton.
A l'idée de devoir encore se délester d'un pourboire pour passer la porte rien que pour retrouver son bien, il faillit se raviser mais une boutonnière ne pouvait par principe souffrir de solitude plus longtemps.
Mademoiselle Boisseau – la cousette du cinquième étage – aurait tôt fait ce soir de recoudre le bouton volage et tout rentrerait dans la normalité.
Comme il croisait Madame Mangin et sa fille au pied de l'immeuble, il les salua en prenant bien soin de tenir son chapeau à hauteur de la forfaiture.

A mesure qu'il marchait une terrible idée le taraudait. Et si l'on ne retrouvait pas ce bouton ? Si quelque employée de ménage l'avait jeté ou emporté pour elle-même ?
Ne disait-on pas que l'établissement possédait un tunnel secret qui menait aux catacombes ?
A partir de là, le bouton pouvait même avoir quitté la capitale, été monnayé dans quelque lointain souk pour finir au plastron d'un marchand d'esclaves...
Combien de gens mal intentionnés privent un honnête propriétaire de son bien – même le plus maigre – pour l'abandonner lâchement dans quelque fond de tiroir ?
Combien de bijoux, de chapeaux, de postiches et de cannes pouvaient bien avoir été définitivement perdus dans cet endroit qui à l'instant présent portait si bien son nom : un lieu de perdition.
Un Prévert, un Sartre ou un Dali n'y avaient-ils pas dans un moment d'extase ou d'égarement oublié quelque objet qui aujourd'hui s'arracherait à prix d'or aux enchères autant qu'un manuscrit ou qu'un tableau ?
On allait bien se moquer de lui lorsqu'il allait réclamer son petit bitoniau de nacre qui pourtant manquait tant à sa mise.
Il lui fallait trouver un prétexte, une idée de génie pour grossir l'évènement, amplifier le désastre et mobiliser tout le personnel afin de ratisser l'établissement ! Une battue, c'est cela, on devait organiser une battue au bouton de nacre, sonder chaque sommier, retourner chaque tapis, battre chaque tenture et même questionner chaque pensionnaire...
Ce bouton ne lui venait-il pas de cet ancêtre et capitaine des Dragons qui l'avait arraché en 1683 sous les murs de Vienne au costume d'apparat du grand vizir Kara Mustapha en personne, juste avant sa décapitation par le sultan Mehmed IV?
L'histoire serait crédible, l'affaire était d'importance et ne souffrait aucun retard! Il pressa le pas d'autant plus facilement que son gilet débraillé le lui permettait.
S'il arrivait avant quinze heures, il tambourinerait à la porte, se ferait ouvrir afin qu'on répare l'offense sans plus attendre.
On démasquerait la voleuse et on la jugerait dans l'instant pour la conduire à la guillotine!
Cette catin allait tâter de la «veuve» pour avoir spolié un bien aussi précieux, certes un morceau de coquillage percé de quatre trous mais un trésor de guerre qui illuminait l'arbre généalogique des Grivois depuis des siècles.


Sur la porte fermée du Sphinx, quelqu'un avait placardé une affichette que Monsieur Grivois – descendant d'un valeureux capitaine des Dragons – déchiffra, la mort dans l'âme :
«A compter de ce jour et jusqu'à nouvel ordre, l'établissement Le Sphinx est réquisitionné à titre de logement destiné aux couples d'étudiants convalescents de la Fondation de France».

Ainsi un bouton de nacre du gilet de Monsieur Grivois – descendant d'un courageux capitaine des Dragons – allait-il finir au fond de la poche désargentée d'un étudiant hirsute, braillard et dévergondé pour ne pas dire drogué, par la seule décision d'un organisme philanthrope et au mépris de la mémoire d'un sauveur de la France...


Trois jours plus tard on retrouva Monsieur Grivois, un pistolet à la main et baignant dans son sang; une large boutonnière à hauteur du cœur témoignait d'un irréparable acte de désespoir.

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09 janvier 2016

Défi #385

Etrange disparition

Disparition

Pour satisfaire notre curiosité

faites nous connaître vos explications éclairées

à samedidefi@gmail.com

Merci à vous !

A tout bientôt !

 

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Participation de Nhand

LA RETRAITE

 

 

Quand la limace prend son temps
Pour défigurer sa laitue
Dont les jupons verts froufroutants
Font traîner aussi la tortue,

Je cours,
Au long de la sainte journée,
Je cours,
Année après année...

Quand un bateau va doucement
Sur le bleu de la mer étale
Qui s'étend paresseusement
Dans sa splendeur horizontale,

Je cours,
Dès que s'illumine l'aurore,
Je cours,
D'abord, et puis encore...

Quand j'en aurai vraiment assez
De foncer à toute berzingue
Derrière mes dossiers pressés,
J'abandonnerai ce bastringue,

Mais toi,
Seras-tu là, dans le virage,
Dis-moi,
Ou n'es-tu qu'un mirage ?

 

 

LOGO NH-PF

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Un grand classique (MAP)

Visser des boulons ...

surtout garder le rythme

visser des boutons !!!!!

..................

Visser tout ce qui se présente !!!!!

*

A quel film cela vous fait-il penser ?

A quel acteur ?

Facile n'est-ce pas !

Un petit extrait rien que pour vous !

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St-Copé (par joye)

cha cha cha2

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