07 décembre 2013

L'enfant journal (Venise)

 

            Je m’étais installée dans un hôtel au bord de la plage d’ABOU D’ABHI.

            Le matin j’étais le plus souvent seule au bord de l’eau alors que le soir il y avait un peu plus de monde et je devais bousculer les enfants qui barbotaient dans l’écume des vagues.

            Un matin je fis une bien étrange rencontre.

            Un enfant journal.

Il était incapable de me donner son nom et j’étais assurée de son improbable identité.

            Est – il Pakistanais Bangladais ?  Nul ne le savait.

      Il disait se rendre en ville pour faire des courses et prendre des nouvelles.

-          Je voulais lui emboiter le pas, mais il replia si vite ses feuilles de journaux qui lui tenaient lieux de silhouette que je le perdis de vue un instant.

-          Il accéléra soudain son pas

-          soudainement l’enfant journal manifesta une inquiétude vive . Sa robe de papier commençait à prendre feu à cause d’un mégot mal éteint sur le trottoir.

-          Avec mon don de seconde vue, j’accourus pour sauver sa robe qu’une colonne d’oiseaux de mer commençait à agacer.

-          Il m’était difficile d’apercevoir son visage de papier alors j’emboitai son pas à distance .de telle sorte que s’il s’était retourné qu’il ne s’alarme point. Il ressemblait à un léopard des neiges perdu en plein ÉMIRAT ARABE ;

-          Une sorte de peinture rupestre échappée d’un paysage fossilisé ondulait devant moi S’il s’était prêté à la conversation et que mes paroles l’eussent froissé il serait où aujourd’hui ?

-          Il  prit soudain l’allée centrale qui mène au palais princier et accéléra le pas comme un chef d’État.

-          Le prince rebelle arrive criait on dans la cour du palais le prince rebelle revient !

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! Attention Public Averti ! (Stella No.)

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Aujourd’hui, je fête mes trente ans. Mariée, trois enfants, un poste de cadre peu épanouissant, je suis plutôt du genre sage et réservé. Je ne bois pas, je ne fume pas et je sors peu car j’ai toujours une tonne de repassage qui m’attend à la maison. Une vie très passionnante, en somme.

Ce soir, mes amies m’entrainent en boite de nuit. Ça fait bien dix ans que je n’y suis pas allée. En fait, pour être exacte, c’est depuis que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon époux, pour la vie, pour le meilleur et pour le pire.

Mes amies ont décidé que je devais fêter cette nouvelle dizaine, autrement que par la bouteille de mousseux et le fondant au chocolat que je fais chaque année. Elles ont donc préparé une soirée de fête : restaurant chic puis boite de nuit. Selon elles, je manque de fun dans ma vie. Elles ont surement raison, mais comment pourrais-je manquer de ce que je n’ai jamais eu ?

Devant leur insistance, je me suis résignée. Elles m’ont demandé de faire un effort, alors j’ai mis une jolie robe indienne, mauve et noire à manches trois-quarts, qui m’arrive au-dessus du genou. Emma m’a prêtée ses bottes noires à talons hauts. Je suis assez surprise de pouvoir marcher avec ces choses. Elle voulait que je mette des bas mais impossible de faire tenir la bande élastique alors je les ai abandonnés au profit de petites socquettes pour protéger mes pieds.

Je suis un peu fébrile, j’ai peur des surprises qu’elles peuvent m’avoir réservée.

Emma, Mel et Sally viennent me chercher avec la décapotable de cette dernière. C’est vrai que c’est la classe d’être véhiculée ainsi, ça me change de ma vieille berline. Les filles sont excitées, on dirait que ce sont elles qui fêtent leur anniversaire.  

Elles m’emmènent dans un restaurant proche de la boite de nuit.  Le repas est bon, l’ambiance feutrée, je ris beaucoup avec mes amies. Je ne suis, cependant, pas sereine. J’ai comme un nœud à l’estomac qui ne me permet pas de profiter pleinement de la soirée. J’ai le pressentiment que quelque chose va se produire. Je suis incapable de manger avec le bon appétit qui me caractérise d’ordinaire. Les filles s’en rendent compte et expédient le repas rapidement. Nous ne prenons même pas de dessert, un comble pour un anniversaire !

La boite de nuit est encore déserte lorsque nous arrivons. Je me sens déjà plus à l’aise dans cette pénombre, je le suis encore plus lorsque l’espace se remplit d’anonymes. Nous avons une table réservée, et tout en dégustant des mojitos, je peux observer les ballets de corps inconnus. Je me sens hypnotisée par leur transe, j’oublie peu à peu mes inhibitions. Je sens monter l’envie irrépressible de m’adonner au lâcher-prise. Et c’est cette chanson que j’aime tant qui va mettre le feu à ce désir que je dois assouvir. Les premières notes de Midnight City se font entendre et je me lève en m’écriant : « j’adore cette chanson ! ». Mes amies sont surprises mais elles rient et me suivent.

Je commence à me déhancher sans réfléchir, je laisse mon corps s’exprimer en toute quiétude.  Je ferme les yeux et ressens la musique. Les vibrations des basses résonnent dans mon cœur, je sens leurs effets dans mon ventre. Mes bras virevoltent autour de moi, tandis que je penche la tête en arrière et laisse mes longs cheveux caresser mes fesses. Mon esprit s’imagine seul et heureux. Je peux entendre tout proche de moi la voix du chanteur, elle me parle, elle m’attise, elle chuchote à mon oreille cette ode à la vie. J’ouvre les yeux en sentant un souffle dans ma nuque : il est là. Le chanteur. Il murmure ses incantations au creux de mon oreille, il est dans mon dos, si proche que je ressens sa chaleur. Je me tourne vers lui, nous sommes face à face. Il chante toujours tandis que je tends la main vers lui. Il est bien là, je ne rêve pas. Cet homme à la voix envoutante et au regard brulant. Il s’approche de moi afin que je puisse le toucher et nos corps se meuvent en harmonie l’un contre l’autre. Les yeux dans les yeux, nos souffles se mélangeant, nous évoluons sans nous soucier de ce qui nous entoure. Je ne sais plus qui je suis, je vis l’instant tel qu’il se présente. Sa main remonte doucement mon bras pour effleurer ma joue. Son contact m’électrise, je passe la langue sur mes lèvres, j’ai soif, j’ai faim, je ne sais plus. J’aperçois une lueur de convoitise dans son regard. Je sais qu’il me veut. Mes seins sont durs, ils crient pour être délivré de leur gangue de coton. Mon bas-ventre me supplie de commettre l’innommable. J’ai envie de cet homme. Et il le sait. Mais la musique nous soumet à sa volonté. Inexorablement nos corps se cherchent, se repoussent puis s’attirent. La tension monte en même temps que le tempo se fait plus rapide. Nos mains s’effleurent, nos corps se frôlent, je joue de mes cheveux pour me cacher de son regard ou au contraire pour m’offrir pleinement. Je lui tourne le dos pour faire mine de m’éloigner, il me retient contre lui murmurant ses mots enchanteurs. Nos lèvres se rapprochent dangereusement et les derniers accords de la chanson résonnent sans que nous avoir laissé commettre l’irréparable. Plus rien existe autour de nous. Le temps est suspendu. Je suis ancrée dans son regard, nos respirations sont rendues rapides par le désir et chacun attend de l’autre la permission de franchir les quelques millimètres qui nous séparent. Un coup de pouce du destin et un danseur me propulsent contre lui. Nos lèvres s’unissent avec ferveur et empressement. Nos langues se cherchent et se rencontrent. Il n’existe rien d’autres que le ballet sensuel qui se joue et nos mains qui s’effleurent encore avec pudeur. J’oublie tout ce qui se passe autour de moi, je ne suis plus une mère, je ne suis plus une épouse. Je ne suis qu’une femme qui s’enivre de sensations depuis longtemps oubliées.

Le regard dans le sien, je n’existe que pour sentir sa peau contre la mienne. Je penche légèrement la tête pour lui présenter le creux de mon cou, cet endroit si tendre où pulse ma vie. Il comprend instantanément et pose ses lèvres délicates sur cette zone qui a toujours été la plus érogène. Des frissons parcourent ma peau, mes poils s’érigent tandis que les sensations se décuplent. Tout devient plus intense. Il pose ses doigts autour de mon poignet gauche et remonte doucement vers mon coude. Le chemin ainsi tracé me semble brulant, il garde l’empreinte de sa délicatesse. Ses lèvres s’affairent sereinement, la ferveur a laissé place à une exploration sensuelle : mon cou, mon oreille, ma joue, mes yeux, mon nez, mes lèvres. L’homme est méthodique pour mon plus grand plaisir. Il apprécie chaque zone offerte à lui. Il goute, savoure, exalte. Et moi, j’exulte.

Mes mains s’aventurent sur ses bras, son torse, son dos, sa nuque. Je plonge mes doigts dans ses cheveux et attire son visage afin de parcourir moi aussi cette peau qui m’embrase. Je veux le respirer comme il m’a respirée. Je veux que lui et moi ne fassions qu’un. Je me coule contre lui, il n’y a que nos vêtements qui nous empêchent d’être peau contre peau. Le désir fait rage, nous ne contrôlons plus nos pulsions. Il me prend la main et pose son front contre le mien. Nos souffles sont courts et nos yeux ne se quittent pas. Je sais qu’il attend que je m’éloigne. Je reste et m’appuie encore plus fermement contre lui. Il sourit légèrement en fermant les yeux, je l’effleure de mes lèvres. Il m’entraine vers les toilettes. Je ne me pose aucune question, je le suis. Sans aucune frayeur, je l’observe fermer la porte après que la dernière personne soit sortie. Je ne souffle aucun mot lorsqu’il prend un préservatif au distributeur, puis après un regard furtif vers moi, quelques autres. Je n’ai qu’un sourire béat aux lèvres lorsqu’il se tourne de nouveau vers moi et qu’il pose ses mains sur mes hanches. Là encore il pose son front sur le mien, en quête d’un refus. Pour toute réponse, je pose une main sur son torse et de l’autre je déboutonne un bouton de ma robe. Je laisse ainsi apparaitre la dentelle qui me gène tant depuis que je l’ai entendu chanter doucement à mon oreille. Le signal est donné, il me prend presque maladroitement les lèvres tout en soulevant ma robe. Je relève une jambe afin se sentir les effets de notre corps à corps sur lui et commence à onduler les hanches. Après un râle, il interrompt le baiser pour embrasser mon sein à travers le tissu. Dans mon bas-ventre, l’orage gronde. Je suis indifférente à l’environnement et aux gens qui frappent à la porte. Je ne vis que pour l’instant. Je suis pressée, impatiente, je souffre de ne pas être délivrée de cette tension en moi. Je saisis fermement son jeans et fais sauter bouton et braguette. Il s’immobilise, surpris de ma véhémence, et pousse une plainte faible lorsque je baisse pantalon et caleçon afin d’avoir accès librement à l’objet de mes investigations. Lorsque je le saisis entre mes mains et que je le parcoure, il frissonne violemment et reprend mes lèvres tout aussi fortement. Je frotte son sexe contre ma culotte, j’en ai assez de ce jeu de séduction. Je revêts son sexe de l’enveloppe protectrice : il me le faut en moi maintenant. Il partage le même empressement que moi. D’une main sous les fesses, il me soulève le dos contre le mur pendant que je noue mes jambes autour de lui. De l’autre main, il arrache le derrière rempart avant mon intimité puis il plonge en moi. Le feu de mon bas-ventre s’en trouve à la fois soulagé et attisé. Rien ne nous sépare, nos désirs se fondent l’un dans l’autre. Chaque coup de reins m’emplit d’un plaisir si intense que j’ai la sensation que je vais m’évanouir. Je ne peux retenir les petits cris de ravissement et je le sens attisé par mes réactions. Le rythme s’intensifie et la profondeur des mouvements se fait plus ample. La tension monte inexorablement jusqu’à je n’en puisse plus et laisse échapper un long murmure de plaisir. L’orgasme m’a pris en même temps que mon compagnon se déversait par spasme. Nous reprenons peu à peu nos esprits. Aucun mot n’est échangé, les regards sont tendres, les gestes empreints de douceur. Ce que nous avons partagé ne se commente pas, il se vit. Nous nous rhabillons sereinement. Nos cœurs s’apaisent, nos mains cessent de trembler, nos esprits sont apaisés.

Nous nous quittons à la sortie des toilettes sur un dernier baiser.

Je rejoins mes amies partagées entre le choc, la crainte et l’envie. Là encore je ne dis rien, je me contente de ressentir.

Ce soir, j’ai trente ans. Ce soir, j'existe.

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30 novembre 2013

Défi #275

Rencontre(s) insolite(s)

 

rencontres-insolites

Nous attendons avec plaisir vos récits

réels ou inventés à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

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Décret Municipal (Célestine)

On savait déjà que le Maire de la petite ville de Sassent-la-Rose aimait beaucoup la propreté, mais là, vraiment, son dernier décret municipal dépasse les bornes et jette un froid sur toute la commune. Désormais, en automne, les arbres ne seront plus autorisés à laisser négligemment tomber leurs feuilles mortes sur le sol. Depuis que les platanes de ma rue, en bons citoyens, traversent la chaussée à tout bout de champ, les bras chargés de feuilles, pour aller les déverser dans les containers prévus à cet effet, la circulation est devenue difficile! Et on ne compte plus les troncs d'arbres qui percutent violemment des automobiles. Les sapins, eux, sont au bord de la crise de nerfs. Leurs aiguilles leur filent entre les doigts. Les saules n'arrêtent pas de pleurer, Le mélèze est mal à l'aise, le marronnier marronne dans son coin. «Hêtre ou ne pas hêtre? » se demande le chêne. Seul le bouleau s'y met, alors vraiment, non, trop d'amendes! Trop de prunes! Aux prochaines élections, monsieur le Maire, les électeurs vont vous montrer de quel bois ils se chauffent!

 

cél

 

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Participation de Pivoine

Récolte d'automne



PREMIERE :

Impressions d'octobre...

Conversations multicolores

Le velours cramoisi se relève, les trois coups retentissent.

Trois amours en un automne

Egalent le feu la glace

Et l'arbre nu.

(Parc Solvay, La Hulpe, Brabant wallon)



***



DEUXIEME :

Comme la grippe connaît des pics de fièvre,

Des douleurs profuses et des réveils à l'eau de Cologne,

L'amour a ses décollages de fusée, ses atonies de sensations

Et ses abîmes démultipliés, comme des miroirs...



Maison d'Erasme, Anderlecht.



***



TROISIEME :

Champignon Bon pasteur Bon beurre Belles couleurs

Automne Mot menteur

Amour Et saule pleureur ...



Parc Solvay, La Hulpe, Brabant wallon



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Les feuilles d'Hime Chan

     Écrire. Pour tout faire sortir. Écrire. Comme un besoin vital, comme un échappatoire miraculeux. Pour me tirer de ce blues intense où je suis chaque automne. Le monde part en vrille, et moi je suis là, perdue avec les feuilles d'automne, mes feuilles d'automne à moi. Des pages et des pages remplies de lignes serrées, remplies de mots et d'images, remplie de sons et d'émotions. Ma rébellion à moi, c'est ma plume. Lorsque tout se couvre d'or et de rubis, lorsque seules les épines font face au froid qui arrive, lorsque les arbres chevauchent les vents, l'univers est sombre et glacé. Mais vaillamment, ou peut être lâchement, mon cœur résiste. Il se gorge de la beauté des gens et de la saison qui l'entoure. Il essaye de rester là. Parfois il s'en va un peu vers d'autres contrées, mais toujours il revient, et toujours il se tient près au combat. Crayon ou clavier en main, je sais comment m'en sortir. Mais si l'on m'ôtait ma flamme ?

 

     Le blues est blanc, quand le cœur broie du noir... Voilà ce qu'il chuchote près de mon âme. À quoi ressemblaient donc ses feuilles d'automne, lui qui comprend si bien ma détresse ? Comment exprimer ce que je ressens si le cri ne s'échappe jamais de ma poitrine ? Je voudrais pouvoir partir, m'envoler, mais la déprime est là, comme un poids qui m'attire vers le fond... Alors je ne sais pas si je me noie dans la lucidité ou si ce sont mes illusions qui me brouille la vue et m'étouffent de leur impossible rêve. Écrire. Juste pour oublier que tout est laid en moi et que je ne suis pas ce que j'aimerais être. S'inventer un nouveau monde pour se perdre en chemin, dans les méandres de la musique et des mots. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle... et les miennes tombent à mes pieds lorsque je hurle.

 

     Ma litanie est sans fin, rien ne pourra plus m'arrêter... Car l'amertume est là. Car je suis là. Comme un enfant qui découvre la vie, qui emmêle son corps et tombe. Je ne suis qu'un nœud de pensées confuses et désordonnées, enroulées autour de leur propre détresse. Je ne suis qu'un espoir et une douleur, une flamme tremblotante qui menace de s'éteindre. Je ne suis qu'une mélodie douce et triste qui se cherche en elle-même. Je ne suis qu'une poignée de poussière s'envolant dans le désert de sa fascination. Je suis deux yeux innocents qui se posent sur le monde et s'effraient de ce qu'ils y voient. Je ne suis qu'un tas de feuilles désespérément vivantes.

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liberté! liberté! (titisoorts)

Il y a des rêves qui n'ont pas de limites. Il y a des rêves qui malgrés les évidences, malgrés les renoncements, que l'on croyait morts au fond de nous. Il suffit qu'une simple lueur nous les fasses resurgir, remontés à la surface, et que vous reprenez en pleine face. Je vais vous racontez l'histoire d'un de ses rêves qui va en travers de vous essayer d'exister en plein jour.

 
-" Allez maman, laisses moi partir, allez"
Maman erable était bouleversé, jamais un de ses enfants n'avaient été si pressé de quitter le nid, n'avait cette enthousiasme au fond de lui.
-" Ecoutes, ce n'est pas encore le moment, profites du paysage. Regardes ou tu vies. Ouvres tes yeux. Tu n'es pas bien au milieu de tes frères et soeurs. Tu ne risques rien ici. Nous sommes là ensemble, à nous protéger mutuellement contre le soleil brûlant, une famille quoi.Et moi qui t'aime, qui te nourrit de ma sève, à te faire grandir à te rendre magnifique. Tu sais la vie, grandir auprès de sa famille, je t'es vu naître le jour du printemps, je m'en souviens encore. Ensuite l'été fut venu, tu découvrais la vie, tu ressentais tu touchais la nature du bout de tes sensations. Et bientôt tu commenceras à changer de couleur. Le dessus de ta peau va se tacheté, tes marques de vieillesses. Tu te détacheras de moi, triste, je te regarderais mourir à mes pieds pour perpétuer notre famille. 
-" Oui,  tu m'as déjà raconté cette histoire" dis l'enfant feuille en soupirant.
-" Je te dis çà pour te protéger, j'ai peur pour toi. Tu veux finir sur un trottoir, loin de nous? Il se fait tard maintenant, à demain. Nous ne sommes qu'au début de l'automne".
-" Oui maman, bonne nuit". L'enfant feuille s'est endormit avec ses rêves et ses envies, rêva beaucoup cette nuit. Une nuit comme les autres, enfin pas tout à fait.
Le vent se leva dans la nuit. Il soufflait par rafales. Cela réveilla la feuille qui rêvait de voyage, de vols. Et de la pensée à l'acte, de la folle pensée à l'acte fou, il décida, au lieu de se recroqueviller dans le sens du vent, comme lui avait appris sa maman. L'enfant feuille se gonfla, se redressa et fit face au vent. "Emmènes moi, disait la feuille emmènes moi vers mes rêves". Et le vent souffla fort, la feuille résista, fit front, puis se détacha sous l'effort. Cela réveilla maman arbre, elle ressentit ce détachement se manque et vit son enfant feuille, encore vert encore jeune s'élever vers le ciel et on entendit loin dans le vent "liberté liberté yaouh!"
Maman arbre souriait, sa chair a prit son envol et elle ferma les yeux heureuse d'un amour mélancolique. Si vous levez les yeux dans le ciel de votre ville, vous pourrez voir une feuille avec la banane, si vous tendez l'oreille vous entendrez
" liberté ! liberté! yahou!"

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La fuite (MCL)

 

MCL

 

D’habitude, j’aime les couleurs flamboyantes de l’automne, la lumière magique qui filtre à travers les branches, mais ce qui me ravit le plus c’est le craquement des feuilles mortes sous mes pas.  Ce bruissement a toujours eu un effet apaisant sur moi. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, je donnerais tout pour une forêt dense, des arbres feuillus bien verts et surtout le silence d’un tapis de mousse et d’herbe tendre. A chaque pas, à la moindre brindille écrasée, je sursaute, le cœur battant. Je jette un coup d’œil par dessus mon épaule. Je ne les vois pas, mais je sais qu’ils sont à mes trousses. Je sens la sueur qui dégouline dans mon dos. La peur suinte par tous mes pores. J’ignore qui ils sont ni pourquoi ils me pourchassent. J’ai même oublié depuis combien de temps je cours dans ces sous-bois. Mon seul souvenir est cette petite route de campagne et la grosse berline noire qui me suivait. C’est au moment où j’ai dû faire une embardée pour éviter le ravin que j’ai compris qu’ils en avaient après moi. J’ai accéléré au mépris des limitations de vitesse et, dès que l’automobile a disparu de mon rétroviseur, j’ai bifurqué sur un chemin de terre. Je crois qu’ils ne m’ont pas vue, mais j’ai préféré ne pas reprendre la route. La voiture est restée cachée derrière un talus, à l’abri des regards. Je ne sais pas où cela me mènera mais je dois fuir à travers bois.

La peur au ventre, je continue à courir. Le souffle me manque, ma gorge est sèche malgré l’humidité qui commence à tomber. Le ciel s’assombrit. Bientôt il fera nuit. La fatigue qui me gagne peu à peu me fait trébucher à plusieurs reprises. Soudain, au loin, je perçois des lueurs, comme si la ville était tout près. J’ai vaguement conscience qu’elle ne devrait pas se trouver là, pourtant c’est bien un réverbère qui m’apparait, répandant son halo de lumière dans une ruelle sombre. Quelque chose ne tourne pas rond. J’ai l’impression qu’il s’agit d’un rêve, un cauchemar dont je ne parviens pas à émerger. Le danger est palpable, tout proche. Pour autant, j’ai le sentiment que je n’ai plus rien à craindre. La bise mordante ne me transperce plus. Une douce chaleur m’envahit progressivement. C’est comme si mes sens percevaient des sensations contradictoires. Je fais des efforts pour aller vers cette chaleur réconfortante qui me procure un sentiment de sécurité. J’essaie de faire le vide dans ma tête car je suis en train de comprendre que j’ai tout imaginé. J’ai beau à présent en avoir la certitude, je peine à remonter à la surface, à revenir à la réalité. Chaque fois, c’est un peu plus difficile. Un dernier effort. Un cri rauque monte de ma gorge, un cri de désespoir.

— Ma chérie, réveille-toi. Ce n’est qu’un mauvais rêve !

Je m’assois dans le lit complètement hébétée, en nage. Toujours ce même rêve qui revient, ces mystérieux poursuivants, dont je ne vois jamais le visage, dont j'ignore tout. Ce sont juste des silhouettes, des ombres malfaisantes. Au fil du temps, elles s’approchent de plus en plus près. Le danger est imminent. Et chaque fois, j’ai de plus en plus de mal à me réveiller. Je raconte mon rêve à Paul, des sanglots dans la voix. J’ai peur.

— Ne cherche pas à fuir. Au contraire, tu dois les affronter.

C’est décidé, la prochaine fois je les attends. Je dois savoir. C’est le seul moyen de vaincre mes démons. Mais si ce jour-là je ne me réveillais pas...

 

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La Chanson de Prévert (Joe Krapov)

Sur la fin de sa vie, Beethoven avait tellement les feuilles mortes (1) qu'il croyait qu'il était peintre et qu'il s'appelait Serge Gainsbourg !

(1) : en argot les feuilles sont les oreilles. Autant dire qu'il avait les portugaises ensablées comme sur l'image ci- dessous :

 

DDS 274 Beethoven aux feuilles mortes

 

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