03 décembre 2016

le vélo à pépé (JAK)


Le vélo à pépé
 
Raymond est un ancien routard. Le vélo, il affectionne. Depuis de nombreuses années il a pignon sur rue et  régente  un  atelier  de réparation pour vélos,   à l’enseigne révélatrice :
 
                                                          

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 -il ne voulait pas mettre à la benne le vélo qui lui avait permis de remporter a l’arrachée le tour du Quercy- et il  s’était ingénié  à en   faire un trophée typique.
Longtemps,  il a  peiné pour gagner sa croute mettant les doigts dans le  cambouis, gonflant des pneus, rustinant  les chambres à air, recadrant,  radoubant à tout va , rafistolant des selles peu confortables , transformant certains vélos  pour  y ajouter des carènes dynamiques.
 Il n’a jamais perdu les pédales, ni encore moins déraillé dans l’exercice de sa tache. Un sacerdoce qu’il dit !   
Son rejeton n’a pas le goût pour reprendre l‘atelier, mais Raymond  pense fermement que son petit-fils, sera un bon successeur ; ses  yeux brillent comme des catadioptres lorsqu’il vient l’aider le samedi ou le dimanche matin, et comme une prémonition  l’idée s’insinue et vient susurrer  à son oreille poilue qu'il a fait le bon choix.
Aussi lui enseigne-t- il en dehors de ses heures d’école, tous les secrets vélocipédiques qu’il maitrise parfaitement.
Oui, Jeannot fera un digne dauphin, malgré son apparence déjantée, il est  véloce, un pneu trop au gout de son grand-père qui aime aller  plan -plan.
Cette continuation, ils en parlent tous deux, lorsqu’ils retapent de concert une bécane.
Cependant, Jeannot,  qui est ambitieux,  prévoit grand : il veut  se spécialiser dans la vente des VAE, VTC, VTT, etc. et créer   une armada de néo cycles ultramodernes connectés..., pour cela il  veut rénover la boutique et pour commencer,   dans le secret il  cogite pour désinstaller la bannière que pépé à fixée sur le mur, emblème lui faisant honte par son peu de modernité.
Alors…
Un beau matin Raymond arrive, essoufflé devant sa boutique, et quel n’est  pas son étonnement de voir cette enseigne  animée de néon  fluorescent  qui trône à la place de la vielle relique.


 

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Raymond voit rouge, il  se met à dérailler, rien ne le freine pas même les patins, il part en roue libre, ses yeux tournent comme des roulements à bille, il brandit un démonte pneu en direction de son petit fils, puis dans un élégant volte face  de direction, il stoppe soudain, devant les badauds rameutés par ses cris.
 On a craint un moment pour le sort de Jeannot.

Après tout pense-t-il,  son petit fils a de l'initiative, il fera un excellent second, n'a t-il pas lui même fait le même coup à son gd père en remplaçant la draisienne- enseigne  qui jurait à ses yeux, lorsqu’il a pris la succession de son aïeul.

 

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Alors, calmé,   il dit en bafouillant
 « Jeannot tu es  bien le digne petit fils du roi de la pédale »

De grands rires s’élèvent parmi les spectateurs, qui crient en cœur

            Vive Raymond le roi du Tour du Quercy

Raymond se revoit en danseuse à la fameuse arrivée, son adversaire lui suçant la roue, le talonnant  de très près, mais c’est lui qui franchit le premier la ligne d’arrivée.

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Ah...d'Arcore ! (par joye)

ah d'arcore

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DANS LE MUR (EnlumériA)


Quand j’ai voulu devenir coureur cycliste, ils m’ont dit :
« Attention ! Tu vas droit dans le mur ! »
Et maintenant que je veux en sortir, ils disent que je pédale dans le crépi.

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Un retraité sans histoire par bongopinot

 

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Un retraité sans famille
Vivant dans un petit village
Se lève se lave et s’habille
Et part faire du bricolage

Sur la façade de sa maison, fleurit
A plusieurs mètres du sol
Encastré dans le mur
Un demi-vélo comme une parabole

Une idée vraiment originale,
Et connue dans tout le hameau
Ça fait comme un signal
Pour tous les marmots

Qui viennent souvent lui rendre visite
Pour réparer leur petite reine
Dans un atelier composite
Dans une ambiance sereine

Lui qui n’a pas eu d’enfant
Et qui aime sa douce solitude
Apprécie de plus en plus ces moments
D’échanges de partage et de quiétude

Et sans s’en apercevoir
Il leur apprend l’amour du travail
Le bien vivre ensemble le savoir
L’entraide le respect sans muraille

Lui se nourrit de leurs sourires
De leurs questions d’après-midi
Ça lui redonne l’envie de vivre
Il adore ses mercredis et ses samedis

 

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Pêcheur d’Islande (Pascal)

 

Dans le cadre du défi de cette semaine, permettez-moi de vous présenter la belle Jeannie. Elle tient le pavé, dans la rue Darrigade, mais son petit chez-elle, c’est au soixante-neuf, Rue de la Pompe. Sous la vieille enseigne, avec le demi-vélo scellé au mur, c’est sa ligne de départ. En danseuse, elle remonte le boulevard ; le claquement des pétards de ses talons sur les bordures, le déhanché de ses postures élaborées, c’est son signe de ralliement. En Amour, elle en connaît un rayon ; des hommes, elle en a fait le tour, le Tour de France. Les riches céréaliers de la Beauce, les mareyeurs de Bretagne, les maquignons de Rungis, les viticulteurs de Bordeaux, c’est son quotidien, c’est l’Amour à la chaîne…  

Pourtant, elle me dit toujours que je suis son maillot jaune ; elle me fait rougir. C’est ma petite reine, ma plus belle étape, mon palmarès, dans cette rue borgne. Sous l’enseigne vétuste, « si cliste », je suis son « demi selle », son garde debout, la lumière vacillante de sa Dynamo à l’ampoule d’or, son porte-ravages, sa sonnette d’alarme, ses freins incapables, sa roue emballée, sa chambre à air… pur…

Quand on monte dans sa chambrette, je reste à l’abri, dans le sillage de ses effluves envoûtants ; je regarde son postérieur dessiner des huit de compétition. Là, tout près, dans la demi-obscurité des paliers, je m’accroche au guidon de ses hanches. Les escaliers en colimaçon, c’est mon premier col. Arrivé devant sa porte, sa ligne de départ, je glisse un billet dans la tirelire de son chemisier et cela déclenche immanquablement ses sourires. Elle me laissera encore gagner…

J’aime bien les lacets de son porte-jarretelles, le parfum des alpages dans son cou et les dentelles arc-en-ciel de ses froufrous. La blancheur de sa peau est comme la neige immaculée, j’y laisse mes empreintes de mordillements affamés. Tout à coup, je suis le roi du peloton et si elle glousse des refrains d’amusée partisane, c’est qu’elle est bon public.

Elle est fragile et précieuse, délicate et compréhensive, féminine et avertie ; elle est mon sponsor, ma meilleure supportrice, ma ligne de mire, ma ligne d’horizon et ma ligne d’arrivée. Elle est mon EPO, mon « Elégante Péripatéticienne Obsédante » ; sur le dérailleur de mon obsession, je suis évidemment sur le grand plateau, et toutes mes dents mordent la chaîne de sa féminité séductrice. Quand elle enlève ses bas, qu’elle les fait glisser nonchalamment dans la course du galbe de ses mollets, c’est comme si la mer me permettait la vision salace de son coquillage. Si bien loti, je suis pêcheur d’Islande ! Sans filet, elle me met en selle, fait briller mon dossard, allume mes prétentions de gagneur !
Là, devant la petite glace du lavabo, nos reflets s’harmonisent, ils se disent oui, ils se disent, c’est l’heure du contre-la-montre. Sans cuissard, je suis son maillot à poil, comme elle aime le rire à mes dépens rougissants… 

Je suis un bon grimpeur ; seul, en danseuse, je m’échappe en tête de notre tandem ; j’ai un bon coup de rein, et ma pédale est cosaque ; il faut voir comme j’escalade ses monts et brûle sa forêt. Cinq minutes chrono, même pas crevé, je sprinte toujours avant elle.
Alors, conciliante, elle m’enveloppe avec ses petits bras ; elle m’offre la couronne du vainqueur et, pendant un instant, je suis son champion, le maillot même pas jeune, de son corps. Elle m’inonde de sa caravane publicitaire avec ses compliments les plus enthousiastes ; pour un peu, elle m’applaudirait, moi et mes gesticulations forcenées de finisseur précoce…

Quand j’ai retrouvé la sortie, sous l’enseigne du demi-vélo, je remonte ma braguette et je repars à mes occupations obscures de solitaire. C’est mon dernier col, le pire, celui sans panache, sans gloire et sans illusion ; c’est peut-être le plus dur à gravir. S’il brille une seule lumière dans la rue, c’est la guirlande au-dessus de ma tête vide. De son côté, Jeannie attend la voiture balai, ses retardataires nuiteux…

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La factrice (Thérèse)


Ha ! Harry Potter est passé par ici... S'est-il encore retrouvé coincé dans le monde des moldus ? A t-il de nouveau été empêché de parvenir au fameux collège Poudlard pour sa propre sécurité ? Voldemort aurait-il encore fait des siennes ? Je ne doute pas qu'il trouvera une combine pour arriver à passer le quai 9 3/4 et retrouver Hermione et ses amis...

Ce vélo d'un autre âge, sorti d'une autre dimension, me fait étrangement penser à l'ancien vélo de facteur de Maman. Il lui manque juste un porte-bagage devant le guidon.

En ce temps-là, dans le village, le courrier postal était distribué en bicyclette et non pas en mobylette ou en voiture comme aujourd'hui.
Chaque matin, Maman devait procéder au tri du courrier et ensuite, c'était la tournée en suivant scrupuleusement l'ordre établi à l'avance. Son lourd sac de cuir épais, rempli des précieuses missives, et arrimé sur le devant du vélo, elle en a fait des kilomètres, des allers-retours dans les rues du village… Maison après maison, la sacoche à l'épaule, elle déposait son butin, telle une abeille laborieuse. Et non contente d'exercer sa profession, par tous les temps, qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, Maman s'arrêtait parfois un peu plus longtemps pour donner un coup de main à telle ou telle personne en difficulté, comme remonter un seau de charbon de la cave pour alimenter le poêle, ou quelqu'autre menue besogne. Elle connaissait tout le monde et chacun surveillait son passage. Parfois, à son grand désespoir, une roue crevait ou bien c'était la chaîne de vélo qui déraillait. Il fallait alors réparer. Elle continuait donc la tournée à pied en poussant le vélo chargé, elle revenait à la maison et elle prenait le vélo de secours. Le soir, quand Papa rentrerait de sa longue journée de travail, il lui faudrait démonter la roue fautive, enlever le pneu martyrisé, gonfler la chambre à air, trouver la blessure et la colmater avec une rustine.

Parfois, elle devait livrer un courrier à des gens qui habitaient à l'écart du village. Alors, pour soulager notre mère, ma sœur ou moi, on prenait notre vélo pour mener la précieuse lettre à bonne destination. J'aimais beaucoup cette virée, cette occasion de me dérouiller les jambes et de profiter du grand air.

Aujourd'hui les gens ne savent plus l'usage de leurs jambes, ce n'est plus que véhicules motorisés, à grands coups de rendement et de vitesse. On ne prend plus le temps de mettre le nez dehors. D'ailleurs, il n'y a même plus de place pour les vélos sur les routes et c'est devenu tellement dangereux... A tel point qu'ils ont inventé les pistes cyclables, avec force panneaux de signalisation.

Dans mon village, le courrier se distribue encore en vélo même si une voiture banalisée achemine les colis les plus volumineux. Et on a encore la chance d'avoir pu conserver notre bureau de poste. Quant à mon village natal, près de chez moi, il n'y a plus aucun commerce ni bureau de poste. Et le dernier bistrot, qui faisait également épicerie, vient de fermer à son tour. Prémont devient un village fantôme. Ce ne sont plus que marchands ambulants qui se relaient dans les rues à coups de klaxon.

Mais ceci est une autre histoire…

Décidément, j'aime bien cette enseigne-vélo… Mais je crois que je serais presque déçue d'y trouver des vélos rutilants, brillant de mille feux. J'imagine plutôt un vieux monsieur tenant l'échoppe et vendant des tas de pièces pour réparer les vélos. Un expert en la matière qui en connaîtrait toutes les ficelles, du guidon jusqu'au bout des pneus, en passant par les freins et le dérailleur. Je le vois bien au milieu de ses rondelles, de ses écrous et de rayons de roue, de patins de freins et de câbles. Je revois les quincailleries d'antan où l'on pouvait fouiller à loisir à la recherche de trésors enfuis. Ces magasins-là aussi, ils ont disparu.

Vraiment, ce vélo sorti de nulle part m'intrigue. Je vais aller voir de plus près…

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J’ai raccroché mon vélo (Laura)

 

Après le tricycle aux petites roues avec sa remorque
Après avoir envoyé ma sœur en vélo dans le mur, la pauvre
Un réflexe de rire alors qu’elle était en larmes, excuse-moi encore
Après avoir pris le vélo de ma mère pour faire le mur, la coquine
Après des allers sans retours en pleine nuit entre chienne et louve
Après des retours au petit matin entre ivresse et tristesse
Après des départs au petit matin pour aller pointer à l’usine
Après une halte à la boulangerie pour recharger la demoiselle
Après être passée par-dessus le guidon dans une chute mémorable
Après m’être souvent fait mal sans poser pied à  terre
Après  avoir pédalé sous les pluies et brouillards de Champagne
Après avoir partagé avec mon vélo la morsure de la neige
Après avoir monté les faux plats du Nord de la France
Après les pavés, les chemins de terre, les avenues et les ornières
Après avoir suivi attentivement tant de Tours de France
Après avoir maîtrisé sur le bout des doigts le calendrier cycliste
Après avoir applaudi le départ, le parcours, l’arrivée et les podiums des courses
Après avoir crié le nom des coureurs, les avoir encouragés, connaissant leur souffrance
Après avoir lu beaucoup de livres, fait la revue de presse des magazines
Sur le cyclisme, après avoir  vu des films, consacré au vélo des poèmes
Après avoir tenté quelques côtes en Ariège, Drôme et surtout ici à St Etienne
J’ai raccroché mon vélo, le vrai en ayant toujours de le reprendre
Mais renoncer car je n’ai pas le gabarit d’une grimpeuse
Aller plus haut, plus loin, plus vite me paraît impossible sauf en salle
Je suis une coureuse de plats, une coureuse du plat pays, une cycliste
Longtemps par besoin de déplacement, toujours marcheuse et utilisatrice
Urbaine de transports en commun, plus de pédale mais toujours
Les jambes en action pour se déplacer et voir mieux le monde.
J’ai raccroché mon vélo mais je défendrais encore toujours les cyclistes,
Ces forçats de la route ; malgré le dopage et les scandales, je les admire
J’ai raccroché mon vélo comme j’ai écrasé ma dernière cigarette
Mais je resterais toujours et encore une amoureuse du vélo surtout en ville
Dans le respect des piétons et le respect des automobilistes pour les cyclistes
J’ai raccroché mon vélo non sans regret ni espoir de le reprendre
Si Dieu ou la petite Reine m’en donne une nouvelle force pour les sept collines
De Saint-Etienne, celle d’Istanbul, de Rome, les canaux des Flandres.
 

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Bricoleur de bicyclette (Vegas sur sarthe)


(Pardon à Francis Lai, Pierre Barouh et Yves Montand)



Quand les vieux lâchaient leur mâtin
On n'était pas dans le pétrin
A bicyclette
Pour sûr on n'était pas copains
Il avait des crocs le Pinpin
On était deux trois galopins
Et puis Colette

On pédalait plus vite qu'elle
Dans cette friche industrielle
A bicyclette
Il lui mordillait les mollets
ses guiboles qui flageolaient
Tandis que nous on rigolait
Devant Colette

On lui chapardait son quatre-heures
C'était la fille d'un livreur
A bicyclette
Et depuis qu'elle avait huit ans
On lui disait en la voyant
T'iras pas loin en déraillant
A bicyclette

Quand on avait semé le clebs
On reposait nos quadriceps
Nos bicyclettes
Je réparais son dérailleur
J'aurais bien mis mes mains ailleurs
Mais le cambouis c'est dégoûtant
Et rebutant

Quand le soleil foutait le camp
On repartait en ferraillant
A bicyclette
On soudoyait le gros clébard
En lui jetant des carambar
On tenait trop à nos calbars
Devant Colette

D'un signe de main énergique
Colette nous faisait la nique
A bicyclette
Je me disais qu'un jour prochain
Je pourrais toucher le machin
Qui remue sa selle en vachin
De bicyclette

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26 novembre 2016

Défi #431

Et si vous vous laissiez inspirer

par cette photo !

Faire la roue

 

A tout bientôt les ami(e)s

à samedidefi@gmail.com

 

 

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