26 décembre 2015

De quoi sont faits mes rêves? (Marco Québec)

 

Il y a les rêves où il ne se passe rien
Sinon les gestes du quotidien
Tout à fait banal
D’une personne à peu près normale

Il y a les rêves récurrents
Où il fait mauvais temps
Reviennent les passages difficiles
D’un personnage malhabile
Les blessures de l’enfance
Qui sortent de leur silence
Et les trop vieux conflits
Qui ne seront jamais finis
Ma vie qui règle ses comptes
Avec un père qui me fait honte
Ou bien je fais la guerre
À mes jeunes tortionnaires

Il y a les rêves des fantasmes inassouvis
Qui habitent certaines nuits
Film court-circuité
Par le corps et sa mauvaise idée
De quitter le sommeil
À un moment pareil

Il y a les rêves obsédants
Qui se pointent de temps en temps
La course effrénée
Où je ne fais que tomber
La chute dans le vide
Qui me laisse livide

Il y a les rêves qui ont la propriété
De tout mélanger
Les morts et les vivants
Le passé, le présent
Le public, le privé
Dans des situations insensées

 

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Participation de Venise

C'est en ramassant des branches de delphinium séchées, éparpillées, sur le canapé, que j’entrevis derrière la porte du congélateur ouvert une grenouille assise sur ma glace à la banane.

En vain j'ai cherché des signes qui auraient pu m'indiquer qu'elle n'était là que de passage !! mais l'intruse sauta sur mon jeu de tarot étalé sur la table basse du salon.

Rapidement je repris ma respiration quand la grenouille me dit:

« tu devrais creuser une mare » je fus très agacée et répondis aussi sèchement non!! c'est alors qu'un indien défoncé me fit signe d'enjamber la vespa restée dans le jardin .

je lui demande s'il a un lien de parenté avec l'amphibien qui continuait à jouer au tarot.

«La carte du fou j'ai la carte du fou » criait la grenouille à tue tête .

l'indien m'expliqua que cet amphibien c'est les paupières de l'aube ! je réponds que j'ai besoin d'aller au petit coin et que ça me laissera le temps de sortir mon esprit de la boue ;

 

la grenouille rajoute fais gaffe à l'amérindien !! je plonge ma main dans mon sac à main pour en retirer une bonne dose de gaz lacrymogène dans la tête du vagabond.

 

je fonce sur la porte de la salle de bain et l'ouvre violemment.

Pardonnez cette présentation primitive me dit Fred Astaire qui arbore un sourire malicieux, une plante verte dans les mains.

 

c'est peut être la dernière chose dont je me souviens Monsieur le commissaire

« Mademoiselle vous devez bien vous douter que j'ai du mal à vous prendre au sérieux » dit il en retenant un fou rire .

« Ma petite dame je ne sais pas ce que vous fabriquez , mais je ne vous veux plus sur mon chemin »

A cet instant ,la porte s'ouvre et un singe boudeur s'installe prés de lui , j'ai failli me faire une hernie pour retenir mon toussotement ; Le macaque tenait dans ses doigts des bâtons de glace à la banane .de l'autre main il tirait sur une cigarette qu'il avait lui même roulée.

j'ai signé ma déposition et j'ai filé comme si j'avais une guêpe dans mon short;

 

Assise sur mon canapé la télécommande à la main mon attention fut arrêtée par le nom de la conférence

où sont donc passées les grenouilles ?

 

il faut bien avouer que je ne m'étais pas aperçue de la disparation des grenouilles , mais de toute évidence un tas de gens s'en inquiétaient, alors que j'avais démembré peut être la dernière dans mon congélateur avant qu'elle me tire les tarots.

 

 

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L’Ancien des Nuits (EnlumériA)

 

La scène était récurrente. L’homme se tenait toujours assis, les jambes légèrement écartées, les pieds bien à plat sur le sol. Ses mains aussi étaient posées sur ses cuisses. Des mains de cogneur, épaisses et courtes. C’était un homme corpulent, brun légèrement dégarni. Une grosse moustache couvrait presque sa bouche inexpressive. Son visage bouffi affichait l’impassibilité de celui qui attend avec patience, de celui qui sait que, de toute façon, son attente prendra fin ; d’une manière ou d’une autre. Son regard ne regardait plus rien ou alors quelque chose de si lointain, de si inconcevable, que c’eût été stupide de s’y intéresser.

Il attendait là, hiératique, le plus souvent vêtu seulement d’un pyjama. À vrai dire, il ne semblait même pas s’intéresser à moi. Comme si ma présence n’avait aucune importance.

Il n’en était pas de même pour moi. Une sourde inquiétude m’habitait. Je sentais un lointain souvenir s’éveiller lentement, encore engourdi par une éternité d’oubli.

Et puis, je réalisais qui était cet homme. Je me rappelais soudain les années de souffrances, de violence et d’humiliation. Revenaient brutalement l’ivrognerie et la haine de celui dont j’avais souhaité la mort un millier de fois. Celui que j’avais imaginé tuer à coups de marteau dans l’obscurité de la cave à l’âge de quatorze ans. Cette brute qui attendait je ne sais quoi.

J’ai fait ce rêve pendant quelques années. Peu à peu, ma rage s’est changée en colère puis en rancune. Jusqu’au jour, où je me suis rendu compte que je ne ressentais plus qu’un grand calme. Et le rêve a cessé. Ce type était mort depuis des années, à quoi bon alimenter la rancœur. Certains appellent ça la résilience.

À la fin, j’ai compris. Ce type n’apparaissait plus dans mes rêves depuis que je l’avais pardonné et probablement libéré de son enfer personnel.

Cet homme assis, qui attendait mon pardon avec une infinie patience, c’était mon père.

 

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Participation de Fairywen

Rêve ou réalité ?

 

Elle sourit en prenant le diadème, qu’elle posa sur la masse luxuriante de ses cheveux.

— Merci d’être venu.

— Tout le plaisir est pour moi. Je…

Les mots que s’apprêtait à prononcer Chad s’étranglèrent dans sa gorge lorsqu’il vit le chat. Enfin, le chat… Le petit félin avait grandi, et à sa place se tenait une panthère au noir pelage et aux yeux d’or.

— Je sais. Je me suis endormi, je suis dans le monde des rêves et mon subconscient invente des chats qui deviennent des panthères… murmura-t-il.

— Tu sais bien que non.

Chad ne répondit pas. Ses yeux erraient autour de lui, détaillant un décor qu’il trouvait étrangement familier. Il finit par regarder à nouveau la jeune femme.

— Alors pourquoi ai-je l’impression de me retrouver en terrain familier ?

— Le cartouche t’a envoyé des images de mon monde.

— Alors tous ces rêves que j’ai faits lorsque je me suis endormi, en début d’après-midi…

—… n’étaient pas vraiment des rêves.

— Et donc la porte au bout du souterrain…

—… est celle derrière laquelle est enfermé mon frère.

— Comment allons-nous y entrer ? Dans mon… rêve, il était plutôt bien défendu, ce souterrain.

— Il faudra se battre. Cela t’effraie ?

— Non !

Un éclair amusé pétilla dans les prunelles de Taanit devant la visible indignation manifestée par Chad.

— On y va, alors ?

— On y va.

Chad prit la main que lui tendait la princesse et à nouveau son environnement disparut…

Rêve ou réalité ?

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19 décembre 2015

Défi #382

Mais d'où viennent ces personnages

qui hantent nos rêves ?

Rêve

Vos réponses seront les bienvenues à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt ! 

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GUI AMUSANT EN AMORCE (par joye)

vingt minutes après

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A quoi ça sert que le fou d'uchronie se décarcasse ? (Joe Krapov)

louis-16-a-varennesUne demi-heure plus tard, on arriva dans un petit village appelé Varennes. Personne n’y reconnut le roi tant son déguisement de valet simple d’esprit, d’homme qui avait perdu la tête, était excellent.

Une demi-heure plus tard, le feu n’ayant pas pris sur le bûcher de Jeanne, on la libéra de ses liens et on lui promit la vie sauve contre la promesse qu’elle rentrât chez elle à Domrémy afin d’y garder ses brebis. « Il n’y a pas de raison que les générations futures vous fassent la fête le premier mai. Ce jour-là, c’est la fête du travail et vous, tout ce que vous avez décroché jusqu’à présent, c’est un CDD de porteuse d’armure. Retournez faire vos preuves sur le terrain, revenez à vos moutons et on en reparlera ensuite. Et arrêtez de jouer avec ce téléphone portable ! Dites-vous qu’il n’a pas encore été inventé à notre époque ! Ce doit être un patrouilleur du Temps qui l’aura égaré !» conclut le capitaine Anderson en la menant aux portes de Rouen.

Une demi-heure plus tard, on attendait Grouchy et ce fut lui qui arriva. « Il n’y avait pas de raisons que ce fût Blücher, surtout en période de soldes » commenta l’Empereur.

Une demi-heure plus tard, un nommé Ravaillac qui passait rue de la Ferronnerie glissa sur une merde de chien et s’étala de tout son long. Pour une raison inconnue de tous il avait à la main un énorme poignard sur lequel, dans sa chute malencontreuse, il s’empala. L’homme ignorait sans doute la chanson que le poète anglais Kevin Ayers interpréta jadis à l’Elysée Montmartre :

" La ville de Paris est très belle
Champs-Elysées, Tour Eiffel
Mais sur les trottoirs de Paris
Y’a quelque chose de pas joli :
Caca, caca, partout caca ! "

Une demi-heure plus tard, la Bastille était prise. La populace hurlait : « Libérez nos camarades ! » mais il s’avéra qu’à l’exception d’un aristocrate enfermé là en raison de ses écrits licencieux, lequel ne désira même pas sortir de sa cellule, la prison était vide d’occupants.
- Tout ça pour ça ? se demanda le peuple. Et pour que l’on construise ici un opéra très moche ? Non merci !
Et ils retournèrent tous prendre la diligence de 8 h 47 pour Domrémy. Là-bas ils s’y firent engager comme bouchers-dépeceurs dans la fabrique de gigots de moutons de la famille Darc.

Une demi-heure plus tard, l’empereur avait pris sa décision. Plus question de se faire sacrer ni d’enquiquiner les mômes avec cette idée folle d’inventer l’école. Il se planta des fleurs dans la barbe et partit élever des chèvres au Larzac. Peu lui importait désormais d’unifier l’Europe des Goths, des Wisigoths, des Ostrogoths et des ophtalmos joueurs de go. « Bien entendu, se justifia-t-il, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant "l'Europe !", "l'Europe !", "l'Europe !", mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Et puis d’ailleurs, cabri, c’est fini ! ».

Une demi-heure plus tard, l’archiduc décida subrepticement d’annuler sa visite à Sarajevo et de venir chez moi pour fêter mon anniversaire.

Une demi-heure plus tard je tournai la dernière page de mon livre d’"Histoire de la France parallèle et par Toutatis". Je songeai que si j’en recopiais quelques passages piochés de ci de là, mon Défi du samedi serait vite écrit. Cela aurait pu sembler malhonnête mais j’eus l’idée d’entreprendre des recherches.

 

arrestvaren

Une demi-heure plus tard, j’étais complètement rassuré. J’avais découvert sur Internet qu’avec Gilles Debinche et Mick D. Bill, Toutatis était un autre de mes pseudonymes ! L’honneur était sauf.

Une demi-heure plus tard le royal carrosse s’enlisait dans la vase à Soissons. Pendant le désembourbonnage, un dénommé Clovis Trouille identifia une des passagères comme étant la reine Marie-Antoinette. Ce n’était pas malin non plus, en ces temps de disette, de s’empiffrer goulument de brioche sous le nez et la barbe des prolétaires.

 

Adieux de Fontainebleau

Une demi-heure plus tard, on annonça que tous les vols à destination de Sainte-Hélène étaient annulés. L’Empereur tenta alors d’échapper à ses gardiens. Il y laissa sa chemise mais parvint à s’enfuir et à regagner Fontainebleau.

Une demi-heure plus tard, Laure Manaudou exultait encore. C’est qu’on n’arrête pas aussi facilement qu’on ne le croit un orgasme familial et olympique.

Une demi-heure plus tard, le canard était toujours vivant.

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Blond vénitien (EnlumériA)

 

Le matin même, elle m’a dit comme ça : « J’ai une réunion ce soir. Il faudra que tu ailles chercher la petite à l’école. Et sois à l’heure. Ils ferment sans attendre. De nos jours, tu sais ce que c’est ! »

Ma journée s’est plutôt bien passée. Un collègue a organisé un pot. Pour la naissance de son fils. Un beau garçon de 3 kilos 7. Ah ! Qu’est-ce qu’on a rigolé. Le jeune papa, pour tout dire, il était un peu pompette. Il a pas fait grand-chose de l’après-midi. Moi non plus d’ailleurs. Vers 16 heures 30, je me suis préparé pour aller chercher Annie. Annie, c’est ma fille. Elle vient d’avoir huit ans. Une blondeur, comme sa mère. Blond vénitien ça s’appelle. Ça tire un peu sur le roux, enfin un genre de nuance, quoi.

Je suis parti en même que Fredo. C’est un chouette copain, Fredo. Ma femme l’aime pas trop. Elle dit qu’il a une mauvaise influence sur moi. Mais elle a jamais cherché à le connaître non plus.

Alors, Fredo, il m’a dit comme ça : « Allez quoi, viens prendre une bière, te fais pas prier.

Oui, mais moi, il fallait que j’aille chercher Annie. C’est ma fille Annie. Si vous saviez comme elle est blonde. Blond vénitien.

Et puis, Fredo, il a insisté : « Allez, viens boire un coup quoi. T’as bien cinq minutes. Une bière, juste une. Fais pas chier ! »

Au bout de la troisième tournée, je me suis rappelé d’Annie, à l’école. Annie, c’est ma fille, blonde comme sa mère. Et j’avais une demi-heure de retard. Putain ! Que je me suis dis. Je vais me faire engueuler. M’enfin, une demi-heure de retard, c’est pas la mort du petit cheval.

En même temps, une demi-heure, ça suffit pour qu’un chauffard, un alcoolo, perde le contrôle de sa caisse et percute Annie.

Annie, c’était ma fille. Une belle blonde vénitienne, comme sa mère. Avec une grosse araignée écarlate dans sa chevelure blonde.

Blond vénitien. Je vous l’ai déjà dit ?

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Et passent les années par bongopinot

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Ils s’étaient connus au foyer de l’enfance

Elle était dans la souffrance

Lui dans la délinquance

Ils devinrent vite amis et complices

 

La vie les sépara quel dommage

Il dut partir faire un apprentissage

Elle étudia avec courage

Espérant la fin des noirs nuages

 

Pendant que les étés s'égrainent

Ils s'écrivent chaque semaine.

Et passent, les années par dizaine

Sans peine et sans haine

 

Un jour qu'il était en vacance

Elle, se rendait à une conférance

Dans sa région son petit coin de France

Ils prirent cela comme un signe une chance

 

Ils décidèrent alors de se revoir

Il l'attendait sur le quai de la gare

Quand, une demi-heure plus tard

Dans la brume et le brouillard

 

Le train arriva enfin

A dix heures treize du matin

Dès qu'elle l'aperçut elle oublia tout ses chagrins

Lui pensa de suite qu'elle allait changer son destin

 

Elle était loin leur enfance

Mais il avait gardé sa belle assurance

Et elle sa beauté son élégance

Aujourd'hui sur ce quai de gare leur vie, enfin commence.

 

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