14 juin 2014

Orage d’automne (Fairywen)

 

 

Orage d’automne.

 

Il y avait près d’une année à présent qu’il avait franchi le seuil de la boutique de magie pour n’en plus ressortir. Un an qu’il vivait aux côtés de la jolie jeune femme qui l’avait abrité ce jour d’orage. Il ne croyait toujours pas à la magie, si ce n’était à celle de l’amour, mais il l’acceptait telle qu’elle était, avec ses rires cristallins, sa joie de vivre, sa fantaisie et ses absences mystérieuses, tout comme elle l’acceptait tel qu’il était, lui le voyou de la nuit au passé sombre et tourmenté. Auprès d’elle, il avait trouvé l’apaisement. Auprès de lui, elle avait trouvé le frisson du danger.

Et en ce jour où la tempête menaçait, il s’inquiétait, car elle n’était toujours pas rentrée de l’une de ces promenades dans les bois auxquelles il n’avait jamais voulu l’accompagner, riant quand elle lui disait qu’elle allait voir les fées. N’y tenant plus, il saisit son blouson et sortit sous la pluie qui redoublait. En quelques mètres il fut trempé, mais il s’en moquait. Il n’y avait qu’elle qui comptait, elle pour qui son cœur se serrait d’inquiétude. Il emprunta un sentier au hasard et s’enfonça dans les bois. Du coin de l’œil, il crut voir une petite lueur dorée qui se déplaçait devant lui, une lueur qui sautait de feuille en feuille et d’où perlait un rire joyeux, mais il se persuada qu’il était victime d’une hallucination, que ce n’était sans doute qu’une illusion causée par la foudre et le tonnerre. Pourtant, inconsciemment, il suivit la petite boule de lumière, jusqu’à une trouée au milieu de la forêt.

Il s’immobilisa à la lisière des arbres, stupéfait. Elle était là, au milieu de la clairière épargnée par la tempête, comme si une bulle de calme avait éclos au milieu du chaos environnant. Debout au centre de la bulle, elle tournoyait sur elle-même, les bras écartés, créant des étoiles de lumière dans le sillage de ses doigts.

« Je rêve…, songea-t-il, oui, c’est ça, je rêve… Ou alors j’ai trop bu et j’hallucine… Oui, ça doit être ça, j’ai pris une cuite, je me suis écroulé dans une rue quelque part et j’hallucine sous l’orage… »

Et puis soudain, avertie par le lien qui les unissait, elle se tourna vers lui. L’amour brillait dans ses yeux violets tandis qu’elle lui souriait en s’immobilisant :

« Ne reste pas sous la pluie, viens. J’ai un charme pour sécher les cheveux mouillés et un sortilège pour les vêtements trempés. »

Décidant que puisqu’il hallucinait il ne risquait rien, il entra dans le cercle et alla à sa rencontre. Elle passa les bras autour de son cou et se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser :

« Alors, tu y crois, maintenant ?

-A quoi ?

-A la magie.

-Je ne suis pas en train de rêver, là ? 

-Oublie la raison, écoute ton cœur. 

-Mon cœur me dit qu’il aime la plus jolie des fées. Mais il ne sait pas s’il est réveillé ou pas.

-Bien sûr que si, il le sait. C’est toi qui refuse d’entendre ce qu’il te dit, mais ça ne m’empêche pas de t’aimer. »

Elle l’embrassa à nouveau, et il s’abandonna à ses caresses. S’il ne s’aperçut pas que ses vêtements avaient miraculeusement séché, ce fut parce qu’il l’allongea sur les feuilles pour l’aimer et que dans ces cas-là, les vêtements n’ont que peu d’importance.

 

Lorsqu’il s’éveilla, bien des heures plus tard, il était seul dans la clairière. La tempête n’était plus qu’un lointain souvenir, ou plutôt, il ne savait plus exactement s’il y avait réellement eu une tempête, s’il était vraiment sorti sous la pluie chercher sa compagne, s’il l’avait vraiment vue créer des étoiles de ses doigts et s’il l’avait vraiment aimée dans une bulle de calme au milieu des éléments déchaînés, ou s’il avait tout simplement pris la cuite de sa vie et avait fini les dieux seuls savaient comment dans les bois.

Pensif, il retourna à pas lents à la boutique. Elle était là, derrière le comptoir, toujours souriante, ses grands yeux violets à l’éclat mystérieux illuminant son visage aux traits fins. Il voulut lui demander si tout cela avait été un rêve ou si elle savait vraiment fabriquer des étoiles, mais sa raison le retint, et il se contenta de la rejoindre pour poser un baiser sur ses lèvres, jetant au passage un regard peu amène à un client qui la regardait avec un peu trop d’insistance à son goût. Elle répondit à son étreinte avant d’aller encaisser le client soudain pressé de partir après avoir évalué le gabarit du nouveau venu. Ses cheveux volèrent sur ses épaules, et quelque chose en tomba en tourbillonnant. Il se pencha pour le ramasser et se figea subitement.

 

Dans sa main reposait une feuille de chêne dorée par l’automne, une feuille semblable à celles qui leur avaient servi de lit dans la forêt…

 

Où lire le début de l'histoire.

 

 

Défi 302 du samedi 7 juin 2014

 

 

 

 

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07 juin 2014

Défi #302

HALLUCINATIONS

Hallucination

Nous attendons avec curiosité vos visions à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

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Magie étincelante (Célestine)

Je me suis calé les fesses dans l’herbe tendre, avec deux trois épaisseurs quand même.Tous mes schtroumpfs autour de moi.

L’air de la montagne est frais, le soir, même en juin. On claque vite des dents à attendre sans bouger le spectacle stellaire. Un voyage saisissant, qui change à tout jamais celui qui a la chance de le faire.

Une demi-lune splendide monte à l’est. Toute en ombres et lumières, en nuances et en cratères. Le crépuscule s’effondre, remplacé par symphonie de diamant et de velours.

-Maîtresse, maîtresse ! Regarde !  La reine Casse-les-Pieds !

Je souris…c’est ainsi que l’animateur d’astronomie leur a présenté  Cassiopée. Difficile d’imaginer une reine dans ce simple

W !

  

-Maîtresse, maîtresse ! La grande Casserole !

Mais où ça, une maîtresse d'école ? Je suis la fée des étoiles, voyons, et je répands ma magie blanche dans vos yeux, par la vertu de mon stylo-laser qui scintille de son rayon vert.

 La couleur grenadine d’Antarès la Rouge annonce déjà le Scorpion et sa forme gracile qui raviront les observateurs de l’été.

 

Au-dessus de vos têtes, presque au zénith, le Bouvier a la forme d’un gigantesque cerf-volant, et la Couronne Boréale est à ses côtés un diadème précieux.

 

A leur âge, les enfants, s’ils ne sont pas encore sensibles à la magique fureur étincelante et glacée de l’univers et à sa dimension philosophique, se laissent emporter par les légendes qu’ils se récitent comme des psalmistes. Des histoires de reines déchues, de héros mythologiques aux pouvoirs insensés, de bêtes étranges ou monstrueuses, dragon, centaure, cheval ailé.

-Maîtresse, maîtresse ! Montrez-nous le Cygne !   le Dauphin ! Et le Triangle des Belles de l’été, Altaïr, Vega et Deneb!

Et la fée des étoiles reprend inlassablement sa baguette, pour graver dans le coeur de ses élèves un peu de la passion qu'elle éprouve, et de cette étrange sérénité qui l'envahit.

En même temps que la conscience soudain très aiguë de la vanité de toute chose sur terre.  Comme nous sommes seuls, éperdument seuls dans un univers hostile de gaz, de glace et de poussière! Perdus et éperdus sur notre point bleu pâle...

Elle voudrait tant trouver la paix dans la contemplation de ces nuits somptueuses, et refuser avec énergie la vieillesse, la peur, la mort  et l'oubli et toutes ces petites idées bizarres qui viennent parfois lui grignoter l'âme comme des termites!

 

Alors elle lance un grand cri silencieux à ses doutes,  et retourne en riant vers la joie des enfants. Comme une fée.

 

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Un secret bien gardé ! (MAP)

Couvercle fermé

Dedans mon chaudron magique

Je  cache un secret !

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Un secret magique

 

 

 

 

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Magie (par joye)

 

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Participation de Nhand

Participation de Nhand (défi#301)

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Tour de force d'une musarde (JAK)

 

defi 300 la boutique magique

 

Tour de force d’une musarde

 

Chouette aujourd’hui, c’est du boulevard sur Sam’ défi

Le magasin là bas au bout de l’avenue nous offre d’office le texte de notre billet.

 C’est consigné en gros sur sa vitrine...

On y fait une cure  de magie et ca dans tous les styles.

On aide les débutants  avec du matériel ad hoc.

Même les amateurs y sont sollicités

Alors je ne parle pas de tous les passionnés.

Quand aux professionnels qu’ils aillent voir ailleurs.

 Ici c’est la boutique des mages- bricoleurs

 Qu’on les laisse en paix escamoter, charmer, illusionner

 En qu’en un  tour de passe-passe  d’mél magique,

 La consigne 302 vous apparaisse ici.

                                                                 J@cadi’scourt

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Oups pardon. (Tracy)

J'y suis rentrée par inadvertance comme lorsqu'on ouvre la porte des toilettes d'un restaurant et qu'un homme,les mains chargées de son avenir, nous regarde étonné. Oups pardon.
Je me fondais un peu dans le paysage. Faut dire que j'étais encore en pyjama. Je pensais pas que je rentrerais là. D'ailleurs, je pensais pas que j'allais sortir de chez moi.

J'y suis rentrée avec fracas comme lorsque j'ai cassé le vase de maman et qu'elle m'a répétée, les mains chargées à pêtrir la pâte que j'étais maladroite. Oups pardon.
J'ai avancé avec crainte. Faut pas oublier qu'on est pas ici pour rigoler. La magie c'est sérieux. J'ai été victime d'un sort. Faut me croire vous savez.

J'y suis rentrée inconsciente comme lorsqu'un bébé pousse son premier cri et qu'on le regarde, les mains crispées et entremêlées, paniqué à l'idée qu'il lui manque un doigt de pied. Oups pardon.
J'aime pas comment on me regarde. Moi je fais pas de la magie vous savez. J'ai juste été victime d'un sort. Je viens ici pour comprendre. On m'a dit que c'est bien de comprendre ce qui nous arrive.

J'y suis rentrée sur la pointe des pieds comme lorsque je me lève la nuit pour un bout de chocolat et qu'une main chargée de souvenirs m'intercepte dans ma quête. Oups pardon.
J'ai bien compris. Comment ça la magie ça n'existe pas ? Mais si regardez, je ne vois plus rien. Mais si écoutez, mon coeur bat. Mais si sentez, je suis en émoi.

J'y suis rentrée le coeur plein d'espoir comme lorsque j'ai cru en lui et que les mains chargées de violence. Oups pardon.
Je vous l'ai bien dit, regardez ! Ecoutez ! Ecoutez ! Je ne sais plus parler. Il me manque des bouts à. Mais si écoutez ! Regardez ! Sentez ! J'ai le coeur qui palpite.

J'y suis rentrée pour tout changer comme lorsque le changement c'est maintenant et que, levant la main pour prendre la parole... Euh le chant, je mens ? Oups pardon.
Je vous l'avez bien dit. Plus aucune cohérence. Donnez-moi cette baguette que je retrouve mes esprits. Mais si ça marche. Har.ry.Pot.ter. Hey les gars ? Qui est-ce qui bosse dans un magasin de magie ?

J'y suis rentrée en souriant comme lorsque tu me prenais dans tes bras et que, la main sur mon sein, tu me disais que tu ne serais plus. Oups pardon.
Je le vois bien. Vous vous riez de moi ! Je m'en fiche, tout ce que j'avais à perdre, je l'ai déjà perdu.

J'y suis rentrée en pleurant comme lorsque j'ai compris que ce n'était qu'illusion et que d'un coup de baguette magique, lovée dans ta main, tu as disparu. Oups pardon.
Je sens plus rien. Ca empire, les mecs. Vous avez pas une tite potion sous la main, là ? Je pense que le moment est propice à la chose, vous comprenez.

Puis je suis sortie, l'air de rien comme lorsque je suis passée au-dessus de cette bouche de métro et qu'un homme, le téléphone à la main, m'a regardé d'un air étonné. Oups pardon.
Puis vous savez, c'est la vie hein ! Vous croyez pas à la magie, vous y croyez pas. C'est comme tout. Pour que ça fonctionne, faut y croire.

plop

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La Boutique de la Magie (Mauleskine)

La boutique de la magie est au n°8 de ma rue, entre la Pharmacie Possion et la Cordonnerie Septlieues, qui, elles aussi, font miroiter leurs miracles aux passants.
La Boutique de la Magie affiche une vitrine vide. La porte est fermée et la lumière éteinte.
L'homme qui tient commerce est simple et frêle, gris, un peu mou.
Il semble n'avoir aucune ambition, et encore moins de marchandise à vendre.
Il ne recherche pas le client et méprise le profit.
Il refuse tout argent et substitut, et n'entretient pas la conversation.
A celui qui, par erreur, pousse sa porte, il ne demande ni n'offre rien.
Il attend. Au plus curieux, il explique en quelques mots que ce vide est indispensable à la vraie magie et que ceux qui font croire le contraire sont des crieurs de foire.
Il appartient donc au client de demander.
Car dans la Boutique de la Magie, tout peut être demandé, mais rien n'est acquis. Encore faut-il savoir formuler son souhait.
Ainsi, une timide jeune fille pâle peut-elle obtenir une modification subtile de la coloration de ses joues. Il lui faudra évoquer la mélancolie des soleils couchants.
L'enfant délaissé obtiendra réconfort et chaleur s'il trouve les mots de caramel et de citron, de lait et de café, pour décrire la mère dont il rêve.
L'idiot sera fait poète s'il se trompe de plume et réclame celle de l'oiseau.
La trapéziste prise de vertige sera promue funambule, si elle propose de payer en pelotes de lin. L'homme lui fera cadeau du parapluie si elle lui délivre une larme, qu'il conservera au bout du comptoir dans un minuscule flacon.
Au vieillard qui viendra chercher la compagnie et un peu de conversation, il offrira en sus d'un canari, le don d'entendre les gouttes de pluie et les sanglots des cantatrices (ce où qu'elles soient).
Aux malfoutus, il distribue ce qu'ils demandent : élégance, lunettes d'or, queues de pies, hauts-de-forme, canes d'ébène, pochettes de soie et lavallières à petits pois.
Au chat, au rat et à l'oiseau, il donne du temps, et de la distance, sans qu'ils aient même à exiger.
Le petit homme simple ne demande jamais rien pour lui-même. Si ce n'est à la nuit tombée. Dans le vide propice de la boutique sombre, il fait surgir des lucioles du tout petit flacon et convoque à la parade la timide, l'enfant délaissé, le vieillard béat, l'idiot écrivain, un paralytique sur un monocycle (qui n'avait rien demandé!) et la vertigineuse sur son fil, les malfoutus, le chat, l'oiseau, enfin le rat, qui vous dispersera bien vite toute cette petite troupe à la fin de la fête.
Car sa magie est une magie de fête foraine, et quand toutes les boutiques sont fermées, au n°8 de ma rue, seule la Boutique de la Magie diffuse encore sa lueur de lampion et son parfum de caramel et de citron.
Quand toutes les boutiques sont enfin fermées, toute ma rue n'est que magie.  

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