12 juillet 2014

Défi #307

Deuxième photo proposée

pour les défis de l'été :

Trois porte-bonheur

Envoyez vos trouvailles à l'adresse bien connue :

samedidefi@gmail.com

Merci à vous et à tout bientôt !

 

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Ça ne veut pas dire charrette...

Flash

306

Fairywen ; EnlumériA ; JAK ; bongopinot ; KatyL ;

Pascal ; tiniak ; Nhand ; joye ;

 

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Cartes postales : Chapitre premier (par joye)

Chapitre premier : La charrette fleurie à Annecy

Amanda sirota son thé noir, triomphante.
Enfin, après tant d’années, elle se retrouvait assise à la terrace du café St-Antoine, Place Notre Dame, Annecy ! En écrivant encore une carte postale pour quelques amis aux States, la petite rousse aux yeux verts réfléchissait au miracle époustouflant qui l’avait ramenée vers l’Europe. Elle se rappelait bien de la voix de l’avocat, lui qui semblait aussi étonné qu’Amanda à la perspective de ce grand héritage qui allait lui permettre de réaliser tous ses rêves - jusqu’alors furtifs - de voyage.
L’ancienne étudiante de littérature française avait tout naturellement retrouvé la France, et plus précisément, Annecy. En fait, en voyant le lac pour la première fois devant elle, Amanda avait commencé à larmoyer. Les larmes coulaient sur ses joues pales. Elle ne voulait plus que le temps suspende son vol, elle se dit qu’elle s’y noierait joyeusement dans son bleu profond et mystérieux…
La dernière carte postale dans sa main était l’image d’une vieille charrette fleurie, un peu kitsch. D’un coup, mais sans trop savoir pourquoi, Amanda décida de ne pas l’envoyer. Celle-là, elle la garderait pour elle-même.
Elle s’essuya la bouche et était en train de chercher quelques pièces pour régler sa consommation quand le garçon passa lui demander si c’était bien elle, Amanda Perry, l’Américaine ?
Elle sourit. Grâce à sa coloration frappante, on se trompait très rarement de son identité.
-    Oui, c’est bien moi, monsieur. Que puis-je pour vous ?
-    Le patron m’a dit de vous donner ceci et aussi de vous dire que votre thé est déjà réglé.
Il sortit un petit papier gris de la poche de sa veste noire et repartit rapidement.
Intriguée, Amanda attendit qu’il s’éloigne avant de déplier le papier, où elle lut :

danger

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Participation de Nhand

LE JEU DES SEPT PAYS

 

Jean s'en revint affolé de la boîte aux lettres, tenant dans une main un énième de ces clichés énigmatiques régulièrement reçus depuis plusieurs semaines, et dans l'autre, l'enveloppe qui l'avait contenu, ouverte sur le dessus.

- Ça continue !
- Quoi donc ?
- Regarde !
- Ah... Quel pays, cette fois ?
- Suisse.
- Amusant...
- Inquiétant, tu veux dire !
- Oh, te mets pas dans des états pareils, c'est jamais qu'une photo...

Colette, assise au coin du feu, ponctua sa phrase d'un ricanement avant de se replonger dans ses côtes piquées – elle confectionnait un gilet pour le futur bébé de leur cadette, dont la naissance était imminente.

- Evidemment, tu t'en contrefous...
- Qu'est-ce que tu veux, porter plainte pour harcèlement photographique ? Vas-y, si tu as du temps à gaspiller, la gendarmerie est au bout de la rue !

Passablement irrité par l'attitude de son épouse blasée, Jean tourna les talons en direction du bureau, une pièce en vérité fourre-tout attenant à la salle à manger, sur un pan de mur de laquelle il avait punaisé les six précédentes cartes postales de ce genre particulier.

Il ne s'agissait pas à proprement parler de cartes postales au sens classique du terme. Elles en présentaient quelques caractéristiques mais nul besoin de se nommer Castle pour deviner que toutes étaient sorties d'une imprimante domestique : chacune montrait une image sur le recto d'un morceau de vulgaire papier découpé aux ciseaux, avec inscrit dessus un indice se rapportant à un pays, rien au verso, et, chose étrange, elles avaient toutes été expédiées depuis Chatou, en région parisienne – le cachet de la poste faisant foi ; après l'Albanie, le Monténégro, la Bosnie, la Croatie, la Slovénie, l'Autriche, voici donc venir le tour de la Suisse, sous la forme d'une charrette transformée en jardinière, montée sur la devanture d'un chalet.

 

Défi#306


Jean eut beau fouiller dans sa mémoire, il ne connaissait personne à Chatou. Qui pouvait bien se cacher derrière cette farce ? Quel en était le but ? Certain qu'il ne trouverait pas la réponse aussi facilement, il se contenta d'accrocher cette septième illustration à côté des autres et retourna vaquer à ses occupations.

 

Dix-sept jours plus tard...

 

En ce dimanche de février, Jean et Colette recevaient à déjeuner leurs trois filles, leurs trois gendres, leur cinq petits-enfants – dont Jules, qui venait d'agrandir la famille –, une vieille cousine, la voisine et son mari ainsi que deux couples d'amis, à l'occasion de leur anniversaire de mariage.
Entre le fromage et le dessert, l'époux de leur aînée se leva de sa chaise, réclama le silence en faisant tinter sa coupe en cristal sous quelques coups de petite cuillère et se lança dans un discours :

- Jean, Colette, on est heureux de partager aujourd'hui avec vous ce délicieux et copieux repas célébrant votre quarante-neuvième année de mariage. Quand je pense que je n'en suis qu'à onze et demie, ça laisse rêveur...
- On te souhaite d'atteindre les noces de chêne, Christophe !
- C'est gentil, mais avec tous les excès que j'inflige à mon organisme, je crains de tirer ma révérence bien avant.
- Tu as arrêté de fumer, c'est un bon début...
- Certes. Mais on est pas là pour parler de moi. Je referme donc la parenthèse. Si on évoquait plutôt les choses sérieuses...
- Oh la la, attention !
- Colette, j'ai ouï-dire que tu avais souhaité remplacer ton antique machine à coudre, qui date de l'entre-deux-guerres, par un exemplaire dernier cri...
- Tu as été correctement renseigné !
- Et toi, Jean, que tu fantasmais sur une certaine tondeuse à gazon...
- L'autoportée à éjection arrière McCulloch Crossmower M105-77XC.
- Pas la moins chère, en plus !
- Oh non, en matière de camelote, j'ai assez donné...
- Eh bien... Vous voilà récompensés !
- C'est vrai ? Il ne fallait pas, c'est de la folie.
- Tu as raison, Colette, c'était tellement de la folie, qu'on a laissé tomber. On s'est rabattu sur un modeste petit chèque.
- Il n'y a pas de petit cadeau, si c'est offert avec le cœur.

Christophe tira de la poche de son pantalon une enveloppe, qu'il tendit à sa belle-mère.

- Je précise que c'est pas un chèque en blanc...
- Oh, c'est déjà beaucoup, merci à tous.
- Ouvre d'abord, avant de nous remercier.
- Je suis sûre que vous nous avez trop gâtés...
- Toutes les personnes ici présentes ont participé et fait de leur mieux pour que le montant total ne soit pas trop ridicule.

Colette décacheta l'enveloppe avec soin et doigté. Elle jeta un œil à l'intérieur, puis, visa son gendre avec amusement...

- Tu es certain d'avoir dit la vérité, Christophe ?
- Ah, pourquoi ce doute ?
- Ça n'a pas vraiment l'air d'être un chèque...

Elle déplia une feuille de papier A4. Son sourire se figea. Son regard perplexe croisa celui de Jean, tandis qu'elle lui tendait la chose. A son tour, ce dernier, éberlué, marqua un silence éloquent. L'un et l'autre reconnurent instantanément, imprimées sur cette feuille, les sept mêmes images qu'ils avaient progressivement reçues par courrier.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Vous aimez jouer, d'habitude. Alors, vous avez trouvé la solution ?
- Vous étiez tous de mèche, derrière tout ça ?
- Affirmatif. Mais maintenant, il s'agit de décrypter le message.

Jean et Colette se regardèrent à nouveau. Ils n'osaient pas formuler ce que leurs imaginations respectives venaient de leur souffler.

- Allez, je vous donne un indice : sept fois sept font quarante-neuf.
- C'est pas un voyage, quand même !
- Eh bien... Bravo, Colette, en plein dans le mille, félicitations et joyeux anniversaire !

Le couple de septuagénaires, incrédule, oscillant entre larmes de joie et confusion, n'aurait jamais pu espérer meilleur cadeau – original, audacieux et onéreux de surcroît – de la part de ses proches. Albanie, Monténégro, Bosnie, Croatie, Slovénie, Autriche, Suisse, telles étaient donc les sept étapes du périple qui l'attendait. Une escale d'une semaine à chaque fois, pour un total de quarante-neuf jours, voilà une bien jolie façon de fêter l'événement et rattraper la lune de miel qu'il n'avait pas pu se payer en mille-neuf-cent-soixante-cinq.

- C'est plus que de la folie, c'est trop, vous êtes des malades !
- L'un de vous a gagné à l'Euromillions ou quoi !
- On aurait aimé, on serait parti tous ensemble...

Jean, soucieux de tout comprendre des dessous de la surprise, posa une ultime question :

- Qui s'est déplacé exprès jusqu'à Chatou pour nous envoyer ces photos ?
- Personne.
- Non mais sérieusement ?
- En fait, je les postais à l'un de mes amis qui y vit, il se chargeait de les glisser dans des nouvelles enveloppes avant de les réexpédier à votre adresse, tout simplement...
- Bande de malins que vous êtes !
- Ah ça, vous nous avez eus...
- Il fallait bien brouiller les pistes, pour que le jeu soit plus piquant.
- Vous savez que Jean était à deux doigt de la crise de nerfs ? Un peu plus, et il allait trouver les gendarmes !

Un fou rire général fit tressaillir le petit Jules, qui, lové dans les bras de sa mère, prenait sa tétée.

Le repas se poursuivit tard dans l'après-midi. Les fauteuils furent déplacés pour un bal improvisé au cœur du salon.
Jean et Colette n'oublieraient pas de sitôt les émotions de cette journée mémorable ; pour la première fois de toute leur vie commune, ils s'aventureraient hors des frontières de l'hexagone.

 

Nhand

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Opéra bouffe - tiniak

 

Plus haut la garde, mon amour !
Je crains pour ton noble visage...
Vois, comme la montagne est sage
et maintient fermes ses contours...

Plus haut, le rideau sur la tringle !
si tu veux occulter ici
l'intime jeu de nos partis
pris au modèle de la jungle

Plus haut ! Plus haut ! Nos yeux ensemble
vers notre festin amoureux
assis à la table des cieux
où rêvons comme bon nous semble

Plus haut, le bonheur attendu
de se goûter la carne folle
d'être à deux une farandole
et résoudre notre inconnue

Plus hauts, nos bras nus dans le ciel
plaidant le délai quotidien
arguant de notre rachidien
comme du plus pur hydromel

Plus haut, mon sexe dans ton ventre
pour t'entendre crier mon nom
et raccorder mon diapason
à ce qui nous ramène au centre

Plus haut ! Toujours plus haut que là
où s'agrègent les imbéciles
qu'ils soient de campagne ou de ville
et réfutent notre opéra

Plus haut, plus haut ! Je t'aime toute
en ce rêve esseulé, sans doute
Mais chut, ne le répète pas.

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La course des gerbières (Pascal)

« Papy ?... Papy ?... C’est quoi cette carriole bariolée posée au bord de ton toit ? »

« Ça, c’est mon plus beau trophée, mon petit… »

« Raconte-moi, papy, raconte-moi !... »

« Hé bien tu vois, dans le temps de jadis, au printemps sonnant, tout le village se préparait à la grande course annuelle. Ce jour-là, les galants, les fiancés, les amoureux, devaient se déclarer auprès de leur belle. Pendant l’hiver, on devait construire notre carrosse pour aller l’enlever à sa famille.

Ha, cette gerbière… J’ai encore les refrains des craquements plaintifs sur les chemins caillouteux quand j’affinais mes derniers réglages… Une nuit sans lune, j’avais volé les roues de la vieille pétrolette au Lucien ! Celle qui dormait depuis si longtemps dans sa remise. Enfin, il avait fermé les yeux. Il me les aurait bien données, ses roues, mais on n’avait pas le droit d’être aidé ! J’ai soudoyé le silence de son Neness avec un os énorme, digne de faire partie d’une collection de paléontologue ! J’ai laissé une douzaine d’œufs frais et deux salades sur la sacoche. Sans rien dire, le lendemain, il m’avait apporté une pompe parce qu’il savait que ses pneus étaient dégonflés.

Marie, ta grand-mère, tout le monde la voulait mais c’était moi seul, l’élu de son cœur et je ne devais pas la décevoir ! Tu sais que j’ai joué des coudes pour la conquérir !...  

Benoît, le vieux bourru de la ferme d’en bas, il avait des vues sur elle ; il courait vite et sa gerbière était bien plus belle que la mienne ! L’Etienne, celui du troupeau de vaches, celles qui paissent parfois au-dessus de la maison, il s’était entraîné tout l’hiver à courir entre les ruisseaux gelés et les congères ! On disait alors qu’il courait plus vite que le vent ! Tous les matins, il fonçait jusqu’à la crête pour voir où en était le printemps !...  

Moi, j’avais huilé tous les roulements ! Les planches, je les avais récupérées chez l’ébéniste de la ville. Après quelques journées de travail, il m’avait laissé découper un ou deux rondins de bois pour que je réalise mon ouvrage. Chez le maréchal-ferrant, j’avais grappillé une poignée de clous bien pointus et il m’avait prêté son meilleur marteau.
Ma gerbière était décorée avec les fleurs les plus rares ; celles qui ne livrent leurs parfums capiteux que dans l’aura fragile d’une aube brumeuse. Tu comprends, je n’avais pas coupé ces fleurs magnifiques, elles s’étaient laissées découvrir pour que je puisse réussir mon œuvre de conquête amoureuse !

Puis, le grand jour est enfin arrivé. Sous la férule du maire, nous nous sommes élancés de la fontaine ! Les promises étaient toutes là, à espérer notre déclaration officielle ! C’était autant de jolies fleurs des alpages qui bordaient notre course ! Si tu avais vu le grand soleil dans leurs sourires, leurs coiffures savantes, leurs robes bigarrées, leurs sabots vernis et leurs colifichets scintillants !... Ta grand-mère avait ajouté une petite ceinture de clochettes à sa taille et, au bord du chemin, elle sautait en l’air comme un cabri à sa première sortie ! Je ne pouvais pas la manquer !...

Je crois que je n’ai jamais couru aussi vite ; derrière l’église, j’ai semé l’Etienne. Lui, il courait comme s’il avait le diable aux trousses mais moi je courais pour aller quérir le Bonheur ; la vitesse est forcément différente… Dans la ligne droite de la Grande Rue, Benoît, le bourru, m’avait rattrapé ! J’avais son souffle rauque dans le dos, il allait bien plus vite que le train qui file dans la vallée !... Il courait comme un dératé, un voleur de poules, un bandit de grand chemin !... Moi, j’avais le visage de Marie placardédans mes pensées ! Figure de ma proue, elle me faisait les yeux doux, elle penchait la tête et tous ses cheveux s’enfuyaient dans son cou ! Elle m’a embrassé en douce, j’ai retrouvé un second souffle !... J’ai définitivement largué Benoît ou c’est Lucien qui a laissé partir son Neness dans ses mollets de malfaiteur…

Là-bas, Marie trépignait déjà. En boucles furieuses, j’avais la chanson rapprochante de ses grelots qui me criait : « Presse-toi, presse-toi, mon Adoré !... » Je n’étais pas encore arrivé à sa hauteur qu’elle avait déjà sauté dans ma gerbière ! Ha, l’Amour, c’est un train emballé qui traverse les paysages de la Vie à la vitesse des années fuyantes… C’est qu’elle ne voulait pas me manquer, ta grand-mère ! La peinture de mon carrosse n’était même pas sèche ! On a imprimé notre liseré rouge et or sur sa robe folklorique ! Tu vois, j’avais des ailes à cause de tout l’Amour qui se blottissait dans ma gerbière !...  

Alors, on est partis loin, bien plus loin que la ligne d’arrivée, bien plus loin que les signes désespérés du curé, des tables du banquet, des familles invitées !... On s’est enfuis tout en haut de la montagne ! Le grand air, le soleil accompagnateur, les plaques de neige éternelle, les oiseaux racoleurs, tout nous enivrait !... Le paysage était grandiose et dans la vallée, il ne restait plus grand-chose de notre petit village… Tous les parfums exaltés nous bousculaient comme s’ils voulaient nous congratuler de notre victoire !... A sa façon, la Nature nous embrassait. Son soleil nous a dédié un feu d’artifice de lumières rougissantes, ses nuages défilaient avec des couleurs extraordinaires. Si tu avais vu toutes les étoiles qu’elle avait semées au-dessus de nos têtes… Ce jour-là, on est allés chercher ta maman, mon petit… »

 

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Le point culminant du jour (KatyL)

Le point culminant du jour

 

Cet été là j’étais en vacances en Ardèche, non pas dans cette partie très touristique et tant visitée, mais sur les hauts  plateaux où coulaient  des rivières sauvages, et des villages avec peu d’habitants.

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J’étais adepte de randonnées montagnardes et quelques jours auparavant avec le cousin Gilbert facteur à ALBON qui connaissait tous les sentiers ainsi que d’autres amis, nous avions décidé d’aller marcher du côté d’ANTRAIGUES-SUR-VOLANE, petit village perché et bien typique, ce qui nous faisait environ 32 km à pied en passant par des sentiers escarpés et bien pentus.

Nous devions arriver à bon port dans l’après-midi, et pour le retour l’oncle Emile reprendrait tout le monde en camionnette vers 18h devant la fontaine du village.

Nous étions partis tôt le matin à la fraîche sacs à dos avec ravitaillement pour le midi, bien chaussés.

 L’air sentait bon les herbes, des oiseaux s’envolaient à notre passage  dans un bruissement d’ailes, le soleil perçait les feuillages.

J’emportais toujours mes petits carnets car je dessinais pendant les haltes et je notais mes impressions tout le long des trajets, munie de mon appareil photo en bandoulière.

La marche fut assez longue et difficile, parfois périlleuse à cause des pentes à gravir, et la chaleur de l’été se faisait bien sentir au fur et à mesure de notre marche, heureusement je m’étais protégée du soleil par une bonne couche de crème et un bob sur la tête ! 

Les petits arrêts  le long du parcours permettaient de respirer et de profiter des paysages splendides dont je m’extasiais sans modération !

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En ces instants de répit, je notais tout ce que je voyais et je croquais vite fait une fleur, un ruisseau, un arbre, une charrette, au détour de mes découvertes ….Et, quelques phrases poétiques venaient ponctuer mes impressions.

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Arrivés à ANTRAIGUES vers 14h , les garçons prirent tout de suite la direction du bistrot pour s’en jeter une (bière) dirent-ils en chœur,  me laissant la seule femme du groupe aller sur un banc du village à l’ombre des platanes boire l’eau de ma gourde et prendre des notes.

Arrivée à la hauteur du banc je vis un Monsieur déjà assis bien tranquille qui me regardait, je le reconnus tout de suite c’était le chanteur tant aimé par moi J. F. mon sang ne fit qu’un tour ! Mince alors moi qui ne pensais même pas l’apercevoir, voilà que je m’asseyais à côté de lui en lui demandant :

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-« Bonjour puis-je m’asseoir ici, si je ne vous dérange pas ? Peut-être attendez-vous quelqu’un ?»

-« Oui j’attends un ami pour jouer aux boules mais il ne sera pas là avant 15h nous avons le temps de faire connaissance me dit-il avec son regard charmeur.  Vous êtes randonneuse à ce que je vois, vous venez d’où ? »

-« D’ALBON où je suis en vacances, mais suis Parisienne le reste du temps, vous pensez bien que ces balades dans vos montagnes me font le plus grand bien, et j’en profite pour noter dans des carnets, ce que je vois. »

« Ah c’est TRES  bien ça ! Quel est votre prénom ? »

-« Katy »

-«  Voudriez-vous me montrer ce que vous avez déjà fait ? »

Je sortis mes deux carnets contenant dessins, impressions et poésies et je les lui montrai comme s’il s’agissait d’un vieil ami.

Il fut très attentif et me complimenta pour les dessins, surtout ceux avec les charrettes de foin, de fleurs et autres que j’avais dessinées le long de mes périples.

ka04Il regarda les poèmes en souriant gentiment ou hochant de la tête, il semblait absorbé, je ne disais rien savourant cet IMMENSE privilège d’être à côté d’un tel Homme ne serait-ce qu’une heure de ma vie et de parler de moi avec lui ! Impensable le matin même.

- « Vous dessinez très bien, et vos poèmes sont très doux, emplis de contemplation, ils sont le fruit de vos observations, vous devriez continuer de faire cela, moi j’ai toujours écrit aussi pour moi, je ne me contente pas de chanter les textes de grands auteurs, mais dites-moi Katy que faites-vous dans la vie ? »

- «  Je suis secrétaire, mais je rêve de peindre et d’avoir un atelier de peinture, je suis allée aux Beaux-Arts et je pensais en faire mon métier mais hélas il faut travailler pour se nourrir, la vie d’artiste ne remplit pas les assiettes »

Il rit de bon cœur me regarda droit dans les yeux, fouilla mon âme, je me sentis frissonner jusqu’aux racines de mes ancêtres.

- «  Si vous avez vraiment envie de réaliser cela, faites-le !  La vie est très courte, il faut vivre ses passions le plus possible, dire et faire ce que vous sentez, je vous encourage à la vue de vos carnets à continuer, croyez-moi »

- «  Mais vous savez bien que dans ce monde sans « connaissances » nous restons des anonymes avec pour certains pourtant beaucoup de talent »

Il fit une pause avant de me répondre, les boulistes s’invectivaient avec grand bruit sur la place, mais il ne les voyait pas plongé dans une profonde réflexion.

Les gens me regardaient se demandant sans doute qui était cette jeune-femme en short et chaussures de rando un peu échevelée, avec ses deux grandes nattes blondes qui parlait avec «  LEUR J.F. ».

ka05Mais je n’en avais cure car je voulais vivre à fond cet instant sublime.

-« Oui vous avez raison, le monde est offert sur un plateau à certaines personnes, certains ont tout de même du talent, d’autres pas du tout et sont «reconnus et exposés»  à tort ! Le monde est ainsi fait, ne vous embarrassez pas de ces pensées qui vont vous empêcher de voler, allez de l’avant, vous trouverez le passage et les bonnes personnes, vous trouverez votre route, être connu n’est pas une fin en soi, ce qui compte c’est de remplir VOTRE vie avec ce qui vous tient le plus à cœur, ne serait-ce que pour vous, remplissez votre vie de beauté »

J’étais médusée, il me poussait à faire ce que personne dans ma propre famille et surtout pas mon père ne m’avait encouragée à faire bien au contraire ! Je voyais en cette rencontre inespérée un signe du destin,  les larmes me montèrent aux yeux tant j’étais émue, il le vit, posa sa main sur la mienne en signe bienveillant de réconfort.

- « Merci lui dis-je, je m’en souviendrai de cette rencontre croyez-moi, vous êtes si connu et vous prenez la peine de parler avec moi, puis-je vous embrasser dis-je spontanément ?»

- « Oui dit-il, bien que les gens du village vont cette fois-ci m’interroger ce soir sur qui vous étiez, et bien sûr me taquiner, mais oui sans souci »

Je l’embrassai donc sur la joue comme si j’allais en ce baiser y mettre toute la tendresse du monde et il me rendit mon baiser.

Son co-équipier pour la partie de boules arriva à cet instant précis et me sourit.

Je les regardai jouer aux boules  un bon quart d’heure lorsque mes copains de la marche arrivèrent dans mon dos !

- « Alors Katy tu ne t’es pas ennuyée sur ton banc, nous pas ! Nous avons bien ri avec les anciens du village, « une vraie » charrette ! » Et nous avons bu quelques bonnes bières, tu as tout raté ! »

- « Oh que non dis-je je viens de gravir des sommets inoubliables plus hauts que ceux que nous avons franchis cet été en haute Ardèche croyez-moi ! »

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Ces lieux pittoresque par bongopinot

 

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Dans des lieux un peu pittoresques

Où j’aime à me balader

Et tout aussi bien rêver

j'admire sur mon parcours une fresque

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Je prends un peu de hauteur et m'éloigne

Pour admirer les bordures de toits

Décorés en fleurs de joie

Formant de petits carrés de campagne

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Ici des ardoises peintes

Là ! Une petite carriole ancienne

Attendant  ses petites rennes

Et le tout en demi-teinte

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Bordures de toits ou façade décorés

Sans besoin d’attendre Noël

Ont la douceur des aquarelles

Aux belles couleurs chamarrées

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Un soleil timide, éphémère

Illumine un chat en poterie

Et une belle petite sourie

Se tenant de belle manière

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Et dans ces patelins sans âge

Toutes ces façades en trompe l'oeil

C'est une veritable merveille

Et forme un très bel habillage

 

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Carte postale n°I (JAK)

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Où il est question de carrioles et de charriots (EnlumériA)


Le réveil fut pénible. La nuit avait été longue et inconfortable. Un pâle rayon de soleil traversait un vasistas poussiéreux. Une douleur au flanc rappela à Damien le coup de pied dans les côtes qui, la veille, l’avait forcé à se relever plus vite qu’il n’aurait voulu. Ensuite, tout s’était enchaîné à toute vitesse. Tiré à hue et à dia par les croupiers, Damien avait traversé les cuisines pour sortir par la porte de derrière. Une porte dérobée qui débouchait sur une ruelle crasseuse et malodorante dans laquelle on entreposait les poubelles. Ils parcoururent ainsi une vingtaine de mètres et s’engouffrèrent sous un porche ténébreux. Sandalphon referma le vantail derrière lui tandis qu’Orphaniel et Damien traversaient une cour pavée pauvrement éclairée par une lumière jaunâtre émanant d’une fenêtre. Il y avait une porte au fond. Ils pénétrèrent dans une sorte de buanderie où croupissait une vieille carriole chargée de peaux de lapin sur laquelle était appuyée une bicyclette rutilante pour arriver dans un appartement encombré de cartons défoncés et de ballots mal ficelés entassés les uns sur les autres à la va comme je te pousse. Au milieu de ce charivari, trois buveurs ensuqués au look approximatif de zonards de luxe trinquaient à d’improbables accordailles.
Sandalphon expliqua la situation aux types qui n’en pouvaient mais. Orphaniel et Damien montèrent à l’étage. Damien ne résistait plus que symboliquement. À quoi bon ? De toute façon, il ne comprenait rien aux événements en cours et pour tout dire son esprit ne s’était pas encore tout à fait remis de ses agapes à l’hydromel frelaté.
Orphaniel l’enferma dans une chambre mansardée et pauvrement meublée. Pas une carafe d’eau pour la soif, rien pour la toilette. Dans un coin, juste un pot de chambre. La porte verrouillée à double tour. Damien se laissa tomber sur le lit. Le matelas sentait le suint et le sommier défoncé grinçait. Il s’endormit comme un sac.

Un bruit de clé dans la serrure. Sandalphon entra. Sobrement vêtu d’une veste militaire et d’un pantalon de treillis, il était méconnaissable. Il apportait des vêtements qu’il jeta sur le lit. Il ordonna à Damien de se changer, précisant que sa tenue n’était pas adaptée au voyage qu’ils devaient entreprendre. Il ajouta encore qu’on allait lui servir une collation mais qu’il fallait faire vite. Le départ pour Kitej prévu initialement la veille était imminent. Il repartit sans plus d’explications. Où était Kitej ? Qu’allait-on y faire ? Motus.

Une femme entra l’instant d’après. Elle déposa sur la table de chevet un plateau sur lequel se trouvaient une cafetière, un bol ébréché, quelques biscottes et un pot de confiture. Indéterminée la confiture. Le café se révéla du jus de chaussette. Néanmoins, Damien prit plaisir à en boire un grand bol. Sans sucre. Pas de sucre dans ce patelin. Les biscottes étaient humides, la confiture avait un goût de betterave… ou de melon. Damien ne savait pas mais il avait faim. Cela suffisait pour qu’il ne prête pas trop attention à la carte.
La femme émit un petit rire malicieux. Elle dit que ce n’était pas du premier choix mais qu’on n’était pas au Charing-Cross Hôtel ici. Qu’il fallait s’en contenter. Elle s’assit à côté de Damien, lui resservit un autre bol de café et le regarda d’un air bienveillant. Son regard bleu exprimait une sorte de sagesse fringante. Elle dit s’appelait Célestine. Damien hocha la tête en se tartinant une autre biscotte.
Elle raconta qu’elle aussi était arrivée dans ce monde un peu par mégarde. Elle était alpiniste dans une autre vie. Pendant ses vacances, elle s’attaquait modestement à de petits monts sans prétention. Pas le genre toujours plus haut. C’était comme une ponctuation dans sa vie monotone de professeur de géométrie perturbée par une houssomanie galopante. Un jour qu’elle était à la recherche de son prince du Loch sur les contreforts du lac de l’Eychauda, elle aperçut en contrebas, par-delà la magie étincelante du lac sous le soleil de juin, une curieuse masure avec sur le toit… un violon ? Un bœuf ? Non, monsieur, une charrette – Une lueur de spleen passa dans ses yeux alors qu’elle évoquait cet évènement – Elle en fut tellement troublée que son pied ripa sur un rocher glissant. Elle s’était réveillée à Yemanja ; sans trop savoir pourquoi ni comment. Son seul regret ? Avoir loupé le spectacle River Dance Forever pour lequel elle avait deux billets.

En bas, la voix stridente d’Orphaniel beuglait des ordres confus. Dans la rue, un chahut de bêtes et de charriots évoquait l’ambiance d’un champ de foire. Célestine observa qu’il était temps pour Damien de se changer. La caravane allait partir incessamment. Elle lui demanda si toutefois il pouvait lui montrer sa ligne de cœur ; une petite manie qu’elle cultivait depuis l’enfance. Damien tendit sa main ouverte. Célestine poussa un petit cri de souris craintive. Dieu du ciel ! Mais vous avez la marque !

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