18 mars 2017

Participation de JAK

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Ah, Paris ! (Walrus)

 

Lorsque j'étais en rhétorique (c'est à ce genre d'expression qu'on comprend que mon âge est déjà bien avancé), j'ai participé à un concours organisé par une fondation de défense (et illustration) de la langue française et, bien sûr, j'ai figuré parmi les lauréats, ce qui prouve que j'écrivais vachement mieux alors qu'aujourd'hui.

Le prix consistait en un séjour d'une semaine à Paris.

Comme la chose avait été organisée entre des Belges et des Français, il y avait forcément eu un twist linguistique quelque part et les Français chargés de nous recevoir et de nous piloter et qui s'attendaient à voir débarquer un groupe de profs de français sont tombés sur une bande d'ados ce qui n'a pas manqué de les surprendre.

Mais tout était déjà (parfaitement je dois le souligner) organisé et nous avons eu droit à la totale, je cite dans le désordre et en en omettant beaucoup : le musée de l'Homme, le palais de la découverte, le planétarium, la tour Eiffel, Henri IV de Pirandello au TNP de Vilar encore logé à l'époque dans le Palais de Chaillot, les installations du Figaro (bélinographe, linotype, marbre, rotatives), le musée Grévin, les Archives nationales, les toits de Notre-Dame, les usines Renault encore sur leur île Seguin à Boulogne-Billancourt, Henri Tisot imitant de Gaulle dans l'autocirculation au Caveau de la République, du théâtre avant-gardiste dans un bistro rive gauche, des chansonniers, la cafeteria du Lido, des lentilles (les premières de ma vie) au restaurant universitaire, le Louvre (désert), Claude Luter à la Huchette, les flics avec mitraillette (déjà) sur les quais du dernier métro à Levallois (nous logions à la Maison des Jeunes de Courbevoie), le Sacré-cœur et son funiculaire, le Clairon des Chasseurs de la place du Tertre...

Et le Monbazillac dans tout cela? M'apostropherez-vous brutalement...

Sur le zinc d'un bistro de Versailles, en descendant de la plate-forme arrière d'un autobus brinquebalant (vous savez avec le contrôleur et sa chaîne avec poignée pour chasse d'eau...), avant la galerie des glaces, la chambre du Roi et les grandes eaux (les fallait bien pour éliminer le sucre...)

 

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Une aventure d'Alois et Pétula (Joe Krapov)

 

- Pétula chérie, n’aurais-tu pas vu mon bazillac ? Je le cherche partout !

- Ca commence à devenir énervant, Alois, ta manie de tout oublier tout le temps ! Un jour tu égares khangelsk, le lendemain tu perds nambouc… As-tu regardé sous ton bouctou ?

- Oui mais il n’y est pas.


- Et dans ta nanarive ?


- Non plus.


- Je ne sais pas, moi ! Où tu le ranges, d’habitude, ton bazillac ?


- Entre mes rignacs et mon télimar. A moins que ce soit entre ma zamet et mon talembert ?


- Ecoute, Alois, c’est à chacun de gérer sa marcande et son derborg, tu ne crois pas ?


- En même temps, si tu ne laissais pas traîner partout tes saloniques, ta rascon et tes gucigalpas, on s’y retrouverait un peu plus, tu ne crois pas ?


- Je t’en prie, ne te mêle pas de ma lakoff, de mes roberts ou de mes idoncanons ! Parce que ton quédec à toi, il faut voir !


- Voyons, Pétula, calmons-nous et réfléchissons posément. Je suis sûr de l’avoir laissé ici hier soir. Est-ce que… Est-ce que tu pourrais te lever un instant ?


(Elle se lève de son siège)


- Mais enfin Pétula ! Tu es assise sur Mon cuq en quercy blanc ! Ca faisait trois jours que je le cherchais !


- Désolé, Aloys, je ne l’avais pas vu. J’espère qu’il n’est pas trop froissé ?


- Lui pas, mais moi si !


(Il sort en claquant la porte)


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***

Un peu plus tard.

- Dis donc, Alois, ton bazillac… C’était bien ce liquide jaune extrait de la pourriture noble du raisin et il se trouvait bien dans une jolie bouteille ?


- Ben… Oui, évidemment !


- Alors je l’ai retrouvé ! Enfin, je sais où il est ! Ou plutôt, où il n’est plus ! On a sifflé le litre hier soir avec ma lataverne et ma licorne pendant que tu étais à ta manrasette !

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Le Monbazillac (Pascal)


Tout a commencé du côté de Rouffignac-de-Sigoulès, en Dordogne. Comme chacun le sait, cette jolie commune se situe entre le Bergeracois et le Périgord pourpre. Elle est cernée, à l’ouest, par la rivière Gardonnette, juste après le lieu-dit Pissegasse et, à l’est, par le ruisseau de Fontindoule qui prend sa source au lieu-dit Tabardine, derrière le château de Bridoire. Au nord, s’étendent de vastes champs de vigne, tandis qu’au sud, par temps clair, on peut voir jusqu’à Marmande-le-Haut.

Au XIVe siècle, après quelques sièges et quelques pendaisons, c’est le seigneur Balintran de Zillac qui détrôna le seigneur de Flaugeac et qui prit sa place au château de Bridoire. Les terres alentour lui revinrent ainsi que tous les habitants des contrées sous sa coupe.    

Entre deux batailles, sans son armure de guerroyeur, il aimait se balader seul, le long du ruisseau de Fontindoule ; à l’abri des regards, il cueillait quelques fleurs, il les respirait longuement pendant des soupirs de poète énamouré. Dans l’immense sérénité de la Nature, il regardait les truites se précipiter sur les éphémères inconscients, les libellules posées sur les roseaux pensifs, les nuages boursouflés se réfléchissant dans l’onde et il brouillait leurs grimaces monstrueuses avec des ricochets adroits…

Madeleine la Queyrille, la fille aînée d’un vigneron, ne tarda pas à tomber sous le charme de ce fier chevalier à la côte de maille si friable. Elle s’arrangeait toujours pour se retrouver dans le champ de promenade du jeune seigneur. Avec des sifflements de merlette, des chansons de mésange et des refrains de fauvette, elle sut l’apprivoiser. Chenu comme un cep de vigne, bon comme le vin, parfumé telle une grappe tiède, le teint liquoreux, il ne tarda pas à tomber dans la hotte de la belle vendangeuse ; sous les petits pieds de son pressoir, bien vite, il lui avoua tous ses arômes…

Dans l’intimité de la cave, entre « sarments » d’Amour, ils trinquaient à bouche que veux-tu ! Aux degrés de son ivresse, elle l’appelait Bazillac, la contraction de Balintran et de Zillac, et quand elle gueulait tout son plaisir, on entendait des « Vas-y, mon Bazillac !... Vas-y, mon Bazillac !... » des « Essore-moi la grappe, mon chevalier téton !... » des « Ma vigne est crépue !... Refends-moi de ton cep, mon « pieu » viti-cul-buteur !... » ou encore des « Remplis ma dame-jeanne ; que tes efforts ne soient pas « vin !... ». Le Monbazillac, l’heureux susnommé en question, en pleine ascension de son orgasme, prononçait des « Millo-dioùs* !... » nerveux, en tentant de ne pas déjanter dans les virages…

On entendait tout ça, des meurtrières aux échauguettes, des chemins de ronde au donjon, et jusqu’aux oubliettes ! C’était soûlant, tout ce bonheur des corps, sans un seul pépin ! Les délaissés des culs de basses-fosses faisaient la grève de la soif !... Les tonneliers avaient des chansons de matelassiers !... Ses musiciens ne jouaient plus que du branle !... Cépage, non… ses pages avaient tous les yeux cernés !... On bouchait même les oreilles des enfants pour ne pas les corrompre avec leurs cris de Sauvignon !...  

A force d’entendre ses exploits de galanterie, en clins d’yeux connaisseurs, ses vieux vendangeurs, ceux qui avaient de la bouteille, appelèrent la future récolte, toutes les suivantes, et jusqu’à nos jours, le vin de sa treille : le Monbazillac. Inutile de vous dire qu’on n’en fit pas du vin de messe…


Millo-dioùs : Mille Dieux en Occitan. Ne pas confondre avec mildiou (Plasmopara Viticola), maladie de la vigne…  

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Illusion (Thérèse)


Viens, ma belle, jusqu'à la tonnelle où nous boirons un peu de ce vin capiteux.
Amour, écoute dans le soir ces douces notes de musique qui s'égrènent et nous appellent.
Entends-tu le violon qui déchire la nuit ?

Nos mains se cherchent, tremblantes, dans l'ombre complice,
nos pas nous mènent jusqu'à la plage déserte tandis que l'océan respire en de vagues soupirs.
Nos rires sont éclats de cristal qui s'élèvent jusqu'aux étoiles,
nos lèvres s'effleurent dans une avide caresse,
nos corps fiévreux se mèlent dans un ultime combat,
et puis, le coeur empli d'ivresse, nous dansons sous le sourire de la lune.

Amour, pardonne-moi pour ces nuages de rêve qui viennent se tendre sur mon esprit en déroute.
Amour, laisse-moi reprendre un peu de ce vin au goût suave et à la robe de miel.
Allez, un dernier verre pour éloigner cette chimère...

Dans la nuit lancinante au clair de lune moqueur, Rêve s'effiloche douloureusement.

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Participation de Laura


Je suis née dans les paysages de Champagne
Entre coteaux charmants et plaine monotone
Je suis née dans une ville dont les contours
Forment en pétillant un bouchon de champagne
 
Je suis partie dans la seule région de France
Où il n’y a, il me semble, aucun cépage
Mais où les yeux des gens pétillent
Pour vous accueillir autour d’une bière
 
Je suis descendue, comme on dit, dans le sud
Celui des Pyrénées et du rugby, l’ouest du sud
J’ai bu les vins du Languedoc et des Corbières
Des côtes du Roussillon aux Costières de Nîmes
 
Je suis remontée, comme on dit, dans le centre
Où j’ai goûté, dans le sens premier du terme
Les vins du Forez, ceux de la Loire
Pas celle des châteaux mais de Saint-Etienne
 
J’ai quitté la France et ses paysages vinicoles
Pour le Maroc  où les français ont planté leurs cépages :
Grenache, le Carignan, le Cinsault et l'Alicante
De Berkane à Meknès, De Boulaouane à Benslimane

Si je ne suis pas fan des vins liquoreux comme en Dordogne
Le Monbazillac ou le Porto que je buvais avec ma grand-mère
Je chéris chaque instant passé à boire un verre
Avec une personne et / ou un paysage que j'aime
 

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Le Monbazillac pour les Nuls (Vegas sur sarthe)


Le Monbazillac est ce qu'on appelle un vin français écoeurant – certains disent liquoreux pour faire moins écoeurant – produit au sud de chez Cyrano de Bergerac à qui Rostand a tiré le nez, sur des coteaux à dahut dans les environs du village de Monbazillac.
A quelques kilomètres près, le village se serait appelé Rouffignac-de-Sigoulès et le cru aurait porté le nom de Rouffignac-de-Sigoulès au risque de déborder de l'étiquette à moins que l'étiquette ne fasse le tour de la bouteille: le vin aurait alors porté le joli nom de  Rouffignac-de-SigoulèsRouffignac-de-SigoulèsRouffignac-de-Sigoulès, jusqu'à en avoir le tournis.

Le village de  Monbazillac possède un château qui s'appelle le château de  Monbazillac; il aurait pu s'appeler le château de Rouffignac-de-Sigoulès mais ça n'est pas le sujet.
Il est construit sur un site classé appelé site web où l'on accède à l'aide d'une hache-tétépé-chateau-monbazillac-point-com... enfin, c'est vous qui voyez.
Si l'appellation se situe à cheval sur plusieurs communes on n'est pas obligés de savoir monter pour la parcourir.
En tout cas le vignoble repose sur des terrains rudimentaires – certains disent sédimentaires pour faire croire qu'ils en savent plus que moi – datés de la fin du rockenscène et du début du larcène.
Les cépages sont le muscadoux ou muscat fou et le sauvageon ou sauvageon.
Le muscadoux peut s'appeler aussi marmouset, hi-han, bouillant, mouflette, chaud-devant ou raisinette; c'est pourquoi on l'appelle muscat fou pour faire simple.

On plante ces cépages à raison (ou à tort) de 4000 pieds par hectare pour pouvoir marcher entre les pieds, sauf si on possède moins d'un hectare ou que l'on chausse petit. L'hectare fait à peu près dix mille mètres carrés et le mètre carré est un carré à quatre côtés d'à peu près un mètre chacun.
L'à peu près s'appelle la triche et est puni d'à peu près pas grand chose.
La taille se fait en gobelets puisqu'il est question de produire du vin à boire alors que s'il était question de produire du raisin de table on pratiquerait la taille en sandwich.
Quand le vignoble est pourri on le récolte car il le vaut bien.
La vendange commence à la mi-octobre contrairement à celle des chats qui commence à la mi-aout.
La vendange des pieds se fait à la main, elle a donné son nom à l'expression “faire des pieds et des mains” c'est pourquoi on dit que les monbazillacois et les monbazillacoises sont tétus... surtout les monbazillacoises.
On ne récolte que les grains les plus pourris – ceux atteints de pourriture noble – et on laisse le reste pourrir encore un peu – ceux atteints de pourriture vilaine – on dit aussi botrytisé pour faire moins pourri.
Le raisin est pressé afin de ne pas perdre de temps, en Dordogne on est si pressé qu'il arrive par précipitation qu'on récolte la vendange de l'année suivante.
L'élevage qui dure de dix à vingt quatre mois – et même jusqu'à deux ans – se fait en barriques de chêne français d'où s'échappe par l'opération du saint-esprit ce qu'on appelle “la part des anges”.
Le reste appelé “la part des démons” est mis en bouteille; une fois passé l'embouteillage le Monbazillac recommence à circuler et peut tenir ainsi vingt, trente ans et plus avant d'être débouchonné.
Pour la mise en bouteille on procède à la tirade du vin appelée tirade de Cyrano et dont le verre le plus célèbre est : “Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap!”
Le meilleur millésime de Monbazillac est le 2005, année mémorable où les français ont dit NON à la constitution européenne et où Armstrong a volé son septième et dernier tour de France.
Terminons par un dicton célèbre: “Avec un Monbazillac, plus de crises cardiaques ni d'hypocondriaques, que de l'aphrodisiaque”

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11 mars 2017

Défi #446

4462

Monbazillac

 

 

Avec ou sans modération :
nous ne sommes pas ici
pour vous faire la leçon !

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Ont balancé des hanches

pas cons

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Venise ; Vegas sur sarthe ; Emma ; Laura ;

EnlumériA ; Walrus ; Joe Krapov ; Pascal ;

bongopinot ; joye ; Jaqlin ;

 

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Participation de Jaqlin

 

La belle Loalwa

A fait danser la lambada,

Elle a fait s’agiter bien des hanches

Sur les plages et sur les planches.

 

La pauvre Loalwa

Ne chantera plus la lambada.

Certains goujats âpres d’appâts

L’ont précipitée vers son trépas.

 

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