05 décembre 2015

Participation d'Emma

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HIEROGLYPHES (Lorraine)

Le serpent gris rampe dans la nuit, long et sinueux. Personne ne l’entend. Il s’en vient rejoindre le serpent rouge aux aguets. Non, ne me dites pas que l’oiseau nocturne  s’étourdit à chanter : il module l’appel du désert qu’écoutent les momies et les tombeaux, les cercueils d’encens et les ombres perdues.

Un sourire invisible flotte dans l’air, un peu triste, un peu joyeux, tandis que le goéland qui s’est trompé de chemin, cherche en vain l’étendue de l’océan.  Le soleil rouge du matin le dirigera vers la fontaine pure où il étanchera sa soif de paradis.

Un œil impitoyable regarde le monde. L’araignée s’enfuit à travers les dunes, fuyant la botte humaine qui marche lourdement dans le sable mouvant.  L’homme suit obstinément la flèche qui indique  « Europe ». Un vol d’étourneaux piaille au-dessus de lui.  L’air est plus frais. Et, dévastatrices, désespérées, des gouttes de sang lui montrent le chemin…

 

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Les hiéroglyphes pour les Nuls (Vegas sur sarthe)


Le mot hyérogliphe hiéroglyphe est en soi une énigme puisqu'il a été imaginé en lisant une bande dessinée composée de: abri en roseaux-avant bras-roseau fleuri-ficelle-lion-roseau fleuri-roseau fleuri- abri en roseaux-avant bras... à moins que ça ne soit l'inverse.
En effet le yérogliffe hiéroglyphe est une sacrée écriture!
On dit aussi une écriture sacrée puisqu'on peut écrire et lire dans les deux sens; certains disent même qu'elle n'a pas de sens et d'autres disent que c'est de l'hébreu.
On sait maintenant qu'il ne s'agit pas d'hébreu mais d'égyptien puisqu'on retrouve un 'y' (prononcer i grec) dans égyptien comme dans hiéroglyphe.
Le i grec vient de l'alphabet grec qu'adopteront plus tard les égyptiens en abandonnant leurs hiéroglyphes... mais justement revenons-y.
Avant l'apparition des hiéroglyphes en couleur on utilisait non pas le noir et blanc mais le rouge et noir appelé aussi “gravé-pas gravé”: Noir pour un coup de burin dans la pierre et rouge pour un coup de marteau sur les doigts.
Les petits malins écrivaient les hiéroglyphes sur du papier russe ou papyrus moscovite avec un roseau pensant trempé dans l'Encre-de-tézieux ou encre Cabrel.

Pour compter, les égyptiens utilisaient leurs doigts restants car les chiffres se notaient tétard, corde enroulée ou plant de lotus, ce qui était très chiant pour remplir proprement sa déclaration d'impôts à cause des traces de tétard.
Mais plus ils avaient de tétards et plus le nombre de parts augmentait, tout comme de nos jours sauf qu'en Egypte il s'agissait de montants pharaoniques.

Pour les lettres ça n'était guère mieux. Essayez de coller un accent circonflexe sur un vautour percnoptère pour faire un 'â'... et vous comprendrez comme c'était chiant; d'autant plus que dans chiant, le Ch est représenté par un ventre de vache.
Les égyptiens appelaient la vache à tort ou Hator; on sait aujourd'hui que ça ne sert à rien d'appeler une vache, elle vient toute seule ou elle ne vient pas.
Il serait fastidieux d'énoncer les 170 animaux représentés sur les hiéroglyphes, aussi ne citera t on pour mémoire que le Héron petipatapon, les poussins jumeaux de caille (et non pas les coussin jumeaux de paille) et le mille-pattes.

Pour faire simple, les égyptiens - au grand dam de Vivaldi - se contentaient de trois saisons: inondation, décrue et chaleur; ainsi la saison des inondations s'écrivait: Fourré de papyrus-Placenta-Pain-Disque solaire... Essayez de faire cuire au soleil un pain de placenta dans un fourré de papyrus pendant une inondation et vous comprendrez toute la complexité des hiéroglyphes.

Les Défiants du Samedi seront stupéfaits d'apprendre que Défi s'écrit : main-roseau-vipère cornue-roseau... un sacré défi pour ce Champollion - traduire Chapeau Lion - qui déchiffra la bande dessinée en 1822 c'est à dire en plant de lotus, huit cordes enroulées, deux carcans de bétail et deux traits !
C'est en déchiffrant un dictionnaire en trois langues et vieux de 2 000 ans - la pierre de Rosette - gravé dans un bloc de granit que Champollion s'écriera “Je tiens l'affaire, Rosette!” avant de s'évanouir pendant 5 jours.
On dit Rosette pour faire village français mais le nom arabe est bien Rachid à 50 kms d'Alexandrie-Alexandra Ah Aaah psalmodiée par Cloclo.
Se farcir un dictionnaire qui pèse plus de 700 kilogrammes et quelques cryptogrammes n'est pas de tout repos aussi Champollion mourra t il de surmenage à 42 ans dans la fleur de l'âge c'est à dire après quatre carcans de bétail, deux traits et un soupir.

Peu de gens savent qu'il est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans la 18ème division - soit un carcan de bétail et huit traits - non loin de Monge et Raspail qui possèdent eux leur propre station de métro (pour aller de Monge à Raspail, changer à Place d'Italie).


Prochainement: L'enluminure érotique médiévale pour les Nuls

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Ben dis donc... (Walrus)

Exhiber des cartouches, par les temps qui courent ?

T'es gonflée, MAP !

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Participation de Fairywen

Sous le soleil de Râ

Le chat noir s’étira en bâillant, tourna sur lui-même puis se rallongea à l’ombre du surplomb rocheux. Ses prunelles d’or liquide observaient avec dédain l’agitation sur le chantier de fouilles. Ce que les humains étaient idiots à s’agiter comme ça alors que Râ écrasait la terre de ses rayons les plus brûlants… Dans les temps anciens, tout le monde aurait été en train de se reposer à l’abri du soleil de plomb qui accablait la Terre d’Égypte en ces mois d’été. Le travail n’aurait repris que lorsque l’astre du jour aurait doucement commencé son voyage vers la nuit.

Mais les humains modernes étaient fous. Et le plus fou de tous était sans doute ce jeune homme agenouillé dans son carré de fouilles, couvert de sable collé par la sueur sur son torse nu. Le chapeau censé le protéger du soleil avait glissé sur sa nuque, ce qui ne semblait guère le préoccuper. Immobile, il focalisait son attention sur le petit morceau de pierre qu’il avait exhumé plusieurs minutes auparavant et sur lequel deux cartouches se touchaient. Il avait l’air fasciné par ce qu’il voyait, et son regard brillait tandis qu’il suivait doucement du doigt les signes gravés des millénaires plus tôt, inconscient des yeux félins qui ne le quittaient plus.

 

L’ombre du chat grandit et se modifia avant de se dédoubler. Dans le sable se détachait à présent la silhouette d’une panthère noire à côté de laquelle se tenait celle d’une jeune femme aux longs cheveux porteuse d’un diadème en forme de cobra dressé…

Sous le soleil de Râ

 

 

 

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28 novembre 2015

Défi #379

Hiéroglyphes

 

hiéroglyphes

Nous attendons vos écrits

décryptés -ou non- à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

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Le livre de David (EnlumériA)

Depuis combien de temps était-il enfermé dans ce réduit ? David avait renoncé à compter les jours. Les jours ? David haussa les épaules dans l’obscurité. Les jours, les nuits, quelle importance. Ses geôliers le maintenaient dans le noir. La seule lumière que David voyait, c’était deux fois par jour, quand un géant noir de poil lui apportait ses repas. Il fallait bien que ce rustaud ouvrît la porte. À cet instant-là, David apercevait un mur grisâtre baigné dans un clair-obscur blême. Le rustaud n’était pas une brute. Il déposait la gamelle et la carafe d’eau sur la petite table d’écolier juste à côté de sa couche. Avec une sorte de délicatesse brouillonne.

Une fois par semaine, on le sortait dans ce qu’il croyait être une cour. Il ne savait pas, on lui bandait les yeux. Personne ne lui parlait. On le guidait en lui posant une main sur l’épaule et une autre au bas des reins. C’était tout.

Un soir, mais était-ce un soir, le rustaud s’était attardé pour l’observer d’un air étrange. L’espace d’une seconde, David crut discerner dans son regard une lueur de compassion. Puis, l’homme avait murmuré quelques mots incompréhensibles et s’en était allé.

C’est à cet instant-là que David avait entraperçu le livre. Après quelques minutes interminables de tâtonnements sur le sol poussiéreux, il avait réussi à mettre la main dessus. Il l’avait alors pressé contre son front puis contre son cœur. Son cœur qui battait à tout rompre. Une bouffée d’espoir l’avait alors submergé. Là on l’on trouve un livre, on trouve une raison de vivre.

Depuis, David ne cessait de le feuilleter, de le caresser dans l’obscurité. Quelques paroles d’un ancien catéchisme lui revinrent à la mémoire. Quelques mots qu’il prononça une fois, deux fois, puis comme un mantra. Ce bouquin corné qui sentait le moisi devint son livre saint, sa Bible personnelle, son Coran particulier. Une fois, il se dit qu’il était fort probable qu’il devienne aussi son Livre des Morts.

Le temps s’écoula encore un peu, à la manière d’un fleuve de lave sur un volcan.

Et puis un jour, la porte s’ouvrit toute grande sur le couloir éclairé d’une vive lumière jaune. Le rustaud l’observa quelques secondes. Il semblait chercher ses mots et enfin dans un français approximatif, il dit à David que c’était fini, qu’il pouvait partir. Qu’il était libre.

Dehors, aveuglé par le soleil de l’aube, David put lire enfin le titre de son dérisoire livre saint.

« TERRIBLE ENIGME » Jeanne de Coulomb. Collection Familia. Gautier et Languereau Éditeurs. 3 frs 50.

Évreux, 27 novembre 2015

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Vengeance (par joye)

Je promets souvent à mes étudiants qu’un jour, je vais construire une machine à remonter le temps pour aller chercher le mec responsable pour toutes les variations bizarres qui existent entre l’anglais et le français.

Par exemple, pourquoi est-ce que nous les anglophones avons retenu les formes féminines de certains adjectifs, comme active et comprehensive et même, tiens, adjective ? Là, c’est facile, mais qui est le criminel qui aurait pris un joli ciel francophone pour le convertir en notre ceiling ? Ou bien le myope rigolo qui nous a donné mansion pour maison ?  Oui ! Qui est ce sadique dysléxique, ce frère devenu friar en anglais à cause de sa plume fautive ?

Oui, je sais, repartir dans le passé pour retrouver ce grand malfrat ne serait pas facile même si je connaissais vraiment son identité. Mais là, face au mot énigme, j’ai enfin une piste.

Voyez-vous : le mot énigme en anglais est enigma. C’est super bizarre cet e au lieu de a, surtout parce que, n’en déplaise à ceux qui y perdent leur latin, le mot en latin est aenigma, que les Romans ont eu du grec ainigma quand ils y sont allés pour se faire voir chez eux. Bien.

C'est curieux ! Pourquoi se fait-il que presque chaque langue ait gardé le a au lieu de le changer en e comme en français ?  Comment ? Vous ne me croyez pas ? Eh bien, regardez :

  • catalan : enigma
  • espagnol : enigma
  • anglais : enigma

Après tout, même les Wallons disent  « cwacwa » !

Oui, non, vous avez raison, les Allemands, eux, disent das Rätsel, mais bon, ce sont des Allemands qui, historiquement, n’ont jamais été très raisonnables, eux. Par exemple, leur mot pour damsel, pardon, demoiselle, n'est pas du genre féminin, mais neutre. C'est dire.

Bon, revenons à nos muttons...euh, pardon, moutons... J’ai enfin trouvé le qui du pourquoi du comment !

Dans l’étymologie du mot français, on cite un certain Geofroy Tory, qui, en 1529, aurait rendu sa copie avec l’erroné énigme. Wiki m’en a tout balancé, que c’était lui ce Tory, habitant à Bourges (hein ? Sale Bourges, dit-il ?), typographe qui a aussi eu l’idée et le culot d’ajouter des accents aux lettres en français !  OH, quel bastard bâtard !

Alors, c'est décidé : quand j’aurai terminé mon chronogyre, je mettrai le chronomètre pour 1500, j’irai retrouver ce grand petit rigolo et quand mon sac sera enfin vidé à ses pieds, vous les francophones direz tous « ah » pour les jeux d’esprit, au lieu de murmurer « euh » à la fin.

Non, non, ne me remerciez pas. Ce sera la moindre des choses, je vous assure ! Apprendre le français tel qu’il existe maintenant est bien plus difficile que ça pour nous, les pitoyables anglophones.

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Souvenir par bongopinot

 

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Un porte livre dans la salle

Pour y poser un livre élégant

D'une colection familliale

Au récit coloré et intriguant

 

Et dès la nuit tombée

Quelques heures avant le coucher

On attendait l'histoire tant aimée.

Une lecture animée et bien menée

 

Lue par les grands-parents

Qui bien assis sur un divan

Lisaient un épisode captivant

Pour leurs petits chenapans

 

Et les petits comme les grands

Se retrouvaient à cette vieillée

Pour un moment vraiment charmant

 Tout près du poêle ou de la cheminée

 

c'était un plaisir pour toute la famille

Avec cet ouvrage pour réunir

Un vrai succès, une soirée qui brille

Et je garderai en moi tous ces beaux souvenirs.

 

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